Accueil » Actualité

Catégorie : Actualité

GM&S: Le Maire réchauffe le capitalisme de connivence, par Eric Verhaeghe

Le capitalisme de connivence est-il l’horizon indépassable de la politique industrielle française, par-delà le blabla sur le « renouvellement jusqu’au bout »? La séquence qui vient d’occuper Bruno Le Maire laisse en tout cas à penser que celui qui voulait incarner le renouvellement à droite n’est pas équipé pour changer les logiciels français qui nous ont mené dans le mur.

Arc International, GM&S: deux facettes d’un même déclin

Dans la pratique, Arc International et GM&S souffrent toutes les deux du même mal. Ce sont deux entreprises familiales françaises qui, faute de financement suffisant, n’ont pu affronter la mondialisation. En l’absence de fonds de pension français susceptibles de les accompagner dans leur développement, elles ont toutes les deux fait appel, à reculons, à des capitaux étrangers. Dans les deux cas, cette entrée dans le capital s’est traduite par une perte de majorité, pour les familles, dans le capital d’origine.

Arc et GM&S, victimes directes de la sécurité sociale

On sait pourquoi la France ne s’est dotée de fonds de pension: elle a misé sur la retraite par répartition. Pour assurer le financement de plus en plus compliqué de celle-ci, la direction de la sécurité sociale a mené une guerre sans pitié à toute forme de capitalisation.

En ce sens, la sécurité sociale dévore ses assurés: pour apporter le maximum de cotisations et de ressources à un système sous tente à oxygène, l’État a tué toute possibilité d’affronter de façon durable la concurrence internationale et l’hyper-capital américain.

Comment le capitalisme de connivence cache la misère

Au lieu de dégager des espaces de financement pérenne de nos entreprises, la France préfère le choix du capitalisme de connivence: d’un côté, des politiques sociales démagogiques et destructrices pour l’emploi, de l’autre des capitaux en déclin qui se tiennent par la barbichette pour occulter la gravité de la situation. C’est à plein ce qu’utilise Bruno Le Maire aujourd’hui pour donner le sentiment qu’il agit.

Dans le cas d’Arc International, Bruno Le Maire a mobilisé la Caisse des Dépôts pour apporter 10 millions € et une garantie de l’État à un investisseur russe. Celui-ci s’est substitué en 2016 à un investisseur américain (PHP) qui n’avait pas tenu ses engagements, pourtant pris en 2014…

Dans le cas de GM&S, Bruno Le Maire a fait pression pour que Renault et Peugeot augmentent leurs commandes à l’usine. Cette pression est d’autant plus simple à exercer que l’État est actionnaire des deux grandes entreprises.

On le voit, la solution industrielle apportée par Bruno Le Maire repose chaque fois sur l’activation de ces leviers obsolètes que sont les décisions publiques.

La question du financement de l’investissement est cruciale

Reste que le sujet de fond continue à ne pas être abordé: comment assurer le financement des investissements dans nos entreprises pour qu’elles puissent affronter la concurrence mondiale? Comment assurer la compétitivité de nos appareils de production, sachant que le coût de la main-d’oeuvre en France est plus élevé que chez leurs concurrents étrangers?

Au-delà des décisions ponctuelles prises devant les caméras pour sauver provisoirement telle ou telle entreprise, le sujet de la désindustrialisation ou des délocalisations ne sera traité que si et seulement si la France se dote d’une capacité à financer l’investissement.

On mesure bien ici que la clé de voûte de cette capacité tient à un développement maîtrisé et raisonné de la retraite par capitalisation. Il ne s’agit pas, bien entendu, de supprimer la répartition. Il s’agit d’équilibrer nos systèmes pour permettre une politique industrielle durable.

Fustec (CGT): “Il y a un risque de débordement par la base”

Stéphane Fustec, secrétaire fédéral de la CGT Commerce, Distribution, Services, a reçu D&E pour faire le point du climat dans les 140 branches professionnelles que couvre son syndicat. Celles-ci sont relativement centrales dans l’horizon social actuel, puisqu’elles ont subi l’impact de la loi Macron sur le travail du dimanche.

Stéphane Fustec au coeur des batailles sociales d’aujourd’hui

Stéphane Fustec vient, au passage, de remporter une très belle victoire au Conseil d’État en obtenant l’annulation d’une partie de l’arrêté d’extension de la convention collective dans la branche mal connue mais sensible des entreprises privées des services à la personne. Cette branche concentre notamment les nouvelles formes d’emplois (comme les livreurs à vélo) et se situe aux premières loges de l’ubérisation.

