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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Bientôt un relèvement des taux dans la zone euro?

(AFP)

M. Trichet a déclaré jeudi qu’une « grande vigilance » était nécessaire en zone euro quant à l’inflation, au vu de pressions inflationnistes liées aux prix de l’énergie.

Il s’exprimait lors d’une conférence de presse après la réunion mensuelle de politique monétaire de la BCE, qui a gardé inchangé son taux d’intérêt directeur à 1%, niveau bas auquel il est fixé depuis mai 2009.

M. Trichet a également estimé qu’une hausse de taux était « possible » en avril tout en précisant qu’une telle démarche ne serait « certainement pas le point de départ d’une série de hausses ».

En outre, l’institution a révisé à la hausse sa prévision de croissance pour 2011 en zone euro relevée à 1,7%, contre 1,4% précédemment, et relevé sa prévision d’inflation pour cette année, à 2,3% contre 1,8% précédemment.

Ces révisions et les propos de M. Trichet alimentent les spéculations sur un relèvement anticipé du taux de la BCE pour lutter contre l’inflation, des attentes portées ces dernières semaines par des commentaires de dirigeants de l’institution s’inquiétant du niveau élevé de l’inflation.

Contours de la réforme fiscale

AFP le 03/03/2011 à 10:10

Fiscalité : droits de succession resteront allégés, pas de nouvelle tranche d’impôts (Fillon)

Le Premier ministre François Fillon a assuré jeudi que dans le cadre de la réforme sur la fiscalité du patrimoine, le gouvernement ne reviendrait pas sur l’allègement des droits de succession instauré en 2007 et n’instaurerait pas une nouvelle tranche d’impôt pour les plus riches.

« Parce que nous voulons que chacun puisse transmettre à ses enfants le fruit de son travail, nous ne reviendrons pas sur l’allègement des droits de succession que nous avons décidé en 2007! », a déclaré le Premier ministre lors d’un colloque à Bercy organisé dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine.

« Parce que nous voulons affirmer la valeur du travail, nous ne souhaitons pas instaurer une nouvelle tranche marginale qui ouvrirait la voie à un alourdissement de l’impôt sur le revenu! », a-t-il aussi lancé.

François Fillon a aussi confirmé que le gouvernement ne taxerait pas non plus les plus-values de cession de la résidence principale, afin d' »encourager l’accession des Français à la propriété ».

« Parce que nous voulons que la fiscalité soit au service de notre économie, nous veillerons à ce que cette réforme encourage le financement des entreprises et ne remettent pas en cause les dispositifs favorables à leur détention et leur transmission », a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre a réaffirmé qu’il n’était pas question de financer « par la dette » la réforme promise pour le printemps, qui doit aboutir à la disparition du bouclier fiscal et la suppression ou l’aménagement de l’ISF.

Lancement de mon roman sur la présidentielle de 2012

Comme je vous l’avais annoncé, j’ai décidé de livrer par épisodes (deux ou trois par semaine), un roman de politique-fiction sur la présidentielle de 2012. Son titre: L’infernale surprise (http://infernalesurprise.com/). Il raconte par le menu cette étrange élection où, pour la première fois dans l’histoire républicaine, un parti d’extrême-droite arrive premier au premier tour…

DSK et la démocratie en Chine

AFP le 02/03/2011 à 20:24

FMI : pour DSK, une révolte en Chine destabiliserait l’économie

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a estimé mercredi qu’un scénario de crise politique en Chine similaire à celui que vivent actuellement des pays arabes aurait des effets « très déstabilisateurs pour l’économie mondiale ».

Selon M. Strauss-Kahn, la reprise économique mondiale suit son cours mais « elle est fragile et très inégale » selon les pays. Et une longue période de prix élevés du pétrole liés à la crise politique des pays arabes pourrait la mettre en péril, a-t-il ajouté.

« Nous sommes tous très contents parce que la liberté est en train d’être retrouvée, mais nous devons aussi faire attention à ce que cela n’ait pas d’impact sur l’économie », a-t-il déclaré à Montevideo au cours de l’enregistrement d’une émission télévisée où des étudiants pouvaient lui poser des questions.

Le patron du FMI a été interrogé sur les conséquences qu’aurait en Chine une pression populaire similaire à celle vécue par certains pays arabes en faveur d’une ouverture démocratique.

