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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Les Luxembourgeois proposent le minimum syndical pour la Grèce et l’Irlande

AFP le 23/01/2011 à 16:32

Zone euro : Junker suggère des prêts bonifiés pour les pays en difficulté

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a suggéré dans un entretien à paraître lundi que les dirigeants européens acceptent de prêter de l’argent aux pays en difficulté à des taux bonifiés pour qu’ils puissent racheter leur propre dette à moindre coût.

Un rachat à moindre coût de la dette par rapport au prix d’émission permettrait aux pays en difficulté, à commencer par la Grèce, de réduire leur niveau de dette.

Mais M. Juncker, qui est également Premier ministre du Luxembourg, a déclaré au magazine allemand Spiegel que ce serait une erreur que d’attendre des efforts de prêt plus importants de la part des pays les plus riches.

« Il faut éviter les tabous mais nous ne pouvons pas non plus demander trop aux pays les plus solides », a affirmé M. Juncker en parlant notamment de l’Allemagne, considérée comme le moteur européen.

« Sans solidité il ne peut y avoir de solidarité mais sans solidarité nous ne ferons pas de progrès vers la solidité », a affirmé M. Juncker.

Selon la presse allemande, Berlin pousserait également à un tel plan afin de permettre une restructuration de la dette grecque. Athènes, Berlin et la Commission européenne ont toutefois jusqu’à présent démenti avoir retenu une telle solution.

Citigroup et le salaire de son patron

AFP le 21/01/2011 à 23:31
Le salaire du patron de Citigroup passe de un dollar à 1,75 million :

Le directeur général de la banque américaine Citigroup, Vikram Pandit, qui depuis 2009 ne se faisait rémunérer qu’un dollar par an, va toucher désormais un salaire annuel de 1,75 million de dollars, a annoncé la banque vendredi.
« Le conseil d’administration est très content des progrès réalisés par la société sous la direction de Vikram », a commenté le président du conseil d’administration Richard Parsons dans un communiqué publié par les autorités boursières.
« Vikram a travaillé sans relâche pour remettre Citi sur les rails, menant une restructuration qui a permis de faire renouer la banque avec les bénéfices et de la positionner pour la croissance future », a ajouté M. Parsons, jugeant « mérité » le nouveau salaire de M. Pandit.
En février 2009, quelques mois après que sa banque eut été sauvée de la faillite grâce à l’injection de 45 milliards de dollars de fonds fédéraux, M. Pandit avait lui-même proposé de ne recevoir pour salaire qu’un dollar par an.
« Mon but est de faire renouer Citi avec les bénéfices dès que possible, et j’ai dit à notre conseil d’administration que mon salaire devrait être d’un dollar par an, sans prime, jusqu’à ce que nous redevenions profitables », avait-il dit lors d’une audition parlementaire.
M. Pandit avait auparavant fait fortune avec un fonds d’investissements à risque, Old Lane Partners, cédé à Citi en 2007 pour un montant non dévoilé.
Citigroup a annoncé mardi avoir retrouvé sa rentabilité en 2010 avec un bénéfice de 10,6 milliards de dollars, contre une perte en 2009, grâce à une embellie sur le front du crédit.

Les salaires n’ont jamais aussi peu progressé depuis 1950

La lettre de la direction du Trésor de janvier 2011 est une mine de renseignements:

http://www.minefe.gouv.fr/directions_services/dgtpe/TRESOR_ECO/francais/pdf/2011-001-83.pdf

Elle analyse les effets de la crise sur les salaires en 2009, et contredit les discours habituels sur les hausses exorbitantes de salaires en France.

La note rappelle notamment qu’en 2008 et 2009, la France a subi 514.000 destructions d’emploi, dont 30% dans le seul secteur de l’intérim.

Elle rappelle aussi que la crise a principalement touché les jeunes, les ouvriers et les bas salaires.

