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Catégorie : Actualité

Comment l’Éducation Nationale mène une guérilla contre les politiques gouvernementales

L’Éducation Nationale refuse-t-elle de mettre en oeuvre les politiques gouvernementales? Un rapport de la Cour des Comptes ouvre la question… en prenant l’exemple de la réforme territoriale conduite sous François Hollande. Nous produisons ici un extrait de rapport tout à fait significatif.

Dans l’Éducation nationale, à la fusion des rectorats, qui avait été envisagée, a été préférée la création de recteurs de régions académiques, laissant subsister la carte des 30 académies existantes et des recteurs chargés de les administrer.

La Cour souligne la fragilité de ces régions académiques, qui ne disposent ni d’autorité hiérarchique, ni de missions d’allocation des moyens. Certes, le recteur de région académique dispose de pouvoirs propres visant à garantir l’unité et la cohérence des politiques éducatives régionales dans les champs de compétences intéressant la région ou le préfet de région et de la possibilité de se saisir d’un champ étendu d’actions. Mais il n’en est que plus étonnant que le siège des régions académiques n’ait pas été localisé, dans quatre cas, au chef-lieu de région. Ainsi apparaît un décalage croissant entre l’organisation territoriale de l’éducation nationale et celles des autres services de l’État au niveau régional, au moment où les enjeux interministériels des politiques publiques s’accroissent.

Les recteurs d’académie sont maintenus dans leurs prérogatives, essentielles, de mise en œuvre des politiques éducatives dans leur ressort et sont toujours, à ce titre, seuls responsables des budgets opérationnels de programmes académiques et de domaines importants qui ne relèvent pas de la coordination régionale (comme le premier degré). Le dispositif organisationnel retenu pousse ainsi à l’immobilisme, alors que l’opportunité aurait dû être saisie pour revoir la carte des 30 rectorats existants et s’interroger sur le maintien dans leurs délimitations préexistantes des académies de petite taille, par exemple les rectorats de Normandie ou de Bourgogne-Franche-Comté.

Il conviendra de veiller, au plan administratif, à ce que la création des régions académiques, dotées d’un service pour les affaires régionales, si elle doit être l’occasion de mutualiser à ce niveau certaines fonctions, ne conduise pas à terme, dès lors que les rectorats sont maintenus, à ce que leurs attributions et surtout leurs moyens –à ce stade légers- ne s’ajoutent à ceux des rectorats, constituant ainsi un échelon administratif supplémentaire.

Wauquiez présidera le parti de la carpe et du lapin

Laurent Wauquiez a dévoilé le premier organigramme des Républicains. Les vice-présidences vont de Virginie Calmels à Guillaume Peltier. En dehors d’un discours axé sur les valeurs, les Républicains n’ont pas de programme, en particulier dans le domaine économique. On voit mal comment cette offre pourrait séduire les libéraux ralliés à Macron.

Laurent Wauquiez est, fondamentalement, un étatiste. Le mouvement qu’il a fondé proclame son attachement à un État fort. Son éloge passéiste de la France s’abstient scrupuleusement de toute promesse sur la baisse des dépenses publiques.

La meilleure façon de qualifier le programme du nouveau président des Républicains est celle de social-démocrate identitaire.

Une victoire à la Pirrhus

D’où un problème majeur. Faute d’une perspective économique libérale, l’étatisme identitaire de Laurent Wauquiez est condamné à rester confidentiel ou, en tout cas, minoritaire.

Cette sensibilité est en effet un irritant. Elle fait partie de ces aspérités qui inquiètent une part substantielle de l’opinion, même si elle gagne du terrain. Limiter son programme à cette dimension, tout en annonçant un bannissement du Front National, relève du suicide politique.

Il existe à droite un mouvement de balancier automatique: tout glissement du noyau idéologique vers la droite entraîne un mouvement inverse de retrait des libéraux vers le centre. Sans une offre de politique économique qui compense la dextrisation du parti, Wauquiez, s’il veut espérer dépasser, voir même atteindre la barre des 20% de suffrages aux élections devra composer avec le Front National.

Ce qui fera définitivement partir les libéraux vers Macron.

La carpe et le lapin

Coexiste désormais à la tête des Républicains, un attelage baroque où se mélangent des identitaires et d’anciens juppéistes. Le parti républicain lui-même est une sorte de hall de foire où se croisent sans vraiment se parler des nostalgiques d’un France oubliée et des praticiens quotidiens de la croissance économique.

La carpe et le lapin, le libéral et l’étatiste, l’identitaire et l’européen, le libre-échangiste et le protectionniste. La clarification de ce magma risque de ne pas être simple, et de coûter pas mal de crises et de ruptures qui éloigneront d’autant la droite de la reconquête dont elle rêve.

Après Fillon, un absurde tabula rasa

La stratégie suivie par les Républicains depuis le mois de janvier 2017 est un enchaînement absurde.

François Fillon avait remporté la primaire haut-la-main avec un programme de choc économique tourné vers une réduction rapide des dépenses publiques. Probablement étonné par son propre succès, le candidat avait rapidement mis de l’eau dans son vin.

Dans la foulée de la débâcle aux présidentielles, le parti et ses « grands élus » se sont ingéniés à déconstruire tous les éléments du choc promis par le candidat. Le travail de refondation mené par Accoyer ressemble en tous points à un travail méticuleux de sape sur ce sujet.

Ce faisant, les républicains montrent une étonnante forme d’obstination à faire fuir chez Emmanuel Macron tous ceux qui voient dans l’excès de réglementation et dans l’excès d’étatisation ou d’administration la principale cause du déclin français. Face à ce mouvement macropète, Wauquiez semble bien décider à apporter non pas sa pierre, mais ses soubassements et ses murs en s’aliénant définitivement tout soutien parmi les acteurs de l’économie privée.