« Cela dépend du rythme », a-t-il dit. « Je pense que le développement de l’économie de marché mène à la démocratie » mais « cela prend du temps », a déclaré le directeur du FMI.

Dans le cas de la Chine, la deuxième puissance économique mondiale, « un changement trop rapide pourrait être très déstabilisateur pour l’économie mondiale ».

La dette publique comme espace de tyrannie

J’ai participé hier au débat organisé par Générations engagées dont le thème était: « faut-il rembourser la dette? ». Je me permets de vous livrer le contenu de mon intervention préliminaire, intitulé: la dette publique comme espace de tyrannie.

D’abord, je redis que la France d’aujourd’hui présente de fortes similitudes avec deux périodes passées: les années 1930 et 1788. Les années 30, parce qu’elles succédaient à la crise de 1929, très analogue à celle de 2008. L’année 1788, parce qu’elle marqua l’impossibilité de résoudre politiquement la question de la dette publique. Ce rappel est important car il replace la question de la dette publique dans sa dimension politique et permet de dépasser le simple cadre technique de la discussion.

En réalité, l’endettement public est moins un sujet économique que politique. Et le débat d’aujourd’hui porte sur les choix politiques sous-jacents aux solutions économiques qui sont proposées pour sortir de la question de la dette.

1. La dette et la politique

Le problème de la dette publique est devenu si envahissant qu’il préempte tout débat politique dans nos démocraties. La situation en Irlande ou en Grèce le montre bien! En Irlande par exemple, la question du défaut partiel sur la dette est devenue l’objet central de la campagne électorale et l’enjeu de l’accord de gouvernement qui doit être signé. C’est bon signe, car cela montre que tôt ou tard les peuples reprennent leurs droits sur des élites qui tentent de les enfermer dans des spirales négatives.

La question de la dette doit donc aussi être traitée politiquement en France, et non économiquement. Elle ne doit pas être laissée entre les mains de quelques experts qui prétendent décider à la place du peuple français, comme un médecin prescrit un traitement que le patient doit ingurgiter sans mot dire. Nous devons aujourd’hui ouvrir ce débat et décider collégialement des meilleures conditions de sortie pour l’ensemble du peuple français sur ce sujet épineux.

En ce sens, la question de la dette présente l’intérêt majeur de permettre une appropriation des thématiques économiques par les peuples. Dans tous les cas, ce sont les peuples qui sont sollicités pour rembourser une dette colossale dont ils n’ont pas profité. Il est donc assez naturel qu’ils décident des formes que ce remboursement doit prendre.

2. La dette est un espace de tyrannie

Cette appropriation de la dette par les peuples est indispensable car la dette est un espace de tyrannie.

Pourquoi?

Parce que ceux qui l’ont décidée… c’est-à-dire ceux qui la créent année après année (de façon constante depuis 1975), n’ont jamais expliqué pour quelle raison ils le faisaient, et n’ont jamais rendu compte de leur gestion face au peuple français. Le paradoxe tient d’ailleurs au fait que, depuis des décennies, les élus qui recourent le plus à l’endettement sont aussi ceux qui critiquent le plus la place de l’Etat dans l’économie. Ce sont les partisans de l’économie de marché qui ont le plus endetté l’Etat. Pourquoi?

Une simple application de la déclaration des droits de 1789 nous autorise à leur en demander raison. Les citoyens ont un droit d’inventaire sur la gestion publique. Si ce droit ne s’exerce pas, voyons-y le signe d’un dysfonctionnement majeur de la démocratie. Et, de fait, le débat politique est aujourd’hui plombé par cette question de la dette sur laquelle aucun élu responsable de la situation ne souhaite rendre compte de ses responsabilités.

Pire, un silence total est maintenu sur les détenteurs de la dette. Car, lorsque l’Etat emprunte, il sollicite des créanciers. Qui sont-ils? Sont-ils les bénéficiaires du bouclier fiscal? Sont-ils les citoyens les plus riches, c’est-à-dire ceux qui paient le moins d’impôt? Achètent-ils la dette à partir de holding installées à l’étranger, qui servent à faire de la fraude? Toutes ces questions sont légitimes et nous demander de rembourser la dette sans nous informer sur ces sujets relève bien de la tyrannie, au sens où ce mot était entendu en 1789.

