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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Islamo-fascisme et complaisance occidentale

Pourquoi l’Occident se montre-t-il si faible vis-à-vis de l’islamo-fascisme? Cette question taboue mérite quand même d’être posée à l’issue des dernières déclarations du président turc Erdogan à propos de Hitler.

Erdogan et l’islamo-fascisme

Le président islamiste Erdogan ne s’embarrasse plus de fioritures et jette les masques: il vante les vertus du nazisme comme modèle d’inspiration politique durant ses conférences de presse.

« Dans un système unitaire [comme la Turquie], un système présidentiel peut parfaitement exister. Il y a actuellement des exemples dans le monde et aussi des exemples dans l’Histoire. Vous en verrez l’exemple dans l’Allemagne nazie. »

Une phrase de ce type mise dans la bouche de n’importe quel homme politique français, et spécialement d’un responsable du Front National, vaudrait à son auteur des procès en cascade, des amendes colossales et des stigmatisations éternelles de la part des médias. On se souvient ici des propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz comme « détails » de l’Histoire: des années après, le bonhomme est toujours sommé de s’expliquer sur le sujet.

Paradoxalement, quand un président islamiste adopte un discours directement « nazi », l’Occident se tait.

L’islamo-fascisme et les Etats-Unis

Dans le registre des silences, celui des dirigeants européens tient une place de choix. Ceux-ci viennent d’annoncer une reprise des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, et ont prévu de débloquer 7 milliards d’euros d’aide à la Turquie pour créer des camps où les réfugiés seront triés avant de pouvoir rentrer dans l’Union. Cette idée, largement poussée par l’Allemagne qui peut se revendiquer d’un grand savoir-faire traditionnel dans ce domaine, transforme de fait Erdogan en garde-frontières de l’Union et lui donne tous pouvoirs pour déclencher une nouvelle marée humaine vers l’Europe. Il est évidemment difficile d’avouer qu’un tel pacte est noué avec un admirateur d’Hitler.

Mais le silence le plus amusant reste celui de la presse américaine, qui a peu relayé les propos d’Erdogan et a surtout relayé les démentis de la présidence turque après ce dérapage verbal. C’est ainsi que le New York Times a directement titré:

La Turquie dit que le commentaire d’Erdogan sur Hitler a été déformé!

Malheureusement, pour ce quotidien de référence, l’adresse URL de l’article montre bien que le titre d’origine était:

turkeys-erdogan-seeking-a-more-powerful-presidency-cites-hitlers-system.

(La Turquie d’Erdogan à la recherche d’une présidence plus puissante se réfère au système hitlérien)

Le directeur de la publication sera passé par là pour adoucir un titre qui pourrait froisser l’allié turc.

L’islamo-fascisme en Turquie

Cette volonté occidentale de ne pas regarder en face la menace géopolitique qu’Erdogan fait peser sur l’Occident ne manque pas de surprendre. Le Président turc a beau enchaîner les pires méfaits, ses alliés de l’OTAN ne disent rien, et même applaudissent des deux mains.

Depuis plusieurs mois, Erdogan a pourtant joué la carte de la provocation ouverte: arrestations de journalistes, voire emprisonnement ou assassinat d’opposants, attentat suspect durant une manifestation organisée par un parti kurde, répressions sévères de manifestations démocratiques, attaques en règle contre les symboles laïques du pays, rien n’y fait. Nous ne voulons rien voir, et nous refusons d’admettre que le dragon Erdogan est bien plus dangereux pour nos libertés que Bachar El-Assad.

Pire: la Turquie s’est récemment lancée dans une politique de répression farouche contre ses minorités kurdes que les médias subventionnés, en France, passent totalement sous silence. 50 civils en seraient morts pour le seul mois de décembre, mais ce bilan est sans doute plus lourd puisque ces villes sont sous couvre-feu depuis plusieurs semaines.

Pourquoi l’indignation de l’Occident est-elle forte lorsque le laïc Bachar El-Assad est accusé de bombarder des civils syriens, et quasi-nulle lorsque l’islamiste Erdogan pratique la même politique sur son propre peuple?

L’Occident est-il l’allié volontaire d’un bloc islamo-fasciste?

Les dangers présentés par Erdogan sont bien pires encore pour l’Occident. Tout laisse en effet à penser que la Turquie apporte un soutien logistique, voire beaucoup plus, aux terroristes de l’Etat Islamique qui combattent en Syrie.

Ce soutien est apparu à deux reprises.

D’une part, la Turquie abrite probablement les camps d’entraînement de Daesh et favorise ainsi l’efficacité militaire de l’Etat Islamique. Sur ce point, des propos régulièrement rapportés par des journalistes européens en reportage en Turquie laissent peu de doutes.

D’autre part, la Russie n’a jusqu’ici jamais été démentie lorsqu’elle a affirmé de façon répétée que laTurquie favorisait la vente et l’exportation du pétrole de Daesh. Cette protection accordée à l’Etat Islamique constitue un atout important pour la persistance de la menace terroriste.

Sur tous ces points, les dirigeants occidentaux se taisent et font semblant de ne rien voir. Quelques arrestations de terroristes donnent le change et permettent de dissimuler le double jeu d’Erdogan.

La Turquie, épine islamiste dans le pied occidental

On notera que le site Politico a consacré un article aux risques que la Turquie représente pour l’Occident. L’article examine les risques d’un conflit armé entre l’OTAN et la Russie à cause de la Turquie. Il pose notamment cette question:

Why are EU leaders tolerating the Turkish government going to war against the one group that has been successful at fighting ISIL on the ground?

(Pourquoi les leaders européens tolèrent-ils que le gouvernement turc fasse la guerre au seul groupe victorieux au sol dans la lutte contre DAESH?)

Voici une excellente question que nous pouvons, nous aussi, nous poser…

Mon prochain livre le 25 janvier

Je publie un nouveau livre le 25 janvier, aux Éditions du Rocher, intitulé Ne t’aide pas et l’État t’aidera. Il traite de la sécurité sociale… mais il a le bon goût de ne pas multiplier les tirades technocratiques sur le sujet (explications interminables sur des circuits financiers incompréhensibles ou sur une gouvernance ingouvernable mais présentée comme incontournable). Il se concentre plutôt sur les problématiques morales et politiques soulevées par la sécurité sociale française présentée comme la forme obligée de la protection sociale. La sécurité sociale française est-elle l’une des grandes causes du déclin français? Est-elle à l’origine de l’individualisme extrême et de l’abandon du sens des responsabilités qui affaiblit notre pays?

Je reviendrai régulièrement au mois de janvier sur tous ces sujets. D’ici là, ne manquez pas ce petit ouvrage qui devrait divertir les esprits libres.

Un livre sur les racines vichystes de la sécurité sociale

En particulier, je m’y attarde sur les origines historiques de la sécurité sociale: celle-ci est-elle vraiment née en octobre 1945 comme le dit l’histoire officielle? Mon livre vous donnera l’occasion de réviser quelques pans d’histoire savamment maquillée depuis une quarantaine d’années. En réalité, la France de 1945 est loin d’être une terre vierge en matière de protection sociale. La mise en place de la sécurité sociale a beaucoup plus dégradé l’existant qu’elle ne l’a amélioré….

