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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

La gauche et le fantasme de l’Etat protecteur

La gauche aime l’Etat parce qu’il protège les plus faibles, dit-elle. Face aux horreurs du libéralisme dérégulateur, seul l’Etat peut garantir la justice, la solidarité, etc. L’occasion était trop belle pour ne pas rabâcher mes antiennes sur l’Etat comme instrument de domination entre les mains des élites. Les inepties de Ségolène Royal sur le Nutella en donnent une nouvelle illustration.

L’Etat protecteur, la doctrine de Karine Berger

Karine Berger a trouvé un nouvel élan depuis que la motion qu’elle a conduite au congrès de Poitiers lui a redonné de la lisibilité, après avoir laissé des plumes à l’époque où elle cirait les pompes de Moscovici ministre des Finances en répétant à tue-tête que la croissance (c’était promis! c’était prouvé!) reviendrait toute seule comme une grande en 2013. Elle a donné une interview tonitruante à Libération où elle déclare:

L’Etat doit intervenir pour ne pas laisser le plus fort l’emporter, par exemple en protégeant les droits liés à la propriété industrielle des PME. C’est de la régulation moderne. Même les plus libéraux des économistes admettent que le marché ne se résume pas à la loi du plus fort. La mondialisation ne nous condamne pas à l’inaction. Entre la fermeture des frontières de la France que propose le Front national, qui est une absurdité économique, et ne rien faire, subir tous les diktats libéraux, il y a beaucoup de place. Il y a le socialisme.

C’est beau comme du Victor Hugo! Ces assertions expliquent d’ailleurs l’attachement forcené d’un certain nombre de Français à l’Etat: l’Etat, c’est l’égalité, la défense du plus faible, bla bla bla.

L’Etat, principal producteur d’inégalités en France

Pour soutenir le discours de Karine Berger, il faut évidemment n’avoir jamais ouvert une statistique sur les résultats de l’Education Nationale. Avec un budget de 55 milliards d’euros, le premier budget de l’Etat, l’école publique transforme les impôts des pauvres en sélection sociale au profit des riches. L’enquête PISA le montre à chaque résultat publié.

Alors que la dépense publique est un vecteur essentiel de discrimination sociale (l’impôt collecté servant d’abord à apporter du service public gratuit aux privilégiés), il faut un culot monstre pour soutenir qu’il est une garantie d’égalité. Les 150.000 gamins de banlieue qui sortent chaque année du système scolaire sans aucun diplôme apprécieront l’idée que la dépense publique les a protégés!

En réalité, l’Etat connaît une expansion constante en France parce qu’il sert les privilégiés, et c’est une remarquable extraordinaire escroquerie intellectuelle de la part de Karine Berger de faire croire le contraire!

L’Etat menace les libertés

La sortie de Karine Berger intervient à un moment où le gouvernement fait voter la loi sur le renseignement, qui mettra entre les mains de l’Etat toutes les armes lui permettant de violer jour après jour la vie privée des citoyens.

Là encore, il faut une sacrée dose de culot et d’imposture pour soutenir que l’Etat protège les plus faibles quand, sur les cent dernières années, on fait le compte des citoyens emprisonnés ou persécutés par un Etat totalitaire. Demandons aux déportés du goulag ou aux victimes de Dachau si l’Etat les a efficacement protégé contre la loi du plus fort!

On rêve.

L’Etat partial: Ségolène Royal et le pot de Nutella

Au moment où Karine Berger vantait les mérites protecteurs de l’Etat, Ségolène Royal déclenchait une campagne insensée contre le Nutella, s’arrogeant de façon extravagante la fonction quasi-mariale de dire aux Français ce qu’il devait consommer ou non au petit-déjeuner. C’est comme ça, en France: la ministre de l’Ecologie décide, sans aucune analyse, sans aucun contradictoire, de flinguer une marque en place de grève, à une heure de grande audience à la télévision.

Pourquoi Nutella et pas une autre marque utilisant de l’huile de palme? C’est comme ça! c’est le caprice du prince. Ségolène a une idée qui lui passe par la tête, et elle profite du pouvoir que lui donne la Constitution pour dire son opinion, sans aucun contrôle. Cet abus de pouvoir montre bien le risque que l’Etat représente: il est d’abord le fait du prince, le lieu de l’arbitraire, le droit du plus fort sur le plus faible.

Et chacun le sait!

Sauf Karine Berger peut-être…

Loi Macron et 49-3: quatre alarmes majeures pour le pays

Manuel Valls a annoncé hier qu’il utiliserait cette après-midi le 49-3 (une nouvelle fois) pour faire adopter la loi Macron en seconde lecture à l’Assemblée Nationale. L’annonce n’a pas véritablement surpris. Elle a revanche confirmé que les frondeurs ne désarment pas et que l’élection à 70% de Jean-Christophe Cambadélis comme Premier Secrétaire du Parti Socialiste il y a une dizaine de jours n’a guère contribué à modifier le rapport de force interne au parti.