Il y aurait un vrai cynisme à endetter l’Etat par des cadeaux fiscaux aux plus riches, immédiatement recyclés en emprunts d’Etat placés à 4%… Ce serait une façon scandaleuse de garantir l’épargne des plus riches sur le dos des plus pauvres.

3. les endetteurs sont les créanciers

En réalité, depuis plus de 15 ans, toutes les prétendues politiques de croissance en France sont des politiques d’endettement. J’en prends deux au hasard: les allégements de charges et le bouclier fiscal.

Les allégements de charges coûtent environ 25 milliards € par an, soit 1,5% de PIB. Souvenons-nous que, par le traité de Maastricht, nous avons limité le déficit public annuel à 3% de PIB. Autrement dit, depuis 1993, année de lancement des allégements de charge, la moitié de notre déficit public autorisé est dû à cette politique d’allégement. Résultat? Les économistes concèdent 400.000 emplois créés. Soit environ 70.000 € de subvention annuelle pour un emploi coûtant 27.000€ maximum (1,6 SMIC). Un gouffre financier. Un cadeau aux employeurs, financé par les contribuables.

Le bouclier fiscal est une réduction d’impôts pour les 0,1% les plus riches, entièrement financée par la dette. Bénéfice pour l’économie? aucun. En revanche, la dette qui a servi à financer le bouclier fiscal a été couverte par le patrimoine des plus riches, bénéficiaires de ce même bouclier. Le peuple français a donc payé deux fois le bouclier: une fois par un chèque de remboursement d’impôts aux plus riches, une deuxième fois par un remboursement de la dette qui a permis le bouclier fiscal. Joli tour de passe-passe.

De là à soutenir que les politiques de réductions d’impôts pour les plus riches sont un prétexte pour leur permettre d’acheter des emprunts d’Etat au taux garanti par les contribuables…

Tout cela ne peut durer. La dette est une forme d’aliénation des peuples. Elle les fait dépendre de ces nouveaux fermiers généraux que sont les créanciers. Cette asservissement est d’autant plus choquant que le budget de l’Etat sera excédentaire sans les frais financiers du remboursement. Autrement dit, la principale cause de la dette aujourd’hui… c’est le remboursement de la dette. De ce point de vue, notre situation ne diffère pas de celles des pays les plus pauvres sur la planète.

Conclusion? faut-il vraiment rembourser la dette?

Fitch se méfie de la démocratie en Tunisie

AFP le 02/03/2011 à 16:09

Tunisie : Fitch abaisse d’un cran à BBB- la note, perspective négative

L’agence de notation Fitch Ratings a annoncé mercredi qu’elle abaisait d’un cran la note de la dette à long terme de la Tunisie à BBB- et maintenu sa perspective « négative », en raison des incertitudes entourant la situation économique et politique du pays.

« La dégradation (de la note) reflète les incertitudes entourant la stabilité (politique) de la Tunisie et la politique économique dans cette période de transition difficile », justifie l’agence dans un communiqué.

« Même si la transition vers la démocratie pourrait améliorer la confiance à long terme, l’agitation politique a détérioré les perspectives économiques à court terme, les finances publiques et le système financier », poursuit Fitch.

Quant à la perspective négative -avertissement que l’agence pourrait davantage dégrader la note-, elle tient du fait que Fitch estime qu’il y a « un risque que les premières élections véritablement démocratiques prévues en juillet n’aboutissent pas à la formation d’un gouvernement stable avec un mandat clair et fort lui permettant d’engager des politiques économiques responsables et inspirer la confiance des investisseurs ».

A l’inverse, « des élections réussies en juillet, débouchant sur un gouvernement stable, ou alors donnant la preuve que les finances publiques et l’économie sont moins affectées que redouté, pourraient probablement aboutir à une révision de la perspective à +stable+ », avance Fitch.

Nouvelles menaces sur les dettes grecque et portugaise

S&P peut encore déclasser le Portugal et la Grèce

Par Reuters, le 2 mars 2011

HONG KONG (Reuters) – L’agence de notation Standard & Poor’s a fait savoir mercredi qu’un abaissement des notes de la Grèce et du Portugal était toujours envisageable et qu’il dépendait des modalités du futur Mécanisme européen de stabilité (MES).