Un livre sur la responsabilité et la mutualité

Avant 1940, la France avait mis en place une logique de protection sociale mutualiste, fondée sur une obligation de protection et une liberté d’affiliation auprès de l’organisme assureur du choix de l’assuré. C’est cette liberté-là que la sécurité sociale a combattue farouchement, jusqu’à la transformer en repoussoir.

Pour quel bénéfice final? notre système hospitalier est moins performant que celui de nos voisins, plus coûteux, et la situation des retraites est sans cesse plus inquiétante.

2016, année de la fin de la sécurité sociale?

Attentats du 13 novembre: les étranges révélations du Monde

Le Monde a publié hier un intéressant récit des événements du 13 novembre. Il est le produit d’une lecture des 6.000 procès-verbaux de l’enquête. Les détails donnés sont vraiment curieux, et posent quand même quelques questions de vraisemblance.

6.000 documents pour le 13 novembre

On posera une question méthodologique de base: comment résumer, même en deux pleines pages, 6.000 documents établis en six semaines d’enquête? La question tient à la fois de la méthode journalistique et de la méthode historique. L’article est signé par trois journalistes, mais comportent peu de renseignements sur la façon dont il a été écrit. Au bas mot, chaque journaliste a eu vraisemblablement peu de temps pour digérer 2.000 documents et en apporter la synthèse à ses collègues avant publication.

Je n’ai aucun doute sur le professionnalisme des journalistes en question, mais enfin, matériellement il est évident qu’ils n’ont guère disposé du temps nécessaire pour faire une lecture raisonnée des documents auxquels ils ont eu accès.

Le 13 novembre et l’énigme du 12

Ces défauts apparaissent dès les premières lignes, lorsque les journalistes soutiennent que les frères Abdeslam se sont mis en route à Bruxelles le 12 novembre à 4h30 en compagnie de Mohamed Abrini pour faire une escale de 10 heures à Charleroi au volant de la Seat retrouvée le lendemain soir à Montreuil et de la Clio retrouvée porte de Clignancourt. La Polo du Bataclan les aurait rejoints, regroupant les trois terroristes du Bataclan et Bilal Hadfi qui s’est suicidé au stade de France.

Ils auraient repris la route vers 16 heures, et seraient arrivés à Paris vers 19h30: les uns à Bobigny, dans un pavillon, les autres à Alfortville, dans un Appart’City.

Cette version pose quand même quelques problèmes sérieux. On se souvient en effet qu’Abrini a été filmé au volant de la Clio le 11 novembre à 19h dans une aire d’autoroute en direction de Paris. La version officielle a toujours affirmé que les caméras de vidéosurveillance avaient permis d’identifier Salah Abdeslam à ses côtés. À en croire le Monde, les deux gaillards seraient donc allés à Paris une première fois dans la soirée du 11, seraient revenus dare-dare dans la nuit du 11 au 12 à Bruxelles, pour repartir le 12 dès 4h30 à Charleroi, y passer 10 heures, puis repartir à Paris où ils étaient la veille à la même heure.

Cette version peut-être vraie, mais elle demande quand même quelques éclaircissements: pourquoi autant d’agitation? Quel pouvait être le but du voyage du 11 novembre? S’il s’agissait de reconnaître les lieux, comme ce fut souvent dit, pourquoi arriver le 12 au soir à Paris alors?

Le 13 novembre et les frères Abdeslam

Autre problème dans la version du Monde: les frères Abdeslam sont réputés s’être trouvés à Paris le 12 novembre au soir. Mais un témoignage recueilli quelques heures après les attentats les situe à Molenbeek ce soir-là. Ils s’y seraient disputés dans la rue, autour d’une histoire d’argent.

Il est vrai que ce témoignage « belge » n’est pas très facile à manier pour la version officielle. Il laisse à penser que Brahim Abdeslam attendait une somme d’argent en échange de sa participation aux attentats. Cette vénalité correspond d’ailleurs assez bien au portrait de ces hommes décrits comme des petits voyous, jouisseurs et désargentés, mais elle percute la version officielle d’un kamikaze épris d’Islam.

Là encore, rien ne prouve que ce témoignage précoce soit vrai. En revanche, il n’est pas expliqué par la version « officielle », qui n’apporte pour le reste aucun élément flagrant de preuve pour le démonter.

La version du Monde attribue en outre à Salah Abdeslam le rôle de convoyeur des kamikazes de Saint-Denis à 21h. Salah aurait quitté Bobigny avec eux à « 20h29 » (c’est précis). On retrouve sa trace avérée vers 22h porte de Clignancourt, où il abandonne la Clio au milieu d’une passage piétons. Que s’est-il passé entre ces deux moments? Rappelons que des témoins oculaires soutiennent qu’il faisait partie de l’équipe qui a procédé à la fusillade de la Belle Equipe, rue de Charonne, à 21h36.

Le 13 novembre et le Bataclan

Autre point surprenant: la version officielle affirme que la Polo qui transporte les assaillants du Bataclan quitte Alfortville à 19h30 pour se rendre à la salle de concert. Là encore, les témoignages recueillis dans les jours qui ont suivi ont soutenu que la Polo s’était garée dès 19h30 rue de Crussol. Plusieurs témoins l’ont vue au même endroit. L’un d’eux a même tenté de la signaler à Police Secours, qui ne répondait pas…

En soi, ce détail n’est pas capital. Simplement, il montre que les 6.000 documents sont loin d’avoir épuisé le sujet de déroulement chronologique des opérations.

Le 13 novembre et ses révélations

On notera néanmoins avec intérêt que le Monde apporte d’importantes précisions sur des événements encore méconnus jusque-là.

Ainsi, la Clio retrouvée porte de Clignancourt est filmée au hall 2C de Roissy le 13 novembre entre 18h20 et 19h20. La vidéosurveillance n’en dit pas plus à ce stade. Mais cette révélation permet de penser que les deux terroristes qui explosent au Stade de France deux heures plus tard, et dont l’identité n’est toujours pas connue, sont « récupérés » par l’équipe qui loge à Bobigny à ce moment-là.

En outre, il est désormais établi qu’à chaque étape des opérations les différentes équipes ont communiqué avec au moins un numéro de téléphone, réservé la veille par Salah Abdeslam, borné en Belgique. Il s’agit probablement du « Souleymane » à qui les assaillants du Bataclan font allusion pendant leur prise d’otage. Ce correspondant mystérieux pourrait être Mohamed Abrini, mais là encore on a du mal à comprendre l’itinéraire de ce suspect (toujours en fuite) qui serait venu à Paris le 11 novembre au soir, en serait reparti de nuit pour rejoindre Bruxelles quelques dizaines de minutes, avant de repartir pour Charleroi et Paris le 12, et qui serait finalement revenu à Bruxelles par ses propres moyens le 13. Cette manie de faire des allers-retours s’agissant d’un homme identifié par la police comme dangereux constituait, pour le moins, une prise de risque importante, surtout s’il devait être le « cerveau » d’attentats aussi importants.

