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Attentat de Barcelone: les images choc tournées sur place

Des images choc de l’attentat de Barcelone circulent sur Internet. En voici la reproduction. Sans commentaire.

Un nouvel attentat dans nos rues (cette fois à Barcelone) revendiqué par Daesh. Manifestement, la spirale de la violence continue. Nous savons tous qu’elle obligera tôt ou tard chacun à prendre clairement position sur le modèle de société que nous voulons promouvoir.

Après l’attentat de Barcelone, que signifie porter le voile en Occident?

En particulier, il faut avoir le courage de s’interroger sur la signification du voile et de son port en Occident. Avant la vague d’attentats qui a commencé en Europe en 2015, cet affichage religieux était au fond plutôt marginal et pouvait se parer d’une apparence innocente. Au lendemain du massacre dans les locaux de Charlie Hebdo, nombre de femmes, notamment de jeunes femmes, ont fait le choix de porter le voile alors qu’elles s’en abstenaient jusque-là.

Il est quand même très difficile de ne pas s’interroger sur la signification politique de ces gestes individuels qui, au total, font masse… Surtout lorsqu’en Algérie, par exemple, la révolte du bikini souligne les inégalités de genre dont le voile est porteur.

Combien de temps, au nom d’un vivre ensemble dont nous sommes les seuls adeptes sincères, accepterons-nous de fouler aux pieds nos valeurs républicaines?

Attentat de Barcelone: les images choc tournées sur place

Des images choc de l’attentat de Barcelone circulent sur Internet. En voici la reproduction. Sans commentaire.

Un nouvel attentat dans nos rues revendiqué par Daesh. Manifestement, la spirale de la violence continue. Nous savons tous qu’elle obligera tôt ou tard chacun à prendre clairement position sur le modèle de société que nous voulons promouvoir.

En particulier, il faut avoir le courage de s’interroger sur la signification du voile et de son port en Occident. Avant la vague d’attentats qui a commencé en Europe en 2015, cet affichage religieux était au fond plutôt marginal et pouvait se parer d’une apparence innocente. Au lendemain du massacre dans les locaux de Charlie Hebdo, nombre de femmes, notamment de jeunes femmes, ont fait le choix de porter le voile alors qu’elles s’en abstenaient jusque-là.

Il est quand même très difficile de ne pas s’interroger sur la signification politique de ces gestes individuels qui, au total, font masse…

Cédric Herrou, héros ou idiot utile des mafias migratoires?

Cédric Herrou est la vedette médiatique du moment. Cet agriculteur de la frontière franco-italienne accorde une aide active aux migrants qui entrent illégalement sur le territoire. Si la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence a maintenu sa condamnation à de la prison avec sursis, il bénéficie d’une popularité… tout à fait éclairante sur la capacité des mafias migratoires à utiliser la mauvaise conscience occidentale à leur profit.

L’impressionnant silence des médias français sur les relations malsaines entre les ONG qui « secourent » les migrants au large de la Libye empêche évidemment de comprendre le fin mot de l’histoire.

Officiellement, le récit qui est servi de ce côté-ci de la frontière est tout empreint d’émotions: de gentils migrants victimes du réchauffement climatique, du capitalisme, de la méchanceté de l’homme blanc, fuient leur pays et cherchent refuge chez d’horribles riches (devenus riches par l’exploitation de l’homme par l’homme, et spécialement du noir par le blanc) qui les maltraitent. Heureusement, quelques héros des temps modernes s’insurgent contre ce mauvais traitement. Après avoir combattu la démagogie du Front National, ces résistants éclairés sauvent l’honneur de l’Occident en aidant ces victimes d’un néo-colonialisme moderne qui ne dit pas son nom.

Cédric Herrou, ou le triomphe du bon sentiment

Cédric Herrou fait partie, bien entendu, de cette espèce-là. Son geste rachète les péchés, la culpabilité de l’Occident, et procède de ce bon sentiment qui devrait être notre guide en matière politique. Car c’est bien le projet qui nous est proposé par les médias bobos, dont les radios de service public, où Cédric Herrou bénéficie d’une exposition et d’une audience complaisante et, bien entendu, sans jamais de rappel sur l’activité mafieuse qui s’engraisse sur le dos des migrants. L’invitation est simple: abandonnez la rationalité et laissez-vous guider par vos émotions.