L’agence a tenu à rappeler qu’en dépit de leur passage au second plan du fait de la récente montée des prix pétroliers, les déficits budgétaires auxquels sont confrontés certains pays de la zone euro pourraient revenir hanter les marchés.

a dit maintenir sous surveillance avec implication négative la note long terme BB- de la Grèce, ainsi que celles de long terme A- et de court terme A-2 du Portugal.

Les notes souveraines de la Grèce et du Portugal pourraient sans doute être abaissées si le Mécanisme européen de stabilité, qui doit succéder au Fonds européen de stabilité financière en 2013, poussait les Etats à restructurer leur dette.

Une affaire de délit d’initié aux USA

AFP le 01/03/2011 à 19:56

L’ex-administrateur de Goldman Sachs Gupta poursuivi pour délit d’initié :

Le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, a annoncé mardi qu’il poursuivait un ex-membre du conseil d’administration de Goldman Sachs et de Procter & Gamble, Rajat Gupta, l’accusant d’avoir participé à l’affaire de délit d’initié du fondateur du fonds Galleon Raj Rajaratnam.

« Les administrateurs qui violent le caractère sacré des confidences de la salle du conseil d’administration pour des gains privés devront rendre compte de leurs actions illégales », a fait valoir un responsable de la SEC, Robert Khuzami, cité dans un communiqué de la SEC.

Selon la SEC, « Rajat Gupta, un ami et une relation d’affaires de Rajaratnam, lui fournissait des informations confidentielles apprises durant des téléconférences de conseils d’administration et à d’autres occasions liées à ses fonctions chez Goldman Sachs et Procter & Gamble ».

Procter & Gamble a annoncé à la mi-journée que M. Gupta, qui siégeait à son conseil d’administration 2007, avait immédiatement présenté sa démission avec effet immédiat.

« Il a vigoureusement nié les accusations portées par la SEC contre lui, mais il démissionne dans l’intérêt de la société pour éviter toute distraction pour le conseil d’administration de P&G et nos activités », a indiqué le directeur de la communication du groupe à l’AFP. Ce porte-parole, Paul Fox, a précisé que Procter & Gamble « coopère pleinement » aux enquêtes en cours.

Goldman Sachs avait annoncé dès l’an dernier que M. Gupta quitterait son conseil d’administration car il se savait impliqué dans l’enquête.

Selon la SEC, « Rajaratnam a utilisé les informations confidentielles (fournies par M. Gupta) pour des transactions au nom des fonds à risque de Galleon, ou les a communiquées à d’autres employés de sa société qui s’en sont servis pour leurs transactions avant que les sociétés fassent des annonces publiques », ajoute-t-elle.

« Gupta était à l’époque un investisseur direct ou indirect dans au moins certains de ces fonds à risques de Galleon, et avait potentiellement d’autres relations lucratives avec Rajaratnam », selon la SEC.

Le procès de M. Rajaratnam, arrêté en octobre 2009, devrait s’ouvrir la semaine prochaine à New York. Il est accusé d’avoir profité d’informations confidentielles pour réaliser environ 20 millions de dollars de profits en Bourse.

Une trentaine de personnes ont déjà plaidé coupable dans cette affaire, et un ancien dirigeant d’IBM, Robert Moffat, a commencé à purger une peine de six mois de prison.

Concernant M. Gupta, la SEC affirme notamment qu’il avait alerté M. Rajaratnam sur un investissement de 5 milliards de dollars de la holding du milliardaire américain Warren Buffett dans la banque américaine Goldman Sachs, avant qu’il soit annoncé en septembre 2008.

« Dans la minute » qui avait suivi la conversation entre les deux hommes, Galleon avait acheté plus de 175.000 titres de la banque d’affaires, sitôt revendus une fois l’investissement de Berkshire Hathaway rendu public, ce qui avait permis au fonds d’empocher « un bénéfice illicite » d’environ 900.000 dollars.

La SEC évoque un autre incident, en juin 2008, qui aurait vu « des appels téléphoniques en rafale » entre M. Gupta et M. Rajaratnam après que le PDG de Goldman Sachs eut révélé aux membres du conseil d’administration que ses résultats seraient meilleurs qu’escompté. Galleon avait alors acheté de nombreux titres, rapidement cédés après la publication des résultats, pour « un bénéfice illicite » évalué à 13,6 millions de dollars.