Le 13 novembre et ses silences

Ce qui est gênant dans la version du Monde tient évidemment à la précipitation dans laquelle elle nous est servie, et qui laisse entières des zones d’ombre dont l’importance paraît cruciale.

Premièrement, le rôle exact d’Abrini reste toujours compliqué à comprendre, nous l’avons dit.

Deuxièmement, le Monde explique clairement que deux voitures quittent Bruxelles avec trois passagers en tout: Abrini et les deux frères Abdeslam, dont l’un sort d’une nuit blanche au volant. Quatre autres terroristes les rejoignent à Charleroi dans la Polo, dont Bilal Hadfi, qui vit à Bruxelles (les deux autres sont Français). D’où viennent-ils? Pourquoi Hadfi ne quitte-t-il pas Bruxelles avec les frères Abdeslam?

Troisièmement, dans ce décompte, manquent encore Abaaoud et les deux terroristes non identifiés qui explosent à Saint-Denis. La police ne semble n’avoir aucune information sur l’arrivée de ces trois compères, dont les rôles sont très différents durant les attentats.

Quatrièmement, la police ne sait rien à ce stade sur le cerveau des opérations. Si elle ne conteste plus que ni Salah Abdeslam ni Abaaoud n’étaient pas les commanditaires, elle sèche cruellement sur l’identité de ceux qui étaient au bout du fil, en Belgique, quand les exécuteurs arrivés à Paris passaient leurs coups de téléphone. Ni l’identité de ce « cerveau » ni l’identité du « Juif » dont il est question dans un SMS reçu par un complice belge, Lazez, durant sa garde à vue, ne sont élucidées.

Cinquièmement, le déroulement lui-même des opérations à Paris, à partir de 21h20, comporte encore de nombreuses interrogations. En réalité, la police n’est pas sûre de ce qui s’est passé, et écarte aujourd’hui de nombreux témoignages contredisant sa version pour tenter de conserver des certitudes. Mais, à l’usage, on voit bien qu’on ne sait même pas combien de personnes sont effectivement impliquées dans l’attentat.

2016, année du sursaut français?

Encore aujourd’hui, après une année 2016 épuisante et anxiogène, la France est le pays le plus épicurien du monde industrialisé. C’est d’ailleurs un mystère pour les Anglo-Saxons, que cette puissance industrielle millénaire, qui cultive avec une sorte de perversion un art de vivre fondé sur le plaisir et la consommation gourmande.

Mais nous savons tous que cette étrange construction du bonheur est plus que jamais battue par les flots, et que plus notre réveil sera tardif, plus il sera douloureux, si tant est que nous nourrissions encore l’ambition de retrouver un jour la place qui nous revient.

Les voeux pour 2016 seront ceux-là: à quoi devrait ressembler le sursaut français, en 2016, celui qui nous assurera notre salut?

Qu’en 2016 les Français s’assument enfin comme Français

Commençons par le commencement: les Français doivent choisir entre la soumission dont parlait Houellebecq, c’est-à-dire une sorte de passivité, de confortable résignation au déclin, de dilapidation du patrimoine collectif au nom d’une idéologie de bisounours, d’un côté, et d’un autre côté la farouche détermination à enrayer l’inexorable chute du pays. Une autre façon d’exprimer ce choix est de simplement savoir si nous acceptons que les sexagénaires qui paralysent le pays aujourd’hui doivent avoir les mains libres pour piller la bête et vitrifier toute volonté de reconstruction, ou si nous préférons inventer, avec des gens nouveaux, un autre destin pour notre société.

2016

Cela suppose un choix moral évident. Ou bien, comme je ne sais plus quel journaliste de la gauche bobo, nous nous félicitons de ne plus être un grand pays et nous en jouissons. Ou bien nous faisons l’effort de remettre en cause nos certitudes et nous adoptons notre comportement pour le mettre au niveau de notre patrimoine: celui d’une France que nous avons tant de peine à assumer.

Regarder le déclin économique en 2016 au lieu de le nier

Depuis 2012, François Hollande répète à l’envi que la reprise est imminente. Il ne se passe pas un mois sans qu’un ministre n’annonce le retour de la croissance. Au lieu de considérer l’économie du secteur privé comme un champ d’expérimentation pour la cartomancie, les politiques feraient mieux de regarder les choses en face.

De toutes parts, la coque du bateau France prend l’eau: les lois de finances et de financement de la sécurité sociale ont encore apporté leur lot de réglementation ingérable pour les TPE et les PME de croissance. La pression fiscale décourage la prise de risque entrepreneurial. Le prêt-à-penser majoritaire continue à faire l’éloge du bas salaire à 35 heures au lieu d’encourager le mérite et l’effort.

Sur tous les fronts de l’innovation, le gouvernement Valls a plombé les espoirs. Marisol Touraine a fait une loi anti-big data santé, promettant la France à des décennies de retard sur ses concurrents. La loi Macron fait le jeu des grandes enseignes au détriment de la petite entreprise.

Toutes ces décisions, pas à pas, paralysent le pays. Derrière les postures volontaires de Manuel Valls, la technostructure fait régner une terreur douce, imposant partout des mesures régressives qui mettent les unes après les autres les entreprises françaises sur la pente raide de l’obstacle réglementaire et de la mise en danger socio-fiscale.

Sans un big bang favorable à la création de valeur (la vraie, pas celle des emplois aidés et des bas salaires dont la gauche a le culte), qui passe notamment par un moratoire législatif et réglementaire, la France achèvera de tuer toutes ses entreprises vivantes pour ne conserver que les rentières, dont l’obsolescence est déjà programmée.

Remettre le travail au centre des valeurs de 2016

On pourra tourner du pot autant que l’on voudra, il n’y aura pas de sursaut français sans manches retroussées et sans horaires hebdomadaires supérieurs à 35 heures. Il n’y aura pas non plus de sursaut sans une remise sous tension des forces vives. C’est un grand projet collectif qu’il faut bâtir, pas une virée dans un club de vacances.

Il faudra bien remettre les points sur les « i ». Ce système économique et social qui garantit une quasi-impunité aux enfants capricieux qui s’auto-proclament victimes de l’exploitation et de la violence inhérente au monde capitaliste ne pourra durer éternellement. La grande machine à fabriquer du droit pour les salariés et du devoir pour les employeurs est aussi une grande machine à fabriquer du chômage et de la délocalisation.

2016

Tôt ou tard, il faudra bien abandonner cette logique et accepter de dire clairement que la prospérité ne reviendra qu’avec le travail.

Dans ce grand retour aux valeurs collectives, le sort de la sécurité sociale devra lui aussi être pris en compte. La « Sécu » française protège mal les assurés et coûte très cher. Elle est la grande illusion française: celle qui laisse à penser que chacun peut être protégé par la société, sans prendre sa part à l’effort général.

Sacrifice de l’individu, bien-être collectif

Que l’individu doive apporter à la société s’il veut que la société lui apporte, voilà une vérité simple que les discours sur la solidarité ont pulvérisé. Pour beaucoup de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, une fausse vérité est souvent acquise: les droits du salarié sont d’origine divine et ne supposent aucune contrepartie obligée dans l’exécution du contrat de travail. La société propose, l’individu dispose.

