Accueil » Archives pour Eric Verhaeghe

Auteur : Eric Verhaeghe

Attentat du Louvre: après les boules puantes, le terrorisme?

 

On suffoque, déjà, dans la présidentielle, par excès de boules puantes. Il ne manque plus qu’une vague de terrorisme pour transformer le débat public en champ de ruines.

Le terrorisme se rappelle à notre bon souvenir

Tiens! un attentat au musée du Louvre. Bon, c’est vrai: un petit. Juste un « déséquilibré » (comme on dit dans la presse subventionnée) qui se jette sur un militaire avec une machette à la main et qui entreprend de le découper en criant « Allah Akbar! » Rien de bien grave au fond, diront les habitués du terrorisme sanglant. Sauf que…

On ne peut évidemment s’empêcher de se dire qu’une vague d’attentats dans le désordre ambiant constituerait une vraie menace, un vrai risque, et peut-être le début d’une aventure.

Et tout à coup, nous mesurons notre faiblesse

Il suffirait d’un autre attentat aujourd’hui, ou demain, et d’encore un autre dans les jours qui suivent, pour que la situation prenne un tour fâcheux. La France apparaîtrait alors comme une démocratie affaiblie, en proie à de graves menaces d’ordre public et sans vision politique à long terme. D’un côté, le péril, de l’autre un exécutif provisoire et une campagne électorale qui se débat dans la fange.

Quelques souvenirs de 2012

Rappelons-nous. C’était en 2012. En mars. En plein milieu de la campagne électorale. Un terroriste suivi par les services secrets avait tué des militaires et des enfants dans une école juive. L’hypothèse d’une campagne terroriste en plein campagne des présidentielles n’a rien de farfelu. Disons même qu’elle est hautement probable. Disons même qu’il serait coupable de ne pas s’y préparer.

Qu’adviendrait-il de notre démocratie si elle survenait maintenant, dans ce désordre?

Le long tunnel Fillon

L’agression contre un militaire arrive au moment où la campagne contre Fillon atteint un premier plateau. Hier soir, le paysage médiatique était saturé par les reportages en tous genres sur l’inactivité supposée de Pénélope, attendant le retour de son mari parti dans une aventure parisienne. France 2 y est allé de son reportage pris sur le site du Telegraph, au demeurant déjà relayé par la presse écrite il y a une semaine. Les premières révélations sur le candidat sont utilisées, pressées, repassées au pressoir, jusqu’à la dernière goutte.

Très belle opération!

Et donc, Fillon demande quinze jours pour laisser passer la vague. Une éternité, comme soufflent déjà le député lyonnais Georges Fenech, et ses amis.

D’autres révélations à venir sur Fillon

Il suffit pourtant de lire la presse pour comprendre que d’autres révélations sont à venir. Forcément, les « officines » (car officines il y a, mais leur existence ne prospère que grâce à la coupable opacité des politiques) n’ont pas manqué d’enquêter sur les activités de 2F, la société de conseil de Fillon. Déjà, les montants perçus par Fillon par ce biais sont éventés.

Les Républicains peuvent parier sur l’innocuité des activités privées de Fillon pendant ses mandats parlementaires. Maintenant, on sait tous que le chiffre d’affaires « privé » de Fillon s’appuie largement sur la notoriété publique de Fillon. Par nature, donc, on trouvera des conflits d’intérêt. Les rémunérations obtenues de la société de Ricol sont déjà un indicateur suffisant de ce qui va suivre.

La droite dans un corner

Quoiqu’il arrive, la droite peinera à se remettre de cet événement. Les dénis du candidat de Fillon contribuent d’ailleurs, par leur maladresse, à enkyster la situation. On comprend que Fillon fasse le pari qu’il parviendra à inverser brutalement la vapeur avant le premier tour. Cette obstination est évidemment porteuse d’un grand risque collectif… car s’il échoue, il entraîne avec lui tout son camp, qui pensait il y a un mois encore que cette élection était imperdable.

Comment sortir de ce bourbier? Il leur faudrait un De Gaulle, et ils n’ont qu’un Juppé…

Au tour de Macron?

On prend les paris? Le prochain sur la liste de la déstabilisation s’appelle Emmanuel Macron. L’intéressé, qui a promis un programme pour le début du mois de mars (soit six semaines avant les présidentielles, on ne m’enlèvera pas de l’idée que ça fait court), pourra-t-il préserver jusque-là sa relative virginité? Pas sûr, pas sûr. Déjà, au fond de la campagne, on entend le bruit caractéristique des Stukas numériques prêts à fondre sur lui. Si Macron a des amis puissants qui le portent, il a des ennemis tout aussi puissants qui mettront un point d’honneur à lui barrer la route.

Le pire n’est jamais sûr, mais il est probablement à venir…

Et, sans qu’on y prenne garde, la démocratie s’éteint…

Bref, nous aurons eu une présidentielle sans débat de fond, et un écoeurement général. La République se met à nu, dans tous les sens du terme. En plein milieu de l’hiver.

Comment la ville de Paris perd de l’argent sur ses horodateurs

La chambre régionale des Comptes vient de rendre un rapport sur la gestion du stationnement à Paris. Cette étude très complète révèle que le stationnement en surface est une activité déficitaire à Paris: le coût du contrôle des stationnements par les « pervenches » est supérieur aux recettes générées par les horodateurs. Le stationnement à Paris ne rapporte de l’argent que grâce aux concessions de parkings souterrains.

Ville de Paris – Gestion du stationnement urbain

La chambre régionale des comptes d’Île-de-France a examiné la gestion du stationnement urbain de la Ville de Paris pour les exercices 2010 et suivants. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’une enquête menée conjointement par la Cour des comptes et 10 chambres régionales des comptes.

Ce rapport vise principalement à identifier les objectifs poursuivis par la collectivité et les moyens qu’elle a mis en œuvre, à évaluer les résultats atteints et enfin à apprécier les dispositifs de contrôle.

Sur le cadre d’action, la stratégie et les objectifs

La gestion du stationnement urbain à Paris s’inscrit à la fin de 2016 dans un cadre juridique et institutionnel particulier, dérogatoire du droit commun. Les pouvoirs de police de la circulation et du stationnement qui sont habituellement attribués au maire par la loi sont ici partagés entre la maire et le préfet de police, ce dernier ayant la compétence exclusive en matière de contrôle et de répression du stationnement illicite (impayé ou interdit). Cette situation particulière pourrait évoluer, ainsi que le souhaite la maire de Paris. Un projet de loi portant modification du statut de Paris et comprenant notamment un alignement des pouvoirs de police du stationnement sur le droit commun est en cours d’examen par le Parlement.

