Accueil » Archives pour Eric Verhaeghe

Auteur : Eric Verhaeghe

Chic! la sécu rembourse mal les médicaments contre le cancer

Les médicaments contre le cancer sont mal remboursés par la sécurité sociale alors que le Doliprane l’est intégralement! Et tout le monde semble s’en féliciter. C’est le paradoxe le plus stupéfiant d’un système auto-proclamé « le meilleur du monde ».

Il fallait lire la presse subventionnée aujourd’hui et sa façon d’évoquer la décision de rembourser le Keytruda et l’Opdivo par le régime général. Ces deux anti-cancéreux révolutionnaires permettent d’améliorer fortement l’espérance de vie des malades.

Les Échos ont titré: « Sécurité sociale : la facture des nouveaux anticancéreux sera contenue ». La Tribune, qui défendait beaucoup à une époque la Grèce martyrisée par l’Allemagne, a offert un titre encore plus direct: « L’immunothérapie va continuer à peser sur les comptes de la Sécu ».

On rêve! Il existe donc des titres qui revendiquent ouvertement l’intérêt de limiter le remboursement des anti-cancéreux… Il paraît pourtant que la sécurité sociale est le meilleur système de protection sociale du monde.

La sécu française en retard par rapport aux autres pays

On lira avec intérêt la dépêche AFP sur le sujet, curieusement publiée par la presse étrangère, mais peu reprise en France. La dépêche commet cette phrase révélatrice:

La France rejoint désormais la majorité des pays d’Europe de l’Ouest où ce traitement est remboursé en « première ligne » (c’est-à-dire en tant que premier traitement administré) pour le cancer du poumon.

Autrement dit, notre sécurité sociale, présentée comme un modèle de perfection, est en retard sur la plupart des pays européens en matière de remboursement de Keytruda dans le traitement contre le cancer du poumon. Aucun des défenseurs de la « sécu », synonyme paraît-il d’intérêt général et de protection des assurés, ne semble s’indigner de ce décalage par rapport aux pays qui n’ont pas la chance d’avoir la même sécu que nous.

Pourtant, ce cas de figure montre bien que notre sécu prend très mal en charge le cancer. Il montre aussi que les pays qui ne sont pas handicapés par une sécurité sociale publique et monopolistique soignent mieux leurs assurés.

La tarification des actes par la sécu menace-t-elle la santé des assurés?

Merck, qui produit le Keytruda a, au passage, cette réflexion intéressante: le médicament coûte cher, mais il consomme peu de prestations hospitalières. Cette immunothérapie demande une simple injection intraveineuse de 30 minutes toutes les trois semaines. On est loin de l’infrastructure lourde de la chimiothérapie.

Autrement dit, le coût des soins profite aux laboratoires pharmaceutiques, mais ne rapportent pratiquement rien aux hôpitaux qui doivent remplir leurs lits et occuper un personnel coûteux. Les mauvais esprits liront donc entre les lignes les raisons du retard à l’allumage de la sécurité sociale face à l’immunothérapie: elle pose un problème social et économique, dans la mesure où elle met en péril la rentabilité hospitalière.

La technique de tarification à l’activité se retourne ici très clairement contre la santé des patients.

Pendant ce temps, le Doliprane est remboursé intégralement…

La même édition des Échos proposait un article (citant le Monde) sur les médicaments les plus remboursés par la sécurité sociale. On y découvre que le remboursement du Doliprane (dont la boîte est vendue 1 euro…) coûte à la sécurité sociale environ 200 millions d’euros par an. Rappelons que le Doliprane, produit par Sanofi, est en vente libre.

On parle de 200 millions de remboursement pour ce médicament. Le montant n’intègre pas le coût des consultations que certains mauvais coucheurs sollicitent pour se faire prescrire un médicament qui ne coûte pas plus cher qu’une baguette. Selon toute vraisemblance, la chaîne de remboursement du Doliprane doit coûter à peu près aussi cher que les 460 millions prévus pour rembourser le Keytruda.

La sécurité sociale, instrument démagogique ou sanitaire?

Dans ces conditions, on se pose forcément la question: pourquoi rationne-t-on le remboursement de médicaments qui sauvent des vies, et pourquoi continue-t-on à rembourser des médicaments à un euro qui relèvent de la bobologie? Pourquoi, alors que la sécurité sociale est en déficit permanent, mobilise-t-on beaucoup de moyens pour des risques insignifiants en sacrifiant les moyens consacrés au risque lourd?

La raison est simple, mais elle n’est pas ni médicale ni sanitaire. Elle est politique. Dérembourser le Doliprane, c’est montrer à des centaines de milliers d’électeurs qu’on dégrade leur confort. Ne pas rembourser l’immunothérapie contre le cancer du poumon, c’est tuer 3.000 personnes, ce qui, électoralement, correspond seulement à un ou deux bureaux de vote.

Ici, on touche le mécanisme profond qui explique l’attachement de nombreux élus à la sécurité sociale telle qu’elle dysfonctionne. Il ne s’agit pas de protéger les assurés contre la maladie. Il s’agit de soigner sa popularité en vue des prochaines élections.

La sécurité sociale n’assure pas les citoyens. Elle achète seulement leurs voix.

Macron ne rompra pas avec le fantasme français de l’entrepreneur délinquant

Implicitement, les textes en vigueur présentent l’entrepreneur comme un délinquant. Macron avait donné l’illusion qu’il modifierait cette image. Le projet de loi sur le « droit à l’erreur » adopté hier en Conseil des Ministres montre qu’il faudra encore attendre.

Selon une bonne tradition post-marxiste, les pouvoirs publics ont ancré le principe de l’entrepreneur délinquant. Celui-ci est en effet accablé de réglementations aussi pléthoriques que contraignantes, qu’il leur est impossible d’appliquer dans leur totalité. Cet édifice, qui permet à l’administration fiscale, à l’URSSAF ou à l’inspection du travail de « coincer » les entrepreneurs à chaque contrôle, insécurise par principe tous ceux qui prennent des risques.

Le projet de loi sur le « droit à l’erreur »aurait pu rompre avec cette logique. Il n’en est rien.