Tant que nous n’aurons pas tordu le cou à cette absurdité, nous continuerons à dilapider le patrimoine accumulé avant nous, et nous ne créerons pas de valeur durable. Il faut avoir le courage de dire que sans sacrifice individuel, il n’y a pas de bien-être collectif. Notre problème est de croire le contraire: l’idéologie de la génération Y consiste bien à croire que le bien-être individuel est un droit et que le sacrifice collectif est la norme.

Nous touchons ici au point dur de la société française dans les trente années à venir.

Le retour de la spiritualité en 2016

Les candidatures massives reçues par l’armée française après les attentats du 13 novembre, comme les nombreuses conversions, paradoxalement, à l’Islam combattant, montrent bien que l’individualisme jouisseur qui domine la société n’épuise pas le désir de vivre dans la jeunesse. Beaucoup de nos jeunes ont envie de dépasser le petit projet de bonheur que leurs parents ont bâtis pour eux. D’autres rêves les animent.

C’est la responsabilité de la République de proposer un nouveau rêve à la jeunesse. On parle beaucoup de laïcité. Mais se limite-t-elle à ne pas interdire, ou porte-t-elle en elle une vision ambitieuse, positive, de la vie en société, fondée sur une augmentation des libertés et une élévation des citoyens dans tous les ordres de l’existence?

Ce combat-là est véritablement le seul qui fera le sursaut français en 2016.

La CSG dégressive trop agressive!

La CSG dégressive ne verra donc pas le jour, puisque le Conseil Constitutionnel vient de l’invalider dans sa décision relative à la loi de finances pour 2016. Cette grande victoire de l’égalité contre l’idéologie populiste de la gauche historique illustre une fois de plus le fossé entre le Parti Socialiste et le travail. Rappelons que les deux inventeurs de l’amendement sur la CSG dégressive ne sont autres que Jean-Marc Ayrault (the come back) et Pierre-Alain Muet, inspecteur général des Finances, qui forment un duo de légende:

 

La CSG dégressive, qui a compris?

Quel que soit le parti pris idéologique de chacun, la fin de la CSG dégressive est une bonne chose parce qu’elle était tout simplement incompréhensible! Votée par 160 députés à l’Assemblée Nationale, voici comment elle était libellée:

« Chapitre III bis

« Versement sur la feuille de paie des salariés.

« Art. L. 8437. – Une fraction de la prime d’activité destinée aux salariés est versée dans les conditions et selon les modalités définies aux articles L. 136-8 du présent code et 1665 bis du code général des impôts. Un décret précise les modalités selon lesquelles elle s’impute sur les versements effectués en application du chapitre III. »

IV. – Après le I de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, il est inséré un I bis ainsi rédigé :

« I bis. – La contribution sociale généralisée mentionnée au I à la charge des travailleurs salariés fait l’objet d’une réduction dégressive au titre et par compensation de la fraction de prime d’activité mentionnée à l’article L. 843-7.

« Le taux de la réduction est calculé chaque mois, pour chaque salarié et pour chaque contrat de travail, en fonction du cumul des revenus bruts mentionnés à l’article L. 136-2 perçus en tant que salarié à raison de l’activité exercée depuis le début de l’année, converti en équivalent temps plein et année entière dans les conditions suivantes:

« 1° Pour les salariés autres que ceux mentionnés au 2° du présent I bis, la conversion résulte de la multiplication des revenus par le rapport entre 1 820 et le nombre d’heures effectivement rémunérées depuis le début de l’année. La conversion n’est pas effectuée si ce rapport est inférieur à un ;

« 2° Pour les agents de l’État et de ses établissements publics, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics et pour les agents des établissements mentionnés à l’article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, travaillant à temps partiel ou non complet et non soumis à une durée du travail résultant d’une convention collective, la conversion résulte de la division des revenus par leur quotité de temps de travail et de la multiplication du résultat par le rapport entre 12 et le nombre de mois écoulés depuis le début de l’année. Il est, le cas échéant, tenu compte de chacune des périodes faisant l’objet d’une déclaration.

« Lorsque le montant des revenus convertis en équivalent temps plein et année entière est égal au salaire minimum interprofessionnel de croissance annuel, le taux de la réduction est égal à 90 % du taux mentionné au 1° du I du présent article. Lorsque le montant des revenus convertis en équivalent temps plein et année entière est supérieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance annuel, le taux de la réduction est égal à 90 % du taux mentionné au même 1°, divisé par 0,34 et multiplié par la différence si elle est positive entre 1,34 et le quotient du même montant par le salaire minimum interprofessionnel de croissance annuel.

« Le taux de la réduction s’applique pour chaque contrat de travail de mois en mois sur le cumul des revenus bruts mentionnés à l’article L. 136-2 perçus en tant que salarié à raison de l’activité exercée depuis le début de l’année. La réduction accordée chaque mois est égale au montant ainsi calculé sous déduction de la réduction accordée les mois précédents à raison de l’activité exercée pour chaque contrat de travail depuis le début de l’année. »

Mais quel esprit malade a bien pu rédiger un texte pareil? Sa simple lecture fleure bon l’Union Soviétique dans ses grandes heures. Si l’on admet l’hypothèse que les bénéficiaires du dispositif sont les plus bas revenus et, statistiquement, les moins éduqués, on ne pouvait pas trouver meilleur texte pour les fâcher avec l’impôt.

Preuve est faite, en tout cas, qu’il existe sur les bancs de l’Assemblée Nationale des élus pour qui la complexité et la technophilie narcissique sont des méthodes de gouvernement. On s’étonnera, après ça, que le Front National devienne le premier parti de France.

La CSG dégressive et la servitude volontaire

L’objectif de la CSG dégressive était d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs salariés bénéficiant d’une rémunération proche du SMIC. On retrouve bien ici l’obsession qui a prévalu sous Jean-Marc Ayrault: ne pas utiliser la fiscalité pour financer les dépenses publiques, mais comme arme de redistribution pour rendre plus confortable la condition de smicard. Cette stratégie sociale-démocrate est bien connue: ne pas réformer la société, ne pas bouleverser l’ordre imposé par la naissance, mais rendre plus supportable le fonctionnement d’une société dont on ne veut pas redistribuer les cartes.

C’est tout le discours de la servitude volontaire: devenir un esclave heureux vaut mieux que faire l’effort d’être un homme libre. Le SMIC oui, mais avec une CSG dégressive! et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La CSG dégressive, sommet de l’inégalité

Bien entendu, les deux compères Muet et Ayrault avaient patiemment effectué la pesée des âmes. Leur machine infernale ne devait pas servir à n’importe quel « petit revenu ». Elle était tout entière dédiée à cette forme moderne de servitude qu’est le salariat. Les autres situations étaient forcément exclues du petit coup de pouce résultant « de la multiplication des revenus par le rapport entre 1 820 et le nombre d’heures effectivement rémunérées depuis le début de l’année », à condition que le résultat soit supérieur à un.

C’est pour cette raison que le Conseil Constitutionnel l’a invalidé: à situations égales, la CSG dégressive ne traitait pas de la même façon les travailleurs salariés et les travailleurs non salariés.