La politique du stationnement urbain n’est pas une politique autonome. Elle constitue un outil de régulation de la circulation et de lutte contre la pollution atmosphérique inscrit dans la politique globale des déplacements de l’aire urbaine. À Paris, la politique de déplacement est définie par le plan de déplacements de Paris, adopté par le Conseil de Paris en 2007. Ce document stratégique et tactique, approfondi et très complet, présente de nombreuses actions relatives au stationnement. L’essentiel de ces actions a d’ores et déjà été réalisé, tant lors de la mandature précédente que par la mandature actuelle. Ce document décline précisément le plan de déplacement urbain d’Île-de-France dont la version en vigueur (approuvée en 2014) appelle une définition locale détaillée et opérationnelle de ses orientations et prescriptions en matière de stationnement.

La stratégie de la Ville de Paris en matière de déplacement vise à répondre aux besoins croissant de mobilité dans la capitale dans une perspective de développement durable. Cinq enjeux ont été définis : un enjeu de santé publique (réduction de la pollution atmosphérique et des nuisances causées par les transports), un enjeu social (mobilité de tous qui privilégie l’offre de transports en commun), un enjeu urbain (meilleur partage et meilleure valorisation de l’espace urbain actuellement monopolisé par le véhicule motorisé individuel), un enjeu économique (assurer la vitalité et le dynamisme économique de la capitale), un enjeu régional (renforcer la coopération et la synchronisation des collectivités franciliennes en matière de transports).

Cette stratégie se fonde concrètement sur le renforcement des offres de transport alternatives au véhicule individuel. Elle attend un changement profond dans les pratiques des usagers.

En déclinaison de cette stratégie, les principaux objectifs de la politique de stationnement poursuivis par la mairie de Paris sont précisément définis. Il s’agit de faciliter la circulation des véhicules en améliorant la rotation de ceux qui sont en stationnement, de mieux partager la ressource limitée que constitue l’espace public entre les différents usages particuliers et professionnels et entre les différents moyens de transport de surface (motorisés ou non), de faciliter les circulations à vocation économique, de faciliter le stationnement des riverains, de favoriser le report modal des usagers pendulaires[1] et des parisiens en les incitant à des solutions alternatives à l’usage (voire à la possession) d’un véhicule individuel motorisé, et de favoriser le report des automobilistes sur l’offre de stationnement hors voirie.

Sur l’offre de stationnement et le zonage du stationnement payant

L’offre de stationnement à Paris est abondante. Au 31 décembre 2014, avec 306 396 emplacements publics (tous véhicules, motorisés ou non) dont 235 316 pour les véhicules légers motorisés à quatre roues (VL) – voitures particulières et camionnettes – et 684 155 emplacements privés, l’offre atteignait le million d’emplacements. Schématiquement, l’offre est privée à 75 %, publique à 25 % ; elle est hors voirie à 80 %, sur voirie à 20 %. La chambre n’a pas été en mesure d’apprécier si cette offre est suffisante au regard de la demande.

L’offre publique de stationnement, tous véhicules confondus, a progressé de 5 % depuis 2010. L’offre payante de voirie dédiée aux VL a diminué de 7 % (à 141 762 places) pendant la même période. Cette réduction de l’offre de stationnement en surface s’explique essentiellement par les effets de grands travaux (par exemple le tramway) et par la réaffectation d’environ 10 000 places au profit d’autres modes de transport : vélos, autres deux-roues motorisés, véhicules en auto-partage. Ce sont ainsi près de 10 000 places pour les vélos (hors Vélib’, qui compte 32 700 emplacements) et 12 000 pour les motos qui ont été créées depuis 2010, portant l’offre de voirie destinée aux deux-roues à 71 000 places.

Le patrimoine des parcs de stationnement publics se compose de 146 ouvrages, dont 127 (98 %) sont souterrains et 19 (2 %) sont en surface. Ces parcs sont exploités exclusivement en gestion déléguée par des opérateurs privés et d’économie mixte liés à la Ville par 112 contrats de concession et 13 contrats d’affermage. La physionomie du patrimoine, tant en terme d’offre que de données d’exploitation, est très diversifiée.

Toutes les places de stationnement des rues de Paris sont désormais payantes. La collectivité a rationalisé le zonage du stationnement payant « visiteur » de surface à compter du 1er janvier 2015, le rendant plus simple et plus lisible pour l’usager : la Ville est désormais divisée en deux zones. Le centre (arrondissements 1 à 11), représentant 40 000 places, sur lequel la pression sur le stationnement diurne est la plus forte, constitue la zone 1. La périphérie (arrondissements 12 à 20), représentant 102 000 places, dans laquelle cette pression est moins forte, constitue la zone 2. Le zonage du stationnement résidentiel, modifié en 2005, n’a pas changé pendant la période examinée. Le régime du stationnement professionnel a évolué au 1er mai 2015, avec la création des offres « professionnel sédentaire » et « professionnel mobile », plus lisibles pour l’usager mais aussi plus sélectives que le précédent régime « Sésame » afin d’en réserver le bénéfice aux professions nécessitant objectivement l’usage d’un véhicule.

Le stationnement des deux-roues motorisés pose des difficultés. Face au succès de ces véhicules générant un afflux quotidien important, la mairie de Paris a appliqué un plan de développement de l’offre de stationnement sur voirie. Malgré les efforts significatifs de la collectivité, l’offre de voirie, maintenue gratuite pour les deux-roues, reste insuffisante, l’offre en parcs, payante et limitée, ne séduit pas. Le stationnement anarchique des deux-roues se maintient.

Sur la politique tarifaire

Avec le stationnement payant sur voirie, la Ville de Paris poursuit trois objectifs : accroître la rotation des véhicules pour fluidifier la circulation, réduire le flux de circulation automobile et la pollution associée en dissuadant les travailleurs, usagers pendulaires et les autres visiteurs d’utiliser un véhicule individuel si un moyen de transport collectif existe à proximité de leur destination, optimiser les recettes tirées de la gestion du stationnement.

Le tarif du stationnement de voirie pour les visiteurs, qui n’avait pas évolué depuis 2009 (augmentation uniforme de 20 % par rapport au tarif de 2002 à zonage inchangé) a été révisé au 1erjanvier 2015 avec une modification concomitante du zonage. Le prix de l’heure en zone centrale (zone 1) s’établit désormais à 4,00 € et à 2,40 € pour la zone périphérique (zone 2), ce qui place Paris parmi les capitales d’Europe les plus chères. Derrière une apparente augmentation respectivement de 11 % pour la zone 1 par rapport à 2009 (33 % par rapport à 2002) et de 0 % pour la zone 2 (20 % par rapport à 2002), la chambre observe que la combinaison d’un effet périmètre (suppression de la zone 3, modification des zones 1 et 2) et d’un effet prix a abouti à des augmentations réelles très différenciées selon les arrondissements. L’effort a majoritairement porté sur les arrondissements périphériques comme les 19e et 20e (100 % d’augmentation au passage de la zone 3 en zone 2) et ceux (10e, 11e) qui intégraient la zone centrale (+67 %), ceux historiquement situés en zone centrale (1er à 7e) ou déjà dans la zone 2 (12e Ouest, 15e Nord) apparaissent respectivement moins concernés (+11 %) voire épargnés (0 %) par la dernière révision. Cette évolution ne paraît pas en totale cohérence avec la pression sur le stationnement qui caractérise ces arrondissements. Selon l’ordonnateur, le découpage aurait pris en compte des contraintes de lisibilité des zones tarifaires notamment pour les visiteurs.

