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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

L’arithmétique pré-révolutionnaire du Front National

Les élections régionales constituent un séisme majeur dans le paysage politique français, même si les partis de gouvernement s’efforcent (PS en tête) d’en minimiser l’impact. Les sondages avaient annoncé une victoire du Front National: c’est un raz-de-marée qui se produit, et qui aggrave brutalement le constat déjà préoccupant qui pouvait être dressé sur l’état de la société française. Dans la pratique, la France confirme l’entrée, qu’on pressentait après la manifestation du 11 janvier, dans une situation pré-révolutionnaire, que quelques chiffres permettent d’illustrer.

56% des électeurs du FN se sont abstenus

Contrairement à l’idée répandue selon laquelle l’abstention (50%) aurait profité au Front National, en sanctionnant surtout les partis de gouvernement, l’enquête IPSOS sortie des urnes suggère que l’abstention a touché le Front National dans les mêmes proportions que les autres partis: 56% pour le Front National, 55% pour le PS, 57% pour la droite classique. La victoire du Front National ne tient donc pas à une différence ponctuelle de mobilisation. Elle est beaucoup plus profonde et beaucoup plus systémique que les états-majors de partis institutionnels ne voudraient le faire croire.

De ce point de vue, pour les institutions de la Vè République, le défi est désormais de taille: les années électorales à venir pourraient très bien amplifier le phénomène électoral auquel nous avons assisté. La mobilisation des abstentionnistes ne changera pas forcément la donne.

6 millions de voix pour le Parti Socialiste

Avec une abstention à 49% et 24% des suffrages exprimés, le Parti Socialiste représente désormais moins d’un huitième des électeurs français, soit environ 6 millions de voix. Pourtant, le Parti Socialiste détient une majorité de sièges à l’Assemblée Nationale. Comment continuer à gouverner avec une si faible légitimité politique? La question est ouverte et se posera forcément à l’occasion des prochaines réformes qui ont un impact fort sur les libertés publiques. Le gouvernement est-il encore légitime pour violer les Droits de l’Homme en instaurant ou en prorogeant l’état d’urgence? Le gouvernement peut-il modifier la Constitution avec une si faible crédibilité collective?

Toutes ces questions se poseront avec d’autant plus d’acuité que le Front National s’est opposé à la loi sur le renseignement et ne se montre pas très enclin aux mesures d’urgence.

12 millions de voix pour les partis de gouvernement

À eux deux, les partis de gouvernement (Socialiste et Républicains) totalisent bon an mal an 12 millions de voix, soit un quart de l’électorat français. Là aussi, pour les institutions de la Vè République, cette situation constitue à la fois un défi et une menace. Comment trouver une quelconque légitimité aux débats de l’Assemblée Nationale quand ceux-ci se déroulent entre des élus avec une si faible légitimité électorale.

Il suffit de voir l’indifférence pour les débats budgétaires en cours: le poids de la représentation nationale, que ce soit à l’Assemblée ou au Sénat, n’est plus suffisant pour structurer le débat public.

La République est-elle une affaire d’initiés ou de profanes? La réponse à cette question dans les mois à venir sera cruciale.

Le FN, première force politique chez les jeunes

Selon l’enquête Ipsos à la sortie des urnes, le Front National est désormais la première force politique chez les moins de 24 ans. Avec un tiers des intentions de vote dans cette catégorie, le parti de Marine Le Pen s’installe, en réalité, comme un parti d’avenir qui devrait ringardiser pour longtemps les partis de gouvernement.

C’est probablement le chiffre le plus gênant pour les « partis en place ». Il pose la question de la résilience: comment imaginer de rebattre les cartes, quand les générations qui accèdent au droit de vote sont d’ores et déjà convaincues par le parti traditionnellement considéré comme le plus extrémiste de la vie politique?

2 régions pour un Front Républicain

Face à ces évidences arithmétiques fortes, les partis de gouvernement semblent tétanisés et bien décidés à reprendre les affaires comme avant et comme si de rien n’était. Est-ce la marque d’une incapacité à évoluer? ou le fait d’une cécité tenace dont la finalité est difficile à cerner? Toujours est-il que Jean-Christophe Cambadélis, grand expert en combinazioni électorales, a annoncé hier la retrait des listes socialistes dans deux régions: dans le Nord-Picardie et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Pourquoi dans ces deux régions seulement, et pas partout en France, dans les situations où la gauche est en troisième position?

Incontestablement, ce genre de calculs nourrira le sentiment que le Parti Socialiste est décidément incapable de prendre une ligne politique claire et préfère systématiquement les stratégies compliquées et opportunistes.

Une suite difficile à gérer

On mesure ici l’écart qui sépare les attentes de plus en plus radicales et « carrées » de l’électorat d’un côté, et les pratiques pour ainsi dire congénitales des partis de gouvernement. Ceux-ci vont désormais affronter une longue période de pouvoir (un an et demi) où leur légalité est incontestable, mais leur légitimité très écornée.

Nul ne sait où cette pente glissante peut mener le pays.

Attentats: quelle est la marque de la voiture de Charonne?

Le mode opératoire des attentats du 13 novembre soulève encore beaucoup de questions, comme la difficulté à retrouver les armes automatiques avec lesquelles les terroristes barricadés à Saint-Denis ont tenu tête aux forces de l’ordre pendant six heures le mercredi suivant.

Les lecteurs assidus de ce blog le savent, une question particulière attire l’attention: la vraisemblance du parcours en 15 minutes seulement depuis le Petit Cambodge, face à l’hôpital Saint-Louis, dans le 10è arrondissement, jusqu’au Comptoir Voltaire, proche du 12è arrondissement, par une seule équipe qui aurait eu le temps, un vendredi soir, de s’arrêter 4 fois pour mitrailler méticuleusement pas moins de 5 terrasses.

En particulier, selon la version officielle, les mêmes terroristes auraient mitraillé la terrasse de la Bonne Bière et du Casa Nostra à 21h32, se seraient enfui (selon les fameuses images vidéo vendues au Daily Mail à prix d’or) par la rue de la Fontaine-au-Roi, ce qui constitue le trajet le plus long, qui les condamnait à traverser l’interminable carrefour Oberkampf – République, et auraient pu arriver à 21h36 par le sud de la rue de Charonne pour mitrailler la terrasse de la Belle Equipe. Ce trajet, là encore, suppose d’arriver par l’avenue Ledru-Rollin, et donc de franchir le carrefour de la place Léon Blum en arrivant par l’avenue Parmentier. Pour des gens pressés, redisons-le, ce parcours n’est absolument pas rationnel.

Pour en avoir le coeur net, voici les indications données par Google Map sur un trajet plus court que celui choisi par les terroristes:

Le trajet présenté en couleur par Google Map est plus court que celui utilisé par les terroristes
Le trajet présenté en couleur par Google Map est plus court que celui utilisé par les terroristes

Google Map indique que, sans circulation, il faut 7 minutes au minimum pour effectuer un trajet plus court que celui que les terroristes auraient mis 4 minutes (et même moins si l’on regarde le minutage de la caméra du Casa Nostra) à parcourir un soir de circulation… Rappelons que les quartiers dont on parle sont les plus animés de Paris le vendredi. En l’occurrence, les terroristes se sont offerts le luxe de faire un détour par l’avenue Ledru-Rollin pour arriver par le sud-ouest de la rue de Charonne, ce qui est encore plus compliqué…

Il se trouve qu’un véhicule de transport avec chauffeur (VTC) disposait ce soir-là, rue de Charonne, d’une caméra qui a filmé la scène. France 2 lui a consacré un reportage reprenant les images tournées à cette occasion.

Ahmed chauffeur de VTC témoin de l’horreur

Je lance ici un appel à tous les pros de l’amélioration des images vidéos pour vérifier que le véhicule qui apparaît sur le film est bien une Seat Leon noire, celle qui aurait être retrouvée le lendemain de l’attentat à 23h30 à Montreuil par exemple.

Voici les photos individualisées que j’ai pu succinctement retirer de l’enregistrement:

AttentatsAttentatsAttentats

La voiture de la rue de Charonne
La voiture de la rue de Charonne

Je suis sûr qu’on peut obtenir une meilleure définition et vérifier que cette calandre est bien celle d’une Seat Leon…

Une Seat Leon en plein jour
Une Seat Leon en plein jour

Ajoutons que, selon la version officielle, les terroristes ont mis environ 3 minutes pour se rendre ensuite au Comptoir Voltaire où, à 21h40, Brahim Abdeslam activait sa ceinture d’explosifs. Là encore, le trajet Google Map montre que, sans circulation, il faut au minutes 5 minutes pour parcourir ce trajet:

Attentats

Dans l’hypothèse où la version officielle se vérifierait, l’équipe de la Seat Léon aurait accumulé ce soir-là plusieurs improbabilités statistiques… surtout si l’on admet que la voiture aperçue sur la vidéo ne semble pas se presser pour arriver à destination…

 

Cambadélis, l’ami du communautarisme

Cambadélis, le Premier secrétaire du Parti Socialiste, est-il, le Philippe Moureaux français, du nom du bourgmestre socialiste de Molenbeek qui a transformé sa commune en forteresse islamiste? Pour les mêmes raisons que Philippe Moureaux, celle d’une facilitation de sa réélection, lui et ses amis politiques du 19è arrondissement sacrifient-t-ils plus ou moins discrètement les idéaux républicains au profit d’une démagogie religieuse dont les effets pervers sont de plus en plus dramatiques?

Cambadélis et les années de sang

Il faut écouter les déclarations pleines de componction de Cambadélis sur les « années de sang » qui arrivent. A l’entendre, c’est une calamité qui nous tombe du ciel et contre laquelle nous ne pouvons rien. C’est presque aussi beau que du Victor Hugo. Comme la presse qui l’invite sur ses plateaux appartient généralement au service public, les journalistes ne se sentent évidemment pas le droit de lui poser les questions qui fâchent. La première tombe sous le sens: les attentats de Charlie Hebdo ont été commis par la cellule des Buttes-Chaumont, dont le député est… Jean-Christophe Cambadélis. Que pense le député local de la montée de l’islamisme dans sa circonscription et quelle mesure propose-t-il, à part une guerre en Syrie, pour la juguler?

Curieusement, ce sujet n’est jamais abordé. Pourtant, les habitants de sa circonscription (dont l’auteur de ses lignes) se posent quand même quelques questions sur la façon dont leur député instrumentalise de fait la montée du communautarisme pour faciliter sa réélection aux législatives, qui se fait désormais à 70% des voix au second tour.

Cambadélis et sa circonscription

Rappelons quelques vérités sur ce qu’est la circonscription de Cambadélis.

Elle se caractérise d’abord par un premier record: les étrangers y représentent plus de 17% de la population, soit le double de la moyenne nationale. Comme les statistiques ethniques n’existent pas, ni religieuses d’ailleurs, le chiffre sous-estime la réalité. Dans la pratique, la circonscription de Cambadélis est majoritairement non-chrétienne, avec une forte population arabo-musulmane et une importante communauté israélite. Il suffit d’aller place des Fêtes pour voir l’étroite imbrication spatiale entre les écoles juives et les musulmans.


Cambadélis

De ce point de vue, Cambadélis peut d’ailleurs se féliciter d’une vraie réussite collective: les incidents sont plutôt rares et les relations entre communautés sont harmonieuses.

La question est de savoir à quel prix, et surtout au prix de quel renoncement républicain cette harmonie est obtenue.

Cambadélis et les religions

Compte tenu des silences statistiques existant, en France, sur les « minorités », il faut bien pallier comme on peut les vides officiels par des estimations approchées.

Côté Islam, la circonscription de Cambadélis n’est pas celle qui, à Paris, compte le plus de mosquées (elle abrite temporairement la mosquée de la rue de Tanger, en travaux, qui était fréquentée par les frères Kouachi), mais elle est probablement celle qui compte le plus de salles de prières. Elles doivent être au nombre de 7. La circonscription mitoyenne de Christophe Caresche en compte une seule.

Côté judaïsme, la circonscription ne comporte que deux synagogues, mais la communauté présente est plutôt traditionnelle et d’origine séfarade. Elle est donc marquée par l’orthopraxie et soucieuse de préserver une identité bien différenciée.

En outre, la circonscription inclut le nord de la rue de Belleville, où la population chinoise est importante.

Côté catholiques romains, la circonscription compte une petite dizaine d’églises. Statistiquement, il existe donc moins de lieux de culte catholiques que d’autres religions. Ceci n’est pas un indicateur démographique fiable, mais ces courtes statistiques montrent bien que l’espace public est largement multiple et que le poids des communautés y est important.

Tous ces éléments se traduisent par une réalité électorale simple: les communautés sont incontournables dans le vote de l’arrondissement.

Cambadélis et l’apartheid français

On aurait pu penser que, face à ces constats, le député de Paris et Premier Secrétaire du Parti Socialiste joue de son influence passée, actuelle et future pour modérer un état de fait porteur de risques. Le caractère très « populaire » et peu boboïsé de certaines zones de la circonscription s’explique en effet par une très forte concentration de logements sociaux, dont voici la carte en 2002, c’est-à-dire à l’arrivée de la gauche au pouvoir à Paris.

Les logements sociaux à Paris en 2002
Les logements sociaux à Paris en 2002 – source: APUR

Comme la carte le montre très bien, la circonscription de Cambadélis, qui longe Les Lilas, le Pré-Saint-Gervais (commune de Bartolone), Pantin et Aubervilliers, dans le pourtour Nord-Est de la ville, est constituée d’une proportion de logement sociaux supérieure à 20% (zone de couleur la plus foncée), le minimum obligatoire. Les zones où les logements sociaux représentent 100% des logements sont nombreuses, comme dans les ensembles Curial par exemple.

On aurait donc pu penser que, dans le souci de lutter contre l’apartheid dénoncé par Manuel Valls, la gauche et ses décideurs s’entendent pour ne pas accélérer la paupérisation de ces quartiers en y limitant au maximum la construction de nouveaux logements sociaux.

La carte des opérations conduites depuis 2002, produite par l’APUR, prouve pourtant le contraire:

Les logements sociaux à Paris depuis 2002 - source: APUR
Les logements sociaux à Paris depuis 2002 – source: APUR

 

Les petits points verts correspondent aux opérations les plus sociales, et les points oranges aux opérations de logements mixtes. Comme la carte le montre, 13 ans de gauche à Paris se sont accompagnés d’une paupérisation accrue des quartiers déjà appauvris. La circonscription de Cambadélis a fait l’objet de très peu d’opérations mixtes et d’une écrasante majorité d’opérations très sociales, qui visent à ancrer l’arrondissement dans une composition sociologique favorable au député sortant.

On comprend quelle mécanique se met en place: les amis de Camba lui contruisent de nouveaux ensembles où il peut loger des gens au profil qui vont bien et qui voteront comme il faut.

Cambadélis et le chômage

Au passage, ces choix sociologiques assumés, qui consistent à paupériser des quartiers déjà frappés par une forte proportion de logements sociaux, a quelques conséquences évidentes. Par exemple, le taux de chômage dans le 19è arrondissement (la statistique n’existe pas par circonscription, alors qu’elle serait intéressante à lire…) dépasse les 15%, quand il est à 10% en moyenne nationale, et de 8% à Paris dans son ensemble.

La circonscription de Cambadélis est une longue suite de logements sociaux
La circonscription de Cambadélis est une longue suite de logements sociaux

 

Deux fois plus de chômage dans les HLM de Cambadélis que dans le reste de Paris, et aucune réponse, aucune solution sur le sujet, voilà tout un programme! Pour le Français qui connaît mal Paris, c’est probablement un sujet secondaire. Mais si l’on se souvient que la circonscription de Cambadélis compte environ 120.000 habitants, on mesure tout de suite que les enjeux démographiques sont ceux d’une grosse ville de province, et ils prennent brutalement une autre dimension.

