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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Néandertal

Sommes-nous les héritiers de Neandertal?

Article publié sur Neandertalis.ORG.

L’homme de Néandertal a la cote! Depuis plusieurs années, et de manière grandissante, il suscite une passion et fait l’objet d’une sorte de révisionnisme historique. Non, il n’est pas le sous-homme qu’il avait la réputation d’être! non, il n’était pas si « primitif » qu’on a voulu nous le faire croire! peut-être même était-il supérieur à l’Homo Sapiens dont nous sommes issus.

Il se trouve qu’en Europe, l’homme moderne a fait l’objet d’un important métissage avec le Néandertal… au point qu’on trouve presqu’autant de traces du Néandertal dans l’homme européen contemporain que de traces arabes dans les habitants du Maroc aujourd’hui. La question est bien entendu de savoir quelle originalité cette survivance apporte.

Pourquoi Néandertal s’appelle Néandertal…

Historiquement, l’homme de Néandertal fut découvert en 1830 en Belgique à Engis (près de Liège), assez loin de la vallée de Néandertal, qui se trouve en Allemagne. Située près de Düsseldorf, celle-ci n’a commencé à révéler ses secrets qu’en 1856, avec les découvertes de l’archéologue Fuhlrott, qui avait d’ailleurs précédé Darwin de quelques années dans le pressentiment que les espèces évoluaient. Entre-temps, en 1848, un autre crâne de Néandertal avait été découvert à Gibraltar.

Le nom du Néandertal fait donc référence au site rhénan où son premier specimen fut identifié et analysé comme tel, et non au premier endroit où des fossiles furent trouvés. Son nom lui fut attribué par l’archéologue anglais William King en 1864.

Où se trouvent les traces de Néandertal?

Si le site de Néandertal a révélé de nombreux ossements, l’implantation de Néandertal est beaucoup plus large que la vallée rhéno-mosane. On a déjà cité des découvertes à Engis, près de Liège, et à Gibraltar. En 1886, deux squelettes bien conservés furent découverts à Spy, en Belgique. En 1899, des ossements furent excavés en Croatie, à Krapina. En 1925, le français Turville découvrit l’homme de Galilée, en Palestine. En 1926, c’est un nouveau crâne à Gibraltar qui est découvert, surnommé Gibraltar 2. On considère aujourd’hui que les ossements de Gibraltar attestent du dernier peuplement Néandertal dans le monde.

Source: Wikipedia
Source: Wikipedia

Avec les années 30, s’ouvre une assez longue période où les découvertes sont plus rares.

Dans les années 50, neuf squelettes sont découverts au Kurdistan, à Shanidar, au nord de l’actuelle Irak (un dixième squelette sera découvert en 2006). Ils datent probablement des derniers millénaires avant la disparition de l’espèce. En 1981, des ossements sont découverts au Pays de Galles. Ils datent probablement de l’an 230.000 avant Jésus-Christ.

Il faut attendre les années 90 pour que les grandes découvertes reprennent.

En 1993, l’université de Liège découvre sur le site archéologique de Scladina, près d’Andenne, les ossements, dont un crâne, d’un enfant d’espèce Néandertal datant de – 100.000 à – 130.000 avant Jésus-Christ. En 1994, 12 squelettes sont découverts en Espagne, dans la grotte de Sidron, au nord-ouest de l’Espagne. Ces découvertes permettent, pour la première fois, de séquencer le chromosome Y et le gène de la parole chez l’homme de Néandertal. En 1998, à Abrigo au Portugal, des restes humains d’un enfant présentant des signes de possible métissage entre le Néandertal et l’homme moderne sont mis au jour. Ils sont estimés à 25.000 ans avant JC. Enfin, en 2000, un archéologue russe isole l’ADN d’un enfant Néandertal dans le Caucase. Ces ossements dateraient de l’an – 30.000 et appartiendraient donc à l’un des derniers représentants de l’espèce.

Autrement dit, le champ d’expansion du Néandertal connu à ce jour court de Gibraltar au Caucase, et du Pays de Galles au Moyen-Orient, jusqu’à la frontière nord de l’Irak.

Qu’est-ce que la Neandertal genome project?

En 2006, le Max Planck Institut en Allemagne et la start-up 454 Life Sciences du Connecticut lancent un grand programme de décryptage de l’ADN du Néandertal. En tout, ce sont 4 milliards d’échantillons qui sont analysés jusqu’en 2010. Le programme est conduit par Svante Pääbo.

Le projet conclut à une divergence entre le Sapiens et le Néandertal située dans une époque entre – 500.000 et – 370.000. En outre, les chercheurs, établissent que 99,7% de l’ADN de Neandertal sont identiques à l’ADN moderne.

Surtout, la grande découverte du projet consiste à montrer qu’entre 1 et 4% du génome des hommes contemporains proviennent de Néandertal, sauf en Afrique où l’ADN de Néandertal est absent. C’est en Europe que l’on trouve le taux d’ADN de Néandertal le plus élevé, signe que la concentration des Néandertal était plus forte en Europe qu’en ailleurs, même si, en Extrême-Orient, certaines populations ont conservé un patrimoine génétique élevé.

Quels gènes du Néandertal sont différents?

Les travaux de Pääbo et de ses équipes ont permis d’identifier les gènes de Néandertal et les gènes de Sapiens qui diffèrent.

L’un d’eux, le RPTN, encode la protéine qui protège la peau. Son absence chez Néandertal peut expliquer sa moindre grande résistance aux maladies. Le Néandertal disposait également d’un système thyroïdien différent. En outre, le Néandertal disposait d’un gène FOXP2, auquel est attribué le langage, différent du gène contemporain, mais néanmoins opératoire. Néandertal savait donc parler…

Les découvertes récentes sur Néandertal

Après la batterie de décryptage du Neandertal genome project, les chercheurs ont enrichi leurs hypothèses et leurs théories sur l’hybridation entre l’homme contemporain et son ancêtre.

