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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Les Niçois, nouvelles victimes du « Vivre Ensemble »

Les Niçois sont les premiers « provinciaux » à subir de plein fouet les attentats de masse que nous avons connus à Paris. Ils ne seront malheureusement pas les derniers. Au-delà de l’indignation suscitée par cette manifestation de haine vis-à-vis de notre pays, d’autant plus symbolique qu’elle se produit lors d’un feu d’artifice du 14 juillet, c’est la question même du « Vivre Ensemble » qui est posée.

Le « Vivre Ensemble », ce mortifère renoncement à soi

Elle est belle et généreuse, cette expression de « Vivre Ensemble », mais elle est si mensongère, si trompeuse.

Elle fait croire que la seule façon de trouver la paix consiste à demander aux uns de renoncer à ce qu’ils sont, pour recevoir les autres et ce qu’ils sont. Quelle sotte idée! Comme si admettre des reculs sur la démocratie, sur le droit des femmes, sur la liberté de pensée ou d’expression, allait adoucir les moeurs des nouveaux arrivants.

Et c’est pourtant bien ce qui se produit depuis plusieurs années. Les femmes se voilent. Certains n’hésitent pas à déclamer en public que le droit de vote ne sert à rien car Allah doit décider de tout. Il n’est plus possible de critiquer l’Islam sans s’exposer à des délits. Que dis-je? il n’est même plus possible de demander le respect élémentaire pour autrui sans être accusé de racisme.

Et tout ça pour quoi? pour quel bénéfice? La France bat tous les records de morts sur son sol misérablement assassinés par les envoyés d’Allah. Et plus nous finançons des campagnes pour « vivre ensemble », plus nous concédons de nouveaux territoires, et plus le nombre de morts augmente.

Le moment vient de tirer le bilan objectif, froid, serein, évident du naufrage dans lequel nous emmène cette compassion pour les bourreaux, ce mépris pour les victimes qui s’appelle le « Vivre Ensemble » et son cortège de « Tous Unis ».

Non, je ne suis pas uni aux terroristes ni à leur religion

Encore une fois, nous allons avoir droit à cet indécent cortège d’appels au mensonge et à la cécité volontaire. Les Français meurent au nom d’Allah, mais nous n’avons pas le droit de le dire, car c’est du racisme, et nous n’avons même pas le droit de le voir.

Lorsque les Français mouraient au nom du Christ, il était et est évidemment encore de bon ton de dénoncer l’intolérance religieuse et le fanatisme des Chrétiens. La nuit de la Saint-Barthélémy continue à être enseignée comme la preuve du fléau religieux, de la nocivité de l’Eglise.

En revanche, que des dizaines de civils désarmés soient massacrés par des admirateurs d’Allah n’autorise pas à dénoncer la nocivité de l’Islam ni à demander une reprise en main de ces intolérants religieux.

Quand Jésus tue, aucun mot n’est assez dur pour condamner. Quand Allah tue, les bonnes âmes se taisent et imposent le silence.

Face à la montée inexorable de la terreur, le moment vient pourtant, pour le peuple français, de dire non et d’exiger des Musulmans de France une prise de position claire sur ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont. Pour ma part, en tout cas, je ne vois pas pourquoi ce pays tresse des couronnes de laurier aux bouffeurs de curé et renvoie en correctionnelle les bouffeurs d’imam.

Ne fermez pas les yeux sur la radicalisation des Musulmans de France

Ceux qui fréquentent au jour le jour les communautés musulmanes de France savent pourtant la terrible vérité. Oui, depuis deux ou trois ans, la radicalisation y progresse de façon fulgurante. Oui, les relents de fanatisme deviennent monnaie courante. Oui, le rejet viscéral de l’identité française est devenu la norme. Oui, l’attente d’une société où la Charia a sa place s’est imposée dans beaucoup d’esprits.

Ce triomphe de l’obscurantisme s’explique par les défauts même du « Vivre Ensemble ».

À force d’expliquer que, pour vivre ensemble, il faut sacrifier le respect des règles pour préserver l’harmonie, la vigueur, la légitimité morale de ces règles, c’est-à-dire de nos libertés individuelles, se sont estompées. À force d’expliquer que les valeurs sont comme les civilisations, relatives et non universelles, la tyrannie a droit au même prestige que la démocratie. À force d’expliquer que nous devons tout aimer dans l’autre, l’autre assume chaque jour un peu plus ce qui est détestable en lui.

Et de petit renoncement quotidien en petit renoncement quotidien, c’est la haine qui triomphe, la haine de l’Islam pour ce que nous sommes. Il est temps d’ouvrir les yeux, de le voir, et de fourbir nos armes.