Une pensée libérale à reconstruire

On ne fera pas injure à Laurent Wauquiez en affirmant qu’il n’est ni un connaisseur ni un sympathisant distingué de l’économie de marché. L’absence de référence claire à celle-ci dans son programme, son éloge constant, nostalgique, d’une France disparue, d’un appareil de production qui ne correspond plus à aucune réalité, ne peut que le fâcher définitivement avec les décideurs économiques qui lui préfèreront systématiquement Emmanuel Macron.

Ce faisant, Wauquiez devra se contenter de partager l’électorat du Front National.

Reste, pour les libéraux, l’urgente nécessité, l’opportunité historique, la chance probable offerte par ce champ de ruines idéologiques pour reconstruire une vision de la France. L’ambition affichée en son temps par François Fillon de replacer la France au quatrième rang des puissances économiques mondiales avait montré la voie.

Mutuelles de l’économie sociale: course au gigantisme ou fuite en avant?

Les mutuelles de l’économie sociale sont en plein bouleversement. Coup sur coup, la Matmut, la Macif, Aesio, viennent d’annoncer des regroupements majeurs. Certains y verront la recherche d’une taille critique, d’autres la marque d’une fuite en avant pour un modèle éprouvé par des rendements décroissants et des exigences de solvabilité de plus en plus importantes.

Les mutuelles de l’économie sociale viennent d’annoncer plusieurs regroupements majeurs. La Matmut a annoncé son intention de se rapprocher d’AG2R, groupe paritaire de protection sociale bien connu et friand d’adossements en cascade. La MACIF devrait se rapprocher d’AESIO, lui-même fruit d’un rapprochement d’EOVI-MCD, d’Adréa et d’Apréva. Parallèlement, la MGEN et Harmonie poussent les feux sur le groupe VYV.

Le monde mutualiste au sens large est aujourd’hui absorbé par une course à la taille qui soulève plusieurs questions.

Les mutuelles de l’économie sociale fortement impactées par la réglementation prudentielle

L’une des principales raisons, les plus immédiates en tout cas, de cette course au rapprochement tient à la prolifération de normes prudentielles. Celles-ci exigent toujours plus de fonds propres pour couvrir les risques assurés.

Au premier chef, la directive Solvabilité 2 a eu un puissant impact sur l’activité des mutuelles d’assurance, y compris en santé. Cette directive oblige les assureurs à renforcer le provisionnement de leurs risques et leurs fonds propres pour éviter une nouvelle crise financière.

Pour les mutuelles de l’économie sociale, qui n’ont pas d’actionnaires, la mesure est complexe à « avaler ». La création sous François Hollande de certificats mutualistes, qui équivalent à une levée de fonds pour les mutuelles, visait à aider les acteurs du marché à augmenter leurs fonds propres tout en conservant leur gouvernance traditionnelle. On voit bien aujourd’hui que la dynamique enclenchée par Solvabilité 2 oblige quand même à des regroupements prudentiels, certificats mutualistes ou pas.

Au passage, certains ont dénoncé la surtransposition de la directive par Bercy. Les plus petites mutuelles, en particulier, ont bataillé pour expliquer que la santé est un risque qui échappe par nature aux exigences de la directive. Ce combat s’est immédiatement heurté à la volonté des plus grandes mutuelles de porter cette surtransposition.

Une logique de concentration forcenée

Aux yeux de beaucoup de grandes mutuelles regroupées au sein de la FNMF, le secteur mutualiste n’a pas mené la démarche de concentrations qui a métamorphosé l’industrie de l’assurance ces dernières décennies. D’où un différentiel très important entre le nombre d’assureurs ou de groupes paritaires autonomes en France sur le marché de la santé (moins de 20), et les près de 700 mutuelles encore existantes, dont 300 disposent d’une vraie autonomie financière.

Sans trop se cacher, la FNMF a promu un durcissement des règles prudentielles dans le domaine de la santé qui obligeront petit à petit les petites mutuelles à choisir entre la disparition ou l’adossement à de plus grands acteurs. Si la FNMF peut compter sur la vraie passivité des petites mutuelles à défendre leur destin, ses adhérents sont néanmoins à leur tour impactés par les normes qu’ils sont défendues.

L’effet de souffle produit par la généralisation de la complémentaire santé

Lorsque les adhérents de la FNMF se sont lancés tête baissée dans l’aventure Solvabilité 2 (initialement imaginée par les grands assureurs capitalistes de la place, avant même la crise de 2008), ils n’avaient pas anticipé que leur marché serait bouleversé par la généralisation de la complémentaire santé. Celle-ci a donné l’occasion au Conseil Constitutionnel de prohiber les désignations monopolistiques dans les branches professionnelles, et d’ouvrir le marché à une concurrence extrêmement dure entre assureurs santé pour couvrir le marché des mutuelles d’entreprises.

Contrairement à la petite musique toxique que chantonnent les partisans du tout sécurité sociale, la généralisation de la complémentaire santé n’a pas fait monter les tarifs. Elle les a fait baisser.

Incidemment, les marges des mutuelles de l’économie sociale ont aussi fondu, à un moment critique où il fallait renforcer ses fonds propres. Tout ceci condamne les acteurs de la complémentaire santé à une stratégie complexe: soit résilier les contrats les moins rentables, soit diminuer la concurrence par un processus continu de fusions.

Le modèle mutualiste est-il encore soutenable?

