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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Inquiétude de la banque centrale du Japon

TOKYO, 7 mars (Reuters) – Le Japon devrait connaître une amélioration sur le front de la déflation mais son économie reste exposée à des risques, a estimé lundi le vice-gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) en soulignant que l’institut d’émission comptait conserver sa politique très accommodante. Hirohide Yamaguchi a déclaré que la variation annuelle de l’indice des prix à la consomation (CPI) de base s’est rapprochée du seuil de 0% après des années de repli au cours de la dernière décennie et qu’elle devrait repasser en territoire positif.

« Mais il y a des incertitudes qui menacent l’économie », comme la récente flambée des cours des matières premières ou les perspectives économiques aux Etats-Unis et en Europe, a-t-il dit devant le parlement nippon.

« La BoJ prendra les mesures adéquates si l’économie et les conditions de prix s’aggravent », a-t-il poursuivi, ajoutant que la banque centrale était prête à relâcher encore sa politique monétaire si la croissance japonaise s’avère inférieure à ses prévisions.

La Banque d’Angleterre met en garde contre une nouvelle crise

LONDRES (Reuters) – Le système bancaire britannique affiche de nouveau des déséquilibres croissants qui pourraient mener à une nouvelle crise financière, a déclaré le gouverneur de la banque d’Angleterre (BoE) Mervyn King, lors d’une interview publiée samedi par le Daily Telegraph.

Interrogé sur la possibilité d’une nouvelle crise financière, il a répondu: « Oui. Le problème est toujours là. (…) Les déséquilibres augmentent de nouveau. »

Il a également critiqué la recherche du profit à court terme et les bonus attribués au sein des banques. « On a donné des primes aux banquiers pour qu’ils se comportent comme ils l’ont fait. Cela doit changer », a-t-il déclaré.

Il a jugé que les groupes du secteur manufacturier s’étaient comportés de façon plus « morale » que les banques. « Ils se soucient profondément de leur main-d’oeuvre, de leurs clients, et, surtout, ils sont fiers de leurs produits. Les banques n’ont pas le sens de la relation de longue durée. »

Les banques britanniques ont vivement réagi à ces attaques, assurant avoir rendu leurs activités plus sûres.

« Le secteur bancaire reconnaît que certains de ses éléments ont mal agi pendant la crise. Mais depuis, le secteur s’est radicalement réformé », a rétorqué dans un communiqué Angela Knight, qui dirige l’Association des banquiers britanniques.

Face au mécontentement du contribuable britannique, qui a supporté le coût des sauvetages des banques RBS et Lloyds, et qui voit d’un mauvais oeil l’augmentation des bonus des banquiers, la classe politique britannique se montre de plus en plus offensive en matière de mesures prises à l’encontre des banques.

Dans ce contexte, le ministre britannique des Finances George Osborne a annoncé une importante réforme du secteur, qui accordera en 2012 à la BoE le contrôle de la régulation bancaire.

Tim Castle, Catherine Monin pour le service français

Cameron persiste dans le remboursement de la dette britannique

AFP le 06/03/2011 à 18:42

Grande-Bretagne : le prochain budget sera très favorable à la croissance, dit Cameron

Le prochain budget britannique sera le plus favorable à la croissance en une génération, prévoyant notamment le soutien des entrepreneurs et une réduction de la bureaucratie, a indiqué dimanche le Premier ministre britannique, David Cameron.

Alors qu’ils se préparait à parler à la conférence de printemps du parti conservateur à Cardiff, M. Cameron a indiqué que le prochain budget britannique qui sera présenté le 23 mars prochain aiderait la Grande-Bretagne à se faire de nouveau une place dans le monde.

Ce message a été donné alors que les plans du gouvernement de coalition –composé des conservateurs et des libéraux-démocrates– pour éliminer le déficit record britannique sont critiqués, l’accent ayant été trop fortement mis sur une réduction des dépenses publiques sans plan pour relancer l’économie.

« Dans un peu plus de deux semaines, notre gouvernement va dévoiler le budget le plus pro-entreprise, pro-affaires en une génération », écrit M. Cameron dans le News of the World.

« Il va y avoir un budget pour les hommes d’actions, les bourreaux de travail, les constructeurs et les femmes d’affaires–, tous ces entrepreneurs qui créent des emplois et de l’argent pour le reste d’entre nous », a-t-il affirmé.