Tous ceux qui ont bavé, depuis de nombreuses années, sur ces horribles manipulateurs des esprits appelés populistes s’en donnent aujourd’hui à coeur joie pour nous sommer de ne plus penser mais de nous laisser submerger par des effusions philanthropiques. Il faudrait ne plus construire de politique collective et simplement accueillir ces pauvres hères qui déambulent sur le continent à la recherche d’on ne sait quoi.

Comme c’est beau! et que n’a-t-on envie nous aussi de prendre cette posture généreuse: aimons l’humanité, accueillons-les, et tout ira bien.

Les bons sentiments et leur incohérence raciste

Bien entendu, ces bons sentiments, impérieux, péremptoires, qui ne laissent aucune place ou presque à la divergence d’opinion (comme on va le voir), ne s’embarrassent ni d’honnêteté intellectuelle ni de cohérence. Par exemple, on trouve au mois de mars, ces phrases sur la page Facebook de Cédric Herrou:

Réveillé par un gosse de 6 ans et sa mere, tous deux arrivants à pieds, de nuit sous la pluie depuis l’Italie. Une part de peine de les voir une part de réconfort de les savoir à l’abri et une par d’ironie ; ces deux ont réussis a ridiculiser l’armée, la Paf, la gendarmerie et cet état d’urgence, ils ont passé la frontière à la barbe de ses hommes emplis de testostérone armés de Famas, lunette à visée nocturne, une seule pensée me vient « Pauvre cons»

Dans la vie de Cédric Herrou, il y a d’un côté les bons: la mère et son enfant de six ans qui traversent la frontière sous la pluie, de nuit. Et de l’autre, il y a les « pauvres cons », c’est-à-dire les forces de l’ordre et leur testostérone. Les gentils et les méchants.

Il serait pourtant intéressant de se demander par quelle urgence ces mères qui trimballent leurs enfants sur des milliers de kilomètres sont poussées. On se demande même quelle serait la tolérance d’un Cédric Herrou vis-à-vis d’une mère française qui emmènerait son enfant sur les routes en le mettant en danger pour échapper au chômage.

Par exemple, lorsqu’il s’agit de la Grèce ou du Portugal, ou de l’Espagne, il est de bon ton, chez les bobos, de dresser l’éloge de la résistance. Il faut rester dans son pays et lutter. En revanche, pour les Africains, le raisonnement ne vaut pas. Eux ont raison de ne pas résister et de quitter leur pays.

Bien sûr, va-t-on me dire, ce n’est pas comparable. Et c’est probablement le fin mot de la logique qui se met en place. Le Blanc n’est pas comparable au Noir. Le Blanc est fait pour mener un combat politique. Le Noir est fait pour fuir son pays.

Ici, nous retrouvons une fois de plus ce substrat anthropologique raciste qui gouverne la pensée bobo. Il faut aimer l’Africain et tout excuser, parce que l’Africain est inférieur au blanc. Il est une sorte de grand enfant incapable d’assumer des responsabilités au sens où nous l’entendons.

Une complicité objective avec les mafias

Donc, dans ce story-telling manichéen, on oublie de préciser que la maman et son enfant ne sont pas arrivés là par hasard.

Dès le village, la mafia, les mafias, ont organisé le voyage et fait miroiter les alouettes en nourrissant le mythe d’une vie simple en Occident, là où la vie en Afrique serait un enfer. Une cascade d’intermédiaires véreux ont fait croire à des pauvres gens naïfs qu’il existait un eldorado facile et heureux appelé l’Europe. Il suffisait d’y arriver et en quelques mois, hop! la fortune se trouve sous le sabot d’un cheval et tout le confort moderne vous ouvre les portes. En attendant, ruinez-vous pour payer le voyage et enrichissez vos passeurs.

Le plus ignoble tient évidemment à cette complicité ouverte entre les associations caritatives et les passeurs libyens. La mafia italienne, la justice le soupçonne fortement, est au coeur de ce système qui permet, sur le dos d’esprits naïfs, de récupérer des masses importantes de subventions européennes.