Ce passage au forceps lance plusieurs alarmes majeures sur l’état du pays.

La réforme impossible?

Première alarme: les réformes structurelles dont la France a besoin (si tant est que la loi Macron les exprime en tout ou partie, ce qui est très loin d’être le cas) ne recueillent aucune majorité en France. Alors que le travail du dimanche est une nécessité dans bien des secteurs, alors que la déréglementation de nombreuses professions est incontournable pour répondre à la révolution numérique, il n’est manifestement pas possible de réunir sur des idées de bon sens une majorité suffisante.

C’est évidemment un paramètre qui ne se dévoile pas aujourd’hui. En revanche… son acuité paraît exacerbée au moment où le pays devrait se mobiliser pour gommer les freins à la reprise économique.

Le système bi-partisan est devenu obsolète

Des esprits raisonnables auraient pu imaginer que Manuel Valls compense les défections à sa gauche par un ralliement à sa droite. Le système bi-partisan français ne le permet pas. Les députés de l’opposition ne veulent pas « faire le sale boulot » à la place du gouvernement en offrant à la majorité parlementaire le confort de réformer sans se « mouiller ». Ce blocage bi-partisan devient une véritable difficulté quand les intérêts économiques du pays sont en jeu. On voit que la bipolarisation politique repose sur un affrontement entre deux écuries ennemies pour qui le conflit des idées est secondaire par rapport aux calculs électoraux.

Les partis politiques, facteur de sclérose en France

Le fait que le 49-3 soit utilisé quelques jours à peine après le congrès du PS aggrave les charges contre le régime des partis. Le gouvernement se trouve en effet dans une impasse politique alors qu’une poignée seulement de députés fait défaut. Ce point est probablement le plus alarmant: la politique en France dépend de quelques parlementaires seulement, qui ont la faculté de faire ou de défaire les orientations au gré de leurs humeurs ou de leurs caprices, selon des calculs à courte vue dictés par une logique interne totalement déconnectée de la réalité du pays. Alors que le Parti Socialiste compte moins de 200.000 adhérents et que la motion hostile à la loi Macron a recueilli 60.000 voix (soit 0,15% du corps électoral français), ce sont pourtant ces 60.000 votants qui arbitrent les choix politiques…

La démocratie française est malade.

La présidentialisation du régime en accusation

Le recours au 49-3 constitue un élément de plus à charge de la présidentialisation du régime. Si Manuel Valls engage la responsabilité de son gouvernement sur un texte rejeté par une poignée de députés socialistes, c’est parce qu’il sait qu’une majorité de parlementaires ne s’organisera pas contre lui. Les frondeurs ont en effet une crainte majeure: retourner devant les électeurs et perdre leur siège. C’est pourquoi ils laisseront passer le texte et ne souscriront pas à la motion de censure de l’opposition qui leur permettrait de renverser le gouvernement.

Critiquer et ralentir un gouvernement dont on ne prononce jamais la mise à mort par crainte d’une dissolution de l’Assemblée, voilà le triste spectacle qu’offrent les frondeurs, drapés dans leur prétendue dignité de gauche. C’est bien l’effet de la présidentialisation du régime: ils sont arrivés à l’Assemblée dans le sillage d’un Président de la République qu’ils vomissent aujourd’hui, et ils ne veulent surtout pas renoncer à la soupe dans laquelle ils crachent par crainte de perdre leur siège. Ils attendent patiemment la prochaine présidentielle dans l’espoir de le conserver.

Décidément, ce 49-3 est bien le symptôme d’une France malade de ses institutions.

Algérie: qui sont les vrais colonisateurs?

Le voyage de François Hollande à Alger me donne l’occasion d’un billet provocateur sur la délicate question de la colonisation et de l’identité arabe de l’Algérie.

Je me souviens d’avoir mis plusieurs années, après mon arrivée en France, pour comprendre (et je ne suis pas sûr d’y être parvenu aujourd’hui) pourquoi la guerre d’Algérie, son souvenir, ses conséquences, sont restés, pour les Algériens comme pour les Français, un sujet relevant autant du tabou que de la faille collective de la personnalité. Alors que les Belges ont assez rapidement réglé la question du Congo, alors que la France a au fond assez rapidement réglé la question de ses autres colonies, le lien entre l’Algérie et la métropole est resté une source permanente de douleur.

L’Algérie et ses liens privilégiés avec l’Europe occidentale

Au-delà de la relation de cent cinquante ans entre la France moderne et l’Algérie, les liens transméditerranéens entre notre territoire et le territoire algérien peuvent être qualifiés de millénaires. Dès l’Antiquité, les Romains s’ingénient à coloniser l’Algérie, en offrant la citoyenneté romaine aux occupants du pays: les Gétules. Cette décision, qui date de 103 avant JC, inaugure deux mille ans d’échanges avec des hauts et des bas, où l’Algérie apparaît comme une excroissance européenne.