Cambadélis et la laïcité

Dans une circonscription aussi mélangée ethniquement et religieusement, et aussi marquée par le logement social, Cambadélis a un problème qui s’appelle la laïcité. Une grande partie de la population qu’il représente à l’Assemblée Nationale a en effet une perception pour le moins lointaine et ne se sent pas toujours obligée de militer activement en sa faveur. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le documentaire qui montre les frères Kouachi dans un programme social se passe dans la circonscription: avec des statistiques un peu plus précises, on pourrait mesurer la forte proportion de décrocheurs scolaires, de filles voilées et de petits délinquants dans cet espace qui a fait la carrière du Premier Secrétaire du Parti Socialiste.

On ne sera donc pas étonné de voir la duplicité de Cambadélis sur le sujet: d’un côté, des déclarations nationales très républicaines, de l’autre, une pratique locale qui s’accommode fort bien d’un communautarisme aveugle grâce auquel la réélection est assurée. Les Belges appellent ça la technique Moureaux.

Des repas de substitution pour les Chrétiens

C’est ainsi que, dans le jardin d’enfant fréquenté par ma fille, le porc n’est jamais servi aux enfants. Si la structure ne sert pas de viande hallal, en revanche, elle a pris le parti de ne jamais servir de porc. Les Chrétiens en sont donc quitte pour demander un repas de substitution qui soit conforme à leurs traditions. Il est d’ailleurs assez étonnant de voir que, en pleine crise de la filière viande en France, les équipements parisiens ne fassent pas acte de patriotisme, uniquement pour faire plaisir aux communautés qui font l’élection du député.

Dans le même temps, les femmes voilées de pied en cap ont un parfait droit de cité dans la crèche. En violation des dispositions sur la laïcité, elles sont en effet autorisées à pénétrer dans les locaux avec des signes religieux ostentatoires. Je ne parle pas ici des petits voiles à la con comme nos grands-mères en portaient en allant à la messe. Je parle de Hijab qui tombent jusqu’aux pieds.

L’assommoir pour les classes moyennes et supérieures

Dans le même temps, on aura noté que l’attribution d’une place dans une structure subventionnée par la Ville se transforme, dans la circonscription de Cambadélis, en un parcours vexatoire qui permet de mesurer la discrimination négative qui s’exerce au détriment des populations réputées non favorables au système Camba. En tant que petit patron, par exemple, j’ai dû présenter un Kbis, ce qui est normal, mais aussi « une facture récente de l’entreprise pour prouver qu’elle existe bien ».

C’est évidemment beaucoup plus simple de demander une place en crèche quand on perçoit une allocation de la CAF: les formalités sont plus simples. L’autre avantage, quand on émane de la CAF, est celui du prix: alors que la crèche me coûte 800 euros par mois, elle est gratuite pour ceux qui ne travaillent pas.

On voit comment la règlementation nationale est, dans la circonscription de Cambadélis, interprétée pour inciter les classes moyennes et les indépendants à partir. Soit tu dépends de l’aide sociale ou tu es fonctionnaire et tout est facile pour toi. Soit tu appartiens à la classe dangereuse de ceux qui travaillent et parlent couramment le français, et tout devient très compliqué. D’ailleurs, tu paies l’impôt sur le revenu, c’est bien la preuve que tu es suspect.

Cambadélis et le communautarisme

Sans surprise, certains membres du Parti Socialiste se sont inquiétés des dérives communautaristes de Cambadélis, celles qu’ils connaissent et qu’ils voient derrière les grandes déclarations d’intention du Premier Secrétaire. Par exemple, au mois de mai dernier, Cambadélis avait imprudemment accepté de participer au dîner du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF). Il y a finalement envoyé la porte-parole du PS, Corinne Narassiguin. Ce petit clin d’oeil au communautarisme avait été attaqué par des membres du Bureau National du PS.

Le CCIF dénonce l’islamophobie d’Etat en France, et appartient à la mouvance de Tariq Ramadan.

Quel est le lien entre Cambadélis et la lutte contre l’islamophobie d’Etat? Sa circonscription, où le député peut librement fermer les yeux sur un communautarisme qui lui assure son avenir politique.

Ou comment transformer une circonscription en Molenbeek sur Seine.

Attentats: la piste de la 4è équipe se confirme

Les derniers rebondissements dans l’enquête sur les attentats de Paris accréditent de plus en plus la thèse (soutenue sur ce blog) d’une 4è équipe de tueur le soir de l’horreur. Dans tous les cas, les interpellations qui se suivent montrent que les attentats sont le fait d’une véritable organisation qui a patiemment tissé sa toile.

Abaaoud en France dès septembre

Selon Valeurs Actuelles, repris par le Figaro, Abaaoud, tué à Saint-Denis et probable coordonnateur des attentats du 13 novembre, serait arrivé en France deux mois avant les attentats, c’est-à-dire en septembre, dans le flot des réfugiés venus de Syrie. Les services de renseignement le pensaient encore en Syrie à ce moment-là.

Toujours selon Valeurs Actuelles, son frère Younès, âgé de 15 ans, serait venu en France pour venger son frère.

Qui a trouvé le logement de Saint-Denis?

La police française a arrêté un suspect dans les Hauts-de-Seine, Mohamed S., qui aurait servi d’intermédiaire entre Hasna Aït Boulahcen et Jawad Bendaoud. Cet intermédiaire aurait donc permis aux terroristes de se replier à Saint-Denis le mardi soir suivant l’attentat.

Qui a payé le logement de Saint-Denis?

Grâce aux services hongrois, la police française a pu identifier le probable financeur de la location de Saint-Denis. Il s’agirait d’un homme détenteur d’une carte d’identité au nom de Samir Bouzid, contrôlé à la frontière entre l’Autriche et la Hongrie en compagnie de Salah Abdeslam, qui conduisait une voiture de location, le 9 septembre.

Ce prétendu Samir Bouzid aurait versé 750 euros depuis un bureau de Western Union, dans la région bruxellois, le mardi 17 novembre à 18h, à Hasna Aït Bouhlacen. Il a été filmé par les caméras de surveillance à cette occasion.

Le troisième homme…

Lorsque Salah Abdeslam est contrôlé à la frontière austro-hongroise, en septembre 2015, il voyage en compagnie de Samir Bouzid et d’un certain Soufiane Kayal, qui a loué une maison à Auvelais, en Belgique (près de Namur). La police belge l’a perquisitionnée le 26 novembre.

Le quatrième homme…

En outre, la police belge est toujours à la recherche de Mohamed Abrini, filmé le 11 novembre au volant de la Clio noire qui a servi à une partie des terroristes, conduite le soir des attentats par Salah Abdeslam. Les informations sur ce quatrième homme semblent extrêmement parcimonieuses…

La quatrième équipe?

Soufiane Kayal, Samir Bouzid, Mohamed Abrini formaient-ils, en tout ou partie, la quatrième équipe dont il est matériellement plus que plausible qu’elle ait été nécessaire à la bonne exécution des fusillades? Rappelons ici que plusieurs témoignages accréditent l’hypothèse d’une Mercedes noire utilisée par les terroristes de la Belle Equipe, rue de Charonne, différente de la Seat utilisée pour perpétrer les fusillades proches de la place de la République.

On notera que les services de renseignement hongrois prétendent qu’Abdeslam aurait recruté, cet été, des migrants arrivés à la gare de Budapest pour monter les attentats…

Amimour s’entraînait avec la police

L’un des assaillants du Bataclan, qui s’est fait exploser au cours de l’assaut par les forces de l’ordre, et qui fut en son temps chauffeur d’autobus à la RATP, présente une autre particularité. Il a eu le bon goût d’apprendre le maniement des armes en 2012 dans un stand du 18è arrondissement, près de la porte de la Chapelle, exploité par l’Association Nationale de Tir de la Police (ANTP). Son passage dans ce club semble avoir été de courte durée…

D’où viennent les armes des attentats?

Les armes utilisées pour les attentats seraient des Kalachnikov améliorées: des fusils d’assaut M70, fabriqués en Serbie au cours des années 80 ou 90. Une fois de plus, les Balkans semblent donc au coeur de la logistique terroriste.

Le détail de ces livraisons d’armes ne manquera pas d’intéresser… La police allemande soupçonne un trafiquant du Bade-Wurtemberg de 24 ans d’avoir effectué l’opération.

 

Journal de guerre: brutale dégradation géopolitique

La petite planète Terre vient d’enregistrer une brutale dégradation géopolitique qui ne manque pas d’inquiéter sur la suite des événements. Les astrologues diraient volontiers qu’une mauvaise conjonction astrale donne à l’actualité une apparence et une atmosphère très négatives. Jusqu’où ira cette dangereuse pente glissante?

Poutine arme l’Iran contre la Turquie

Lors de son discours sur l’état de la fédération, Poutine a tenu des propos extrêmement menaçant vis-à-vis de la Turquie, qui démentent la perception angélique dominante en France sur la situation. Poutine a répété son accusation sur l’enrichissement personnel dont les dirigeants turcs profiteraient en vendant le pétrole de Daesh. A propos de la destruction d’un Sukhoï 24 par la chasse turque il y a une dizaine de jours, Poutine a en outre déclaré:

Seul Allah sait pourquoi ils ont fait ça. (…) Probablement Allah a-t-il décidé de punir la clique au pouvoir en Turquie en la privant de son bon sens et de sa raison. (…) Si certains imaginent que l’on peut commettre des crimes de guerre, tuer notre peuple et partir quitte, en subissant seulement un blocus sur les importations de tomates, ou quelques restrictions sur des projets de construction ou d’autres industries, ils vont être déçus. (…)

Du coup, la Russie a décidé d’équiper l’Iran de son système S-300 de lutte anti-missiles, une protection qui annihile les effets d’une menace nucléaire venant… de Turquie ou d’Israël. C’est évidemment une décision qui déstabilise le précaire équilibre au Moyen-Orient, et qui pourrait précipiter Israël dans une coalition avec la Turquie contre la Russie.

géopolitique

Les Turcs ne s’y sont pas trompés. Ils se sont empressés de présenter leurs condoléances aux familles après la mort des pilotes qu’ils ont abattus.

Déni de l’Allemagne sur la stratégie saoudienne

Le gouvernement allemand a officiellement désavoué une note confidentielle des services secrets (envoyée à quelques journalistes) mettant en garde contre la politique étrangère du roi d’Arabie Saoudite. La note, d’une page et demie, affirme que le roi Salman cherche à se construire une réputation de leader du monde arabe par une politique d’intervention militaire contre l’Iran, qui est porteuse de forts risques de conflits.

Le gouvernement Merkel a affirmé publiquement que cette note était un tissu de fadaises et que le régime saoudien était exemplaire.

Même en Allemagne, le déni devient une religion d’Etat quand l’odeur sulfureuse de l’argent du Golfe embaume les allées du pouvoir!

Le dangereux krach financier en Europe

A l’issue des décisions de politique monétaire communiquées hier par Mario Draghi, les marchés européens se sont effondrés. Le CAC 40 a gentiment perdu 3,5% en une journée, ce qui s’appelle couramment un krach boursier. Pourtant, Draghi a renforcé l’intervention de la BCE sur les marchés pour relancer l’inflation. Mais les annonces ont déçu: les marchés voulaient une augmentation des volumes d’intervention sur les marchés, et ils ne l’ont pas obtenue.

On voit bien le terrible chantage financier auquel la BCE est soumise aujourd’hui: soit elle accélère la perfusion financière en faveur des banques, soit les investisseurs votent avec leurs pieds en retirant leurs avoirs.

Fracture entre l’Europe et les Etats-Unis

L’effondrement des marchés s’explique aussi par l’annonce de Janet Yellen, présidente de la FED, d’un prochain relèvement des taux.

« Janet Yellen a expliqué que plus les taux tarderont à remonter, plus les effets risquent d’être brutaux. Cela laisse donc peu de doutes sur ses intentions à court terme ».

Au moment où l’Europe maintient sa politique d’assouplissement quantitatif, les Etats-Unis annoncent donc interrompre la leur à partir de décembre. En apparence, cette décision technique paraît anodine au tout venant. Elle est pourtant stratégiquement très gênante. L’Europe ne rémunère plus les liquidités. Celles-ci vont quitter le marché européen dès que les Etats-Unis retrouveront des taux positifs.

Financièrement, les Etats-Unis vont donc étrangler l’Europe. Les conséquences de cette décision sont encore difficiles à calculer, mais le premier krach subi hier en dit long sur les risques à venir. L’une des conséquences directes de cet effet de ciseau entre les taux européens et les taux américains sera douloureux pour les finances publiques: les taux d’emprunt souverains devraient monter en flèche pour suivre la concurrence américaine.

Dans les six mois, les doutes sur la solvabilité de la France devraient agiter fortement les marchés… Et Dieu seul sait ce qui en sortira.

L’implosion de l’Union se poursuit

Parallèlement, l’Union Européenne poursuit sa discrète descente aux enfers. Les Danois ont majoritairement voté « non » à un renforcement de l’Europe judiciaire. Dans ces conditions, on voit mal comment le processus de Schengen pourrait durer. D’ailleurs, chaque pays n’en fait qu’à sa tête. Les Belges renvoient les migrants en Hongrie à tour de bras. Les Slovaques introduisent un recours en justice contre les quotas de migrants. Les élections de dimanche en France devraient donner lieu à une percée spectaculaire du Front National, qui demande la fin de l’Union.

Toutes ces nouvelles extrêmement positives laissent planer une inquiétude sur les impasses politiques multiples auxquelles l’Europe se heurte aujourd’hui. On voit mal quelle peut en être l’issue pacifique.

La France face à l’iceberg FN

Est-ce un effet du réchauffement climatique? Un immense iceberg appelé FN (Front National pour les intimes) s’est détaché de la calotte glaciaire et vient à la rencontre du paquebot France. La collision, annoncée de longue date et prévue dimanche, pourrait se révéler très périlleuse, voire létale.

L’iceberg FN vient du Nord

Vendredi dernier, je déjeunais à Valenciennes avec PM, bien connu du mouvement mutualiste, qui me faisait retour sur le ressenti des décideurs nordistes face à la victoire assurée de Marine Le Pen. Les ressentis sont toujours compliqués à décomposer. Ce jour-là, j’ai entendu un sentiment d’inexorable, la volonté de taire la panique qui existe dans les rangs des élus, chez les Républicains comme chez les Socialistes, et la perception qu’une aventure commence, dont l’issue est imprévisible.

Il me semble avoir écouté ce qui n’était pas dit: personne n’est véritablement surpris, et personne ne conteste vraiment la rupture qui existe entre la nomenklatura locale et le peuple.

Pourquoi l’iceberg FN vient du Nord

Dans ce déjeuner, j’ai répété mon antienne: les gens du Nord n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Dans nos belles terres grasses de Picardie et de Flandre, le sentiment républicain est profond. Le fédéralisme est l’ennemi. Le Nord défend peu ses intérêts régionaux auprès des élites parisiennes. Celles-ci se sont largement appuyées sur des voyous pour gérer leur fief: les Kucheida, les Dallongeville, ont mis la région en coupe réglée.

Dans le sud-ouest, le fédéralisme a donné lieu aux mêmes travers de corruption, mais les élus se sont mobilisés pour obtenir des avantages en nature. Le fédéralisme français, appelé décentralisation, s’est traduit par la construction d’aéroports dans des zones désertiques: Pau, Tulle, Brive-la-Gaillarde, Périgueux, et j’en passe. Les Girondins ont tiré profit de la fédération, les Nordistes en ont tiré des pertes. L’iceberg FN a fait boule de neige de ces frustrations, de ces spoliations, de ces rancoeurs. La France est ingrate avec ses peuples qui ont fait nation, et elle récompense volontiers ceux qui font sécession.