Il est de mauvais ton de rappeler cette réalité sordide. Il est tellement plus facile de croire aux mirages et aux belles histoires hugoliennes.

Pourtant, les bobos sauveurs de migrants devraient avoir le courage de regarder les choses en face: leur générosité ne fait pas d’eux des héros, mais seulement des rouages d’une immense machine à broyer des petites gens pour enrichir quelques voyous. On leur fera ici le crédit d’une sincérité relative dans la démarche, et d’un désintéressement qui les honore. Ils n’en demeurent pas moins des idiots utiles au service d’une cause qui jamais n’aidera l’Afrique à sortir de son ornière.

Car rappelons-le, le destin des peuples se construit dans l’ambition politique, pas dans la fuite individuelle.

La Grèce, là où le peuplement de l’Europe change

L’arrivée massive de réfugiés en Grèce n’est pas un phénomène nouveau. Depuis près de 5.000 ans, la Grèce est une terre disputée entre les peuplades indo-européennes qui ont fait l’Europe et les peuplades venues de Méditerranée. La crise migratoire à laquelle nous assistons n’est qu’un épisode nouveau dans une longue chaîne qui a modifié, à travers les millénaires, la physionomie de l’Europe.

La Grèce, ne serait-ce que par sa position géographique, a toujours servi de lieux d’échange pour l’Europe. Soit qu’elle ait accueilli des Européens, soit qu’elle ait au contraire accueilli d’autres peuplades désireuses d’envahir l’Europe. C’est dans ce grand mouvement de balancier qu’il faut situer la crise des réfugiés qui sévit depuis plusieurs années: après des décennies d’expansion occidentale vers l’Afrique, le balancier repart à l’envers, et ce sont les peuplements d’Afrique qui se répandent en Europe.

On notera au passage que cet accueil d’Africains en masse sur le territoire européen est d’abord venu d’une proposition européenne elle-même: face au déficit démographique de notre continent, c’est nous qui avons amorcé la pompe des migrations africaines.

Voici un rapide résumé des échanges de population dont la Grèce fut le théâtre à travers le temps.

10000 avant J.C.

Première sédentarisation d’humains en Grèce, tant sur le continent que dans les îles. Les peuplements de ces périodes sont encore mal connus.

2500 avant J.C.

Arrivée probable des premières populations indo-européennes en Grèce. Le mouvement d’intégration de la Grèce dans une grande unité européenne commence.

2000 avant J.C.

Généralisation de la céramique de type grec, qui laisse à penser qu’un peuple homogène se fixe en Grèce continentale et dans la mer Égée.

1100 avant J.C.

Invasion dite dorienne. Des peuples du Nord de la Grèce prennent possession du territoire, probablement à la faveur d’un affaiblissement des peuples autochtones frappés par des catastrophes naturelles.

600 après J.C.

Arrivée massive de populations slaves. Celles-ci sont suivies par des Vlaques, puis par des Albanais (XIIIè siècle).

1000 après J.C.

Arrivée des populations turco-mongoles sur le territoire de l’actuelle Turquie. Leur expansion vers l’Ouest est progressive. Elle correspond à l’émergence de l’empire ottoman, qui prend possession de la capitale grecque, Constantinople, en 1453.

1922: Grande Catastrophe

À l’issue de traité de Lausanne, les Turcs et les Grecs décident d’échanger leurs minorités. 1,3 million de Grecs sont chassés vers la Grèce, pendant que 500.000 musulmans sont expulsés vers la Turquie. La population grecque passe de 5 à 6 millions d’habitants en l’espace d’un an.

2015: crise des réfugiés

Plusieurs centaines de milliers de migrants passent en Grèce pour s’installer en Europe. Ils viennent du Moyen-Orient et d’Afrique.

La crise des réfugiés, une Grande Catastrophe pour l’Europe?

Comme on le voit, l’histoire des migrations en Grèce se confond avec l’histoire des migrations en Europe. Celles-ci semblent animées par un mouvement de balancier. Tantôt, la Grèce est une porte d’expansion. Tantôt, elle est une porte « d’impatriation ».

