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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Europe: 3 informations éclipsées par la Grèce

La crise grecque a monopolisé l’attention de l’Europe depuis près de 3 semaines, mais quelques informations annexes méritant pourtant d’être mentionnées. En voici trois qui méritent d’être lues.

La Russie réarme, l’Europe s’oppose

La crise ukrainienne est passée au second plan pendant les déchirements helléniques. Pourtant, la situation sur le front est loin d’être stabilisée. Les bombardements meurtriers sur Donetsk continuent. Rien ne laisse à penser que cet état de fait doive s’améliorer dans les prochains mois, bien au contraire.

Le président Poutine vient d’annoncer une nouvelle phase de réarmement. Il a décidé de constituer un corps de réserve de 5.000 soldats susceptibles d’intervenir en Ukraine. Parallèlement, le vice-président de la Commission Européenne à l’Energie a annoncé que l’Union s’opposerait à la construction de nouveaux gazoducs par la Russie.

« Si le but de la Russie est effectivement de vider peu à peu l’itinéraire de transit gazier par l’Ukraine, c’est une chose que l’UE ne peut pas admettre. Parce que cela modifierait l’équilibre gazier en Europe et placerait les pays d’Europe centrale et orientale dans une situation extrêmement difficile »

La crise ukrainienne est donc très loin d’être finie. Une fois de plus, ce sont les pays du Lebensraum prussien qui attise le conflit.

TAFTA et les lobbies

Les ONG Corporate Europe Observatory et Sum of Us ont publié cette semaine une étude sur l’intervention des lobbies dans la négociation du traité TAFTA. Elle souligne le poids des représentants des entreprises dans les consultations organisées par la Commission: près de 90% des séances est occupé par ceux-ci, pendant que la société civile est réduite au minimum.

Business et le Transatlantic Business Council sont les deux groupes les plus présents, talonnés par l’industrie chimique et les producteurs d’automobile. Il ne sera donc pas dit que le traité transatlantique n’est pas soutenu par les milieux industriels! Manifestement, l’industrie européenne aime le libre-échange et tient particulièrement à se coller au marché américain.

Certaines entreprises font le choix d’approcher la Commission sous leur propre marque. C’est le cas d’IBM, de Ford, de British Telecom et de Deutsche Telekom, ainsi que de Nokia. En revanche, aucune entreprise française ne s’est démasquée sur le sujet. On verra si cette absence leur portera chance…

La CEDH condamne la France pour ses violences policières

Enfin, alors que les policiers anti-terroristes défilaient sur les Champs-Elysées, la Cour européenne des Droits de l’Homme a condamné la France pour son inaction face aux violences policières. Elle visait en l’espèce une interpellation brutale par des agents de la SNCF en 2004:

Abdelkhader Ghedir, qui avait reçu des coups à la tête ayant notamment occasionné la fracture d’une vertèbre, s’est vu reconnaître une incapacité partielle permanente estimée à 95%.

Cet habitant de Villepinte, alors âgé de 21 ans, avait été interpellé le 30 novembre au soir en gare de Mitry-Villeparisis, par des agents du Service de surveillance générale (Suge) de la SNCF qui le soupçonnaient à tort d’avoir jeté des pierres sur des trains dans l’après-midi.

Confié à la police, le jeune homme était tombé dans le coma au début de sa garde à vue et n’en était sorti qu’au bout de trois mois.

Trois agents de la SNCF avaient été mis en examen pour « violences volontaires » dans le cadre d’une information judiciaire qui s’était conclue par un non-lieu, confirmé en appel et par la Cour de cassation.

Dans leur arrêt, les juges de Strasbourg concluent, unanimement, à une violation des droits de la victime en raison « d’un faisceau d’indices suffisant » et de « l’absence de fourniture par les autorités internes d’une explication satisfaisante et convaincante à l’origine des lésions du requérant ».

Ils donnent six mois aux parties, Abdelkhader Ghedir et sa famille d’une part, le gouvernement français de l’autre, pour trouver un accord sur une indemnisation, faute de quoi la question sera tranchée dans un nouvel arrêt.

Tout est dit…

Elisabeth II: pour un révisionnisme des histoires royales

En dévoilant un film où l’on voit la future reine Elisabeth II faire le salut nazi en 1933, sous la houlette de son oncle le futur et éphémère Edouard VIII, le Sun rappelle les amours secrètes et interdites entre l’Allemagne nazie et les familles régnantes belge et anglaise: les Saxe-Cobourg et Gotha. Cet épisode volontiers caché par l’histoire officielle est pourtant incontournable pour comprendre l’affaiblissement de la France à partir de 1939.

Elisabeth II, une Saxe-Cobourg-Gotha

Les Français sont peu familiarisés avec l’histoire des familles régnantes de Belgique et d’Angleterre. Pourtant, leur origine est éclairante. Elisabeth II est en effet une descendante de la reine Victoria, épouse d’Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. L’oncle d’Albert n’était autre de Léopold Ier, roi des Belges, et la petite histoire raconte d’ailleurs que c’est Léopold qui organisa la première rencontre (et le mariage) entre la reine d’Angleterre et son neveu Albert.