28. Considérant, toutefois, que le bénéfice du mécanisme institué par les dispositions des paragraphes III et IV de l’article 77 est réservé aux seuls travailleurs salariés ou agents publics, à l’exclusion des travailleurs non salariés ; que le législateur a ainsi traité différemment des personnes se trouvant dans des situations identiques dès lors qu’en vertu de l’article L. 841-1 du code de la sécurité sociale sont éligibles à la prime d’activité « les travailleurs aux ressources modestes, qu’ils soient salariés ou non salariés » ; que cette différence de traitement n’est pas en rapport avec l’objet de la loi ; que, par suite et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres griefs, les dispositions des paragraphes III et IV de l’article 77 doivent être déclarées contraires à la Constitution ; qu’il en va de même du surplus de l’article 77, qui en est inséparable

On ne pouvait mieux dire….

La CSG dégressive, une agression sociale

Le Conseil Constitutionnel n’a pas ici souligné le pire: une CSG dégressive, c’est du financement en moins pour la sécurité sociale, compensé par des impositions supplémentaires pour les classes moyennes, et une dégradation des remboursements pour ces mêmes classes moyennes. Depuis 2012, en effet, le gouvernement ne cesse de plafonner les remboursements tout en augmentant la pression sur ceux qui sont peu à peu privés du bénéfice des prestations.

 

Les Belges ont-ils arrêté le cerveau du 13 novembre?

Les attentats du 13 novembre font toujours, en France, l’objet d’une version officielle dont toute la presse se moque. Même l’Express ne cache plus son ironie vis-à-vis des affirmations policières qui attribuent à Salah Abdeslam, le petit fumeur de joint de Molenbeek-Saint-Jean, dans la banlieue de Bruxelles, un rôle décisif dans toutes les opérations de notre vendredi noir. Pendant ce temps, la police belge pourrait avoir fait une prise majeure.

La police française s’obstine sur le 13 novembre

Contre toute attente, la police française s’obstine à défendre des thèses rocambolesques sur le déroulement du 13 novembre. En particulier, elle a pris l’habitude d’insérer Salah Abdeslam dans toutes les zones d’ombre que son insuffisante enquête révèle: convoyeurs des terroristes de Seine-Saint-Denis, il a laissé son ADN sur des armes retrouvées dans la Seat de Montreuil. IL est retrouvé moins de vingt minutes plus tard porte de Clignancourt, au volant d’une Clio noire qu’il gare sur un passage piétons. Il serait ensuite resté pendant une demie-heure sur place (il achète une puce de téléphone dans le quartier vers 22h30) avant de se rendre à Châtillon, où l’un de ses cousins aurait refusé de l’aider.

Cet emploi du temps bien chargé entre en contradiction avec l’ensemble des déclarations rapportées par ceux qui l’ont ramené en Belgique, et par des témoins oculaires qui l’auraient vu se livrer à la fusillade de la Belle Équipe. Mais qu’importe si des témoins infirment la version de la police:

« Ce témoignage est sujet à caution », tempère notre source policière. « Comme tout témoignage humain non corroboré par des éléments objectifs, comme la vidéosurveillance, il reste fragile. »

Et la police française, elle s’y connaît, en matière de preuves et de collectes de renseignements non sujets à caution.

La France aveugle à la radicalisation

Ces mêmes policiers qui contestent les témoignages oculaires devraient tout de même se poser quelques questions sur les méthodes d’investigation et de protection mises en oeuvre dans leurs propres rangs.

Rappelons ici que Samy Amimour, l’enfant de Drancy devenu chauffeur d’autobus à la RATP puis kamikaze au Bataclan, est allègrement passé dans les trous de la raquette policière sans que personne ne s’en inquiète (une affaire d’éléments objectifs probablement!). Entre sa démission de la RATP et son ultime visite au Bataclan, l’intéressé s’était tout de même offert un petit voyage en Syrie avec trois comparses: Samir Bouabout, Charaffe Mouadan et Omar Mostefaï (ce dernier étant l’un des trois assaillants du Bataclan).

En octobre 2014, Amimour aurait persuadé une lycéenne française de le rejoindre en Syrie pour l’épouser. Repéré sur place par les services turcs, il a manifestement pu rentrer en France et y perpétrer un attentat qui a (pour le seul Bataclan) coûté la vie à 90 personnes.

Le 13 novembre et le mystérieux Souleymane

Durant son séjour en Syrie, Amimour aurait fréquenté un certain « Abou Souleymane », qui serait un cadre belge de l’Etat Islamique. Est-ce lui qui, selon une information évoquée par la presse belge mais passée sous silence en France, aurait coordonné l’attentat et se serait trouvé à Paris le soir du 13 novembre, quelque part entre les équipes qui ont frappé à ce moment-là?

Nul ne le sait. En revanche, la police belge soutient avoir arrêté une personnalité-clé dans l’organisation des attentats, dont l’identité n’est pas encore communiquée. Il pourrait s’agir de ce Souleymane.

Pour l’instant, aucune arme, aucun explosif n’a été trouvé dans l’entourage de cette arrestation majeure. En revanche, la police belge aurait mis la main sur du matériel informatique, des tenues d’entraînement de type militaire et du matériel de propagande de l’Etat islamique. C’est déjà un bon début.

Si la personnalité de ce suspect devait se confirmer, elle établirait une fois de plus deux réalités désormais incontestables. Premièrement: l’Etat Islamique s’appuie sur un réseau bien organisé, fourni, agile dont la base arrière se trouve en Belgique. Deuxièmement: les frontières de l’Union sont devenues extrêmement poreuses, et la vague de migrants a largement permis de transformer nos territoires en passoires pour terroristes.

Mais tout cela, l’opinion française n’a pas encore le droit de le savoir clairement.

 

2016: l’année où il faudra choisir son camp?

Si 2015 a incontestablement constitué un tournant dans le monde, notamment avec l’installation de Daesh en première ligne sur la scène géopolitique, 2016 sera-t-elle pire? L’année qui arrive verra-t-elle, dans l’extrême cristallisation des points de vue et des débats déjà en place, s’instaurer un climat délétère des « pro » et des « anti » sursaut collectif?

2016 sous le signe de la Corse?

L’occupation d’un « quartier » d’Ajaccio où avait eu lieu un guet-apens contre les pompiers par des Corses bien décidés à en découdre a eu le mérite de mettre les pieds dans le plat: face à l’éviction dont les pouvoirs publics sont l’objet dans des quartiers où se concentre des populations d’origine maghrébine, comment réagir?

La doctrine en vigueur sur le continent consiste à compter sur les forces de police ou à déménager. Tout le monde sait en effet que la police est totalement inactive dans ces situations. Lorsque tout cela (entendez: ce merdier) sera passé, il faudra bien éclaircir les raisons de cette impuissance. Provient-elle d’instructions officiellement données par une hiérarchie défaillante qui mériterait de gouter à Pole Emploi pendant quelques mois pour retrouver le sens de l’intérêt général? Provient-elle de démissions généralisées dans la maison Poulaga, des plus gradés jusqu’aux plus petits? Faut-il y voir le produit catastrophique d’instructions politiques données par des ministres plus soucieux de leur réélection que de protéger les citoyens honnêtes?