Laïciser d’urgence l’Islam de France

La première arme à mobiliser d’urgence est celle de la laïcisation, du passage de l’Islam à la moulinette de l’esprit critique et de l’objectivité historique. Oui, il faut, dans les écoles, enseigner l’Islam aux musulmans. Mais la vraie histoire de l’Islam: celle qui raconte les massacres à tour de bras commis par le Prophète et ses descendants, sans discontinuer. Il faut enseigner l’histoire si étroitement conjointe de l’Islam et de l’esclavage. Il faut expliquer ce qu’était réellement le statut réservé aux chrétiens dans le monde musulman: ils n’y connaissaient ni l’aide médicale gratuite, ni les écoles publiques financées par l’Islam, ni des lois interdisant l’incitation à la haine raciale. Ils étaient soumis au bon vouloir, à l’arbitraire, à la peur.

Ce travail de laïcisation est urgent et doit concerner autant les garçons que les filles. Il doit expliquer quelles sont nos valeurs et demander clairement à chacun d’y souscrire sans mollir. Il suppose une reprise en main claire et nette de l’Education Nationale.

Bref, la France doit réexpliquer qui elle est, et dire pourquoi elle est ce qu’elle est. Il faut que la honte de notre identité cesse, et il faut que les vecteurs de transmission indispensables à la démocratie fonctionnent sans mollir.

Il n’est pas trop tard

Contrairement à un état d’esprit ambiant, aucune défaite n’est inéluctable. En revanche, la victoire suppose un effort, une discipline, et une fermeté. Nous ne redonnerons pas à ce pays le goût des libertés et la bonne odeur de l’insouciance sans des décisions difficiles et des explications de texte extrêmement claires.

Pour ce faire, il faut que nous cessions d’avoir dans les pattes ces armées de gauchistes et de bisounours qui ont d’ores et déjà admis la soumission et s’y préparent chaque jour. Et c’est probablement notre problème majeur aujourd’hui: les décideurs français, tels qu’ils sont, ne font probablement pas partie de l’équipe capable de gagner.

 

Hollande: la coiffure adoucit les moeurs

L’interview de François Hollande ce 14 juillet n’a pas démérité: elle a sonné tellement creux et a procédé d’un esprit tellement lisse, qu’on peinerait à y voir un cheveu dépasser. Il faut dire que le scandale du coiffeur à 10.000 euros par mois a placé le débat au juste niveau où le Président l’a situé depuis 4 ans, c’est-à-dire entre Closer et Femme Actuelle.

Un coiffeur vous manque et tout est dépeuplé

Il faut lire le Canard Enchaîné (1,2€) pour comprendre le fin mot de l’affaire sur cette histoire de coiffeur. L’existence du gaillard (mais sans mention de son salaire) est révélée au printemps dans le livre L’Elysée offLe coiffeur, manifestement plus doué des mains que du cerveau, attaque l’ouvrage en diffamation à Nanterre. Pour prouver ses dires (dans une procédure qui a lieu le 7 juillet), il fournit l’arrêté de nomination à l’Elysée qui fixe sa rémunération mensuelle brute.

C’est malin, non? Il n’a pas fallu une semaine pour que ce document subtilement produit en justice se retrouve dans la presse. Non seulement Hollande ne tient pas Macron, mais il ne tient même pas son coiffeur, pourtant disponible pour lui en permanence.

Les petits secrets de 2012 se dévoilent

Personne n’a pris la peine de relever que le salaire du coiffeur est à peine inférieur à celui d’un ministre. Les mauvaises langues s’étaient pourtant offusquées au retour de la gauche en 2012: ceux qui arrivaient dans les cabinets, à cette époque, en conspuant les dérives sarkoziennes, pensaient qu’ils pourraient se goinfrer comme avant 2002. Leur surprise fut grande, parait-il, en découvrant que l’ignoble Sarkozy avait moralisé les rémunérations des cabinets en interdisant que les conseillers soient plus payés que leur ministre.

Le coiffeur de Hollande doit donc à Sarkozy de ne pas être payé plus cher qu’un ministre. D’où peut-être sa fureur et ses actions en justice quatre ans plus tard. Il est vrai qu’un coiffeur sert à quelque chose, alors qu’un ministre, on se pose parfois la question.

Après un coiffeur, Hollande recrute-t-il une femme de ménage?

Le spectacle consternant d’une interview vide de toute perspective et de toute vision d’avenir ne doit pas masquer l’essentiel: François Hollande a téléphoné hier à Theresa May. On peut se demander toutefois si notre Président maîtrise bien tous les usages:

Le Président a rappelé son souhait que les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne soient engagées le plus rapidement possible.

Appeler son hôte pour la congédier, voilà qui n’est pas très fair-play. Peut-être Hollande est-il pressé de la voir se libérer pour venir faire le ménage en France.