Derrière ces grands mouvements tectoniques se cache une question fondamentale: le modèle mutualiste, avec son absence d’actionnaires et sa faible appétence pour la rentabilité, peut-il encore « tenir » face à un déchaînement de concurrence et à une absence de stratégie claire de la part des pouvoirs publics sur le financement de la santé?

La question est ouverte. Dans tous les cas, on imagine mal aujourd’hui que les fondements de la « démocratie mutualiste » ne doivent pas subir d’importantes évolutions vers plus de dirigisme managérial.

De quelle France Johnny Halliday était-il le nom?

Les funérailles nationales de Johnny Halliday ont révélé l’existence d’une autre France, inconnue des médias mais qui n’est pas non plus la France périphérique. Cette France centrale a dévoilé un visage assez inattendu, qui mériterait d’être exploré avec attention… car il est dangereusement boudé par l’élite au pouvoir.

C’est vrai que sur le parcours du cercueil de Johnny Halliday, ce qu’on appelait en son temps la « France profonde » s’était massée et communiait dans un chagrin inattendu. Cette France-là est restée dans le froid, devant l’église de la Madeleine où les obsèques avaient lieu parmi les grands de ce monde.

Des cars étaient venus de partout pour déverser les fans ou moins fans mais quand même soucieux de participer à ce moment unique. Un bus de Franche-Comté est arrivé quelques minutes après le passage du cercueil, laissant ses occupants frustrés de n’avoir pu rendre un dernier hommage direct. Un chef d’entreprise est venu spécialement de Lambersart, dans la banlieue chic de Lille. Des Rémois tapaient le pavé en trouvant qu’il faisait trop froid. Une parisienne pleurait en souvenir de son frère défunt il y a deux ans qui adorait Johnny.

Les absents de la cérémonie

Dans la foule, en revanche, on ne trouvait pas (ou alors étrangement peu) de minorités visibles. Les rues de Paris si souvent parcourues par des représentants de tant de nationalités colorées ont cédé la place pour une longue après-midi à un cortège ethniquement très cohérent. C’était la France « de souche » qui occupait l’espace central de Paris pour saluer Johnny.

Et c’est probablement le signal majeur qu’il faut retenir de ces funérailles. Inconsciemment et involontairement, la commémoration de Johnny apportait le contrepoint au « Vivre Ensemble ». Ni France périphérique ni France de la diversité, la France de Johnny est celle d’une identité heureuse, mais cohérente et finalement rétive à la bien-pensance.

On ne s’étonnera pas de savoir que France Culture a boycotté Johnny pendant de nombreuses années. Il était bien l’icône silencieuse, discrète, mal assumée, d’une majorité qui résiste sans oser l’avouer en public à toutes les modes qu’aime véhiculer la radio publique.

Valeurs Halliday, valeurs de la France centrale

On retiendra l’étonnant éloge funèbre prononcé par Patrick Bruel à la fin de la cérémonie. Le chanteur à succès a évoqué sans vergogne la nouvelle Lamborghini de Johnny, sa vie à Los Angeles, son faste, sa fortune. La France qui s’était donné rendez-vous à la Madeleine n’était pas celle de l’égalité, de la lutte des classes, de l’insoumission. C’était plutôt une France réconciliée avec ses riches et ses réussites.

Là encore, on était loin du misérabilisme de la France périphérique, et de l’égalitarisme bien-pensant. La France qui assume les inégalités et les considère comme un élément constitutif de la société était sortie dans les rues.

Personne n’a d’ailleurs tiqué au fait que Johnny Halliday soit enterré à Saint-Barthélémy. Ce signe extérieur de richesse fait partie intégrante de la cérémonie. Quelques semaines après le scandale des « Paradise Papers », on mesure l’écart qui sépare la France des médias et la majorité du pays.

Halliday récupéré par les élites?

L’assistance qui a participé à la célébration religieuse avait de quoi laisser perplexe. François Hollande, Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron: un trio de présidents encore vivants, sans compter les ministres et autres personnalités politiques, ont donné leur extrême onction à un chanteur populaire.

Le choc des cultures s’est produit. La mort de Johnny a brutalement recentré la vie politique française sur les fondamentaux d’une société présentée d’habitude comme déclinante et ringarde.

Ce faisant, on peut s’interroger sur la récupération à l’oeuvre. Les plus hautes autorités de ce pays n’avaient pas vraiment le choix: elles se devaient d’être là. Impossible de laisser échapper une telle ferveur populaire sans lui témoigner de la sympathie. Il eut été trop dangereux de laisser cette émotion là faire florès loin du pouvoir.

Là encore, la commémoration Halliday devrait inciter les Français « centraux » à réfléchir sur leur vrai poids dans la machine politique.

Le retour en grâce de l’église catholique

L’importance du rituel catholique n’a échappé à personne. La fidélité de Johnny Halliday à l’église a même été rappelée à plusieurs reprises. En direct sur TF1, et partout dans Paris, les louanges à Dieu ont retenti.

Beaucoup de Français avaient sans doute oublié ce qu’était un cérémonial catholique. Ils ont bénéficié d’une remise à niveau grandeur nature. On a même entendu des présentateurs de TF1 expliquer ce qu’était la symbolique du corps dans l’église.

Tiens! la France catholique, non celle de la ferveur extrême, mais celle de monsieur tout le monde comme avant, celle de l’identité profonde du pays, a eu droit de cité dans les médias. Elle était au centre de la cérémonie. Et soudain, la France de 2017 s’est retrouvée dans la France de 1960. Celle, sans doute, qui habitait encore Johnny le jour de sa mort.