Les puristes rappelleront au passage que la mère de Victoria n’était autre que la tante d’Albert… Autrement dit, Victoria épousa un cousin germain Saxe-Cobourg-Gotha, mais elle appartenait déjà à cette famille par sa mère. Ces petites histoires ne relèvent pas que de l’anecdote: elles illustrent avant tout le bain germanique (saxon, et non prussien) dans lequel les familles régnantes belge et anglaise étaient plongées.

A titre d’exemple, le grand oncle d’Elisabeth II, le roi George V, s’était vu, lorsqu’il était jeune, refusé un mariage avec Marie d’Edimbourg, une cousine germaine dont la famille était soupçonnée d’être trop pro-allemande. En 1917, George V décida d’ailleurs d’abandonner le patronyme « Saxe-Cobourg-Gotha » parce qu’il était trop allemand. Il adopta alors le nom de Windsor.

Elisabeth II, une éducation pro-allemande

Elisabeth accède au trône grâce à l’abdication de son oncle Edouard VIII. Officiellement, celui-ci renonce à la couronne pour pouvoir épouser une Américaine divorcée. Mais la vraie raison de ce retrait est probablement ailleurs: comme le montre le Sun, Edouard VIII avait une admiration pour l’Allemagne nazie et n’a pas hésité à montrer à sa nièce Elisabeth, alors âgée de 6 ans, les bonnes manières d’Outre-Rhin.

La famille Saxe-Cobourg-Gotha ne brillait donc pas seulement par un patronyme tout droit venu d’Allemagne. Ses membres avaient conservé un petit penchant pour leur pays d’origine et l’arrivée de Hitler au pouvoir ne les a pas tous laissés indifférents.

Cela ne signifie bien entendu pas que la famille royale d’Angleterre se soit majoritairement prononcé en faveur de l’Allemagne nazie. En revanche, le film rendu public par le Sun montre la façon toute personnelle dont s’est posée la question de la guerre pour ces familles régnantes allemandes, que ce soit en Grande-Bretagne ou en Belgique.

Après son abdication, Edouard VIII (devenu « simple » duc de Windsor) fut affecté au corps expéditionnaire britannique en Belgique, puis éloigné aux Bahamas, sous surveillance constante des services secrets. Ses amitiés avec l’Allemagne ont alors fait couler beaucoup d’encre, certains l’accusant même d’avoir livré les plans de bataille alliés à la Wehrmacht.

Les Saxe-Cobourg-Gotha et le nazisme: une histoire délicate

Face à l’Allemagne nazie, les Saxe-Cobourg-Gotha auront de façon constante une attitude extrêmement ambiguë.

En Belgique, le roi Léopold III proclame la neutralité belge dès 1936. Je ne rentre pas ici dans les détails discutés plusieurs fois sur ce blog du positionnement militaire belge face à la France entre 1936 et 1940. Une tradition désormais ancrée veut en effet que cette neutralité n’ait pas empêché des contacts directs entre Léopold III et Gamelin, le général en chef français qui organise savamment la défaite de 1940. Je retiens juste que la neutralité belge a empêché toute occupation préventive de la Belgique, et toute attaque préventive de l’Allemagne dès 1939, grâce à laquelle les Alliés auraient pu profiter de la concentration des troupes allemandes en Pologne pour porter un coup fatal à l’Allemagne.

On notera en outre que l’effort de guerre britannique fut d’emblée très limité, et concentré sur le sol belge. Léopold III en tira argument: il soutint que le retrait brutal des troupes britanniques à partir du 24 mai rendait impossible la poursuite du combat par les Belges. Le retrait britannique ouvrait donc la porte à la capitulation belge. Les amateurs d’historie se rappelleront là encore que l’armée allemande observa une sorte d’attentisme poli le temps que les troupes britanniques soient ramenées au pays à partir de la poche de Dunkerque, qui était pourtant à portée des canons de Guderian.

Après l’évacuation de Dunkerque, les mauvaises langues aiment également à rappeler la relative modicité de l’effort de guerre fourni par les Britanniques. Il est en tout cas évident que Churchill évitera autant que possible d’ouvrir des fronts terrestres où la Grande-Bretagne essuierait trop de pertes humaines, alors que Staline revendique à partir de 1941 une attaque de diversion pour soulager le choc de l’opération Barbarossa.

Au total, la Grande-Bretagne a dénombré environ 350.000 morts entre 1939 et 1945, soit quinze fois moins que l’Allemagne.

Pendant que la Grande-Bretagne attendait avec impatience l’entrée en guerre des Etats-Unis pour livrer bataille en Europe, Léopold III s’installait en Allemagne…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’engagement des Saxe-Cobourg-Gotha contre l’Allemagne nazie n’a pas brillé par sa frénésie.

Pour un révisionnisme de l’histoire royale

Au-delà des anecdotes sur les têtes couronnées, l’attentisme des Saxe-Cobourg vis-à-vis de l’Allemagne nazie pose une question de fond sur la stratégie diplomatique suivie par ces familles allemandes qui dirigent des pays voisins de la France.

Depuis 1815, l’Europe est construite autour d’un encadrement de la France destiné à éviter sa trop grande montée en puissance. L’attitude des Saxe-Cobourg à partir de 1933 montre bien quel mécanisme s’est mis à l’oeuvre pour permettre autant que possible à Hitler de redonner à l’Allemagne une puissance perdue en 1919 à Versailles: neutralité militaire de la Belgique, soutien militaire symbolique à la France de la part de l’Angleterre, puis solitude de l’URSS face à l’armée allemande. Dans le même temps, les Saxe-Cobourg ont organisé l’affaiblissement de la France: soutien très mesuré à De Gaulle et préférence pour Giraud, attaque de la flotte à Mers-el-Kébir, abandon du champ de bataille en 1940.