« Nous sommes en train de baisser les impôts des entreprises et de régler le cauchemar de la bureaucratie qui rend la vie impossible aux entrepreneurs », a-t-il précisé.

Cela inclut la bureaucratie gouvernementale embourbée dans les règles et règlements, les lenteurs au sein des collectivités locales, et les gestionnaires du secteur public qui favorisent les grandes entreprises au détriment des petites entreprises.

Il a indiqué qu’un nouveau plan « allocation d’entreprises » allait être mis en place pour aider les personnes souhaitant démarrer une activité.

« Si vous avez une idée, si vous souhaitez commencer une activité, allez-y. Si vous avez une affaire et que vous voulez qu’elle grandisse, dîtes nous comment nous pouvons vous apporter notre aide », écrit-il.

Si le plan présenté paraît bon, « nous irons jusqu’à vous donner 2.000 livres (2.330 euros) pour commencer », assure-t-il.

Évoquant des siècles d’histoire de son pays et ce qui a été fait dans le passé, M. Cameron a estimé que « c’est au tour de notre génération de montrer que nous pouvons faire de même ».

Le ministre des Finances, George Osborne, avait indiqué samedi que le budget prévoyait la mise en place de « zones d’entreprises » à travers la Grande-Bretagne pour stimuler la croissance dans les quartiers délabrés. Il a évoqué des « centres pour les entreprises nouvelles et pour de nouveaux emplois où les taxes seraient moins élevées.

Il a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d’alternative aux plans du gouvernement de coalition pour enrayer le déficit record de la Grande-Bretagne, qui totalise 155 milliards de livres (180 milliards d’euros).

« Nous dépensons 120 millions de livres chaque jour, uniquement pour payer les intérêts de notre dette nationale », a-t-il rappelé.

Nouvelle baisse de la note grecque

AFP le 07/03/2011 à 09:08

Moody’s abaisse de trois crans la note de la Grèce, perspective négative :

L’agence de notation Moody’s Investors Service a annoncé lundi avoir abaissé de trois crans la note souveraine de la Grèce, à B1 contre Ba1 auparavant, et prévenu qu’elle pourrait encore l’abaisser, en raison de difficultés économiques persistantes et du risque de défaut.

L’inflation, sujet de préoccupation politique en Chine

Associated Press le 05/03/2011 à 14:17

Chine : Wen veut accroître les dépenses sociales et contenir l’inflation

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a insisté samedi à Pékin devant l’Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement) sur la nécessité d’accroître les dépenses sociales et de limiter l’inflation, un facteur de mécontentement populaire a-t-il souligné.

M. Wen s’exprimait en ouverture de la session annuelle du Parlement, devant les 2.923 délégués de l’ANP réunis pour dix jours. Contenir l’inflation est une priorité économique, tout comme accroître les revenus de la classe ouvrière, des agriculteurs et des retraités, a souligné le chef du gouvernement.

Les prix ont augmenté en moyenne de près de 5% au cours des derniers mois, une hausse qui peut atteindre 10% pour de nombreux produits de première necessité.

Ces problèmes concernent « le bien-être de la population, ont un impact sur l’intérêt général et affectent la stabilité sociale », a-t-il déclaré. Il s’est prononcé pour une hausse des dépenses sociales, des augmentations du salaire minimum, une limitation du salaire des cadres et un alourdissement de l’imposition sur l’immobilier de luxe.

Le gouvernement, a-t-il poursuivi, compte au total accroître les dépenses de 12,5% en 2011, avec des budgets en hausse pour l’éducation, les créations d’emploi, le logement, la santé, les retraites et autres assurances sociales. Parallèlement, les dépenses en matière de sécurité intérieure (police, justice) devraient pour la première fois depuis des années dépasser le budget militaire, et augmenter de 13,8% pour atteindre l’équivalent de 68 milliards d’euros.

« Nous devons faire de l’amélioration des conditions de vie de la population un pivot, combinant réformes, développement et stabilité », a-t-il résumé. Il faut s’assurer que « la population soit satisfaite de sa vie, de ses emplois », conditions de « paix et de stabilité à long terme », d’une société « tranquille, en bon ordre ».

Le discours de Wen Jiabao traduit l’inquiétude des autorités chinoises, alors que des appels se multiplient sur Internet à manifester pacifiquement, sur le modèle de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte.