Des responsables israéliens soutiennent que certains ashkénazes ont un ADN particulier

Des responsables israéliens soutiennent, selon la presse locale, que des tests ADN pourraient être mis en place pour prouver l’identité juive de certains Ashkénazes.

On lira sur le Jérusalem Post (édition française) cet article étonnant laissant entendre que la « judéité » peut être établie par des tests ADN:

Selon un rapport des éminents généticiens Karl Skorecki du Technion et Shai Tzur du Centre médical Rambam de Haïfa, environ 40 % des ashkénazes seraient les descendants de quatre femmes juives ayant émigré en Europe avec leurs familles il y a plus de 1 200 ans. « On est aujourd’hui capable de trouver des “empreintes” de liens avec ces “matriarches” dans le patrimoine génétique », ont-ils écrit. Le rabbin Yosef Carmel explique : « Une personne reçoit de l’ADN de sa mère et de son père ; cette information génétique se trouve dans le noyau de chacune des cellules du corps. Un petit groupe de gènes, différents du reste du génome humain, ne se trouve cependant pas dans le noyau, mais “réside” dans les mitochondries cellulaires. C’est ce qu’on appelle le génome mitochondrial ou ADNmt. L’ovule d’une femme est la plus grande cellule du corps humain, et le spermatozoïde d’un homme la plus petite. L’ADNmt est présent dans l’œuf tout entier, mais seulement dans la queue du spermatozoïde. Au cours du processus de reproduction, l’embryon reçoit donc l’ADNmt seulement de la mère, pas du père », poursuit Carmel. « Ainsi, les quatre matriarches juives mentionnées ont transmis cette partie de leurs codes génétiques par l’intermédiaire de leurs filles, au fil des générations, et sans que celles-ci ne soient “contaminées” par les codes de leurs époux. Un homme possède l’ADN mitochondrial de sa chaîne matriarcale, mais ne le transmet pas. »

Le Rav Carmel indique qu’il y a déjà eu des cas où le test ADNmt a aidé à prouver l’identité juive, comme le rapporte un article intitulé Citoyenneté génétique : tests ADN et loi israélienne du retour paru en 2015 dans le Journal of Law and Biosciences. L’article explique les raisons qui poussent Israël à faire usage des tests génétiques. « Il y a plusieurs façons d’interpréter le recours croissant du gouvernement israélien aux tests génétiques pour déterminer l’éligibilité à la citoyenneté ou à d’autres droits. Cela pourrait annoncer une tendance vers une politique d’immigration plus restrictive qui chercherait à protéger l’accès aux ressources de l’Etat. » On a vu des politiques restrictives similaires afin d’exiger la vérification des origines de ceux qui cherchent des visas temporaires d’étudiant ou de travail.

Du pour et du contre

Les auteurs de l’article, le Pr Ian V. McGonigle et le Dr Lauren W. Herman, précisent en revanche que « bien que la communauté orthodoxe ait l’habitude d’avoir recours aux tests génétiques pour assurer une reproduction saine parmi ses membres, celle-ci réserve un accueil plutôt mitigé à l’emploi de cette technologie pour prouver la judéité ». De nombreux rabbins se montrent en effet sceptiques, et s’inquiètent de possibles “connotations eugéniques dangereuses”, tandis que l’un d’eux pense que la génétique doit se contenter d’un rôle de “consultant” en complément de la loi juive.

On en reste tout perplexe…

Jérusalem capitale d’Israël: y a-t-il un risque de désordre mondial?

Donald Trump vient de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Les réactions se multiplient mais, à l’heure où cet article est rédigé, aucun trouble n’est survenu en Palestine.

La question de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est une vieille affaire qui empoisonne la vie du Moyen-Orient. Revendication quasi-historique des Israéliens, elle a néanmoins fait l’objet d’une mise en sourdine de la part du gouvernement israélien lui-même dans les années 90, au moment où le processus de paix se nouait entre les deux parties. En annonçant une reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, Trump jette un historique pavé dans une mare. Risque-t-elle de déborder?

Jérusalem, ville trois fois sainte

La sensibilité du sujet est tout entière résumée dans la formule: Jérusalem, ville trois fois sainte. Dans un mouchoir de poche, la vieille ville de Jérusalem (la fameuse Jérusalem Est) contient à la fois le mur des Lamentations, vestige du temple d’Hérode, l’esplanade des Mosquées et le fameux Dôme du Rocher, lieu d’où le Prophète aurait rejoint le paradis, et le saint-sépulcre où Jésus aurait été enterré.

Reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël à la place de Tel-Aviv, c’est de fait faire basculer une ville sainte musulmane dans le giron juif. On peut considérer cette décision comme un point de non-retour dans la tragédie israélo-palestinienne.

Un pavé trumpien dans la mare

Dans la pratique, ce choix de Donald Trump laisse planer peu d’ambiguïté sur le parti que les États-Unis prennent dans ce conflit. Concrètement, le rôle de médiateur devrait leur échapper définitivement désormais.

C’est ici que se niche la principale difficulté diplomatique. Dans l’affrontement latent (ou non) qui agite le Moyen-Orient, Trump risque de réunifier les sunnites et les chiites dans une stratégie anti-israélienne frontale, là où la diplomatie occidentale avait semé la zizanie. Dès lors, on voit mal quelle instance crédible pourrait encore pacifier les relations entre Musulmans et Juifs au Proche-Orient.

La crainte d’un embrasement

Reste à savoir si les Palestiniens eux-mêmes auront la force de se révolter. Rien n’est moins sûr. Beaucoup d’entre eux sont las d’un conflit qui les laisse sans illusion.