La convergence des tarifs du stationnement en ouvrage avec les tarifs de voirie, destinée à inciter les automobilistes à préférer le stationnement hors voirie, a été engagée. Elle reste cependant à achever, de nombreux parcs (les délégations les plus anciennes qui laissent plus de marges de manœuvre aux exploitants) pratiquant encore des tarifs supérieurs et donc qui n’incitent pas au report.

La gratuité du stationnement de voirie se restreint. Il ne reste que 1 200 places gratuites en surface, qui ont vocation à disparaître, contre 45 000 places en 2005. La plage horaire payante a été étendue au 1er janvier 2015 : la gratuité du samedi et celle du mois d’août ont été supprimées, la journée étendue jusqu’à 20 heures. Les véhicules non ou faiblement polluants, ainsi que les détenteurs de la carte européenne de stationnement handicapé sont exonérés du paiement.

Le tarif du stationnement de voirie pour les résidents, qui n’avait pas évolué depuis 2001, a été révisé en 2011 (+33 %) et au 1er janvier 2015 (+130 %). Il s’établit désormais à 1,50 € par jour, ce qui reste un tarif modique par rapport au service rendu. Les résidents doivent désormais acquérir une carte, non renouvelée automatiquement. Selon l’ordonnateur, cette réforme rendant payante la carte de stationnement résidentiel permet une meilleure régulation des cartes avec pour objectif un nombre de cartes en circulation plus en rapport avec leur utilisation réelle. La demande reste forte alors que le taux de motorisation des parisiens (44 %) est parmi les plus faibles de France : pour 128 600 emplacements ouverts au stationnement résidentiel, 317 590 cartes étaient en cours de validité à la fin de 2014.

La tarification pour les autocars de tourisme, révisée au 1er mai 2015, présente l’originalité d’être construite en fonction de la norme d’homologation antipollution du véhicule. Cette tarification est cohérente avec l’objectif municipal d’agir contre les émissions nocives liées aux transports. Elle paraît particulièrement incitative pour les véhicules Euro 6 (31,10 € pour une journée contre 99€ pour les autres autocars) et globalement très compétitive par rapport à la concurrence des autres capitales touristiques européennes. La Ville de Paris entend orienter les transporteurs pour qu’ils lui réservent leurs véhicules les plus propres pour la capitale et les données de vente comme de fréquentation semblent indiquer un succès de cette politique. La gestion du stationnement des autocars de tourisme reste par ailleurs rentable et source de recettes robustes pour la Ville.

Dans les parcs de stationnement, la mise en place à compter du 1er juillet 2015 de la tarification au quart d’heure s’est traduite par une hausse des prix variable selon les établissements. En contrepartie de cette augmentation, de nouvelles offres à prix privilégié ou offrant des réductions importantes ont été proposées aux usagers : abonnés sortant peu leur véhicule, véhicules peu ou non polluants, de petite dimension.

Sur la dépénalisation du stationnement payant

La loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles a dépénalisé le stationnement payant. Les collectivités pourront instaurer, à compter du 1er janvier 2018, un tarif du stationnement et, pour les automobilistes que ne s’en seraient pas acquitté, un montant forfaitaire dit « forfait de post-stationnement » remplaçant l’amende pénale de 17 €. La Ville de Paris s’est impliquée dans la définition et la préparation de la mise en œuvre de son futur régime de traitement du stationnement impayé. Elle considère ce nouveau dispositif comme cardinal pour inciter les automobilistes à respecter davantage le paiement du stationnement. Cependant le cadre législatif actuel risque d’aboutir à ce que le forfait de post-stationnement soit d’un montant inférieur à l’amende actuellement en vigueur, ce qui pourrait avoir des effets contraires à ceux recherchés. Les difficultés de conception et de mise en place de ce nouveau dispositif, constatées sur l’ensemble du territoire, ont d’ailleurs conduit le législateur à reporter la date d’entrée en vigueur du nouveau régime au 1er janvier 2018.

Sur l’équilibre financier de l’activité de gestion du stationnement

Pendant la période examinée, les dépenses totales liées à la gestion du stationnement ont représenté une somme moyenne de 76,7 M€. Elles sont cependant en diminution continuelle depuis 2011 (4,9 %) et s’établissent à 71,3 M€ à la fin de 2014, soit le niveau de 2010. Les dépenses de fonctionnement représentent 94 % du total. Le premier poste de charges est constitué par la masse salariale des agents de contrôle du stationnement payant (54,4M€ par an en moyenne), exercé par la préfecture de police de Paris pour le compte de la commune en application des dispositions légales. Les dépenses d’investissement ont représenté une charge annuelle moyenne de 4,5 M€, essentiellement concentrées sur le programme de renouvellement et de modernisation des horodateurs.

Les recettes ont affiché un profil dynamique, en hausse de 26 % entre 2010 et 2014 pour atteindre 105,5 M€. Le stationnement de voirie (horodateurs) a représenté en moyenne 60 % des recettes globales (51,5 M€), et affiché une progression de 36 % en cinq ans. L’introduction du paiement par carte bancaire à partir de 2011 semble avoir contribué à l’augmentation. Les recettes perçues sur les parcs de stationnement représentent 40 % des recettes globales (39,6 M€ en moyenne annuelle), mais la performance est moindre (+8 % pour seules les recettes récurrentes, +14% avec les recettes exceptionnelles). Quel que soit le type de recettes, la prévision semble être un exercice difficile. Par ailleurs, le reversement de l’État sur le produit national des amendes est également en progression de près de 30% sur la période (33 M€ en 2014).

Au final, l’équilibre financier est favorable et l’activité globale dégage un excédent entre 2011 et 2014. Pour ces quatre années, ce surplus n’est dû qu’aux versements des délégataires, l’activité liée aux horodateurs étant déficitaire à cause d’un coût élevé du contrôle et d’un taux de respect spontané du paiement du stationnement par les usagers dans Paris très faible. La Ville possède donc un gisement de croissance, qu’elle juge lié étroitement avec l’efficacité du contrôle.

Sur les dispositifs de contrôle et la performance

Le contrôle du stationnement payant est exercé par la préfecture de police de Paris pour le compte de la Ville. La chambre invite le lecteur à se référer au rapport séparé dédié à l’exercice de cette mission par la préfecture de police.

La Ville de Paris ne dispose d’aucune statistique détaillée permettant d’analyser le volume d’activité des agents de contrôle et d’apprécier l’efficacité du contrôle réalisé. L’activité de verbalisation est en hausse tendancielle pendant la période examinée dans un contexte de réduction des effectifs de contrôle. Ce sont 3,8 millions de procès-verbaux d’infraction au stationnement payant qui ont été dressées en 2014, en hausse de 10 % par rapport à 2010. Cette activité semble sensible au contexte sécuritaire et à la doctrine d’emploi des agents, les événements dramatiques de 2015 se traduisant par une chute de l’activité.