En particulier, en 2015, des généticiens (Vernot et Akey, de l’université de Washington) ont commencé à soutenir l’hypothèse selon laquelle le Néandertal d’Europe et le Néandertal d’Asie n’appartiendraient pas à la même souche ou auraient subi des phénomènes démographiques différents. Ils n’écartent pas l’hypothèse d’un métissage des Européens avec une population encore mal identifiée. Cette thèse est corroborée la même année par Kim et Lohmueller, de l’université de Los Angeles.

Peu à peu, c’est la théorie de multiples foyers de peuplement qui prend forme, avec une remarque importante formulée en avril 2016 sur la différence du chromosome Y entre Néandertal et Sapiens, qui pourrait expliquer en partie l’extinction de la population. Les mères porteuses du chromosome donnaient probablement naissance à des hybrides stériles.

Quand et pourquoi Néandertal a-t-il disparu?

La date exacte de la disparition de Néandertal est incertaine. Toutefois, les scientifiques admettent communément que la population a été décimée vers l’an – 40.000, et qu’elle a survécu au plus tard jusqu’en – 25.000.

Les théories sur la disparition de Néandertal sont nombreuses et restent incertaines. Deux grands groupes de théories coexistent aujourd’hui, d’ailleurs non exclusives les unes des autres.

Les théories de la catastrophe brutale (notamment celle du changement climatique) soutiennent qu’en l’espace de quelques milliers d’années, l’homme de Néandertal a disparu corps et âme. Ces théories rendent toutefois mal compte des phénomènes de métissage et d’hybridation décrits plus haut.

Les théories du métissage privilégient au contraire l’idée d’une absorption progressive de la population néandertalienne par d’autres groupes humains, comme l’homme de Cro-Magnon. Il est en tout cas très probable que Cro-Magnon, qui venait d’Asie Centrale, ait coexisté pendant au moins 15.000 ans avec Néandertal.

La civilisation néandertalienne était-elle supérieure?

Le plus étonnant tient aux découvertes archéologiques témoignant d’une culture néandertalienne probablement supérieure à la culture du Sapiens. Ces découvertes concernent un vaste espace de sites archéologiques, à certains égards plus large que les sites identifiés avec des ossements:

Source:Wikipédia
Source:Wikipédia

La civilisation néandertalienne est habituellement qualifiée de « moustérienne », du nom d’un abri en Dordogne (le Moustier). Le Moustérien se reconnaît aux objets bifaces et à diverses techniques comme celle de Levallois.

Surtout, le site de Moustier témoigne de l’existence de pratiques religieuses datant de l’an -100.000. L’homme de Néandertal serait donc le prototype de la créature spirituelle, hantée par la peur de la mort et convaincue d’une existence spirituelle au-delà des apparences terrestres.

Cette antériorité du fait religieux chez l’homme de Néandertal est loin d’avoir livré tous ses secrets.

Cambadélis terranovise la campagne de Hollande

Article écrit pour Atlantico.

En annonçant une primaire de la Belle Alliance Populaire, Jean-Christophe Cambadélis a définitivement enterré le rêve de rassemblement à gauche, et jeté les prémisses d’une campagne qui devrait cliver sur les fondamentaux hollandais identifiés par Terra Nova en 2011.

Mais c’est quoi, la Belle Alliance Populaire?

Le lancement de la « Belle Alliance Populaire » par Jean-Christophe Cambadélis était d’abord apparu comme une farce légère. Le Premier Secrétaire lançait un mouvement sans structure, une sorte de diversion en quelque sorte, et sans cortication idéologique claire. Officiellement, ce mouvement se dit démocrate, radical, écologiste, socialiste et citoyen. Dans la pratique il rassemble tous ceux qui sont de gauche ont intérêt à voir François Hollande réélu.

C’est peut-être le principal point identitaire de la Belle Alliance, dont l’acronyme forme, de façon révélatrice, la « BA ». Il ne s’appuie pas sur un corpus idéologique, ni sur une ambition pour le pays. Il rassemble des intérêts et poursuit un objectif électoral concret: assurer la réélection du Président sortant.

D’une certaine façon, il s’agit du parti des Notables.

Quel programme pour la Belle Alliance?

Pour cet ensemble hétéroclite, où l’on retrouve des défroqués de tous les partis, la construction programmatique est secondaire et se rassemble sous le concept général de réformisme, avec quelques aiguillons qui ne surprendront pas.

Parmi ceux-ci, l’europhilie républicaine tient une place centrale. On retrouvera sans peine tous les thèmes de la gauche sociale-démocrate développés depuis une trentaine d’années: construire l’Europe, lutter contre le racisme et la xénophobie (ah… le fameux « vivre ensemble »), marquer un intérêt pour l’écologie tout en modernisation l’appareil économique, et faire des réformes.

Oui mais lesquelles?

On s’amusera de lire par exemple ceci sur le site de la Belle Alliance:

Il faut rajeunir et rafraîchir. Notre alliance sera donc un lieu ouvert, où la parole est libre.

Rajeunir la politique… on comprend pourquoi cette idée inspire si peu de mesures concrètes à Jean-Christophe Cambadélis. Et l’on voit comment l’écurie présidentielle peine à sortir d’une conception de la politique fondée sur les postures.