La France oublie à tort qu’elle envoyait les armées du Nord pour régler les problèmes lorsque les revendications locales prenaient trop d’importance. Ce fut le cas lors de la croisade cathare, comme sous Louis XVI.

L’iceberg FN et la crise

Partout le climat est mauvais. Il suffit de marcher dans Paris pour voir quel restaurant, plein à chaque service il y a un an, est au bord de la faillite aujourd’hui. Il faut regarder ces commerces vides, ces enfants qui dorment à même le sol, dans le froid, ces vieux qui errent en mendiant quelques sous, cette morosité générale, pour comprendre que quelque chose se prépare, inconsciemment, spontanément. Le grand ras-le-bol tient les esprits.

Mieux vaut le FN que le chômage…

L’iceberg FN délie les langues

Partout, j’entends les langues se délier. C., qui est consultante dans un cabinet bien connu, me dit qu’elle votera FN parce qu’elle en a assez des guignols qui nous dirigent. Elle en connaît (même intimement) certains et n’a aucune estime pour eux. A., cadre supérieur dans la fonction publique, me glisse que, dans sa banlieue, la population change. « Les Bretons partent et cèdent la place à des voisins qui ne mangent pas de porc mais qui perçoivent tous des allocations. »

FN

Ces phrases-là étaient inimaginables à ce « niveau social » il y a un an encore. Parfois, c’est à la levée des tabous qu’on mesure la dégradation d’une situation.

Les digues cèdent devant l’iceberg FN.

La nomenklatura toujours en plein déni

Il n’y a plus guère que la nomenklatura pour se cacher les évidences. Non, l’arrivée de l’iceberg n’est pas aléatoire. Non, elle n’est pas le fait d’un populisme malsain. Elle reflète l’exaspération des Français devant l’impuissance des politiques. On pourrait imaginer des politiques incapables de changer les choses mais qui en tirent les conséquences en passant la main. La France sombre peu à peu sous le poids d’une élite qui se sait impuissante et qui sabre le Champagne en y pensant.

Nul ne sait jusqu’où le rejet de cette élite peut pousser le pays. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu.

Face à l’iceberg FN, la nomenklatura fait bloc

Ce matin, Julien Dray, invité de France Inter, tirait encore les mêmes cordes usées: le vote FN n’est pas sérieux, pas conforme à l’intérêt général, bla-bla, bla-bla. Julien Dray, lui, est un homme sérieux. Il collectionne les montres à 200.000 euros, et se roule dans la fange partisane depuis 30 ans sans le moindre bienfait pour le citoyen. Un superbe bilan qui lui permet de donner des leçons de démocratie.

Combien sont-ils, à monopoliser les postes depuis trente ans, à s’auto-proclamer seuls gens de qualité, et à avoir précipité la faillite du pays? Il leur suffirait d’ouvrir les yeux pour voir que le premier carburant de l’iceberg, c’est la décadence des officiers sur le paquebot France.

L’iceberg FN dissous au canon à eau?

Avec une absurde concentration de tirs, les thuriféraires de la décadence se sont rassemblés pour tirer au canon à eau sur l’iceberg à l’approche. Pierre Gattaz a soutenu que le FN, c’est la revalorisation du SMIC, dont la mort de l’économie française. Bravo! S’il manquait encore des voix à Marine Le Pen pour atteindre les 30%, Gattaz les lui a apportées sur un plateau.

Laurent Berger, lui aussi, y est allé de sa rengaine. Excellente idée! Marine Le Pen n’a plus à argumenter pour expliquer que le système est « contre elle ». C’est le système qui fait le boulot à sa place.

Hollande face à l’iceberg FN

Pour François Hollande, la montée du FN est pain béni. Elle asphyxie la droite classique et convainc la gauche qu’il faut s’unir dès le premier tour. Ce calcul digne de la France de Mitterrand fascine. Hollande croit-il vraiment que la France n’a pas changé en 30 ans? Il est probablement convaincu que, dans un duel face à Marine Le Pen au second tour, il gagnerait haut la main comme Chirac en son temps.

Quelle folie! Rien ne prouve que les électeurs de Nicolas Sarkozy préfèrent Hollande à Marine. Mais c’est la vieille illusion des élites selon laquelle le FN ne peut pas gagner qui est à l’oeuvre. Cette vérité d’il y a 30 ans se vérifiera-t-elle dans un monde imprévisible où la crise frappe comme une faucheuse?

PS et Islam – la France doit-elle suivre l’exemple belge?

Je publie aujourd’hui UNE LETTRE OUVERTE DU SOCIALISTE BELGE MERRY HERMANUS sur la question de la gestion locale par le parti socialiste d’outre-quiévrain, incluant la question du communautarisme. Elle me paraît mériter quelques réflexions identiques en france…

Lettre ouverte au Président du PS et aux Membres de la Fédération Bruxelloise

Je t’écris cette lettre, tu la liras peut-être si tu en as le temps.
Mince alors ! En traçant ces lignes, je me rends compte que je commence mon courrier comme débute la chanson « le déserteur » de Boris Vian.  Pourtant, crois-moi, je n’ai nullement envie de déserter notre vieille maison commune le PS, même si aujourd’hui elle m’apparaît ressembler au  «  grand corps à la renverse » dont parlait Sartre.  Mais Sartre s’étant trompé sur tout, l’espoir nous est donc permis…ouf !  J’ai d’autant moins envie de fuir notre Parti que je t’adresse une série de propositions qui, je pense, pourraient peut-être nous permettre de retrouver nos racines.

Permets-moi d’insister, ce qui va suivre ne concerne que le PS bruxellois, je ne connais pas assez la situation en Wallonie pour me prononcer à son sujet.  Je ne peux cependant m’empêcher d’évoquer la situation de la social-démocratie en Europe, car selon une formule classique en politique belge « tout est dans tout et inversement. »

Cher Elio, le dossier publié récemment par « le Vif » provoque de nombreuses interrogations, des doutes, des remous, décille les yeux.  Pourtant, il ne fait que la synthèse de ce que j’observe depuis longtemps.  Nombreux sont ceux que je rencontre qui estiment que l’article,  pourtant déjà très interpellant, est bien en dessous de la réalité.  Tous me disent leur malaise devant l’évolution de la fédération à la fois quant au mode de fonctionnement interne, plus particulièrement, quant à son évolution idéologique au niveau de la défense des valeurs constituant la colonne vertébrale du Parti et, de façon symptomatique la laïcité.

CE QUE L’ON N’A PAS VOULU VOIR !

Démographie et  Géographie sont des éléments évidents, déterminants, simples à observer, s’imposant de facto à tout décideur politique ou économique, pourtant nombreux sont ceux à Bruxelles qui ne prennent conscience « des terrifiants pépins de la réalité » qu’avec un étonnant retard.  Pourtant, si une chose est bien faite en région bruxelloise, ce sont les statistiques.  Certains, depuis longtemps croisent les données fournies par Actiris, la région, le ministère de l’intérieur, la Santé etc.  Ce qui se produit depuis dix ans à Bruxelles est une véritable explosion démographique, laquelle se poursuit encore aujourd’hui.  Les conséquences sont multiples, souvent catastrophiques vu l’absence de perspectives et de prévisions.  Or, beaucoup de ces désagréments étaient évitables.  Mais force est de constater que malgré notre présence quasi permanente à la tête de la région depuis 1988, rien n’a été entrepris, rien n’a été anticipé !  Il est inutile d’accabler les individus mais il faut rappeler que Picqué, disposant d’un charisme exceptionnel et d’une présence au pouvoir d’une durée tout aussi exceptionnelle, n’a rigoureusement rien fait, se contentant de commander une multitude de plans aussi divers que variés…et coûteux !  Rudi ss, en six mois de présence, malgré un environnement insidieusement hostile à la tête de l’exécutif, sans tambours ni trompettes a été plus efficace que Picqué en vingt ans.

POURQUOI CETTE NON GESTION ?

Indépendamment de facteurs personnels liés à la personne du ou des ministres présidents qui se sont succédé, se contentant de durer plutôt que de gouverner et prévoir, la vraie question est de savoir si la région de Bruxelles est institutionnellement gouvernable.

L’invraisemblable usine à gaz mise au point par Dehaene et Moureaux ne pouvait fonctionner que sur base d’une loyauté régionale réciproque entre Néerlandophones et Francophones.  Or, les ministres flamands ont dès le début été très clairs, leur loyauté était d’abord et avant tout flamande.  Certains de ces ministres ont été d’une particulière franchise en ce domaine, franchise assez rare en politique pour être soulignée.  A de très nombreuses reprises, Brigitte Grouwels, ministre CVP a lourdement insisté pour souligner son lien indéfectible à la Flandre et le fait que Bruxelles n’avait qu’à se soumettre !  Que dire alors de son attitude en conseil des ministres.  D’autres, plus hypocrites, ont eu la même attitude.  Comment dans ces conditions tenter la moindre gouvernance avec un exécutif composé de huit ministres, dont trois Néerlandophones dont chacun peut bloquer en totalité le fonctionnement d’une  tuyauterie crachoteuse. Le gouvernement est donc constamment coincé entre des exigences ou des blocages flamands et les élucubrations stupides de l’un ou l’autre ministre comme Smet n’hésitant pas à forcer la décision pour obtenir l’érection d’une piscine sur le canal, mobilisant ainsi vingt-cinq millions d’euros ! On y échappera de justesse.  Une analyse fine des ordres du jour du gouvernement suffirait à démontrer la triste vacuité de son fonctionnement.

A cela s’ajoutent les aléas du mille-feuilles institutionnel bruxellois.  La région compte un peu plus d’un million cent cinquante mille habitants, elle se découpe en dix-neuf communes, dix-neuf CPAS, plusieurs dizaines de sociétés de logement sociaux, un parlement de quatre-vingt-neuf députés ( sur l’élection desquels je reviendrai ) une VGC, une COCOM, une COCOF, une multitude d’O.I.P économiques ou sociaux… et j’en oublie.  La région pourrait gagner pas mal d’argent en faisant breveter son puzzle institutionnel, en le commercialisant comme ce fut le cas du Monopoly en 1930 ; certain qu’il y aurait là une niche à exploiter !  Tout observateur objectif ne peut que conclure que l’usine à gaz est bonne pour la casse, plus rien ne fonctionne correctement, tout le monde le sait, tout le monde le constate…mais nombreux sont ceux qui en vivent.  L’exemple du cadre linguistique de la région est emblématique, cassé pas moins de trois fois en suivant par le Conseil d’Etat, il fut chaque fois représenté quasi tel quel par le gouvernement bruxellois dans la mesure où les Flamands exigent une part de 29,77% des emplois alors que cela ne correspondait nullement aux comptages des dossiers effectués en vertu de la loi !  Comment dans ces conditions exiger le dynamisme de la fonction publique régionale.  Mais voilà, la petite classe politique bruxelloise vit… et fort bien, de ce fouillis d’institutions disparates mais  juteuses.  Comment demander à cette foule d’élus de toutes sortes, communaux, sociaux, régionaux, mandataires de généreux OIP de se faire hara-kiri ?  Impensable !  Mais en attendant…

LA PAUPÉRISATION.

Il y a un étonnant parallèle à faire entre le bourgeonnement, l’incroyable foisonnement institutionnel de Bruxelles et l’évolution des revenus dans la région.  Les courbes sont parfaitement inverses, plus les institutions régionales se multiplient, se diversifient, plus la courbe des revenus des habitants de la région s’effondre !  La part bruxelloise dans le PIB national s’est effondrée.  L’analyse des statistiques, quel que soit le domaine, démontre une paupérisation qui se lit à l’œil nu dans les différents quartiers de la région.  Les Bruxellois sont de plus en plus pauvres, les problèmes sociaux s’accumulent, s’aggravant année après année, se multipliant sans cesse.  Depuis la fin des années septante, la classe moyenne payant l’impôt a voté avec ses pieds, quittant la région.  Elle a été remplacée par une population d’infra-salariés, d’assistés sociaux à l’avenir professionnel de plus en plus problématique.  On objecte toujours à cela le taux de création d’emploi, le plus élevé du pays… ce qui est exact.  Mais les Bruxellois n’en bénéficient pas !  Il y a près de sept cent cinquante mille emplois à Bruxelles, plus de deux cent mille sont occupés par des Flamands et plus de cent cinquante mille par des Wallons.  Ces navetteurs génèrent des coûts considérables pour la région… mais payent leurs impôts dans la commune de leur domicile.  Si on recourt à une analyse plus fine, il apparaît que les cadres supérieurs sont majoritairement des navetteurs.  Pour nettoyer les bureaux, il reste des Bruxellois !

Les derniers chiffres du baromètre social bruxellois synthétisent parfaitement ces questions.  On y découvre que près d’un tiers des Bruxellois vit sous le seuil de  pauvreté, soit avec moins de 1085 euros par mois.  La moyenne belge se situe entre 14 et 16 %.  Donc à Bruxelles, c’est près de trois fois plus de gens qui se trouvent sous ce seuil fatidique. Or, ces statistiques prennent en compte : les revenus, le travail, l’instruction, la santé, le logement et la participation sociale.  Si le PIB à Bruxelles est de 61.899 euros pour 26.183 en Wallonie et 35.922 en Flandre, ce n’est que parce que 50 % de emplois sont occupés par des navetteurs.  Enfin, et cela n’étonnera personne, 23,50 % des Bruxellois perçoivent une allocation ou un revenu de remplacement ; ce chiffre est en progression de 1,6 % par rapport à 2013.  Le pire est que cette chute vertigineuse des revenus bruxellois se poursuit sans discontinuer depuis les années septante.  Jamais on n’a pu observer le moindre redressement.  Une véritable descente aux enfers…Mais qui n’émeut personne.  Les exécutifs se succèdent, les ministres se suivent tout sourire, les programmes électoraux s’effeuillent, les promesses se multiplient… s’envolent… mais la seule courbe de croissance est celle de la misère !  Une question doit se poser, cette région telle qu’elle est institutionnellement constituée est-elle gouvernable ?  Est-elle viable ?  La réponse, évidente pour tous, est clairement non !

Cette situation n’a pas seulement un impact social, elle y a aussi d’importantes conséquences urbanistiques.  La région est structurée, façonnée, dessinée, et cela se comprend, pour faire face à cette arrivée journalière de ce flot de Flamands et de Wallons ; charge considérable pour Bruxelles, sans commune mesure avec les contreparties chichement concédées à la région par le fédéral qui plus est, les oriente souvent sans tenir compte des intérêts bruxellois. Il n’est pas rare que des mandataires bruxellois s’entendent dire par des auteurs de projet désignés souverainement par le pouvoir fédéral : « il faut que vous bruxellois commenciez à vous adapter ! »  Ah ! bon s’adapter mais à quoi !  Oserai-je le penser…à une administration d’occupation !

Posons-nous la question de savoir pourquoi il n’y a pas à Bruxelles de péage comme à Londres ou à Stockholm ?  Ce sont de splendides réussites.  La région de Bruxelles est le cas typique  où cela devrait être appliqué !  Eh bien non !  Cela déplaît.  Pardi, on l’aurait juré.  Ni les Flamands, ni les Wallons n’en veulent !

Comment ne pas évoquer certains aménagements aberrants.  Mais dans la mesure où le pouvoir à Bruxelles est parcellisé, il n’y a pas de dialogue, le rapport de force étant toujours défavorable aux bruxellois.

Quand la ville de Bruxelles décide de faire un piétonnier, l’impact sur toute la région est évident… mais dans les autres communes pourtant largement influencées par cette décision, on fait autre chose, on regarde ailleurs ! Le bourgmestre de Bruxelles n’a pas de véritables interlocuteurs.