Manifestement, depuis une centaine d’années, l’histoire démographique grecque témoigne d’un nouveau renversement cyclique. Après la Grande Catastrophe, l’affaiblissement progressif du  continent l’ouvre à de nouvelles arrivées migratoires, un phénomène qu’on n’avait pas connu depuis près de mille ans.

L’Italie saisit le bateau d’une ONG qui organise le trafic de migrants en Méditerranée

Les autorités italiennes viennent de saisir le bateau d’une ONG allemande battant pavillon hollandais dont il est avéré qu’elle organise le trafic de migrants depuis la Libye.

La presse italienne relaie une information peu commentée en France. La justice a fait saisir la « Iuventa », un chalutier armé par l’association allemande Jugend rittet (les jeunesses sauveteuses), et battant pavillon hollandais.

La justice italienne détient en effet des preuves d’une connivence entre les passeurs et l’organisation non gouvernementale en question. Dans la pratique, l’ONG allemande organise les traversées des migrants avec les passeurs, qui fixe un rendez-vous convenu en mer. Une fois les migrants arrivés au lieu de transfert, les passeurs libyens récupèrent les embarcations laissées vides par les migrants montés sur le bateau de l’association.

La police italienne est parvenue à filmer ces opérations et a donc ordonné la saisie du bateau. Elle a bénéficié d’un coup de pouce donné par une autre association non gouvernementale: Save the Children.

Une charte de bonne conduite pour les ONG

Celle-ci a signé la charte de bonne conduite des ONG en treize points, édictée par le gouvernement italien.

Ces points témoignent du doute qui s’est installé dans l’esprit du gouvernement italien sur l’implication des ONG dans le trafic des migrants. Parmi les 13 points, on trouve en effet ceux-ci:

Ne pas avoir de contacts pour faciliter le départ des embarcations qui transportent des migrants.

(…)

Déclarer ses sources de financement à l’État où l’association est enregistrée.

On se souvient qu’un procureur italien accuse les ONG d’être directement financées par les passeurs et d’apporter des financements à la mafia.

Pour l’instant, seules deux organisations ont signé la charte de bonne conduite du gouvernement italien.

Le Jour du Dépassement et son business malthusien bien organisé

Impossible d’ouvrir un journal aujourd’hui, d’allumer une radio ou un téléviseur sans entendre parler en boucle du Jour du Dépassement. Voilà une superbe opération de communication menée en apparence dans l’intérêt général, mais qui sert en réalité des intérêts privés bien calculés.

Le Jour du Dépassement, c’est, paraît-il, le jour où la planète commence à consommer plus qu’elle ne produit. Cette idée vieille comme le monde (en tout cas comme les théories économiques), déjà agitée en son temps par Malthus, cristallise de nombreuses angoisses occidentales. Quoi de plus simple que de faire croire que la planète est, d’une façon ou d’une autre, trop petite pour subvenir à nos besoins?

Derrière cette idée facile (propagée par une multitude de think tank britanniques, comme le Population Matters) se cachent une multitude d’idéologies glauques et toxiques, et un business bien organisé.

Le Jour du Dépassement a-t-il un fondement scientifique?

La question fondamentale est évidemment de savoir si le Jour du Dépassement a un fondement scientifique. Sur ce point, il n’y a guère que Libération qui ait osé ouvertement (mais pour la refermer très vite) poser la question.

Dans la pratique, le Jour du Dépassement, personne ne le conteste, est un outil d’extrême simplification qui agglomère en un slogan populiste des données chiffrées, des approximations grossières et des peurs viscérales. En termes de communication, c’est extrêmement efficace. Scientifiquement, c’est, comme dirait Emmanuel Macron, du pipi de chat.

Puisque nous sommes à l’ère des post-vérités bobos, il est évidemment politiquement incorrect de le rappeler et il est de meilleur ton de renverser les valeurs en faisant croire que la vérité, c’est le jour du dépassement. Il n’en demeure pas moins que les faits scientifiques ne sont pas ceux-là.

Le redoutable business du Dépassement

Le vrai génie du Jour du Dépassement n’est pas de mesurer la « soutenabilité » du mode de vie occidental mais de transformer en moment écologique un business structuré autour du Footprint Network, « l’ONG » qui anime la communication autour de ce thème. Le Global Footprint Network est officiellement un think tank indépendant qui se partage entre les États-Unis, la Belgique et la Suisse. La réalité est un peu différente.