La position de la CGT Services illustre de façon intéressante l’évolution du capitalisme contemporain, dans la mesure où elle fait face aux nouveaux statuts (par exemple celui d’auto-entrepreneurs, dont elle vient d’accepter la syndicalisation) qui bouleverse les formes d’emploi traditionnelles. Il faudra suivre avec attention dans les prochaines années les métamorphoses qui affecteront ces secteurs, souvent marqués par une très forte précarité.

 

 

Il faudra suivre avec attention l’évolution de la base ces prochaines semaines. Rien n’exclut en effet un mouvement social compliqué à gérer dans le contexte des ordonnances que le gouvernement s’apprête à faire passer.

Ce que le dossier GM&S dit des élites françaises et du libre-échange

En Creuse, dans l’obscure ville de La Souterraine, l’usine GM&S devrait fermer. L’affaire mérite qu’on s’y attarde, car elle illustre parfaitement les mutations profondes du capitalisme français depuis 50 ans et l’étonnante surdité des élites françaises face à ses impacts sociaux et géographiques.

GM&S, ou l’histoire du capitalisme français depuis les années 60

L’usine GM&S n’est pas née d’hier. Elle date même de 1962. À cette époque c’est la SOCOMEC qui installe une ligne de production de jouets électriques à La Souterraine. Voilà qui relève presque de l’archéologie industrielle française. La SOCOMEC se veut à l’époque une entreprise modèle, de taille moyenne, au capital français et à l’activité circonscrite au territoire national.

Sa propriétaire, la Société des Ateliers de Constructions Électromécaniques du Bas-Rhin, est née en 1922 sous la conduite de Joseph Siat. Elle compte 60 salariés en 1948 et s’enorgueillit de lancer le premier comité d’entreprise de France. Elle accueille une section syndicale en 1953. Elle illustre alors un capitalisme social ouvert à la participation des salariés. Elle entame un développement hors d’Alsace à partir de 1960.

Il faut attendre 1989 pour qu’un PDG non issu de la famille Siat soit nommé. Il s’agit de Bernard Steyert, qui pratique un essaimage à l’étranger: Angleterre, Italie, Allemagne, Argentine, Thaïlande, Inde, etc. Parallèlement, l’ère des fusions-acquisitions commencent, et le site de La Souterraine change de nom et de main dès 1989. Entre Euramec et Sepesa, l’usine, qui compte jusqu’à 600 salariés, entre dans la mondialisation à la française: conquête des nouveaux marchés et abandon progressif du marché intérieur français.

Premier rachat par Aries industries

En 1996, Aries Industries rachète l’entreprise et le site à SER, qui a absorbé la SOCOMEC. Voici ce qu’en disent les dirigeants à l’époque:

Dans ses ateliers limousins, SER emboutit notamment des éléments du plancher de la Mégane Scénic et la structure avant du Matra Espace. Au cours des dix-huit derniers mois, 56 % du chiffre d’affaires de SER ont été ainsi « réactivés « , selon l’expression du PDG, Jean-Pierre Wibrotte, mais ces nouvelles fabrications ont coûté cher en outillage et en investissement. L’usine de La Souterraine est restructurée et dotée d’une cataphorèse performante. Confronté aux aléas du marché de l’automobile, SER avait de plus en plus de mal à assurer seul son développement, d’autant que pour accompagner ses clients à l’étranger (Renault en Turquie, Ford aux Etats-Unis), il a dû investir lourdement.

On retrouve ici les différentes mamelles de la désindustrialisation française: la nécessité de faire face à la concurrence de pays étrangers à armes inégales, d’une part, le recours à des investissements lourds sans capital national pour les financer d’autre part.

À l’époque, Aries décide de supprimer 60 emplois sur le site. La Souterraine entre alors dans l’ère de la mondialisation délocalisante qui aboutit aujourd’hui à la fermeture du site.

Délocalisation à la britannique

En 1998, Wagon Automotives, un équipementier britannique, rachète le site et l’exploite jusqu’en 2006. Cette année-là est cruciale pour le site de La Souterraine, pour une double raison.