Les chiffres du chômage, même flattés, ne laissent aucun doute, non seulement sur la paupérisation mais, et c’est beaucoup plus grave, sur sa perpétuation, sa constante augmentation.  Le taux de chômage est le plus élevé à Bruxelles, pour ce qui concerne le chômage des jeunes il atteint l’effroyable record de 30 %, 40 s’il faut croire les chiffres du VOKA.  Ne soyons pas dupes, les baisses dont il est question récemment sont le fruit des dernière mesures gouvernementales, sur lesquelles je n’ai pas le cœur de m’appesantir… il «  saignerait ! »  Je n’évoque pas le chômage des femmes dans ces mêmes quartiers, il dépasse les 45 %.

On le sait, en démocratie il y a deux légitimités.  D’abord celle des urnes, le suffrage universel.  A Bruxelles, ces principes fondamentaux sont clairement violés, le nombre de voix pour élire un Néerlandophone est nettement inférieur à celui nécessaire pour élire un Francophone. Résultat, parmi les élus flamands certains le sont avec quelques centaines, voire quelques dizaines  de voix… et deviennent ministres alors qu’ils ne sont les élus que d’un nombre infime d’électeurs de la région.  Peut-on encore parler de légitimité ?  Les élus flamands au parlement bruxellois ont moins de légitimité démocratique que le gagnant d’un concours de la télé-réalité.  Mais il est un autre critère de légitimité, celui-ci beaucoup plus subtil, c’est celui de la réussite dans l’action.  Or, on l’a vu, la région est sinistrée au plan social, la courbe est descendante depuis les années septante, le tissus urbain se dégrade sans discontinuer, la mobilité est chaotique, l’engorgement est généralisé et fait rire l’Europe, la paupérisation galopante, l’enseignement sinistré, l’insécurité croissante etc.  De cette légitimité là aucun politique bruxellois ayant siégé dans l’exécutif ne peut se prévaloir.  Peut-on en vouloir aux citoyens qui se désintéressent, se détournent de la vie politique, rejoignent la horde grandissante clamant le « tous pourris, tous incapables. »
Ne serait-ce l’étonnante médiocrité parfois jusqu’au pathologique des rares représentants de l’extrême droite, le triomphe serait lui assuré.  Un journaliste de « Libération » a, il y a quelques temps osé faire publiquement ces constatations … quels cris, quel scandale… c’était pourtant la triste vérité.

Bien sûr on dessine sur le sol des voiries, des pistes cyclables, les communes élaborent des plans de circulation aberrants, les bobos seront comblés, il y a les stupides journées sans voiture.  L’idéal de certains n’est-il pas de faire de Bruxelles une réserve d’indiens, d’indiens pauvres, assistés socialement, ficelés électoralement, habillés de lin écru, mangeant des légumes bio, déféquant dans des toilettes sèches, se déplaçant à vélo, n’utilisant pas de GSM, végétaliens et surtout ne se reproduisant pas… on viendra les voir en car comme les Flamands le font déjà qui visitent avec un guide, prudence quand même, le quartier maritime de Molenbeek ou Matonge !  « Pensez donc, beste vrienden, à une heure de Gand, à quarante-cinq minutes d’Anvers, l’exotisme, le pittoresque chaleureux, bruyant de l’Afrique à Matonge ; le frisson de l’inquiétante Casbah à Molenbeek, l’étrangeté des femmes voilées, les hommes barbus en djellaba…comme là-bas dis…, tout un monde. N’oubliez pas de bien vous laver les mains en rentrant à Gand ou à Anvers…dans ces coins de Bruxelles, on ne sait pas ce qu’on peut y rencontrer ! Ebola, malaria, maladies tropicales, djihadistes »   Ah ! Un détail, oh ! une toute petite chose,  ils vivront de quoi ces « indiens » Bruxellois… oui au fait, de quoi vivront-ils ?  A moins que les visiteurs les plus audacieux ne leur lancent , « à ces sujets de zoo humain, » quelques trognons de maïs…quelques chèques repas…les voir manger pourrait être drôle non !

ET LE PS !

Le malaise est perceptible partout.  D’abord il y a le doute,  peut-être le mensonge lourd, irrémissible ; chacun sait que le leadership est assumé par quelqu’un qu’on accuse, à tort ou à raison, de ne pas réellement habiter à Bruxelles, qui donc ne respecterait pas un aspect essentiel de la vie politique, à savoir, subir ce que vivent ceux qu’on est sensé représenter, défendre.  Ce doute a déjà été lourd de conséquence, il le sera encore demain !  La relation avec le citoyen en est dès l’abord viciée.  Il s’agit là d’une faute impardonnable, inconcevable.  Elle n’est possible que parce que les militants, force d’impulsion, de proposition mais aussi de contrôle, n’existent plus.

Pendant des décennies, les listes électorales étaient établies sur base de pools.  C’était connu de tous, les tricheries ne manquaient pas, les uns bourraient les urnes, les autres modifiaient les scores.  Néanmoins, les formes étaient respectées, la démocratie restait un objectif…parfois lointain, j’en conviens !  On ne pouvait pas tout se permettre !  Ensuite vinrent les comités des sages puis s’abattit l’obscurité totale, le rideau de plomb ; une étonnante alchimie préside maintenant à l’élaboration des listes d’élus ; il n’est plus question de comité des sages mais d’un comité secret, c’est là qu’on agite le shaker d’où sortira le breuvage qui sera servi aux électeurs.  Les résultats sont connus d’avance, la bouillabaisse comprenant une dose massive de Belges issus de l’immigration, logique vu la démographie de la population et de filles ou de fils de…ainsi naît sur les navrants décombres d’une idéologie une nouvelle aristocratie, dont les fiefs sont constitués d’une masse d’électeurs d’origine étrangère, un cheptel sur lequel on règne sans vergogne. Moderne féodalité… totale rupture avec une idéologie à l’allure d’astre mort !  La presse avait relevé lors des dernières élections cette présence massive des fils et filles de, mais les journalistes ne les avaient pas tous repérés, certains liens de parenté étant plus discrets ou mieux dissimulés, dans certains cas le nom de la mère était connu mais pas celui du père, de plus il fallait en outre tenir compte des compagnons, compagnes, nièces ou neveux.  Qui osera encore dire qu’à Bruxelles le PS n’aime pas la famille, étonnant que la présidente fédérale n’ait pas été invitée au dernier synode de Rome consacré à l’avenir des familles, cette parole experte a manqué !  Il faut être de bon compte, les dynasties politiques ont toujours existé, y compris au PS, il suffit d’établir les liens entre les familles Spaak et Janson.  C’est par son caractère massif que le phénomène à Bruxelles est devenu remarquable et grignote le fonctionnement à long terme du parti qui, de fait, devient ce que l’on connaît bien en Afrique, une addition de clans.  Amusante, révélatrice d’ailleurs cette importation des mœurs politiques subsahariennes.  Les conséquences sont multiples, à commencer par le fait que des candidats potentiels de grande qualité, n’étant ni d’origine maghrébine, n’ayant aucun lien de parenté avec l’un ou l’autre des leaders de la fédération, estiment qu’ils n’ont pas la moindre chance d’être à une place où ils auraient une petite chance d’être élus !  Ceux-là partent, disparaissent ; ils planquent comme hauts fonctionnaires mais ils manquent cruellement à notre action politique.  Anne Sylvie Mouzon, excellente parlementaire avait l’habitude de dire que sur l’ensemble du groupe socialiste seuls quatre ou cinq individualités étaient actives !  Les autres, bof…

J’évoquais une nouvelle aristocratie, en ce sens l’interview de Catherine Moureaux dans « Le vif » est emblématique tant ses réponses sont d’une stupéfiante naïveté, à les lire on éprouve un sentiment de compassion pour cette jeune femme s’exprimant avec tous les tics de langage communs à la haute bourgeoisie, nimbée de l’autorité naturelle de ceux qui parlent sans jamais être contredits, nés pour être obéis, nés pour gouverner le destin de la plèbe.  Pour tenter d’exister politiquement, elle feint dans l’article de croire que les cinq mille et quelques voix obtenues lors des dernières élections, l’ont été grâce à son seul mérite…la pauvre, le réveil pourrait être dur ! Très dur !  Quinze jours plus tard, « Le Vif » nous apprend que le fils Uyttendael « prend le bus », il y côtoie le peuple…de l’héroïsme quoi !  Est-ce vraiment là « la gôche ! »  A lire ces interviews une profonde tristesse m’envahit tant ces deux jeunes gens m’apparaissent déjà oublieux du bonheur d’être eux-mêmes.

Autre conséquence, le nombre d’affiliés a fondu comme neige au soleil.  Les chiffres sont secrets…un comble dans un parti de gauche, certains permanents retraités parlent et évoquent les vingt-cinq mille  membres de 1974 et le fait qu’ils seraient moins de trois mille cinq-cents en 2015.  Les militants ont disparu, évaporés.  Il faut dire que le fonctionnement de la fédération fut des plus curieux pendant plus d’une décennie alors que partout l’élection du président fédéral se faisait au suffrage universel, seul à Bruxelles il était élu par le congrès où deux sections sur dix-sept, Anderlecht et Molenbeek, faisaient à elles seules la majorité…dès lors tout était simple, il suffisait de « ménager et… nourrir » Picqué et l’ordre, comme à Varsovie en 1830, pouvaient régner.

Le départ des militants a conduit un grand changement dans les campagnes électorales, plus rien ne fonctionne sur base du bénévolat, tout se paye, tout se rémunère, les collages, les distributions toutes boîtes.  Ce n’est pas anecdotique mais lourdement symbolique.  Logique aussi dans de telles conditions que la rupture soit consommée entre les organisations de l’action commune, plus besoin de syndicat, de mutuelle, d’organisation de jeunesse…tout le monde suit seul son chemin !

STRATÉGIES DYNASTIQUES ET COMMUNAUTARISME, LES DEUX MAMELLES DU PS BRUXELLOIS.

Les militants se sont évanouis mais il reste l’essentiel… des électeurs.  J’y reviendrai. Au niveau du parti la structure est donc devenue la suivante :  une bonne base électorale, des élus majoritairement issus de l’immigration, sans oublier la crème, cerise sur le gâteau, une dose de plus en plus importante de fils, filles, compagnons, compagnes, nièces ou neveux de…  La classe intermédiaire des militants a disparu, elle s’est volatilisée, donc plus de contrôle, plus de contestation, plus de compte à rendre.  Les congrès ne sont qu’une chambre d’enregistrement, garnie de nombreux membres de cabinet à qui le choix n’est pas donné, ils ont l’ordre d’être présents !  Pas de discussion, doigt sur la couture du pantalon, sinon…  Qui pourrait au PS bruxellois impulser une autre politique, remettre en cause les décisions, où est l’opposition ; sans opposition pas de démocratie !  La preuve est faite.

Je note d’ailleurs que les instituts de sondages se trompent la plupart du temps en ce qui concerne le PS bruxellois car ils évaluent avec difficulté le poids de l’électorat issu de l’immigration, ils ne le connaissent que très mal, n’ont aucune idée des liens sociologiques, de la fidélité de la masse de nos électeurs d’origine étrangère, d’où une sous-évaluation systématique de nos résultats.  Si un jour cet électorat devait disparaître ou s’étioler, nul doute que le PS se trouverait réduit à des chiffres très semblables à ceux du CDH.  D’où le malaise en matière de laïcité, l’abdication quant à certaines attitudes, ce contact nauséabond avec les mosquées, la veule soumission quant aux exigences visant les femmes, les horaires des piscines, la nourriture etc.  Mais attention, le vote socialiste n’implique pas de la part de cet électorat communautaire une adhésion ou même la simple connaissance de nos valeurs ! On a raté la transmission… tragique dans une famille.  Avec stupeur, les derniers militants ont constaté qu’au PS bruxellois tout en matière de laïcité est négociable.  J’y reviendrai !

Il n’y a donc plus de classe intermédiaire entre l’électorat et les élus ; les forces vives du parti, ses militants, ont disparu, reste une caste d’élus, rejetons dynastiques et la masse de ceux qu’un chercheur de la KUL d’origine maghrébine appelait récemment dans « Le Soir » « le bétail à voix, » qu’il estimait sous-représenté… j’ose supposer que ce chercheur flamand ne songeait pas à Bruxelles !  La disparition des militants conduit à d’étonnantes surprises.  Ainsi voit-on surgir sur les listes électorales de parfaits inconnus, quasi absents de leur section locale, à peine affiliés, et encore pas toujours, (on se rappellera du fasciste turc sur une liste communale du PS, ce cas n’était ni accidentel ni unique ) totalement absents de la vie politique locale, n’ayant aucune présence sur le terrain, mais qui réussissent des scores de rêve et parfois sont élus dépassant une bonne partie des autres candidats sur la liste.  Il suffit pour s’en convaincre de reprendre les listes fédérales ou régionales du PS à Bruxelles, de regarder les scores et de mettre ceux-ci en rapport avec le militantisme dans les sections. Victor Hugo disait : « il y a du champignon dans l’homme politique, il pousse en une nuit. »  Cela n’a jamais été plus vrai qu’à Bruxelles. Dans de nombreux cas, personne au sein de la section locale ne connaît ce recordman ou cette recordwoman.  La raison du succès est simple, ce candidat ou cette candidate a appuyé sur un bouton, un seul… le bouton miracle, le bouton communautaire.  Pas besoin de faire beaucoup d’efforts, il suffit à l’électeur de déchiffrer le patronyme, imparable boussole électorale bruxelloise.  Dans de telles conditions doit-on encore défendre la laïcité ? Peut-on encore imaginer résister aux exigences religieuses d’un autre âge ?

L’essentiel aujourd’hui au PS, ce sont les liens de parenté et les circuits communautaires, le militantisme n’a plus sa place… quant à la réflexion, les idées !   Il n’y a plus que très peu de rapport entre les campagnes électorales faites par les candidats et les valeurs fondatrices du PS. Le tramway, ligne directe vers le mandat implique une filiation dynastique ou un lien communautaire, sans cela pas de mandat, c’est le cul-de-sac.  Les « tuyaux » d’accès au pouvoir ont changé…et comment !  A Bruxelles, les campagnes ne sont plus que communautaires, le programme ne compte que pour la presse et les adversaires, un nombre considérable de candidats s’en fichent complètement.  Alors que pendant des années tu as insisté pour que nous évitions le communautarisme, aujourd’hui, c’est la dominante principale.  Les tracts en arabe, en turc en albanais sont légions, plus personne ne s’en offusque à la fédération bruxelloise.  Les temps ont changé, les militants se sont évanouis, nos valeurs sont chaque jour écornées.  L’un des élus phare de l’une des importantes communautés de la région, occupant des responsabilités politiques majeures, n’hésite plus à dire « toutes les campagnes doivent être communautaires, Laanan et Madrane n’ont rien compris s’ils ne le font pas. »  Au-delà de la question fondamentale de la transmission et de l’adhésion à nos valeurs, se pose indéniablement la question de la sauvegarde des principes de laïcité pour lesquelles nos prédécesseurs ont lutté pendant tant d’années contre l’hégémonie religieuse.  Qu’on n’oublie pas qu’il nous a fallu des dizaines et des dizaines d’années d’âpres combats pour laïciser notre vie publique, échapper à l’oppression cléricale.

Comment dès lors concevoir que dans certaines écoles de la région la totalité de la viande servie soit hallal, le fournisseur répondant lors de l’appel d’offre : «  ainsi il n’y a plus de problème ! »

Comment accepter que certaines piscines communales se soient soumises ( le plus souvent hypocritement ) à l’établissement d’horaires séparés par sexe !

Comment expliquer que la région de Bruxelles soit la seule qui n’ait pas osé bannir l’abattage rituel et laisse se poursuivre ces monstruosités.

Comment admettre que dans une grande commune de la région, l’ouvrier communal qui sert les repas scolaires à chaque cuillerée servie, fasse suivre celle-ci de la formule en arabe : amdulila ( grâce à Dieu ) !