Certes, cette attitude n’explique pas à elle seule le naufrage militaire français de 1940 qui est d’abord dû à l’incompétence de l’état-major. Néanmoins, si l’on admet que l’histoire de l’Europe ne commence ni en 1940, ni en 1945, mais qu’elle répond à un équilibre pluri-séculaire… il est clair que l’attitude des Saxe-Cobourg constitue un maillon important du cantonnement de la France à un espace politique beaucoup trop réduit.

Ce révisionnisme historique-là (relire l’histoire contemporaine au prisme d’un grand équilibre européen dessiné en 1815) est une tâche indispensable pour retrouver un destin conforme à notre histoire.

La zone euro est-elle économiquement viable?

Alors que la zone euro est désormais présentée par la gauche et la gauche de la gauche comme « the place to be » justifiant « un accord à tout prix » pour y rester (même au prix d’un écartèlement social de la Grèce), un examen économique rapide laisse quand même perplexe sur l’avenir de cette verrue monétaire dans l’histoire du continent.

La zone euro, terre de déflation…

Premier problème: la zone euro est une indécrottable terre de déflation, cette vieille amie de la Prusse et de la rente. L’évolution des prix depuis dix ans le prouve à foison:

Source: Eurostat
Source: Eurostat

La situation globale des prix se situe au-dessous de la cible de 2% fixée par les traités depuis près de deux ans. Depuis la crise de 2008 (sept ans déjà…), la zone euro n’aura vécu que deux ans avec une inflation supérieure à 2%. Mais, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que les biens industriels et les services vivent sous une inflation de 2% de façon ininterrompue depuis début 2009 et se sont situés autour des 2% entre 2005 et 2009.

Pour les entreprises françaises, cette situation d’équilibre est compliquée à gérer car la pression socio-fiscale augmente par ailleurs. La préservation des marges suppose donc soit de délocaliser pour aller vers des pays où les coûts socio-fiscaux sont moins élevés, soit de gagner en permanence de la productivité, ce qui se traduit par un chômage structurel.

En ce sens, la politique d’inflation faible, qui tourne à la déflation, organise un chômage élevé et une faible croissance qui sont autant de plaies pour l’économie française.

La BCE ne parvient pas à réanimer l’inflation en zone euro

La zone euro aime tellement la déflation que celle-ci paraît désormais inexorable. Mauvaise nouvelle tombée cette semaine: la politique d’assouplissement quantitatif lancée en début d’année par la BCE, avec une intervention mensuelle de 60 milliards sur le marché des dettes souveraines, ne permettra pas de revenir à une inflation de 2%.

Pour les gouvernements, ce pronostic constitue une véritable difficulté. L’économie européenne puise en effet dans ses « batteries de secours » pour relancer l’inflation. Pour y parvenir, la BCE maintient des taux bas, destinés à orienter les liquidités vers le financement de l’activité.

Manifestement, cette politique ne devrait pas porter des fruits suffisants. Malgré des perfusions colossales de liquidité, les économies de la zone euro devraient rester en « sous-régime » au moins jusqu’en 2018, ce qui signifie faible consommation et reprise atone, sans création d’emplois.

Cette description sommaire reste toutefois très optimiste, parce qu’elle part du principe que, d’ici là, les taux d’intérêt n’auront pas augmenté. On le voit, même dans un scénario positif, l’équation zone euro = prospérité vendue par les gouvernements européens (Moscovici en tête) depuis des années est une pure fiction.

Un scénario aggravé par la remontée des taux?

Je disais plus haut que l’économie européenne puise dans ses « batteries »: les taux bas imposés par la BCE comme par la Réserve fédérale américaine (et la banque d’Angleterre) sont une épine dans le pied pour la rémunération de l’épargne, notamment en Allemagne.

Rappelons en particulier que les Allemands ont placé environ 1.000 milliards d’euros (soit l’équivalent de l’intervention de la BCE sur le marchés pendant 18 mois…) sur des comptes d’assurance-vie dont 80% ont des taux garantis par l’assureur. Lorsque l’intervention de la BCE aboutit à des taux d’emprunt pour l’Allemagne inférieurs à 1%, cela signifie concrètement que l’assureur doit se débrouiller pour rémunérer ses portefeuilles à taux garantis supérieurs à 1%.

L’expérience montre que l’imagination des assureurs a des limites (statistiquement rapidement atteintes). La pression se fait donc forte, notamment en Allemagne (mais pas que… l’ensemble des places financières est agité par le même sujet) pour arrêter ces politiques d’assouplissement quantitatif et revenir à des taux plus intéressants pour les épargnants.

C’est aussi sous ce prisme qu’il faut lire la crise grecque: les Allemands ont le sentiment de sacrifier l’euro fort (et la rémunération de leur épargne) à des politiques accommodantes destinées à préserver le confort des mauvais élèves. Ils sont convaincus que si tout le monde jouait le jeu (= pratiquait des réformes structurelles drastiques), les taux pourraient remonter sans dommage pour l’économie réelle.