Sur le site, les ouvriers se mettent en grève pour obtenir une augmentation de salaires de 4,2% bruts par mois. Au niveau mondial, Wagon rachète Oxford Automotives et entame à son tour un grand cycle de transformation pour affronter la concurrence mondiale. Le choix est assez vite fait:

Après avoir racheté l’équipementier automobile britannique Oxford en mars dernier, Wagon Automotive cède trois de ses 13 unités françaises. Les salariés et représentants syndicaux des unités de Bessines (Haute-Vienne) et La Souterraine (Creuse) ont appris en fin de semaine dernière la mise en vente des deux usines implantées en Limousin. (…)

Depuis un mois l’effectif du groupe Wagon Oxford a doublé, passant de 4 000 à 8 000 salariés répartis sur 24 sites, dont 7 dans l’Hexagone, mais aussi en Turquie, Espagne, Italie, Chine et Tchéquie. Ce rachat avait provoqué une hausse de 54 % des actions de Wagon, groupe qui occupe à ce jour le 5ème rang européen.

On comprend la manoeuvre: on ouvre en Chine et Turquie, on ferme en France. La translation illustre là encore le malheur de la désindustrialisation en France: les sites sont rachetés par des entreprises étrangères et sont bourlingués à l’occasion d’une multitude d’opérations de croissance externe sans enracinement territorial, sans projet local.

2006: l’aventure Sonas

Au lieu de fermer le site, Wagon Oxford Automotives revend le site à l’un de ses cadres, David Cardwell, ex-directeur des produits spéciaux et de l’emboutissage. Celui-ci reprend les sites de Bessines et de La Souterraine et crée Sonas, en annonçant d’importants investissements. Mais, dans la pratique, l’opération est tuée dans l’oeuf par l’entreprise cédante. Les délais de rachat sont très courts (3 ans), et Cardwell négocie mal ses achats. L’entreprise est mise en liquidation judiciaire en 2008.

La faute à une mauvaise gestion, à la crise et à la hausse des matières premières comme l’acier qui a doublé en quelques années. De fait, David Cardwell a mal négocié les conditions de la reprise. Wagon lui a imposé un délai anormalement court – trois ans dans un secteur où les marges bénéficiaires sont de 2 ou 3% – pour rembourser le rachat de ses usines.

Étranglée par ses remboursements, Sonas ne dispose d’aucune trésorerie pour faire face à la crise. Surtout, Sonas n’a jamais exploré comme promis le ferroviaire ou l’industrie agricole. De fait, Sonas travaille pour Wagon et des grands constructeurs automobiles français.

La page Sonas illustre une nouvelle fois l’incapacité française à organiser des reprises de site intelligentes. Dans la pratique, Wagon Oxford s’est débarrassé vite fait de son site sans se préoccuper d’assurer une passation correcte d’activité. Le repreneur lui-même n’a pas mené à bien les missions qu’il s’était engagé à réussir.

La page Altia s’ouvre: le naufrage du capitalisme d’État

En 2009, le groupe Halberg reçoit du tribunal de Guéret l’autorisation de reprendre les sites de Bessines et de La Souterraine pour 750.000€. À La Souterraine, 314 des 360 salariés sont repris. En novembre 2009, Halberg devient Altia. Le rachat de Sonas pour une bouchée de pain illustre la stratégie du groupe, entièrement fondée sur de la cavalerie:

tout le monde voulait croire à cette aventure d’un trio de dirigeants – Patrice Durand, Nicole Cohen, Patrick Adolf – qui, à partir d’Eurodec et des décombres français du groupe allemand Halberg, a construit à marche forcée un conglomérat, implanté jusqu’en Pologne et au Brésil. En France, Altia a souvent fait son marché à la barre des tribunaux de commerce. «Ils étaient dans la fuite en avant. Avec une dette restructurée à trois reprises depuis 2005, et pas assez de fonds propres, Altia a surtout financé ses investissements par du crédit-bail, son besoin en fonds de roulement par de l’affacturage», explique un proche du dossier. Le chiffre d’affaires va plus que quintupler en six ans. Mais le trio manque de capitaux, comme souvent les entreprises de taille intermédiaire – ETI – en France.

Malgré cette fragilité, les dirigeants du groupe parviennent à embrigader des fonds publics dans l’aventure. La BPI, en particulier, apporte 5 millions € à l’ensemble et prend ainsi 20% de parts. Malgré cette intervention, Altia ne peut survivre durablement à ses montages financiers. En 2014, le groupe est mis en liquidation judiciaire. Entretemps, les syndicats dénoncent la saignée que la holding pratique dans ses filiales pour rembourser ses dettes.