Comment accepter que dans nombres d’établissements scolaires il ne soit plus possible d’enseigner les principes du darwinisme, ni bien sûr d’évoquer le génocide des Juifs ! Les directions ne peuvent réagir, le pouvoir organisateur voulant surtout éviter les remous !

Il y a quinze ans, un enseignant de l’athénée royal de Laeken donnant une interview dans le « Vlan » avait évoqué son incapacité d’enseigner les notions du darwinisme à ses élèves.  Cet article fit beaucoup de bruit, cet enseignant fut traité de raciste quasi de nazi. Or, il disait vrai, de nos jours ce genre d’incidents est courant. Mais l’omerta règne, il y a des choses dont on ne peut pas parler.  Je n’évoque pas ici les étranges réactions de certains professeurs musulmans lors des assassinats de Paris au début de cette année, ni le fait que le cours de religion se dispense systématiquement en arabe alors qu’il devrait l’être en français !  Ni le fait que certaines enseignantes de la religion islamique refusent de serrer la main de leurs collègues masculins rappelant que selon elles, la main recèle cinq zones érogènes !

Comment ainsi accepter sans  réagir l’irruption du moyen-âge dans notre sphère publique !   A Bruxelles, c’est tous les jours, non pas retour vers le futur, mais retour vers le passé et quel passé !  On a l’impression d’entrer dans l’avenir à reculons.

Comment admettre que les élèves musulmans manquent systématiquement les derniers cours de l’année scolaire si les parents ont décidé de partir en vacances, je n’évoque même pas les jours de fêtes religieuses où dans certaines communes les classes sont vides, le cours étant ajourné d’autorité !  Sans réaction des autorités, bien au contraire des consignes sont données aux enseignants de ne pas donner cours, « d’occuper » les trois ou quatre présents.

Pourquoi camoufle-t-on les incidents qui émaillent les récréations au cours desquelles des gosses sont pris à partie lorsqu’ils mangent du jambon ou ne font pas le jeûne du Ramadan !

On pourrait poursuivre cette liste indéfiniment.  Le relativisme culturel, lourdement prôné, accepte aujourd’hui le voile, demain il fera accepter l’excision au nom de la même effarante régression à la fois lâche et ignoble unissant la haine des valeurs issues de 1789 et un sordide cynisme de boutiquier électoral. On le voit, c’est dans le silence, à l’abri d’un discours intimidant que l’on serre le garrot qui cran après cran étrangle la laïcité, installe concession après concession, petits aménagements après petits aménagements, petites lâchetés après petites lâchetés… à haut rendement électoral,  une société où le fait religieux envahit, pollue, domine à nouveau le domaine public.

COMMENT RÉAGIT LE PS BRUXELLOIS.

Aujourd’hui, il est évident qu’il est prisonnier de son électorat dont les gros bataillons, qui osera le nier,  sont issus de l’immigration.  Tout ne fut pas négatif dans cette évolution. Il est remarquable que le PS ait su tisser des liens de confiance avec ces communautés alors que d’autres formations politiques, qui s’en mordent aujourd’hui les doigts, les méprisaient ouvertement.

Impossible dans ce contexte de ne pas évoquer Moureaux et les vingt ans pendant lesquels il a dirigé Molenbeek qu’il a transformé en laboratoire de la porosité du retour du religieux dans notre région.  Ses réactions et son évolution sont emblématiques de l’évolution, de l’attitude du PS dont il fut pendant la même période le président fédéral.

Débarquant à Molenbeek en 1982, il mène la campagne communale sur le thème du « stop à l’immigration. »  De nombreux tracts ont été conservés, étonnantes et encombrantes archives.   Il débat à la même époque sur La RTBF matinale, il y est opposé à Albert Faust, secrétaire général du SETCA de Bruxelles Halle Vilvorde et s’oppose obstinément au vote des étrangers aux élections communales alors qu’Albert Faust lutte avec la FGTB pour l’obtenir.  La RTBF dispose toujours de la cassette, on peut la réécouter… un régal d’anachronisme, une grande leçon sur l’adaptabilité du monde politique aux dures réalités électorales.  En 1986, écrivant dans un journal communal consacré à l’enseignement, il évoque la nécessaire assimilation des citoyens d’origines étrangères.  Au cours de la même période, il évoque plusieurs fois ses regrets que l’on ait reconnu l’Islam en qualité de religion subsidiée.  De nos jours, même le terme « intégration » est devenu un gros mot !  Quelle adaptation ! Certains ne le prononcent que la bouche en cul de poule, se tordant les lèvres ayant hâte de se les désinfecter. N’est-on pas étonné de la timidité avec laquelle le gouvernement bruxellois envisage le parcours d’intégration qui devrait être mis en place.  On l’évoque en catimini, entre deux portes, avec la prudence que l’on met à manipuler de la dynamite.  Il ne s’agit pas ici de fustiger Moureaux, sans doute a-t-il plus d’excuses que beaucoup d’autres, n’ayant jamais eu, de par son milieu, aucune connaissance des milieux les moins favorisés.  On le sait le marxisme lui fut injecté par voie ancillaire !  Pour la première fois de son existence grâce aux émigrés, il découvrait extatique, enfin comblé, à Molenbeek, ceux qu’ils ne connaissaient qu’au travers de ses lectures.  Il allait enfin se sentir utile et renouer avec la grande tradition des ouvroirs des dames patronnesses… aider ses pauvres.  Rendons lui cette justice, il a considérablement rénové sa commune, lourdement investi dans l’urbanisme mais il n’a pas investi dans les cerveaux !  On va le voir, c’est le sien qui s’est adapté, modelé… soumis.  Il s’est appuyé sur les mosquées pour que celles-ci encadrent les jeunes, qu’il n’y ait surtout plus d’émeutes… pas de problème, les grands frères seront généreusement subsidiés… sans le moindre contrôle sur le terrain.  Moureaux pensait du haut de ses origines sociales, de sa prestigieuse fonction académique, de ses multiples charges ministérielles et politiques que les mosquées seraient de fidèles courroies de transmission de sa volonté. Et…patatras, c’est lui qui a été roulé dans la farine par les barbus. Il ne s’est pas rendu compte, prisonnier de son orgueil de classe qu’il devenait « l’idiot utile » des forces les plus obscurantistes, moyenâgeuses, de sa commune.  C’est lui, le professeur émérite de critique historique qui, au fil des ans, est devenu l’inattendu relai des revendications les plus obscurantistes.  Le harki c’était lui, amusant non ! La politique qu’il a mise en œuvre est étonnante par son classicisme.  Ce fut celle du colonialisme qui s’est appuyée sur les chefs coutumiers pour que les indigènes ne s’agitent pas.  C’est une politique strictement maurassienne dans laquelle la religion est avant tout un encadrement social.  Pour tout dire, c’est une politique conservatrice au sens strict du terme, curieuses pratique pour ce marxiste auto proclamé !  En définitive son marxisme mal assimilé n’est-il pas pour paraphraser Jean Cau que «  le gant retourné du christianisme ? »  Ce n’est qu’au fil du temps et du remplacement de la population belge de souche de sa commune par des émigrés qu’il comprit le rôle électoral que cette population allait jouer à Bruxelles.  Il faut lui rendre cette justice d’autant plus qu’il poussera jusqu’au bout le don de sa personne, allant même jusqu’au sacrifice suprême, moderne Abraham, puisque maintenant il « immole » sa fille Catherine, il la livre, innocente enfant, à ce peuple émigré, pauvre, fragilisé, mais exigeant un total don de soi, en ce compris le rejet des valeurs de la laïcité.

Ainsi la fédération s’est de plus en plus appuyée sur les mosquées et donc forcément sur les milieux musulmans les plus rétrogrades.  Cela explique la disparition d’un certain nombre d’élues féminines d’origine maghrébine, ces femmes les premières élues de ce milieu, étaient toutes des femmes libérées des contraintes religieuses, ayant un langage direct, ferme à l’égard du poids du religieux.  Aujourd’hui, elles sont remplacées par des élues beaucoup plus « lisses, soumises »  On sait qu’elles ne causeront aucun problème avec leur communauté ou avec ceux qui s’y arrogent le rôle de représentant desdites communautés.  La seule qui ait résisté c’est Fadila Laanan, précisément parce qu’elle était soutenue à un autre niveau du parti.  Moureaux n’écrivait-il pas à son sujet « cette personne n’a pas été désignée en qualité de ministre par la fédération. »  Quelle est aujourd’hui sa relation avec la nouvelle direction fédérale… On le sait les sourires cachent les poignards !  Quel tort a Fadila ?  Simple, elle est issue de l’immigration, c’est une femme libre, éduquée, fière de sa culture, fière de ses origines, non liée aux groupes religieux et elle défend la laïcité, et, suprême audace s’en réclame… elle fait une place aux femmes là où depuis des décennies les extrémistes islamistes les empêchaient de travailler ! Elle ne plaît pas aux barbus… ça c’est certain !

L’ENSEIGNEMENT.

S’il est un domaine vital pour l’avenir d’une société, c’est bien l’enseignement.  Or, à quoi a-t-on assisté à Bruxelles ?  Ni plus ni moins à un effondrement total du niveau des écoles de l’enseignement public, il n’aura fallu qu’à peine deux décennies.  L’enfer étant pavé des meilleures intentions, les pouvoirs organisateurs ont dans la plupart des cas voulu forcer la mixité.  C’était nécessaire et utile.  Mais cela se fit sans le moindre discernement, la moindre analyse de fond, le moindre suivi.  Il était absolument nécessaire d’établir une vraie mixité, de lutter contre les discriminations, le racisme, qu’il ne s’agit pas ici de nier. Notre enseignement fut victime d’un égalitarisme forcé alors qu’il aurait été nécessaire de lire Aristote lorsqu’il soulignait « que la véritable justice est de traiter inégalement les choses inégales. »  N’est-il pas démontré par l’histoire que forcer l’égalitarisme conduit toujours au drame !  Le résultat est que dans différentes communes, les classes sont composées pour 80 ou 90 pourcents d’enfants issus de l’immigration. Ceux-ci ne parlent pas français au sein du foyer familial, ils ne regardent que la TV dans leur langue maternelle. Peut-on le leur reprocher ?  Significatives les réponses données par les enfants lorsqu’on les questionne sur leur nationalité, les neuf dixième répondent qu’ils sont Turcs, Albanais, Marocains, Algériens, seule une infime minorité répond qu’ils sont Belges alors même que la majorité l’est ! Imagine-t-on un seul instant les difficultés qu’affrontent au jour le jour les enseignants, leur découragement, leur révolte face à un pouvoir organisateur n’ayant tenu aucun compte des affres quotidiennes de la réalité.  Or, qui sont les premières victimes de cette situation ? Ce sont bien sûr les enfants issus de l’immigration.  Leur progression scolaire ne peut qu’être lente, les chances d’avenir réduites.  Les brillantes réussites d’enfants d’émigrés ayant accompli leur scolarité il y a quinze ou vingt ans deviendront des exceptions car le malheur veut que leurs enfants se retrouveront dans des classes vouées à un grand retard du fait de la ghettoïsation des écoles. Réussir des études, accéder à un emploi de qualité est beaucoup plus difficile aujourd’hui qu’hier.  Les statistiques publiées par « Le Soir » le démontrent sans contestation possible.  Cela aussi, il est interdit de le dire, interdit même de le constater.  Si par malheur vous le faites soit on vous traite de menteur soit vous êtes voués à l’enfer de la faschosphère !

Je le répète, j’insiste les premières victimes de cette situation, ce sont précisément les enfants d’émigrés, même ceux de la deuxième ou troisième génération, leur capacité d’intégration, de réussite sont largement diminuées.  Est-il nécessaire d’ajouter que les émigrés et leurs enfants n’ont aucune responsabilité dans cette horrible situation, quoi de plus normal pour quelqu’un qui débarque en terre étrangère que de tenter de s’insérer dans un environnement où il retrouve ses semblables.  Il est d’ailleurs démontré que les émigrés ou Belges issus de l’émigration s’ils « réussissent » professionnellement quittent au plus vite certains quartiers ou font des mains et des pieds pour éviter que leurs enfants fréquentent certaines écoles.  Comment dès lors s’étonner des trente pourcents « officiels » du chômage des jeunes âgés de dix-huit à vingt-cinq ans.  Au mois de mai, un nombre important de mamans maghrébines de Montpellier ont manifesté pour que les établissements scolaires de leur quartier retrouvent une vraie mixité, à savoir que reviennent dans les écoles de la municipalité quelques enfants Français de souche !!!  Curieux qu’on en ait si peu parlé à Bruxelles.  Très récemment Picqué s’exprimant à la section d’Anderlecht n’hésitait pas à souligner, avec le cynisme distancié le caractérisant qui est à la fois sa marque de fabrique et lui tient lieu de colonne vertébrale idéologique, que ses enfants fréquentaient l’enseignement catholique.  Il est vrai que Picqué n’a jamais été socialiste, il a appris à LE parler, voilà tout !  Certains des présents se rappelaient le reportage de RTL où l’on pouvait voir son épouse dormir sur le trottoir du collège Saint Michel pour avoir le privilège d’y inscrire ses fils !  Comment mieux reconnaître que l’enseignement à Bruxelles est l’un de ces immenses territoires perdus de la laïcité, perdus pour la gauche !  Où est l’époque où, pour se présenter sur une liste électorale socialiste, il fallait que ses enfants fréquentent l’enseignement officiel !  Il faut oser dire que dans certaines écoles on forme… de futurs chômeurs ; les bonnes paroles, les discours lénifiants du politiquement correct n’y changeront rien.  Seule une politique volontariste, immédiate, brutale, visant à largement revaloriser le statut des enseignants et à imposer, oui à imposer, une vraie mixité serait de nature à rencontrer les besoins d’avenir de notre région ; sans oser évoquer le bonheur des enfants qui sont confiés aux établissements publics de notre région.  Les premiers bénéficiaires d’une telle réforme seraient les enfants d’émigrés.   Pour les plus fortunés, pas de problème, ils iront dans « les zones protégées » de certains établissements catholiques… ils feront comme Picqué !

S’INTÉGRER MAIS À QUOI ?