Le débat sur la remontée des taux

Deux banquiers centraux « mondiaux » ont déjà clairement posé la question de la remontée des taux. Il s’agit de Janet Yellen, qui dirige la Fed, et de Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre. Ces deux pointures ont d’ores et déjà placé dans la zone radar une décision de principe dans les mois à venir favorable à cette remontée. Mais le président de la Banque Fédérale allemande (BuBa), le rigide Jens Weidmann, répète (sans surprise) la même chose depuis 2013.

Plusieurs obstacles se dressent aujourd’hui face à une remontée des taux. L’effet de celle-ci est en effet immédiat.

Premièrement, il pousse les investisseurs à revenir vers les marchés occidentaux, alors que les liquidités inondent largement les marchés émergents. Une remontée des taux se traduit par des bugs immédiats et en série pour ces pays, Chine comprise. La crise qui a sévi sur le marché de Shangaï ces dernières semaines oblige à être très prudent avec ce mécanisme, car il constitue un risque important d’instabilité financière mondiale.

Deuxièmement, la remontée des taux, si elle facilite la rémunération de l’épargne, raréfie le recours au crédit bancaire. Elle constitue donc un goulot d’étranglement pour l’investissement dans les entreprises. De ce point de vue, l’arbitrage entre l’épargne et la production (le travail diraient certains) peut constituer un danger létal pour la prospérité collective.

Troisièmement, la remontée des taux a un effet mécanique sur les obligations: la valeur de celles-ci est inversement proportionnel à leur taux de rémunération. Des obligations achetées à prix d’or mais à faible taux d’intérêt deviennent donc des actifs « pourris » lorsque les taux remontent. C’est curieux, mais c’est la règle du jeu sur le marché obligataire. Les règles prudentielles adoptées depuis 2009 obligent alors à passer des moins-values réelles pour les détenteurs de ces titres (banques et compagnies d’assurance). Et là, c’est le spectre d’une nouvelle crise financière qui arrive.

Rémunérer l’épargne, ou la mort lente de la zone euro

Structurellement, la zone euro a donc un problème avec ses épargnants. Ils sont nombreux, riches, et souvent hanséatiques (si l’on me pardonne cette expression qui a le mérite d’être « historique »). Ils en veulent pour leur argent: c’est-à-dire des taux d’intérêt élevés et sans risque. Cela suppose une ponction sur l’activité réelle qui est difficilement compatible avec une forte expansion.

La BCE est en train de tordre la réalité pour explorer les marges maximales qui lui sont données pour préserver la production de richesse. Mais la manoeuvre fonctionne mal et les épargnants commencent à s’impatienter: ils préfèreraient que l’on revienne à une rémunération efficace de la rente, plutôt que d’aider tous ces fainéants du Club Med: Français, Grecs, Italiens, Portugais, Espagnols…

Le problème est que la récession touche aussi des pays hanséatiques comme la Hollande…

Peu à peu, la zone euro doit faire le constat douloureux qu’elle n’est pas conçue pour assurer la prospérité de ses membres, mais seulement pour celle de ses épargnants.

Et ça, en phase de révolution technologique disruptive, c’est un moment douloureux…

 

 

Grèce: la bataille fait rage entre le FMI et l’Allemagne

Alors que la Grèce devrait recevoir 7 milliards € d’aide de ses créanciers pour… rembourser ses créanciers, une bataille plus secrète fait rage entre l’Allemagne et le FMI pour la suite des opérations. Cette bataille mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle recouvre utilement une lutte d’influence entre un axe franco-américain partisan d’un allègement de la dette grecque, et un axe « hanséatique » conduit par l’Allemagne hostile à cet allègement.

Le FMI et la Grèce

Largement conspué il y a un mois par Alexis Tsipras qui le jugeait criminel, le FMI se bat aujourd’hui pour alléger la dette grecque, en affirmant qu’un plan de restructuration est un préalable à son intervention dans le 3è plan d’aide. Christine Lagarde l’a rappelé aujourd’hui. Selon elle, le 3è plan d’aide à la Grèce n’est pas viable sans un allègement de la dette.

“For us to participate, we need a complete program and from our point of view, this program has two parts,” she told Europe 1.

The first part is that the Greeks must enact fundamental reforms to free up the economy and allow it the possibility to grow.

“The second part comes from the lenders, and that consists on one hand of providing finance and on the other hand of restructuring the debt to ease the burden,” she said.

<« Pour que nous participions au plan, nous avons besoin d’un programme complet et de notre point de vue ce programme doit comporter deux parties: d’un côté, les Grecs doivent adopter des réformes essentielles pour libérer leur économie et rendre possible la croissance. L’autre côté provient des créanciers, et consiste en un volet financement et en un volet allègement de la dette pour faciliter le fardeau »>

On retrouve ici une position à la fois américaine et française, qui n’est probablement pas dénuée d’ambiguïté. Du côté français, la crise grecque agit avec un effet miroir et comme un test pour ce qui pourrait se passer en France à terme. Du côté américain, la peur de perdre un allié important dans la région face à une Turquie dont le jeu avec l’Etat Islamique est ambigu n’est pas pour rien dans un soutien marqué.