La tentation de Terra Nova

Ce que ne dit pas clairement la Belle Alliance, bien entendu, c’est qu’elle a fait son deuil de toute ambition idéologique, qu’elle a globalement enterré les projets politiques globaux, et qu’elle se recentre sur la fonction « électoraliste » de la machine politique. Son objet est d’assurer une réélection en rassemblant sur un nom des gens divers unis par des intérêts communs.

La stratégie est ici globalement déterminée par la note de Terra Nova qui préconisait de recentrer le Parti Socialiste sur son électorat socle: les diplômés, les jeunes, les femmes et les minorités. On mesure le glissement de sens qui s’opère dans la vision hollandiste du pouvoir: finis les délires idéologiques (on les laisse à Mélenchon), et finie la mention de la finance comme ennemie. Désormais, la politique consiste à empiler un certain nombre de mots-clés qui plaisent à des segments d’électeurs qu’il faut contenter.

François Hollande aura définitivement fossoyé l’idée de la politique comme art de l’intérêt général.

Quel sera le programme de François Hollande?

Sur le fond, quelles mesures préconisera-t-il durant son second quinquennat. Même si le modèle Chirac (d’immobilisme) devrait s’imposer à lui, il retiendra sans doute quelques idées phare pour drainer à lui les électeurs sur qui il peut encore compter.

Premier point, nous n’échapperons pas à l’autorisation de la gestation pour autrui, et autres calembredaines destinées à satisfaire tous ceux qui confondent la famille et ses pâles imitations. Ce puits sans fond de la revendication minoritaire est une marque de fabrique de la gauche et garantit une sorte de minimum électoral.

Deuxième point, le gouvernement continuera à préférer la mise sous contrôle de toute la population française pour lutter contre le racisme, plutôt que d’isoler les quelques milliers de personnes à risque. C’est le prix à payer pour ne pas se fâcher avec les minorités ethniques.

Troisième point, la politique budgétaire continuera à prôner une hausse des dépenses publiques et évitera savamment toute réforme de structure diminuant le nombre de fonctionnaires ou redonnant de l’air aux petites entreprises.

Quatrième point, le gouvernement fera encore le jeu des grandes entreprises et de la nomenklatura au pouvoir.

Bref, le choix qui sera fait sera celui d’un lent déclin, indolore, à peine perceptible, avec quelques mesurettes pour amuser la galerie.

Le Brexit ouvre-t-il la voie à un Empire français en Europe?

Le Brexit constitue-t-il une opportunité pour un retour de la France sur la scène européenne et même mondiale? La question est provocatrice, mais mérite d’être posée en ses termes, car il nous reste peu de temps pour faire le « rebond » dont nous avons besoin.

Le Brexit et ses conséquences économiques

Selon toute vraisemblance, le Brexit donnera le signal d’une nouvelle crise financière et économique, au moins en Europe mais aussi, très probablement, de taille mondiale. Compte tenu de l’importance financière de la place de Londres, une déstabilisation massive des marchés est à prévoir.

D’ailleurs, la BCE annonce d’ores et déjà être en état d’alerte pour faire face aux turbulences des marchés.

En cas de Brexit, «les marchés seraient à nouveau fragilisés, on pourrait assister à une chute du cours des actions et de l’euro, une fuite des investisseurs vers les placements sûrs et éventuellement à un durcissement des conditions de financement pour certains Etats de la zone euro», estime M. Brzeski <économiste d’une banque>, selon qui un Brexit «a incontestablement le potentiel pour déstabiliser l’économie européenne».

Que signifierait une crise financière due au Brexit?

Pour l’Europe, un pareil retournement de conjoncture constituerait un dommage profond, et peut-être même létal. Depuis plusieurs années, l’Union Européenne justifie son existence et sa lourdeur bureaucratique par les avantages économiques qu’elle offre. Grâce à elle, les Européens vivraient heureux, riches et prospères, alors que sans elle, ils seraient promis à la pire des misères.

Qu’à l’issue d’un processus de quarante ans, la Grande-Bretagne quitte l’Union et provoque sa dislocation prouverait la fragilité de cet édifice et soulignerait notre dangereuse exposition au risque géopolitique. Sans la Grande-Bretagne, l’Union ferait la démonstration de son incapacité à préserver les peuples européens du malheur des temps.

Après la crise des réfugiés, après la crise en Grèce, une nouvelle preuve serait ainsi produite de l’obsolescence de l’Union.

Le huis clos avec l’Allemagne pourra-t-il durer?

Sans la Grande-Bretagne, l’Europe sera divisée en deux blocs simples à comprendre.

D’un côté, l’Allemagne et sa sphère d’influence déraisonnablement renforcée et élargie après la chute du Mur de Berlin, connaîtra quelques problèmes internes. D’ores et déjà, les tensions régulières entre l’Allemagne et ses voisins sur la question des réfugiés, par exemple, rappellent que la tradition du Lebensraum si prisée par la Prusse n’est pas productrice que de bonheur pour les peuples soumis. On peut même se demander comment cet édifice tiendra pacifiquement: parions sur le contraire! dans les dix années à venir, l’hégémonie allemande provoquera une dislocation des marches orientales du l’Union.

De l’autre côté, la France deviendra la puissance dominante de l’Occident européen, même si la caste qui y exerce le pouvoir est notoirement sous-équipée pour la tâche qui lui incombe. Très rapidement, la divergence de nos intérêts avec l’Allemagne apparaîtra. En particulier, les sujets d’équilibre budgétaire et de politique monétaire vont constituer d’évidents casus belli: les épargnants allemands (et leurs banques) sont épuisés par les taux bas grâce auxquels la France finance sa dette et son absence de politique réformiste.