L’entrepreneur délinquant, un fantasme créé par les pouvoirs publics

Depuis 1968, les pouvoirs publics français s’ingénient à criminaliser systématiquement la vie des entrepreneurs. La caricature de cette criminalisation organisée se trouve sans doute dans le recrutement. Alors que, depuis les années 70, la France connaît un chômage de masse, l’acte de recruter relève aujourd’hui de l’héroïsme. Il faut par exemple prouver qu’on ne discrimine pas les hommes et les femmes, les Français et les étrangers, les hétérosexuels et les homosexuels, les athées et les musulmans, quand on choisit un salarié.

Le corpus de textes est tel que l’entrepreneur qui fait le choix insane de recruter s’expose en permanence à la critique (et à la sanction) d’avoir mal recruté. Dans le même temps, bien entendu, le même entrepreneur est sommé de participer plus activement aux politiques de l’emploi et à la lutte contre le chômage.

Dans tous les domaines de la vie de l’entreprise, l’accumulation de textes contraignants et criminalisants donne une actualité à cette injonction paradoxale permanente: il faut retrouver la prospérité, le plein emploi, le bonheur, mais les chemins pour y parvenir sont sans cesse plus réglementés, avec des sanctions de plus en plus lourdes et des « limites de vitesse » de plus en plus importantes.

La masse de texte à connaître a atteint un tel volume qu’aucun chef d’entreprise ne peut les maîtriser tous. C’est particulièrement vrai pour toutes les petites entreprises. Dans la pratique, l’entrepreneur est un délinquant en puissance. On trouvera toujours un point à épingler dans sa vie, une faute, une erreur à sanctionner.

L’entrepreneur délinquant, une construction savante qui a ses raisons

On ne s’étonnera donc pas de la mauvaise image de l’entrepreneur en France. Elle est le produit d’une construction patiente, concertée, des pouvoirs publics et, au premier chef, d’une redoutable administration préoccupée par un enjeu de pouvoir: le ministère des Finances.

Tout contrôle fiscal digne de ce nom doit se traduire par un redressement. Tout contrôle URSSAF aussi. C’est une preuve d’efficacité des services, qui justifie les salaires mirobolants perçus par les fonctionnaires concernés.

Pour réaliser ce principe universel, les pouvoirs publics ont mis en place une logique redoutable, qu’on appelle couramment une production législative (et réglementaire) de médiocre qualité. Dans la pratique, il s’agit de produire des textes flous, parfois contradictoires, qui donnent toujours une marge d’appréciation discrétionnaire aux fonctionnaires en charge de leur application.

Grâce à ce système, l’inspecteur URSSAF ou fiscal qui passe dans une entreprise tient l’administré à sa main, et je dirais même à sa botte. Il dispose du pouvoir de vie et de mort sur l’entrepreneur, celui en particulier d’infliger ou non une sanction qui plombera à des degrés parfois mortels les comptes de l’entreprise.

La combine est bien montée. Aucun chef d’entreprise victime d’un abus de droit (et l’affaire de la taxation à 3% des revenus distribués a montré que l’abus est chose courante) ne peut demander le licenciement pour faute grave du fonctionnaire qui le commet. Et lorsqu’il se voit infliger une pénalité de parfois 80% sur les sommes dues, qui le met à genou et tue économiquement l’entreprise, il doit entamer un long chemin judiciaire, très incertain, pour prouver sa bonne foi.

Quelle jouissance, pour le fonctionnaire de Bercy, que d’être le diable dans l’enfer français de l’entreprise! Quelle revanche sur la vie que de pouvoir mettre au pas tous ces petits patrons, vulgaires et si peu diplômés, qui ont l’audace de vivre de leur travail sans passer de concours dans la fonction publique!

Le grand ratage de Darmanin sur le droit à l’erreur

On aurait pu croire qu’Emmanuel Macron changerait les choses. Le texte, annoncé depuis juillet, mais reporté de trois mois, sur le « droit à l’erreur » aurait pu commencer la salutaire remise en cause de cette construction perverse qui tue l’initiative en France depuis 40 ans. Mais Bercy a vaincu

Ainsi, non seulement le « droit à l’erreur » est très loin d’être théorisé dans les textes, mais l’administration conservera son droit de démontrer la mauvaise foi des entreprises. Il suffit de connaître quelques fonctionnaires pour savoir que le texte de Darmanin ouvre la porte à un déferlement de haine tout à fait prévisible contre les entrepreneurs.

On nous dirait ici que l’administration doit apporter des preuves tangibles d’un fait objectif, nous pourrions l’entendre. Mais démontrer la bonne foi ou la mauvaise foi de quelqu’un est évidemment, d’un point de vue « philosophique », une imposture officielle.

Les raisons de sanctionner un entrepreneur sont en effet contenues dans la masse de textes qu’il doit appliquer et qu’il ne connaît pas. Pour le vérifier, demandez à votre boulanger combien de codes il doit respecter: il n’en imagine pas le dixième.

Pourtant, nul n’est censé ignorer la loi.

Donc, par principe, l’administration ne peinera jamais à expliquer que l’entrepreneur qui n’a pas respecté ses obligations l’a fait de mauvaise foi: nul n’est censé ignorer la loi.

Le quinquennat de Macron s’achèvera donc dans la parfait continuité de ce qui s’est fait avant lui. Les pouvoirs publics pourront continuer à aligner des chiffres éloquent de « lutte contre la fraude » organisée par les entrepreneurs. Et les salariés français seront confortés dans l’image de l’entrepreneur délinquant.

 

Simplification pour les entreprises: Bercy gagne son combat d’usure contre le droit à l’erreur

Au mois de juillet, Gérald Darmanin avait dû reporter son projet de loi de simplification pour les entreprises, dont la première version était trop indigente. Aujourd’hui, il en présente la version aboutie. Elle n’a guère évolué depuis trois mois, signe que Bercy n’est pas sous contrôle et que la résistance des bureaux face à la simplification des procédures triomphe.

Instinctivement, les fonctionnaires savent quel danger mortel représente la simplification administrative. Moins de procédures, c’est moins d’emplois dans les services, moins de textes à mettre en oeuvre, et donc possiblement autour de réductions d’emplois. C’est aussi moins de pouvoir sur la société, moins de possibilité de l’asservir et de la placer sous contrôle.