J’avais été impressionné, il y a bien des années d’entendre un Commissaire européen me dire que si l’Union européenne avait pu s’étendre à Bruxelles, c’était dû au fait que la Belgique n’était pas une nation, que Bruxelles n’avait pas d’identité nationale, d’où l’étonnante permissivité à l’égard de la tentaculaire administration européenne.  Une telle porosité n’eût été possible dans un pays sourcilleux en matière de souveraineté.  Ce Commissaire ignorait sans doute que Bruxelles continue à assumer le rôle qui fut le sien dans l’histoire depuis la période bourguignonne, à savoir être un centre administratif, fonction intimement liée, sinon imposée par sa situation géographique.  Il en sera de même sous l’occupation espagnole, autrichienne et française.  Il n’est pas inutile de rappeler que sous l’occupation allemande de 1940 à 1944, Bruxelles était le centre des forces d’occupation pour la Belgique et le Nord de la France. Toujours ce même rôle de centre administratif, toujours pas d’attache nationale propre.  « La Nation belge » fut le titre d’un journal bruxellois au XIXème siècle, ce ne fut jamais une réalité politique même si on a essayé de le faire croire ; s’il n’y a jamais eu de nation belge, il y eut encore moins d’identité bruxelloise.  N’en déplaise à certains chantres du  tout nouveau DEFI, il n’y a jamais eu de spécificité bruxelloise.  Historiquement, c’est sans contestation possible une ville dont la population est flamande, mais l’élite du centre administratif parlait une autre langue, Français, Espagnol, Allemand. Je ne reprendrai pas ici les propos, souvent injustes et odieux de Baudelaire sur les Belges et en particulier les Bruxellois mais il faut reconnaître que cette région fut toujours un étonnant magma réunissant des élites « d’occupation » inévitablement accompagnées de fidèles « collaborateurs » et une population parlant un sabir à base essentiellement flamande.  Il ne fait aucun doute qu’avec l’installation massive des administrations de l’UE, et de tant d’autres organisations multilatérales, Bruxelles soumise au déterminisme de sa géographie, poursuit son rôle de centre administratif.  Or, un émigré, ou un enfant d’émigré, débarque avec sa culture, sa langue, sa religion, ses habitudes alimentaires.  Ce sont des éléments structurants dont souvent il est à juste titre fier, qu’il ne veut pas larguer comme on se sépare d’un vieux vêtement ! C’est parfaitement légitime.  Dans les années cinquante, un boxeur français d’origine tunisienne Halimi, poids coq, avait gagné un combat contre un pugiliste anglais.  Porté en triomphe par ses soigneurs, il répondait au micro que lui tendait Loïc Van Le : « j’ai vengé Jeanne d’Arc. »  Voilà donc une intégration réussie, ce boxeur, avait noué ses racines à celles de la France, à son histoire, il la faisait sienne.  Peut-il en être de même à Bruxelles ?  Impensable !  Il n’y a ni « récit, ni roman national », il n’y a pas de racines historiques glorifiées, fondatrices.  Quel jeune Bruxellois connaît le combat du municipaliste T’Serclaes.  Les Comtes d’Egmont et Horne n’étaient pas Bruxellois, de plus ils appartenaient d’abord et avant tout à « l’internationale » de la noblesse.   Il ne faut pas compter sur les cours d’histoire dispensés au niveau scolaire pour y suppléer, ceux-ci faisant fi des liens chronologiques, entendent faire connaître l’histoire par thèmes ; puzzle effrayant dont les élèves ne retiennent que des bribes sans continuité ; ce costume d’Arlequin décousu, impossible pour les malheureux étudiants de le recoudre, ajoutez  une pédagogie générale de plus en plus obscure, caramélique… Croire après cela qu’on va leur enseigner l’histoire de ce pays, de cette région n’est qu’une sinistre plaisanterie !  Ce n’est pas le spectacle de la plantation du Meyboom ou le défilé de l’Ommegang qui me feront changer d’avis.  A quelles nouvelles racines l’immigré peut-il nouer les siennes ? De fait à Bruxelles, elles sont inexistantes. Sur quel nœud de l’histoire la greffe peut-elle prendre ?  L’effondrement de la qualité de notre enseignement, l’absence de cohésion nationale ou même régionale, l’absence de conscience identitaire ne pouvaient que renforcer le communautarisme, l’accentuer, l’enkyster.  Car, ne nous y trompons pas, l’émigré, lui nous vient avec son identité nationale forte, avec sa religion qu’il ne sépare pas de la vie publique ; sa culture comprend indissolublement liées l’identité nationale et l’identité religieuse ; au Maroc, le chef de l’Etat n’est-il pas aussi le commandeur des croyants !  Et l’on aurait voulu que par un coup de baguette magique cet étranger fasse sienne les mœurs politiques, les us et coutumes, les civilités qu’il a fallu des siècles pour bâtir ! Il serait grotesque de lui parler d’identité bruxelloise. Impossible de lui demander de s’intégrer au vide !  Que reste-t-il alors ?  Une seule chose mais essentielle : des valeurs !  Sans être une nation, sans être un état, sans identité régionale, il n’est pas exagéré de dire que ce qui structure les Bruxellois, ce sont des valeurs ; du point de vue schématique, celles-ci se réfèrent au socle des droits de l’homme et du citoyen, ce legs inestimable, admirable de la révolution française. Ces valeurs, ce sont les éléments que l’on a en commun, ce sont les liens qui unissent les Bruxellois, les fondements permettant de gérer le présent, de préparer l’avenir tout en sachant ce qu’il a fallu de luttes pour qu’elles voient le jour et surtout combien elles sont fragiles.  Ces valeurs sont constitutives du contrat qui lie le citoyen à la puissance publique, qu’elle soit régionale ou fédérale, c’est le respect de la Justice, des institutions, le respect de la loi, en un mot, de tout ce qui fait le vivre ensemble.   Or précisément, on constate depuis une quinzaine d’année le recul d’éléments essentiels de ces valeurs.  « De petits aménagements » en « petites concessions » les frontières de la laïcité deviennent floues ; ce qui était parfaitement clair il y a quinze ans devient sujet à discussions. Des valeurs, comme l’égalité homme-femme qui nous semblaient acquises pour l’éternité, vacillent, sont discutées.  Attention, si vous vous montrez rigide, implacable dans la défense de ces valeurs, vous serez traité de laïcard, un terme utilisé par le président fédéral bruxellois lui-même pour fustiger ceux qui mettaient en cause le voile, les horaires de piscine séparés ou l’invasion du halal.  Intéressant de savoir que ce terme a été inventé par l’extrême droite française entre les deux guerres pour attaquer la gauche du front populaire.  Se faire traiter de laïcard est un moindre mal car on bascule vite sur des éléments de langages plus brutaux comme fascistes, racistes etc.  Mise en œuvre de la vieille technique stalinienne qui veut que si « tu n’es pas à 100% d’accord avec moi, tu es à 100% contre moi. »  Venant de marxistes en peau de lapin… c’est du plus haut comique.  Curieux zigzag de l’histoire !  En 2004, lors de l’élaboration du programme électoral de la fédération tous les amendements visant à mettre en évidence l’égalité homme-femme ont été repoussées violemment par le président fédéral lui-même.  Fulminant, éructant, hurlant, on ne pouvait pas en parler : « cela risquait de heurter la population la plus fragilisée de Bruxelles ! »  Ah ! Bon… donc un élément aussi fondamental que l’égalité absolue homme-femme devait être tu !  Pour des raisons électorales… Voilà, le piège se refermait, nous socialistes devenions prisonniers de notre électorat précisément parce que nous n’avions pas été capables de transmettre nos valeurs.  Nous cessions d’être une force de propositions, de progrès, nous nous soumettions à la sensibilité d’un électorat qui aurait dû épouser la nôtre, pour parler clair qui aurait dû accepter nos valeurs… et les défendre.  Parce que dans la structure du parti, on avait accepté qu’il n’y ait plus de militants, que l’électorat suffisait pour autant que soient élus ceux choisis par les « Dieux, » en un mot que les plans de carrière de certains soient assurés, on baissait pavillon sur ce qui faisait notre âme ! Notre slogan occulte devenait : « des valeurs non !  des électeurs oui ! ». D’aucuns rétorquent que cette thèse est fausse, nos valeurs seraient largement partagées par nos électeurs car les élus d’origine étrangère ont toujours, sans la moindre difficulté voté les textes portant sur des avancées en matière d’éthique telle l’euthanasie. Parfaitement exact. Mais raisonnement simpliste, qui se refuse, comme souvent à gauche,  à voir la réalité.  Sur ce genre de questions les élus d’origine maghrébine ou turque s’en fichent totalement,  cela ne les concerne pas ; sur ces questions essentielles, ils vivent dans leur culture, ils respectent leurs valeurs et n’adhèrent aucunement aux nôtres, tout simplement cela ne les concerne pas !  C’est bon pour l’autre monde, celui où l’on tente de perpétuer ce que furent les valeurs humanistes de progrès.   Peut-on leur en faire grief ?  Certes non, c’est nous, en particulier le puissant PS qui avons été incapables de transmettre les nôtres, le PS s’est « soumis », ou s’est cru habile et… on c’est dépouillé de ce qui faisait notre essence.  Peut-être aurait-il fallu se souvenir que la ruse ultime du diable est de faire croire qu’il n’existe pas !  Pensant tirer profit d’un corps électoral qu’on pensait fruste, naïf, innocent, on lui concède nos valeurs…cela relève de la comédie de boulevard et non de la politique.  Dans les journaux de la fin du XIXème siècle, il y avait un jeu dénommé « Chercher le Kroumir », les Kroumirs étant une tribu tunisienne accusée par les Français de faire des incursions en Algérie, prétexte colonial typique pour imposer un protectorat sur ce pays. Dans un dessin de paysage, on devait deviner la silhouette dissimulée du « méchant » Kroumir. Je pense qu’on devrait relancer ce jeu à Bruxelles dont le thème serait « chercher le cocu » le pauvre cornard étant celui qui soutient un parti socialiste qui a jeté par-dessus bord son histoire, ses valeurs et tout le reste !  Voilà ce que ressentent aujourd’hui de nombreux affiliés de longue date du PS.  Pour ceux-là le vote socialiste sera difficile, comme les sondages les uns après les autres le démontrent, le transfert se fait vers le PTB…et le DEFI.

Je fus  stupéfait de lire au tout début de l’année dans « Libération » que Houellebecq répondant à une interview, précisait qu’il avait eu l’idée de son dernier livre « Soumission » on en connaît le thème, c’est l’élection en qualité de président de la république française d’un musulman modéré, en se baladant dans les rues de Bruxelles.  Amusant aussi d’entendre Amin Maalouf le talentueux écrivant libanais raconter sur France Inter qu’il y avait beaucoup moins d’intégristes au Maroc qu’au sein de l’immigration européenne ; ainsi il évoquait que, se trouvant sur une plage du Maghreb, il y observait une famille de musulmans de stricte obédience, femmes entièrement voilées sur la plage, se rapprochant il constata que c’était des Belges… cela le faisait beaucoup rire.

Il est de bon ton dans les instances dirigeantes du PS bruxellois d’estimer que toutes les cultures se valent, que ce serait faire preuve de racisme que de réagir à certaines pratiques.  Ainsi la présidente fédérale monte-t-elle tout de suite aux barricades criant haut et fort qu’elle n’a jamais condamné les pratiques barbares liées à la nourriture Halal, la presse ayant osé émettre quelques doutes.  Elle est nettement moins réactive quand un élu refuse de reconnaître le génocide arménien, à peine audible, d’une voix fluette, entre deux portes, pour une fois le sourire tarifé en berne, elle précise que l’intéressé devra se présenter devant une commission. Elio, tu sais mieux que moi la façon dont tu as dû t’investir dans cette crise symptomatique.  Elle ne fut dénouée que grâce à toi, beaucoup le savent.  Un élu de Molenbeek traite un journaliste « d’ordure sioniste » ou ce même élu affirme qu’il se sent proche du Hamas (organisation classée dans la liste des groupes terroristes par l’ONU ), elle déclare dans le même souffle à la télévision que cet élu est «  un homme bien ! »  Il est vrai qu’à Molenbeek des consignes verbales étaient données aux policiers non musulmans de ne pas manger devant leurs collègues appartenant à ce culte pendant le ramadan afin d’éviter tout incident.  Je ne doute pas que ce soit aussi le cas ailleurs mais peut-être y est-on encore plus discret ?  On pourrait multiplier à l’infini les exemples de recul portant sur des valeurs qui furent toujours les nôtres et pour lesquelles, je le répète nos prédécesseurs se sont battus pendant des dizaines et des dizaines d’années.

DEMAIN LES VALEURS DE LA GAUCHE.

Cela fait déjà pas mal de temps que l’encéphalogramme de la gauche et de la social-démocratie est plat.  Le vide idéologique est abyssal. Tout souffle a disparu.  Il règne dans le mouvement socialiste comme une odeur de décomposition, fût-elle institutionnelle, elle agresse nos narines.  Mais a-t-on encore besoin d’idéologie ?  Pathétique de constater que Moureaux n’hésite pas à se raccrocher au philosophe français Badiou, dernier maoïste n’hésitant pas à envisager un monde sans démocratie !  Cela en dit long sur une certaine dérive idéologique ou le rouge se mâtine de brun ! Pourtant Badiou n’est pas barbu !

Peut-être un jour, si l’ex-bourgmestre de Molenbeek n’a plus d’espoir dynastique, criera-t-il lui aussi avec Aragon « feu sur les ours savants de la social-démocratie. »  Tout est possible avec les vieilles gloires sorties des rails.  Je ne sais s’il faut pleurer ou rire.  L’éclatement de la gauche, son évaporation dans l’Europe pose un problème général, une dimension nouvelle, car cette gauche, si malmenée, reste malgré tous ses défauts, le seul, l’ultime rempart contre le capitalisme fou, contre la financiarisation de la société, contre l’asservissement total des peuples au culte de Mammon.

J’en reviens à Bruxelles, au pitoyable PS Bruxellois.  Faut-il croire qu’il est devenu cette chose boiteuse, sans lyrisme, sans espoir, mélange de bureaucratie, de sordide népotisme, de clientélisme, de médiocrités arrivées ?  Non, je ne peux le croire.  Pourtant, je renifle sous les flonflons des rhétoriques de circonstances comme une odeur de cadavre, de fin d’un système, fragrances des lâches abandons… Quelque chose disparaît sous nos yeux !  Il est vrai que le PS ne fait plus rêver, tu te rappelles Elio de ce slogan : « changer la vie ! »  Bon sang, que c’est loin.  Mais le pire serait la trahison de nos valeurs, l’abandon progressif, hypocrite de ce qui fût notre apport essentiel à notre culture, à notre mode de vie.  Je ne vois que des avantages à la présence dans notre région de cultures multiples, c’est une richesse indéniable mais je ne vois que des dangers si l’une de ces cultures veut imposer ses normes, revenir sur nos acquis sociétaux ou politiques, imposer ses normes alimentaires, revenir sur l’absolue égalité homme-femme, revenir sur l’impact du religieux dans la sphère politique etc.  En d’autres termes, pourquoi pas le remplacement d’une part de notre population ! Substitution de nos droits, de nos valeurs non ! jamais !  A Bruxelles, c’est ce qui est en train de se jouer.  C’est cela l’enjeu essentiel.

Allons nous abdiquer ou allons-nous être capables de nous libérer du poids d’un électorat qui n’a pas (encore ) assimilé nos valeurs et qui ne comprend pas que certaines des siennes sont incompatibles avec ce qui fait notre civilisation ?

Y A-T-IL UN AVENIR ?

Il ne fait pas de doute qu’au niveau institutionnel la région telle qu’elle est limitée n’a aucun avenir. Elle ne deviendra jamais un Singapour européen, elle est vouée à la paupérisation et à la ghettoïsation.  Tous le savent, tous l’admettent…en privé, y compris celui qui fut si longtemps ministre président et qui n’a jamais caché lors de contacts personnels qu’il ne croyait nullement dans la pérennité de cet espace étriqué, pauvre.  Notre sort sera scellé ailleurs lors du grand pow wow politique exigé par nos voisins du Nord !
Personne d’ailleurs ne demandera l’avis de la population.

Pourtant, ils existent les habitants de notre région.  Pour les évoquer, il me paraît essentiel de d’abord rendre hommage aux émigrés.  Ceux qui les vouent aux gémonies feraient bien de se demander ce que serait leur attitude dans un pays étranger dont ils savent qu’ils n’y sont pas les bienvenus, dont ils ne connaissent pas la langue, dont les mœurs administratifs sont aux antipodes de ce qu’ils ont connu, dont l’accès à l’emploi est complexe et de plus en plus aléatoire.  Et malgré tous ces obstacles, malgré les discriminations, le racisme, certaines réussites sont splendides, exemplaires.  Réussites qui ne sont pas suffisamment mises en évidence.  Quand Lévi-Strauss évoque l’universalité des hommes et leurs différences, c’est d’abord l’universalité qui m’importe !  C’est cela qu’il faut avoir à l’esprit quand on évoque la problématique liée aux émigrés ou leurs descendants.