Le départ de la Grande-Bretagne agrandira donc les béances européennes au lieu de les rétrécir. Il renverra la France à son quasi-huis clos avec l’Allemagne et obligera les dirigeants français à mettre sur la table la question du couple franco-allemand telle qu’elle se pose aujourd’hui.

Quelle Europe pour la France de demain?

Contrairement aux idées reçues, la France s’affaiblit en Europe au lieu de se renforcer. Les chiffres du PIB le montrent. La construction communautaire telle qu’elle est conçue aujourd’hui répond bien à cette conception d’une Europe avec une France affaiblie, caractéristique du Congrès de Vienne. La dislocation de l’Union constitue donc une première étape pour remettre la France sur la voie de la puissance.

Reste à savoir quelle alternative à l’Europe actuelle est souhaitable pour la France.

Un vide politique poserait d’importants problèmes, dans la mesure où l’intensification des échanges commerciaux sur le continent à favoriser une division européenne du travail qui rend chaque pays relativement dépendant d’un ou plusieurs autres. Par exemple, on imagine mal que Renault reste profitable sans l’accès à la main-d’oeuvre roumaine.

La France doit donc dès aujourd’hui se demander quelle construction elle veut imaginer pour demain, afin que l’ordre politique européen lui restitue une part de la prospérité qu’il lui a ôtée depuis des décennies.

Vers un nouvel Empire français en Europe

Structurellement, il est cohérent que la France pose un principe simple: elle a besoin d’agrandir son marché intérieur sans être entravée par la contrainte monétaire de l’euro que l’Allemagne exerce sur elle. Compte tenu de la tradition française d’une faible compétitivité hors prix, il nous faut une politique monétaire souple, avec un plus grand resserrement de la politique budgétaire, mais un marché intérieur large correspondant à une zone monétaire optimale mais plus étroite que la zone euro.

Pour se doter de cet espace, la France doit franchir deux étapes.

Premièrement, elle doit retrouver les frontières naturelles du royaume, incluant l’ancienne duché de Bourgogne. Cet espace va d’Anvers jusqu’à Barcelone, et peut éventuellement s’élargir du côté de l’Italie. Ce scénario peut être obtenu rapidement, par un peu de persuasion politique et des formes administratives souples, reposant notamment sur des accords d’association. En termes de sécurité publique, ce retour à nos frontières historiques permettra de régler les problèmes de terrorisme en Belgique, par l’intégration de l’ensemble dans un espace politique unique.

Deuxièmement, la France doit imaginer la reconstruction d’un ordre politique correspondant aux frontières naturelles des projets impériaux qui ont assuré, pendant plusieurs siècles au total, la prospérité du continent.

Ces projets sont ceux de 1804, bien sûr, mais aussi ceux de Charlemagne et de l’Empire romain, qui incluaient tous dans le même espace politique un territoire courant du Rhin au détroit de Gibraltar et à la Sicile. La difficulté ne sera pas ici de reconstituer ces espaces, mais d’obtenir l’intégration du Rhin dans une construction politique nouvelle, sans intégrer la Prusse.

Je reviens prochainement sur ce sujet, car il mérite quelques remarques spécifiques. D’ici là, il est essentiel de renverser la logique selon laquelle la France se renforcera grâce à une Europe dominée par la Prusse. La France ne se renforce que grâce à une Europe qu’elle domine elle-même.

El-Khomri-Martinez: l’impossible est arrivé!

Article écrit pour le Figaro.

Myriam El-Khomri est sortie bredouille de son entrevue avec Philippe Martinez! Non, ce n’est pas possible! on n’y croit pas! La ministre du Travail de la sixième économie mondiale est incapable de nouer un dialogue et de négocier avec le premier syndicat français, principal animateur d’une contestation qui s’est nouée depuis plusieurs mois contre une loi qui modifie les règles du jeu concernant la négociation collective et le contrat de travail… On se frotte les yeux, on se pince, on se tape la tête contre les murs.

Il s’agirait d’un sujet secondaire, ou d’un syndicat secondaire… mais s’offrir le luxe de passer ce qui a été présenté comme l’une des réformes phares du quinquennat en roulant, jusqu’au bout, sur la jante, est tout simplement ahurissant. On n’imaginait pas qu’une démocratie contemporaine pouvait accepter de tels dysfonctionnements, et avec une telle légèreté. Se cogner la première organisation syndicale du pays sur un sujet pareil, quand on appartient à un gouvernement de gauche, est un non-sens absolu.

Ce que signifie l’échec de la réunion de ce matin

Pour toutes les entreprises, la situation est cataclysmique. On n’en peut plus de voir l’image de ce pays écornée en plein milieu de l’Euro, mondialement ridiculisée pour son incapacité à se réformer. Si le préjudice se limitait à celui de l’image, au fond, on s’en moquerait. Mais les grèves sévissent, les mouvements sporadiques de blocage créent une insécurité économique néfaste pour le pays. Pour le fonctionnement normal du pays, la situation est malsaine et dangereusement bancale.

On va donc continuer comme ça pendant plusieurs semaines, à guetter chaque semaine quelle nouvelle catastrophe va survenir, quel blocage nouveau se déclare! Jusqu’au mois de juillet, le gouvernement assume de dysfonctionner, de passer en force, de subir cette espèce de guérilla sociale sans offrir la moindre perspective autre que sa victoire à l’usure, au rapport de force, qui lui permettra sans doute de passer sa loi mais qui constituera une immense défaite politique collective.

L’image est terrible: elle est celle d’un pouvoir usé, sans vision, qui impose sans possibilité de nouer un compromis intelligent. La perspective d’un conflit frontal jusqu’à la promulgation de la loi est tout simplement terrifiante. Elle veut dire: c’est comme ça, et pas autrement, et je n’ai rien d’autre à vous dire.