D’où l’expansion permanente de la réglementation, voire de l’hyper-réglementation, et la multiplication des textes flous ou imprécis qui sont autant de prises données au pouvoir discrétionnaire dont l’administration raffole. Le droit fiscal en est la preuve vivante: les incertitudes des textes donnent aux services de Bercy un droit de vie ou de mort sur beaucoup d’entreprises.

Lorsqu’Emmanuel Macron a évoqué le droit à l’erreur pour les entreprises, il a donc marqué un point important. Ce faisant, on n’a pas alors clairement vu que le droit à l’erreur, avant d’être une chance donnée aux entreprises, est une réduction de la marge discrétionnaire que les fonctionnaires s’attribuent très souvent, par-delà les textes.

Toujours pas de droit à l’erreur?

En l’état actuel des informations parues, Bercy continue donc sa résistance forcenée contre la politique pour laquelle Emmanuel Macron fut élu. Alors que le droit à l’erreur était une promesse du Président, le projet de Darmanin ne semble pas l’évoquer… en tout cas pas sous la forme d’un droit général et absolu. Si tout juste si quelques procédures (notamment face à l’Inspection du Travail) pourront donner lieu à des contrôles préventifs ou des avertissements à la place de sanctions.

Autant dire que ce seul oubli suffit à disqualifier l’ensemble du texte. On voit mal pourquoi une loi sur la simplification si elle ne transcrit pas la promesse du candidat Macron qui avait précisément retenu l’attention du public.

Une collection de mesurettes insipides

Pour le reste, le texte propose une série de mesurettes que personne ne contestera vraiment, mais qui ne sont évidemment pas à la hauteur des annonces politiques faites jusqu’ici sur le sujet.

Ainsi, le projet Darmanin prévoit que les rescrits seront opposables devant la justice. Cette décision intéressera les spécialistes et tous ceux qui commettent la folie de demander un rescrit (c’est-à-dire une sorte d’autorisation préalable de l’administration en cas de doute sur l’interprétation d’un texte). Jusqu’ici, un rescrit abusif était en effet inattaquable et l’entreprise qui l’avait sollicité devait s’y conformer, même s’il comportait une erreur de droit.

Le projet Darmanin améliorera la situation, mais on est loin de la révolution attendue.

Bercy tient bien son ministre

Peu à peu, donc, le profil de Gérald Darmanin se découpe en creux. Ministre qui ne ménage aucun empressement auprès du Président de la République pour être bien vu, il est, sur les questions techniques, complètement phagocyté par son administration.

Le vide sidéral d’un texte qu’il présente pour la deuxième fois en témoigne. Ah! si seulement nos ministres avaient eu une seule fois, ne serait-ce que pendant trois mois, une vraie expérience de chef d’entreprise…

On notera que le texte sur l’absorption du RSI par le régime général faisait plusieurs dizaines de pages. Le gouvernement Philippe restera dans l’histoire comme une étape parmi d’autres dans la grande expansion de la réglementation publique. Et les promesses de Macron semblent bien loin aujourd’hui.

Nous voulons aussi alléger les contraintes qui pèsent sur nos entrepreneurs, en particulier sur les indépendants et les TPE-PME. Des mesures de simplification réglementaire seront prises et nous engagerons en 2018 la suppression du régime social des indépendants que nous adosserons au régime général.

Édouard Philippe, déclaration de politique générale

Quand féministes et autres minoritaires transforment Paris en mouroir petit-bourgeois

Progressivement, Paris se transforme en mouroir petit-bourgeois… Un phénomène désolant qu’Emmanuel Macron devrait nourrir encore avec ses dernières annonces sur la lutte contre la violence faite aux femmes… Quelques exemples illustrés!

La vidéo que je produis ici se passe un soir de semaine, vers 23 heures, en haut de la rue de Belleville (circonscription de Mounir Mahjoubi). Deux Roumains s’y sont installés sous une tente, au nom de l’accueil des « réfugiés » qui échappent à la guerre, antienne inlassablement répétée par les bobos. Soyons francs: l’afflux de réfugiés à Paris et l’interdiction des campements dans la ville produit une dissémination de ces pauvres hères dans tout l’Est parisien, participant à la dégradation du cadre de vie des quartiers où le mètre carré est le moins cher.

Forcément, ces réfugiés, qui campent toute la journée sous une minuscule tente (qui leur laisse le temps de ruminer leur hargne contre tous ces riches qui les entourent), vivent de la mendicité. Leur problème est que non seulement ils transforment leur environnement en dépotoir à ciel ouvert, mais ils sont particulièrement agressifs le soir vis-à-vis des passants qui, comme moi, refusent de leur donner de l’argent.

La scène que j’ai filmée suit immédiatement un refus d’aumône. Je me suis évidemment fait insulter et me suis entendu dire: « Rentre chez toi, fils de pute ». J’ai donc sorti le téléphone portable pour immortaliser ce moment qui laisse planer peu d’ambiguïtés sur l’ambition de grand remplacement qui anime ces nouveaux venus.

La passivité totale de la police

J’ai, dans la foulée, appelé la police pour qu’elle intervienne. Mon interlocuteur de police de secours m’a raccroché au nez, en m’indiquant que si je n’avais pas été frappé, la police n’avait aucune raison d’intervenir. Et là tu comprends que le service public qui pleurniche à longueur de journée sur son manque de moyens n’a, dans le même temps, absolument rien à cirer du contribuable et de ses attentes.

Toujours plus, disait de Closets en son temps. Donnez-nous de beaux commissariats avec des salles de repos sympas, mais ne nous demandez surtout pas de bosser…

L’extravagant délit d’outrage sexuel

Je n’aurais probablement pas écrit ce papier ni produit cette vidéo si je n’avais pas entendu Emmanuel Macron annoncer la création d’une ligne directe permanente avec la police pour les femmes qui se font insulter dans la rue. Cette invention baroque à mettre au compte des féministes obligera la police à répondre, en ligne directe, à toutes les femmes qui subissent un outrage dans la rue.