La Ville dispose de systèmes d’information et d’un ensemble de tableaux de bord élaborés lui permettant de maîtriser les données d’activité et financières du stationnement de voirie et en parcs. Ces tableaux de bord remontent au plus haut niveau et l’information des élus est assurée.

Le taux de respect spontané du stationnement payant sur voirie, très faible à Paris par rapport à la moyenne nationale (respectivement 15 % et 30 %) et en dégradation, est un sujet de préoccupation. Les recettes sont en effet très sensibles à ce taux de respect : un point supplémentaire correspondrait à 5,5 M€ d’encaisse en plus.

Compte tenu de l’évolution législative en cours sur le statut de Paris en matière notamment de police de la circulation et du stationnement, la chambre n’a pas jugé utile d’émettre des recommandations.

[1] Il s’agit d’usagers venant travailler dans le centre-Ville chaque jour qui stationne pendant des durées longues.

En route pour la même chienlit que 1958?

Tout le monde se souvient de la chienlit de 1968. Mais il en est une, que l’on croyait conjurée, écartée, impossible à revoir: celle de 1958. En suivant les développements quasi-horaires maintenant de la campagne hostile à François Fillon, on se demande pourtant si le destin de la Vè République n’est pas de finir comme sa prédécesseuse. Plus d’un trait commun accentue en effet les ressemblances entre ces deux soeurs.

La chienlit des impossibles majorités parlementaires

Et tout d’abord, bien entendu, c’est l’absence de majorités parlementaires qui frappe dans les deux cas. La IVè République fut balayée parce que le jeu des partis y rendait impossible la décision politique, faute de majorités à l’Assemblée. Avec François Hollande, le groupe socialiste a montré qu’un parti pouvait être (largement) majoritaire mais incapable de décider.

Le mouvement des frondeurs est parvenu, pendant cinq ans, à rendre impossible l’exercice du pouvoir, jusqu’à forcer Manuel Valls à dégainer le 49-3 pour faire passer une loi que son adversaire, à la primaire, se promet de détricoter. C’est quand même inédit…

Le phénomène n’est pas seulement anecdotique. Il prouve le malaise général de notre constitution qui donne des pouvoirs mal calibrés à des minorités. En lui-même, le groupe des frondeurs a prouvé que le régime de la Vè République n’était plus qu’une mécanique sans âme. Certes, il permet de dégager des majorités formelles. Mais les partis qui concourent à l’exercice ne représentent plus rien… en tout cas plus aucune idéologie vivante dans l’opinion.

La culture de l’opacité est devenue insupportable à l’opinion

Dans l’affaire Fillon, les réponses apportées par le candidat aux questions de l’opinion, pourtant simples (votre femme a-t-elle oui ou non occupé un emploi fictif?), ont montré la rupture profonde entre les décideurs politiques et les citoyens qui les ont élus.

N’importe quel citoyen est soumis à d’innombrables contrôles qui l’obligent chaque jour à justifier de sa situation professionnelle: contrat de travail, droit du travail, formalités multiples, rendent impossible la situation où on ne sait plus très bien si l’on dispose ou non d’un contrat de travail en miroir à sa rémunération. Le fait que François Fillon puisse expliquer haut et fort qu’il a employé sa famille sans se souvenir de ces « détails » (alors qu’il est très méchamment attaqué par la presse sur ce sujet) montre bien le décalage majeur, fondamental, entre la perception commune du monde et celle de nos responsables politiques.

Ce décalage oppose le monde de la transparence sur toute chose dans laquelle le citoyen ordinaire vit, et celle de l’opacité qui continue à régner dans la classe dirigeante. Cette opposition n’est plus acceptée par l’opinion.

La dangereuse chienlit, la grande menace pour nos libertés

Je regardais hier le Quotidien de Barthès, et, comme beaucoup de Français, j’ai assisté éberlué à l’évacuation manu militari à la demande du Front National des journalistes qui ne plaisent pas à Marine Le Pen. Il est évidemment difficile de ne pas voir que, dans la chienlit qui règne, cette extrémité-là nous guette, et paraîtra à l’opinion infiniment préférable au grand bordel qui existe par ailleurs.

C’est précisément ce qui inquiète aujourd’hui. Le désordre tel qu’il se présente ouvre des boulevards, y compris à des gens dangereux, y compris à des gens qui détestent la liberté de la presse, y compris à des gens qui donnent des claques aux élus qui ne leur plaisent plus. Derrière l’affaire Fillon, ce sont aujourd’hui nos libertés publiques qui sont fragilisées, et cette fragilité vient beaucoup plus vite qu’on ne le croit.

Un coup serait-il salutaire?

La question est bel et bien ouverte… Comme en 1958. On n’y croyait pas. L’histoire et son éternel recommencement…

Fillon: l’incontournable nouvelle donne à droite

Ouf! doit-on se dire dans le camp Fillon! les révélations du Canard Enchaîné ne le sont qu’à moitié. On apprend que Pénélope aurait gagné un peu plus qu’on ne l’a dit, et que son mari ne l’a reconnu, que ses fils auraient un peu plus truandé que prévu… mais rien de bien méchant, au fond. Le plus gros est-il passé? Pas vraiment, probablement.

La droite craint des révélations sur la société de conseil de Fillon

L’angoisse qui tient la droite aujourd’hui porte sur les activités de François Fillon pendant le quinquennat de Hollande. Parlementaire et président d’une société de conseil, Fillon aurait perçu environ 600.000€ entre 2012 et 2015 grâce à ce petit à côté. Qui sont ses clients? Mystère, mais on relèvera cette dépêche Reuters qui résume bien le sujet:

« J’ai questionné (François Fillon-NDLR) parce qu’il y a 15 jours le bruit courait que c’était même l’Etat russe, il m’a dit ‘Ecoute il n’y a pas une société russe, il n’y a pas un groupe russe, il n’y a pas l’Etat russe’ les choses sont claires », a dit Bruno Retailleau sur BFM TV RMC. « Rien avec la Russie ».

« Les choses ont été parfaitement transparentes, déclarées au fisc, à la Haute autorité (pour la transparence de la vie publique-NDLR), chacun peut s’en rendre compte », a-t-il ajouté.

Quand, dans votre propre camp, votre directeur de campagne commence à poser ce genre de questions et présente les réponses de cette façon à la presse, on sait que l’angoisse est montée de quelques crans dans les troupes et que personne n’est vraiment convaincu par vos explications.

Vers une candidature Bayrou?

Il y a quelques semaines encore, François Bayrou ne se voyait pas d’espace politique à droite, entre Macron et Fillon. Certains doivent même se souvenir l’avoir entendu monter des calculs compliqués pour une alliance avec son « ami personnel » Fillon, destinée à marginaliser l’imposteur Macron. Le Béarnais adorait alors répéter son estime personnelle pour le candidat républicain.