La coiffure adoucit les moeurs

Au chapitre Emmanuel Macron, Hollande, sans surprise, n’a pas pris de décision. Il a essayé de prendre une grosse voix, comme au temps de Valérie Trierweiler… et avec le même succès. Il a menacé l’intéressé d’un renvoi, façon dispute de racailles à Saint-Denis devant un marchand de kebab: « Retenez-moi ou je le frappe ». Mais le Macron est toujours ministre!

Dans la pratique, Macron a mis Hollande échec et pat: le roi n’est pas directement menacé, mais il ne peut plus bouger. Macron est le maître du calendrier présidentiel.

La laque lui est montée à la tête

Pour le reste, manifestement trompé par un nuage de laque, François Hollande a fait l’éloge de sa politique et de ses réussites.

«Nous aurons une baisse du chômage à la fin de l’année». François Hollande prend l’engagement d’une amélioration sur le front de l’emploi, mais elle ne sera pas encore suffisante. «J’ai fait les bons choix», affirme-t-il. «Ça veut dire que la politique que j’ai engagée, il va falloir la poursuivre», ajoute-t-il.

Le pastis au petit déjeuner quand on a une interview télévisée après un défilé militaire, c’est dangereux: ça brouille la raison.

Attali soutient Macron

Pendant ce temps, l’autre bien coiffé du gouvernement, Emmanuel Macron, installe sa campagne en fanfare. Aujourd’hui, c’est la feuille de propagande du gouvernement profond, Slate, qui s’est fendu d’un article totalement cire-pompe sur le génie d’Emmanuel Macron:

Depuis le départ, le jeune ministre réunit derrière lui les entrepreneurs, les entreprises, tous ceux, nombreux en France, qui ont une énergie pour avancer et qui voient l’avenir sans aucune peur, au contraire.

Le reste est à l’avenant. L’article est signé Eric Le Boucher, qui détient une carte de presse… Le canard laqué ferait mieux de descendre de son crochet: il est prêt à passer à la casserole.

Daesh exporte une nouvelle vague de terroristes en Europe

Selon l’agence arménienne de presse qui cite elle-même l’agence israélienne Debka, Daesh exporte actuellement de nouvelles vagues de terroristes vers l’Europe. Ceux-ci entrent sur le territoire européen par l’Azerbaïdjan.

The Islamic State started smuggling terrorists across Azerbaijan, Georgia and Cyprus to reach Europe, Debka writes.

ISIS forms groups numbering some 20-15 terrorists, ready for strikes in Europe, including Russia, and the Middle East. According to the agency, the issue was discussed during the meetings of the head of Mossad in Russia.

<L’Etat islamique envoie clandestinement des terroristes par l’Azerbaïdjan, la Géorgie et Chypre vers l’Europe, écrit Debka.

DAESH forme des groupe de 15 à 20 terroristes, prêts au combat en Europe, mais aussi en Russie et au Moyen-Orient. Selon l’agence, cette question a été discutée dans des rencontres au sommet du Mossad en Russie.>

Si cette information devait se vérifier, elle devrait donc conduire les services européens à se préparer à une nouvelle vague d’attentats sur le sol européen. Il devient donc urgent que les forces françaises de sécurité (police et gendarmerie) arrêtent leurs dénis systématique et se mettent enfin à combattre efficacement le terrorisme.

La gauche au régime Macron-biotique

Le meeting de Macron à la Mutualité n’en finit pas de faire couler de l’encre et de la salive à gauche, et l’événement ne manque pas de divertir les observateurs de ce spectacle drolatique. Comme certains m’ont demandé si le meeting de Macron était une bonne opération ou pas pour François Hollande, je me suis senti de relever le gant sur ce sujet d’actualité.

Qu’est-ce que le régime Macron-biotique?

De même que l’immortel Ohsawa soutenait, dans sa pensée macrobiotique, qu’il n’existait qu’une seule maladie: l’arrogance, curable par une alimentation maigre mais équilibrée, la gauche découvre aujourd’hui la maladie Macron-biotique qui consiste à se préparer à l’élection présidentielle avec l’argent des puissants.

Par exemple, la rumeur se répand selon laquelle Henri de Castries, camarade de promotion (à l’ENA) de François Hollande, aurait quitté la présidence d’AXA pour soutenir le jeune banquier devenu ministre. On sait aussi que Macron bénéficie du soutien fort du think tank d’AXA, l’Institut Montaigne. Sur France Inter, ce matin, Thierry Breton, qui a cumulé une carrière ministérielle et des postes de direction générale dans des entreprises publiques ou privées, a dit tout le bien qu’il pensait de Macron.