La censure chinoise contrôle étroitement la façon dont les événements sont traités. Les journaux ne peuvent publier que les informations diffusées par l’agence officielle Chine Nouvelle, comme c’est souvent le cas pour les événements jugés sensibles par les autorités.

Bientôt une hausse des prix alimentaires en France

AFP le 05/03/2011 à 13:03

La hausse des produits alimentaires se rapproche des rayons :

Café, huile, pâtes… comme en 2008, le prix de produits alimentaires de base va repartir à la hausse prochainement, en raison d’une nouvelle flambée des matières premières agricoles.

Les incendies et la sécheresse en Russie, qui a arrêté ses exportations de céréales, ou encore les inondations en Australie, ont réduit l’offre, tandis que la demande augmente avec des populations asiatiques qui imitent de plus en plus les habitudes alimentaires occidentales, explique Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à UFC-Que Choisir. « Il suffit de quelques pourcentages de production en plus ou en moins pour déséquilibrer le marché mondial ».

Michel-Edouard Leclerc, patron des centres du même nom, annonce une hausse des prix alimentaires de 3 à 3,5% en moyenne jusqu’en juin. Ce sera davantage pour les huiles (4 à 6%), les farines (15 à 28% selon les marques) et le café (15 à 22%).

Les hausses de prix devraient se concrétiser plus vite pour les produits frais que pour les conserves, qui se stockent.

Comme en 2008, les Français pourraient à nouveau privilégier le « fait maison » à des produits prêts-à-consommer, prévoit-il.

En 2008, les prix alimentaires (hors boissons) avaient grimpé de 5,2% en moyenne annuelle, dont +9,7% pour les produits laitiers, +9,6% pour les huiles et les graisses, +6% pour le pain et céréales (y compris biscottes, viennoiseries, farines, pâtes…), rappelle Jean-Louis Lhéritier, chef du département des prix à la consommation à l’Insee.

Dits et non-dits de la réforme fiscale

Avec la publication du rapport thématique de la Cour des Comptes, hier, la réforme fiscale a pris un tour nouveau. Elle est maintenant éclairée par des pistes publiques et officielles, relativement impartiales et neutres – en tout cas non-gouvernementales. On notera au passage que ce rapport a été conduit par Raoul Briet, ancien directeur de la sécurité sociale et connu pour ses positions de centre gauche. La lecture du rapport est donc riche d’enseignements sur le consensus de l’establishment en matière d’évolution fiscale.

Ce qui apparaît assez vite, en le parcourant, c’est que, derrière les mots se dissimule une intention, d’ailleurs bien exprimée par Nicolas Sarkozy: « l’importance de la convergence fiscale européenne qui constitue une priorité de l’action européenne de la France ». Ce charabia technocratique mérite un petit décryptage, en insistant sur ce qu’il dit… et surtout sur ce qu’il ne dit pas.

Dit: l’enjeu démocratique de la réforme fiscale

François Fillon l’a clairement répété lors du colloque tenu à Bercy le 3 mars (http://www.premier-ministre.gouv.fr/premier-ministre/discours-du-premier-ministre-au-colloque-patrimoine-et-fiscalite-enjeux-et-converge): la politique fiscale est au coeur du projet républicain. François Fillon a même parlé de « passion française » pour l’impôt, rappelant au passage que l’impôt sur le revenu était l’invention d’un Sarthois (Joseph Caillaux, pour ceux qui l’auraient oublié). Chacun s’accorde donc à reconnaître l’importance de l’enjeu qui touche à cette réforme. On peut même s’étonner qu’à un an des élections présidentielles, le futur candidat Sarkozy entame un chantier aussi délicat.

Dit: la réforme fiscale sera inégalitaire

Dans son morceau de bravitude du 3 mars, François Fillon a tout dit sur ce sujet, et de façon extrêmement carrée. Voici le verbatim de son discours: « En affirmant que la contribution commune doit être « également répartie entre tous les citoyens en raison de leur faculté », la déclaration des Droits de l’Homme de 1789 en appelle au sens de l’équité, plus qu’elle n’affirme une ambition égalitariste. (…) Qu’est-ce, au fond, que la justice fiscale ? Est-ce que c’est l’équité ? Est-ce que cela consiste à réduire les inégalités par le biais de l’imposition ? Ou bien, est-ce prendre garde à ne pas pénaliser le travail dont le fruit légitime est la constitution d’un patrimoine que l’on souhaite transmettre à ses enfants ? (…) Cette réforme, nous la mènerons en étant fidèles aux valeurs qui sont les nôtres depuis 2007. »

