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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Combattre la loi travail et soutenir le grand capital

La mobilisation contre la loi travail donne lieu à un superbe déferlement de postures faciles, à l’instar d’Anne Hidalgo, ce matin sur France Inter, qui expliquait sans rire que le plafonnement des indemnités de licenciement n’était pas une mesure « humaniste ». Cette ancienne inspectrice des affaires sociales, qui cumule sa retraite avec ses indemnités de maire, surfe sur une vague de velours: le bien, l’humanité, c’est défendre le droit du travailleur contre le capital, alors que la loi travail fait tout le contraire. Y a-t-il idée plus belle, plus simple, plus gentille à défendre dans les dîners en ville?

Le droit du travail et le capital

Pour comprendre la perversité de cette idée, il faut évidemment relever ses non-dits et mesurer « pragmatiquement », comme dirait Anne Hidalgo, l’impact exact de ses conséquences. À ce jeu, il apparaît vite que les revendications hostiles à la loi travail font toutes le bonheur du grand capital et de la rente face à l’émergence d’une catégorie d’entrepreneurs étouffés par les normes sociales en vigueur.

Mettons les pieds dans le plat: le sujet de la loi travail consiste bien à diminuer une part des garanties et des protections obtenues par les salariés au fil des décennies. Ce qu’on appelle ici la flexibilité vise à réduire le coût concret du travail et non son coût économique. Moins de règles, moins de protection, pour une optimisation du salaire.

En remettant ainsi en cause, très marginalement au demeurant, les protections des salariés, le gouvernement donne un coup de pouce aux entreprises qui sont le plus pénalisées par l’épaisse couche de réglementation existante. Compte tenu de la structure du capital en France, ce sont les petites entreprises qui en seront les principales bénéficiaires, bien entendu, car ce sont elles qui n’ont pas les moyens techniques de maîtriser toute la réglementation et ses évolutions incessantes, et ce sont elles qui sont le plus handicapées par les innombrables freins que le Code du Travail introduit dans l’exécution du contrat.

On ne peut ignorer ici qu’une partie importante du foisonnant code en question fut dictée et rédigée par les patrons des grandes entreprises eux-mêmes, trop heureux d’imposer des règles qui sont autant d’avantages comparatifs sur les petites entreprises du secteur. Contrairement à l’idée la plus largement répandue, ce n’est pas le grand capital qui est ennemi de la protection des salariés, c’est le petit capital! parce que c’est lui qui dispose du moins de marges pour optimiser les salaires.

Quand une entreprise à la main du grand capital est gênée par sa masse salariale, elle se délocalise et le problème est réglé. Cette souplesse-là n’existe pas pour les petites entreprises.

Les puristes de la protection des salariés ne peuvent donc ignorer les conséquences concrètes de leur opposition à la loi: elle leur donne bonne conscience, mais elle constitue un soutien évident, dans l’après crise 2008, à l’hégémonie du grand capital sur notre organisation économique.

Combattre la loi travail ou conserver un capitalisme de la rente

Et c’est probablement là le fond du problème. Il existe un non-dit absolu dans la vision latente du monde portée par les adversaires de la loi travail: un monde de grandes entreprises policées, réglementées, leur convient infiniment mieux qu’une France parsemée de petites entreprises qui se font concurrence. Et lorsque le gouvernement annonce des mesures qui pourraient favoriser cette dernière, la « gauche » se hérisse le poil en imaginant son jardin à la française idéal perclus de mauvaises herbes, de plantes foisonnantes, d’arbustes incongrus qui vont gâcher la vue.

Sans surprise d’ailleurs, ce sont majoritairement des fonctionnaires qui se battent contre la loi. Ceux-là nourrissent une sainte horreur naturelle pour le monde auxquels ils n’appartiennent pas: pour tous ces petits entrepreneurs (forcément poujadistes, c’est même un pléonasme), ces petites entreprises (forcément insalubres et dangereuses, des zones de non-droit) qui sont incontrôlables et les éloignent tant du monde lunaire, aseptisé, dégagé des contraintes de productivité qu’on appelle le service public.

Symboliquement, il existe d’ailleurs un risque important, pour eux, de voir triompher un autre monde si la loi travail devait passer. Elle prouverait qu’une inversion de l’expansion permanente dont les protections bénéficient serait possible. Et c’est probablement cela qui est le plus important dans le combat contre la loi.

 

Loi Travail: début d’une séquence révolutionnaire?

La mobilisation contre la loi Travail a plutôt tenu ses promesses: si elle ne peut se targuer d’avoir rassemblé un grand nombre de salariés du privé, elle a donné lieu à une coalition de fait entre les fonctionnaires et les mouvements de jeunes. Le maintien de la mobilisation par un sit-in place de la République peut annoncer les pires tourments pour François Hollande.

Une mobilisation importante?