Maintenant qu’il pleut des obus sur sa campagne, il a tout de même un peu changé de ton.

Invité de TF1, le président du Modem a dressé un réquisitoire contre le député Les Républicains, pris dans un scandale sur les emplois potentiellement fictifs de son épouse à l’origine de ce qu’il a présenté comme un « trouble énorme parmi les Français ».

« Je n’ai pas accepté d’accord avec lui en raison de son projet, qui est un projet que je considérais comme injuste en demandant beaucoup à ceux qui ont peu et en créant des avantages (…) à ceux qui ont beaucoup », a expliqué le maire de Pau.

Prié de dire s’il voterait pour François Fillon à la présidentielle d’avril-mai, François Bayrou a répondu « non ». (…)

« Il y a un trouble énorme parmi les Français », a estimé François Bayrou, qui a également parlé d’un « chaos sans précédent » soulevant plusieurs questions.

« Est-ce que la loi est la même pour tous ? » et « quand on demande des sacrifices aux gens, est-ce que les sacrifices sont équitablement répartis ? », s’est interrogé le centriste.

Quand Bayrou est votre ami, vous n’avez plus besoin d’ennemi.

Marine Le Pen tire ses marrons du feu

Alors que la panique gagne les rangs de la droite, Marine Le Pen fait face en ordre cohérent à la demande de remboursement par le Parlement Européen des salaires versés à ses « emplois fictifs ». Astucieusement, elle oblige ledit Parlement à exercer des prélèvements directs sur sa rémunération. Et voilà comment on transforme une boule puante en point de force.

D’un seul coup, Marine Le Pen démontre qu’elle n’est pas intéressée par l’argent, qu’elle méprise Bruxelles, que Bruxelles la méprise, qu’elle a sa conscience pour elle, et qu’elle ne cède pas aux pressions. Très belle opération!

Il est très vraisemblable que la séquence qui passe, outre qu’elle « recentre » la droite, ouvre un boulevard très large à Marine Le Pen, de façon assez inattendue d’ailleurs. C’est aujourd’hui la grande force du Front National: ce sont ses adversaires qui font campagne pour lui.

La France, ce bathyscaphe dernier cri qui descend toujours plus bas

Ces derniers jours, le bathyscaphe France a battu un nouveau record de descente dans les profondeurs sous-marines. À chaque élection présidentielle, on se dit qu’on ne peut plus descendre plus bas (on se l’était dit fin 2011, on se l’est redit en décembre, quand Hollande a renoncé à combattre), et chaque fois on s’aperçoit qu’il est toujours possible de se surpasser et de franchir encore quelques paliers hyperbares.

La gauche en pleine décomposition

Parce que, mine de rien, l’élection de Benoît Hamon n’a pas vraiment réglé les problèmes. Certes, le Parti Socialiste dispose désormais d’un champion pour descendre dans l’arène. Certes, Bernard Cazeneuve lui accordera son soutien si et seulement si il endosse le bilan du gouvernement, ce qui semble mal parti (et annonciateur d’une prochaine vague de défections). Mais, comme on pouvait s’y attendre, l’hémorragie vers Macron commence.

Pierre Bergé n’a pas hésité à se rallier ouvertement au jeune Emmanuel. Les réformateurs du PS devraient suivre.

À sa gauche, Hamon trouve un Mélenchon qui devrait aussi faire de la résistance. Cela ne signifie pas, évidemment,  que l’union ne pourra se faire. En revanche, elle ne se fera pas toute seule et de l’eau coulera sous les ponts avant qu’elle ne se réalise.

Bref, trois gauches courent en parallèle vers la présidentielle. À ce stade de la compétition, on se souvient forcément de 2002.

Fillon en équilibre précaire

La grande innovation de l’élection de 2017, par rapport à celle de 2002, c’est évidemment l’état de la droite, qui est beaucoup moins vaillante qu’elle ne devrait l’être. L’audition, hier, par la police judiciaire, pendant cinq heures, de son candidat officiel, constitue un précédent qu’on peut appeler un bouleversement inédit.

Le pari fait par Fillon est que la justice le blanchira rapidement pour lui ouvrir la voie de l’élection présidentielle. La question est de savoir dans quel état il se trouvera à ce moment-là. Tout laisse à penser que la campagne des Républicains va se transformer en chemin de croix. Les révélations annoncées demain dans le Canard Enchaîné risquent de mettre la droite au pied du mur: soit elle passe outre les accusations et explique une bonne fois pour toutes que, même mis en examen, Fillon sera son candidat, soit elle l’empêche de se présenter. Mais se reposer à chaque dossier de presse la question de la légitimité de Fillon à continuer le combat n’empêchera pas l’homme de figurer sur la ligne de départ. En revanche cela l’empêchera de mener campagne et de gagner l’élection.

Bientôt la curée de Macron

Les officines qui orchestrent la déstabilisation de François Fillon devraient attendre que la vague de ralliements à Macron (consécutive à l’élection de Hamon à la primaire) soit achevée pour lâcher les bombes sur le chouchou des médias. Les premiers tirs d’ajustement ont commencé. Les réseaux sociaux ont par exemple commencé à ressortir les petites anecdotes de la carrière Macron, en attendant le feu sur sa campagne.

Au passage, l’intéressé vient d’annoncer que son programme serait prêt début mars. Six semaines avant l’élection? c’est pas un peu beaucoup ça?

La désintégration du débat démocratique est en cours

Bref, ce qu’on a appelé à une époque le débat démocratique s’est transformé en longue plongée dans les profondeurs des poubelles. Je veux bien qu’on m’explique que les dissidents (dont ce blog fait partie) sont de dangereux démagogues, populistes, etc. N’empêche: je préfère mon populisme à leur « élégance ».

Paradis fiscaux: comment le RSI s’y enrichit avec l’argent des entrepreneurs

Article mis à jour le 22 février à 12h45 en accord avec le RSI.

Les paradis fiscaux sont, officiellement, le refuge des méchants capitalistes qui s’enrichissent en échappant à l’impôt. Mais en grattant dans la vie de notre bon régime social des indépendants, chargé d’une mission de service public par l’article L 611-3 du Code de la Sécurité Sociale, on s’aperçoit qu’il s’adonne sans vergogne au même sport. Mais avec l’argent des entrepreneurs.

Le RSI, administrateur d’Amundi

Premier point d’étrangeté: en 2014, le Régime Social des Indépendants, ès-qualité, a obtenu un siège au conseil d’administration de la société Amundi, structure de gestion d’actifs créée par deux banques insoupçonnables: le Crédit Agricole et la Société Générale. Les indépendants seront heureux d’apprendre que des liens aussi étroits unissent leur régime de protection sociale, obligatoire et monopolistique, à des banques commerciales et d’investissement.