Les mêmes qui, par leurs instructions lénifiantes, font le malheur des « quartiers » sont souvent les premiers à dénoncer les apartheids qui y existent, faute d’autres solutions que la fuite pour ceux qui y habitent.

2016 et l’ordre dans les quartiers

L’ironie de l’actualité veut que déjà circule une vidéo sur une intervention de la police nationale à Pantin. Les agents sont intervenus contre une bande de racailles et la mère de l’un d’eux s’est interposée pour éviter l’interpellation de son fils. Elle a morflé:

 

Cette scène de genre qui ne surprend personne dans les quartiers mérite d’être traitée sur le fond. Ceux qui vivent dans les zones difficiles savent que le retour à l’ordre passe forcément par ce genre d’incidents. J’entends d’ici les bobos des beaux quartiers vilipendés les policiers qui dérapent. Toute la question est là: sommes-nous prêts à assumer les dommages collatéraux imposés par la nécessaire protection des citoyens partout sur le territoire, y compris dans les quartiers à forte minorité, voire à majorité maghrébine?

On peut évidemment répondre « non », mais alors il faut arrêter de déplorer l’existence de ghettos.

2016 et la fierté islamiste

Cette question sera d’autant plus cruciale à traiter que, partout, dans nos rues, nous voyons bien une montée de l’affichage religieux. Le port d’un voile de plus en plus ostentatoire est devenu une composante incontournable de notre paysage urbain. Il s’accompagne d’une revendication politique dont l’expression la plus forte est portée par les islamistes qui considèrent que le terrorisme est une voie normale.

On retiendra ici les propos de l’épouse de l’un des kamikazes du Bataclan, identifié de longue date par les services de renseignement, Samy Amimour.

« Tant que vous continuerez à offenser l’islam et les musulmans vous serez des cibles potentielles, et pas seulement les flics et les juifs, mais tout le monde. » Pour elle, « l’équation est simple: Vous tuez, on vous tue. Bientôt, inch’allah, la France et toute la coalition vont savoir c’est quoi la guerre chez elle. »

Certains imaginent encore, en France, que l’esprit bisounours et l’injonction paradoxale bobo (soyez gentils mais protégez-nous) constituent des réponses appropriées à la menace islamo-fasciste. 2016 risque bien de les mettre au pied de leurs contradictions. Comment gèrerons-nous, sans guerre civile, cette revendication politique issue des minorités tant choyées par la gauche au pouvoir?

2016 et le choix de notre identité

La trêve des confiseurs nous donne déjà une idée de ce qui nous attend en 2016. Le débat sur la déchéance de nationalité nous forcera à nous dire entre nous ce qui fait qu’un Français est vraiment français.

Les propos de Manuel Valls en disent déjà long. Dans tous les cas, il nous faudra faire des choix imparfaits et sacrifier avec eux des idées auxquelles nous tenons, faire alliance avec des gens que nous n’aimons pas, pourvu qu’ils défendent le principal à nos yeux.

Le travail, victime de l’année 2015

La société française est décidément fâchée avec le travail, et l’année 2015 l’a prouvé. Elle a même constitué une sorte de record historique dans la désaffection collective pour cette valeur perçue souvent comme dépassée. Les appellations officielles n’ont-elles d’ailleurs pas systématiquement effacé la notion de travail au profit de celle de « l’emploi »?

Le travail et le chômage

C’est évidemment une lapalissade de dire que l’inexorable montée du chômage est le premier coup bas porté au travail. Pour la seule année 2015, la France est passée de moins de 3,5 millions de chômeurs en catégorie A en début d’année à près de 3,6 millions. En tout, le nombre de demandeurs d’emplois dans cette catégorie a augmenté de 90.000 en 12 mois.

Alors que certains de nos voisins (l’Allemagne, par exemple) connaissent des situations de plein emploi, la France connaît une situation de plein chômage, sur laquelle se brise la parole politique. On se souvient ici des annonces récurrentes de François Hollande sur l’imminent retour de la croissance qui devait avoir raison du chômage. Répétées inlassablement depuis début 2013, ces petites phrases permettent de mesurer le naufrage du pouvoir en place.

La France déteste-t-elle le travail?

Mais au-delà de ces terribles pertes d’emplois, c’est le travail lui-même qui semble en souffrance. Peu à peu, la France a sombré dans l’éloge de l’oisiveté et dans l’horreur du travail. Il suffit d’écouter les déclarations gouvernementales qui convergent toutes dans le même sens.

Il y a d’abord cette haine proclamée de l’impôt sur le revenu, qui rend suspects tous ceux qui ont « de quoi » le payer. Tirer un revenu de son activité est, en France, une posture dangereuse et mal perçue par la collectivité. C’est pour cette raison que Manuel Valls a continué la politique de Jean-Marc Ayrault (mise à mal durant les deux premières années du Nantais): diminuer au maximum la part des Français qui acquittent un impôt sur le revenu.

Derrière ce procès, c’est celui de la réussite individuelle, de l’effort, du mérite, qui est instruit. Vouloir sortir de sa condition par le travail est, sous la gauche, une démarche sujette à caution, à surveillance et même à sanction. Il vaut infiniment mieux se contenter du peu que l’on a et ne surtout pas chercher à le faire fructifier.

Du travail, oui, mais de faible qualité

D’ailleurs, l’une des grandes inspirations de la gauche depuis 2012, après la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, a consisté à développer encore les aides pour le travail peu qualifié, tout en pénalisant le travail qualifié. Ainsi, le pacte de responsabilité a accru cette trappe à bas salaires qu’est la baisse de cotisations pour les rémunérations sous 1,6 SMIC. Si cet effet a été quelque peu corrigé en loi de financement de la sécurité sociale, en revanche, la gauche a encore tapé dans le dur des indemnités de licenciement.

Désormais, le seuil de fiscalisation de ces indemnités est fixé à 80.000 euros, au lieu de 160.000: il ne s’agirait pas que certains petits malins imaginent faire un peu de gras grâce à leur travail… ou à leur licenciement.

Il est bien loin le temps où la CGT se vantait d’arracher des indemnités de licenciement colossales dans les plans sociaux. Désormais, toutes ces négociations ne servent plus qu’à engraisser l’Etat, et certainement pas le salarié qui est mis sur le carreau.

Une débutante au Travail

D’ailleurs, dans la hiérarchie des postes ministériels, le maroquin du Travail est désormais considéré comme un simple poste d’apprentissage. Cette rétrogradation explique la nomination de Myriam El-Khomri sur le fauteuil. Son ignorance sur le sujet est abyssale. Mais François Hollande semble s’en porter très bien.

Au fond, la gauche n’a plus rien à dire sur le travail, si ce n’est qu’il est une dimension ingrate de la réalité politique, à laquelle il faut bien se résoudre, que l’on est bien obligé de traiter, même si on n’y comprend absolument rien.

Réformer le travail ou la paresse?

Au final, c’est tout le drame français: le gouvernement s’apprête à réformer une énième fois le Code du Travail, dans un esprit simple: il doit définitivement devenir le code de la paresse, le recueil interminable des droits et protections du salarié contre les bourreaux qui le condamne à perdre sa vie dans des tâches ingrates, forcément stressantes et inhumaines.