Bref, ceux qui composent le gouvernement profond verraient volontiers dans Macron un candidat idéal aux prochaines présidentielles, comme Madame Michu voyait dans Michel Drucker un gendre idéal. Tous ceux qui connaissent Michel Drucker en privé savent qu’il existe parfois une différence de taille entre l’image publique et l’image privée…

En attendant, les puissants soutiens dont Macron bénéficie dans les sphères dorées de la République ont un mérite: ils lui ouvrent les portes et les colonnes des médias. Si, incontestablement, Macron est parvenu à incarner une image rajeunie de l’orléanisme, le désir de lui plaire chez les petits cire-pompes des rédactions lui ouvrent tout aussi incontestablement de nombreuses unes complaisantes. On ne sait jamais, ça pourrait toujours servir!

La campagne de dénigrement commence

Chez ses petits camarades, l’ambiance est un peu moins optimiste. Il faut dire qu’ils le voient monter, monter, monter comme une petite bête que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter. À la manière des chouchous de la classe, Macron en rajoute chaque fois une louche dans la provocation, pour voir jusqu’où il peut aller. Manifestement, très loin!

Les coups bas commencent donc à pleuvoir. Après les très malencontreuses fuites sur son redressement à l’impôt sur la fortune (on se demande vraiment d’où pouvait venir cette petite trahison…), les socialistes toujours animés d’un esprit collectif que Karim Benzema ne renierait pas ont commencé les salves de petites phrases. La dernière en date est cela de Stéphane Le Foll au point presse après le conseil des ministres:

Stéphane Le Foll sur le meeting de Macron à la… par publicsenat

Auparavant, Manuel Valls avait décoché une autre flèche, accusant Emmanuel Macron de céder « aux sirènes du populisme ». Macron a donc franchi le degré un du rejet viscéral (celui où l’on est accusé de populisme). Il se rapproche à la vitesse grand V du degré deux: celui où il sera accusé de « faire le jeu du Front National », selon une hiérarchie des discrédits savamment rodée.

Hollande peut difficilement se passer de lui

Reste qu’avec ses puissants soutiens qui croient en lui comme une alouette au miroir, ou comme les Dupont à l’oasis dans leur désert, Macron pose un sacré problème au capitaine de pédalo qui s’entraîne quotidiennement dans le petit bassin de l’Elysée.

De deux choses l’une: Hollande dit au micro Macron de partir, et il perd une pièce maîtresse pour le financement de sa campagne. Après le coup de Jarnac de « mon ennemi c’est la finance », et le grand désordre gouvernemental qui s’est installé à Paris aux premiers soirs de mai 2012, l’aristocratie parisienne n’est pas prête de remettre des sous dans le juke-box hollandais si Macron fait cavalier solitaire. Rappelons que Macron était l’intermédiaire entre Hollande et les puissants durant la campagne de 2011 et 2012. Le virer maintenant tiendrait du suicide.

Le suicide serait d’autant plus voyant que Hollande a toujours perdu tout soutien crédible à gauche. Nul n’ignore les noms d’oiseau qu’il échange avec Mélenchon. Il s’est fâché avec Montebourg. Il est combattu jour après jour par les Frondeurs. Il est détesté des écologistes. Perdre Macron sonnerait comme un hallali.

Donc, deuxième solution: Hollande ne dit rien à Macron et laisse le tigre descendre de la montagne. C’est la meilleure option pour lui. Car, dans le pire cas, il aura mis le pied à l’étrier d’un candidat potentiel. Dans le meilleur des cas, les sondages lui permettront de se maintenir en piste, et il pourra même compter sur le soutien de Macron dans l’hypothèse où les sondages laisseraient à celui-ci peu d’espoir.

Contre mauvaise fortune, bon coeur et parfois bon calcul.

L’hypothèse Macron est-elle crédible?

Reste une question, la seule, à laquelle François Hollande a probablement répondu en son for intérieur: quelles sont les chances de Macron dans une présidentielle?

Les puissants qui soutiennent Macron (et témoignent d’une singulière incompréhension vis-à-vis du peuple français dont ils sont fiers de ne partager ni le pinard qui tâche ni les campings à douche collective, ni les fins de mois difficiles) pensent les électeurs comme ils ont appris à penser les agents économiques dans leur manuel de Sciences-Po ou de Polytechnique. Ils croient naïvement qu’un électeur est un être rationnel au sens où eux-mêmes l’entendent. Donc, si un électeur a le choix entre un génie appelé Macron et un cake appelé Hollande, ou une populiste appelée Le Pen, il ne fait pour eux aucun doute que l’électeur choisira Macron.