On ne compte plus dès lors les épisodes où des peuples européens s’installent plus ou moins durablement en Algérie. Les Vandales (tribu germanique) s’y enfoncent à partir de 430. On estime que le mouvement de population a porté sur 80.000 personnes. En 544, les troupes de l’empire romain d’Orient reprennent le territoire en main, jusqu’à l’invasion arabe qui date de 647.

Si les premières troupes arabes arrivent cette année-là, l’arabisation et l’islamisation sont extrêmement lents et les « natifs » d’Algérie mènent une longue lutte pour repousser les colons. Les Arabes imposent à ceux qui vont devenir les Berbères, et tout spécialement les Kabyles, des impôts très lourds qui suscitent de fortes tensions. Au passage, ces Berbères adoptent une forme d’Islam appelé kharidjisme qui les distingue des colons arabes et qui permet de nourrir des révoltes fréquentes contre l’occupant. Ces populations natives ne parlent pas arabe, qui ne deviendra la langue dominante effective que bien plus tard.

Les Européens ne sont pas en reste pendant cette période. En 1148, les Normands chassent définitivement le régime ziride. A partir du XIVè siècle, ce sont les Espagnols qui multiplient les incursions en Algérie, achevant le processus de décomposition entamé deux siècles plus tôt dans le régime d’occupation arabe. Les Espagnols vont resserrer leur étau sur l’Algérie, jusqu’à ce que les Ottomans interviennent et installent un pacha en 1587.

Autrement dit, l’existence d’une Algérie arabe n’aura guère duré que six siècles dans l’histoire, et encore, avec des vicissitudes et un fort inachèvement.

La colonisation de l’Algérie par les Arabes

Dans cette histoire riche en soubresauts, on notera que le régime arabe a régulièrement peiné à imposer son autorité, faute d’une présence démographique suffisante, notamment dans les campagnes et les montagnes où se sont retirées les tribus kabyles. Pour contrôler le territoire, les Arabes n’hésiteront à provoquer des colonisations qui suscitent une forte résistance des natifs.

On citera notamment la colonisation par les tribus hilaliennes à partir de l’an mil. Ces tribus viennent d’Egypte et vont être poussées par les Fatimides à occuper l’Algérie pour consolider la domination arabe. Ce processus de colonisation va durer trois siècles et ne produira que des résultats très imparfaits, avec un maintien de l’identité kabyle et son retrait vers le sud.

Au-delà du treizième siècle, la présence arabe en Algérie recule et ne sera plus jamais dominante. Sous les Ottomans, notamment, l’Algérie est tenue par des Corsaires qui vivent relativement coupés de la population. La décadence de ce régime, entamée au dix-huitième siècle, justifiera une intervention militaire grandissante des Occidentaux, dont la colonisation française sera le point culminant, à partir de 1830.

La décolonisation arabe de l’Algérie

Lorsque le mouvement national algérien prend de l’ampleur, la question kabyle se pose rapidement. Elle se traduit par la crise berbériste au sein du mouvement indépendantiste algérien. Les partisans d’une Algérie multiculturelle reconnaissant les racines berbères et l’identité kabyle, qui sont très actifs parmi les nationalistes algériens installés en France, sont finalement défaits par un vote interne en 1949. Une purge s’ensuit et les partisans de l’identité berbère sont écartés du parti, voire physiquement éliminés.

C’est évidemment un point que les défenseurs de l’indépendance algérienne oublient de souligner: si la France s’est franchement pris les pieds dans le tapis lors de la décolonisation de l’Algérie, avec des opérations d’une sauvagerie monstrueuse comme les massacres de 45.000 Algériens à Sétif et autres en 1945, les détracteurs de la colonisation ne poussent pas le raisonnement jusqu’à dénoncer le hold-up de l’indépendance algérienne par les Arabes, qui sont pourtant minoritaires en Algérie.

De ce point de vue, la difficile reconnaissance de l’identité kabyle, qui est pourtant la véritable identité algérienne en constitue la meilleure preuve.

Pour être cynique, je conclurais ce billet d’humeur en regrettant qu’une colonisation ait chassé l’autre: les Arabes ne sont pas plus légitimes en Algérie que les Français. Je dirais même qu’ils le sont beaucoup moins si l’on songe que la France et l’Algérie entretiennent des relations mutuelles depuis plus de 2.500 ans.

Peut-être le moment est-il venu de se pencher sur l’usurpation arabe en Algérie.

 

 

 

Briefing: loi Macron, immigration, Grèce, PME

La semaine à venir sera marquée par quelques temps forts qui font écho à une actualité chargée pour l’exécutif. Après une semaine de polémique sur le voyage de Manuel Valls à Berlin et des déplacements tous azimuts d’un François Hollande désormais en campagne pour sa réélection, l’agenda politique semble en effet dicté par la préparation de 2017 dans un contexte tendu.