Et si le gouvernement pratiquait le dialogue social?

Récapitulons l’état des forces: le gouvernement n’obtiendra pas du patronat un accord sur la convention d’assurance-chômage. Il n’obtiendra pas des syndicats contestataires un compromis sur la loi Travail. Il n’offre aucune alternative crédible.

Une entreprise procéderait de cette façon, elle serait sommée par le gouvernement ou par l’un de ses représentants de trouver un compromis. Sa direction serait huée, conspuée, accusée de tous les vices. Les actionnaires finiraient par intervenir et par demander aux dirigeants de partir.

Le drame dans cette affaire tient à la nature même de la loi. Celle-ci prône le dialogue social d’entreprise. Pour la « faire passer », il est indispensable de rassurer les Français, inquiets à l’idée que le rapport de force entre les employeurs et les syndicats de salariés au niveau des entreprises, ne mette en péril des acquis fondamentaux du droit du travail.

Au lieu de rassurer, le gouvernement inquiète. Il voudrait donner le sentiment que cette loi est le début d’une longue reprise en main des rapports sociaux, d’une longue phase d’autorité bête, sans relief, sans ambition, pour les salariés, qu’il ne s’y prendrait pas autrement… Cette stratégie de pourrissement est délétère.

Quelles réactions syndicales?

En écoutant Myriam El-Khomri répéter qu’elle avait des désaccords avec la CGT qui empêchaient toute évolution à court terme, les chefs d’entreprise ont forcément eu le sentiment halluciné et déplorable que la ministre n’avait pas compris son job: celui de négocier et de sortir le pays de cette redoutable confrontation, épuisante et stérile. J’imagine que beaucoup de syndicalistes ont ou auront la même réaction. Les désaccords sont possibles, mais l’entêtement pose problème.

Face à un Etat qui impose brutalement, sans concertation, sans esprit de dialogue, une règle à des organisations syndicales majoritaires, la riposte pourrait être terrible. Certains qui soutenaient la loi peineront à justifier la méthode et risquent bien de basculer dans l’autre cas. C’est déjà le cas de la CGC. Pour soutenir le gouvernement, on ne trouve plus que la CFTC et la CFDT. Autant dire, compte tenu du poids réel de la CFTC, que la CFDT est désormais la seule force supplétive du gouvernement.

En son sein, la CFDT n’est pas monolithique. Certains syndicats, voire certaines fédérations, contestent plus ou moins discrètement la ligne Berger. La rigidité de la ministre, son sous-équipement politique manifeste pour faire face à la situation, risquent de nourrir les divergences internes.

L’échec de la rencontre entre Martinez et El-Khomri risque bien de rallumer les braises du conflit, et de pousser certaines fédérations à reprendre un combat qui les épuise. La ministre avait la possibilité de sortir par le haut du conflit. En campant sur ses positions sans « enrober » l’échec (pourquoi ne pas créer un groupe de travail?), la lutte est désormais à mort et sans prisonnier.

Nous le paierons cher.

Chômage: le Gattaz se rebiffe

Article écrit pour Atlantico.

Pierre Gattaz a décidé de planter, dans le dos du dialogue social, une assez peu encourageante banderille, même si certains y verront la redite presque maniaque d’une déviance familiale: il ne signera pas d’accord sur une nouvelle convention d’assurance-chômage. Le gouvernement devrait donc agir par décret là où les partenaires sociaux sont d’ordinaire seuls maîtres à bord.

Le signal inquiétant de Gattaz sur l’issue de la loi Travail

Les raisons formelles pour lesquelles le bord patronal n’a pas signé de convention sont connues. Le gouvernement avait encouragé les partenaires sociaux à réclamer une hausse des cotisations sur les contrats courts, et il avait annoncé qu’il garantirait l’accord signé par les professionnels du spectacle vivant sur les intermittents du spectacle. Or, cet accord contrevient au cadrage financier fixé par les partenaires sociaux.

Face à ces deux difficultés, le MEDEF a refusé de se plier aux injonctions du gouvernement par syndicats de salariés interposés. On en devine secrètement les raisons: le gouvernement a décidé de modifier l’équilibre interne de la loi Travail, jusqu’à la vider de son sens et rendre absurde toute concession du patronat dans le cadre des négociations chômage.

Et c’est probablement ce qu’il faut retenir de cet épisode de la convention Unedic. Il en annonce un autre, bien plus désagréable: la promulgation d’une loi mal ficelée, qui s’est vidée de ses plaquettes de coagulation avec le temps et qui n’a plus guère de consistance. Les semaines qui s’ouvrent seront celles du naufrage de la réforme et du triomphe d’un immobilisme délétère où n’expriment plus de contentement que les trois petits singes de la bien pensance officielle. Ceux-là, du déclin français, n’ont rien vu, rien entendu, rien dit. Pour eux, ça va mieux.

Comment Valls a tué la démocratie sociale

La déroute française suscitera chez les observateurs fidèles des questions sociales un grand rire sarcastique. Quand François Hollande est arrivé au pouvoir en 2012, il enfilait les railleries sur l’incapacité de son prédécesseur à nouer des relations cordiales avec les organisations syndicales de salariés. Les remarques sarkoziennes sur les « corps intermédiaires » suscitaient alors l’indignation d’une gauche sûre de faire beaucoup mieux.

Au fil du temps, la démocratie sociale dont François Hollande s’est fait le chantre est devenue, comme tant d’autres cétacés de la gauche, une immense baleine dont chacun a pu contempler l’échouage. Après le constat d’échec des partenaires sociaux qui avait conduit Rebsamen à produire une loi insipide sur les organisations représentatives du personnel, Valls a organisé le suicide mal assisté des derniers restes du dialogue social.