J’imagine d’ici les conversations avec les impétrantes.

– Monsieur l’agent, je viens de me faire insulter dans la rue!

– Ah bon? vous a-t-il traitée de « sale pute »? vous a-t-il dit « je veux coucher avec toi salope »? Ah! il vous a juste dit « rentre chez toi sale Française et nique ta race? » Alors je vous renvoie sur Police Secours, nous ne sommes pas compétents pour les agressions ordinaires.

Si l’on ajoute à cela que le Président considère que la police de proximité qu’il veut mettre en place aura pour première utilité de lutter contre l’outrage fait aux femmes, la boucle est bouclée. Car l’injure sexiste généralisée n’est qu’un épiphénomène d’une politique suicidaire d’accueil émotionnel, sans discernement, sans subtilité, sans règle qu’on a décidé de continuer. On veut bien des gros misogynes qui ont tété le lait de la soumission féminine en lisant le Coran, mais à condition qu’il respecte les codes imposés par les féministes. Pour le reste, ils peuvent bien nous insulter, battre nos pavés en y posant leurs tentes et leurs ordures, en urinant sur nos murs, tout cela ne concerne pas la police.

Il faut détester les citoyens ordinaires et ne jamais mettre les pieds dans leurs quartiers pour annoncer de telles mesures.

Quand les pouvoirs publics organisent l’incivilité dans les rues

C’est évidemment un signe des temps que d’entendre dans la bouche d’un Président de la République l’annonce triomphale d’un nouveau délit lié à la vie quotidienne. Personne n’ose le dire, mais l’essentiel de ces incivilités est produit par la coexistence avec des « minorités visibles » dont les « réfugiés » qui envahissent les rues et transformeraient volontiers les villes que nous avons mis plusieurs centaines d’années, parfois plusieurs milliers d’années à bâtir, en un petit chez eux pas cher.

Cela ne signifie pas que l’injure sexiste n’existe pas chez les mâles blancs. Mais l’actualité a montré qu’elle ne choisit pas les rues pour s’exprimer. Elle préfère l’atmosphère ouatée des bureaux ou des ascenseurs qui grimpent vers les studios de télévision ou de cinéma. L’injure de rue est une pratique plutôt réservée à tous ceux qui viennent de civilisation où les femmes n’ont pas le droit de sortir de chez elle sans voile.

Évidemment, la doxa bobo qualifie ces propos réalistes et évidents de « racistes » ou autres noms dont le simple prononcé suffit à couvrir d’opprobre la personne qu’ils désignent.

Ici, nous devons pourtant nous poser une question: pourquoi créer des délits fantaisistes qui immobiliseront de précieuses forces de police nécessaires sur d’autres fronts, tout en créant une iconographie parfaitement hypocrite sur l’accueil des réfugiés? Pourquoi ceux qui qualifient de « racistes » tous ceux qui disent la vérité des migrants aujourd’hui, de ce qu’est leur coexistence au jour le jour avec eux, en viennent-ils aujourd’hui à criminaliser la vie quotidienne au lieu de traiter le mal à la racine?

Cette question est peut-être sans réponse. Il n’en reste pas moins que la dégradation de l’ambiance quotidienne dans nos rues est d’abord le produit d’un choix public. Et, à Paris, la responsabilité de ce choix en revient directement à la maire et à son entourage, qui adorent l’accueil des réfugiés… dans les quartiers qu’ils n’habitent pas (bien entendu).

Une dégradation manifeste dans tout l’Est parisien

Je lis hier dans le Figaro que les habitants du quartier de Lariboisière, près de la sordide gare du Nord, ont manifesté dans les rues pour protester contre la dégradation de leur cadre de vie. L’installation au forceps d’une salle de shoot n’est toujours pas passée.

La maire d’arrondissement les a reçus pour leur dire que, c’est vrai, leur quartier n’est pas fringant, mais qu’il est quand même mieux qu’avant. Elle s’appelle Alexandra Cordebard. Elle enseigne à l’EHESS, institution universitaire d’élite.

On ne se lasse pas de ce discours des élus qui vous expliquent qu’ils savent mieux que vous ce qu’il faut penser et ressentir. Il est du même ordre que celui de tous les bobos qui vous soutiennent que votre enfer quotidien est en réalité un paradis mais, comme vous êtes limité intellectuellement, ou fasciste, ou nazi, vous ne vous en êtes pas aperçu. Dans tous les cas, le problème, ce n’est pas l’emmerdement maximal que vous subissez chaque jour, le problème, c’est vous.

Mécanique bien connue de tous ceux qui s’intéressent à Big Brother.

Une stratégie de Grand Remplacement dans l’Est parisien?

Reste que Paris pose une question particulière. Anne Hidalgo et son équipe imposent au pas de charge une politique très ciblée sur les bobos et les fonctionnaires les plus intégristes. Dans la pratique, tous ceux qui ont des enfants, une voiture pour aller travailler, un investissement dans un quartier « moyen » (à moins de 8.000€/m2), c’est-à-dire très souvent l’Est parisien, s’aperçoivent qu’ils n’ont plus leur place dans la ville. Coincés entre des hyper-bourgeois, des barres HLM et des communautés de plus en plus fermées, ils sont priés de rester chez eux après dix-neuf heures et de raser les murs quand ils sortent.

Toute cette classe moyenne est priée de déménager si elle n’est pas contente. On comprend bien le raisonnement par ellipse qui se cache derrière la brutalité du comportement. Depuis les présidentielles, Anne Hidalgo a compris que la forteresse socialiste que Delanoé avait bâtie dans l’Est parisien lui a échappé. En dehors du vingtième arrondissement (largement épargné par les délires hidalgiens au demeurant), tout le boboland s’est rangé du côté de Macron.

La maire dispose d’à peine deux ans pour réaliser un nettoyage sociologique ciblé dans ces quartiers: faire partir tout ce qui ressemble à un cadre du privé susceptible de voter Macron, et accélérer l’implantation de doctrinologues PS, tous ces instituteurs, ces professeurs de collège, ces journalistes subventionnés qui idolâtrent le « vivre ensemble » et détestent l’initiative individuelle. On ne s’étonnera donc pas de voir la maire prendre, dans les mois qui viennent, des positions extrêmes pour rendre invivable la ville à tous ceux qui n’ont pas la foi bobo chevillée au corps.

