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Auteur : Catherine V

Les vertus du verre à moitié plein.

L’observatoire des inégalités publie une étude portant en partie sur l’école.  La principale conclusion telle que rapportée par le journaliste de France Culture ce matin serait que « le système scolaire français n’accroît pas tellement les inégalités, il n’arrive simplement pas à les combattre ». En fait, le rapport semble beaucoup plus sévère, puisqu’un de ses chapitres est intitulé : Education – Retour à la lutte des classes.

On devrait aussi comprendre que  les (enfants d’) immigrés ne sont pas en tant que tels les perdants du système scolaires. Leur échec ne serait pas immédiatement lié à leur condition (d’enfants) d’immigrés. Il tiendrait plutôt à leur condition sociale, leur appartenance aux catégories socio-professionnelles défavorisées et à une orientation non seulement plus précoce mais aussi vers des filières plus courtes et moins prisées. On  le savait déjà, mais on en a une nouvelle confirmation quantifiée. Le système scolaire ne serait donc pas tant dur avec les immigrés que dur avec les pauvres. Mais il y a recouvrement large des deux types de populations. Encore que définir l’immigré est difficile.

Y aurait-il malgré tout quelque chose à sauver du système scolaire français actuel, qui puisse l’aider à fonctionner ? Que gagnerait-on à montrer plus souvent quelques aspects satisfaisants de l’école française, à apposer des étiquettes un peu positives sur ce qu’elle fait, même si il reste vrai qu’elle est bien loin de faire tout parfaitement ? Parce que cela montrerait aux parents, aux élèves et aux professeurs que l’école donne quelque chose qui a de la valeur.  C’est rare, la valeur – dans le réel  ou l’immatériel. Même pas très grande ou pas aussi grande qu’on le souhaiterait. C’est difficile à trouver comme à créer. Ça a du prix. Ça demande aussi un effort.

Peut-être que c’est cette volonté ou ce sentiment d’obtenir quelque chose qui a de la valeur et du prix qui est à la base du choix de l’enseignement privé, et de la satisfaction qu’en tirent les parents. Au fond, peu de choses différencient l’enseignement privé sous contrat du public  – qui scolarise aussi des enfants de milieux moins favorisés. Mais les familles qui choisissent un établissement privé sont en général plus satisfaites de leur choix. Elles ont une meilleure estime de leur école, et d’elles-mêmes. Ce n’est pas sans conséquences positives.

Peut-être voient-elles, ou préfèrent-elles voir, ce qui porte et aide à avancer : « le verre plutôt plein que vide»…

L’enquête montrerait aussi que:
– Le niveau d’études des parents (d’enfants) d’immigrés n’est pas neutre en termes de destin scolaire. On s’en doutait déjà. On peut aussi rappeler que la pauvreté n’est pas que matérielle. Elle est aggravée par la pauvreté culturelle.
– Les (enfants d’) immigrés du sud-est asiatique réussissent mieux que les autres (enfants d’) immigrés… On pouvait aussi s’en douter car c’est un constat déjà fait et refait dans d’autres pays. Mais si poser ce constat, ce n’est pas faire des statistiques un peu ethniques quand même, qu’est-ce que c’est ?
Blague à part, cette information pourrait être utile à l’ensemble des parents : qu’est-ce qui différencie ces parents des élèves? Ça m’étonnerait qu’ils aient tous bac + 8. Pourrait-on définir si quelque chose dans leur « exercice de la parentalité » a un impact sur l’appétence scolaire ou la capacité à accepter et à réussir le cadre scolaire ? Ces éventuels atouts ou savoir-faire sont-ils transférables ?

 

On peut consulter au moins la table des matières du rapport à l’adresse suivante : http://www.inegalites.fr/spip.php?page=presentation&id_article=2067&id_rubrique=180