Cependant, s’il m’apparaît qu’affirmer que globalement l’intégration est un échec est totalement faux, il n’en est pas moins vrai que celle-ci sera plus difficile que précédemment.  L’effondrement de la qualité de l’enseignement, les classes ghetthoïsées ne favorisent plus ces succès.  On assiste à un nivellement par le bas tout à fait évident dans certaines communes, ou dans certains quartiers ; la lutte pour intégrer des écoles qualifiées de meilleures le démontre de façon claire.

Que reste-t-il donc à ce peuple d’émigrés ?  que reste-t-il à cette masse de jeunes sous qualifiés n’ayant que peu de chance d’intégrer le monde du travail ?  Ils sont Belges et subissent la violence des discriminations à l’emploi, au faciès, le racisme ordinaire, encore accru par la crainte justifiée du terrorisme ; au Maroc, en Algérie ou ailleurs ils ne sont plus acceptés comme des autochtones !  Ils sont donc dépourvus d’identité dans une région qui n’en a pas… il leur reste donc pour seul élément structurant la religion, celle-ci n’est pas seulement un rapport à la transcendance mais aussi un cadre global de vie d’une des grandes civilisations mondiales.  Comment s’étonner des dérives que l’on observe aujourd’hui, impensables il y a encore une quinzaine d’années.  La gauche a cru que le fait religieux, sa coloration du politique, appartenait définitivement au passé.  L’époque où le curé en chaire les jours d’élections expliquait à ses ouailles comment et pour qui voter appartenait au folklore électoral.  Tout le monde sait à Bruxelles que les imams eux perpétuent cette sainte tradition.  Pire, ce sont des élus PS qui supplient ou flattent les responsables des mosquées pour obtenir les mots d’ordre que nous avons reprochés aux curés pendant plus d’un siècle !

Le monde des émigrés et les Belges musulmans nous démontrent qu’ignorer, comme la gauche a tenté de le faire, le facteur religieux fut une lourde faute…
le retour vers le passé nous saute à la gorge… avec notre complicité électoralement intéressée.

Tous les démographes le prévoient, Bruxelles sera majoritairement musulmane d’ici une quinzaine d’année.  Les facteurs géographiques, la contention insensée de Bruxelles dans des limites économiques et sociales invivables, la démographie dans la population immigrée,  imposeraient des décisions majeures, rapides.  Je n’ai aucun doute que le gouvernement régional sera incapable de les prendre !  D’ailleurs, la question se pose de savoir si dans le contexte institutionnel actuel, il y a encore quelque chose à espérer.  Une autre politique est-elle possible ?  Plus modestement, une politique est-elle possible ?  Ou bien faut-il se contenter de poursuivre la politique brillamment menée par Picqué, la morbide politique du chien crevé au fil de l’eau.  Dans ce cas, toutes choses restantes égales l’avenir du PS bruxellois sera assuré par le « couple » Catherine Moureaux et Uyttendael, ils régneront sur un magma d’électeurs d’origine étrangère, dirigeront la fédération avec pour slogan le Bisounours du Vivre Ensemble et inviteront les derniers affiliés à venir se ressourcer dans un salon de dégustation halal- bio, nirvana absolu du politiquement correct !  Quand aux valeurs du PS !  Quelles Valeurs ?  Qui parle encore de valeurs ?  Elles ont été remplacées comme notre électorat.

Les conséquences étaient prévisibles.  Il y a une vingtaine d’années, une institution bruxelloise lors d’une inauguration avait prévu des distributions de crème glacée gratuite pour les enfants du quartier.  L’assaut fut vite incontrôlable. Certains policiers voulaient chasser les enfants, ceux-ci se mirent à hurler « vive Bajrami, il va venir nous aider, c’est notre héros ! »  Bajrami était un gangster célèbre à l’époque.  Aujourd’hui, seuls quelques ilotes osent nier que Bin Ladden est considéré comme un héros dans une certaine fraction de notre population.  Est-il nécessaire de rappeler les connexions à Molenbeek de l’assassin du musée juif.  N’est-ce pas à Molenbeek que le terroriste du Thalys aurait obtenu ses armes ?  Les contacts entre les terroristes et cette commune sont aujourd’hui une évidence mondiale.  Mohammed Mehra, après avoir tué trois militaires français, assassina des enfants Juifs parce que Juifs ; il était né en France, avait suivi les cours d’une école publique pendant plus de dix ans.  Les terroristes de Londres, étaient anglais, nés et scolarisés en Angleterre.  Une accumulation de tels faits mériterait la plus grande attention.  Pour ne pas évoquer l’antisémitisme d’importation répandu dans toute la population d’origine émigrée qui s’apprend avec le naturel de la langue maternelle avec j’ose l’écrire pour certains un silence complice, une compréhension ignoble car s’il y avait à Bruxelles quatre cent mille Juifs et vingt-cinq mille Maghrébins, ceux-là qui se taisent et acceptent, les mêmes, se transformeraient en thuriféraires de l’Etat d’Israël jusque dans ses pires actes.  Je conserve la photo d’un élu socialiste Flamand qui, participant à une manifestation à Anvers, hurlait, éructant, le visage tordu de haine, les lèvres ourlées de bave blanche « les Juifs dans le gaz ! »  Cet élu assume aujourd’hui au  nom de son parti d’importantes responsabilités au parlement régional… sans conteste une intégration réussie !  Un partage de nos valeurs !  Ah ! mais attention, nos valeurs ont peut-être changé ?  L’antisémitisme en fait-elle partie ?  Personne n’ayant cru bon de nous en avertir.

La gauche refuse de voir le réel, c’est une constante, s’il ne cadre pas avec ses fantasmes, prisonnière d’un humanisme généreux mais impuissant, isolant le réel de l’imaginaire, elle croit éviter les drames en ignorant les faits… l’insécurité n’existait pas, seuls les petits vieux éprouvaient un sentiment d’insécurité…tout autre chose n’est-ce pas ?  En ignorant les faits, elle sera considérée comme complice des faillites de l’autorité publique.  On le lui reprochera avec raison pendant longtemps.

En terme de respect de nos valeurs, de défense de la laïcité, à Bruxelles c’est Munich tous les jours !

Ceux qui aujourd’hui gouvernent la fédération auraient avantage à visionner un vidéo d’un congrès du parti Baas au Caire au début des années soixante.  On y voit Nasser raconter qu’il a rencontré un Imam, celui-ci lui avait demandé que les femmes se voilent, Nasser, rigolant, lui avait répondu, qu’il n’avait que se voiler lui-même, toute la salle explosait de rire en applaudissant.  A la même époque, sur les plages d’Egypte, on pouvait voir des femmes en bikini !  Quel recul !  Nasser était-il un « bon » musulman ?  Combien de jeunes filles ou de femmes traversant certains quartiers se font elles insultées car elles n’arborent pas les vêtements qui agréent certains musulmans ?  Un film en a fait la terrible démonstration, ce qui n’a pas empêché les bonnes âmes du politiquement correct de nier ces faits pourtant vérifiables chaque jour dans notre ville.

EXISTE-T-IL DES SOLUTIONS ?

J’ose à peine esquisser quelques pistes, conscient que les gardiens du temple, chiens de garde de la ligne du parti, ou ce qu’ils qualifient de tel,  hurleront… mais bon, pourquoi te cacher que je m’en fiche royalement.

Au plan de la technique électorale, si on veut un équilibre entre les diverses composantes de la population bruxelloise, il est indispensable de limiter les votes de préférence à 3.  Simple à réaliser… seulement un peu de courage !

Au plan des valeurs, pourquoi ne pas imaginer une charte que signerait chaque candidat s’engageant à respecter les valeurs essentielles des Droits de l’Homme et du Citoyen, en particulier l’égalité absolue homme-femme.  Est-ce si compliqué ?

Au plan de la fédération bruxelloise, une charte devrait également être signée par les adhérents reprenant l’ensemble des valeurs sur lesquelles le PS a été fondé.

Au plan de l’enseignement, dans la lutte contre les ghettos scolaires, il est nécessaire de faire sauter les critères géographiques et mettre en place les mécanismes d’une vraie mixité dans toutes les écoles libres et publiques.

Au plan de l’apprentissage des éléments essentiels de notre culture et du respect de la culture des émigrés, organiser des cours relatifs à la culture des enfants émigrés, mettre en place des cours sur l’histoire des religions, sur ce qu’est la laïcité, des cours de citoyenneté qui ne se contenteront pas d’apprendre aux enfants le fonctionnement des feux de circulation ou la propreté bucco-dentaire. Des cours de citoyenneté et de langues devraient être organisés à l’intention des parents.

Au plan des repas scolaires, il n’y a aucune justification à fournir des repas conformes aux prescrits religieux, par contre les enfants doivent avoir le choix de menu de substitution ( végétariens ) ou autres.

Au plan des cours de natation et de gymnastique (niveau du primaire), ceux-ci doivent rester mixtes.

Au plan du logement, mettre fin aux règles absurdes qui conduisent aux ghettos, là aussi doit être imposée une mixité ethnique, sociale et économique

Au plan de l’octroi de la nationalité, celle-ci devrait s’accompagner d’une véritable adhésion à nos valeurs essentielles, sous forme d’un engagement formel et motivé.  Il doit en aller de même pour l’octroi du statut de réfugié.  Pourquoi ne pas oser une large réflexion sur les effets et conséquences de la double nationalité !  Symptomatique d’entendre récemment un député bruxellois d’origine maghrébine se plaindre des effets de la double nationalité qui d’après lui faisait de ceux qui en bénéficiaient des citoyens de « seconde zone. »  Ben voyons !  De quoi s’agissait-il ?  Un Belgo-Marocain ayant été arrêté au Maroc, ce député et quelques autres exigeaient que la Belgique en tant qu’Etat fasse pression pour le tirer de ce mauvais pas.  Le gouvernement répondit que l’intéressé étant Marocain, il lui était impossible de réagir.  C’est ce refus d’intervenir qui faisait dire à ce député que les bénéficiaires de la double nationalité étaient des citoyens de « seconde catégorie » !  Curieuse réaction en miroir ! Cela implique qu’on soit Belge quand cela présente un intérêt quelconque et qu’on est Marocain à d’autres moments.  On ne pouvait mieux démontrer les ambiguïtés de la double nationalité.  Attention,  attention vade retro Satanas,  mettre en évidence de  tels raisonnements vous classe immédiatement dans le camp des pires racistes.

AVENIR ET PROGRÈS, RACINES DE NOS VALEURS.

J’ai déjà évoqué le trouble profond de la social-démocratie dans le monde, les élections qui se succèdent confirment l’effroyable ressac de notre représentation, quasi disparition du Pasok en Grèce, Hongrie, effondrement et division en Grande-Bretagne, phénomène identique en Pologne… dans l’attente de l’inévitable drame qui se profile en France.  Lisant l’historienne française Mona Ozouf, je suis impressionné quand elle constate que si la gauche recule partout c’est notamment parce qu’elle a abandonné deux de ses piliers essentiels, les concepts d’avenir et de progrès.  Ces notions sont les socles ontologiques sur lesquels se sont construits les idéaux socialistes.  Il est donc permis à Régis Debray, tout en se revendiquant de  gauche, d’écrire que pour la première fois, il n’y a plus d’après ni au ciel ni sur la terre.  Incroyablement actuelle la définition du progrès par Michelet « Le progrès n’est pas du tout une ligne droite et suivie, c’est une ligne en spirale qui a des courbes, des retours énormes sur elle-même, des interruptions si fortes qu’il ne recommence qu’avec peine et lentement. »  On croirait qu’il parle de ce que l’on connaît en ce moment ! Aujourd’hui, les annonceurs de catastrophes tiennent le haut du pavé, dominent l’aire médiatique, c’est clairement la profession qui fait florès.  Nous sommes dominés par une eschatologie mortifère.  C’est d’ailleurs philosophiquement passionnant car l’espérance en terme chrétien est donc remplacé par l’annonce d’un  enfer climatique dont nous serions responsables.  Le messianisme marxiste faisant croire aux lendemains qui chantent est battu sur toute la ligne. Après avoir espéré dans l’avenir… c’est l’enfer qu’on nous décrit. Pour le Progrès, c’est pareil, alors qu’il a servi de main courante à toute la philosophie socialiste, le voici avalé, englouti dans un pessimisme général, une méfiance à l’égard de la science.  Qu’il suffise de songer aux efforts qu’il faut déployer pour soutenir les campagnes de vaccination.

A ce triste panorama s’ajoute la disparition du croquemitaine communiste, lui aussi a sombré étouffé par sa bureaucratie, sa médiocrité et ses mensonges.  Or, les Etats communistes étaient essentiels à la social-démocratie, avec leur disparition, le « bâton derrière la porte » a été brisé.  Le communisme ne fait plus peur, que dire alors de son avatar socialiste.  Il n’est plus possible de soutenir qu’il faut nous céder « un peu » car si ce n’est pas nous… « ce seront les communistes ! »   La chute d’une autre « Goldman Sachs » effraye beaucoup plus !  Ce changement de perspective a tout bouleversé, ce n’était pas la fin de l’histoire comme voulait le faire croire Fukuyama, c’était le début d’une autre histoire mais nous socialistes n’avons rien vu, nous contentant de porter les oripeaux d’un monde disparu.  Dans cette histoire là, d’aucuns voudraient que nous n’ayons plus notre place.  Nous croyions entrer dans l’Union européenne et nous devenions des personnages d’un sinistre « Socialist park ! »

On pourrait croire que ces dernières considérations m’éloignent de la problématique bruxelloise, il n’en est rien !  Car, s’il se joue sur les grandes scènes de l’histoire l’acte tant redouté d’un énorme basculement dans les gouffres de la droite, à Bruxelles, minuscule laboratoire de l’affaissement de nos valeurs, se déroule un vaudeville mal ficelé où le PS bruxellois n’est plus que la caricature de ce qu’il fût.  Impossible d’éviter à Bruxelles que le comique supplante le tragique !  L’esprit dynastique, clanique et communautaire ayant pris la place des principes qui nous ont construits, ce n’est pas « Mr. Smith va au Sénat » mais la fille de la famille Beulemans devient députée régionale, normal, son papa était ministre. Seule question, celle-là toute personnelle, étant de savoir si cela vaut encore la peine de s’indigner, de contester, de se battre.  Faut-il pour se justifier citer Hugo, tiens un type qui croyait dur comme fer dans l’avenir et le progrès, « ceux qui vivent sont ceux qui luttent. »  Le grenier de ma mémoire est trop encombré des glorieux souvenirs des combats de la gauche pour que soit jugulé mon inépuisable réservoir de ressentiments.  Je ne veux pas être l’un de ces nombreux déçus qui pourraient chanter « j’avais rêvé un autre rêve. »   La gauche ne fait plus rêver… tu le sais Elio quand on ne rêve plus… On meurt !

Non ! Notre devoir est de surmonter les renonciations du désenchantement mortel, d’être capables de construire un autre rêve inscrivant les hommes dans un monde plus juste, plus humain dont les valeurs de la gauche resteront le socle !   La gauche, je n’ose pas parler de la gauche bruxelloise, ferait bien de méditer ce qu’écrit le philosophe Michael Foessel quand il suggère que « le fait de ne pas être réconcilié avec son passé constitue peut-être le seul moyen d’avoir un avenir. »

Voilà, Cher Elio, Ite Missa est !  Impossible que tu lises un jour cette pauvre lettre, trop longue, beaucoup trop longue, maladroite, sur les pitoyables successions dynastiques et communautaires à Bruxelles,  finalement dérisoires ; tu règleras les comptes lors de la prochaine négociation communautaire et basta !  Roulez jeunesse…

Mais que m’arrive-t-il ?  Ecrivant ces dernières lignes la tête me tourne tant l’oxygène que je respire maintenant est vif, la grille de lecture imposée aux socialistes bruxellois s’est brisée, les miasmes méphitiques de la pensée unique évaporés, disparus, je vais pouvoir être moi-même. Personne ne me dictera plus ce que je dois dire ou penser !  Soulagé… un mot s’inscrit sur mes lèvres, précieux, irremplaçable, essentiel, vital… LIBRE… enfin !