Je salue à nouveau le courage politique de ce discours: revendiquer les valeurs au pouvoir depuis 2007 relève d’une sorte de panache de plus en plus rare de nos jours. A moins qu’il ne s’agisse d’une forme de cécité. Toujours est-il qu’en posant un principe simple: l’impôt n’a pas vocation à réduire les inégalités, mais à protéger le patrimoine, notre Premier Ministre a dit sa messe sans ambiguïté.

Non-dit: la réforme fiscale sera inefficace

En posant le principe d’une réforme fiscale qui doit « encourager l’activité, stimuler la croissance, retrouver le chemin de l’emploi », François Fillon se fait l’apôtre de la politique d’incitation fiscale comme levier pour agir sur la situation économique.

La Cour des Comptes aborde de façon très instructive ce sujet dans son chapitre 3, consacré aux principaux enseignements à tirer de la comparaison franco-allemande. Précisément, Raoul Briet et son équipe pointent du doigt tout l’inconvénient que la philosophie française constitue en matière de compétitivité: « Qu’il s’agisse de l’imposition des entreprises, de l’impôt sur le revenu ou encore de la TVA, la fiscalité allemande fait une place sensiblement moins grande que la fiscalité française à la dimension incitative de l’instrument fiscal. » (page 231) Les rapporteurs rappellent qu’en Allemagne, seule la loi de finance peut modifier la législation fiscale, alors qu’en France, des exonérations incitatives peuvent être ordonnées à chaque détour de texte voté à n’importe quel moment de l’année.

On mesure immédiatement tout l’écart qui demeurera entre la politique fiscale allemande et la réforme française en préparation.

L’incitation fiscale à la française, revendiquée par le gouvernement, a conduit à cette situation déplorable de niches fiscales, à nouveau décriée par la Cour des Comptes. A tout bout de champ, les pouvoirs publics inventent des exonérations ou des exceptions à l’impôt destinées à inciter telle ou telle fraction de la population à agir d’une façon ou d’une autre. Et l’on sait tous que le morcellement de l’impôt, c’est le début de l’injustice.

Comme l’a dit François Fillon le 3 mars: « On sait que le sentiment d’injustice créé par une imposition inégalitaire, brouillonne et étouffante, a été une cause décisive dans le déclenchement de la révolution de 1789. »

Non-dit: le gouvernement préservera les aspects les plus injustes de notre fiscalité

La Cour des Comptes compare utilement les barèmes d’imposition sur le revenu en France et en Allemagne (notamment les tableaux pages 82 et 83).

Les bénéficiaires d’un revenu de 53.000€ annuels en France sont taxés marginalement à 30%. Ils le sont à 42% en Allemagne.

Les bénéficiaires d’un revenu de 70.000€ annuels en France sont taxés marginalement à 40% en France. Ils le sont à 42% en Allemagne.

Les bénéficiaires d’une revenu annuel de 260.000€ annuels sont taxés marginalement à 40% en France. Ils le sont à 45% en Allemagne.

Cet état de fait ne sera pas revu. Dans le même temps, la fiscalité du patrimoine sera allégée en France. Or, si l’Allemagne pratique une fiscalité du patrimoine en apparence plus légère qu’en France (encore qu’elle taxe plus fortement les revenus du patrimoine), c’est parce qu’elle taxe beaucoup plus les revenus.

Dit: la réforme fiscale vise la compétitivité de la France, c’est-à-dire de nouveaux allégements de charge

Les enjeux de la réforme, outre la question du patrimoine qui est juste un habillage pour amuser la galerie et enrichir encore les plus gros revenus, concernent plus fortement la compétitivité économique. Et, pour aller vite, il s’agit de préparer le terrain à un glissement des cotisations patronales de sécurité sociale vers la TVA.