Comme d’habitude, le dénombrement des manifestants a beaucoup varié selon les chiffres officiels et les chiffres des organisateurs. La CGT claironne plus de 1 million de participants, la police en compte moins de 400.000. Si le million n’a probablement pas été atteint, le mouvement a néanmoins donné le sentiment d’une véritable dynamique, et surtout d’une jonction entre les cheminots inquiets de la privatisation du rail, et les jeunes, insatisfaits du marché du travail.

Pour le gouvernement, pour la CFDT, pour les organisations syndicales, ce succès est une mauvaise nouvelle. Il annonce un débat parlementaire nez au vent, où le maintien des « réformes » risque de se révéler extrêmement compliqué.

L’irruption des jeunes et la « Nuit Debout »

Alors que la manifestation a donné lieu à des heurts à Paris (mais aussi en province), plusieurs organisations appelaient à maintenir la mobilisation par une « Nuit Debout », place de la République. L’appel a rencontré un succès certain, avec une place grouillant de monde.

Loi Travail

Cette pression continue laisse penser que les mouvements de jeunesse pourraient avoir décidé d’en découdre jusqu’au bout, sans attendre la prochaine manifestation fixée au 5 avril par FO.

Dans tous les cas, il est évident que les organisations syndicales cherchent à inscrire la contestation dans un rapport de force durable. Rien n’exclut qu’il soit l’occasion d’un bouleversement social profond – celui que les pouvoirs publics craignent tant depuis des années.

Loi Travail

Quel risque pour la loi Travail?

Pour François Hollande, qui sort juste de l’abandon officiel de la téméraire révision constitutionnelle qu’il avait annoncée le 16 novembre, la séquence est épouvantable. La loi Travail enchaîne les ratés et rien n’exclut que l’exécutif soit désormais contraint de procéder à son retrait.

Dans tous les cas, on peut penser que le gouvernement devra consentir à d’importants amendements qui risquent d’en neutraliser les effets.

Sarkozy sur le terrain glissant de la réforme de l’Etat

Nicolas Sarkozy a décidé de faire l’ascension de l’Himalaya par la face Nord. Non seulement il participe à une convention des Républicains sur la réforme de l’Etat, mais il fait le choix d’y prononcer un discours appelant à une diminution importante du nombre de fonctionnaires. D’aucuns pourraient y voir une véritable fuite en avant libérale, qui tranche avec le politiquement correct ambiant.

La réforme de l’Etat, le sujet ingrat

On notera d’abord l’espèce de bravoure politique, de la part de Nicolas Sarkozy, à relever le gant de la réforme de l’Etat. Ce monstre du Lochness constitue en effet le sujet repoussoir par excellence. Quel électeur s’intéresse un tant soit peu à ces questions arides qui parlent toutes de tuyauterie administrative, alors que tant de postures sont infiniment plus « payantes » en terme électoral?

Parlez de solidarité, d’immigration, de police, de justice, et les électeurs seront suspendus à vos lèvres. Parlez-leur d’économie budgétaire, de rationalisation des services administratifs, de décentralisation, de recentralisation, et ils décrochent automatiquement.

Pour que Nicolas Sarkozy en fasse un thème de campagne, dans le cadre des primaires, il lui faut un estomac bien accroché, voire une forme d’inconscience politique.

Pourquoi les Français n’aiment pas la réforme de l’Etat

La réforme de l’Etat n’est pas seulement un sujet impopulaire à cause de l’ennui qu’il inspire. Une raison plus profonde éloigne cette question de la préoccupation politique des Français: la remise en cause de l’Etat est une ambition qui plaît toujours lorsqu’elle est générale, mais qui effraie lorsqu’elle devient particulière.

Demandez aux Français s’ils veulent moins d’impôts et de fonctionnaires, et ils vous disent forcément oui. Demandez-leur s’ils sont d’accord pour fermer le collège de 80 élèves situés à proximité de chez eux, la maternité dangereuse à dix minutes de leur village, le commissariat inutile dans leur chef-lieu de canton, et immédiatement ils sont prêts à descendre dans la rue pour protester contre ce diktat parisien qui remet en cause l’égalité sur le territoire de la République.

Tout le dilemme de la réforme de l’Etat est bien là. D’un côté, les Français n’aiment pas l’impôt. De l’autre, ils aiment la dépense publique, lorsqu’elle leur apporte un confort près de chez eux.

Sarkozy fait-il de la provocation?

Sarkozy ne peut ignorer cette répugnance des Français à aborder les questions qui fâchent. Malgré cette évidence, le candidat à la primaire de la droite pousse le bouchon jusqu’à la provocation. Outre qu’il propose 300.000 suppressions d’emploi par le non-remplacement des départs à la retraite, il n’hésite pas à proposer une harmonisation des régimes de retraite, à commencer par un rapprochement des âges de départ entre secteur public et secteur privé.