Si certains ont un doute, on trouvera une mention de cette nomination dans le règlement de l’OPCVM Amundi Euroland Convertibles:

Fin 2014, le conseil d’administration de l’OPCVM a donc connu quelques changements majeurs, avec cette arrivée triomphale du RSI.

L’étrange représentant du RSI au conseil d’administration

Les lecteurs les plus vicieux du rapport annuel de l’OPCVM ne manqueront pas de relever cette étrange information donnée en page 14 sur ce fameux Jean-Luc ***, démissionnaire, qui cède sa place au RSI:

*** (passage supprimé en accord avec le RSI, l’intéressé ayant été victime de menaces personnelles que ce blog ne peut cautionner)

Traduction: Jean-Luc ***, administrateur d’Amundi, a perdu son mandat au cours de l’exercice pour reprendre un autre mandat au titre d’Amundi. Il est subitement devenu représentant du RSI. Et, au passage, on notera sur sa page Linkedin:

*** (passage supprimé en accord avec le RSI, l’intéressé ayant été victime de menaces personnelles que ce blog ne peut cautionner)

Du coup, on ne comprend pas trop la combine: le directeur des placements financiers du RSI siégeait au titre d’Amundi dans le conseil d’administration de l’OPCVM qui investit une partie des fonds du RSI.

En tout cas, et sans chercher de complication, cette affaire n’est pas simple.

Des investissements dans les paradis fiscaux

En effeuillant le rapport annuel de cet OPCVM qui gérait 200 millions de dépôts en 2015, on va de surprise en surprise. Officiellement, le fonds ne concerne que l’Euroland. Mais la liste des « instruments » montre une réalité un peu différente.

On trouve par exemple cette petite synthèse des opérations:

paradis fiscaux paradis fiscaux

Ben oui, vous l’ignoriez sans doute, mais l’Euroland intègre désormais les Emirats Arabes Unis, les îles Caïmans et Jersey. Accessoirement, les deux derniers sont des paradis fiscaux… où l’argent du RSI peut prospérer en toute bonne conscience.

C’est vrai que l’évasion fiscale est une activité tout à fait louable quand on est chargé d’une mission de service public.

Les placements incongrus du RSI

Au passage, on notera que l’OPCVM qui gère les fonds du RSI a placé les dépôts dans des structures tout ce qu’il y a de plus honnête.

Par exemple, Siem Industries est un conglomérat norvégien immatriculé aux Iles Caïmans. C’est donc bien une entreprise de l’UE! On dira la même chose de la société émiratie Aabar, qui possède par exemple la Falcon Private Bank, spécialisée dans les services aux familles les plus riches. Et que dire de Gabriel Finance, spécialisé dans l’immobilier de luxe?

Le monde est merveilleux… le RSI met parfois des entrepreneurs en faillite pour récupérer un argent qui sert à financer des entreprises tout à fait en rapport avec l’objet social du régime. Comme on le voit.

Présidentielle 2017: la Super-Bowl (puantes) commence vraiment

Qu’y a-t-il de commun entre le football américain et l’élection présidentielle française? La Super-Bowl (puantes) bien sûr, un concentré de haine et de trahisons en tous genres, qui transforme le débat démocratique en pugilat quotidien. Avec la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, la Coupe 2017 devrait être un grand cru.

Les boules puantes que Hamon devra surmonter

Pendant plusieurs années, Hamon a joué la mouche du coche dans les pattes de la majorité présidentielle, empoisonnant singulièrement la vie du Président sortant. Il serait bien naïf de croire qu’un Hollande qui n’a plus rien à perdre (et qui souhaite probablement une malédiction pour cinq générations à tous ceux qui lui ont donné des coups de poignard dans le dos) en restera là. On peut même imaginer qu’il réserve quelques chiens à la chienne de Hamon.

Pêle-mêle, on citera les désertions organisées en faveur de Macron, mais aussi les révélations qui ne devraient pas tarder sur les amours clandestines de Benoît Hamon avec le grand capital (par sa femme interposée). Et quelques esprits malicieux iront aussi chercher, cela ne fait aucun doute, sur le sens très variable de la laïcité qui caractérise le personnage et son entourage.

Les boules puantes que Hamon lancera

Mais le candidat Hamon ne sera pas en reste de boules puantes. Dans sa besace, on devrait en trouver quelques-unes qui réjouiront ses adversaires politiques.

Quelques-unes d’entre elles viseront Mélenchon. On se souvient que l’appareil politique du parti communiste a voté contre un ralliement au Chavez de Saint-Germain-des-Prés. Le Parti Socialiste dispose en effet de la faculté destructrice de présenter des candidats dangereux partout où les communistes sont présents. Voilà qui fait réfléchir. Hamon ne devrait pas manquer d’agiter ce foulard pour fragiliser son adversaire de gauche (les Italiens diraient même son sinistre adversaire).

Ce qu’on ignore, ce sont les boules puantes dont Hamon dispose sur Macron. Il n’est pas du tout impossible qu’il en existe, surtout que les deux hommes ont fréquenté Bercy, même si cette fréquentation fut différée. Rappelons que le prédécesseur de Macron, Montebourg, soutient Hamon. Le monde politique est décidément petit.

Les boules puantes de Fillon ne sont pas finies

François Fillon a eu le privilège de bénéficier de quelques primeurs dans la récolte des boules puantes. Les affaires de Pénélope sont désormais bien connues.

Pour l’instant, le candidat des Républicains est parvenu à gérer l’hémorragie qui guette au vu de l’ampleur prise par les événements. La question sera de savoir dans quelle mesure il pourra tenir dans la durée. L’épreuve qui s’annonce promet en effet d’être rude. Les rumeurs de nouvelles révélations dans le prochain Canard Enchaîné emplissent tout Paris, et, selon la plus grande des vraisemblances, Fillon ne manque pas d’ennemis pour déterrer des cadavres au demeurant de petite taille, mais instrumentalisés sans vergogne.

Des boules puantes au Front National aussi

Dans l’affaire des assistants fictifs au Parlement Européen, le Front National prend aussi sa part de boules puantes. Alors qu’une information judiciaire devrait être ouverte sur ce dossier, le secrétariat général du Parlement lui demande de rembourser sans délai une somme de 340.000 euros.

Là aussi, on peut imaginer que ce n’est qu’un début…

Macron devrait prochainement concentrer les tirs

Reste, bien entendu, la fête à Macron qui devrait commencer bientôt, sur des thèmes déjà connus. Entre ses conflits d’intérêt et le financement opaque de sa campagne, on peut imaginer que les tentations sont grandes pour déterrer quelques dossiers bien pourris et fétides. On guettera attentivement la une des journaux dans les prochaines semaines pour savoir quels cadavres sont lâchés en pâture.

Toutefois, le bon sens voudrait que le candidat socialiste prenne le temps de s’installer et de trouver le la avant de pilonner Macron.

La République du Super-Bowl

Cette campagne fraîche et bien odorante devrait donc divertir les amateurs de choux gras. Le spectacle servira-t-il la cause de la République? Pas sûr, pas sûr.