Techniquement, rien à redire sur le sujet: si le coin socio-fiscal est à peu près identique en France et en Allemagne (c’est-à-dire le poids des impôts et cotisations sociales sur le salaire brut), en revanche la ventilation n’est pas la même dans les deux pays. Les patrons allemands contribuent en effet beaucoup moins que les patrons français au financement de la sécurité sociale, depuis que, en 2005, une partie des cotisations patronales a glissé vers la TVA. De cette façon, le taux de TVA est passé de 16 à 19% en Allemagne (il est de 19,6% en France, avec beaucoup d’exceptions). La Cour des Comptes suggère de réaliser la même opération en France: on supprime toutes les exceptions au taux à 19,6%, et avec l’argent récupéré, on diminue les charges patronales.

Politiquement, l’opération est lourde de sens. Elle signifie que les consommateurs devront payer le cadeau fait aux employeurs, déjà bénéficiaires de 30 milliards d’allégements de charges. Une autre façon de traduire cette petite manipulation consiste à dire que les salariés paieront à la caisse de leur supermarché ce que leurs patrons ne veulent plus mettre dans la sécurité sociale. Ce qui s’appelle faire payer la crise aux Français.

Non-dit: la réforme est un premier pas vers une subordination de l’Europe à l’Allemagne

L’enjeu suprême de la réforme consiste à préparer la convergence fiscale franco-allemande. Autrement dit d’unifier progressivement nos politiques économiques, aux conditions dictées par l’Allemagne.

Pas étonnant que cette réforme soit menée à marche forcée, dans un calendrier politique peu opportun pour le candidat Sarkozy. Angela Merkel a en effet subordonné un geste solidaire de l’Allemagne en faveur des pays européens les plus en difficulté, à un alignement de ces pays sur les bonnes pratiques allemandes. Cette intégration budgétaire européenne ne peut se réaliser si l’axe franco-allemand ne donne pas le premier coup de pouce.

Et la réforme fiscale française, c’est précisément ce coup de pouce.

Au cas où, nous aussi, nous aurions besoin d’un geste allemand pour alléger le fardeau de la dette…

Inquiétude de Fitch sur l’Espagne

Fitch déclasse la perspective de l’Espagne à négative

vendredi 4 mars 2011 19h15

LONDRES (Reuters) – L’agence de notation Fitch a ramené vendredi la perspective de l’Espagne de stable à négative, tout en confirmant la note à long terme AA+ et la note à court terme F1+.

Cette perspective reflète le jugement de Fitch concernant l’ampleur et la durabilité de la reprise économique et le coût budgétaire final de la restructuration des caisses d’épargne (cajas).

Elle reflète aussi son analyse des risques concernant le respect des objectifs budgétaires, surtout de la part des gouvernements régionaux et prend en compte le risque d’une volatilité accrue des marchés financiers européens si aucune réponse concrète et crédible à la crise de la zone euro n’est apportée par le sommet européen des 24 et 25 mars.

« En bien des aspects, l’Espagne a dépassé les attentes en termes de consolidation budgétaire et de réforme structurelle, en particulier pour ce qui concerne les retraites du secteur public et le marché du travail », explique l’analyste Douglas Renwick de Fitch, dans un communiqué.

« Toutefois, la perspective négative tient compte des risques orientés à la baisse pour le profit de crédit de l’Espagne tenant à une reprise économique faible, à la restructuration du secteur bancaire et à la consolidation budgétaire, particulièrement par les gouvernements régionaux », ajoute-t-il.

L’agence juge plus précisément qu’il existe un risque réel que la consolidation budgétaire ne soit remise en cause si les gouvernements régionaux ou locaux n’atteignent pas les objectifs de réduction du déficit budgétaire en 2011 et 2012.

Elle précise que la confirmation de la note AA+ témoigne des solides fondamentaux de l’Espagne, de sa stabilité politique et sociale, d’un marché des capitaux relativement développé et d’un taux d’épargne élevé.

L’Espagne est notée AA par Standard & Poor’s et Aa1 par Moody’s Investors Service. Cette dernière a placé cette note sous surveillance avec implication négative.

L’euro a réduit ses gains contre le dollar dans la foulée de cette annonce.

Gregory Schwartz et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

Inquiétudes des banquiers centraux sur la situation économique

Reuters, 4 mars 2011

La persistance des déséquilibres économiques mondiaux, qui pourraient même s’amplifier, oblige le G20 à tout faire pour les réduire, ont estimé vendredi plusieurs responsables de banques centrales réunis à Paris.