Pour le coup, le sujet de campagne est plutôt courageux, parce qu’il est d’intérêt général mais extrêmement impopulaire. Là encore, l’idée d’une parfaite égalité entre public et privé recueille toujours, sur le papier, un soutien massif. Mais que les infirmières commencent à réclamer des conditions spéciales de départ pour tenir compte de la pénibilité de leur métier, que les policiers, les gendarmes, les militaires, demandent des avantages en contrepartie des risques qu’ils prennent, et un sondage d’opinion ne tardera pas à montrer qu’ils sont soutenus par un nombre important de Français.

De ce point de vue, les propositions de Nicolas Sarkozy ne manquent pas de panache. Elles devraient confirmer les solides inimitiés que certaines de ses prises de position durant son mandat lui ont valu. Elles ont un mérite: elles répondent aux véritables sujets politiques et économiques du pays. Leur inconvénient consiste surtout à lui enlever une chance (de plus) d’être élu.

Quel bénéfice l’intérêt général peut-il en tirer?

Au total, si la réforme de l’Etat est plus que jamais nécessaire, elle a très peu de chances d’aboutir, surtout avec un Nicolas Sarkozy dont la faible créativité de la RGPP a laissé des traces dans tous les services publics. Sarkozy estime les économies générées par ses 300.000 suppressions d’emplois à environ 7 milliards d’euros. Le calcul est un peu tordu.

En réalité, 300.000 suppressions d’emploi rapportent en principe environ 12 milliards d’euros. Si Nicolas Sarkozy minore cette somme à 7 milliards, c’est bien parce qu’il compte augmenter les fonctionnaires qui « restent » avec une partie des économies dégagées.

Cette recette adoptée durant la RGPP sous son mandat a, au passage, démontré toute son inutilité. Elle est en effet perçue comme une simple politique salariale sans lien direct avec les gains de productivité consentis dans les services.

C’est peut-être le problème de Nicolas Sarkozy: sa trop grande confiance dans les recettes utilisées sans succès en 2007.

Loi Travail: plus d’1 million de manifestants?

Les rumeurs circulent activement depuis plusieurs jours: la mobilisation contre la loi Travail pourrait être largement suivie aujourd’hui. Certains syndicalistes évoquent même une participation supérieure à 1 million de participants.

Des mobilisations tous azimuts

Beaucoup ont été surpris par l’ampleur des nouvelles qui leur sont parvenues. Partout, des sections syndicales ont réservé des cars ou des bus pour aller manifester. Dans certains endroits, ce sont plusieurs centaines de salariés qui devraient descendre dans la rue.

Le phénomène était suffisamment significatif pour que les responsables syndicaux en parlent et témoignent à la fois de leur étonnement et de leur contentement. De leur point de vue, une telle réaction collective dans les entreprises ne s’était pas produite depuis très longtemps. Ces premières informations laissent donc penser que le mouvement de contestation pourrait marquer un point important qui mettrait le gouvernement en difficulté.

Le phénomène touche autant les entreprises privées que le service public. Là aussi, cette convergence de mouvement constitue une innovation qui ne manquera pas d’inquiéter Manuel Valls.

La loi Travail fragilisée?

Si cette mobilisation devait se confirmer, c’est la loi dans sa totalité qui pourrait être en souffrance. Le gouvernement serait en tout cas obligé d’écouter la voix de la rue et d’accepter d’importants amendements favorables aux frondeurs. Le repli serait d’autant plus inéluctable qu’une forte participation affaiblirait considérablement la CFDT, sur laquelle le gouvernement s’est beaucoup appuyé.

Pour Laurent Berger, lui-même, il s’agirait d’un revers. Berger a en effet pris sur lui de soutenir Manuel Valls et d’imposer des réécritures jugées plus équilibrées. Une réussite de la mobilisation pourrait remettre en cause sa légitimité « d’accompagnant » de la loi.

La CGPME à la manoeuvre

Pour les organisations patronales, une réussite de la mobilisation constituerait aussi un revers important. La CGPME, par exemple, commence à gagner une certain nombre de positions et d’amendements qui pourraient être remis en cause dans les jours à venir. Selon toute vraisemblance, le rapporteur de la loi devrait en effet intégrer plusieurs amendements sur le licenciement économique qui diminueraient la période d’estimation de la baisse d’activités pour les entreprises de moins de 300 salariés, et qui modèrerait les critères un peu stricts annoncés sur la valorisation des baisses de chiffre d’affaires.

Une modification de l’équilibre politique existant n’aiderait vraiment pas la CGPME.

Hidalgo et Julliard, ou la culture pour les riches à Paris

Dans le duo Hidalgo et Julliard qui tente d’imprimer sa marque sur la capitale, chacun apprécie à sa juste manière les façons gauche caviar bobo qui ont cours à l’Hôtel de Ville. Et vas-y que je danse dans un costume de paillettes façon soirée Michou, ou que je parle, dans tous les dîners, de la Culture, avec un « Cul » aussi grand, gros, volumineux, prétentieux, étouffant, que le postérieur que Kim Kardashian. C’est tellement beau la CCCCCUUUUUULLLLLture, et tellement bon, qu’on peut même la servir au petit déjeuner, et sous toutes ses formes: à la coque, mollette, brouillée, et au-delà. On peut même se payer le luxe de l’étaler sur sa tartine comme le fait la radio de service public éponyme.