Enfin, elle analyse la situation salariale, en soulignant que le salaire moyen par tête (SMPT) « n’a progressé que de 1,3% en 2009 d’après la comptabilité nationale de l’Insee, soit la plus faible progression depuis 1950. » La masse salariale globale a baissé.

Selon Natixis, les salariés feront les frais de la crise en 2011

Je vous recommande la lecture de l’hebdomadaire économique de Natixis cette semaine:

http://www.natixis.com/upload/docs/application/pdf/2011-01/eco_hebdo_21-01-11.pdf

dont je vous cite un florilège:

« les raisons qui nous incitaient à un certain pessimisme nous semblent en effet toujours d’actualité et sont à l’origine de nos prévisions – plus consensuelles cette année – pour 2011 et 2012. »

« Sauf à rogner de manière significative sur les versements de dividendes, ce qui ne nous parait pas à l’ordre du jour, la restauration de l’épargne des sociétés non financières (SNF) passera nécessairement par la hausse de leur taux de marge, autrement dit par une déformation du partage des revenus au détriment des salariés. Le pouvoir d’achat des ménages sera donc particulièrement contraint – pris en étau entre la faiblesse des revenus salariaux et le début de la consolidation budgétaire d’une part et l’inflation (importée) d’autre part – entrainant un ralentissement substantiel de la consommation, principal (sinon unique) moteur de l’économie française depuis plus de dix ans. »

« Seule vraie bonne nouvelle, les perspectives d’investissement des entreprises nous semblent légèrement mieux orientées, quoique toujours très incertaines. »

Traduction: pour reconstituer leurs réserves sans diminuer les taux de profit, les entreprises vont modérer les salaires. Mais rien ne garantit qu’elles investiront.

10% des ménages possèdent la moitié du patrimoine

AFP le 21/01/2011 à 17:33

Le patrimoine des Français, composé d’immobilier à 60%, a doublé en dix ans :

Le patrimoine des Français, composé à 60% d’immobilier, a vu sa valeur doubler en dix ans grâce à la hausse des prix de la pierre, selon une étude de Bercy dont l’AFP a obtenu une copie vendredi.

Selon cette étude de la direction du Trésor, le patrimoine brut des ménages s’élevait en 2009 à 10.000 milliards d’euros. En y soustrayant l’endettement lié aux achats immobiliers, il s’élevait à 9.000 milliards.

Ce patrimoine est composé pour 60% d’immobilier, pour un tiers de patrimoine financier et pour le reste de biens professionnels, précise cette étude transmise à des parlementaires dans le cadre des discussions sur la réforme de la fiscalité.

Selon Bercy, la valeur de ce patrimoine a doublé entre 1999 et 2009, essentiellement en raison de la hausse des prix de l’immobilier, qui a pris plus de 110% sur la période.

Dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine, prévue pour le printemps, le gouvernement a commencé son « état des lieux » du patrimoine des Français.

Si aucune piste n’est pour le moment écartée, la taxation des plus-values réalisées lors de la vente de la résidence principale est pour le moment au coeur de la réflexion.

En dix ans, le patrimoine financier a, lui, progressé de 50% grâce au dynamisme de l’assurance-vie.

Selon l’étude de Bercy présentée à des parlementaires lors d’une première réunion mardi soir sur le sujet, le patrimoine des Français est inégalement réparti entre les ménages: les 10% de ménages les plus riches en patrimoine détiennent 48% du patrimoine global.

« La répartition du patrimoine est plus inégale que celle du revenu des ménages », indique l’étude, puisque les 10% des ménages les plus riches en termes de revenu reçoivent un peu plus d’un quart des revenus totaux.

Les successions ou donations expliqueraient une part croissante des disparités de patrimoine depuis 20 ans, selon cette étude, qui souligne que près d’un tiers du patrimoine d’un ménage de 50 ans a été transmis.

Aux yeux des Français, le patrimoine financier et immobilier sert à se constituer un complément de revenu pour la retraite, une épargne de précaution pour parer à des éléments imprévus, et à transmettre un patrimoine à ses descendants.