Hermanus Auguste Merry,
Bruxelles, le 9 Novembre 2015

Journal de guerre: quand finira la blague belge?

La blague belge devient de plus en plus de mauvais goût. Ces dernières semaines ont montré combien la Belgique était une naufragée politique en Europe: police défaillante, roi défaillant, classe politique défaillante. Combien de temps la France pourra-t-elle coexister au côté de cet Etat fantoche qui menace directement sa sécurité?

Philippe, digne héritier de Léopold III

Les Français ignorent trop souvent que la famille royale belge est d’origine et de langue allemande. Les Saxe-Cobourg-Gotha, dont l’une des descendantes s’appelle Elisabeth II d’Angleterre (photographiée à Londres dans les années trente en train de faire le salut nazi) , ont aujourd’hui répandu leur poison sur un grand nombre d’Etats souverains en Europe, dont la Belgique et le Luxembourg.

 

Le traître Léopold III et ses enfants
Le traître Léopold III et ses enfants

Les Français ignorent que, en 1940, le roi des Belges, l’Allemand Léopold III, a scandaleusement capitulé dans le dos des Français (en ayant probablement prévenu les seuls Anglais dont il se sentait familialement proche), avant de renoncer à combattre en Angleterre. Il a préféré prendre du bon temps avec sa bonne, Liliane Baels, la nounou de ses enfants, qu’il épousa en pleine occupation.

Philippe Ier a bien suivi l’exemple: comme le révèle le Canard Enchaîné, le roi Philippe enfilait les tisanes et les verveines dans un hôtel de luxe en Bretagne pendant que Bruxelles passait, pendant 4 jours, en état d’urgence maximale. Pour un peu, il se faisait conduire en Bavière et demandait l’asile politique à Angela Merkel.

Charles Michel, le benêt de la Grand Place

Longtemps, Albert II avait repoussé le moment d’abdiquer parce qu’il connaissait les limites de son fils Philippe. Les Belges ne sont décidément pas gâtés: ils ont hérité un autre fils – leur Premier Ministre Charles Michel, fils de Louis, connu en son temps comme commissaire européen souvent invité sur les chaînes françaises tant sa gouaille et son bon sens paysan divertissaient les Français.

Charles et Louis Michel
Charles et Louis Michel

Dans la catégorie « benêts », Charles le dispute étroitement avec Philippe. On a pu le voir à l’occasion de l’état d’urgence à Bruxelles: Charles a pu plonger la capitale européenne dans le noir, le silence et le sommeil pendant 4 jours sans aucun bénéfice policier. Selon lui, les rues de Bruxelles étaient parcourues par de dangereux terroristes prêts à agir en bande. Malgré de nombreuses perquisitions et des rues occupées uniquement par des policiers et des militaires, pas une seule arme trouvée, pas un seul terroriste arrêté.

La faillite de la classe politique belge

Avec une certaine transparence, les langues se sont quand même déliées en Belgique à cette occasion. La gestion de Philippe Moureaux, bourgmestre de Molenbeek pendant 20 ans, a suscité quelques remarques de bon aloi.

Le bonhomme Moureaux a quand même, en son temps, accordé un logement social à la famille Abdeslam, désormais de sinistre renom. Non content de ce cadeau plein de bon sens et d’anticipation, le même Moureaux a recruté un Abdeslam dans son cabinet. De quoi nourrir le ressentiment d’une famille qui peut s’estimer discriminée par les méchants racistes belges et ainsi justifier une radicalisation qu’il ne faut pas amalgamer, bien entendu.

Philippe Moureaux, ancien bourgmestre de Molenbeek
Philippe Moureaux, ancien bourgmestre de Molenbeek

Dans la foulée, on a appris que la successeuse de Moureaux, la bourgmestresse de Molenbeek, avait reçu en mai 2015 la liste des terroristes qui se sont illustrés le 13 novembre à Paris. Elle s’est empressée de la placer sous son armoire, en arguant du fait que ce n’était pas son boulot de surveiller les islamistes.

En réalité, la classe politique belge vaut bien la classe politique française: elle ne s’occupe pas de l’intérêt général, et ne se mobilise que pour ce qui sert directement à sa réélection.

La blague communautaire belge

Si l’incurie belge se limitait aux problèmes de sécurité qui mettent la France (arrogante, suffisante, incompétente, etc. selon le prêt-à-penser belgicain) en danger, on n’en parlerait même pas. Les élites françaises bêlantes n’y trouveraient pas à redire. Mais cette incurie s’étend en réalité à l’ensemble des problématiques collectives de ce grotesque voisin d’une France en plein déclin.

Ainsi, à l’occasion de la COP 21, le bouffon Charles Michel a-t-il dû reconnaître que les Flamands et les Francophones belges ne s’étaient pas mis d’accord entre eux sur leur position diplomatique en matière de réchauffement climatique et n’avaient toujours pas trouvé d’accord « belgo-belge » sur le sujet. Officiellement, le blocage vient des Flamingants de la NVA avec lesquels Charles Michel a accepté de se salir les mains. En réalité, le sujet est emblématique: les Belges sont incapables d’avoir la moindre vision d’anticipation et ne se satisfont que des « compromis à la belge », appelés en Italie « combinazioni ».

Les Flamingants manifestent à Bruxelles
Les Flamingants manifestent à Bruxelles

Cette situation a valu à la Belgique le titre de « fossile d’or ».

La blague belge et le réchauffement climatique

On reconnaîtra sur ce coup une certaine intelligence aux politiciens francophones. Si le réchauffement climatique devait durer, il provoquerait en effet la disparition, à l’horizon 2100, d’une partie de la Flandre. Le pays connaîtrait alors une nouvelle « transgression flandrienne » telle qu’elle sévissait jusqu’au 13è siècle. Les Flamingants sont suffisamment stupides pour ne pas s’en inquiéter.

La malice francophone est ici subtile: c’est en effet la communauté française de Belgique qui sortira renforcée du réchauffement de la planète.

Un emblème de la future Europe

Longtemps, les politologues ont vanté la marche de la Belgique vers le fédéralisme comme le modèle à suivre pour l’Europe. 2015 a constitué une épreuve de vérité sur ce point: le fédéralisme, c’est d’abord un immense affaiblissement régalien qui met l’ensemble du pays en situation de risque. Y compris ses voisins.

La France devrait en tirer toutes les conséquences: tout le monde (les Belges en tête) n’est pas capable d’être indépendant. Comme chacun le sait, les blagues les plus courtes sont les meilleures. La blague belge dure depuis près de deux cents ans! maintenant, elle lasse.

 

Voix du Nord, voix de ses maîtres

Article écrit pour Atlantico.

En titrant sur l’arrivée du Front National à la tête du conseil régional du Nord-Picardie et sur les inquiétudes que susciterait cette imminence, la Voix du Nord a fini de jeter un masque levé depuis plusieurs semaines déjà sur la collusion de plus en plus malsaine entre la presse subventionnée et le pouvoir qui la subventionne. Après les affaires Verdier et Guénolé, c’est donc au tour de la presse régionale de se tirer une balle dans le pied en faisant cause commune avec un système dont le rejet est grandissant au sein de l’opinion publique.

La Voix du Nord et ses 4 millions d’euros de subvention

Au seul titre des subventions accordées par le ministère de la Culture, la Voix du Nord perçoit 4 millions d’euros annuels: 3,7 millions au titre de la Voix du Nord elle-même, et 250.000 euros au titre de Nord Eclair. Ce petit coup de pouce a évidemment un prix: il oblige à défendre un système qui sera désormais à coup sûr remis en cause par le Front National en cas de victoire électorale.

Les pleines pages consacrées par le quotidien à la lutte contre le Front National ne peuvent que surprendre. Le directeur de la publication doit forcément se douter que sa prise de position apparaîtra, aux yeux de l’opinion publique, comme une défense corporatiste de son financement, avant d’être une participation objective au débat.

S’agissant d’un parti, le Front National, qui dénonce la collusion du « système », la démarche est fondamentalement maladroite.

La presse subventionnée et la tentation de la soumission

Cette affaire s’inscrit dans un contexte malsain où le pouvoir hollandiste est de plus en plus traversé par la tentation autoritaire vis-à-vis de la presse. Le spectacle est assez comique d’ailleurs. Depuis mai 2012, le pouvoir exécutif ressemble à un triomphe de la docilité en cascade: François Hollande a écarté du pouvoir tous les gêneurs qui à leur tour caporalisent l’ensemble du « système » et interdisent toute forme de pluralisme.

C’est le cas avec Fleur Pellerin, sous-dimensionnée pour les postes qui lui sont confiés. Celle-ci n’a pas hésité à inventer de nouveaux critères dans l’attribution des aides à la presse, qui lui permettent de servir les amis du pouvoir et de tarir les soutiens aux dissidents. On notera que Valeurs Actuelles devrait être « puni » pour son impertinence au titre de cette nouvelle politique de gauche.

Voix du nord

L’évolution discrète du pouvoir exécutif ne manque pas d’inquiéter. Elle souligne que la profonde crise politique que le pays traverse se traduit par une partialité grandissante de l’Etat et une stratégie de repli sur « le système » qui ressemble de plus en plus à une forteresse assiégée. On ne peut évidemment évoquer ce point sans faire le parallèle avec la fièvre obsidionale qui domine les esprits gouvernementaux. Avant même la proclamation de l’état d’urgence, Valls pilotait en réalité un virage autoritaire dont la sécurité est devenue le prétexte commode.

La poutinisation de François Hollande

Les petits caniches de la gauche au pouvoir, Bruno Leroux en tête, peuvent bien aboyer autant qu’ils veulent contre les violations de Droits de l’Homme en Russie. Ils peuvent rouler le bonhomme Poutine dans toute la boue qu’ils veulent: la méthode de gouvernement qui se met en place en France n’a rien à envier à ces logiques qui paraissent scandaleusement autoritaires au pied de l’Oural.

Que n’aurait pas dit la gauche si Poutine, dans la foulée des attentats tchétchènes en Russie, avait décrété un état d’urgence se traduisant par l’assignation à résidence de militants écologistes manifestement étrangers à ces attentats, et avait conduit une politique d’aide à la presse godillot comme celle à laquelle nous assistons en France? Les mots de « dictature » et de « coup d’Etat » auraient fusé.

Voix du Nord

Ceux-là mêmes qui justifiaient la dangereuse politique anti-russe de l’Allemagne en Ukraine au nom de la démocratie sont les premiers à justifier, au nom de cette sacro-sainte démocratie, les entorses de plus en plus flagrantes à l’impartialité de l’Etat et au droit. La France a non seulement annoncé au Conseil de l’Europe qu’elle violait désormais la Convention de Sauvegarde des Droits de l’Homme, mais elle pousse le vice jusqu’à piquer sa presse prétendument pluraliste à l’étrange morphine d’une dictature dont on n’aurait pu soupçonner l’existence il y a encore quelques mois.

C’est ainsi que les démocraties finissent: par la lente soumission à l’autorité, sous l’effet d’une passivité, d’une résignation, d’une complaisance des élites qui illustrent avec excellence les ravages produits par la décadence morale de toute une classe sociale. La confort plutôt que la liberté! l’affection plutôt que la vertu! la collusion plutôt que le droit!

Dieu! que l’agonie du régime est longue, glauque et navrante.

Les silences européens sur la Turquie

Article initialement paru sur DÉCIDER & ENTREPRENDRE.

Un sommet entre l’Union Européenne et la Turquie s’est tenu dimanche à Bruxelles, qui a débouché sur un premier accord dont le texte laisse perplexe. Le rappel de ses grandes lignes le démontre amplement.

Redynamisation du processus d’adhésion

Premier point indiqué dans le communiqué à l’issue de la réunion: le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne doit être redynamisé.

La Turquie et l’Europe « se sont engagés à consolider leur liens existants et leur solidarité et adoptent une action évaluable pour préparer un futur commun. »

La Turquie obtient ici une très belle victoire politique, en posant noir sur blanc l’objectif de son adhésion à l’Union Européenne dans les prochaines années. Le communiqué établit un lien clair entre cette adhésion et la lutte contre le terrorisme.

Les discussions devraient reprendre dès décembre 2015.

Des sommets semestriels

Pour mener à bien ce processus, des sommets auront lieu chaque semestre. Ceux-ci auront pour charge de faire le suivi du processus d’adhésion. Le communiqué ajoute ceci:

Regular discussions and cooperation on foreign and security policy should be enhanced including on counter-terrorism against the background of serious security challenges notably the rising threat of terrorism in all its forms and manifestations.

(Des discussions régulières et une coopération en matière de politique étrangère et de sécurité y seront ajoutées, incluant la lutte anti-terroriste contre le contexte de menaces sérieuses sur la sécurité, tout particulièrement la montée des risques terroristes sous toutes leurs formes et manifestations).

Face au risque de pactiser avec un Etat dont le gouvernement soutient les mouvements terroristes, les Européens ont donc posé le problème d’un lien nécessaire entre l’adhésion et la lutte contre l’Etat Islamique… ou les autres visages du terrorisme.

Un calendrier précis

Le communiqué précise que les discussions sur les politiques économiques et monétaires s’ouvriront dès le mois de décembre 2015. Au cours du premier trimestre 2016, les Européens passeront en revue les chapitres à ouvrir avec la Turquie. Dans les prochains mois, un calendrier précis du processus d’adhésion devrait donc voir le jour, y compris avec le mécanisme de dialogue économique de haut niveau.

Suppression du visa pour les Turcs

L’Union Européenne a lâché, en plus de la relance du processus d’adhésion, une autre concession de taille: la libéralisation des visas à partir de juin 2016 pour les citoyens turcs. Cette libéralisation est soumise à une série de validations techniques, mais elle devrait intervenir courant 2016 si les étapes sont franchies avec la Turquie.

3 milliards d’aide pour les réfugiés

L’Union s’engage à verser à la Turquie une première tranche d’aide de 3 milliards € pour les réfugiés syriens installés sur le territoire turc. La Turquie prétend dépenser 8 milliards d’euros pour ses 2,2 millions de réfugiés. Les modalités de versement de cette aide ne sont pas encore définies.

La contention des réfugiés

Une fois ces concessions énumérées, le communiqué cite la concession obtenue par les Européens: la contention (stemming en anglais) des réfugiés syriens prévue par le Plan d’Action conjoint d’octobre 2015. Cette politique prévoit notamment la réinstallation en Turquie des migrants illégaux qui ne rentreraient pas dans les critères de l’asile européen.

Rien sur les Droits de l’Homme

On remarquera que ce document occulte complètement la question des Droits de l’Homme, qui devient pourtant critique dans la Turquie d’Erdogan. Alors que deux journalistes ont été emprisonnés cette semaine à Istanbul pour avoir révélé l’existence d’un convoi d’armement pour l’Etat Islamique, l’Union Européenne s’offre le luxe de passer le sujet sous silence…

Rien sur le soutien à l’Etat Islamique

Parallèlement, le communiqué européen reste extrêmement discret sur l’implication de la Turquie dans le conflit syrien, et en particulier sur le soutien (officiel) que la Turquie apporte à la rébellion musulmane dite modérée, ni, très probablement, à l’Etat Islamique.

Rien sur la Russie

Dans le même temps, le communiqué réussit l’exploit de passer également sous silence la question des relations avec la Russie. Pourtant, la France cherche à monter une coalition, avec une coordination militaire étroite avec les Russes. La chasse turque a abattu, la semaine dernière, un avion russe… mais ce sujet semble avoir été minutieusement exclu des pourparlers avec l’Union.

Faut-il y voir le signe d’un affaiblissement de la France, dont les préoccupations démocratiques sont passées sous silence?