Vers un mouroir petit-bourgeois

Du coup, la ville se teinte peu à peu aux couleurs de l’idéal existentiel porté par les instituteurs de l’école publique contemporaine et autres avatars obsolètes du vingtième siècle.

Il ne faut pas sortir tard le soir car on n’a pas les moyens d’aller au restaurant, et il faut se lever tôt pour être dans la classe le lendemain. D’où la clôture progressive de la ville sur elle-même, qui dissuade les banlieusards de prendre la voiture pour casser une croûte dans une brasserie après le boulot. D’où ce grand vide dans la plupart de nos restaurants aujourd’hui. D’où l’idéalisation des pistes cyclables empruntées par les livreurs de repas à domicile: restez chez vous, citoyens! ne vivez plus la collectivité de la ville!

Il faut dénoncer tous les errements de l’industrie agro-alimentaire, automobile, chimique et autres monstrueuses entreprises qui exploitent de pauvres ouvriers. Donc, on pollue les quartiers centraux (très à droite) au lieu de polluer les voies sur berge, pour diminuer le flot des voitures venues de banlieue. On chasse ainsi peu à peu les bureaux, les sièges sociaux, les entreprises, pour ne garder que les services publics. Sans le dire, Paris se ferme à l’activité lucrative et ne garde sur son territoire que la fonction administrative. Une ville de fonctionnaires vote plus sûrement Anne Hidalgo qu’une ville de salariés.

Il faut polariser, peu à peu, les quartiers. Ne gardez que les très riches, surtout s’ils sont qataris et ne votent pas à Paris, ou Américains, ou Britanniques, et les très pauvres, qui n’ont pas de conscience politique et ne votent pas non plus. D’où cette stratégie d’ouverture des portes aux « réfugiés », dont on dit qu’ils sont souvent des déboutés du droit d’asile en Allemagne. Dans les autres quartiers, tout est fait pour attirer le touriste, jusqu’à rendre leur fréquentation étouffante pour les natifs.

Progressivement, donc, Paris devient une ville fantôme, une ville musée, une ville refuge pour la misère du monde, une ville ghetto pour les grandes fortunes. Le « vivre ensemble » est une expression galvaudée qui serait plus honnête et sincère si elle s’appelait le « vivre côte-à-côte ».

Et ce mélange, ce brassage que nous aimions dans Paris est un souvenir qui pâlit dans nos mémoires.

Remaniement: comment Macron cherche à grignoter sur sa gauche

Le remaniement annoncé hier est probablement moins anodin qu’il n’y paraît. Il flanque Bruno Le Maire de deux secrétaires d’État (dont l’un aux côtés de Darmanin) qui devraient resserrer la surveillance autour d’un ministre difficile à gérer. Dans la foulée, Macron continue sa stratégie de grignotage à gauche.

On avait parié sur une éviction brutale de Bruno Le Maire, qui multiplie les sorties tonitruantes et les initiatives perfides (comme la commande d’un rapport sur l’invention fiscale du temps où Macron était en charge du dossier à l’Élysée). Finalement, l’attribution du  porte-parolat à Benjamin Griveaux à plein temps permet un mouvement de translation limité, mais qui comporte plus d’une facette.

Une spécialiste de la grande entreprise auprès de Le Maire

L’arrivée de Delphine Gény-Stephann auprès de Bruno Le Maire devrait enfin doter Bercy d’un ministre qui a une connaissance concrète de l’entreprise. Les différentes sorties et arbitrages de Bruno Le Maire sur le sujet, en l’état, montrent en effet la perception stratosphérique, voire lunaire, de l’entreprise par le ministre qui en est en charge.

Delphine Gény-Stéphann ne peut se revendiquer d’une expérience réussie dans la vie concrète des entreprises, mais elle a participé à de nombreux conseils d’administration d’entreprises dont l’État est actionnaire. Polytechnicienne, elle a commencé sa carrière à Bercy et s’est occupée des participations de l’État. Elle devrait donc apporter une ligne directe avec l’Élysée sur tous les sujets de cessions d’actifs et d’intervention dans le financement privé.

On se souvient ici que c’est un sujet qui intéresse aussi particulièrement le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. On voit poindre l’arbitrage sous-jacent: dans la pratique, le volet « économie » de Bery devrait commencer à reprendre une forme rationnelle, c’est-à-dire moins planante.

Un hamoniste historique auprès de Darmanin

Olivier Dussopt, député socialiste qui n’a pas voté le projet de loi de finances pour 2018 manifeste la parfaite cohérence de son engagement en devenant secrétaire d’État… à Bercy. C’est la très grande prouesse de Macron de « renouveler » la politique en transformant la trahison et l’opportunisme en principe du futur.

L’intéressé présente donc un avantage: il devrait jeter un oeil très politique sur les agissements de Bercy. Cet ancien porte-parole de Martine Aubry, proche de Hamon, est aussi président de l’association des petites villes de France. Il n’a donc pas hésité à dénoncer la baisse des emplois aidés dans les collectivités.

On comprend donc qu’il est aussi un gage donné aux élus locaux, notamment aux maires, sur la prise en compte de leurs besoins.

Le grignotage de Macron à gauche

Ce faisant, la nomination d’Olivier Dussopt est un nouveau signal envoyé par Macron sur un ratissage à gauche. Après la nomination d’Éric Lombard à la tête de la Caisse des Dépôts, le choix d’Olivier Dussopt est un nouveau braconnage sur les terres de gauche que Macron peut considérer comme « rattrapables ».

En l’espèce, l’analyse des profils concernés est intéressante et en dit long sur la recomposition politique à l’oeuvre.

Lombard est issu de la grande bourgeoisie industrielle et membre historique des Gracques. Cette mouvance « rocardienne », de centre gauche avait en son temps manifesté sa défiance pour Ségolène Royal et la gauche qu’elle incarnait. Lombard appartient à cette gauche libérale, européiste, éclairée, volontiers élitiste, qui paraît assez naturellement assimilable au macronisme.

