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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Retour à la spéculation d’avant 2008

AFP le 31/01/2011 à 16:39

Les ventes à découvert de nouveau autorisées mardi dans le secteur financier :

Les ventes à découvert sur les valeurs financières, interdites au plus fort de la crise, seront de nouveau autorisées ce mardi 1er février sur la place parisienne, mais seront désormais plus strictement encadrées pour assurer la transparence du marché.

Montée de l’inflation dans la zone euro

AFP le 31/01/2011 à 16:27

Zone euro : l’inflation continue à accélérer au-dessus du seuil de 2%

L’inflation a encore accéléré en janvier dans la zone euro, à 2,4% sur un an, une mauvaise nouvelle pour la Banque centrale européenne chargée de surveiller la stabilité des prix mais qui ne devrait pas l’amener à relever ses taux d’intérêt dans l’immédiat, selon les économistes.

L’inflation est supérieure aux attentes des analystes interrogés par l’agence financière Dow Jones Newswires, qui tablaient sur seulement 2,2%.

Elle dépasse pour le deuxième mois consécutif le seuil de 2% surveillé par la BCE, selon cette première estimation publiée lundi par l’office européen des statistiques Eurostat. La Banque centrale européenne vise sur le moyen terme une inflation légèrement inférieure à 2%.

Récession prévue en Irlande

AFP le 31/01/2011 à 13:46

Irlande : les mesures d’austérité vont plomber la croissance 2011

La Banque Centrale d’Irlande a revu en nette baisse lundi sa prévision de croissance 2011 pour le pays, à +1%, contre +2,4% auparavant, en raison de l’impact des mesures d’austérité adoptées en contrepartie du plan d’aide international.

Selon l’institution, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Irlande s’est contracté de 0,3% en 2010, après -7,6% en 2009 et -3,5% en 2008, des chiffres qui témoignent de l’ampleur de la crise traversée par le pays. Celle-ci s’est prolongée l’an dernier après le naufrage des banques irlandaises, qui avaient prêté à tout-va lors de la bulle spéculative immobilière du début de la décennie.

Bientôt une crise alimentaire? le point de vue de l’OMC

AFP le 31/01/2011 à 12:36

Le prix des aliments provoque des troubles « difficilement imaginables » selon l’OMC :

La hausse des prix des produits agricoles a provoqué des « troubles politiques d’une proportion que nous aurions pu difficilement imaginer », a estimé lundi le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy.

« La hausse des prix des aliments provoque une inflation mondiale, sans compter des troubles politiques d’une proportion que nous aurions pu difficilement imaginer », a déclaré M. Lamy, à l’ouverture d’une conférence de deux jours organisée par l’ONU sur la volatilité des marchés agricoles.

Il n’a toutefois pas fait d’allusion directe à la situation en Tunisie et en Egypte, mais a expliqué que cette hausse des prix était une « préoccupation très grande dans le monde ».

M. Lamy a indiqué que l’augmentation des prix cette année serait « très prononcée » pour le « pétrole brut, le cuivre, l’or, le blé et les graines de soja ».

Il a estimé que ces hausses des tarifs sont provoquées notamment par des limites au commerce exercées par certains pays.

Le responsable a ainsi particulièrement critiqué les restrictions aux exportations de blé imposées par la Russie et l’Ukraine à la suite de la sécheresse dans ces deux pays l’année dernière.

Il a reconnu que la « crise climatique » avait un impact sur le commerce des produits alimentaires.

Moody’s dégrade la note politique de l’Egypte pour « risque politique »

AFP le 31/01/2011

L’agence de notation Moody’s Investors Service a dégradé lundi d’un cran la note de l’Egypte, désormais ramenée à « Ba2 », et pourrait l’abaisser encore à moyen terme, puisque la perspective d’évolution de cette note est désormais jugée « négative ».

Dans un communiqué, Moody’s a expliqué sa décision « par l’augmentation récente et significative du risque politique » dans le pays.

35 heures: revenir aux réalités statistiques

Pour justifier la remise en cause des 35 heures, les chiffres valsent dans tous les sens. Un petit retour aux réalités statistiques officielles s’impose pour mieux comprendre le débat.

1 – la durée du travail: les Français travaillent-ils moins que les autres?

Je reprends ici les données INSEE présentées sur:

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?id=2751&reg_id=98

Le tableau suivant montre clairement que les Français, en durée annuelle, travaillent plus que leurs collègues allemands… mais un peu moins que leurs collègues britanniques ou italiens.

1950 2007
Durée annuelle (heures) Durée annuelle (heures) PIB / hab ($ 2007) Taux d’emploi ( %) Temps partiel ( %) Salarisation ( %)
Pays-Bas 2 300 1 413 36 600 72 47 87
Allemagne 2 370 1 432 32 200 67 26 88
France 2 230 1 559 32 300 63 17 91
Italie 2 170 1 566 29 800 58 14 74
Suède 2 020 1 601 34 900 74 25 89
Royaume-Uni 2 110 1 607 33 400 72 25 90
Espagne 2 050 1 775 28 600 65 12 82
Japon 2 080 1 784 32 200 70 19 87
États-Unis 2 010 1 785 44 200 72 13 92
République de Corée nd 2 165 22 700 63 9 68

Sources : durées annuelles et PIB / habitant : base de données du GGDC ; salarisation : base de données de l’OCDE ; taux d’emploi et temps partiel : données Eurostat pour les pays de l’Union européenne, données OCDE pour les autres.

