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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Les Français plus anti-capitalistes que les Chinois selon Davos

AFP le 25/01/2011 à 20:57

Les Français les plus critiques sur la mondialisation (sondage) :

Les Français se montrent les plus critiques sur la mondialisation et le fossé se creuse entre les opinions des vieux pays industrialisés et celles des pays émergents, selon un sondage à paraître mercredi dans le quotidien La Croix.

Parmi la population de dix pays interrogée, les Français sont les plus nombreux (33%) à juger qu’il faut désormais abandonner le système capitaliste. Seulement 3% des Chinois pensent la même chose.

Le sondage a été réalisé du 8 au 23 décembre, par l’Ifop pour la Croix, sur un échantillon de 6.023 personnes (France 604 personnes, Grande-Bretagne 600, Etats-Unis 605, Australie 600, Allemagne 600, Italie 600, Pays-Bas 600, Pologne 603, Chine 604, Brésil 607) représentatif des habitants âgés de 18 ans.

Quelque 65% des Chinois (en tête de tous les pays de l’étude) considèrent même qu’il faut conserver ce système « qui fonctionne plutôt bien », quand seuls 15% des Français (le plus petit nombre dans l’étude) partagent ce point de vue.

Seulement 39% des Américains estiment en outre que « le développement des échanges commerciaux internationaux est une bonne chose ».

S’agissant de la forte probabilité d’une nouvelle crise économique: 91% des Français sont d’accord avec cette opinion, 77% des Chinois et 66% des Hollandais.

Ce sondage est publié à l’occasion de l’ouverture du 41e Forum économique mondial de Davos mercredi.

Début du transfert de la dette irlandaise sur l’Union Européenne

AFP le 25/01/2011 à 19:45

Irlande : Succès pour le Fonds européen de stabilité qui espère calmer les marchés

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a réussi son baptême du feu, mardi, en levant 5 milliards d’euros sur le marché obligataire pour financer le plan d’aide à l’Irlande, un succès que son directeur espère voir convaincre les marchés de la solidité de la zone euro.

La demande a été neuf fois plus élevée que l’offre (44,5 milliards d’euros), du jamais vu jusqu’ici dans le monde, a affirmé l’Allemand Klaus Regling venu annoncer à Francfort (ouest) la bonne nouvelle et réclamer des investisseurs qu’ils cessent de spéculer sur un effondrement de la zone euro, « une idée absurde ».

« C’est peut-être un tournant » dans la crise de dette de la zone euro, a-t-il dit, avant d’ajouter: « j’espère que les marchés vont comprendre que l’euro est là pour durer et que nous faisons tout ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière ».

Le FESF, basé au Luxembourg et qui jouit des garanties de tous les pays de la zone euro, a été créé au lendemain de la crise de la dette grecque, au printemps 2010, pour doter la zone d’un fonds apte à venir en aide aux pays en difficulté. Jusqu’ici, seule l’Irlande a dû y faire appel.

Dublin a négocié en novembre avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) un plan de secours d’un montant total de 85 milliards d’euros – dont 17,5 milliards de sa poche – réparti sur plusieurs années et destiné notamment à renflouer son secteur bancaire.

Dans le cadre de ce plan, le FESF lèvera jusqu’à 16,5 milliards d’euros en 2011 et 10 milliards en 2012. Pour 2011, trois émissions obligataires sont prévues, dont deux au premier semestre.

L’opération de mardi n’était que la première d’une série.

Plus de 500 investisseurs institutionnels y ont participé, selon M. Regling, qui précise que « la demande a été très forte en Asie », de l’ordre de 38% du total levé, le Japon ayant notamment souscrit 20% des obligations émises.

Les titres de cette première émission à cinq ans portent un taux d’intérêt de l’obligation de 6 points de base au-dessus du taux sans risque (appelé « mid-swap ») de même maturité, soit 2,89%, a précisé M. Regling.

L’Irlande, qui ne recevra que 3,3 milliards du produit de l’opération, le reste servant d’encaisses de précaution, devra payer des intérêts d’environ 6%.