Julliard a-t-il une vision pour la culture à Paris?

On peut imaginer qu’Anne Hidalgo n’ait pas beaucoup d’idées sur la culture, en dehors de celles qui se véhiculent ordinairement dans les dîners en ville, ou en dehors des petits services qu’on peut rendre aux copains avec le budget de la Ville. On marquera moins d’indulgence vis-à-vis de Bruno Julliard, ancien président de l’UNEF reconverti en premier adjoint et anciennement adjoint à la culture, qui traîne derrière lui une bande de potes dont on dira en toute pudeur qu’ils sont cul et chemise. Libre à chacun d’imaginer si c’est le premier ou la seconde qui prime dans le processus de décision.

Toujours est-il qu’il faut se lever tôt pour trouver la moindre trace d’une parole, dans la bouche de Julliard, qui donne le sentiment d’une quelconque vision de ce que doit être une politique culturelle municipale, qui plus est dans une ville dont la renommée et les traditions sont mondiales. En dehors des leit-motiv de « l’innovation » et de la « création », qui cachent aussi bien la misère intellectuelle qu’un string dissimule l’essentiel du Chippendale, on peine à lire la moindre ambition parisienne dans ce domaine.

Julliard le bureaucrate de la culture

Il faut donc se reporter au budget de la ville de Paris pour comprendre le naufrage culturel de la capitale couvert par les effets de manche de Bruno Julliard sous les sunlights de télévisions complaisantes.

Le budget 2016, par exemple, réserve 4% des dépenses de la Ville à la Culture, soit plus de 300 millions d’euros. C’est un chiffre intéressant, mais il faut immédiatement préciser que près de la moitié de cette somme est consacrée aux dépenses de personnel (125 millions), alors que cette proportion n’est que d’un tiers (ce qui est déjà colossal) dans le budget de l’Etat. Autrement dit, quand le contribuable verse deux euros à la Culture, un seul va directement à des actions culturelles. L’autre sert à payer le salaire des fonctionnaires.

La politique culturelle à Paris se traduit par une augmentation du nombre de fonctionnaires, mais une baisse (0,6% en 2016) des dépenses hors masse salariale. On peut donc bien parler d’une vision bureaucratique de la culture à Paris: plus de fonctionnaires, mais moins d’argent pour les projets…

Julliard et l’inégalité des chances

Face à cette bureaucratisation incontrôlable, qui consiste à sédimenter la culture dans une masse salariale qu’on se traîne comme un boulet et qui, peu à peu, absorbe tout sur son passage, Julliard mène une politique au fil de l’eau, sans aucune programmation et sans aucune vision, de réduction des coûts. Il a eu la bonne idée de l’annoncer d’emblée concernant les bibliothèques municipales, dont il a oublié qu’elles sont, plus que jamais à l’ère du numérique, l’un des seuls lieux où les milieux populaires peuvent avoir un accès régulier aux livres.

Ainsi, avant la réélection d’Anne Hidalgo, il avait annoncé une quarantaine de suppressions de postes dans les bibliothèques municipales. Cette stratégie, qui consiste tout de même à sacrifier l’action municipale de proximité (rendue incontournable par une croissance exponentielle de l’administration centrale de la ville), a quelques petites conséquences fâcheuses. C’est notamment le cas pour la bibliothèque du Château d’Eau, installée dans les locaux de la mairie du Xè arrondissement, que Bruno Julliard cherche à tuer coûte-que-coûte.

On comprend: une bibliothèque dans un quartier africain de Paris, à quoi ça peut bien servir? Mieux vaut consacrer des sommes délirantes à la « Nuit blanche » (1,4 million € mangés en quelques heures), ou aux grands théâtres parisiens conçus pour une élite dont la fréquentation permettra à Bruno Julliard de faire carrière. Sous ce prisme-là, le développement de la lecture dans les milieux populaires n’a aucun intérêt.

On notera au passage que le budget des bibliothèques et des médiathèques est en baisse de 2,4% par rapport à 2015. La culture gratuite pour les pauvres? Beurk! quelle horreur!

Hidalgo, Julliard et la destruction du patrimoine parisien

Le Canard Enchaîné du 23 mars a eu le bon goût de noter que, de son côté, Anne Hidalgo n’était pas en reste pour saborder le patrimoine culturel parisien. La Commission du Vieux Paris, citée par le palmipède, a ainsi remarqué que la moitié à peine de ses avis sur des permis de construire était suivie par la maire. Dans l’autre moitié des cas, la Ville autorise des travaux qui sont pourtant jugés non conformes à notre intérêt historique patrimonial.