Deuxième lecture de la loi Macron

L’actualité sera incontestablement dominée par la seconde lecture de la loi Macron à l’Assemblée Nationale. Le débat devrait montrer que les frondeurs, malgré leur défait au congrès de Poitiers, n’ont guère déposé les armes, malgré des concessions sectorielles du gouvernement comme sur le travail du dimanche pour la FNAC ou sur le rétablissement de la « loi Evin » proscrivant la publicité pour l’alcool. Selon toute vraisemblance, le Premier Ministre devrait recourir au 49-3 (il est possible d’utiliser plusieurs fois le 49-3 pour un même texte) pour accélérer les débats.

La question de l’immigration dans toutes les têtes

Le débat politique devrait se tendre encore un peu plus avec l’exacerbation des sujets autour des migrations. Si le gouvernement italien dénonce le manque de solidarité de l’Europe sur cette question et menace d’agir de façon non cooopérative, le voyage de François Hollande en Algérie illustrera un autre aspect du sujet: la coopération transméditerranéenne sur la question du terrorisme et de la menace islamique. Le procès de l’ouverture des frontières et de la gestion des relations avec nos anciennes colonies ou de nos anciens protectorats est au coeur du débat, même si celui-ci se focalise sur la question des flux migratoires. Jeudi, le Président de la République recevra le rapport d’Eric Ciotti sur la lutte contre les filières djihadistes.

Le défaut grec et l’intégration autour de l’euro

Dans le cadre de ses négociations avec ses partenaires européens, la Grèce refuse trois concessions majeures: un excédent budgétaire supérieur à 1% du PIB en 2015, une réforme des retraites et une augmentation de la TVA sur les biens de première nécessité. Cet enkystement depuis plusieurs semaines devrait déboucher sur un défaut grec qui constituera un défi pour la zone euro. La position allemande, favorable à une éviction grecque de la zone pourrait triompher rapidement et préparer une remontée des taux d’intérêt. Les risques liés à cette opération, conjugués à l’instabilité financière relative de la période, ressuscitent l’angoisse d’une nouvelle crise systémique.

L’auto-satisfaction de l’attractivité

Mardi, un Conseil de l’Attractivité permettra à François Hollande de vanter son action de réforme, avec la mise en place du pacte de responsabilité et autres mesures supposées concourir à la croissance. La communication autour de cette réunion devrait rappeler que le Président de la République est désormais en campagne électorale. La veille, il aura visité le Salon du Bourget où les contrats de vente du Rafale seront sans doute évoquées.

Visite au salon Planète PME

Mercredi, le Président visitera le salon Planète PME organisé par la CGPME. L’événement confirmera la relation privilégiée que le gouvernement entend nouer avec la confédération concurrente du MEDEF. Pour le président Asselin, cette visite confortera son début de parcours qui constitue, à ce stade, une réussite certaine. Alors que la CGPME défend souvent des positions beaucoup plus cnservatrices que le MEDEF, sa stratégie de communication apparaît largement gagnante. Les déclarations intempestives de Pierre Gattaz comptent pour beaucoup dans cette ambiance tendue entre le gouvernement et le MEDEF.

Article paru sur tripalio.fr

L’Europe lance un concours de blagues grecques

Jugeant qu’une trop grande tension dans les négociations ne facilitait pas le compromis (vu qu’il s’agit d’éviter la faillite d’un membre de la zone euro), les Etats-membres de l’Europe se sont accordés sur un concours de blagues grecques – histoire de défendre l’atmosphère. En voici un florilège, sachant que les Grecs ne veulent toujours pas réformer leurs retraites ni augmenter leur TVA, mais qu’ils ont concédé un excédent budgétaire de 1% en 2015.

Premier prix au Premier ministre belge

Charles Michel, le fils de son père Louis, lui-même ancien commissaire européen (en Belgique aussi, la politique se transmet de père en fils), a marqué son arrivé au sommet UE-CELAC (Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes) de mercredi par une déclaration tonitruante:

Pour la Grèce, « la fin de la récréation a sonné »

Cette étrange image scolaire lui a valu une volée de bois vert au Parlement belge de la part d’un député communiste (Raoul Hedebouw):

« La récréation dont parle le Premier ministre est un pays où il y a deux suicides par jour. La récréation dont parle le Premier ministre est un pays où les pensions ont baissé de presque 50%. La récréation dont parle le Premier ministre est un pays où les salaires ont baissé de 40%…« 

Le président du Conseil dans la même veine

Donald Tusk, le Polonais invisible président du conseil européen, a pour sa part décidé de se mêler du dossier grec avec des déclarations manifestement inspirées par Charles Michel:

« Nous avons besoin de décisions et non plus de négociations. À mon sens, le gouvernement grec doit se montrer un peu plus réaliste, ce n’est plus le moment de jouer (…) J’ai peur qu’à un moment, quelqu’un siffle la fin de la partie »

Le président du Conseil par exemple?