Surtout, l’intérêt du tableau est de replacer la durée du travail dans son contexte historique: une baisse moins forte de la durée annuelle du travail en France par rapport à l’Allemagne, depuis 1950.

Ajoutons que les Allemands travaillent beaucoup plus à temps partiel que les Français.

2 – 35 heures, une durée obligatoire?

Rappelons que 35 heures, ce n’est pas la durée maximale de travail en France. Il s’agit simplement d’un seuil de déclenchement d’une majoration du coût horaire du travail.

Pour mémoire, les durées maximales sont de:

10 heures par jour ;

48 heures par semaine ;

44 heures en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives. En outre, les salariés doivent bénéficier d’un repos quotidien de 11 heures au minimum et d’un repos hebdomadaire de 24 heures auquel s’ajoutent les heures de repos quotidien.

Surtout, rappelons que la loi du 20 août 2008 a permis de déroger aux 35 heures par accord d’entreprise.

Autrement dit, un employeur qui souhaite échapper aux 35 heures a tout à fait la faculté de négocier avec ses représentants du personnel un accord qui évite de majorer les heures effectuées au-delà de 35 dans la semaine.

3 – le coût des 35 heures

Dans la pratique, le débat sur la remise en cause des 35 heures vise donc beaucoup plus à baisser le coût du travail par la loi, qu’à permettre aux entreprises de faire travailler leurs salariés plus que 35 heures. Ce que les employeurs n’osent pas obtenir par la négociation d’entreprise, ils cherchent à l’obtenir par la loi.

Rappelons ici que les 35 heures ont pourtant déjà coûté cher aux salariés:

3 – 1: les 35 heures ont entraîné une forte modération salariale.

Le graphique suivant, consultable sur:

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&id=225&page=graph

montre comment les 35 heures se sont accompagnées d’un fort tassement des salaires en France:

De 2000 à 2005, les salaires ont pratiquement stagné en raison même de la mise en place des 35 heures. Les économistes considèrent que l’effet des 35 heures sur les salaires s’élève à 0,3% de baisse effective (cf. Economie et statistique, n°367, 2003, p. 55).

3 – 2: 35 heures et endettement de l’Etat

Pour mettre en place les 35 heures, Martine Aubry a consenti à des allégements de charge qui pèsent sur le budget de l’Etat.

Je recommande ici la lecture du rapport du Sénat pour la loi de finances 2011:

http://www.senat.fr/rap/l10-111-331/l10-111-3314.html

Ce rapport indique:

« Tous régimes confondus, le montant des exonérations Aubry I s’est élevé à 10,3 milliards d’euros et celui des exonérations Aubry II à 22,5 milliards d’euros. En ajoutant le montant des exonérations « Fillon » (près de 168 milliards d’euros depuis 2003), le coût total des exonérations sur la période s’élève à plus de 200 milliards d’euros, ainsi que l’illustre le tableau ci-dessous. »

Autrement dit, dans le désastre de 200 milliards d’euros que coûtent les allégements de charges depuis 2000, les 35 heures en coûtent environ 125:

« En prenant pour hypothèse que le coût des 35 heures représente 55 % de la part des allègements généraux de charges sociales8(*), soit 92,3 milliards d’euros (55 % de 168 milliards), on peut estimer que la réduction du temps de travail aura induit une charge sur les finances publiques de près de 125 milliards d’euros. »

Ces 125 milliards d’euros devront être remboursés par le contribuable.

Conclusion: les 2 effets « 35 heures » pour le contribuable

Contrairement aux croyances naïves propagées par la pensée unique, les 35 heures n’ont donc pas coûté grand chose aux employeurs, puisque la productivité du travail a largement compensé la modération du temps de travail. Et les employeurs disposent aujourd’hui de tous les outils nécessaires pour transgresser les 35 heures.

En revanche, les salariés les paient deux fois:

– une première fois, parce que les 35 heures ont servi de prétexte à une modération des salaires

– une seconde fois, parce que les 35 heures ont fortement contribué à l’endettement de l’Etat, et ce sont les contribuables qui vont rembourser, c’est-à-dire les salariés.

Les Chinois achètent la dette européenne: Christine Lagarde est pour

Selon une dépêche AFP du 28 janvier —

« Interrogée sur d’éventuels achats chinois à l’occasion de cette émission sur-souscrite neuf fois, Mme Lagarde a dit ignorer si cela avait été le cas. « Honnêtement, je n’en sais rien, et même si je le savais, je ne vous le dirais pas, mais je l’espère », a-t-elle affirmé, soulignant toutefois que si ça avait été le cas, ce serait « un signe de confiance dans l’Europe » de la part de la Chine. »

La dette souveraine américaine placée sous surveillance

La rumeur court: « c’est au tour de la dette souveraine des Etats-Unis d’être surveillée de près par Moody’s, selon les informations circulant dans la presse. L’agence de notation aurait en effet averti hier soir du risque de plus en plus élevé qu’elle soit amenée à placer la note AAA des Etats-Unis en perspective négative dans les deux ans à venir (2 ans, c’est une éternité quand on se remémore la à quelle vitesse la confiance dans la dette grecque s’est évanouie fin 2009).
Le FMI estime que le risque souverain reste élevé et que le rythme d’assainissement budgétaire de certains grands pays (les Etats Unis pour ne pas les nommer) a ralenti…. »