Si les puissants vivaient moins en autarcie et se crottaient un peu plus les chaussures dans les roues boueuses des quartiers sensibles, ils comprendraient rapidement que même avec le plus partial des soutiens médiatiques, Macron aura du mal à dissimuler les gouffres qui se cachent sous la couche de peinture dont il est recouvert. Macron brille dans les salons, mais il lui manque sur le torse quelques cicatrices de baroudeur pour être totalement pris au sérieux par les Français de la vie de tous les jours.

Tant que la campagne électorale n’a pas commencé, il peut faire illusion. Mais mettez-lui dans les dents les opérations de déstabilisation dont les Cambadélis, les Le Guen, les Mélenchon, les Dray, se sont faits une spécialité, mettez-lui un Sarkozy dans les pattes dans un débat télévisé, mettez-lui une campagne d’intoxication par le Front National sur le dos, et on en reparlera. Sans compter les réticences, même à la CFDT, que le soutien à une candidature orléaniste soulèvera.

Des sénateurs veulent restreindre la liberté d’expression sur Internet

Des sénateurs (François Pillet, LR du Cher, et Thani Mohamed Soilihi, socialiste de Mayotte) viennent de produire un rapport scélérat plaidant pour une restriction de la liberté d’expression sur Internet. J’en décrypte ici les passages les plus croustillants:

De même, l’évolution du nombre d’utilisateurs d’Internet dans le monde montre qu’Internet est un mode de communication dont la diffusion est sans commune mesure avec les médias qui l’ont précédé. (…)

Traduction: Internet est un outil dangereux et difficile à maîtriser, qui permet à la société civile de diffuser des informations sans aucun contrôle.

Internet a eu également pour effet de modifier les équilibres actuels en matière de délits de presse, en réactualisant parfois paradoxalement des infractions tombées en désuétude ou au contraire en remettant en cause l’application de dispositions qui ne posaient jusqu’ici aucune difficulté.

Ainsi, les délits de presse sanctionnant la publication ou l’enregistrement d’images ou de paroles dans le cadre des audiences des juridictions administratives ou judiciaires40(*) ont été remis en cause par l’apparition des réseaux sociaux et en particulier de Twitter, permettant de rendre compte en temps réel d’un procès. Cette pratique, initiée en 2009 lors du procès Clearstream a conduit à des pratiques variées, allant de l’autorisation à l’interdiction par le chef de juridiction.

Mon Dieu! Internet permet la transparence et bouleverse les règles du secret existant jusqu’ici! Vite! sanctionnons!

Symétriquement, des dispositions parfois tombées en désuétude ont fait l’objet d’une actualité nouvelle avec Internet, à l’instar de l’interdiction prévue à l’article 40 de la loi de 1881 de faire appel à une souscription publique pour acquitter les frais d’une condamnation pénale. En raison de l’effet de publicité et d’appel massif permis par Internet conjugué à l’anonymat du souscripteur, cette pratique a connu un renouveau avec Internet. Ce phénomène étant très présent dans les transports et concernant des transactions pénales non couvertes par la rédaction de l’article 40, la loi n° 2016-339 du 22 mars 2016 relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs l’a en conséquence modifié.

Oups! si les Internautes font appel à la générosité du public pour payer leurs peines… ils risquent de ne pas être effrayés par les sanctions. 

De même, les provocations à la discrimination ou les injures racistes ont fait l’objet d’une démultiplication par l’effet d’Internet, en permettant la circulation très rapide de contenus illicites, en particulier par le biais de réseaux sociaux. (…)

Bien entendu! les expositions coloniales qui présentaient les Africains comme des bêtes sauvages ne faisaient pas l’objet de larges diffusions. Le racisme date d’Internet…

La place très circonscrite du juge nécessite aujourd’hui d’être revue : en effet, sur Internet, un délit de presse comporte un degré degravité – en raison de son audience et de sa persistance – sans commune mesure avec les conséquences en matière de presse écrite ou audiovisuelle.

Cette place limitée du juge se justifiait pleinement en 1881 pour encourager la liberté d’expression et la liberté de la presse, mais le contexte a aujourd’hui évolué.

L’impossibilité pour le juge de requalifier les faits dont il est saisi ne se justifie plus aujourd’hui et contribue à affaiblir très substantiellement les mécanismes répressifs de la loi de 1881 : en effet, même s’il est mal qualifié, l’abus de la liberté d’expression existe bien.

Traduction: en 1881, il fallait encourager la liberté de la presse. Aujourd’hui, il faut la combattre car elle est, avec Internet, devenue excessive.

Rappelons tout l’intérêt qu’il y a à supprimer le Sénat… même si, sur ce sujet, l’Assemblée Nationale n’est pas en reste. Ce texte est à suivre.