On se souviendra de cette immense usine à gaz que fut la commission Badinter sur la réforme du code du travail, devenue une loi sortie du chapeau un beau jour de février, et enterrée dans les jours qui ont suivi. Valls a, durant ce printemps, réussi l’exploit de monter sa concertation à l’envers, en annonçant des mesures, puis en annonçant une consultation sur celles-ci.

Cette méthode d’une habileté rare nous a valu une Nuit Debout, puis un 49-3, puis des manifestations extrêmement violentes, puis de régulières paralysies de l’activité économique, et enfin une loi à l’eau tiède dont le résultat est à l’inverse des annonces. Bref, un ratage dans toute sa longueur, avec une suffocation sociale comme on en voit sur la tête d’un lycéen arrêté par des CRS en furie.

Pour un Président qui avait fait de la « démocratie sociale » une marque de fabrique, l’échec est absolu, sublime, de classe mondiale dirait-on.

Le délitement social qui ne dit pas son nom

Sur longue période, c’est le principe du dialogue social interprofessionnel qui prend l’eau, façon crue centennale. Depuis 2013, les partenaires sociaux peinent à signer de grands accords.

On se rappellera ici que dans la négociation sur les « seuils sociaux », le patronat avait jeté l’éponge, faute de pouvoir s’entendre. Ensuite, les organisations patronales se sont chamaillées sur la représentativité patronale, son mode de calcul, la répartition de ses fonds. Dans cette affaire, le gouvernement a d’ailleurs scandaleusement soutenu le MEDEF contre les autres organisations patronales, pour des raisons qui restent à élucider.

Dans la négociation sur les retraites complémentaires, le MEDEF a obtenu un accord au forceps et grâce au soutien massif du gouvernement. Il n’avait guère le choix: la Commission avait tapé du poing sur la table et exigeait une réforme drastique.

La négociation chômage est de plus en plus folklorique et tendue. Elle est régulièrement empoisonnée par la question du déficit de l’UNEDIC et du poids des intermittents dans celui-ci. Elle semble avoir atteint aujourd’hui ses limites.

Sur le fond, les partenaires sociaux interprofessionnels n’ont peut-être plus grand chose à se dire. Et, en se rebiffant, Gattaz ne nous suggère pas d’autre idée que celle-là.

La France n’a plus que le 11è PIB par habitant dans l’UE

Je ne sais plus qui disait « ça va mieux en France! ». Eurostat vient d’en donner une nouvelle illustration avec son classement de la richesse par habitant en Europe. Voici le tableau produit par l’institut européen:

France

Le tableau permet de comparer deux données.

La première, appelée l’Actual Individual Consumption (la consommation individuelle réelle), évalue le pouvoir d’achat moyen dans chaque pays européen, et singulièrement dans chaque pays de l’Union. Pour une moyenne européenne de 100, la France se situe 11% au-dessus (mais seulement 5% au-dessus de la moyenne de l’UE), soit la huitième performance, à 13 points de l’Allemagne et à 5 points de la Grande-Bretagne.

Ce chiffre souligne la faiblesse du pouvoir d’achat en France par rapport à ses grands voisins du nord de l’Europe.

La France et son PIB par habitant

Pour ce qui touche au PIB par habitant, la performance française est pire. La France est classée 11è en Europe, avec un score de 106 pour une moyenne dans l’UE de… 106. Autrement dit, la richesse moyenne en France se situe à un rang médiocre, qui illustre la dégradation globale de la situation macroéconomique du pays.

La France ne tient plus guère le 6è rang en termes de PIB mondial que grâce à l’effet masse de son marché. Ramené aux chiffres par habitant, la situation française est au-dessous de la moyenne.

Ces quelques points rappellent l’inquiétude qui devrait être la nôtre face au contexte économique français. Le déclin se prolonge, s’amplifie et la classe politique française ne semble pas avoir pris la mesure de l’urgence. Sans un important électrochoc, la France n’inversera pas la tendance.

Les générations d’après-guerre se contentent désormais de vivre sur le capital et la patrimoine accumulé par les générations précédentes. Cette stratégie de dilapidation constitue un immense échec au regard de l’histoire de notre pays. Il devient indispensable de passer à la « prise de conscience ».

Loi travail: le principal risque pour les TPE

Après la manifestation du 14 juin, l’évolution probable de la loi Travail devrait alerter les entreprises de moins de 10 salariés. Selon toute vraisemblance, en effet, le gouvernement devrait lâcher des concessions qui sont celles de tous les dangers.

Quelles concessions pour la loi Travail?

La journée du 14 juin n’est ni un succès ni un véritable échec pour les syndicats. En revanche, il est évident que Philippe Martinez a besoin d’une bonne raison pour arrêter les grèves et les manifestations. Le gouvernement annoncera probablement vendredi une modification de l’article 2 du texte pour que chacun « sorte gagnant » de la confrontation. Les uns clameront avoir fait fléchir le gouvernement, les autres expliqueront qu’ils sont restés droits dans leurs bottes.

La solution devrait consister à introduire un mécanisme de veto des branches sur les accords d’entreprise. L’article 2 resterait donc en place, mais avec une possibilité d’interdire, par l’intervention des branches, la signature d’un accord d’entreprise qui serait jugé trop audacieux.

Pourquoi est-ce un danger pour les PME ?

Ce droit de veto des branches sur les accords d’entreprise constitue un danger important pour les PME. En effet, celles-ci ont peu le loisir d’être représentées dans les branches. Elle seront donc soumises à une décision extérieures à elles, sur laquelle elles pourront peu peser, et surtout qui seront téléguidées par leurs plus importants concurrents du secteur.