Olivier Dussopt est d’une « nature » très différente. Il n’appartient pas à cette grande bourgeoisie orléaniste qui constitue l’un des piliers essentiels à la majorité actuelle. Il est plutôt issu de la « province fédéraliste », de cette France du sud de la Loire où la relation à l’État central est façonnée par des siècles de distance.

C’est cette France-là qui frétille à l’idée d’une solidarité mutualiste plus que centralisée. Ce n’est pas la France de l’économie de marché au sens où nous l’entendons. Elle ne prise guère la libre concurrence et se méfie du grand capital. Mais c’est une France de petits bourgeois, de petits entrepreneurs qui sont attachés à leur « chez soi », à leur indépendance, et qui portent en eux une recherche d’équilibre proche de l’écologie et de la terre.

Il est intéressant de voir que cette France-là, celle des petites communes rurales, celle d’un revenu universel version solidariste au fond, se vit aussi comme Macron compatible.

Le travail de ratissage à gauche continue. Qui sera le prochain?

Les ordonnances sèment la pagaille dans les milliards de la prévoyance

La prévoyance de branche est un héritage direct des accords AGIRC de 1947, qui obligeaient les entreprises à consacrer 1,5% de la masse salariale à des contrats d’assurance pour les cadres. Beaucoup de branches avaient désigné un assureur unique par souci de « solidarité ». Les ordonnances sortent la prévoyance du champ futur de compétence des branches professionnelles.

Un temps, on avait cru que le lobbying intense des organisations syndicales (qui se financent parfois discrètement par la désignation d’un assureur unique en prévoyance) parviendrait à imposer la prévoyance de branche. Et puis… patatras! les ordonnances bouleversent l’ordre des choses et ne devraient pas revenir sur la mort programmée de la « solidarité de branche ».

Le rôle futur des branches

On notera dans l’encadré ci-contre le nouveau rôle des branches défini par les texte, à savoir le nouvel article L2241-1 du code du travail.

Celui-ci prévoit une négociation quadriennale sur les salaires, l’égalité hommes-femmes, le gestion prévisionnelle des emplois et la pénibilité (sous sa nouvelle appellation), sur le handicap, la formation professionnelle, les classifications et les plans d’épargne retraite. De la prévoyance, qui génère plusieurs dizaines de milliards chaque année, on ne parle point.

La rédaction des ordonnances prévoit que ces dispositions sont d’ordre public. On ne pourra donc y déroger ni positivement, ni négativement.

Emmanuel Macron clôt ici un cycle ouvert à la Libération où les partenaires sociaux considéraient volontiers que la branche était un aspect « d’affectio societatis » où l’on pouvait unifier les conditions salariales en imposant un contrat unique à toutes les entreprises.

La prévoyance, désormais apanage de l’entreprise

Il faut désormais aller fouiller dans les dispositions supplétives de la négociation d’entreprise, c’est-à-dire hors ordre public, pour trouver trace de la prévoyance. Celle-ci est régie par l’article L. 2242-17 qui traite de la négociation annuelle sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail.

L’alinéa 5 de l’article précise donc que « Les modalités de définition d’un régime de prévoyance et, dans des conditions au moins aussi favorables que celles prévues à l’article L. 911-7 du code de la sécurité sociale, d’un régime de remboursements complémentaires de frais occasionnés par une maladie, une maternité ou un accident, à défaut de couverture par un accord de branche ou un accord d’entreprise.  »

La place de la branche dans la prévoyance de demain

Les formulations retenues par les textes des ordonnances risquent de faire couler beaucoup d’encre.

D’une part, on voit mal comment de nouveaux accords de branche pourraient intervenir dans le domaine de la prévoyance. Celle-ci ne fait en effet plus partie des prérogatives des branches.

D’autre part, l’ordonnance prévoit que la prévoyance d’entreprise ne peut créer un « régime » qu’en l’absence d’accord de branche ou d’entreprise.

Le flou du texte ouvre la porte à de nombreux contentieux. On en retiendra ici une interprétation pratique: les régimes de branche existants ne sont pas remis en cause. En revanche, il n’est plus possible d’en créer de nouveaux.

Pour le reste, la prévoyance devient une compétence d’entreprise.

« Section 1
« Ordre public

« Art. L. 2241-1.-Les organisations liées par une convention de branche ou, à défaut, par des accords professionnels se réunissent, au moins une fois tous les quatre ans pour les thèmes mentionnés aux 1° à 5° et au moins une fois tous les cinq ans pour les thèmes mentionnés aux 6° et 7°, pour négocier :
« 1° Sur les salaires ;
« 2° Sur les mesures tendant à assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et sur les mesures de rattrapage tendant à remédier aux inégalités constatées ;
« 3° Sur les conditions de travail, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, et sur la prise en compte des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels énumérés à l’article L. 4161-1 ;
« 4° Sur les mesures tendant à l’insertion professionnelle et au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés ;
« 5° Sur les priorités, les objectifs et les moyens de la formation professionnelle des salariés ;
« 6° Sur l’examen de la nécessité de réviser les classifications ;
« 7° Sur l’institution d’un ou plusieurs plans d’épargne interentreprises ou plans d’épargne pour la retraite collectifs interentreprises lorsqu’il n’existe aucun accord conclu à ce niveau en la matière.

Remaniement: en attendant Macron!

Rien à faire! Le remaniement, donné comme imminent dimanche soir, ne vient toujours pas. Il faut bien s’y résoudre désormais, le métier de journaliste politique est, avec Emmanuel Macron, un métier d’attente. Dans l’espoir que l’événement tant attendu se produise enfin, ce qui n’est pas acquis.

Macron est un perfectionniste. Au début, il s’agissait seulement de remplacer le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, désormais affecté à la conduite des opérations marchantes. Puis, on a parlé d’en profiter pour se débarrasser de Bruno Le Maire, qui ne manque pas une occasion de se faire remarquer dans les rangs du gouvernement. Et enfin, on évoque un élargissement de l’équipe gouvernementale, avec force secrétariats d’État qui résonnent comme autant de constats d’échec dans la vision présidentielle d’un gouvernement resserré de technocrates aguerris (Communication, Fonction Publique, Sécurité Sociale, toutes enseignes qui avaient disparu et qui reviendraient).