On peut évidemment se demander combien de temps encore cette dérive pourra continuer sans un brutal retour de balancier. Car, pendant ce temps, le nombre d’entrepreneurs ne cesse de diminuer en France, le nombre d’usines aussi, et la désespérance grandit.

Merkel: celle qui a trollé 2015

Un jour, l’Histoire jugera Angela Merkel à l’aune du tribut qu’elle a prélevé sur la planète pour assurer le bonheur des Allemands. Une rétrospective de 2015 permet de donner une première mesure du désastre que la Première allemande constitue pour la collectivité humaine.

Merkel, paneuropéenne et panne européenne

Le premier désastre qu’Angela Merkel représente pour l’Europe est celui de son « paneuropéisme », c’est-à-dire de sa conviction qu’elle peut tout en Europe, et que l’Europe lui doit tout. Sur ce point, les conséquences les plus douloureuses sont probablement les moins connues des citoyens.

Par exemple, Angela Merkel a pensé que ses éleveurs de vaches tireraient profit d’une suppression des quotas laitiers. Sans que personne n’y prenne garde, l’Allemagne a donc imposé à l’Europe une dérégulation du marché laitier au 30 mars 2015. Dans le même temps, l’Allemagne a attisé une politique de sanctions contre la Russie, dont les mesures de rétorsions ont consisté à bloquer les importations agricoles venues d’Europe (10% des débouchés européens).

Grâce à cette brillante politique, les filières bovine et laitière ont connu une crise de surproduction en Europe, qui a frappé de plein fouet les éleveurs français… et n’a finalement pas épargné les éleveurs allemands.

La stratégie allemande, qui est en fait une non-stratégie et une série de choix à courte vue, explique largement la faillite communautaire à laquelle 2015 a donné lieu. Merkel, ce n’est pas la PanEurope, mais la panne de l’Europe.

Merkel exige tout de la Grèce

Au chapitre des méfaits les plus connus de Merkel dans la gestion interne de l’Europe, on citera évidemment sa désastreuse gestion de la crise grecque, qui a transformé le continent en un champ de foires aux caprices teutons. Alors que l’Allemagne s’est montrée très tolérante dans l’application des règles à ses provinces ethniquement proches (les Etats baltes, la Slovénie, qui ont tous bénéficié de régimes de faveur pour entrer dans la zone euro), Merkel affublée de son sinistre Dr Schaüble ont pris plaisir à infliger diverses humiliations aux Grecs.

Certes, le duo Tsipras-Varoufakis n’avait pas forcément besoin d’aide pour mener les Grecs dans le mur (cette capacité d’auto-destruction ayant suscité une grande admiration de la part des thuriféraires français du Front de Gauche). Il n’en reste pas moins que Merkel a mené une sorte de croisade extrême contre les Grecs qui avait tout du deux poids deux mesures.

Durablement, le spectacle de cette mise au pilori a convaincu de nombreuses opinions publiques en Europe que l’édifice communautaire agissait à sens unique: au bénéfice ultime de l’Allemagne, sans considération des souffrances infligées aux peuples des marches.

Merkel impose une suicide migratoire

Cet acharnement contre la Grèce a trouvé une issue particulièrement grotesque lorsque, mimant une fausse générosité, Merkel a annoncé son désir d’accueillir 800.000 migrants en Allemagne durant l’année, bousculant au passage la règle de la demande d’asile dans le premier pays d’accueil. Ce signal a fait l’effet d’un cataclysme: dans une parfaite complicité avec l’islamiste turc Erdogan, Merkel a donné le coup d’envoi d’une interminable épopée de réfugiés Syriens vers Munich.

Les raisons de cette folie n’ont échappé à personne: l’Allemagne est épuisée par le plein emploi et a besoin de main-d’oeuvre qualifiée pour assurer sa croissance. Les Syriens constituaient les acteurs idéaux de cette farce qui se joue au détriment des autres nationalités, pour lesquelles le nombre d’expulsions a doublé. La terrible ironie veut d’ailleurs que les Bavarois parquent leurs migrants dans le camp de Dachau.

German chancellor Angela Merkel drinks beer during a political Ash Wednesday meeting of her Christian Democratic Party, CDU, in Mecklenburg-Western Pomerania , in Demmin, eastern Germany Wednesday Feb. 13, 2013. The so-called 'Political Ash Wednesday' is a day when the German political parties traditionally rally their supporters and deliver fiery speeches (AP Photo/dpa, Stefan Sauer)
German chancellor Angela Merkel drinks beer during a political Ash Wednesday meeting of her Christian Democratic Party, CDU, in Mecklenburg-Western Pomerania , in Demmin, eastern Germany Wednesday Feb. 13, 2013. The so-called ‘Political Ash Wednesday’ is a day when the German political parties traditionally rally their supporters and deliver fiery speeches (AP Photo/dpa, Stefan Sauer)

Face aux colonnes des ces hères dépenaillés qui se sont formées d’Istanbul à la frontière autrichienne, Merkel n’a pas hésité à imposer à la Grèce la création en urgence de camps de réfugiés, après avoir saigné le pays aux quatre veines.

Dans la foulée, elle a imposé de nouveaux transferts de souveraineté, conduisant à la création d’un corps de garde-frontières européens, menaçant de sanctions économiques les membres de l’Union qui refusent d’accueillir les migrants appelés par l’Allemagne, et obligeant à négocier l’adhésion de la Turquie à l’Union.

Merkel est-elle responsable de la vague terroriste?

Si l’on admet que le terrorisme de Daesh a bouleversé l’équilibre mondial cette année, alors il faut s’interroger sur la responsabilité d’Angela Merkel dans la précipitation des événements.

Premier point: il est quand même étonnant que l’Allemagne ne soit pas la cible du terrorisme islamiste… Peut-être la bonne entente historique entre l’Allemagne et la Turquie, et plus encore peut-être la bonne entente entre Angela Merkel et Erdogan expliquent-elles beaucoup de choses.

En attendant, je ne puis m’empêcher de me souvenir des propos tenus par le ministre souverainiste grec Kammenos en mars 2015:

« Si l’Europe nous lâche en pleine crise, on l’inondera de migrants, on leur distribuera des papiers valides qui leur permettront de circuler dans l’espace Schengen. Ainsi, la marée humaine pourra se rendre sans problèmes à Berlin. Et tant mieux si, parmi ces migrants, se trouvent des djihadistes de l’État islamique »

On ne pouvait pas mieux résumer les événements qui ont suivi: l’Allemagne n’a pas lâché les Grecs, et les Grecs ont laissé des terroristes en grand nombre.

Il suffit de suivre l’enquête sur les attentats du 13 novembre pour comprendre notre douleur…

Merkel, la dominatrice de Hollande

Le drame de l’Europe dans cette affaire est au fond le produit du hasard. Lorsque Merkel avait un Sarkozy face à elle, elle avait un contrepoids. L’arrivée de Hollande a renforcé l’Allemagne par l’affaiblissement de la France. Notre Président velléitaire et en adoration permanente face à la domination féminine a livré le continent tout entier à la folle rigidité germanique.