Manifestement, Tusk ne sait pas très bien comment fonctionne l’institution qu’il préside. En tout cas, nous sommes ravis d’apprendre qu’il ne s’agit que d’un jeu. On avait cru, un moment, que Grecs et Européens prenaient cette négociation au sérieux.

Troisième prix à un eurocrate anonyme

Dans la foulée d’une réunion à Bratislava, un haut fonctionnaire européen a révélé que le scénario du défaut grec avait fait l’objet d’un examen, au même titre que les décisions à prendre en cas d’accord, ou qu’une extension provisoire de l’aide financière à la Grèce sans accord. Assez astucieusement, il a glissé à un journaliste de Reuters:

« Pour la première fois, il y a eu une discussion sur un ‘plan B’ pour la Grèce »

Bien entendu, jusque-là, le défaut grec n’avait effleuré l’esprit de personne…

Les Prussiens donnent dans le cynisme

Dans ce concours international, les Allemands n’ont guère brillé par l’épaisseur de leur humour. C’est tout juste si l’on note, du côté de Wolfgang Schaüble, principal partisan du Grexit depuis cinq mois, cette déclaration de pince-sans-rire:

« Nous concentrons entièrement nos efforts sur la résolution de l’actuelle crise grecque dans le cadre du programme d’aide en cours »

L’effort de concentration par Schaüble… pour faire échouer la négociation, probablement. Jens Weidmann, le gouverneur de la banque centrale allemande, a commis des déclarations du même tonneau:

«Il y a une forte détermination à aider la Grèce, à améliorer son administration publique, à lever les barrières à la croissance et à ramener les finances publiques sur une trajectoire viable. Et les contribuables des autres pays de la zone euro ont déjà mis à disposition des fonds substantiels pour soutenir le processus inévitable d’ajustement», a estimé M. Weidmann, qui siège également au conseil des gouverneurs de la BCE, lors d’un séminaire pour investisseurs à Londres.

«Mais le temps vient à manquer et le risque de défaut augmente de jour en jour»

On aurait presque envie de sortir un mouchoir devant tant d’espoirs déçus.

Angela Merkel a pour sa part atteint le degré zéro de l’humour, à l’issue de sa réunion de mercredi avec Tsipras, en déclarant:

« Quand on veut, on peut »

Il paraît que la Chancelière veut éviter une sortie grecque de la zone euro et a d’ailleurs écarté son ministre des Finances des négociations pour parvenir à cet objectif. Voilà qui semble bien parti!

Les Français en bouffon de service

Pour leur part, les Français ont multiplié les bons mots drolatiques qui, faute de les rendre crédibles, ont le mérite de divertir en faisant croire le contraire de la réalité.

Ainsi, Pierre Moscovici, qui n’est que commissaire chargé des affaires économiques et réussira dans quelques jours le tour de force d’avoir préparé un krach monétaire de premier ordre sans bouger une oreille, a affirmé que personne ne voulait un Grexit en Europe.

Pierre Moscovici : « Personne ne veut que la… par rtl-fr

Michel Sapin a lui-même commis quelques jeux de mots, comme celui-ci, prononcé à l’occasion d’une séance de négociation:

« Hier soir, les choses ont bougé, dans le bon sens » a expliqué Michel Sapin, lors d’une conférence de presse, ajoutant que cela devait permettre de progresser, considérablement »

Le jour même, le FMI quittait la table de négociation en considérant les propositions grecques comme beaucoup trop éloignées d’un accord.

Les Grecs eux-mêmes participent au concours

Ni Tsipras ni le sémillant Varoufakis n’ont été en reste dans la catégorie spéciale du jury « humour grec ».

Tsipras a par exemple déclaré, à propos de l’intention allemande de le sortir de la zone euro:

«Je ne pense pas qu’il y ait un seul responsable européen sensé qui souhaite prendre ce risque, a-t-il affirmé à la BBC. Interrogé pour savoir s’il estimait que l’Union européenne et le Fonds monétaire international «bluffaient» dans les négociations, il a ajouté: «J’espère que c’est le cas».

L’espoir fait vivre! Il a en tout cas intérêt à ne pas se louper dans la dernière ligne droite…

Dans le même temps, le porte-parole du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, a asséné depuis Athènes:

« Le système bancaire grec est solide et solvable, ce qui est démontré chaque jour. Toutes les autres théories font simplement partie de la négociation, sont une forme de pression »

Varoufakis a pour sa part déclaré devant les syndicats allemands:

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’un accord rapidement (…). Nous devons éviter un accident, qui ne serait pas un accident ».

Pour un peu, on croirait qu’il n’a personnellement freiné aucune des réunions de l’Eurogroupe.