Les branches sont généralement « colonisées » par les plus grandes entreprises du secteur, parce que ce sont elles qui ont les moyens de déléguer des représentants pour y siéger.

Autrement dit, le nouvel article 2 donnera la possibilité à des concurrents de se censurer entre eux, ou plus simplement à une grande entreprise d’empêcher ses petits concurrents de disposer des mêmes avantages qu’elle.

Pourquoi est-ce un danger pour les TPE?

Pour les TPE, la situation sera pire, puisque seules les entreprises disposant d’institutions représentatives du personnel pourront négocier des accords dérogeant à la branche. Pour les grandes entreprises, la tentation sera forte d’étrangler les « petits » en fixant des normes sociales élevées, coûteuses, et en se réservant la possibilité de négocier un accord d’entreprise dérogeant fortement à ces normes.

L’article 2 se transformera donc en Eau de Javel pour les petites entreprises.

La loi Travail, une rupture d’égalité entre les entreprises

Le dispositif que le gouvernement s’apprête à mettre en place devrait donc introduire de profondes ruptures d’égalité et d’importantes distorsions de concurrence entre les grandes et les petites entreprises.

Cette perspective pose le problème de fond: la loi Travail est-elle contraire à la liberté d’entreprendre? Paradoxalement…

Pourquoi un Guantanamo français serait la solution la plus démocratique

Ils sont bien amusants ces gens « de gauche » qui voient dans un Guantanamo français un glissement vers la dictature. Une fois de plus, le déni et la complaisance sont les deux oeillères d’une pensée débile où le fait majoritaire est contesté au nom de la démocratie.

Combattre Guantanamo ou défendre l’indéfendable

Quelle est la raison pour laquelle la création d’un camp de rétention administrative pour les fichés « S » au titre de l’islamisme est combattue aujourd’hui? Parce qu’elle constituerait une concession aux idées de droite. Cet argument, nous en trouvons un exemple dans le délétère Slate qui écrit:

Là tout de suite, j’ai envie d’être peinarde au quotidien. Et si nous nous étions complètement plantés? C’est un texte compliqué à écrire parce que j’aimerais tellement être droite(!) dans les bottes de mes convictions si vous saviez… J’aimerais dire que je ne me pose pas de questions, j’aimerais affirmer que je ne m’interroge pas sur le fameux angélisme de gauche. Mais la réalité c’est que je me surprends à penser l’espace de quelques secondes que tous ces types qu’on avait plus ou moins repéré, il faudrait les coller dans un camp pour les empêcher de nuire.

La pauvre imbécile qui écrit ce texte, pseudonymée Catnatt (je suis de gauche, je donne des leçons de liberté, mais je n’ai quand même pas le courage de dévoiler mon nom), nous explique en substance, qu’être de gauche, c’est ne pas penser court, ni expéditif, ni radical (bref être compliqué, alors que l’homme de droite ne se pose pas de questions, c’est bien connu), et qu’au titre de la complication il faut défendre l’indéfendable, même si ses convictions lui commandent le contraire.

Et, second argument (tenu par les gens qui se posent des questions, les autres ne s’en posant pas), on ne peut pas priver les islamistes de liberté, parce que ce serait renier nos valeurs. Mais on le concède:

Combien de gens vont mourir? Il serait illusoire de penser qu’il n’y aura pas d’autres morts, pas d’autres attentats. Est-ce que je vais perdre des gens que j’aime au détour d’une boîte, d’un café? Tout ça tourne en boucle dans ma tête et j’envisage des solutions radicales, anti-démocratiques quelques secondes.

On notera une fois de plus l’égoïsme profond des grands défenseurs de la « solidarité », valeur de gauche bien connue. J’ai une priorité: c’est ma bonne conscience. Une priorité seconde: des amis pourraient mourir. Une priorité tierce: des « gens » vont mourir. Au nom de la solidarité, je m’intéresse d’abord à moi, puis aux gens que j’aime, puis aux autres.

La dictature, c’est maintenant

Il faut peut-être expliquer à cette sombre idiote de Catnatt un facteur qu’elle a oublié: pour préserver la « démocratie » face aux fichés S, c’est l’ensemble de la population française qui a sombré dans la dictature. Mais il est tellement plus simple de l’ignorer!

Tellement plus simple de ne pas voir que la loi sur le renseignement a balayé le respect de la vie privée, le respect du contradictoire dans le domaine judiciaire, et replonger la France dans un état de non-droit qu’elle devrait combattre, et cela pour tous les Français… aux seules fins de ménager la susceptibilité de quelques milliers de terroristes potentiels.

Tellement plus simple de ne pas voir que, pour protéger la liberté de tueurs fascistes en série, l’état d’urgence a donné d’énormes coups de couteaux dans le pacte démocratique de tous les Français, et d’abord dans celui dont les honnêtes gens peuvent se revendiquer.

Tellement plus simple de ne pas voir que ce qu’on appelle démocratie est en réalité un triomphe de la pensée unique où les institutions officielles expriment quotidiennement leur préférence pour le mensonge et le passage en force contre la majorité des Français.

Alors le sujet, Mme Catnatt, qui se pose à nous, n’est pas de choisir entre la démocratie et la sécurité, mais bien de choisir entre la violation des droits de tous les Français pour sauver ceux de quelques terroristes, ou la violation des droits de quelques terroristes pour sauver ceux de tous les Français.

Pour ma part, j’ai choisi mon camp!

De quoi la manifestation du 14 juin est-elle le faux nez?

J’ai assisté à la manifestation du 14 juin dont j’ai ramené des clichés et des vidéos pour attester de ce que j’ai vu. Et objectivement, à l’issue d’un « spectacle » de près de 4 heures, je me suis demandé comment les organisations syndicales pouvaient accepter de prêter leur bannière et leur sigle à une pareille mascarade.