L’Allemagne tente une clé de bras sur le FMI

Face à cet axe franco-américain, l’Allemagne maintient une politique rigide, qui vise à échanger un allègement de la dette contre un Grexit. L’argumentation prussienne est désormais bien connue: le bon sens recommande d’alléger la dette grecque, mais les traités ne le permettent pas, sauf à pratiquer un Grexit.

C’est pour cette raison que le cruel Schaüble a déjà annoncé hier soir que le FMI ne participerait pas à la première phase du 3è plan d’aide: faute d’une discussion sur l’allègement de la dette, aucun accord avec le FMI ne sera possible.

Sur cette ligne dure, l’Allemagne a commencé à engranger les soutiens. Les Bulgares ont par exemple posé un principe de non-solidarité avec la Grèce (plus riche que la Bulgarie, cela dit), pendant que les Finlandais ont marqué leur hostilité à tout allégement de la dette grecque. Leur Premier Ministre a d’ailleurs qualifié ce débat « d’inutile ».

La dette grecque est en fait un train financier qui cache un train politique: le fossé se creuse entre les peuples de la Hanse qui ne veulent rien lâcher, et les « Atlantistes » partisans d’un arrangement global.

 

Langues régionales: Hollande divisera-t-il la République pour être réélu?

Les langues régionales constitueront un important coût caché derrière la candidature de François Hollande en 2017, et c’est d’ores et déjà très agaçant. Les amoureux de la langue française, les désespérés de l’Education Nationale et les héritiers d’une tradition désormais millénaire ne manqueront pas de s’en offusquer, puisque la France s’apprête à ratifier un texte qui constitue un péril imminent pour l’indivisibilité de la République.

La charte des langues régionales: de quoi s’agit-il?

Le fond du débat tient à la probable ratification par la France de la charte des langues régionales adoptée par le Conseil de l’Europe en 1992.

Peu de Français connaissent cette organisation internationale parfois évoquée comme la Cour de Justice de Strasbourg, aussi appelée Cour Européen de Sauvegarde des Droits de l’Homme, qui statue sur l’application de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Or, il se trouve que le Conseil de l’Europe (installé à Strasbourg) est producteur d’une multiplicité de textes internationaux.

La charte des langues régionales fait partie de cet ensemble et prévoit des dispositions qui constituent une rupture forte avec la tradition française. La charte précise qu’une langue régionale n’est pas un dialecte de la langue nationale, ni la langue des population immigrée. Le texte prévoit un objectif chiffré (article 2):

chaque Partie s’engage à appliquer un minimum de trente-cinq paragraphes ou alinéas choisis parmi les dispositions de la partie III de la présente Charte, dont au moins trois choisis dans chacun des articles 8 et 12 et un dans chacun des articles 9, 10, 11 et 13

Quelles obligations pour respecter les langues régionales

Pour que chacun comprenne bien ce que cela signifie, voici, par exemple, des extraits des paragraphes des articles 8 à 12:

  1. à prévoir une éducation préscolaire assurée dans les langues régionales ou minoritaires concernées; ou
  2. à prévoir qu’une partie substantielle de l’éducation préscolaire soit assurée dans les langues régionales ou minoritaires concernées; ou
  3. à appliquer l’une des mesures visées sous i et ii ci-dessus au moins aux élèves dont les familles le souhaitent et dont le nombre est jugé suffisant (…)
    1. dans les procédures civiles:
      1. à prévoir que les juridictions, à la demande d’une des parties, mènent la procédure dans les langues régionales ou minoritaires; et/ou
      2. à permettre, lorsqu’une partie à un litige doit comparaître en personne devant un tribunal, qu’elle s’exprime dans sa langue régionale ou minoritaire sans pour autant encourir des frais additionnels; et/ou
      3. à permettre la production de documents et de preuves dans les langues régionales ou minoritaires,

si nécessaire par un recours à des interprètes et à des traductions; (…)

  1. En ce qui concerne les services publics assurés par les autorités administratives ou d’autres personnes agissant pour le compte de celles-ci, les Parties contractantes s’engagent, sur les territoires dans lesquels les langues régionales ou minoritaires sont pratiquées, en fonction de la situation de chaque langue et dans la mesure où cela est raisonnablement possible:
    1. à veiller à ce que les langues régionales ou minoritaires soient employées à l’occasion de la prestation de service; ou
    2. à permettre aux locuteurs de langues régionales ou minoritaires de formuler une demande et à recevoir une réponse dans ces langues; ou
    3. à permettre aux locuteurs de langues régionales ou minoritaires de formuler une demande dans ces langues. (…)

Ces quelques exemples me paraissent illustrer clairement les atteintes graves à l’indivisibilité de la République préservée jusqu’ici par des régimes et des gouvernements successifs, d’idéologies diverses mais tous allergiques à la remise en cause du Français comme langue unique de l’Etat en France. Désormais, avec la charte des langues régionales, la justice sera potentiellement rendue en Breton, en Corse, en Provençal, en Alsacien. Ces langues seront obligatoirement enseignées à l’école et les fonctionnaires devront les pratiquer dans l’administration quotidienne.

Dans le même temps, il faudra trouver des moyens nouveaux pour recruter les enseignants qui vont bien (encore une façon de saupoudrer les budgets et de réduire l’effort réel en faveur de l’apprentissage de la lecture), sélectionner les fonctionnaires d’après leur origine géographique, et favoriser l’émergence d’un régionalisme malsain dans la justice.

