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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Le libre-échange et la flambée des prix des matières premières

AFP le 23/01/2011 à 13:15

La libéralisation du commerce contre la pénurie alimentaire et la flambée des prix :

La libéralisation du commerce et la lutte contre la spéculation sont des pistes contre l’envolée des prix alimentaires et les risques de pénurie qu’ils provoquent, ont estimé les ministres de l’Agriculture d’une cinquantaine de pays réunis à Berlin.

« Le combat contre la faim figure tout en haut des priorités de la communauté internationale », a assuré samedi la ministre allemande, Ilse Aigner, au terme de ce sommet organisé dans la cadre de la Grüne Woche de Berlin, le plus important salon agricole au monde.

Lutter contre la flambée des prix agricoles passe avant tout par « une coordination des politiques agricoles, de développement, ainsi que des politiques commerciales et financières », a estimé la ministre.

Selon la Banque internationale de développement « investir dans l’agriculture produit quatre fois plus de résultats dans le domaine de la lutte contre la pauvreté que d’investir dans n’importe quel autre secteur », a-t-elle souligné.

Car si la demande est en hausse constante, l’offre ne suit pas, ont reconnu les ministres.

Il se sont montrés aussi unanimes sur les causes de la pénurie que sur les conséquences: instabilité sociale et émeutes de la faim menacent à nouveau.

« Nous (en) connaîtrons à nouveau en 2011 ou en 2012 (…) si nous ne prenons pas rapidement tous ensemble les décisions nécessaires », a prévenu le ministre français Bruno Le Maire.

Son homologue marocain Aziz Akhannouch a également dénoncé une « flambée des prix » qui menace le pouvoir d’achat, et donc la stabilité politique de son pays, gros importateur de blé, dont le cours a presque doublé l’an dernier.

En apparence, les pays présents sont aussi d’accord sur les pistes à suivre pour résoudre ces problèmes: augmentation de la production par une hausse des rendements et libéralisation du commerce.

« Le commerce est une partie de la solution, pas du problème », a assuré le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Français Pascal Lamy.

« Il est important d’ouvrir les frontières » pour certains produits, a plaidé la ministre kenyane Sally Jepngetich Kosgey.

Mais les intérêts divergent. « Chacun cherche d’abord à soutenir sa propre infrastructure, et ensuite à commercer avec les autres », a résumé le ministre canadien Gerry Ritz.

« Il existe des barrières dans certains pays pour protéger la sécurité alimentaire », a reconnu l’Ukrainien Mykola Prissiajnouk. Sixième producteur mondial de blé, son pays a récemment prolongé des restrictions d’exportation jusqu’à mars, après une terrible sécheresse en 2010, une mesure qui est loin de ravir nombre d’acteurs du secteur, en Ukraine même.

« Nous ne pouvons pas dans le même temps demander le respect de (certaines) règles, et ouvrir tout grand nos frontières à des produits qui ne (les) respectent pas », a argumenté le ministre français, citant les normes de qualité et environnementales.

La lutte contre la spéculation sur les marchés des matières premières agricoles, incriminée dans la flambée de prix actuelle, est plus consensuelle.

Tout en reconnaissant que « les fluctuations de prix font partie du marché », Mme Aigner a estimé que « les produits agricoles (n’étaient ) pas comme les autres » et ne (devaient) pas devenir « des instruments pour flambeurs ».

La France a mis le sujet au menu de sa présidence du G20, a souligné M. Le Maire.

« Il y a aujourd’hui une incertitude totale » sur les volumes disponibles des denrées agricoles, a-t-il dit, « ce n’est pas normal qu’il y ait aussi peu d’information ». Selon lui, « la transparence fera la stabilisation du marché ».

Il a assuré avoir reçu un très bon accueil sur ce sujet, même si la France « continue à discuter » avec des pays moins réceptifs, comme la Chine et les USA, absents à Berlin.