Cette violence faite à la Ville au fil de l’eau ne surprendra personne. L’équipe qui tient la municipalité manifeste en effet un intérêt et un respect très modérés pour les vieilles pierres de la capitale. Là encore, le budget 2016 le montre. Les sommes consacrées à l’entretien du patrimoine culturel sont en baisse de 20%. Officiellement, il s’agit d’un transfert technique « d’une partie des dépenses d’entretien sur les édifices cultuels (- 0,9 M€) compensé par un effort accru en investissement. 1,2 M€ est prévu au BP 2016 pour les dépenses d’entretien des fontaines ».

Moins d’argent pour les églises, mais plus d’argent pour les fontaines. Celles-ci, il est vrai, ont le bon goût de ne pas nourrir le front du refus contre le mariage gay.

Julliard et le malaise de ses personnels

On comprend toute la stratégie qui préside à cette « politique » culturelle. L’enjeu n’est pas de diffuser la culture dans le bon peuple, mais de servir les ambitions personnelles du premier adjoint, qu’Anne Hidalgo imagine comme son successeur. Il faut lécher les bottes (ou toute autre partie du corps présentée à la vénération) des puissants, et ne pas perdre son temps avec les manants. Cette doctrine bien connue des jeunes ambitieux du Parti Socialiste justifie des maintiens ou des augmentations de budget dans les opérations « paillettes », comme le 104, dont l’utilité culturelle reste à prouver, au détriment des obscurs et des sans grades qui doivent se contenter des miettes.

La politique de Bruno Julliard comporte quelques inconvénients et quelques dommages collatéraux. Par exemple, les personnels de la ville apprécient assez peu la stratégie menée au sommet.

Celle-ci a d’abord consisté à trouver « ringards » tout ce qui n’a pas sa place chez Michou. La polémique lancée par Bruno Julliard sur les conservatoires municipaux l’a montré. Ce serait tellement mieux d’enseigner le Hip hop aux petites gens, plutôt que l’horrible musique classique! Le problème tient d’ailleurs au fait que les conservatoires enseignent déjà le Hip-hop, mais l’adjoint à la culture ne le sait manifestement pas.

Comme le dit la CGT:

s’agirait-il d’un grand mépris envers les agents ou d’une grande ignorance de ce qui se passe dans les conservatoires dont notre élu a pourtant la charge politique depuis bientôt trois ans ?

Peut être un peu des deux tant les visites de l’adjoint à la culture dans les établissements se font au pas de course et sans un regard pour le personnel présent…quand elles ont lieu. Ce qui ne lui permet pas, bien sûr, de prendre la mesure de ce qui se joue pour l’éveil culturel des petits parisiens. Sait-il d’ailleurs que des ateliers de découverte existent depuis bien longtemps ?

Mais, la CGT n’est pas seule à la ramener sur l’arrogance aristocratique des cultureux parisiens. L’UNSA a elle-même publié un communiqué qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne à tous les étages dans les services de la CCUULLture.

Nos collègues des services centraux de la Direction des Affaires Culturelles, de plusieurs sous-directions, ont porté à notre connaissance des éléments relatifs à une dégradation particulièrement importante depuis deux ans des conditions de travail.

Il leur est de plus en plus difficile de travailler dans un contexte de management agressif, qui s’exprime même en public, et qui semble se répercuter en cascade à tous les niveaux hiérarchiques.

Nos collègues reçoivent des injonctions paradoxales qui remettent en cause leur compétence, leur expérience, leur manière de travailler et finalement leur loyauté envers le service public.

Ce management se traduit également par des attaques verbales parfois violentes et humiliantes et un mépris clairement affiché.

Manifestement, les mauvais coucheurs syndicalistes qui ont écrit ces lignes incendiaires n’ont pas compris la règle du jeu. Un homme de gauche comme Bruno Julliard, qui a tant lutté contre la précarité au travail lorsqu’il présidait l’UNEF, n’a plus aucune preuve à donner en matière de respect des personnels. Par construction, un homme de gauche est quelqu’un de solidaire et de respectueux. Il peut donc s’entourer d’une cour de petits marquis, il n’en reste pas moins un homme du peuple.

Ou comment la gauche à Paris se vautre sur le dos du petit peuple.

Loi Travail: première escarmouche au Parlement

La ministre du Travail a fait le déplacement, ce mardi 29 mars, à la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale, pour défendre son projet de loi. Elle y a fait montré de son « enthousiasme » pour le débat qui s’annonçait. On remarquera à cette occasion que le rapport du texte, Christophe Sirugue, a préconisé plusieurs adaptations, notamment à destination des TPE et des PME.