Les salariés subissent de plein fouet les options idéologiques de la BPI et le naufrage du capitalisme d’État à la française. Celui-ci a nourri et couvert un montage financier sans avenir, dont les ouvriers du site sont les jouets involontaires.

Le montage vautour de Transatlantic Industries

Commence alors un ère de confusion. Le 11 avril 2014, le site est repris par Transatlantic Industries, une entreprise du Wyoming qui rachète pour 1€ des sites industriels en France, sans avoir les moyens de les redresser ni de les développer. L’aventure dure quelques semaines et c’est finalement le groupe italien GM&S Industry présidé par Gianpiero Colla qui reçoit du tribunal de commerce de Paris, le 1er décembre 2014, l’autorisation d’exploiter le site après une cession pour un montant de 3€. Le groupe italien est parvenu à convaincre tout le monde qu’il dispose d’un projet industriel solide. Il s’engage à conserver 280 postes. Le site de Bessines est cédé au français Steva.

GM&S, une autre montage vautour?

D’emblée, c’est l’entreprise automobile donneuse d’ordres dont l’État est actionnaire, Renault, qui se montre la plus réticente à aider le site. Alors que Peugeot maintient ses commandes, Renault ne conserve que 70% du volume initial.

On trouve ici une autre particularité du capitalisme d’État à la française: le cynisme et le manque d’engagement. L’examen de la situation en Creuse montre bien que, pour la deuxième fois, l’intervention de l’État est annonciatrice de catastrophe et qu’il ne faut surtout pas compter sur l’administration pour obtenir une aide utile.

Le repreneur a-t-il trop peu investi et trop peu prospecté comme l’indiquent les syndicats? Dans la pratique, la situation semble beaucoup plus nuancée. En octobre 2015, soit quelques mois après la reprise, le directeur de l’entreprise expliquait:

« Nous sommes en surcapacité en terme de presse, de soudure et de cataphorèse, concède Jean-François Fargeton. Mais nous souhaitons tout conserver dans un premier temps en attendant de voir comment l’on rebondit car cela peut constituer un atout ».

Si certains incriminent les nouveaux propriétaires, ceux-ci peuvent en tout cas attester du fait qu’ils ont parié sur le rebonds de l’entreprise avant de l’abandonner définitivement. Manifestement, celle-ci n’est pas parvenue à conquérir de nouveaux marchés, alors même qu’un démarchage local a tenté d’y parvenir.

L’État a-t-il sabordé GM&S?

La question insidieuse est de savoir si l’État, avec son incompétence et ses errements, a abandonné ou non GM&S à son sort. On aurait pu imaginer en effet que, courant 2015 ou 2016 (moment où Emmanuel Macron était ministre de l’Économie au demeurant), l’État actionnaire de Renault oblige celle-ci à maintenir son niveau de commandes antérieur à GM&S, là où Peugeot répondait à cette attente.

Le sujet qui est posé ici (au-delà de la responsabilité personnelle du nouveau Président à l’époque où il était ministre) est bien celle, très concrètes, de la capacité des services de l’État à dégager une stratégie industrielle à long terme répondant aux enjeux de la mondialisation. Or il apparaît clairement que cette mondialisation consiste à mettre des entreprises françaises alourdies par les contraintes socio-fiscales et réglementaires directes en concurrence directe avec des entreprises étrangères, sans qu’il n’existe une vue globale pour répondre à leur défis capitalistiques ou sociaux.

Le libre-échange est-il en cause? ou bien sont-ce nos élites?

Sur le fond, le sujet GM&S illustre à merveille et de façon très concrète la question du libre-échange et de sa pertinence. Faut-il mettre en place des protections contre la concurrence étrangère afin de sauver GM&S? On voit bien qu’il faut ici distinguer l’idée d’une politique industrielle nationale qui vise à maintenir l’appareil productif en vie face aux marchés étrangers, et l’idée d’un protectionnisme.

Dans la pratique, il paraît en effet souhaitable que la France se dote d’une politique industrielle soutenable, destinée à préserver l’existence d’un appareil de production manufacturière sur son sol. Je sais que, notamment parmi certains énarques, cette option ne va pas de soi et que beaucoup ont accepté comme une donnée brute la désindustrialisation du pays, au profit de sa financiarisation à outrance.