Il est vrai que ce n’est pas comme si nos déficits publics étaient abyssaux, comme si notre justice fonctionnait mal et comme si l’éducation nationale était en situation de souffrance.

Les langues régionales, une obsession écologiste

Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de soumettre cette réforme constitutionnelle à un Congrès avant 2017?  La réponse est limpide: les langues régionales sont la marotte des écologistes, dont pas mal d’élus rêvent de faire fleurir leur idéal girondin d’affaiblissement du pouvoir central. Il est vrai qu’après trente ans de décentralisation, une caste d’élus locaux s’est accrochée comme une moule à son rocher dans nos provinces, pendant que les dépenses des collectivités explosaient… sans la moindre amélioration des services publics rendus aux citoyens contribuables. Cette caste locale a besoin d’élargir sans cesse son périmètre.

Pour les Verts, l’enjeu est de taille: ils sont convaincus qu’ils ne décrocheront jamais la magistrature suprême. Leurs ambitions sont donc forcément locales et ont besoin d’étouffer le pouvoir de l’Etat central pour prospérer et être assouvies le plus largement possible. Depuis mai 2012, les Verts s’intéressent donc à la question emblématique des langues régionales avec la conviction que cette affaire se terminera forcément par un bénéfice net.

Les langues régionales, un marchandage consternant en vue de 2017

Pour promouvoir leur attachement à l’implosion républicaine, les Verts ont trouvé une parade absolue: ils ont menacé François Hollande de présenter un candidat au premier tour. Pour Hollande, cette perspective est un cauchemar. Il a quand même fini par apercevoir une part de son impopularité, et le syndrome Jospin le menace cruellement: le président sortant a besoin du plus petit nombre possible de candidatures à gauche pour accéder au second tour.

Comme celle de Mélenchon est acquise ou presque, Hollande doit absolument éviter une candidature radicale ou une candidature écolo.

Concernant les radicaux, on notera qu’il maintient habilement Christiane Taubira à un maroquin ministériel (où il neutralise sa dissidence et la compromet devant de potentiels électeurs) en attendant de la nommer présidente du Conseil Constitutionnel. Concernant les Verts, il multiplie les cadeaux qui sont le prix à payer pour éviter une candidature Cosse ou Duflot. Dans ce prix, il y a la COP 21 de décembre, bien entendu… mais aussi la ratification de la charte des langues régionales.

Et voici comment mille ans de construction nationale se trouvent bradés pour permettre à un président mal élu, impopulaire et accessoirement sans vision pour la France, de se représenter devant les électeurs avec une chance raisonnable d’être élu.

Pauvre France! Alors que le 11 janvier a ressoudé l’esprit collectif, de basses manoeuvres politiciennes déconstruisent sans état d’âme ce qui est nécessaire au pays.

Grèce: l’UE va rembourser la BCE

Le vote, cette nuit, par la Vouli, des premières mesures exigées par les créanciers, a eu un effet bénéfique: la Commission Européenne devrait débloquer avant lundi un prêt-relais de 7 milliards. Il s’agit en réalité d’un mouvement d’écriture: la Grèce doit rembourser 3,5 milliards à la BCE le 20 juillet, et 3,2 milliards le 20 août. Autrement dit, la Commission Européenne rembourser la BCE avec l’argent du contribuable européen en allouant à la Grèce le strict nécessaire pour honorer sa signature et ne pas sombrer dans une faillite incontrôlable.

Pour être exact, le prêt relais sera accordé par le Mécanisme Européen de Stabilité Financière (MESF). Rappelons que les fonds du Mécanisme Européen de Stabilité Financière proviennent en premier ressort d’une contribution directe des Etats-membres, c’est-à-dire de l’argent apporté par les contribuables.

Au-delà du 20 août, la Grèce devra rembourser environ 3 milliards sur quatre mois au FMI.

Pour l’instant, les efforts grecs justifient donc que les créanciers neutralisent leur créance et « s’auto-remboursent » sans demander un euro à la Grèce. Il conviendra de voir comment se noue la négociation à venir avec le FMI.

De son côté, la BCE a relevé son plafond d’aide d’urgence aux banques grecques de 900 millions, ce qui ne devrait pas suffire pour permettre la réouverture de ces banques ou, en tout cas, la levée du contrôle des retraits bancaires.

 

L’Allemagne subordonne un allègement de la dette au Grexit

La bataille du Grexit continue en coulisses et l’Allemagne n’a toujours pas désarmé. Le ministre de l’Economie, le cruel Dr Schaüble, a encore une fois avancé ses pions:

« Nous avons franchi une étape supplémentaire », a déclaré le ministre allemand des Finances à l’antenne de la radio Deutschlandfunk en réaction à l’adoption au cours de la nuit par le Parlement grec des réformes exigées par les autres pays de la zone euro.

« C’est une étape importante », a-t-il dit tout en ajoutant que de nombreux économistes doutaient de la possibilité pour la Grèce de sortir de ses difficultés sans une décote sur sa dette. Or une telle décote est incompatible avec les traités sur l’appartenance à la zone euro, a poursuivi Wolfgang Schäuble, ce qui signifie à ses yeux que la Grèce aurait à abandonner provisoirement la monnaie unique.