Les Luxembourgeois proposent le minimum syndical pour la Grèce et l’Irlande

AFP le 23/01/2011 à 16:32

Zone euro : Junker suggère des prêts bonifiés pour les pays en difficulté

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a suggéré dans un entretien à paraître lundi que les dirigeants européens acceptent de prêter de l’argent aux pays en difficulté à des taux bonifiés pour qu’ils puissent racheter leur propre dette à moindre coût.

Un rachat à moindre coût de la dette par rapport au prix d’émission permettrait aux pays en difficulté, à commencer par la Grèce, de réduire leur niveau de dette.

Mais M. Juncker, qui est également Premier ministre du Luxembourg, a déclaré au magazine allemand Spiegel que ce serait une erreur que d’attendre des efforts de prêt plus importants de la part des pays les plus riches.

« Il faut éviter les tabous mais nous ne pouvons pas non plus demander trop aux pays les plus solides », a affirmé M. Juncker en parlant notamment de l’Allemagne, considérée comme le moteur européen.

« Sans solidité il ne peut y avoir de solidarité mais sans solidarité nous ne ferons pas de progrès vers la solidité », a affirmé M. Juncker.

Selon la presse allemande, Berlin pousserait également à un tel plan afin de permettre une restructuration de la dette grecque. Athènes, Berlin et la Commission européenne ont toutefois jusqu’à présent démenti avoir retenu une telle solution.

Citigroup et le salaire de son patron

AFP le 21/01/2011 à 23:31
Le salaire du patron de Citigroup passe de un dollar à 1,75 million :

Le directeur général de la banque américaine Citigroup, Vikram Pandit, qui depuis 2009 ne se faisait rémunérer qu’un dollar par an, va toucher désormais un salaire annuel de 1,75 million de dollars, a annoncé la banque vendredi.
« Le conseil d’administration est très content des progrès réalisés par la société sous la direction de Vikram », a commenté le président du conseil d’administration Richard Parsons dans un communiqué publié par les autorités boursières.
« Vikram a travaillé sans relâche pour remettre Citi sur les rails, menant une restructuration qui a permis de faire renouer la banque avec les bénéfices et de la positionner pour la croissance future », a ajouté M. Parsons, jugeant « mérité » le nouveau salaire de M. Pandit.
En février 2009, quelques mois après que sa banque eut été sauvée de la faillite grâce à l’injection de 45 milliards de dollars de fonds fédéraux, M. Pandit avait lui-même proposé de ne recevoir pour salaire qu’un dollar par an.
« Mon but est de faire renouer Citi avec les bénéfices dès que possible, et j’ai dit à notre conseil d’administration que mon salaire devrait être d’un dollar par an, sans prime, jusqu’à ce que nous redevenions profitables », avait-il dit lors d’une audition parlementaire.
M. Pandit avait auparavant fait fortune avec un fonds d’investissements à risque, Old Lane Partners, cédé à Citi en 2007 pour un montant non dévoilé.
Citigroup a annoncé mardi avoir retrouvé sa rentabilité en 2010 avec un bénéfice de 10,6 milliards de dollars, contre une perte en 2009, grâce à une embellie sur le front du crédit.

Les salaires n’ont jamais aussi peu progressé depuis 1950

La lettre de la direction du Trésor de janvier 2011 est une mine de renseignements:

http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/TRESOR_ECO/francais/pdf/2011-001-83.pdf

Elle analyse les effets de la crise sur les salaires en 2009, et contredit les discours habituels sur les hausses exorbitantes de salaires en France.

La note rappelle notamment qu’en 2008 et 2009, la France a subi 514.000 destructions d’emploi, dont 30% dans le seul secteur de l’intérim.

Elle rappelle aussi que la crise a principalement touché les jeunes, les ouvriers et les bas salaires.

Enfin, elle analyse la situation salariale, en soulignant que le salaire moyen par tête (SMPT) « n’a progressé que de 1,3% en 2009 d’après la comptabilité nationale de l’Insee, soit la plus faible progression depuis 1950. » La masse salariale globale a baissé.