Cette option est le grand tabou que personne ne discute mais qui constitue la vraie trahison des clercs dans notre siècle.

En revanche, on mesure immédiatement que le protectionnisme n’a aucun avenir dans un univers où les donneurs d’ordres sont mondialisés. Dès lors qu’une entreprise comme GM&S doit aussi bien fournir des clients sur le sol national que des clients étrangers, on voit bien que l’entreprise serait autant condamnée par le protectionnisme qu’elle ne l’est par une mondialisation sans politique industrielle réfléchie.

En réalité, la balle est dans le camp des élites. Elles seules peuvent réorienter les politiques publiques pour les activer, c’est-à-dire pour arrêter de payer le prix de la désindustrialisation là où celle-ci n’est prévenue par aucune stratégie d’ensemble. Pour y parvenir, il faut évidemment penser la France autrement que comme un havre bobo où l’ouvrier n’a plus sa place, et même où il apparaît comme un anachronisme absurde.

Ce que le dossier GM&S dit des élites françaises et du libre-échange

En Creuse, dans l’obscure ville de La Souterraine, l’usine GM&S devrait fermer. L’affaire mérite qu’on s’y attarde, car elle illustre parfaitement les mutations profondes du capitalisme français depuis 50 ans et l’étonnante surdité des élites françaises face à ses impacts sociaux et géographiques.

GM&S, ou l’histoire du capitalisme français depuis les années 60

L’usine GM&S n’est pas née d’hier. Elle date même de 1962. À cette époque c’est la SOCOMEC qui installe une ligne de production de jouets électriques à La Souterraine. Voilà qui relève presque de l’archéologie industrielle française. La SOCOMEC se veut à l’époque une entreprise modèle, de taille moyenne, au capital français et à l’activité circonscrite au territoire national.

Sa propriétaire, la Société des Ateliers de Constructions Électromécaniques du Bas-Rhin, est née en 1922 sous la conduite de Joseph Siat. Elle compte 60 salariés en 1948 et s’enorgueillit de lancer le premier comité d’entreprise de France. Elle accueille une section syndicale en 1953. Elle illustre alors un capitalisme social ouvert à la participation des salariés. Elle entame un développement hors d’Alsace à partir de 1960.

Il faut attendre 1989 pour qu’un PDG non issu de la famille Siat soit nommé. Il s’agit de Bernard Steyert, qui pratique un essaimage à l’étranger: Angleterre, Italie, Allemagne, Argentine, Thaïlande, Inde, etc. Parallèlement, l’ère des fusions-acquisitions commencent, et le site de La Souterraine change de nom et de main dès 1989. Entre Euramec et Sepesa, l’usine, qui compte jusqu’à 600 salariés, entre dans la mondialisation à la française: conquête des nouveaux marchés et abandon progressif du marché intérieur français.

Premier rachat par Aries industries

En 1996, Aries Industries rachète l’entreprise et le site à SER, qui a absorbé la SOCOMEC. Voici ce qu’en disent les dirigeants à l’époque:

Dans ses ateliers limousins, SER emboutit notamment des éléments du plancher de la Mégane Scénic et la structure avant du Matra Espace. Au cours des dix-huit derniers mois, 56 % du chiffre d’affaires de SER ont été ainsi « réactivés « , selon l’expression du PDG, Jean-Pierre Wibrotte, mais ces nouvelles fabrications ont coûté cher en outillage et en investissement. L’usine de La Souterraine est restructurée et dotée d’une cataphorèse performante. Confronté aux aléas du marché de l’automobile, SER avait de plus en plus de mal à assurer seul son développement, d’autant que pour accompagner ses clients à l’étranger (Renault en Turquie, Ford aux Etats-Unis), il a dû investir lourdement.

On retrouve ici les différentes mamelles de la désindustrialisation française: la nécessité de faire face à la concurrence de pays étrangers à armes inégales, d’une part, le recours à des investissements lourds sans capital national pour les financer d’autre part.

À l’époque, Aries décide de supprimer 60 emplois sur le site. La Souterraine entre alors dans l’ère de la mondialisation délocalisante qui aboutit aujourd’hui à la fermeture du site.

Délocalisation à la britannique

En 1998, Wagon Automotives, un équipementier britannique, rachète le site et l’exploite jusqu’en 2006. Cette année-là est cruciale pour le site de La Souterraine, pour une double raison.