Mais… la reprise de l’Intifada n’est pas impossible, dans un contexte relativement différent des précédentes Intifadas. L’Iran, qui soutient le Hamas est désormais proche de l’arme nucléaire. La Syrie n’a plus grand chose à perdre dans cette région et bénéficie du soutien militaire direct de la Russie.

On le voit, Trump joue aux apprentis sorciers en faisant un pas en avant (attendu de longue date) dans un dossier extrêmement sensible, au moment où, par ailleurs, la Corée du Nord est proche de la guerre.

Les bourses déjà déstabilisées

On notera au passage que les marchés n’ont pas tardé à réagir négativement à cette annonce dont on peine à mesurer les effets à long terme, mais qui a toutes les apparences du kit ou double: ou ça passe, ou ça casse. Mais si ça casse, la rupture risque d’être très douloureuse.

Johnny, Jean d’O: la mort d’une certaine droite co

Coup sur coup, l’actualité est assombrie par les décès de Johnny Halliday et de Jean d’Ormesson. Ces deux personnalités incarnaient un certain visage de la droite conservatrice. Leur disparition est une page de plus ajoutée au livre de la déconstruction en cours de la droite.

C’est l’étrange ironie de l’actualité. Hier matin, on annonçait la mort de Jean d’Ormesson. Ce matin, on annonce la mort de Johnny Halliday. Ces deux personnalités incarnaient, chacune à leur manière, un visage de la droite conservatrice.

Jean d’Ormesson, le symbole des vieilles familles

Jean d’Ormesson est le plus beau représentant des vieilles familles conservatrices. Son père est ambassadeur, son beau-père est un industriel accessoirement administrateur du Figaro.

Directeur général de ce journal dans les années 70, d’Ormesson s’illustrera par ses combats anti-communistes avant de virer écrivain dandy un poil libertarien. Pour beaucoup de Français, il incarne implicitement cette vieille tendance tocquevillienne amatrice des libertés, soucieuse d’un équilibre social global, volontiers grande bourgeoise.

D’une certaine façon, d’Ormesson a donné un visage à l’identité heureuse appelée de ses voeux un temps par Alain Juppé. Sa disparition tourne une page majeure sur ce point. La revendication identitaire française se revendiquera chaque jour un peu plus d’un fond anxieux.

Johnny, la droite prolétarienne tranquille

Johnny Halliday n’a jamais pris de position politique claire. En revanche, la gauche bon teint n’a jamais eu le moindre doute sur son « étrangeté ». Le Monde publie d’ailleurs l’historique de ses chroniques sur le chanteur à succès. Il en dit long sur le mépris que la gauche caviar et la gauche bobo a pu avoir pour ce symbole de la culture populaire et de la ferveur des petites gens pour une « bête de scène ». Johnny, c’était le prolétariat qui s’assumait et qui ne prétendait pas s’émanciper en votant communiste: un repoussoir!

C’était cela, Johnny: une icône d’abord enracinée dans un prolétariat « de souche » dont il était lui-même issu, et qui ne rêvait pas de transformer la société en paradis castriste ou chaviste.

Un prolétariat qui ne s’estime pas aliéné par sa condition de prolétaire a toujours suscité la réticence de la gauche bien-pensante. Reste à voir qui pourra désormais symboliser cette façon d’assumer sa condition.

La reconstruction idéologique à droite en jachère

Pour la droite conservatrice, les temps sont durs. L’implosion prévisible des Républicains se déroule sur un arrière-fond de désastre idéologique. Les figures tutélaires qui disparaissent aujourd’hui ajoutent à ce sentiment de désarroi.

La reconstruction est encore à venir.

Johnny, Jean d’O: la mort d’une certaine droite conservatrice

Coup sur coup, l’actualité est assombrie par les décès de Johnny Halliday et de Jean d’Ormesson. Ces deux personnalités incarnaient un certain visage de la droite conservatrice. Leur disparition est une page de plus ajoutée au livre de la déconstruction en cours de la droite.

C’est l’étrange ironie de l’actualité. Hier matin, on annonçait la mort de Jean d’Ormesson. Ce matin, on annonce la mort de Johnny Halliday. Ces deux personnalités incarnaient, chacune à leur manière, un visage de la droite conservatrice.

Jean d’Ormesson, le symbole des vieilles familles

Jean d’Ormesson est le plus beau représentant des vieilles familles conservatrices. Son père est ambassadeur, son beau-père est un industriel accessoirement administrateur du Figaro.

Directeur général de ce journal dans les années 70, d’Ormesson s’illustrera par ses combats anti-communistes avant de virer écrivain dandy un poil libertarien. Pour beaucoup de Français, il incarne implicitement cette vieille tendance tocquevillienne amatrice des libertés, soucieuse d’un équilibre social global, volontiers grande bourgeoise.

D’une certaine façon, d’Ormesson a donné un visage à l’identité heureuse appelée de ses voeux un temps par Alain Juppé. Sa disparition tourne une page majeure sur ce point. La revendication identitaire française se revendiquera chaque jour un peu plus d’un fond anxieux.

Johnny, la droite prolétarienne tranquille

Johnny Halliday n’a jamais pris de position politique claire. En revanche, la gauche bon teint n’a jamais eu le moindre doute sur son « étrangeté ». Le Monde publie d’ailleurs l’historique de ses chroniques sur le chanteur à succès. Il en dit long sur le mépris que la gauche caviar et la gauche bobo a pu avoir pour ce symbole de la culture populaire et de la ferveur des petites gens pour une « bête de scène ». Johnny, c’était le prolétariat qui s’assumait et qui ne prétendait pas s’émanciper en votant communiste: un repoussoir!