 

L’Allemagne, seule bénéficiaire du libre-échange avec la Chine

Eurostat a publié d’intéressants chiffres sur le commerce avec la Chine, qui illustrent le profit que l’Allemagne en tire.

La Chine représente 20% des importations européennes

Eurostat a la bonne idée de situer le commerce sino-européen dans son contexte global depuis une dizaine d’années, avec cette batterie de statistiques:

Chine

En volume, les exportations de l’Union vers la Chine ont plus que triplé sur la dernière décennie, jusqu’à représenter pratiquement 10% des exportations de l’Union. Les importations ont plus que doublé. 2015 a vu un déficit commercial record s’établir avec la Chine, alors que l’Union est en situation excédentaire globale. La Chine représente plus de 20% des importations de l’Union, avec une hausse de 48 milliards entre 2014 et 2015 (soit 15% environ).

L’Allemagne, seul pays excédentaire avec la Chine

La décomposition de cette balance globale sino-européenne par Etat-membre de l’Union laisse toutefois apparaître une situation hallucinante:

Chine

En dehors de la Finlande qui dégage un très léger excédent, l’Allemagne est le seul pays européen à tirer profit du libre-échange avec la Chine. Tous les autres pays connaissent des déficits, dont certains sont très importants. Les Pays-Bas sont dans la situation la plus dégradée, avec un déficit commercial qui s’approche des 60 milliards €. Mais le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, la France, connaissent tous des termes d’échange avec la Chine très dégradés.

Ces données sont évidemment à garder à l’esprit pour mieux comprendre l’empressement allemand à signer le TAFTA. Incontestablement, l’Allemagne fait aujourd’hui le pari qu’elle accroitra son excédent commercial grâce à un libre-échange complet avec les Etats-Unis, alors que ses partenaires européens peuvent craindre, pour leur part, une dégradation de leurs déficits commerciaux.

On ajoutera que les pays du Lebensraum allemands, en dehors de la République Tchèque et de la Pologne, limitent les dégâts dans les rapports commerciaux avec la Chine. La compréhension du TAFTA, là encore, passe par la prise en compte de cet élément.

Un eurolâtre, ça ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît

L’eurolâtre, c’est celui qui répète sans se lasser la leçon qu’on lui a inoculée depuis tout petit: l’Europe, c’est la paix, l’Europe, c’est la prospérité, l’Europe, c’est la seule façon de peser dans le monde parce qu’on est devenu tout petit. Quoiqu’il arrive, il s’accroche à ces mots comme une bernique à un rocher.

L’eurolâtre, finalement, on l’aime bien pour le compromis qu’il a réussi entre le Homais de Flaubert qui enfile les platitudes avec un air pédantesque et le Simplet de Blanche-Neige, qui sourit à tout et ne se départit jamais de sa naïveté candide. Sur lui, tout glisse.

Par exemple, à son assertion dure comme fer selon laquelle « l’Europe, c’est la paix », il ne sert à rien de répondre que cette paix n’eut pas existé sans le rideau de fer, sans la dissuasion nucléaire, sans l’équilibre des forces, et, depuis l’effondrement du bloc soviétique, sans l’étroite surveillance américaine sur le continent. L’Europe, c’est la paix, sauf dans l’ex-Yougoslavie, sauf en Ukraine, et dans quelques territoires comme la Tchétchénie qui se trouvent à nos marches, mais qui n’en sont pas moins en guerre. Et on reprendra le dossier de la paix en Europe quand l’OTAN aura installé son bouclier anti-missiles sur les territoires de l’ex-Europe de l’Est. Mais, ne perdons pas de temps à énoncer ces banalités: l’eurolâtre leur tourne ostensiblement le dos.

Par exemple, à son assertion selon laquelle « l’Europe, c’est la prospérité », il ne sert à rien de répondre que le continent européen est la zone du monde où la croissance est la plus faible et la zone euro l’espace où le chômage est le plus élevé dans le monde industrialisé. L’eurolâtre a un dogme révélé par un dieu mystérieux qui lui commande de fermer les yeux sur toute réalité qui le dérange, et quand on lui met des chiffres sous les yeux, il répond, façon Moscovici: les bienfaits de l’Europe sont partout sauf dans les statistiques.

Disons même que les méfaits de l’Europe sont dans les statistiques, mais le dieu des eurolâtres interdit de les lire.

Eurolâtre jusqu’à la barrosophilie

Ne cachons pas notre admiration pour le courage, la patience, la résignation avec lesquels l’eurolâtre endure les cataractes qui lui obscurcissent les yeux.