Sur le site, les ouvriers se mettent en grève pour obtenir une augmentation de salaires de 4,2% bruts par mois. Au niveau mondial, Wagon rachète Oxford Automotives et entame à son tour un grand cycle de transformation pour affronter la concurrence mondiale. Le choix est assez vite fait:

Après avoir racheté l’équipementier automobile britannique Oxford en mars dernier, Wagon Automotive cède trois de ses 13 unités françaises. Les salariés et représentants syndicaux des unités de Bessines (Haute-Vienne) et La Souterraine (Creuse) ont appris en fin de semaine dernière la mise en vente des deux usines implantées en Limousin. (…)

Depuis un mois l’effectif du groupe Wagon Oxford a doublé, passant de 4 000 à 8 000 salariés répartis sur 24 sites, dont 7 dans l’Hexagone, mais aussi en Turquie, Espagne, Italie, Chine et Tchéquie. Ce rachat avait provoqué une hausse de 54 % des actions de Wagon, groupe qui occupe à ce jour le 5ème rang européen.

On comprend la manoeuvre: on ouvre en Chine et Turquie, on ferme en France. La translation illustre là encore le malheur de la désindustrialisation en France: les sites sont rachetés par des entreprises étrangères et sont bourlingués à l’occasion d’une multitude d’opérations de croissance externe sans enracinement territorial, sans projet local.

2006: l’aventure Sonas

Au lieu de fermer le site, Wagon Oxford Automotives revend le site à l’un de ses cadres, David Cardwell, ex-directeur des produits spéciaux et de l’emboutissage. Celui-ci reprend les sites de Bessines et de La Souterraine et crée Sonas, en annonçant d’importants investissements. Mais, dans la pratique, l’opération est tuée dans l’oeuf par l’entreprise cédante. Les délais de rachat sont très courts (3 ans), et Cardwell négocie mal ses achats. L’entreprise est mise en liquidation judiciaire en 2008.

La faute à une mauvaise gestion, à la crise et à la hausse des matières premières comme l’acier qui a doublé en quelques années. De fait, David Cardwell a mal négocié les conditions de la reprise. Wagon lui a imposé un délai anormalement court – trois ans dans un secteur où les marges bénéficiaires sont de 2 ou 3% – pour rembourser le rachat de ses usines.

Étranglée par ses remboursements, Sonas ne dispose d’aucune trésorerie pour faire face à la crise. Surtout, Sonas n’a jamais exploré comme promis le ferroviaire ou l’industrie agricole. De fait, Sonas travaille pour Wagon et des grands constructeurs automobiles français.

La page Sonas illustre une nouvelle fois l’incapacité française à organiser des reprises de site intelligentes. Dans la pratique, Wagon Oxford s’est débarrassé vite fait de son site sans se préoccuper d’assurer une passation correcte d’activité. Le repreneur lui-même n’a pas mené à bien les missions qu’il s’était engagé à réussir.

La page Altia s’ouvre: le naufrage du capitalisme d’État

En 2009, le groupe Halberg reçoit du tribunal de Guéret l’autorisation de reprendre les sites de Bessines et de La Souterraine pour 750.000€. À La Souterraine, 314 des 360 salariés sont repris. En novembre 2009, Halberg devient Altia. Le rachat de Sonas pour une bouchée de pain illustre la stratégie du groupe, entièrement fondée sur de la cavalerie:

tout le monde voulait croire à cette aventure d’un trio de dirigeants – Patrice Durand, Nicole Cohen, Patrick Adolf – qui, à partir d’Eurodec et des décombres français du groupe allemand Halberg, a construit à marche forcée un conglomérat, implanté jusqu’en Pologne et au Brésil. En France, Altia a souvent fait son marché à la barre des tribunaux de commerce. «Ils étaient dans la fuite en avant. Avec une dette restructurée à trois reprises depuis 2005, et pas assez de fonds propres, Altia a surtout financé ses investissements par du crédit-bail, son besoin en fonds de roulement par de l’affacturage», explique un proche du dossier. Le chiffre d’affaires va plus que quintupler en six ans. Mais le trio manque de capitaux, comme souvent les entreprises de taille intermédiaire – ETI – en France.