« Mais ce serait peut-être la meilleure voie à suivre pour la Grèce », a-t-il dit.

 

L’allègement de la dette grecque ne peut passer que par un Grexit… Astucieux!

De son côté, le directeur général du MESF, Klaus Regling, a alerté sur les risques d’effondrement du système bancaire grec dans l’hypothèse où, le 20 juillet, le pays ne disposerait pas d’un prêt relais…

Tsipras n’est donc pas encore assuré de disposer des soutiens financiers nécessaires dès cette semaine, même en ayant adopté les premières mesures exigées par l’Union.

Malheur aux vaincus!

Grexit: le suspens dure toujours

Le Grexit couve toujours. On lira utilement ces deux dépêches proches l’une de l’autre.

Un prêt-relais si la Grèce vote les réformes (Reuters)

BRUXELLES (Reuters) – Correction. Bien lire Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) au lieu de Fonds (FESF).

La Commission européenne propose d’accorder à la Grèce un prêt relais de sept milliards d’euros, pour honorer ses engagements financiers immédiats, à la condition que le Parlement vote avant la fin de la journée un train de réformes conformément à l’accord conclu lundi avec les créanciers européens.

L’argent sera débloqué par le Mécanisme européen de Stabilité financière (MESF), un fonds de secours créé en 2010 et qui contient encore 13,2 milliards d’euros, puis le Mécanisme européen de stabilité (MES) prendra le relais une fois approuvé un troisième plan de sauvetage pour la Grèce, dont le montant pourrait atteindre 86 milliards d’euros, selon un document de la Commission dont Reuters a pu prendre connaissance.

Athènes a besoin d’emprunter sept milliards d’euros en juillet pour respecter des échéances de dette vis-à-vis de la Banque centrale européenne et rembourser des arriérés dus au Fonds monétaire international. Un premier remboursement à la BCE est dû dès lundi prochain.

Le prêt relais serait accordé en une fois et aurait une maturité maximale de trois mois, selon la proposition de la Commission qui sera transmise dans la journée aux ministres des Finances de l’UE.

Pour l’obtenir, Athènes devra adopter avant la fin de la journée un relèvement de la TVA, une réforme du système de retraite et une loi renforçant l’indépendance de l’institut national grec de la statistique.

Le Royaume-Uni et la République tchèque étaient opposés à l’idée d’un prêt relais via le MESF, celui-ci étant un mécanisme à l’échelle de l’Union européenne contrairement au MES qui est propre à la zone euro.

La décision sera prise à une majorité qualifiée des pays membres de l’Union européenne, ce qui signifie qu’il suffira d’avoir l’appui de 15 pays représentant 65% de la population de l’UE.

(Tom Körkemeier et Jan Strupczewski, Véronique Tison pour le service français)

 

Le FMI menace de se retirer de la course si les Européens ne bougent pas (Reuters en anglais)

The International Monetary Fund’s threat to pull out of bailouts for Greece unless European partners grant Athens massive debt relief poses a stark challenge to Germany, the biggest creditor, which insists on IMF involvement in any future rescue.

The global lender has made itself unpopular with both sides in the Greek debt saga by playing its role as a teller of inconvenient truths without excessive diplomacy.

Its latest intervention, saying in essence that Greece will never be able to repay its debt mountain, is bound to sharpen debate when the German parliament meets on Friday to decide whether to authorise negotiations on a third bailout for Greece since 2010 that could cost an extra 85 billion euros.

It sharpens an unadmitted rift between Chancellor Angela Merkel, who wants to hold the euro zone together, and Finance Minister Wolfgang Schaeuble, who thinks Greece needs to leave the currency area, at least temporarily.

Merkel can count on a big majority in favour of opening loan talks with Athens due to her grand coalition’s near monopoly of seats, although she may face an embarrassing revolt among her own conservatives.

But the IMF’s debt sustainability analysis may force her within months to choose between two far more unpalatable options: grant massive debt relief or see the IMF walk away.

The report’s conclusion that Greece needs debt relief “on a scale that would need to go well beyond what has been under consideration to date” makes it harder for her to argue that Germany will ever get much of its 57 billion euro exposure back.

The IMF released its findings late on Tuesday after Reuters had reported exclusively the study showing Greek debt rising to 200 percent of economic output in the next two years and staying at “highly unsustainable” levels for decades.

To avoid big writedowns – “deep upfront haircuts” in IMF-speak – Greece would have to be given either a 30-year grace period before it starts servicing or repaying all European loans, present and future, or large fiscal transfers by the eurozone.

The European Commission issued its own, less stark forecast on Wednesday, which said the Greek debt-to-GDP ratio would be 165 percent in 2020 and 150 percent in 2022 if Athens made reforms.

It accepted that Greece needs “a very substantial re-profiling, such as a long extension of maturities of existing and new loans, interest deferral and financing at AAA rates”, but gave no figures.

Commission Vice-President Valdis Dombrovskis, presenting the EU executive’s study, said what mattered was not the size of the debt stock but the annual debt service cost, which is already lower in Greece than in most euro zone countries because of an existing 10-year holiday on most interest payments.

No ‘classic haircut’

Germany is by no means alone in opposing any outright write-off of Greek debt to European governments. Countries like Spain, Portugal and Ireland that went through their own programmes successfully and paid towards Greece’s bailout do not want to take any loss.