D’abord parce que le Global Footprint Network est aussi une société de conseil qui propose des web services dans le domaine immobilier. Au demeurant la notion de Footprint sert aujourd’hui de paravent à une multitude de sociétés de conseil à travers le monde, qui véhiculent toutes une idéologie de la décroissance.

Mais, dans la liste des partenaires du Global Footprint Network, on trouve une multitude d’intérêts privés plus ou moins masqués, dont on se demande ce qu’ils font là, et ce qu’ils cachent.

Par exemple, on trouve dans la liste des soutiens financiers à ce réseau la Confédération de l’Industrie Indienne (CII), qui a beaucoup de choses à se faire pardonner dans le domaine de l’environnement. Peut-être faut-il préciser que l’Inde a intérêt à limiter les capacités industrielles des pays du Nord pour récupérer des marchés.

Le soutien des industriels à la cause du Global Footprint Network peut se faire plus discret. C’est le cas avec le Millennium Institute, un think tank américain soutenu par General Motors.

On ne dira jamais assez que l’idéologie de la planète terre à protéger, c’est un excellent cheval de Troie pour favoriser le libre échange.

Quand les grandes fortunes soutiennent la cause

On notera surtout, dans la liste des soutiens au Global Footprint Network (qui récolte environ 2 millions $ annuels), la présence de grands gestionnaires suisses de fortune comme la banque Pictet ou la banque Sarasin.

Rappelons que le groupe Pictet est régulièrement accusé par l’administration française d’héberger des comptes illégaux… et de blanchir de l’argent étranger. La banque Sarasin vient pour sa part d’être condamnée en Allemagne pour avoir encouragé à l’évasion fiscale.

Peut-être qu’il existe pas mal de grandes fortunes, dans notre petit monde, qui adorent colporter l’idée que les États-nations, c’est du blabla, et que seule notre planète compte. C’est autant de frontières en moins à franchir, et d’amendes en moins à payer, pour échapper à l’impôt.

Estelle Pattée, Libération

L’ONG s’appuie sur les milliers de données de l’ONU, notamment celles du Fonds des Nations unies pour l’alimentation (FAO), de l’Agence internationale de l’énergie et du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Ce qui n’empêche pas la méthode d’être controversée.

La baisse des APL ou le degré zéro de la politique

L’annonce d’une baisse généralisée de 5€ de l’Allocation Personnalisée au Logement (APL) est l’exemple même de la mesure excellente lorsqu’elle est bien expliquée, et cataclysmique lorsqu’elle sort du chapeau sans prévenir. Sur ce coup-là, Édouard Philippe souligne combien son gouvernement d’experts a atteint le degré zéro de la politique.

Avec les APL, le gouvernement jouait sur du velours. Les études n’ont en effet pas manqué ces dernières années pour montrer comment cette allocation était néfaste pour les allocataires eux-mêmes.

Ainsi, l’INSEE, en 2014, avait produit une étude intitulée « L’impact des aides au logement sur le secteur locatif privé ». On y lisait ce texte simple à comprendre et à expliquer:

Les résultats obtenus par cette méthode indiquent que les loyers sont significativement plus élevés dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, suggérant un lien causal entre les aides au logement et le niveau des loyers privés.

Autrement dit, le gouvernement ne manquait pas d’éléments indiscutables pour expliquer que l’APL est une aide aux propriétaires avant d’être une aide aux locataires, et qu’elle favorise la hausse des loyers plutôt qu’elle ne permet de se loger.

Les APL et la mesure proposée par la Cour des Comptes

Au passage, la Cour des Comptes a déterré à nouveau le dossier à l’occasion de son audit sur les comptes publics en proposant une mesure simple: le libre choix des contribuables entre le rattachement de leur enfant au foyer fiscal et la perception de l’APL pour celui-ci. Soit on reçoit une aide au logement, soit on déclare une demi-part. L’équation était, là encore, simple à comprendre et à expliquer.