Malgré cette fragilité, les dirigeants du groupe parviennent à embrigader des fonds publics dans l’aventure. La BPI, en particulier, apporte 5 millions € à l’ensemble et prend ainsi 20% de parts. Malgré cette intervention, Altia ne peut survivre durablement à ses montages financiers. En 2014, le groupe est mis en liquidation judiciaire. Entretemps, les syndicats dénoncent la saignée que la holding pratique dans ses filiales pour rembourser ses dettes.

Les salariés subissent de plein fouet les options idéologiques de la BPI et le naufrage du capitalisme d’État à la française. Celui-ci a nourri et couvert un montage financier sans avenir, dont les ouvriers du site sont les jouets involontaires.

Le montage vautour de Transatlantic Industries

Commence alors un ère de confusion. Le 11 avril 2014, le site est repris par Transatlantic Industries, une entreprise du Wyoming qui rachète pour 1€ des sites industriels en France, sans avoir les moyens de les redresser ni de les développer. L’aventure dure quelques semaines et c’est finalement le groupe italien GM&S Industry présidé par Gianpiero Colla qui reçoit du tribunal de commerce de Paris, le 1er décembre 2014, l’autorisation d’exploiter le site après une cession pour un montant de 3€. Le groupe italien est parvenu à convaincre tout le monde qu’il dispose d’un projet industriel solide. Il s’engage à conserver 280 postes. Le site de Bessines est cédé au français Steva.

GM&S, une autre montage vautour?

D’emblée, c’est l’entreprise automobile donneuse d’ordres dont l’État est actionnaire, Renault, qui se montre la plus réticente à aider le site. Alors que Peugeot maintient ses commandes, Renault ne conserve que 70% du volume initial.

On trouve ici une autre particularité du capitalisme d’État à la française: le cynisme et le manque d’engagement. L’examen de la situation en Creuse montre bien que, pour la deuxième fois, l’intervention de l’État est annonciatrice de catastrophe et qu’il ne faut surtout pas compter sur l’administration pour obtenir une aide utile.

Le repreneur a-t-il trop peu investi et trop peu prospecté comme l’indiquent les syndicats? Dans la pratique, la situation semble beaucoup plus nuancée. En octobre 2015, soit quelques mois après la reprise, le directeur de l’entreprise expliquait:

« Nous sommes en surcapacité en terme de presse, de soudure et de cataphorèse, concède Jean-François Fargeton. Mais nous souhaitons tout conserver dans un premier temps en attendant de voir comment l’on rebondit car cela peut constituer un atout ».

Si certains incriminent les nouveaux propriétaires, ceux-ci peuvent en tout cas attester du fait qu’ils ont parié sur le rebonds de l’entreprise avant de l’abandonner définitivement. Manifestement, celle-ci n’est pas parvenue à conquérir de nouveaux marchés, alors même qu’un démarchage local a tenté d’y parvenir.

L’État a-t-il sabordé GM&S?

La question insidieuse est de savoir si l’État, avec son incompétence et ses errements, a abandonné ou non GM&S à son sort. On aurait pu imaginer en effet que, courant 2015 ou 2016 (moment où Emmanuel Macron était ministre de l’Économie au demeurant), l’État actionnaire de Renault oblige celle-ci à maintenir son niveau de commandes antérieur à GM&S, là où Peugeot répondait à cette attente.

Le sujet qui est posé ici (au-delà de la responsabilité personnelle du nouveau Président à l’époque où il était ministre) est bien celle, très concrètes, de la capacité des services de l’État à dégager une stratégie industrielle à long terme répondant aux enjeux de la mondialisation. Or il apparaît clairement que cette mondialisation consiste à mettre des entreprises françaises alourdies par les contraintes socio-fiscales et réglementaires directes en concurrence directe avec des entreprises étrangères, sans qu’il n’existe une vue globale pour répondre à leur défis capitalistiques ou sociaux.

Le libre-échange est-il en cause? ou bien sont-ce nos élites?

Sur le fond, le sujet GM&S illustre à merveille et de façon très concrète la question du libre-échange et de sa pertinence. Faut-il mettre en place des protections contre la concurrence étrangère afin de sauver GM&S? On voit bien qu’il faut ici distinguer l’idée d’une politique industrielle nationale qui vise à maintenir l’appareil productif en vie face aux marchés étrangers, et l’idée d’un protectionnisme.