La violence comme objectif

J’ai rejoint la manifestation à Montparnasse. En fait, j’avais cherché à la traverser à Port-Royal, mais l’accès était soigneusement fermé par les forces de police, présentes tout le long du parcours. Il fallait donc précéder la manifestation pour trouver un point encore ouvert et s’inscrire dans le parcours des manifestants. Je suis arrivé juste à temps pour assister à l’arrivée du cortège:

Une centaine de mètres plus loin, l’ambiance se tendait déjà et, arrivé à l’approche de l’hôpital Necker, les premiers affrontements entre les casseurs et la police avaient lieu. J’ai assisté, près de l’hôpital, à des scènes hallucinantes où des blocs de manifestants encagoulés attaquaient frontalement les cohortes de policiers en armure et parvenaient même à les encercler pour les bombarder de projectiles et leur asséner des coups.

Il était évident que la manifestation devenait le prétexte à autre chose et, en particulier le prétexte d’un déferlement de haine et de violence sans aucun rapport avec les objectifs affichés par les organisations syndicales.

À quoi ressemble la violence dans les manifestations

Il faut mesurer à quoi correspond la violence des casseurs dans les manifestations. Ils sont plusieurs centaines à se faufiler dans la foule, assez bien organisés, et capables de harasser les forces de police, un foulard et un capuchon sur la tête, jusqu’à les affronter directement dans des bagarres de rue impressionnantes.

Pour préparer celles-ci, les casseurs ramassent soigneusement tous les projectiles susceptibles de renforcer leur feu. Ces projectiles, ce sont des canettes des bières, mais surtout des pierres, des pavés, des branches d’arbre qui traînent ou des bouteilles de verre: tout ce qui peut toucher, blesser, faire mal.

Une tactique prisée des casseurs consiste à faire mine de se disperser pour battre en retraite puis, au signal, à faire demi-tour en courant en groupe sur les forces de l’ordre pour les charger, les couvrir de projectiles, de coups, puis repartir en sens inverse. Ces techniques de guérilla sont combattues par les forces de l’ordre avec des grenades lacrymogènes et toutes sortes de gaz qui irritent les yeux.

Le spectacle terrible de l’esplanade des Invalides

Le plus terrible fut le spectacle offert sur l’esplanade des Invalides. Pendant deux heures, des affrontements sporadiques sur l’ensemble de la place ont transformé la manifestation en une sorte de rixe géante où la motivation politique se réduisant à des slogans anti-capitalistes. 

Les casseurs présents sont-ils vraiment des étrangers? sont-ils vraiment minoritaires?

En vérité, le petit millier de jeunes décidés à en découdre que j’ai vus sur la place parlaient tous français, et certains portaient des bannières syndicales très françaises, majoritairement de Solidaires, mais dont certaines appartenaient à la CGT.

Sur l’esplanade des Invalides, il était un peu question de critiquer la loi Travail. Il était surtout question d’en découdre avec la police.

900.000 naturalisations en Europe en 2014

Eurostat vient de publier une synthèse sur les naturalisations en Europe en 2014. Celles-ci se sont élevées à environ 890.000, et ont bénéficié à 92.000 Marocains, 41.000 Albanais et 37.000 Turcs.

En voici le tableau récapitulatif:

Source: Eurostat
Source: Eurostat

On s’aperçoit donc de la relative dispersion du phénomène, avec certains pics, comme la naturalisation des sud-américains en Espagne.

D’autres phénomènes sont plus intrigants, comme la faible proportion de naturalisations pour les Chinois (seulement 11.000), dont près du tiers a lieu en Grande-Bretagne. La France a naturalisé moins de 2.000 Chinois, quand elle naturalisait plus de 15.000 Marocains. Au passage, s’agissant de cette dernière nationalité, l’Espagne et l’Italie se montre plus accommodante sur leur naturalisation…

Qui sont les champions des naturalisations en Europe?

Si l’on change de point de vue maintenant, et que l’on examine non plus les naturalisants mais les naturalisés, on trouve le tableau suivant:

Source: Eurostat
Source: Eurostat

Avec 200.000 naturalisations, l’Espagne est de loin le pays le plus « intégrateur », puisqu’elle prend à son compte plus de 20% de « l’effort » européen. Toutefois, l’Espagne fait le choix de naturaliser par saupoudrage. Le plus gros contingent de naturalisations est celui des Marocains (voisins et mitoyens de l’Espagne, rappelons-le) qui ne représentent même pas 10% du volume global de naturalisés.

La France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni naturalisent entre 100.000 et 125.000 étrangers.

En France, l’effort est moins dispersé qu’en Espagne. On peut même parler de politique inversée, puisque les Marocains, les Algériens et les Tunisiens représentent à eux seuls plus du tiers du volume global de naturalisations.

En Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni, on retrouve des politiques relativement proches de celles menées en France.

La Suède championne d’Europe des naturalisations

Le tableau ci-dessous complète la description, en analysant le taux de naturalisation par habitants:

Source: Eurostat
Source: Eurostat

Contrairement aux apparences et aux lieux communs, la Hongrie est l’un des pays les plus ouverts d’Europe, avec plus de 6 naturalisations pour 100 habitants (2è place après la Suède). Les Hongrois intègrent massivement des Ukrainiens et des Roumains. Dans les mauvais élèves de la classe, on retrouve les pays placés sous influence germanique: les Etats Baltes, la Slovaquie, l’Autriche, la Slovénie, la République Tchèque. L’Allemagne en elle-même se situe sous la moyenne européenne.