C’était cela, Johnny: une icône d’abord enracinée dans un prolétariat « de souche » dont il était lui-même issu, et qui ne rêvait pas de transformer la société en paradis castriste ou chaviste.

Un prolétariat qui ne s’estime pas aliéné par sa condition de prolétaire a toujours suscité la réticence de la gauche bien-pensante. Reste à voir qui pourra désormais symboliser cette façon d’assumer sa condition.

La reconstruction idéologique à droite en jachère

Pour la droite conservatrice, les temps sont durs. L’implosion prévisible des Républicains se déroule sur un arrière-fond de désastre idéologique. Les figures tutélaires qui disparaissent aujourd’hui ajoutent à ce sentiment de désarroi.

La reconstruction est encore à venir.

Les épiceries musulmanes bientôt expulsées des bâtiments HLM?

Les épiceries musulmanes qui ne vendent ni vin ni porc peuvent-elles bénéficier d’un bail pour un commerce d’alimentation générale consenti par un organisme HLM? Le tribunal d’instance de Nanterre, saisi par l’office HLM de Colombes, vient de soutenir le contraire. La décision fera date.

L’office HLM de Colombes avait saisi le tribunal d’instance au nom de la laïcité. Il avait en effet consenti un bail pour un commerce d’alimentation générale auprès de la société Anadolu Distribution. Finalement, le commerce ne vendait ni porc ni boissons alcoolisées. Le rayon frais ne proposait que des produits halal. Le magasin vendait également des tableaux représentant des versets coraniques et de la vaisselle orientale.

L’office HLM a donc mis en avant le caractère confessionnel de ce commerce et demandé la résiliation du bail en arguant qu’il ne s’agissait plus d’un commerce d’alimentation générale.

Une épicerie musulmane n’est pas un commerce d’alimentation générale

Le tribunal d’instance de Nanterre a suivi l’office HLM dans sa demande, en considérant qu’une épicerie musulmane ne peut être considérée comme généraliste.

Le jugement affirme notamment que la société Anadolu Distribution ne répond pas « aux besoins de tous les habitants du quartier […], la majorité des produits mis en vente étant des produits orientaux confessionnels »« Le local ne comporte pas de rayon de vente de vins et d’alcool », détaille le jugement et « la société locataire propose à la vente des tableaux de prières rédigés en langue arabe ». « La vente de produits destinés non pas à toute la clientèle mais à des acheteurs spécifiques (produits halal, produits orientaux) est restrictive et ne correspond pas à la notion d’alimentation générale ».

Reste à savoir si l’office HLM de Colombes trouvera des commerçants « généralistes » pour remplacer Anadolu Distribution, dont le gérant fait appel.

Paris Habitat abrite-t-il des commerces confessionnels?

Au passage, il serait intéressant de vérifier si le plus grand organisme HLM de France, Paris Habitat, prête le flanc aux mêmes critiques en abritant des commerces confessionnels. Une petite vérification s’impose…

Notre-Dame-des-Landes: les zadistes et les écologistes sont-ils des nostalgiques de Vichy?

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes devrait revenir dans l’actualité ces jours-ci avec la remise du rapport conclusif sur la solution à suivre par le gouvernement pour « sortir du dossier ». Une fois de plus, deux gauches irréconciliables devraient s’affronter sur le terrain. Pour bien comprendre l’affrontement, il faut revenir aux origines vychistes des zadistes et autres écologistes.

Il existe un paradoxe étonnant autour de l’affaire de Notre-Dame-des-Landes. On doit en effet essentiellement à la gauche la responsabilité d’avoir relancé ce projet de construction. Et on doit à la gauche le mérite de s’y opposer avec le plus de virulence. Tout se passe comme si la construction de ce nouvel aéroport divisait deux gauches irréconciliables.

Notre-Dame-des-Landes et la gauche post-marxiste

C’est lors d’une réunion interministérielle du 26 octobre 2000 que Lionel Jospin décide de donner corps à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. À l’époque, le ministre de l’Équipement est un communiste: Jean-Claude Gayssot. Entre Jospin, l’ancien trotskyste, et Gayssot, l’ancien stalinien, on voit bien le poids de la gauche post-marxiste dans la décision.

Ici, la gauche historique donne la pleine mesure de son inclination envers les grands travaux publics, les projets pharaoniques. En un seul programme, c’est la foi dans le progrès par la technique, credo structurant de cette gauche-là, qui s’exprime.

Notre-Dame-des-Landes et la gauche vichyste

Le 31 décembre 2010, le décret accordant la concession de l’aéroport est publié. Il annonce le début des travaux… et de la mobilisation sur la ZAD (zone d’aménagement différé). Commence alors un long combat mené par les zadistes et écologistes de nombreux poils.

On s’attarde trop rarement sur la filiation idéologique de cette gauche radicale aussi appelée ultra-gauche, qui n’hésite pas à recourir à la violence pour empêcher des aménagements jugés trop « libéraux ».

L’objet de cet article est de revenir précisément aux filiations intellectuelles de ce mouvement.

L’éloge de la terre par les chouans contemporains…

Il faut lire les publications des zadistes pour comprendre l’inspiration idéologique de leur mouvement. On reprendra quelques textes du précieux site Paroles de campagne animé par des zadistes pour mieux comprendre d’où viennent ces chouans contemporains.