La réduction de ces déséquilibres est l’une des priorités de la présidence française du Groupe des Vingt cette année mais les ministres des Finances et banquiers centraux de ses Etats membres ont peiné le mois dernier à faire progresser ce dossier, notamment en raison des résistances de la Chine.

Ces déséquilibres se traduisent principalement par d’importants déficits courants dans de nombreux pays avancés et par des excédents courants dans de grands pays émergents, principalement la Chine.

« Les excédents courants sont revenus ou sont en train de revenir à des niveaux d’avant-crise et je crois que cela va s’accentuer en raison du fait que la hausse récente des prix du pétrole pourrait s’accélérer », a dit Axel Weber, le président de la Bundesbank, lors d’un colloque organisé par la Banque de France.

Réunion des conservateurs européens en faveur de l’euro fort

AFP le 05/03/2011 à 00:34

UE : les conservateurs déterminés pour l’euro, ouverts sur le taux irlandais

Les dirigeants conservateurs européens ont exprimé vendredi leur volonté de renforcer la stabilité et la compétitivité de la zone euro, avant un sommet de l’Union monétaire, sans exclure une éventuelle baisse du taux d’intérêt versé par l’Irlande en échange de l’aide de l’UE.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la droite européenne, réunis à Helsinki, ont préparé un sommet de la zone euro qui se tiendra le 11 mars « afin de faire de l’euro une monnaie forte et de renforcer la compétitivité européenne », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, en marge de la réunion.

Les dirigeants se sont « mis d’accord » notamment sur « la nécessité de mesures immédiates pour renforcer la stabilité de la zone euro, y compris des mesures pour renforcer le Fonds européen de stabilité financière », et pour « introduire une coordination renforcée des politiques économiques », ont-ils indiqué dans un communiqué publié à l’issue de la réunion.

Ce sommet est le premier d’une série de réunions des dirigeants européens au cours du mois de mars, afin de mettre en place un ensemble de mesures pour mieux répondre aux crises de la dette à l’avenir.

Il s’agit notamment de renforcer le Fonds de soutien financier actuel de la zone euro, mais aussi de se mettre d’accord sur la contrepartie exigée par des pays comme l’Allemagne, à savoir une plus grande discipline budgétaire, une meilleure coordination des politiques économiques nationales et une compétitivité européenne accrue.

Les dirigeants conservateurs européens se sont montrés aussi ouverts à une éventuelle baisse du taux d’intérêt versé par l’Irlande en échange de l’aide de l’UE, réclamée par le futur Premier ministre irlandais Enda Kenny dans le cadre de ces vastes tractactions, tout en prévenant qu’il y aurait des conditions.

« Aucune voix ne s’est élevée contre » les idées de M. Kenny sur une baisse du taux irlandais, a déclaré le président des conservateurs européens Wilfried Martens, lors d’une conférence de presse.

Il a reconnu qu’aucune voix ne s’était non plus « élevée pour », mais que M. Kenny, également présent à la réunion, avait ensuite rencontré le président de l’UE Herman Van Rompuy pour discuter du sujet.

« Il n’y a pas eu de voix contre » une éventuelle baisse des taux d’irlandais, a également souligné le Premier ministre letton, Valdis Dombrovskis.

Enda Kenny exige une réduction du taux d’intérêt irlandais, actuellement à 5,8% en moyenne, qu’il juge « punitif ».

La chancelière allemande Angela Merkel a cependant clairement indiqué qu’il y aurait des contreparties à un éventuel assouplissement du dispositif.

« Il y aura toujours un donnant-donnant », a prévenu Mme Merkel, interrogée pour savoir s’il y aurait davantage d’aide pour les pays endettés.

« Ce qui veut dire que si certaines conditions sont possibles, il y a aussi davantage de conditionnalité, davantage d’engagements » demandés en échange, a-t-elle dit.

« C’est sur cette base que nous parlerons avec différents pays », a-t-elle ajouté. « Nous pouvons seulement sauvegarder l’euro si nous sommes très forts, si nous gardons nos maisons en ordre, si nous renforçons le Pacte de stabilité », a-t-elle encore dit.

Dans le cadre des discussions générales sur le Fonds de soutien de la zone euro, l’Irlande ou la Grèce espèrent un réexamen du taux d’intérêt qu’ils doivent verser dans le cadre du prêt de l’Union européenne, tandis que la Grèce espère aussi un allongement de la période de remboursement de son prêt.