Le patrimoine financier sert à financer l’économie, rappelle l’étude de la direction du Trésor.

En 2006, 47% de ce patrimoine était investi en France, 30% dans le reste de la zone euro et 23% dans le reste du monde.

Le patrimoine des ménages en France n’est pas plus inégalement réparti que chez nos voisins, poursuit cette étude.

Revaloriser le travail: même les parlementaires le disent

AFP le 19/01/2011 à 16:53

Péril social en entreprise, menace sur la croissance, alertent des sénateurs :

Des sénateurs de tous bords ont jeté un pavé dans la mare avec un rapport qui pronostique des tensions croissantes dans les entreprises, des gains salariaux ralentis et une croissance en berne, faute d’initiatives pour favoriser « un modèle de travail digne et rémunérateur ».

« Le fonctionnement du pacte social dans l’entreprise doit être impérativement amélioré dans le sens d’une meilleure reconnaissance des salariés et d’une revalorisation du travail », a affirmé mercredi à la presse le sénateur Joël Bourdin (UMP), président de la délégation à la prospective du Sénat, co-auteur avec Patricia Schillinger (PS).

Le rapport à la tonalité très sociale, de plus de 400 pages, avait été commandé il y a un an par le président du Sénat Gérard Larcher (UMP), ancien ministre du Travail, à cette délégation unique en son genre, qui a procédé aux auditions de responsables syndicaux, patrons et chercheurs.

Les sénateurs constatent un « malaise actuel dans l’entreprise » sur fond de concurrence et de mobilité des capitaux croissantes, avec « des gains salariaux ralentis et des inégalités salariales croissantes », alors que les revenus du capital sont « en forte augmentation ».

Selon les sénateurs, qui ont remis à plat les méthodes de mesure, la part de la valeur ajoutée (richesse nationale produite) consacrée aux salaires tend à baisser. « On va se friter avec l’Insee », glisse M. Bourdin, alors que sa conclusion va à l’encontre de celle du directeur général de l’institut de statistiques, Jean-Philippe Cotis, dans un rapport remis en 2009 à Nicolas Sarkozy, qui faisait état d’une stabilité de cette part sur les 20 dernières années.

« Le débat ouvert par le président de la République sur le partage de la valeur ajoutée doit se poursuivre », préconise la délégation sénatoriale.

Début 2010, M. Sarkozy avait sommé les partenaires sociaux de trouver dans les trois mois un accord sur le partage de la valeur dans l’entreprise, faute de quoi le gouvernement demanderait au Parlement de légiférer. Depuis, les négociations sont au point mort.

Autre élément qui pèse sur le climat dans les entreprises, selon les sénateurs: les nouvelles organisations du travail et de management, « trop orientées par une logique financière de court terme », engendrent « un stress accru ». Ce « réel inconfort des salariés » est « préjudiciable à la performance des entreprises ».

En l’absence d’améliorations, les sénateurs prévoient un « scénario du pire » pour les 20 à 30 années à venir, avec une répartition de la valeur ajoutée « jouant de plus en plus contre la croissance », un management exerçant « des tensions renforcées sur le travail au détriment de sa qualité » et « des crises dont l’ampleur pourrait s’accroître ».

Enfin, les élus livrent des pistes pour « s’émanciper » de ce scénario, en préconisant « la réinscription des stratégies d’entreprises dans le temps long », « un modèle de travail digne et rémunérateur » pour les salariés et une « consolidation du rôle des partenaires sociaux ».

Le but de ce rapport est « d’alimenter le débat », explique M. Bourdin, qui suggère par exemple au législateur d’imposer des critères sociaux pour la rémunération variable des dirigeants. Pour Mme Schillinger, l’urgence est de lutter contre la « déshumanisation » en entreprise.

Les auteurs relèvent toutefois que les Etats étant « de moins en moins capables de piloter la sphère économique et sociale », « le bon niveau d’action ne peut plus être réduit au niveau national ». Ils en appellent à l’Europe.