L’expression de « chouans contemporains » est utilisée ici à dessein car il est impossible de ne pas percevoir la parenté entre ces paysans de l’Ouest qui prenaient les armes contre l’ordre central sous la Révolution et ces paysans qui décident de cultiver la ZAD pour entraver un programme interministériel. Le mouvement chouan a rassemblé des agriculteurs en armes. Le mouvement zadiste a ramené à la terre un certain nombre de militants armés.

Beaucoup d’entre eux se présentent d’abord comme paysans.

L’éloge de l’agriculteur comme fondement de la société

En parcourant la littérature zadiste, on retrouve à chaque page une conviction bien ancrée: cultiver la « terre nourricière » est bien plus utile à la société que le progrès industriel.

Dans un article très signifiant du 5 novembre 2016, Sylvie, paysanne de Notre-Dame-des-Landes, écrit par exemple:

Les politiques au plus haut niveau n’ont rien compris aux enjeux que porte cette lutte : quelle terre et quelle société laisserons nous à nos enfants ? Il faut sauvegarder toutes les terres nourricières  pour nourrir sainement notre population. Il faut garder les bocages et terres humides, sources de biodiversité, hélas déjà en régression. Notre mode de développement est à bout de souffle, il accroit les inégalités, augmente la précarité et exclut les plus faibles et les plus jeunes.

Ce sont bien deux visions antagonistes du développement humain qui s’affrontent. D’un côté, les « pro-aéroports » convaincus par un modèle de développement « à bout de souffle ». De l’autre, les partisans de la biodiversité pétris d’une conviction intime: l’avenir passe par la terre.

Les zadistes et le mythe de la sérénité agricole

On notera d’ailleurs que la même Sylvie ne manque pas une occasion de mettre en avant la « sérénité » du mouvement zadiste et du mode de vie qu’il prône. Sur ce point, on lira avec attention un article qu’elle a produit le 5 octobre 2013, et qui illustre bien le cadre psychique du combat des zadistes:

Pour nous agriculteurs de la zone, cela nous motive, car cultiver la terre c’est poursuivre notre métier, alors que depuis 1974, le Conseil Général a compté sur le développement des friches pour ouvrir la voie aux bulldozers.

Nous avions aussi, depuis longtemps, la forte volonté de gérer collectivement les terres libérées par les départs de voisins, et là, enfin, nous y arrivons au moins en partie.

Dans les cultures mises en place, une partie sera conduite en culture classique et la majorité sans intrants sur tout le cycle. Ce choix respecte les différentes pratiques agricoles sur la zad et traduit notre diversité et notre capacité à lutter ensemble. (…)

Une bonne vingtaine de tracteurs, on va dire 24, sont venus travailler. Le labour est difficile car la terre manque d’eau, mais les semis se font très bien. Vers 18h00, cette bonne journée de travail se termine dans la sérénité.

Pour les zadistes, la remise en culture des terres laissées en friche, le recours à une organisation collective pour mener à bien le projet, sont une forme structurante d’expression politique. Dans une certaine mesure, on peut même dire que l’un des piliers du zadisme repose sur la remise en culture collective des terres destinées à faire partie du futur aéroport. Cette action concertée est au coeur d’une « sérénité systémique ».

Le zadisme et ses relents vichystes

L’idée d’un salut collectif par la remise en culture de terres abandonnées est loin d’être neuve en France. La conviction que le modèle français de développement passe par un retour à la terre a même connu une sorte de summum avec le régime de Vichy dont on aura la surprise de relire certaines de ses pages d’anthologie.

Par exemple, l’une des premières lois adoptées sous Vichy, celle du 27 août 1940, prévoyait un inventaire des terres et des exploitations abandonnées. La loi avait d’ailleurs prévu un droit d’installation dans ces exploitations.

Cette disposition n’était pas seulement anecdotique ou symbolique. La difficulté des temps rendait cruciale la relance de la production agricole dans un pays saigné par l’occupation, où près de 15% de la main d’oeuvre était mise entre parenthèses par l’emprisonnement en Allemagne. Mais au-delà même de cette simple circonstance, la doctrine de Vichy était fondamentalement « ruraliste » et méfiante vis-à-vis de l’industrialisation.

Il est assez curieux de voir, soixante-dix ans après Vichy, la même geste, les mêmes mécanismes d’émotion collective, opérer dans les esprits. La terre ne ment pas!

Zadistes et vichystes unis dans leur critique du libéralisme

Au demeurant, certains parallèles méritent d’être dressés, parce qu’ils en disent long sur la filiation directe qui existe entre la pensée collective qui fit Vichy et celui qui compose aujourd’hui le zadisme.

Ainsi, l’ACIPA (ASSOCIATION CITOYENNE INTERCOMMUNALE DES POPULATIONS CONCERNEES PAR LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES), par l’intermédiaire de Michel Berjon, écrit-elle en réponse au livre de Jacques Auxiette, alors président de région:

Votre croyance naïve est affichée en gros sur la couverture de votre livre.  Les “Je crois” reviennent 12 fois au fil des 90 pages. Tout est question de foi dans un avenir radieux du libéralisme productiviste.

On ne manquera pas ici de rapprocher l’antilibéralisme des zadistes qui affleure à chaque coin de page avec celui proclamé par Philippe Pétain dans son discours sur l’ordre nouveau du 11 octobre 1940 (voir de larges extraits ci-contre):

Le régime économique de ces dernières années faisait apparaître les mêmes imperfections et les mêmes contradictions que le régime politique : sur le plan parlementaire, apparence de liberté. Sur le plan de la production et des échanges, apparence de libéralisme, mais, en fait, asservissement aux puissances d’argent et recours de plus en plus large aux interventions de l’État.