Slovakia and the Baltic states, which carried out wrenching fiscal adjustments, are just as tough, as are the Netherlands and Finland under pressure from anti-bailout Eurosceptics.

Merkel has stated publicly that there cannot be a “classic haircut” because that would be illegal under the EU treaty.

By adding the adjective “classic”, she may have been preparing Germans for a gradual acceptance of the inevitable – the money won’t be coming home in her lifetime or theirs.

True to her “step by step” mantra, after Monday’s last-ditch agreement with Greece in Brussels, the chancellor played down the eurozone’s pledge to look at lengthening loan maturities, already extended to 30 years on most European loans.

The statement merely repeated a 2012 commitment by Eurogroup finance ministers, she said, and would be considered only once Greece passed a first quarterly review by bailout monitors of its compliance with a new programme.

Her easiest course would be to salami-slice the issue, giving a little loan extension at a time in return for strict conditionality, so no one in Germany could spot the moment when a “Schuldenschnitt” (debt cut) actually happened.

But the IMF is signalling that more drastic debt relief is needed, and Merkel is desperate to keep the Fund involved, both to retain parliamentary confidence in the programme and because she doesn’t trust the Commission to be tough enough on Greece.

‘Time out’

Enter Schaeuble with a much simpler-sounding solution: Greece takes “time-out” from the eurozone for, say, five years initially; its debt to eurozone countries gets a real haircut, which by now looks likely to be a short-back-and-sides; and a healthier Greek economy returns eventually to the currency area.

EU officials say that would be illegal. Many economists say it would be impractical, not least because the billions of euros in cash stashed under Greek mattresses would drive out any new currency.

The finance ministry plan which Schaeuble said on Tuesday that several cabinet ministers in Berlin still saw as the best solution for Greece shows he is seriously thinking about the need to write off large amounts of Greek debt.

Stepping back from an earlier comment that a debt reprofiling must not lower the net present value of the European loans, Schaeuble’s spokesman said on Wednesday that the value should not be reduced by too much, otherwise it would be a haircut via the backdoor. Each day the goalposts shift a little.

Merkel’s strategy, which debt-restructuring lawyers often call “extend and pretend”, seems likely to prevail for now.

But if problems continue to pile up for the Greek economy and Athens falls behind in implementing the tough conditions just to start the new loan negotiations, the IMF’s insistence on debt relief will grow more compelling.

Le suspens continue…

La mort barbare de Vincent Lambert

Tiens! la polémique Vincent Lambert revient avec la convocation de la famille par le CHU de Reims. Cette procédure, conforme à la loi Leonetti, prépare l’interruption de l’alimentation artificielle du patient.

Je ne reviendrai pas ici sur le fond de cette affaire privée dont l’Etat et la justice administrative se sont curieusement emparés. Je voulais juste signaler que, selon toute vraisemblance, le médecin du CHU interrompra l’alimentation et l’hydratation artificielles de Vincent Lambert comme ce fut déjà le cas il y a plusieurs années (la famille s’était alors rendu compte au bout de trois semaines que Vincent ne recevait plus aucune alimentation).

Le patient mourra de faim et de soif en plusieurs semaines.

Ce que Jean-Luc Romero appelle mourir dans la dignité. Mais, comme le répètent en boucle les médias officiels, les parents de Vincent Lambert sont des intégristes catholiques, donc leur voix ne compte pas.

Le spectre du Grexit plane toujours

Comme je l’avais indiqué, l’accord décroché à l’Eurosommet de dimanche (et lundi) est loin d’avoir mis fin à la crise grecque (contrairement aux affirmations saugrenues de François Hollande). Disons même que les mauvaises nouvelles s’accumulent.

Toujours pas d’accord pour une aide d’urgence

Première mauvaise nouvelle: les Européens ne se sont toujours pas mis d’accord pour financer les prochaines échéances de remboursement grec. Malgré l’accord de lundi, les réticences sont fortes pour mettre de l’argent sur la table afin d’éviter la faillite.  On notera en particulier la position britannique:

« La zone euro doit régler sa propre ardoise », a dit le ministre des Finances George Osborne.

La République Tchèque serait sur la même ligne.

Ce blocage a justifié que Jeroen Dijsselbloem, réélu hier président de l’Eurogroupe en remerciement de ses bons et loyaux services, déclare aux Grecs:

Beaucoup sont à court de compréhension pour la Grèce.

Le Grexit si les banques ne rouvrent pas

Dans ce contexte tendu, l’idée du Grexit est réapparue. Le Premier ministre autrichien Werner Faymann l’a évoqué aujourd’hui:

“A Grexit would happen if banks’ doors can’t open… In this way… a country can have to create its own currency – that would then be described as a Grexit. One can slide towards that point,” he told a weekly government news conference.

“No one can say that some kind of a catastrophe is ruled out,” he added.

(Un Grexit pourrait arriver si les banques ne réouvrent pas leurs portes… Dans ce cas… un pays peut créer sa propre monnaie – c’est ce qu’on appelle le Grexit. On peut toujours aller vers là. Personne ne peut dire que ce genre de catastrophe est conjurée).

Malgré les réformes imposées comme gage, la Grèce pourrait donc se retrouver en caleçon avant la fin de la semaine, par l’effet d’un défaut bancaire.