D’autres blagues en perspective

Manifestement, les hiérarques européens ont décidé d’organiser une autre session de blagues politiques. Dans un rapport commun entre Draghi, Tusk, Juncker et Dijsselbloem, il est fortement question de « renforcer la zone euro ». L’idée implicite consiste à renforcer l’intégration économique des pays qui resteraient dans la zone euro. On voit bien le marché qui serait passé: au moment où la Grèce sortirait de la zone euro, entraînant potentiellement avec elle les autres pays qui souffrent trop d’un euro rigoureux et élevé, les Européens enverraient un message fort: moins d’élargissement, mais plus de profondeur et de convergence entre les politiques économiques de la zone…

Juncker et consorts voudraient faire le jeu des extrémismes, ils ne s’y prendraient pas autrement.

L’amusant pari d’une crise obligataire en Europe

Toutes ces discussions hors-sol interviennent dans un contexte de risque accru, mais nié, pour la finance européenne. La rumeur veut en effet que Bill Gross, un spéculateur de haute volée, ait lancé le pari de pouvoir fomenter une crise du Bund, l’emprunt allemand à 10 ans: il cherche à faire monter les taux d’emprunt allemand, afin d’assécher le marché actions qui est la seule à offrir des taux de rentabilité positif aujourd’hui. Une remontée des taux souverains (inévitable, cela dit) aura des conséquences cataclysmiques pour la France, et signifiera sa véritable entrée dans l’austérité.

Pendant ce temps, la BCE continue à accepter des « collatéraux » grecs en relevant son plafond d’aide d’urgence. Le bilan de la BCE est de plus en plus contaminé par des titres pourris.

TAFTA sous le feu du lobbying

Dans cette débandade générale, chacun aura noté que le Parlement européen n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur une motion proposant d’améliorer le processus d’arbitrage international prévu par le traité TAFTA. La motion suggérait notamment de créer une Cour spécifique, avec des juges professionnels et des séances publiques. Manifestement, des lobbies sont parvenus à torpiller cette initiative.

 

 

L’université des copains-coquins: l’exemple de Paris 13

L’université française est en crise, tout le monde le sait. Son niveau de recrutement est faible, faute d’une sélection intelligente à l’entrée, et ses performances saluées par des rangs cataclysmiques au classement de Shangaï. Longtemps, la pédocstructure française a disqualifié ce constat en expliquant que « le classement de Shangaï, on n’a rien à foutre » (propos qui me furent tenus en 2007 par un président de jury d’agrégation, universitaire connu dans sa discipline). Désormais, le leit-motiv consiste plutôt à répéter que l' »université n’a pas assez de moyens » et qu’il faut augmenter les budgets.

L’histoire racontée par Mediapart sur le « vice-ministre de l’enseignement supérieur » permet d’entrer dans le coeur du réacteur nucléaire de l’université française.

Les présidents d’université, chefs de réseau clientéliste

Dans le cas de Jean-Loup Salzmann, le scénario qui est dénoncé est celui d’un universitaire qui a multiplié les promesses et les cadeaux pour être élu président. Il s’agit d’un grand classique du genre, qui s’explique d’abord par l’absence d’évaluation des universitaires sur leurs performances.

Rappelons que l’élection des présidents d’université par leurs pairs est une tradition française dont tout le monde connaît les défauts: elle pousse à faire des promesses et à monter des clans pour être élu. Pour contre-carrer ces défauts, la France a longtemps fait un choix conforme à sa tradition: celui de ne donner aucun véritable pouvoir aux présidents. En particulier, l’ensemble des moyens était directement piloté depuis les services centraux du ministère. Ainsi, les universitaires se battaient pour pouvoir inaugurer les chrysanthèmes et foutre une paix royale à la communauté universitaire qu’ils présidaient. C’était la meilleure façon (à la française) de satisfaire tous les égos tout en conservant une relative concorde.

L’arrivée du classement de Shangaï et l’explosion des déficits publics a commencé à donner un premier coup de pied dans la fourmilière: il est devenu de plus en plus difficile d’expliquer que tout allait bien dans nos universités  et il est même devenu incontournable de restructurer l’offre de formation pour dégager des économies. La loi Pécresse de 2009, en préparant l’autonomie des universités, allait dans ce sens.

Le problème est peut-être là: la loi Pécresse a donné du pouvoir aux présidents sans les soumettre à une logique de performance tournée vers l’intérêt général. Elle a, dans la pratique, donné un « coup de fouet » aux vieilles traditions. Les présidents sont restés clientélistes, mais ils ont tout à coup disposé de moyens importants et nouveaux dans leur vieux terrain de jeu.

L’université selon Salzmann

Le président Salzmann constitue probablement un paragon de président clientéliste d’université.

Son parcours en est la preuve: fils de Charles Salzmann, conseiller en stratégie de François Mitterrand, il apparaît vite comme une tête de réseau à l’avenir politique prometteur. Il fréquente Benjamin Stora, Jean-Marie Le Guen, Julien Dray, Jean-Christophe Cambadélis, Harlem Désir,… Il participe à la création de SOS-Racisme, de l’Unef-ID, à la prise en main de la MNEF, qui deviendra la pouponnière de beaucoup de bébés socialistes.