Quant à savoir si cette émission constitue, avec celle le 5 janvier du Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) -l’autre outil de l’Union européenne pour emprunter sur les marchés pour financer l’aide à l’Irlande- constitue l’amorce des euro-obligations défendues par certains responsables européen, M. Regling a botté en touche.

« Ce n’est pas la première fois que l’Europe émet des obligations garanties par un ou plusieurs Etats. La nouveauté aujourd’hui c’est qu’elle est garantie par 16 Etats », a-t-il dit.

Il a aussi refusé de commenter le débat actuel sur la taille du fonds.

S’il peut emprunter jusqu’à 440 milliards d’euros, sa capacité de prêt est en effet inférieure, de l’ordre de 250 milliards d’euros, en raison de la nécessité de constituer des réserves, afin d?assurer le triple A des agences de notation.

L’Allemagne en particulier refuse catégoriquement de parler d’augmentation du Fonds et veut reporter toutes les décisions à ce sujet au mois de mars, là où Bruxelles appelle à agir vite.

Mardi soir, la chancelière Angela Merkel recevait le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, favorable à l’augmentation, pour un dîner de travail près de Berlin.

Une augmentation du fonds et de son rayon d’action, « nécessaires », selon les analystes de Capital Economics, ne résoudraient toutefois pas « les profonds problèmes budgétaires et économiques de la zone ».

Emeutes de la faim, accapareurs de biens, de vieux discours reviennent

AFP le 24/01/2011 à 20:57

Paris veut réguler les marchés agricoles pour éviter des émeutes de la faim :

Le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a agité lundi le spectre de nouvelles « émeutes de la faim » pour convaincre le G20, dont la France assure cette année la présidence, de combattre la spéculation sur les marchés agricoles.

« Si nous ne faisons rien, nous risquons des émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres », a-t-il lancé, en présentant les priorités de la France pour le groupe des principaux pays riches et émergents.

Paris a plaidé plusieurs fois ces derniers mois, au sein de l’Union européenne (UE) puis du G20, pour une lutte accrue contre la volatilité des prix des matières premières.

Il n’y a pas de consensus parmi les experts sur le lien entre spéculation et mouvements en « yo-yo » des cours du pétrole et des denrées alimentaires. Une analyse en cours de préparation par la Commission européenne conclut d’ailleurs qu' »aucun élément probant » n’étaye cette thèse.

Mais les autorités françaises, qui ont critiqué lundi cette analyse, affirment le contraire. Nicolas Sarkozy a résumé cette conviction d’une formule lapidaire: « La spéculation crée les émeutes de la faim ».

Selon lui, cette situation porte les germes « d’une explosion fantastique dans des pays (…) où on n’a pas de quoi se nourrir ». Le risque est d’autant plus aigu, a-t-il argumenté, que les prix des matières premières agricoles ont dépassé fin 2010 « les pics atteints en 2008 », « l’année des émeutes de la faim ».

Lors d’un exposé ponctué de statistiques, le nouveau président du G20 a rappelé qu’il faudrait « une hausse de 70% de la production agricole mondiale d’ici à 2050 pour nourrir » la planète.

Autant de raisons, à ses yeux, de mettre ce « sujet profondément quotidien » à l’ordre du jour pour « reconnecter les opinions publiques et le G20 ». La France avance quelques solutions.

D’abord, « développer l’offre agricole ».

L’ONG Oxfam a salué cette volonté, mais jugé préférable de « relancer la production vivrière dans les pays du Sud » plutôt que de perpétuer « le modèle exportateur où l’Europe et les Etats-Unis cherchent à nourrir la planète sans tenir compte des réalités des pays pauvres ».

Ensuite, « nous devons améliorer la transparence », a expliqué Nicolas Sarkozy: pour faire des prévisions, il faut connaître l’état des stocks de denrées, et les perspectives de production et consommation.

« Afin de prévenir les crises alimentaires », la France propose donc « de créer une base de données communes » comme pour le pétrole, des « stocks d’urgence » ou encore un « code de bonne conduite » pour que l’aide alimentaire ne soit pas concernée par les moratoires sur les exportations instaurés par tel ou tel pays – comme la Russie avec le blé, l’été dernier.