Mais la séance en commission a surtout été marquée par les remarques virulentes de la députée anciennement écologiste, ralliée à Nouvelle Donne, sur le droit du travail. Les amateurs ne manqueront pas de se reporter à son blog pour comprendre ses propositions. On y lira en particulier:

oui, il faut une réforme du droit du travail, mais une réforme de progrès ! Celle qui permettrait la création d’emplois, la lutte contre le chômage et l’adaptation du marché du travail aux nouvelles réalités économiques des entreprises et de leurs salariés. Pour cela, nous proposons :

  • D’inclure dans le droit du travail les nouvelles formes d’activités liées à l’économie collaborative pour offrir à ces personnes une véritable protection sociale.

  • De renforcer la présence des salariés dans les conseils d’administration pour une gestion partagée de l’entreprise.

  • De relancer le mouvement historique de réduction du temps de travail sous une forme souple : semaine de 4 jours, année sabbatique, portabilité du compte épargne temps

  • De mettre en place un plan de relance de l’emploi lié à la transition écologique, financé notamment par un « Green Quantitative Easing », une politique monétaire fléchée vers les projets verts.

Semaine de 4 jours, protection sociale dans l’économie collaborative… que de propositions orthogonales par rapport au texte du gouvernement. Le débat devrait être particulièrement agité.

Paradoxalement, l’audition de la ministre, qui a duré 3h30, a plus consisté à répondre aux questions de la majorité que de l’opposition. Cette situation où le débat agite plus la gauche que la droite sur une mesure phare du gouvernement ne manque pas de soulever quelques questions sur l’état politique du pays.

Les employeurs peuvent en tout cas se faire du souci sur le contenu futur de la loi.

Edwy Plenel et son étrange conception de la démocratie

Edwy Plenel s’est fait l’apôtre, dans une tribune publiée sur Mediapart, de la liberté d’expression pour Tariq Ramadan, déclaré persona non grata par Alain Juppé, à Bordeaux. Plenel y joue le rôle de preux chevalier de la démocratie.

c’est bien de cela qu’il s’agit, à travers la promotion de Tariq Ramadan en croquemitaine islamiste : interdire a priori toute expression politique qui se revendique musulmane, comme d’autres sont catholiques, protestantes, juives, athées, etc. Cette intolérance sectaire est aussi irresponsable qu’inconséquente. Irresponsable car comment réussirons-nous à dresser, tous ensemble, un barrage solide face à un totalitarisme qui se réclame de l’Islam sans dialoguer avec des citoyens musulmans, dans leur diversité ? Et surtout sans débattre avec ceux d’entre eux qui, comme Tariq Ramadan, affirment leur volonté de construire un Islam européen converti aux idéaux démocratiques et aux revendications sociales ? Volonté dont seul le débat, justement, peut permettre de vérifier la sincérité et la cohérence. (…)

Mais quand un principe est piétiné par le détour de l’exclusion d’une personne, il faut aussi défendre les droits de celle-ci, en l’occurrence son droit d’exister dans l’espace public, de ne pas être privée de parole ni interdite de séjour.

Quel touchant engagement en faveur de la démocratie, où le choix des mots ne manque pas de retenir l’attention! Car Plenel parvient, dans une même phrase à minorer le « totalitarisme qui se réclame de l’Islam », dont nous ne sortirons qu’en renonçant à notre « intolérance sectaire ». Encore un effort, et Plenel nous rendra responsables, à cause de notre intolérance sectaire, des attentats qui dévastent nos rues.

Plenel et son indignation à deux vitesses

Cette préoccupation que Plenel manifeste pour le droit à l’expression d’intellectuels musulmans qui envisagent de réserver un sort peu enviable à nos femmes:

(avec des questions comme « une femme mariée peut-elle rencontrer seule un homme? ») est en fait très sélective. Si elle s’applique de façon très volontaire à des gens qui revendiquent la création de communautés musulmanes en France, elle est en revanche proscrite pour les communautés chrétiennes, et prohibées pour la méchante extrême droite. On se souviendra ici des hallucinants propos tenus par le Plenel en 2013 sur… Manuel Valls!

Madame Le Pen, l’extrême-droite, les fascistes en France, de l’antisémitisme à aujourd’hui les Roms et l’islamophobie, nous connaissons cet adversaire, les républicains et les démocrates les connaissent, donc quel est le danger ? Le danger, ce sont ceux qui cèdent à l’adversaire. Qu’ils soient de droite ou de gauche. C’est ceux-là qui font la politique du pire. Comment arrive la collaboration ? Parce que des gens de gauche et de droite cèdent devant le nazisme. Donc pour moi le danger, c’est pas madame Le Pen. Le danger, c’est Manuel Valls.

On aura bien retenu la leçon à géométrie variable donnée par Plenel.

Face au totalitarisme qui se réclame de l’Islam, ce serait de l’intolérance sectaire de ne pas accepter le dialogue avec les musulmans.

Face au nazisme du Front National, en revanche, le dialogue est un danger coupable.

Le bréviaire de la complaisance fait décidément bon ménage avec la bouffonnerie.