Ce pouvoir d’influence lui permet d’atterrir au cabinet d’Hubert Curien, ministre de la Recherche en 1988. Il reste cinq ans, puis, sans aucune expérience universitaire avérée, il est propulsé en décembre 1991, par décret de François Mitterrand, professeur d’université praticien hospitalier (PU-PH). Cette promotion politique lui ouvre la voie d’une longue carrière d’emplois fictifs. Comme le rapporte Mediapart, un poste est créé pour lui en histologie à l’hôpital Avicenne, où il ne mettra jamais les pieds.

Dans le même temps, l’objectif de Jean-Loup Salzmann est de développer son influence pour ne pas rester au bord de la route. Après tout, ses amis Le Guen, Cambadélis, Désir, finissent par occuper des fonctions en vue, proches du pouvoir. Pourquoi pas lui?

Il entreprend de devenir président d’université à Paris-XIII, puis président de la conférence des présidents d’université. Son enjeu, c’est le pouvoir, bien entendu, et certainement pas le savoir, univers dans lequel les coups de piston dont il bénéficie ne contribuent pas à son immense renommée.

Le naufrage de l’université clientélisée

L’inconvénient de ce système, ce sont les conséquences pratiques qu’il emporte pour les étudiants et pour l’université dans son entier. Dans le cas de Paris XIII, l’affaire est volontiers montée en épingle parce qu’un certain nombre de membres de la pédostructure n’ont pas envie d’écoper de Salzmann comme ministre de l’enseignement supérieur. Cette occurrence permet de lever le voile sur certaines réalités qui sont malheureusement légion ailleurs. Je produis ici le rapport de l’IGAENR sur le sujet:

Dans la pratique, il est surtout reproché à la présidence de l’université son absence et son indifférence pour les problèmes de la structure, qui sont ceux de toutes les universités de France, même s’ils sont exacerbés à Saint-Denis. Entre les recrutements ou les promotions de complaisance, les rémunérations illégales pour récompenser les copains, le laissez-aller généralisé, l’abandon des locaux à des associations communautaristes ou des syndicats étudiants sur qui l’on compte pour éviter les grèves, la description de la réalité est non seulement cauchemardesque mais digne d’un pays africain.

Ce n’est pas avec des pratiques de ce type que l’université française retrouvera une crédibilité internationale. Un coup de balai est indispensable, dont la clé de voûte doit être l’évaluation des enseignants par les étudiants, comme dans les pays anglo-saxons.

 

 

Hollande annonce une nouvelle taxe pour les entreprises

Chassez le naturel et les taxes! elles reviennent au galop! Au congrès de la mutualité française à Nantes, François Hollande a annoncé la naissance d’une nouvelle taxe pour les entreprises. Aux conséquences probablement sous-estimées par l’équipe d’amateurs qui l’entourent dans le domaine social.

Quelle nouvelle taxe?

Dans son discours de Nantes, François Hollande a annoncé la généralisation de la complémentaire santé pour les retraités. Je passe ici les détails techniques du dossier, je retiens seulement l’une de ses (désastreuses) idées:

La première serait d’améliorer la loi de 1989 sur la sortie des contrats de groupe, les coûts devant être « nécessairement répartis entre l’ensemble des assurés et des entreprises ».

Pour comprendre ce que signifie ce sabir de spécialiste, il faut se souvenir que la loi Evin de 1989 prévoyait qu’un salarié qui bénéficiait d’une « mutuelle d’entreprise » devait pouvoir bénéficier des mêmes garanties, en partant à la retraite, pour un tarif supérieur d’au maximum 150%. Dans la pratique, cette disposition n’a jamais marché car aucun contrat ne peut, pour une hausse de fait de 50%, apporter les mêmes garanties à un retraité (qui, vu son âge, est grand consommateur de soins) qu’à un salarié.

Peu d’acteurs complémentaires ont donc joué le jeu et, dans la pratique, la disposition Evin est restée lettre morte ou presque.

Pour la rendre effective, François Hollande a trouvé la solution: les entreprises vont payer pour leurs retraités. Autrement dit, quand un salarié partira à la retraite, l’entreprise qui l’employait devra payer pour sa santé jusqu’à sa mort. L’entreprise devra donc inscrire dans ses bilans des provisions pour ces heureux élus.

A moins, bien entendu, qu’une taxe générale n’alimente un nouveau fond mandarinal chargé de gérer ce dispositif.

Voilà une nouvelle taxe, dont le montant non lissé devrait avoisiner les 500 euros par an et par salarié. Sachant que les salariés survivent en moyenne 20 ans à leur départ à la retraite, François Hollande vient donc d’alourdir le coût du travail de 10.000 euros par salarié partant à la retraite.