Enfin, le président français a martelé sa volonté de « réguler » les marchés financiers liés aux matières premières, comparés à « une foire d’empoigne ». Et notamment les fameux « produits dérivés » qui font office d’assurance pour les investisseurs mais ont tendance, selon des économistes, à devenir des instruments de la spéculation.

« N’importe qui peut acheter n’importe quelle quantité, sans d’ailleurs la payer, la revendre n’importe comment au moment où il le souhaite, empocher la plus-value sans être obligé (…) d’avoir bloqué une partie de la somme engagée », a-t-il lancé.

La France espère parvenir cette année à un accord au sein du G20 obligeant tout acheteur de matières premières à « bloquer une partie » du prix d’achat, comme une sorte de dépôt de garantie.

De source gouvernementale, on assure que les Etats-Unis ont déjà bien avancé sur cette régulation et peuvent inspirer le G20. Et Nicolas Sarkozy a annoncé que son homologue russe Dimitri Medvedev avait accepté « de s’investir » sur ces sujets.

Finance internationale: rien ne changera, nous voilà rassurés

AFP le 24/01/2011 à 11:38

Sarkozy : Paris ne veut pas remettre en cause le dollar, ni contrôler les capitaux

La France ne veut pas remettre en cause le « rôle éminent » du dollar ni instaurer un « contrôle des capitaux » dans le cadre de la réforme du système monétaire international, dont elle a fait une priorité de sa présidence du G20, a déclaré lundi le président Nicolas Sarkozy.

Evoquant le « socle » de sa réforme, il a rappelé, lors d’une conférence de presse à Paris, trois solutions auxquelles Paris n’est pas favorable.

« La France ne souhaite pas remettre en cause le dollar qui joue un rôle éminent et doit être une monnaie forte », a-t-il dit.

« La France n’est pas davantage favorable au contrôle des capitaux », a-t-il ajouté.

Enfin, le chef de l’Etat a assuré qu’il ne souhaitait pas « revenir à un système de changes fixes ».

Il a toutefois à nouveau critiqué « l’instabilité du non système international monétaire » en vigueur « depuis 1971 ».

« Dire qu’il y a un système monétaire, c’est déjà une grave erreur », a-t-il insisté.

Selon Nicolas Sarkozy, l' »ambition » de la France est « de converger avec nos partenaires sur des propositions concrètes ».

« L’émergence de nouvelles puissances économiques conduira inéluctablement à l’émergence de nouvelles monnaies internationales », a-t-il déclaré, plaidant pour une meilleure « coopération économique au service de la croissance ».

« Nous allons essayer de mettre d’accord tout le monde sur les indicateurs qui permettront d’analyser les déséquilibres persistants », a encore dit le président de la République.

Elargir le pouvoir de la finance pour contrôler la finance?

AFP le 24/01/2011 à 12:13

Sarkozy : la France veut « élargir » le rôle du FMI

La France veut « élargir » le rôle du Fonds monétaire international (FMI), en modifiant « éventuellement » ses statuts, a déclaré lundi le président Nicolas Sarkozy, évoquant une mission de surveillance des déséquilibres mondiaux et des flux de capitaux.

Interrogé lors d’une conférence de presse à Paris sur l’avenir du patron de l’institution internationale, Dominique Strauss-Kahn, favori des sondages pour être le candidat socialiste à la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy a estimé que « l’avenir du FMI ne se (réduisait) pas à la personne de son actuel directeur général ».

« Ma conviction c’est qu’il convient d’élargir, éventuellement par une modification des statuts, le rôle du FMI », a-t-il ajouté.

Selon le président français, « dans le monde frappé par tant de déséquilibres, il n’y a pas un organisme international en charge de la surveillance de ces déséquilibres, pas un seul ».

« Est-ce que le FMI ne serait pas davantage dans son rôle en s’intéressant aux mouvements de capitaux, aux déséquilibres monétaires, aux crises bancaires », a-t-il demandé, « plutôt que simplement en se mobilisant pour savoir si tel ou tel pays extrêmement pauvre n’augmente pas trop ses fonctionnaires? ».

« Et si le FMI ne le fait pas, qui le fera? Personne », a-t-il poursuivi.

Il a également évoqué un rapprochement entre le G20 des principaux pays riches et émergents, dont la France assure cette année la présidence, et le FMI.