Présidentielle 2017: la Super-Bowl puantes commence vraiment

Qu’y a-t-il de commun entre le football américain et l’élection présidentielle française? La Super-Bowl (puantes) bien sûr, un concentré de haine et de trahisons en tous genres, qui transforme le débat démocratique en pugilat quotidien. Avec la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, la Coupe 2017 devrait être un grand cru.

Les boules puantes que Hamon devra surmonter

Pendant plusieurs années, Hamon a joué la mouche du coche dans les pattes de la majorité présidentielle, empoisonnant singulièrement la vie du Président sortant. Il serait bien naïf de croire qu’un Hollande qui n’a plus rien à perdre (et qui souhaite probablement une malédiction pour cinq générations à tous ceux qui lui ont donné des coups de poignard dans le dos) en restera là. On peut même imaginer qu’il réserve quelques chiens à la chienne de Hamon.

Pêle-mêle, on citera les désertions organisées en faveur de Macron, mais aussi les révélations qui ne devraient pas tarder sur les amours clandestines de Benoît Hamon avec le grand capital (par sa femme interposée). Et quelques esprits malicieux iront aussi chercher, cela ne fait aucun doute, sur le sens très variable de la laïcité qui caractérise le personnage et son entourage.

Les boules puantes que Hamon lancera

Mais le candidat Hamon ne sera pas en reste de boules puantes. Dans sa besace, on devrait en trouver quelques-unes qui réjouiront ses adversaires politiques.

Quelques-unes d’entre elles viseront Mélenchon. On se souvient que l’appareil politique du parti communiste a voté contre un ralliement au Chavez de Saint-Germain-des-Prés. Le Parti Socialiste dispose en effet de la faculté destructrice de présenter des candidats dangereux partout où les communistes sont présents. Voilà qui fait réfléchir. Hamon ne devrait pas manquer d’agiter ce foulard pour fragiliser son adversaire de gauche (les Italiens diraient même son sinistre adversaire).

Ce qu’on ignore, ce sont les boules puantes dont Hamon dispose sur Macron. Il n’est pas du tout impossible qu’il en existe, surtout que les deux hommes ont fréquenté Bercy, même si cette fréquentation fut différée. Rappelons que le prédécesseur de Macron, Montebourg, soutient Hamon. Le monde politique est décidément petit.

Les boules puantes de Fillon ne sont pas finies

François Fillon a eu le privilège de bénéficier de quelques primeurs dans la récolte des boules puantes. Les affaires de Pénélope sont désormais bien connues.

Pour l’instant, le candidat des Républicains est parvenu à gérer l’hémorragie qui guette au vu de l’ampleur prise par les événements. La question sera de savoir dans quelle mesure il pourra tenir dans la durée. L’épreuve qui s’annonce promet en effet d’être rude. Les rumeurs de nouvelles révélations dans le prochain Canard Enchaîné emplissent tout Paris, et, selon la plus grande des vraisemblances, Fillon ne manque pas d’ennemis pour déterrer des cadavres au demeurant de petite taille, mais instrumentalisés sans vergogne.

Des boules puantes au Front National aussi

Dans l’affaire des assistants fictifs au Parlement Européen, le Front National prend aussi sa part de boules puantes. Alors qu’une information judiciaire devrait être ouverte sur ce dossier, le secrétariat général du Parlement lui demande de rembourser sans délai une somme de 340.000 euros.

Là aussi, on peut imaginer que ce n’est qu’un début…

Macron devrait prochainement concentrer les tirs

Reste, bien entendu, la fête à Macron qui devrait commencer bientôt, sur des thèmes déjà connus. Entre ses conflits d’intérêt et le financement opaque de sa campagne, on peut imaginer que les tentations sont grandes pour déterrer quelques dossiers bien pourris et fétides. On guettera attentivement la une des journaux dans les prochaines semaines pour savoir quels cadavres sont lâchés en pâture.

Toutefois, le bon sens voudrait que le candidat socialiste prenne le temps de s’installer et de trouver le la avant de pilonner Macron.

La République du Super-Bowl

Cette campagne fraîche et bien odorante devrait donc divertir les amateurs de choux gras. Le spectacle servira-t-il la cause de la République? Pas sûr, pas sûr.

Trump a-t-il signé l’arrêt de mort de Facebook?

Trump vient de faire un très sale coup à Facebook (et à quelques autres réseaux sociaux), passé inaperçu en France compte tenu des péripéties de notre campagne électorale. Il y a fort à parier qu’il ait donné le coup d’envoi d’un processus long du jeu duquel l’Europe pourrait utilement tirer son épingle.

Trump et l’Executive Order sur la sécurité intérieure

Le 25 janvier, Trump a pris un Executive Order sur la sécurité intérieure des États-Unis, intitulé « Enhancing Public Safety in the Interior of the United States » (renforcement de la sécurité publique à l’intérieur des Etats-Unis). Ce décret commence très fort par ces phrases appelées à devenir emblématiques du mandat de Trump:

Interior enforcement of our Nation’s immigration laws is critically important to the national security and public safety of the United States. Many aliens who illegally enter the United States and those who overstay or otherwise violate the terms of their visas present a significant threat to national security and public safety.  This is particularly so for aliens who engage in criminal conduct in the United States.

〈Le renforcement intérieur de nos lois nationales sur l’immigration est éminemment important pour la sécurité nationale et l’ordre public aux États-Unis. De nombreux étrangers qui entrent illégalement aux États-Unis et ceux qui restent sur le territoire au-delà de la durée autorisée ou qui violent d’une façon ou d’une autre les règles de leurs visas constituent une menace significative pour la sécurité nationale et l’ordre public. Ceci est particulièrement vrai pour les étrangers qui observent une conduite criminelle aux États-Unis.〉

Tout est dit…

Les dispositions spécifiques sur la vie privée

La lecture du décret vaut son pesant de cacahuètes. On retiendra notamment l’article 14 « Vie privée »:

Agencies shall, to the extent consistent with applicable law, ensure that their privacy policies exclude persons who are not United States citizens or lawful permanent residents from the protections of the Privacy Act regarding personally identifiable information.

〈Les services de l’État, dans les limites autorisées par les lois en vigueur, s’assureront que leurs procédures excluent des protections apportées par la loi sur la vie privée pour tout ce qui touche aux informations personnelles identifiables les personnes qui ne sont pas citoyennes américaines ni résidentes permanentes légales des protections de la loi sur la vie privée.〉

Et toc!

Les réseaux sociaux dans le collimateur

Concrètement, donc, les non-Américains et ceux qui ne bénéficient pas de la Green Card, se voient retirer les protections de la vie privée apportées par la loi américaine. L’enjeu porte bien entendu sur l’analyse des données privées qui transitent sur Internet. Les services américains viennent de recevoir un blanc-seing pour l’analyse sans limite de toutes nos données.