German Chancellor Angela Merkel (R) and her husband Joachim Sauer arrive to take a bath in the swimming pool of the Aphrodite Terme in the coastal town of Sant'Angelo d'Ischia on the southern Italy's Island of Ischia during their Easter holiday on March 31, 2013. AFP PHOTO/MARIO LAPORTA

Paradoxalement, Hollande en redemande: le projet de gouvernement budgétaire européen nous achèvera et subordonnera définitivement les souverainetés (ou ce qu’il en reste) nationales aux diktats tudesques.

Merkel, ou l’Europe de la Stasi

Pour comprendre le problème qui se pose à une Europe dominée par Angela Merkel, il faut accepter de sortir des visions historiques à trois balles que nous impose notre élite décadente, selon laquelle l’histoire de l’Humanité raconterait l’émergence linéaire et simpliste d’une technocratie sage et bisounoursienne, et dont l’édifice communautaire serait une manifestation institutionnelle. En creusant un peu, on se rappelle forcément qu’Angela Merkel est la fille d’un pasteur hambourgeois qui a choisi, en 1954, de s’installer en Allemagne de l’Est. Eh oui! en pleine guerre froide, en pleine tension entre les deux Europe, la famille Merkel est passée de l’autre côté du mur. Angela elle-même y a mené une très belle carrière universitaire avant la chute du Mur.

Merkel

Autant dire que, depuis son arrivée au pouvoir, Merkel a fondamentalement changé la nature du projet européen. L’esprit libre et libéral qui y prédominait auparavant a soudain beaucoup mieux assumé ses relents d’ordre international de type soviétique: un centre, un « Grand Frère » dirige, commande, et les satellites obéissent.

Ajoutons que, dans cette affaire, 2015 a permis de savoir que les services secrets allemands espionnaient tous leurs voisins européens pour le compte de la CIA… et pour leur propre compte, bien entendu.

Mais voulons-nous de cette Europe-là?

Journal de guerre: ça se Corse pour Hollande

Les derniers événements en Corse constituent, pour Hollande, une sorte de laboratoire de ce que pourrait être un pays gouverné par une caste obsédée par son maintien au pouvoir sans considération de l’intérêt général.

La Corse et l’imposture nationaliste

Lorsque, par les mécanismes électoraux ineptes des élections régionales, les nationalistes ont pris le pouvoir dans l’Assemblée de Corse, personne ne pouvait imaginer la malhonnêteté avec laquelle ces bandits de grand chemin trop longtemps tolérés en démocratie allaient immédiatement utiliser un pouvoir bien mal acquis.

Rappelons que la liste du nouveau président de l’Assemblée corse a recueilli 24.600 voix au premier tour, soit même pas 11% des inscrits. Celle de Talamoni a obtenu 10.300 voix, soit moins de 5% des inscrits au premier tour. La fusion de listes a permis de faire passer tout ce petit monde à près de 53.000 voix, soit moins de 25% des inscrits, et moins de 50% des votants. C’est avec une si faible majorité que les nouveaux occupants du pouvoir ont décidé de fouler au pied la souveraineté française en prononçant, dans une totale apathie du pouvoir central, leurs discours d’investiture en patois local.

S’il fallait une preuve de l’affaiblissement colossal dont souffre l’autorité publique en France, elle est ici donnée avec brio.

La Corse pousse son avantage

De façon encore plus impressionnante, les Corses, se sentant pousser des ailes, ont décidé de mettre le doigt dans l’engrenage de la Terreur locale. Après un guet-apens hallucinant tendu à des pompiers dans un quartier sensible d’Ajaccio, six cents personnes, que les nationalistes locaux prétendent ne pas connaître, ont mené une expédition punitive en reprochant au pouvoir central de ne pas avoir empêché l’embuscade de la veille.

On rêve! là encore, lorsque le nationalisme corse s’exprimait par des cagoules et des rassemblements nocturnes armés, personne en Corse ne trouvait à redire à l’impuissance nationale. Arrivés au pouvoir, ceux-là même qui dénonçaient toute ingérence policière extérieure se mettent à pleurnicher sur l’absence d’ingérence. Qu’il ne se trouve personne, au gouvernement, pour remettre ces mauvais coucheurs au pas est une preuve supplémentaire de notre décadence.

La Corse et son climat de haine

Il suffit de lire la une de Corse Matin pour comprendre que l’appel à la haine et au désordre, loin d’être étranger à l’imposture nationaliste sur l’île, en est un élément constitutif. Entre Ajaccio et Bastia, l’heure est à la vengeance, et même aux vengeances tous azimuts. Ces insulaires qui geignent sur leur sort, se victimisent à longueur de journée, mais évitent de se demander pourquoi ils n’ont jamais financé le développement des transports intérieurs quand l’île compte plus d’aéroports internationaux par habitant qu’aucun autre territoire au monde, ont désormais un intérêt objectif: consolider leur position électorale en instaurant un régime de terreur.

Là encore, on se demande comment un François Hollande uniquement obsédé par sa réélection trouvera suffisamment d’intelligence politique pour conserver l’unité nationale.

La Corse et l’impuissance du pouvoir central

La situation en Corse a un mérite: elle dévoile ce qu’est la tendance asymptotique de la décentralisation. Des strates successives d’autonomie corse n’ont en rien réglé le problème du nationalisme. Malgré les avantages fiscaux à profusion, malgré la tolérance pour le banditisme fiscal, malgré des subventions à tour de bras (aux aéroports, à la SNCM, etc.), malgré une surfonctionnarisation de l’île, la minorité nationaliste n’en a jamais assez.

Le schéma de la Corse, c’est celui que l’ensemble de la France suivra dans les années à venir: toujours plus de droits locaux, toujours moins d’obligations nationales, toujours plus de subventions, toujours moins de prospérité collective.

Le désordre français et la tentation centrifuge

L’implosion cachée du pouvoir central depuis 2012 n’arrange évidemment pas la situation. L’arrivée des nationalistes à la tête de l’exécutif local en a constitué la preuve flagrante. Le gouvernement est incapable de formuler un projet politique pour enrayer la tentation centrifuge qui s’est emparée de l’opinion française.

Nous aurions bien tort, toutefois, d’incriminer les Français et les Corses. Les premiers responsables de la route ne sont autres que les aristocrates parisiens totalement décadents, obsédés par leurs privilèges, sourds aux appels du pays, et qui le mènent à la catastrophe.

La Corse montre-t-elle le chemin d’une guerre des religions?

Au-delà des aspects de politique interne qui ne manquent pas de poser de nombreuses questions sur le destin français, le saccage d’une salle de prières par une foule de manifestants en colère, sous le coup d’une émotion plus ou moins spontanée, réalise la grande peur du moment. La France peut-elle basculer, comme tente de l’en convaincre les barbares de l’Etat Islamique, dans une guerre de religions?

Certains craignent ouvertement le premier attentat anti-musulman: la mosquée qui brûle, la « vendetta » aveugle et suffisamment marquante pour qu’elle soit vécue comme un symbole d’agression collective contre la communauté islamique de France. Nul ne sait, ce jour-là, dans quelle aventure la France basculera, à quel désordre elle sera promise, ni quelle sera l’issue de ce désordre…