Loi Travail: si jeune et déjà pleine de mythes

La loi Travail est à peine présentée au Conseil des Ministres, et déjà elle s’est inscrite dans le paysage politique et économique comme un point de fixation et de repère. Cette localisation centrale, qui rappelle une fois de plus la fonction structurante du droit social dans nos sociétés, n’est pas allée sans recours aux mythes, aux simplifications abusives ou aux torsions de la réalité. Une première mise en perspective de ceux-ci s’imposait, sous réserve bien entendu des remarques qui seront portées sur les versions futures ou amendées.

La loi Travail et le prosélytisme religieux

Dès la publication de l’avant-projet, nous avions remarqué que l’article 6 du « paquet Badinter » introduisait des précisions nouvelles quant aux pratiques religieuses en entreprise, qui ne correspondaient pas complètement à la doctrine du « droit constant » mise en avant par l’auteur du texte. En particulier, elle reconnaissait un droit d’expression religieuse dans l’entreprise, soumis à des limites en rapport avec l’activité de celle-ci.

Cette innovation, que certains présentent comme une protection pour les employeurs (on en doute fortement), fait l’objet d’un tapage important, notamment de la part de Jean-François Coppé.

On se montrera moins catégorique que lui: le gouvernement a en effet retiré le texte sous sa forme de préambule au Code, mais devrait le présenter comme un guide à la réécriture future du même Code. Le texte explique qu’une « commission d’experts et de praticiens des relations sociales est instituée afin de proposer au Gouvernement une refondation de la partie législative du code du travail. (…) Ses travaux s’appuient sur les principes essentiels du droit du travail ci-après mentionnés.

Que veut dire, en droit, « s’appuyer sur »? L’avenir le dira. Bref, si un reproche peut être fait à la version qui entame la navette parlementaire, c’est surtout celui de l’imprécision et de la bâtardise, pas encore celui de l’encouragement au prosélytisme.

Le plafonnement des indemnités de licenciement

Le gouvernement avait prévu d’introduire dans la loi le plafonnement des indemnités de licenciement. L’objectif était de mieux maîtriser le risque de trésorerie pour les petites entreprises en cas de « loterie » aux prud’hommes. La pression a été trop forte: le gouvernement a retiré son dispositif. Reste donc un décret de 2013 qui indique quel montant d’indemnité peut être retenu. Il n’engage pas les tribunaux.

Malgré ce retrait, les adversaires de la loi Travail continuent à dénoncer les intentions du gouvernement.

Le forfait-jour dans les PME

Longtemps, le gouvernement a été accusé de vouloir contourner l’annulation par la Cour de Cassation des dispositions relatives au forfait-jour prévues dans la convention collective des bureaux d’études techniques (convention Syntec). A la demande des start-up, le projet de loi prévoyait la possibilité d’instaurer ce régime par décision unilatérale. Finalement, cette disposition est réservée aux accords d’entreprise. Le gouvernement s’est toutefois rallié à la proposition de la CFDT de permettre le forfait-jour par une négociation avec un salarié mandaté. On regrettera toutefois que la loi ne modifie pas les dispositions applicables au mandatement.

Les amateurs se reporteront à l’article 8 du texte pour en savoir plus.

Le licenciement économique sans motif économique

Une autre rumeur répandue par les adversaires de la loi porte sur l’extrême souplesse qui serait offerte aux employeurs pour pratiquer des « plans sociaux » sans motif économique. C’est l’article 30 du texte qi tranche le débat en définissant les conditions du licenciement économique:

« baisse des commandes ou du chiffre d’affaires, des pertes d’exploitation, une importante dégradation de la trésorerie ou tout élément de nature à établir leur matérialité.

Le périmètre d’appréciation du motif économique est également précisé : il s’apprécie au niveau de l’entreprise si cette dernière n’appartient pas à un groupe ; il s’apprécie au niveau du secteur d’activité commun aux entreprises du groupe implantées sur le territoire national si l’entreprise appartient à un groupe. Ce faisant, la législation française se rapproche de celle de nos voisins européens. L’article précise que ne peuvent constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement pour motif économique les difficultés économiques créées artificiellement à la seule fin de procéder à des suppressions d’emplois. »

Le principe d’un licenciement économique sans motif économique relève donc du fantasme.

Mais, répétons-le, toutes ces questions évolueront avec le débat parlementaire.

Sécurité sociale: mon interview sur TV Libertés

TV Libertés m’a récemment interviewé sur la sécurité sociale. En voici les images. J’ajoute évidemment quelques remarques sur le sujet de fond: la complexité de la sécurité sociale. C’est enfoncer une porte ouverte que de remarquer la profonde opacité du système actuel de sécurité sociale. Dans la pratique, plus personne n’y comprend rien.

Ce serait une erreur de croire à une dimension anecdotique de cette opacité. Il s’agit au contraire d’un sujet politique majeur.