Une guerre déclarée à l’Europe

Voilà qui pose quand même un petit problème. La CNIL française par exemple se réjouissait l’an dernier du règlement européen sur la protection des données personnelles paru au JOUE le 4 mai 2016. Celui-ci précise dans son article 44:

Un transfert, vers un pays tiers ou à une organisation internationale, de données à caractère personnel qui font ou sont destinées à faire l’objet d’un traitement après ce transfert ne peut avoir lieu que si, sous réserve des autres dispositions du présent règlement, les conditions définies dans le présent chapitre sont respectées par le responsable du traitement et le sous-traitant, y compris pour les transferts ultérieurs de données à caractère personnel au départ du pays tiers ou de l’organisation internationale vers un autre pays tiers ou à une autre organisation internationale. Toutes les dispositions du présent chapitre sont appliquées de manière à ce que le niveau de protection des personnes physiques garanti par le présent règlement ne soit pas compromis.

Le règlement prévoit l’interruption du transfert de données vers un pays qui ne respectent plus la réglementation européenne. Les États-Unis par exemple.

Les démocraties fragilisées par les lois sur le renseignement

Qu’on ne se frotte pas les mains tout de suite. Pareille mésaventure pourrait très bien arriver à la France. Avec sa loi sur le renseignement, rien n’exclut qu’un changement de majorité, ou de gouvernement, ou de régime, n’aboutisse à légaliser les mêmes effets… Valls et Cazeneuve en porteront la responsabilité première. Ce ne fut pas faute de le dire.

La nécessité d’un Internet européen

Première leçon à tirer de ce bouleversement: l’Europe peut soudain prendre conscience de la nécessité d’un Internet qui lui soit propre. Aujourd’hui, Internet est conçu comme un immense aimant qui attire toutes les données personnelles européennes vers les clouds américains. On mesure le danger que ce talon d’Achille représente aujourd’hui pour l’ensemble de l’économie européenne.

La nécessité d’un Facebook européen

Autre point majeur: les réseaux sociaux américains vont devenir de plus en plus suspects et, tôt ou tard, feront l’objet d’un bad buzz. Pour l’Europe, c’est une opportunité. La construction d’un réseau « sain » et protégé, respectueux des libertés publiques, pourrait devenir un élément d’attractivité fort.

4 raisons pour lesquelles Fillon doit rester, même mis en examen

Article écrit pour Atlantico

Après l’exorde de François Fillon sur le Penelopegate, tous les Français ont entendu que le candidat renoncerait à sa candidature s’il était mis en examen. Le geste (appelé chez les Grecs: brûler ses vaisseaux) est héroïque, mais il est quand même très dangereux.

Certes, François Fillon avait attaqué Nicolas Sarkozy durant la campagne aux primaires en rappelant la phrase du général De Gaulle sur les candidats à la présidentielle mis en examen. Certes, François Fillon a bâti sa campagne sur sa probité.

Tout ceci justifie qu’il se drape aujourd’hui dans une dignité qu’on trouvera mal placée. Il n’a pas hésité à déclarer, sur TF1, qu’une mise en examen serait une atteinte à son honneur. Oui, mais enfin, s’il suffit en France de mettre, sous un prétexte ou un autre, une personne en examen pour la mettre en retrait de la société, la manoeuvre serait décidément très tentante! Dans une société de plus en plus judiciarisée et mise sous surveillance (ce qui était moins le cas sous De Gaulle), on mesure le levier que représenterait la mise en examen pour détruire un rival politique ou un ennemi.

Reste la question de fond: la mise en examen de François Fillon justifierait-elle son retrait?

Cette idée parait en contradiction singulière avec quelques bonnes raisons contraires, qu’il est nécessaire de rappeler ici.

Fillon, un puissant rempart contre l’isolationnisme de Trump

Replaçons quand même la question des présidentielles dans leur contexte: le premier sujet que devra traiter le prochain président de la République sera celui du nouvel ordre du monde construit par Donald Trump. Cela ne signifie pas que les sujets de probité personnelle n’ont aucune importance, ni qu’il faut les occulter. Mais enfin, reconnaissons qu’il vaut mieux un président mis en examen pendant la campagne pour une affaire d’emploi fictif mais capable d’en imposer aux Américains, plutôt qu’un président propre sur lui mais sans autorité face aux logiques biscornues de Donald Trump.

Sur ce point, la stratégie de balance proposée par Fillon avec la Russie constituera un atout important.

Pour un rééquilibrage des relations avec l’Allemagne

Le prochain président ne devra pas seulement entamer une relation bilatérale compliquée avec le Président des Etats-Unis. Il devra aussi tenir le manche du couple franco-allemand, où, depuis 2012, la France est fortement minorée. Pendant cinq ans, François Hollande a accepté une soumission coupable à Angela Merkel en échange de l’indulgence de celle-ci vis-à-vis des dérives budgétaires et de l’immobilisme français.

Sur ces points, François Fillon apporte une ligne intéressante qui porte de nombreuses promesses. On voit mal qui, dans ses rivaux à la présidentielle, est capable de faire mieux. Veut-on passer à côté d’une chance historique pour une affaire d’emploi fictif à 4.000 euros?

Pour de vraies réformes internes

On le sait tous, l’inversion des relations avec l’Allemagne passe forcément par des réformes décisives en France. Certains interprètent ce préalable comme une marque de dévotion ou de soumission à nos voisins. C’est faux bien entendu. Le sujet n’est pas de s’abaisser pour plaire, mais de se réformer pour se relever. Il n’est pas sûr que François Fillon soit l’élément indispensable de ce relèvement, mais il est en revanche absolument certain qu’aucun autre candidat ne propose un tel programme, y compris parmi les Républicains.

Il est donc indispensable là encore que Fillon reste candidat.

La transparence pour gérer la question de la probité

Reste que, si François Fillon devait être mis en examen, nous ne pourrions ignorer cette occurrence, qui est toxique pour l’ensemble de la démocratie. Elle montre que la classe politique française n’est pas allée assez loin pour se mettre au niveau des attentes démocratiques exprimées par les opinions publiques. Sur ce point, l’insupportable refrain du populisme entonné par les élus et répétés par les médias subventionnés dès que le droit de suite reconnu à chaque citoyen sur les élus par la Déclaration de l’Homme de 1789 est mis en oeuvre pèse lourd dans la balance. Nos élus feraient moins de résistance à la démocratie et accèderaient plus volontiers aux pétitions citoyennes, nous n’en serions pas là.

Sur ce point, à quelque chose boule puante est bonne. La meilleure façon que François Fillon peut encore avoir de surmonter la crise qu’il traverse consiste à prendre le taureau par les cornes. Le bon sens impose ici d’acter les dangers des pratiques opaques en vigueur. Le candidat Fillon a tout intérêt à ajouter à son programme des dispositions drastiques sur le contrôle des élus par les citoyens.

Seul le grand bond en avant de la transparence pour renouveler en profondeur les pratiques politiques peut sauver la candidature de Fillon.