Le remaniement est-il le fait d’un perfectionniste?

C’est le propre des perfectionnistes de rejouer systématiquement le même jeu: d’un problème simple à résoudre, ils s’embarquent toujours dans des spirales d’une complexité grandissante, se promettant de résoudre deux problèmes au lieu d’un. Et, en fin de course, la décision simple est devenue si complexe à prendre qu’il faut la repousser, la réexaminer et même la changer incessamment jusqu’à devenir la meilleure décision possible. Et on attend.

Macron a déjà fait le coup pour la liste des législatives, puis pour son premier gouvernement Philippe, puis à plus petite échelle, pour le poste de directeur général de la CDC. En réalité, le Président n’aime pas prendre son temps pour décider: il aime la perfection et procrastine jusqu’au bout.

On laissera les psychanalystes s’abandonner aux analyses qui vont bien sur ce sujet.

Le mythe du gouvernement resserré et technique est bien mort

À sa décharge, Emmanuel Macron a besoin d’élargir une équipe qui souffre de points faibles majeurs. Un peu partout, le feu couve et les pompiers ne sont pas équipés pour faire face.

Par exemple, il ne se passe pas un jour sans que les salariés du service public audio-visuel ne balancent une rumeur ou une pépite sur les projets de réforme proposés à la ministre de la Culture. Celle-ci paraît singulièrement désarmée pour aborder ces dossiers minés où elle ne possède guère d’expérience reconnue.

On dira la même chose de la fonction publique où plus personne ne semble vraiment aux commandes d’un avion gros porteur en pleine perte de vitesse. Or Macron devra tôt ou tard taper dans les effectifs et négocier le bout de gras salarial. Le sujet ne s’improvise pas et suppose une bonne maîtrise technique des dossiers.

La même technicité fera rapidement défaut sur le dossier complexe des retraites où Jean-Paul Delevoye manque de relais politique.

Le grand retour des cabinets ministériels?

Accessoirement, ces opérations complexes ne sont pas dénuées de calculs secondaires. En particulier, l’augmentation du nombre de maroquins permet de contourner la règle imposée par Macron lui-même de cabinets resserrés autour de quelques conseillers seulement.

Le Président entendait assurer la maîtrise technique des dossiers par l’Élysée et Matignon. L’expérience montre que les ministères dépensiers ont aussi besoin de conseillers en nombre pour décliner les réformes. Le flou qui pèse sur des sujets comme la formation professionnelle, les relations avec les collectivités locales ou la réforme de la santé sont autant d’alertes que Macron doit prendre en compte pour mener à bien ses projets.

Bref, le Président a des circonstances atténuantes pour justifier son attentisme. Mais on ne peut s’empêcher d’y voir un trait de caractère, voire de personnalité.

Travail détaché: les polémiques protectionnistes vont repartir

Le travail détaché devrait encore faire parler de lui et susciter de nombreuses polémiques protectionnistes. Dans la foulée d’un article de Leïla de Comarmond dans les Échos, l’AFP a en effet demandé à la direction générale du travail confirmation d’une hausse de 25% du nombre de travailleurs détachés en 2016. Parallèlement, les transporteurs routiers bloquent les frontières pour protester contre leur exclusion de la réforme.

Il y a quelques semaines, la presse subventionnée a lancé des titres triomphaux sur les avancées obtenues, paraît-il, par Emmanuel Macron sur le travail détaché. Nous avions alors fait part de notre scepticisme sur la portée de ces gains diplomatiques.

Manifestement, ce scepticisme est aujourd’hui confirmé par les faits. Les transporteurs routiers bloquent en effet les frontières pour protester (tardivement) contre l’une des conclusions du sommet européen: l’exclusion du transport routier hors du champ de la nouvelle directive. Mais on n’est pas au bout de ces conclusions en trompe-l’oeil.

Polémiques protectionnistes en vue

Dans la foulée, la presse a indiqué que le nombre de travailleurs détachés en France avoisinait en 2016 les 350.000 salariés. Le phénomène augmente alors que le chômage est au plus haut.

Une fois de plus, les polémiques protectionnistes devraient faire rage et éviter les vrais sujets: pourquoi un employeur préfère-t-il recruter un salarié polonais pour une mission temporaire, alors qu’il existe 3,5 millions de chômeurs en France qu’on peut faire travailler 35 heures maximum par semaine en versant un euro à la sécurité sociale chaque fois qu’on lui verse une euro de salaire (dès lors qu’on a prouvé qu’on n’avait pratiqué aucune discrimination à l’embauche)? S’agissant des missions temporaires, on ajoutera que le Français en question ne peut être licencié pendant son contrat court, dont le coût est majoré de 10% pour indemniser la précarité. Dans ces conditions, il faut vraiment être mauvais coucheur pour lui préférer le Polonais, le Roumain, le Slovène et même l’Allemand qui a le mauvais goût de penser que son salaire est versé en échange d’une production.

Au passage, on écoutera les donneurs de leçons europhiles et eurolâtres expliquer que le détachement, qui procède de l’idéal communautaire de libre circulation des personnes, est un vice. Les mêmes oublieront de rappeler que la France compte plus de 150.000 travailleurs français détachés en Europe. Et ils n’hésiteront à demander pour les autres des mesures qui pénaliseront les Français partis à l’étranger. Tout cela au nom de l’ouverture sur l’autre, bien entendu.

On ne manquera pas de suivre ces polémiques, donc.

Retraites complémentaires: le paritarisme est-il vraiment sauvé?

Nous livrons aujourd’hui notre deuxième article sur les retraites complémentaires et leur réforme actée par les partenaires sociaux vendredi dernier. Nous nous intéressons aujourd’hui au « sauvetage » du paritarisme proclamé par Claude Tendil, chef de file patronal, au sortir de la séance de négociation.

Claude Tendil a-t-il raison de dire que l’accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 sur les retraites complémentaires a sauvé le paritarisme? Oui, en apparence. Mais, en réalité, c’est à terme le contraire qui pourrait se produire.