Selon Natixis, les salariés feront les frais de la crise en 2011

Je vous recommande la lecture de l’hebdomadaire économique de Natixis cette semaine:

http://www.natixis.com/upload/docs/application/pdf/2011-01/eco_hebdo_21-01-11.pdf

dont je vous cite un florilège:

« les raisons qui nous incitaient à un certain pessimisme nous semblent en effet toujours d’actualité et sont à l’origine de nos prévisions – plus consensuelles cette année – pour 2011 et 2012. »

« Sauf à rogner de manière significative sur les versements de dividendes, ce qui ne nous parait pas à l’ordre du jour, la restauration de l’épargne des sociétés non financières (SNF) passera nécessairement par la hausse de leur taux de marge, autrement dit par une déformation du partage des revenus au détriment des salariés. Le pouvoir d’achat des ménages sera donc particulièrement contraint – pris en étau entre la faiblesse des revenus salariaux et le début de la consolidation budgétaire d’une part et l’inflation (importée) d’autre part – entrainant un ralentissement substantiel de la consommation, principal (sinon unique) moteur de l’économie française depuis plus de dix ans. »

« Seule vraie bonne nouvelle, les perspectives d’investissement des entreprises nous semblent légèrement mieux orientées, quoique toujours très incertaines. »

Traduction: pour reconstituer leurs réserves sans diminuer les taux de profit, les entreprises vont modérer les salaires. Mais rien ne garantit qu’elles investiront.

10% des ménages possèdent la moitié du patrimoine

AFP le 21/01/2011 à 17:33

Le patrimoine des Français, composé d’immobilier à 60%, a doublé en dix ans :

Le patrimoine des Français, composé à 60% d’immobilier, a vu sa valeur doubler en dix ans grâce à la hausse des prix de la pierre, selon une étude de Bercy dont l’AFP a obtenu une copie vendredi.

Selon cette étude de la direction du Trésor, le patrimoine brut des ménages s’élevait en 2009 à 10.000 milliards d’euros. En y soustrayant l’endettement lié aux achats immobiliers, il s’élevait à 9.000 milliards.

Ce patrimoine est composé pour 60% d’immobilier, pour un tiers de patrimoine financier et pour le reste de biens professionnels, précise cette étude transmise à des parlementaires dans le cadre des discussions sur la réforme de la fiscalité.

Selon Bercy, la valeur de ce patrimoine a doublé entre 1999 et 2009, essentiellement en raison de la hausse des prix de l’immobilier, qui a pris plus de 110% sur la période.

Dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine, prévue pour le printemps, le gouvernement a commencé son « état des lieux » du patrimoine des Français.

Si aucune piste n’est pour le moment écartée, la taxation des plus-values réalisées lors de la vente de la résidence principale est pour le moment au coeur de la réflexion.

En dix ans, le patrimoine financier a, lui, progressé de 50% grâce au dynamisme de l’assurance-vie.

Selon l’étude de Bercy présentée à des parlementaires lors d’une première réunion mardi soir sur le sujet, le patrimoine des Français est inégalement réparti entre les ménages: les 10% de ménages les plus riches en patrimoine détiennent 48% du patrimoine global.

« La répartition du patrimoine est plus inégale que celle du revenu des ménages », indique l’étude, puisque les 10% des ménages les plus riches en termes de revenu reçoivent un peu plus d’un quart des revenus totaux.

Les successions ou donations expliqueraient une part croissante des disparités de patrimoine depuis 20 ans, selon cette étude, qui souligne que près d’un tiers du patrimoine d’un ménage de 50 ans a été transmis.

Aux yeux des Français, le patrimoine financier et immobilier sert à se constituer un complément de revenu pour la retraite, une épargne de précaution pour parer à des éléments imprévus, et à transmettre un patrimoine à ses descendants.

Le patrimoine financier sert à financer l’économie, rappelle l’étude de la direction du Trésor.

En 2006, 47% de ce patrimoine était investi en France, 30% dans le reste de la zone euro et 23% dans le reste du monde.

Le patrimoine des ménages en France n’est pas plus inégalement réparti que chez nos voisins, poursuit cette étude.