L’idée profondément ancrée selon laquelle la meilleure façon de combattre le libéralisme, émanant des puissances d’argent, passe par un retour à la terre, par une remise en culture des terres laissées en friche par les industriels, n’est donc pas neuve. Propagée aujourd’hui par les zadistes (et quelques autres), elle fut théorisée par le régime de Vichy.

La terre nourricière, le mythe tenace de Vichy à l’ultra-gauche

En poussant l’analyse plus loin, on pourrait même relever l’étrange parenté entre des pans importants du discours écologiste contemporain et l’idéologie qui a porté Vichy pendant cinq ans. Derrière le grand mythe de l’humanité écologique rôde en effet la défiance profonde vis-à-vis du progrès technique et de l’industrialisation qui a animé les expériences autoritaires ou totalitaires des régimes nationalistes.

Ainsi, Vichy a fait l’apologie du retour à la terre. Les nazis ont adulé le « peuple de la forêt ». Mussolini a mis en scène la mise en culture de nombreuses terres laissées en friche en Italie. À des degrés divers, ces discours ont réhabilité une proximité entre l’espèce humaine et la nature que les doctrines productivistes avaient contestée.

On cherchera donc volontiers du côté du nationalisme et des mouvements autoritaires anti-libéraux les références fondamentales du zadisme et de l’écologie au sens large.

La ligne de fracture au sein de la gauche

Ceci ne signifie pas, bien entendu, que l’écologie contemporaine soit un avatar de Vichy ou ne soit qu’un simple avatar de Vichy. En revanche, c’est une naïveté française de croire qu’il existe une frontière imperméable entre la doctrine de Vichy et les mouvements politiques contemporains, y compris d’extrême gauche. Disons même qu’à de nombreux égards la transmission de la sensibilité vichyste s’est révélée plus simple à gauche qu’à droite, dans la mesure où la droite est agitée par une conscience coupable sur ce sujet, quand la gauche a très tôt revendiqué l’héritage monopolistique de la résistance.

Or Vichy fut avant tout un mouvement étatiste-conservateur dans lequel la critique du progrès qui agite l’extrême-gauche peut assez facilement se retrouver et ne manque pas une occasion d’y puiser, souvent inconsciemment, une large palette de discours ou d’idées.

Pour la frange libérale de la gauche, pour la frange productiviste, il y a là une réconciliation difficile à trouver. Les prochains débats sur Notre-Dame-des-Landes devraient le confirmer: l’antagonisme entre l’ultra-gauche « terrienne » et post-vichyste d’un côté, la gauche libérale et urbaine de l’autre, devrait être brutal.

Français,

La France a connu, il y a quatre mois, l’une des plus grandes défaites de son histoire. Cette défaite a de nombreuses causes, mais toutes ne sont pas d’ordre technique. Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique.

Ce régime, pourtant, beaucoup d’entre vous l’aimaient.

Votant tous les quatre ans, vous vous donniez l’impression d’être les citoyens libres d’un État libre, aussi vous étonnerai-je en vous disant que jamais, dans l’histoire de la France, l’État n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années.

Asservi de diverses manières : successivement, et parfois simultanément, par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales prétendant, fallacieusement, représenter la classe ouvrière. (…)

Le régime économique de ces dernières années faisait apparaître les mêmes imperfections et les mêmes contradictions que le régime politique : sur le plan parlementaire, apparence de liberté. Sur le plan de la production et des échanges, apparence de libéralisme, mais, en fait, asservissement aux puissances d’argent et recours de plus en plus large aux interventions de l’État.

Cette dégradation du libéralisme économique s’explique d’ailleurs aisément.

La libre concurrence était, à la fois, le ressort et le régulateur du régime libéral. Le jour où les coalitions et les trusts brisèrent ce mécanisme essentiel, la production et les prix furent livrés, sans défense, à l’esprit de lucre et de spéculation.

Ainsi se déroulait ce spectacle révoltant de millions d’hommes manquant du nécessaire en face de stocks invendus et même détruits dans le seul dessein de soutenir le cours des matières premières. Ainsi s’annonçait la crise mondiale.

Devant la faillite universelle de l’économie libérale, presque tous les peuples se sont engagés dans la voie d’une économie nouvelle. Nous devons nous y engager à notre tour et, par notre énergie et notre foi, regagner le temps perdu.

Deux principes essentiels nous guideront : l’économie doit être organisée et contrôlée. La coordination par l’État des activités privées doit briser la puissance des trusts et leur pouvoir de corruption. Bien loin donc de brider l’initiative individuelle, l’économie doit la libérer de ses entraves actuelles en la subordonnant à l’intérêt national. La monnaie doit être au service de l’économie, elle doit permettre le plein essor de la production, dans la stabilité des prix et des salaires.

Une monnaie saine est, avant tout, une monnaie qui permet de satisfaire aux besoins des hommes. Notre nouveau système monétaire ne devra donc affecter l’or qu’à la garantie des règlements extérieurs. Il mesurera la circulation intérieure aux nécessités de la production.

Un tel système implique un double contrôle : sur le plan international, contrôle du commerce extérieur et des changes pour subordonner aux nécessités nationales l’emploi des signes monétaires sur les marchés étrangers ; sur le plan intérieur, contrôle vigilant de la consommation et des prix, afin de maîtriser le pouvoir d’achat de la monnaie, d’empêcher les dépenses excessives et d’apporter plus de justice dans la répartition des produits.

Ce système ne porte aucune atteinte à la liberté des hommes, si ce n’est à la liberté de ceux qui spéculent, soit par intérêt personnel, soit par intérêt politique.

Philippe Pétain, discours du 11 octobre 1940