Concernant Procter & Gamble, M. Gupta aurait selon la SEC alerté Galleon sur des ventes décevantes pour le quatrième trimestre 2008, permettant de vendre des actions et d’empocher un gain indû de plus de 570.000 dollars.

L’excellente interview de Bernard Madoff

Je recommande à tous l’excellente interview de Bernard Madoff (en anglais), dans le New York Magazine:

http://nymag.com/news/features/berniemadoff-2011-3/

Ce long texte ne manque pas d’intérêt. Je vous en donne un exemple ci-dessous, avec ma traduction:

« He sees himself at this stage as a kind of truth-teller. He has disdain not only for the industry but for the regulators. “The SEC,” he says, “looks terrible in this thing.” And he doesn’t see himself as the only guilty party on Wall Street. “It’s unbelievable, Goldman … no one has any criminal convictions. The whole new regulatory reform is a joke. The whole government is a Ponzi scheme.” »

Il se voit aujourd’hui comme une sorte de révélateur de la vérité. Il a du mépris non seulement pour le secteur privé mais aussi pour les régulateurs. « La SEC <autorité américaine des marchés>, dit-il, joue un rôle terrible dans ce domaine. » Et il ne se juge pas le seul coupable à Wall Street. « C’est incroyable, Goldman… pas un seul n’est mis en examen. Toute la nouvelle réforme de la régulation est une farce. Le gouvernement dans son entier fonctionne comme une pyramide de Ponzi. »

Bonne façon de rappeler que la totalité des politiques de croissance est financée sur un endettement que personne n’aura jamais les moyens de rembourser.

Fillon s’exprime sur sa politique économique

AFP le 28/02/2011 à 20:48

Emploi : Fillon fait l’éloge de l’allègement des charges sur les bas salaires

François Fillon a affirmé lundi que la politique d’allègement des charges sur les bas salaires représentait « l’instrument le plus efficace » pour l’emploi, et proposé « d’aller plus loin » avec « l’intégration » de ces allègements dans le barème des cotisations sociales.

Le Medef a salué cette suggestion, se disant « immédiatement disponible » pour en « étudier les modalités ».

La politique visant à « alléger le coût du travail en faveur des salariés les moins qualifiés et des bas salaires est une stratégie positive pour l’emploi », a déclaré le Premier ministre lors d’un discours sur l’économie à Troyes.

« On estime son impact à quelque 800.000 emplois crées ou sauvegardés, ce qui fait de cette stratégie (…) sans doute l’instrument le plus efficace de la politique de l’emploi », a-t-il enchaîné.

M. Fillon, qui s’exprimait en présence des ministres François Baroin (Budget), également maire de Troyes, et Christine Lagarde (Economie), a proposé « d’aller plus loin avec l’intégration dans le barème des cotisations sociales des allègements de charges notamment pour les bas salaires ».

Concrètement, a-t-il expliqué, « la part employeur des charges sociales pesant sur les salaires (…) serait fonction d’un barème progressif prenant en compte le niveau de salaire ».

Affichant sa volonté d’engager la discussion sur le sujet avec les partenaires sociaux, il a souligné qu’en contrepartie les employeurs devraient prendre « des engagements forts et contraignants, notamment en matière d’emploi des jeunes ».

Le Premier ministre François Fillon visite une usine « Petit Bateau » le 28 février 2011 à Troyes

© AFP  Francois Nascimbeni

Auparavant le Premier ministre s’était rendu à l’entreprise de textile Petit Bateau, qui emploie quelque 4.000 salariés dans le monde, dont 1.800 en France et 1.100 dans la seule ville de Troyes.

Louant une société « emblématique », il a relevé « qu’en misant sur l’innovation technologique et la créativité de ses designs », elle avait « réussi à bâtir son succès à l’export ».

De manière générale, le Premier ministre a marqué le souci du gouvernement de favoriser l’implantation des PME à l’étranger.

Il s’est félicité du nombre de créations d’entreprises en France en 2010 -« plus de 620.000 »-, et a réaffirmé la poursuite d’une politique d’incitation (simplification des formalités, crédits bancaires).

Le gouvernement sera « attentif à ce que la réforme de la fiscalité du patrimoine (…) tienne bien compte de la question du financement des PME », et le Fonds stratégique d’investissement va être renforcé « de 1,5 milliard d’euros supplémentaire », a précisé M. Fillon.