« L’organe dirigeant du FMI, c’est 24 membres, la composition du G20 c’est 20 membres plus cinq invités, 25 », a-t-il rappelé. « Il n’y aurait pas un petit quelque chose à faire entre une instance à 24 et une instance à 25 qui sont par ailleurs à 90% les mêmes? », a-t-il interrogé

Le libre-échange et la flambée des prix des matières premières

AFP le 23/01/2011 à 13:15

La libéralisation du commerce contre la pénurie alimentaire et la flambée des prix :

La libéralisation du commerce et la lutte contre la spéculation sont des pistes contre l’envolée des prix alimentaires et les risques de pénurie qu’ils provoquent, ont estimé les ministres de l’Agriculture d’une cinquantaine de pays réunis à Berlin.

« Le combat contre la faim figure tout en haut des priorités de la communauté internationale », a assuré samedi la ministre allemande, Ilse Aigner, au terme de ce sommet organisé dans la cadre de la Grüne Woche de Berlin, le plus important salon agricole au monde.

Lutter contre la flambée des prix agricoles passe avant tout par « une coordination des politiques agricoles, de développement, ainsi que des politiques commerciales et financières », a estimé la ministre.

Selon la Banque internationale de développement « investir dans l’agriculture produit quatre fois plus de résultats dans le domaine de la lutte contre la pauvreté que d’investir dans n’importe quel autre secteur », a-t-elle souligné.

Car si la demande est en hausse constante, l’offre ne suit pas, ont reconnu les ministres.

Il se sont montrés aussi unanimes sur les causes de la pénurie que sur les conséquences: instabilité sociale et émeutes de la faim menacent à nouveau.

« Nous (en) connaîtrons à nouveau en 2011 ou en 2012 (…) si nous ne prenons pas rapidement tous ensemble les décisions nécessaires », a prévenu le ministre français Bruno Le Maire.

Son homologue marocain Aziz Akhannouch a également dénoncé une « flambée des prix » qui menace le pouvoir d’achat, et donc la stabilité politique de son pays, gros importateur de blé, dont le cours a presque doublé l’an dernier.

En apparence, les pays présents sont aussi d’accord sur les pistes à suivre pour résoudre ces problèmes: augmentation de la production par une hausse des rendements et libéralisation du commerce.

« Le commerce est une partie de la solution, pas du problème », a assuré le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Français Pascal Lamy.

« Il est important d’ouvrir les frontières » pour certains produits, a plaidé la ministre kenyane Sally Jepngetich Kosgey.

Mais les intérêts divergent. « Chacun cherche d’abord à soutenir sa propre infrastructure, et ensuite à commercer avec les autres », a résumé le ministre canadien Gerry Ritz.

« Il existe des barrières dans certains pays pour protéger la sécurité alimentaire », a reconnu l’Ukrainien Mykola Prissiajnouk. Sixième producteur mondial de blé, son pays a récemment prolongé des restrictions d’exportation jusqu’à mars, après une terrible sécheresse en 2010, une mesure qui est loin de ravir nombre d’acteurs du secteur, en Ukraine même.

« Nous ne pouvons pas dans le même temps demander le respect de (certaines) règles, et ouvrir tout grand nos frontières à des produits qui ne (les) respectent pas », a argumenté le ministre français, citant les normes de qualité et environnementales.

La lutte contre la spéculation sur les marchés des matières premières agricoles, incriminée dans la flambée de prix actuelle, est plus consensuelle.

Tout en reconnaissant que « les fluctuations de prix font partie du marché », Mme Aigner a estimé que « les produits agricoles (n’étaient ) pas comme les autres » et ne (devaient) pas devenir « des instruments pour flambeurs ».

La France a mis le sujet au menu de sa présidence du G20, a souligné M. Le Maire.

« Il y a aujourd’hui une incertitude totale » sur les volumes disponibles des denrées agricoles, a-t-il dit, « ce n’est pas normal qu’il y ait aussi peu d’information ». Selon lui, « la transparence fera la stabilisation du marché ».

Il a assuré avoir reçu un très bon accueil sur ce sujet, même si la France « continue à discuter » avec des pays moins réceptifs, comme la Chine et les USA, absents à Berlin.