La désarçonnante communication du gouvernement

Concernant la baisse des APL, la surprise est d’abord venue de la méthode: l’information est parue dans la presse sous forme de fuite, confirmée illico par le gouvernement. Personne n’a jugé utile de délivrer une parole politique sur le sujet, c’est-à-dire une explication en bonne et due forme sur le pourquoi du comment. C’est tout juste si l’on a entendu des voix pour attribuer cette baisse au gouvernement précédent.

Ici, on se demande si le silence gouvernemental tient du pari raisonné (on ne dit rien, et on espère que ça passera tout seul) ou de l’amateurisme (c’est une mesure anodine que personne ne remarquera). En tout cas, il faut une sacrée dose de surdité pour n’avoir pas réagi dès les premières heures de la polémique.

Une mesure politiquement coûteuse

Reste que si, sur le fond, la baisse des APL de 5€ est une mesure qui va dans le bon sens (puisqu’elle diminue une dépense publique qui profite aux nantis, c’est-à-dire aux propriétaires, avant de profiter à ceux qui en ont besoin), elle est politiquement désastreuse. Les estimations montrent qu’elle ne devrait pas rapporter plus de 400 millions € en année pleine. Se fâcher avec les Français pour de la roupie de sansonnet, c’est quand même absurde. Une baisse de 12,5€ aurait rapporté 1 milliard. Au-dessous de ce chiffre, l’impopularité n’est pas rentable.

Près de 2 milliards€ de fraudes aux allocations familiales en 2016

Selon la Cour des Comptes, les fraudes aux prestations versées par la branche famille de la sécurité sociale avoisineraient les 2 milliards€ en 2016. Un chiffre en dégradation par rapport à 2015.

Quel est le montant des fraudes aux prestations familiales? Selon la Cour des Comptes, la somme globale avoisinerait les 2 milliards€ en 2016, contre 1,5 milliard en 2015. La Cour souligne l’insuffisance des procédures de contrôle, alors même que la détection des indus a augmenté.

Petite physionomie des fraudes

Selon la Cour, près de 8% des sommes versées par la branche famille (plus de 70 milliards € de prestations légales distribuées) sont susceptibles d’être erronés. Dans cette masse, la fraude représenterait donc près de 3% des dépenses totales.

Dans cet ensemble, on notera que la Cour reproche à la caisse nationale d’allocations familiales (chargée entre autres du RSA…) d’insuffisamment vérifier les ressources des allocataires et la situation exacte des tiers à qui elle peut verser certaines prestations.

33. Les résultats des actions de lutte contre la fraude traduisent une maîtrise encore insuffisante des risques de versement d’indus sur prestations.

34. Le montant estimé par la CNAF des indus potentiellement frauduleux s’élève à 1,80 Md€ en 2016, contre 1,48 Md€ en 2015, ce qui traduit un risque significatif et en augmentation.

35. Malgré une augmentation du montant des indus détectés et qualifiés de frauduleux (275 M€, soit +11 % par rapport à l’exercice 2015), le nombre de dossiers suspectés d’être entachés de fraude et qualifiés comme tels reste encore insuffisant (15 % de la fraude potentielle). Pour autant, une part du montant de la fraude totale donne lieu à des indus effectivement détectés par le dispositif de contrôle mais non qualifiés comme tels. Le risque porte dans ce cas sur la possibilité que des indus potentiellement frauduleux fassent l’objet à tort de remises de dette.

36. Alors que le délai de prescription légale est de cinq ans, les indus frauduleux sont toujours affectés à tort d’une durée de prescription de trois ans. Le calcul du préjudice au-delà de deux ans n’est pas systématiquement effectué, en l’absence d’évolutions informatiques permettant un calcul automatique conforme aux règles de droit.

37. Faute d’outils nationaux, certaines dispositions du plan de lutte contre la fraude interne ne sont toujours pas applicables. Le dispositif de prévention des conflits d’intérêt demeure insuffisant et ne s’étend pas aux administrateurs.

Le gouvernement pas fringant sur la voie des ordonnances

Le gouvernement s’est engagé sur la voie des ordonnances avec de vrais points de faiblesse auxquels il faudra accorder une vigilance particulière. En particulier, la capacité politique de la ministre du Travail à tenir le débat paraît discutable face à une France Insoumise particulièrement en forme.