L’eurolâtre adore dire que l’Europe est l’admirable produit d’un esprit démocratique. Cette pétition de principe ne souffre aucun démenti. La démocratie, c’est l’Europe, et l’euroscepticisme, c’est un premier pas sur la voie du fascisme, ou, comme disait je ne sais plus quel nain de jardin auto-proclamé intellectuel libéral, c’est le retour des barbelés sur le continent.

Ben voyons! Et paf! quelques jours à peine après le cinglant Brexit, l’ancien président de la Commission Européenne, l’ami des lobbies José Manuel Barroso, se fait embaucher au plus haut niveau par une banque américaine qui a truqué les comptes de la Grèce.

Superbe test pour l’eurolâtrie! J’oserais même dire que Barroso n’a pas réellement l’intention d’oeuvrer pour ces voyous de Goldman Sachs. Il veut juste vérifier la foi de nos eurolâtres en chef.

L’épreuve est redoutable, puisque, certains, de peu de foi, ont renié leur religion dès les premières heures de la trahison barrosienne en ne trouvant pas de mots assez durs pour la condamner. Il faut dire que même avec d’épaisses strates de purin au maïs transgénique sur les yeux, il devient difficile de ne pas voir que ce que l’on appelle « démocratie » est une immense, mais alors là! vraiment immense arnaque où l’Europe démocratique est un prétexte pour imposer des normes qui favorisent des distorsions de concurrence entre les entreprises et les Etats membres.

Mais beaucoup gardent la foi chevillée au corps et préfèrent se porter pâle au moment des rappels cruels si difficiles à affronter. Regarder le bout de ses chaussures en prononçant sans relâche ses poésies jaculatoires: « l’Europe est belle, l’Europe est grande, l’Europe est notre divinité », et surtout ne pas lever les yeux sur les truanderies, les indulgences, les compromissions et les mensonges proférés au nom de cette triste Europe. Continuons, à la manière des Raéliens, à soutenir des absurdités, à défendre des contre-vérités, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Notre rêve est si euphorisant! ne nous ramenez pas à cette vulgaire réalité!

Par exemple, pas un mot de l’affaire Barroso sur le remarquable organe de propagande Slate, dont le conseil de surveillance est présidé par Jacques Attali. Pas un mot non plus dans les colonnes de la Règle du Jeu de BHL. Le Monde est même parvenu à titre: Barroso, l’anti-européen. Pourquoi ne pas expliquer que Barroso a fait campagne pour le Brexit, tant qu’on y est? Un ange passe…

Les eurolâtres osent vraiment tout

Pendant que les pénitents défilent avec un grand capuchon sur la tête, les yeux baissés vers le sol et la Madonne Europe sur les épaules, les affaires continuent. L’Allemagne tient vraiment à signer le TAFTA, et elle aura gain de cause. L’Allemagne veut détourner l’attention des Européens vers la Russie, et elle y parviendra. La Commission veut protéger les industriels, et elle renouvelle l’autorisation de mise sur le marché du glyphosate.

Bref, rien ne change, et les eurolâtres s’en félicitent.

Restes à charge santé: stop à l’intox!

À quel montant se chiffrent en moyenne les restes à charge en santé? Une campagne de propagande protéiforme se déchaîne pour maintenir l’idée que l’accès aux soins est réservé à une élite et que les plus pauvres n’ont plus accès à la médecine en France. Dans ce domaine très technique où les points de vue peinent à se frayer un chemin, l’IRDES a publié une étude qui remet les choses au point.

On notera en particulier ce graphique qui fait sens:

reste à charge

Ce tableau dresse un bilan des véritables restes à charge en santé, parmi un échantillon d’assurés ayant eu un reste à charge global supérieur à 1.110€ en 2010.

L’analyse des données montre que 10% d’entre eux devaient 10€ aux urgences (somme que l’on reconnaîtra modique), quand 90% d’entre eux ne devaient rien. On notera aussi que 10% d’entre eux seulement avaient un reste à charge à l’hôpital public, et 25% d’entre eux un reste à charge en optique.

Parmi les bizarreries de ce classement, le reste à charge de l’hospitalisation privée est moins important que celui de l’hôpital public. Encore une idée reçue qui tombe à l’eau.

Les restes à charge en optique et en dentaire

Sans surprise, les plus gros restes à charge proviennent de l’optique et du dentaire. Or, ce sont précisément les domaines où la sécurité sociale intervient le moins… mais où Marisol Touraine a fini (en tout cas en optique) par plafonner les remboursements en complémentaire santé. Elle a, en son temps (2014), justifié ce plafonnement par le souci de limiter les tarifs en insolvabilisant la patientèle!

Cette logique de pénurie organisée s’est aussi appliquée à un autre poste de dépense important: les spécialistes, qui produisent d’importants restes à charge.