Hollande sonne l’hallali pour l’emploi des seniors

Cette idée nouvelle sortie de derrière les fagots constitue l’une des plus belles aberrations du socialisme technocratique régnant depuis 2012.

De deux choses l’une en effet.

Soit le gouvernement demande à chaque entreprise de payer pour ses salariés, et il est évident que cette provision constituera une excellent raison pour ne surtout pas recruter un senior.

Soit le gouvernement décide de créer une taxe spéciale pour affecter des recettes permettant de soulager les retraités dans le paiement de leur complémentaire santé… et il reniera encore une fois son engagement de ne pas créer de taxe nouvelle.

Dans les deux cas, on aura une fois de plus oublier de demander aux retraités qui en ont les moyens de prendre en charge le coût de leur vieillissement. Et on ne voit vraiment pas pourquoi cette prise en charge doit encore reposer sur les actifs, qui peinent déjà à se loger, à élever leurs enfants, et à payer les retraites de leurs aînés.

Quand les hauts fonctionnaires torpillent la réforme de l’Etat

La haute fonction publique est-elle le principal frein, avec ses valeurs aristocratiques et son statut protecteur, à la baisse des dépenses publiques – ce Graal que tous les gouvernements promettent depuis des décennies et qu’aucun ne parvient à atteindre? Je l’affirme souvent et j’ai décidé, désormais, de pointer toutes les affaires qui le prouvent. En voici deux aujourd’hui.

Quand l’inspection générale de la Culture flingue la performance publique…

Je commence par un tract de la CGT Culture, celle-là même qui a apporté son soutien à Agnès Saal, sur la gestion des ressources humaines au musée d’Orsay. On y découvre avec stupéfaction qu’en 2013, l’inspection générale de la Culture (si, si, ça existe) a commis une mission d’inspection au musée d’Orsay. En voici le contenu rapporté par la CGT:

Bref, le président du musée d’Orsay bat des records de fréquentation, il fait oeuvre utile pour développer son établissement, pour apporter des recettes, pour épargner le contribuable au fond… et la hiérarchie du ministère vient lui chercher des poux dans la tête en soulignant que tout cela, cela fait beaucoup trop de travail pour les fonctionnaires du musée! Qui plus est avec ce ton insupportable du: madame le ministre, nous, on vous aura prévenue! tout cela n’est pas normal!

Pour mener cette mission scélérate à bien, les inspecteurs ont utilisé toutes les ficelles les plus ordurières, notamment rencontrer les syndicats, dont la CGT, en leur posant la question: est-ce que vous travaillez trop? est-ce que vous avez assez de moyens? Flinguer un président de musée en raclant les fonds de poubelle des sections syndicales locales, la méthode est vraiment crade.

Elle pose en tout cas un problème: l’inspection générale de la culture sert-elle à flinguer les fonctionnaires qui réforment, et à protéger les Agnès Saal qui vivent sur le dos de la bête sans rien dire? Parce qu’on ne se souvient pas que la même inspection se soit montrée très diligente sur les frais exorbitants de la présidente de l’INA…

Le CSA et France Télévisions: bien du courage aux plaignants!

Autre affaire amusante: la question du choix, par le CSA, de Delphine Ernotte, comme présidente de France Télévisions. Une nouvelle plainte est déposée devant le Conseil d’Etat contre cette procédure au cours de laquelle le président du CSA, Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, aurait cherché à influencer le choix des conseillers au nom de considérations économiques. L’argument aurait surtout servi à dézinguer la candidature très légitime de Marie-Christine Saragosse, la « femme » de France 24.

Quelles que soient les motivations cachées derrière ces méandres labyrinthiques de la procédure de recrutement, une chose est sûre: Olivier Schrameck, membre éminent du Conseil d’Etat, dont il fut président de section, sera bientôt entendu par… le Conseil d’Etat sur sa pratique à la tête du CSA. Voilà qui ne manque pas de piquant même si, en termes démocratiques, on peut imaginer quelques insatisfactions.

Et c’est bien le sujet du pays: la collusion entre les élites administratives est si forte que toutes les portes et toutes les fenêtres sont verrouillées!

 

Affaire Lambert: la vidéo qui pose problème

L’affaire Lambert, qui pose au fond le problème de l’euthanasie, n’en finit pas de faire débat. J’y ai consacré un papier qui disait tout mon embarras. Une vidéo vient de sortir, à l’initiative de son comité de soutien, qui montre ceci:

Personnellement, je n’en tire aucune conclusion. Mais les partisans de la solution létale doivent clairement savoir que la décision d’autoriser la mort n’a pas été prise à l’encontre d’un légume sous respirateur artificiel, mais de cette personne-là.

Sur le fond, je suis quand même chagriné par le décalage qui existe entre la présentation biaisée du dossier qui est faite par les médecins et les médias subventionnés d’une part, et la réalité des images d’autre part.