La première journée de débat dans l’hémicycle sur les ordonnances de la loi Travail n’a pas manqué d’inquiéter les observateurs avisés. C’est une ministre mal assurée, très rivée à ses notes, très centrée sur des positions techniques, qui est apparue. Pour un peu, on aurait dit un directeur des relations sociales d’une grande entreprise en pleine négociation d’un accord sur la durée du travail avec des syndicalistes turbulents.

Face à elle, Muriel Pénicaud voit se dresser un groupe France Insoumise qui avance en ordre structuré, avec des orateurs qui ont préparé leurs interventions et qui ne cèdent pas un pouce de terrain. Leur stratégie d’obstruction consiste à demander d’amender chaque article du texte en le truffant de mentions contraires à l’intention politique du gouvernement. Face à eux, il est évident que le gouvernement manque d’un répondant politique à la hauteur.

Le gouvernement doit-il s’apprêter à une victoire parlementaire mais à une défaite politique?

Pour Emmanuel Macron, ce manque d’envergure politique d’une ministre par ailleurs affaiblie par les affaires constitue un risque majeur. Muriel Pénicaud laisse aujourd’hui le champ politique libre à une contestation sur le fond même de la réforme, et c’est un risque majeur.

En effet, les sondages d’opinion montrent que les Français n’ont pas forcément compris la réforme qui se prépare. En choisissant la voie de l’ordonnance, le gouvernement saute l’étape de l’explication politique. Il est donc vital à long terme que le gouvernement explique clairement ses intentions et ses ambitions lors du débat parlementaire.

Or qu’avons-nous à la place de ce processus salutaire? une ministre qui ramène tout à des considérations techniques et qui pense donc le processus démocratique comme un processus d’entreprise. Là où il faudrait une vision, on a des explications.

Le risque est évidemment de confier la vision à l’opposition, en l’espèce à la France Insoumise, qui martèle des idées simples à comprendre. Celles-ci percoleront tôt ou tard dans l’opinion: la réforme est voulue par le MEDEF et ne sert que lui.

Macron a tort de mépriser le fait parlementaire

On comprend pourquoi le gouvernement se met dans cette situation. Emmanuel Macron, en bon inspecteur général des finances, méprise la démocratie parlementaire et la représentation nationale. Formaté par l’ENA, il la rend responsable de tous les maux et de toutes les faillites françaises.

Fort de ce mépris, il a donc sous-estimé les forces nécessaires à mettre dans la bataille à mener à l’Assemblée Nationale. Pourtant, même pour une loi d’habilitation, il faut convaincre.

Cet oubli risque de lui coûter cher.


Les prévisions de Marisol Touraine sur le trou de la Sécu étaient trop optimistes

En son temps, Marisol Touraine avait claironné qu’en 2017, le « trou de la Sécu » aurait disparu. La Commission des comptes de la sécurité sociale vient de dire le contraire: le déficit s’est accru par rapport aux prévisions.

À l’automne dernier, Marisol Touraine avait déclaré: « Le régime général, qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011, sera à 400 millions de l’équilibre. Pour un budget de 500 milliards, c’est l’épaisseur du trait. »

Manifestement, l’épaisseur du trait est quand même suffisante pour sauter aux yeux de tout le monde, et c’est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement. Celui-ci sera en effet acculé à trouver de nouvelles économies.

Le trou de la sécu en 2016 plus important que prévu

C’est en examinant les comptes 2016 que l’inquiétude est venue. Les prévisions de la loi de financement de la sécurité sociale se révèlent aujourd’hui trop optimistes. Elles ont surévalué les recettes assises sur les revenus d’activité.

Du coup, les chiffres pour 2016 sont moins bons que prévu, et laissent craindre le pire pour 2017. Le déficit général est supérieur de 700 millions€ aux prévisions. Si l’on y ajoute le fameux Fonds de solidarité vieillesse (FSV) qui prend en charge les plus petites retraites, l’écart par rapport aux prévisions atteint 1,3 milliards€.

Autant d’argent à trouver en plus, en perspective, pour 2017. La constante hausse du chômage contribue en effet à dégrader les comptes de la sécurité sociale.

Il est bien probable que le gouvernement ne soit pas au bout de ses peines.