Une fois de plus, on s’étonnera du mode de raisonnement de la ministre de la Santé, qui rationne les remboursements sur les postes les plus coûteux, au nom de la solidarité et de la responsabilité. Pour ensuite déplorer les difficultés d’accès aux soins.

Brexit: une femme pour balayer le vote populaire

Les Anglais ne manquent vraiment pas d’humour. Après leur brillant Brexit, et une série de défections pour le mettre en pratique, ils ont finalement trouvé une femme, Theresa May, ministre de l’Intérieur, pour faire le ménage et balayer les prétentions populaires. Ceux qui imaginaient que le vote des paysans reculés auraient le même poids que celui des cosmopolites londoniens en sont pour leurs frais: l’élite britannique fera tout pour rester dans l’Union, quitte à se renier.

Theresa May, la femme chargée du ménage

Theresa May a émergé au fil des désistements, qui furent nombreux. On notera en particulier que son ultime compétitrice, Andrea Leadsom, a commis l’imprudence d’évoquer son statut de mère pour légitimer sa candidature. Les féministes ne le lui ont pas pardonné.

La particularité de Theresa May est d’avoir milité contre le Brexit et d’être aujourd’hui chargée de le réaliser. On s’en amuse par avance.

Theresa May, la preuve que le « Remain » et le nationalisme font bon ménage

Contrairement aux élucubrations qui ont tenté de faire croire que le « Remain » était le parti de l’ouverture d’esprit alors que le « Leave » était celui de l’obscurantisme, Theresa May a soutenu le « Remain » tout en menant des campagnes qui nous laisseraient pantois et lui vaudraient en France des campagnes haineuses.

Par exemple, Theresa May a lutté pour le renvoi au pays (appelé « deportation ») de tous les immigrés gagnant moins que le salaire moyen britannique. Elle a aussi financé un bus avec une pancarte: « Rentrez chez vous », à destination des immigrés clandestins.

Brexit

Comme disait je ne sais plus qui, les partisans du Brexit étaient ceux qui ne veulent pas parler à leurs voisins, quand les adversaires du Brexit étaient pour l’abolition des frontières.

Theresa May va balayer le Brexit

Si Theresa May s’est sentie obligée de préciser aujourd’hui qu’il ne pouvait y avoir de retour en arrière sur le referendum et qu’un « non » était un « non », tout le monde a bien compris le coup de Jarnac qui se prépare en Grande-Bretagne. La Chambre des Communes a en effet décidé d’organiser un débat, le 5 septembre, sur la tenue d’un nouveau referendum.

L’agitation va bon train, donc, pour neutraliser un vote populaire qui gêne le gouvernement profond britannique.

Comment Hollande achète les grâces de Martine Aubry

François Hollande a besoin d’acheter la gauche pour avoir une chance d’être réélu. Au point d’impopularité qu’il a atteint, en effet, rien ne prouve qu’il parviendra à s’imposer naturellement comme l’homme de la situation au Parti Socialiste. Le grand rasage gratis commence donc, dont personne ne sait où il s’arrêtera, notamment à l’approche des lois de finances.

Hollande achète la paix avec Martine Aubry

Selon les rumeurs, François Hollande cherche à s’attirer les bonnes grâces de Martine Aubry à l’approche d’une année difficile. Le problème est que l’amère du Nord est gourmande et peu fiable. Elle est contestée sur ses terres par la vieille garde locale, conduite par Bernard Roman, député de la première circonscription, et Patrick Kanner, recruté comme ministre par Manuel Valls.

Martine Aubry aimerait bien que son (im)probable dauphin, François Lamy, devienne député… au hasard: de la première circonscription tenue par Bernard Roman, son ennemi personnel. Pour mémoire, Bernard Roman fut, pendant un temps, pressenti pour prendre la relève de Pierre Mauroy avant que Martine n’actionne son parachute au-dessus des terres lilloises.

Bref, Martine Aubry déteste Bernard Roman au point de vouloir le remplacer par son successeur. Et François Hollande a décidé de donner le coup de pouce qui va bien.

Roman nommé à l’ARAFER

L’Élysée vient donc d’annoncer la probable nomination de Bernard Roman à la tête de l’Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires (ARAFER), créée en 2014 pour mettre la SNCF sous surveillance. Bernard Roman n’a aucune compétence particulière qui justifierait cette nomination. En revanche, l’intéressé sera soumis à la charte déontologique de l’autorité qui prévoit notamment:

Les fonctions de membres du collège sont incompatibles avec tout mandat électif départemental, régional, national ou européen (…).

C’est ballot: l’intéressé, une fois nommé à la présidence de son bidule, devra démissionner de son mandat de député et laisser la place à… François Lamy.

Alors, Martine, on dit merci à qui, pour cette jolie distribution de fromage?