Parce que notre système de protection sociale prétend faire de la solidarité en toute opacité, elle est un élément essentiel de la déresponsabilisation des citoyens, dont le déclin français est une conséquence directe. Qui n’a pas entendu dire: « ce n’est pas grave si je me blesse! c’est la sécu qui paie! » Ce genre de comportement parie sur la capacité de la collectivité à se substituer aux individus pour prendre en charge leur destin.

Si la sécu était transparente, cette attitude serait beaucoup moins répandue. La transparence est en effet un facteur d’adhésion et de responsabilisation. Elle encourage les individus à prendre en charge leurs décisions.

Au demeurant, la question de l’opacité de la protection sociale n’est pas nouvelle. Dans les années 30 déjà! les remarques assassines pleuvaient sur l’opacité du système en place. Les promoteurs de la sécurité sociale de 1945 avaient une idée en tête: faire de la sécurité sociale la « chose » des salariés en leur mettant à disposition un système lisible.

C’est bien raté!

Molenbeek en France: bréviaire de la complaisance

Patrick Kanner, ministre lillois de la Jeunesse et des Sports, a osé dire ce que tout le monde sait: il existe des Molenbeek en France. Il n’en fallait pas plus pour fâcher le clan des communautaristes qui, depuis plusieurs années, fondent tous leurs espoirs sur une inversion des règles du pacte républicain.

Pourquoi Kanner parle de Molenbeek français

Si Patrick Kanner fait le choix de briser le tabou sur la montée du communautarisme, ce n’est évidemment pas ni par gaieté de coeur ni par hasard. Kanner est un élu lillois bien placé pour mesurer les dégâts du tabou dans les régions où le communautarisme monte. Le fait que le Front National soit devenu le premier parti politique dans sa région en est la preuve et la conséquence directe. Il faut se promener à Roubaix pour comprendre que des pans entiers de territoire ont basculé dans un monde où la culture occidentale est devenue minoritaire. Et Kanner a compris que la conspiration du silence qui entoure ces bouleversements nourrit une radicalisation mortifère pour sa famille politique.

Cambadélis dénonce la stigmatisation des Musulmans

Forcément, pour les élus qui font profession de communautarisme, surtout dans l’exception parisienne où le Front National est minoré, les propos de Kanner sonnent comme un discours pré-fasciste. Cambadélis, qui réussit l’exploit d’être le député du quartier où les Kouachi se sont radicalisés sans voir jamais eu le moindre mot de regret sur sa responsabilité dans le phénomène, a réagi vivement aux accusations terribles du ministre Kanner:

«Moi, je ne suis pas pour ce discours» ni «ces formules sur les quartiers», a-t-il dit en appelant à «ne pas dissoudre la concorde nationale». «Je ne suis pas pour la stigmatisation, je suis pour montrer ce qui réussit plutôt que de dire qu’il faut rejeter», a-t-il insisté.

«Il y a des problèmes, il ne faut pas les fuir», a concédé le député de Paris. «Dans les quartiers, pour ceux qui les connaissent, on sait très bien qu’il y a une tour, un endroit où il y a une concentration (…) Mais dire un quartier, on stigmatise», a-t-il ajouté. «On doit avoir une stratégie vis-à-vis du terrorisme, c’est de ne pas isoler les musulmans, mais d’isoler» les terroristes.

Précisément, camarade Camba, ces endroits, on les connaît, et on sait tous que la radicalisation ne s’y limite pas à une tour ou un appartement, mais qu’elle percole partout. Il suffit de se rendre à Ménilmontant, à Belleville, à Barbès, pour vérifier ces évidences que tu cherches à cacher parce que tu leur dois tes réélections successives.

Rien de plus affligeant de voir que Cambadélis mène le même combat que Philippe Moureaux, le toxique ancien bourgmestre de Molenbeek qui a favorisé l’installation d’un nid de vipères dans sa commune.

Libération prône un soutien aux salafistes

Dans l’ordre de la folie, une palme particulière doit être décernée au journal Libération qui publie une interview lunaire d’un chercheur du CNRS, qui nous soutient sans rire que les terroristes ne se nourrissent pas de la radicalisation dans les « quartiers ».

Je ne cherche pas à dédouaner l’islam, ni à faire de l’angélisme. Mais je pense que le jihad n’est plus, aujourd’hui, le résultat d’un processus de radicalisation religieuse progressive qui mènerait du salafisme vers le jihadisme. (…)

Quant aux milieux salafistes, il faudrait les utiliser dans la lutte contre les jihadistes au lieu de les poursuivre. (…)

Il faut cesser de perquisitionner et d’assigner à résidence les représentants, certes fondamentalistes, d’une ­religion, sans preuves solides, comme le permet l’état d’urgence.

Il faut quand même un sacré culot, après une séquence extrêmement meurtrière, pour publier des propos de ce genre tout en donnant des leçons de bonne conduite à tout le monde.