Le paritarisme sauvé par sa capacité à se réformer

On se souvient que fin 2014 la Cour des Comptes avait tempêté sur l’avenir des retraites complémentaires. Celles-ci sont en effet intégrées au calcul de la dépense publique, mais échappent au contrôle du législateur. La Cour avait alors expliqué qu’une loi de financement de la protection sociale devrait reprendre la main sur ces régimes qui s’abritent derrière la garantie de l’État, mais qui fonctionnent comme des électrons libres.

À l’époque de ce rapport, les comptes des régimes se dégradaient à vue d’oeil, et certaines organisations syndicales répugnaient à trancher dans le vif. Il faut reconnaître à Claude Tendil le mérite d’avoir réussi un premier accord qui resserrait les boulons en 2016. Il réussit aujourd’hui un accord de fusion qui met sur pied un pilotage « automatique » salutaire.

Dans la pratique, ce pilotage automatique vise à permettre au conseil d’administration de l’AGIR-ARRCO de prendre lui-même un certain nombre de mesures conservatoires pour équilibrer les comptes sans avoir à convoquer une négociation interprofessionnelle. La méthode a fait hurler la CGT, mais elle évite les blocages complexes qu’une négociation promet.

Concrètement, les mesures de rééquilibrage seront décidées à la majorité du conseil d’administration des caisses. Ce processus devrait faciliter et dédramatiser les ajustements nécessaires pour revenir à l’équilibre. Tous les 4 ans, les partenaires sociaux se retrouveront pour adopter des mesures nouvelles si besoin est.

De ce point de vue, l’accord du 17 novembre restaure bien la crédibilité des partenaires sociaux et « sauve le paritarisme » à un moment où Emmanuel Macron s’apprête à étatiser l’UNEDIC. La menace a porté.

Vers une étatisation future?

Il n’en reste pas moins que le résultat de l’accord est loin d’être anodin.

D’une part, l’AGIRC et l’ARRCO seront fusionnés et ne feront plus qu’un. L’ensemble « retraites complémentaires » se transforme de fait en un deuxième pilier unique, monolithique, de retraite en France, avec des règles du jeu par répartition et par points.

D’autre part, le pilotage automatique voulu par le MEDEF ressemble furieusement à ce que Macron pourrait mettre en place pour le régime général lors de son deuxième mandat. La retraite notionnelle évoquée durant la campagne électorale fonctionne en effet sur ce triple principe: de la répartition, par points, avec des stabilisateurs annuels qui évitent les dérives.

D’où la question qui se posera forcément lorsque le régime général sera réformé: pourquoi ne pas le fusionner avec le second pilier? Le régime général comme l’ARRCO fonctionnent en effet sur la tranche A et pratiqueront, le jour J, le même métier.

Autrement dit, l’accord du 17 novembre neutralise toutes les raisons qui peuvent encore exister aujourd’hui de ne pas fusionner les régimes complémentaires avec le régime général.

Mais qui absorbera l’autre?

Si tout le monde est bien conscient que le sauvetage immédiat du paritarisme est un prélude à une meilleure absorption par le régime général, une autre hypothèse a les faveurs du monde patronal: pourquoi les régimes complémentaires n’absorberaient-ils pas le régime général? L’espoir fait vivre diront certains, tant le tropisme étatiste est fort au sein des marcheurs.

Si l’on admet l’hypothèse que nous sommes ici sur des mouvements lents: la réforme systémique ne prendra sans doute pas forme avant la fin du deuxième quinquennat de Macron, nul ne peut aujourd’hui se prononcer sur ses contours exacts, alors, tout est possible. Ce possible est surtout ouvert si le successeur de Macron se révèle plus libéral, ce qui n’est pas garanti.

En route vers un futur deuxième pilier ouvert?

À l’horizon 2025 donc, si les régimes complémentaires étaient d’une façon ou d’une autre adossés au régime général, à quoi ressemblera le monde de la retraite collective en France? Selon toute vraisemblance, et sur le modèle de l’Allemagne ou de la Suisse, la France aura sans doute la tentation de créer un nouvel étage de retraite collective.

Le bon sens laisse à penser que cet étage fonctionnera par accords d’entreprise et ressemblera à une généralisation de l’épargne-retraite actuelle, avec une amélioration substantielle de son environnement fiscal. Le gouvernement devra arbitrer d’ici là sur l’allocation des avantages fiscaux entre assurance-vie et assurance-retraite, ce qui suppose au passage une moindre pression sur les achats de dette souveraine.

Mais ces sujets sont encore, en apparence du moins très loin de nous.

Le négociateur pour le Medef, Claude Tendil a qualifié l’accord de « très satisfaisant ». « On a sauvé le paritarisme, les retraites complémentaires, mis en place un système de pilotage qui me paraît performant », a-t-il ajouté à l’issue de la rencontre.

Les rats à Paris vus par une enfant de 4 ans: et ça se passe en 2017!

Les rats ont envahi Paris et semblent laisser Anne Hidalgo dans une impuissance totale. Paris 2017, qu’on se le dise, c’est une ville qui parle beaucoup de pollution dans les beaux quartiers, qui interdit les voitures trop anciennes, qui limite la place de l’automobile dans les rues… et qui laisse libre cours aux rats là où les enfants jouent. Un témoignage éloquent.

J’ai donc demandé à ma fille Astrée, 4 ans, de parler de son expérience des rats à Paris. Et soudain on découvre que les enfants de nos écoles primaires sont parfaitement informés et conscients de leur coexistence avec ces délicieux petits rongeurs.

Mais qu’avons-nous pour que la ville qui accueillera les Jeux Olympiques en 2024, qui est dirigée par tant de donneurs de leçons et d’imprécateurs de la pureté écologique nous condamnent à vivre dans cette insalubrité?

Pourtant, à en juger par la hausse constante des impôts locaux, on ne peut pas dire que la ville manque de moyens.

On distinguera tout particulièrement l’insalubrité du 19è arrondissement et de la place des Fêtes, dont le secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi, est devenu le député (éphémère, puisqu’il a immédiatement cédé sa place à sa suppléante, Delphine O, soeur du trésorier de campagne d’Emmanuel Macron).

Pour mémoire, on estime à 5 millions d’individus la population des rats à Paris.