Dans la pratique, il paraît en effet souhaitable que la France se dote d’une politique industrielle soutenable, destinée à préserver l’existence d’un appareil de production manufacturière sur son sol. Je sais que, notamment parmi certains énarques, cette option ne va pas de soi et que beaucoup ont accepté comme une donnée brute la désindustrialisation du pays, au profit de sa financiarisation à outrance.

Cette option est le grand tabou que personne ne discute mais qui constitue la vraie trahison des clercs dans notre siècle.

En revanche, on mesure immédiatement que le protectionnisme n’a aucun avenir dans un univers où les donneurs d’ordres sont mondialisés. Dès lors qu’une entreprise comme GM&S doit aussi bien fournir des clients sur le sol national que des clients étrangers, on voit bien que l’entreprise serait autant condamnée par le protectionnisme qu’elle ne l’est par une mondialisation sans politique industrielle réfléchie.

En réalité, la balle est dans le camp des élites. Elles seules peuvent réorienter les politiques publiques pour les activer, c’est-à-dire pour arrêter de payer le prix de la désindustrialisation là où celle-ci n’est prévenue par aucune stratégie d’ensemble. Pour y parvenir, il faut évidemment penser la France autrement que comme un havre bobo où l’ouvrier n’a plus sa place, et même où il apparaît comme un anachronisme absurde.

Si, M. Macron, on peut comparer sa mutuelle santé à celle de son voisin!

Lors du débat d’entre-deux tours, M. Macron a affirmé qu’il n’est pas possible de comparer son contrat de mutuelle santé. C’est désormais possible grâce à Asfelia !

 

Découvrez combien votre mutuelle santé vous rembourse

Les contrats de complémentaire santé jouent souvent sur les termes techniques incompréhensibles pour le non spécialiste.

En effet, combien de personnes savent vraiment ce que les remboursements « 100% BRSS », « 100% TM », ou « 1% PMSS » veulent vraiment dire ?

Faites-vous partie de ceux qui croient que « 100% BRSS » vous remboursera toutes vos dépenses de soins ?

Grâce à Asfelia, apprenez à comprendre votre contrat de complémentaire santé et comparez facilement les contrats entre eux grâce à une conversion de toutes vos garanties en euros !

 

Comparez et comprenez votre contrat de mutuelle santé

Pour comparer votre contrat de complémentaire santé sur Asfelia, une méthode simple vous est proposée.

Munissez-vous du contrat santé que vous voulez comparer et saisissez les différents remboursements.

Pour chaque remboursement que vous rentrez, la comparaison vous permet de connaître la somme que vous recevrez en euros !

Avec Asfelia vous avez tout pour comprendre votre contrat et comparer les remboursements. Vous pourrez choisir votre mutuelle santé en toute sérénité.

 

Asfelia, le bon conseil en mutuelle santé

Asfelia permet à tout le monde de comprendre facilement les remboursements prévus par son contrat de complémentaire santé.

Avec la conversion de toutes les garanties en euros, vous avez les moyens de savoir si le contrat qui vous est proposé est bon. Les assureurs ne peuvent plus se cacher derrière des abréviations techniques !

En plus de la comparaison de votre contrat de mutuelle santé, Asfelia vous propose des articles simples et clairs pour répondre à vos interrogations. Vous retrouverez les meilleurs conseils pour vous aider à choisir votre mutuelle santé.

Rendez-vous vite sur Asfelia en cliquant sur ce lien !

Macron – Le Pen: le débat de l’explicite contre l’implicite

Le débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, marqué par de fortes tensions, ne modifiera probablement pas fondamentalement le rapport de force entre les deux candidats. Sans surprise d’ailleurs, Emmanuel Macron a semblé mieux préparé sur le terrain économique que Marine Le Pen et plus rigoureux dans son argumentation. Il ne s’est toutefois pas affranchi de réactions dont l’élitisme risque d’avoir agacé les Français, à l’image de sa première phrase tout en allusion à Blaise Pascal, par laquelle il a reproché à sa rivale de manquer « d’esprit de finesse ». Pas sûr que tous les Français aient d’emblée saisi la nuance…

Macron, candidat de l’explicite

Un trait aura sans doute marqué les esprits: Emmanuel Macron a essentiellement procédé par argumentation explicite. Ce réflexe s’est particulièrement senti dans le domaine économique, et tout spécialement monétaire. Le candidat d’En Marche a cherché à ouvrir un débat technique et rationnel sur le sujet. Il s’est donc engagé dans un jeu de ping-pong sur le fonctionnement de feu l’Ecu, l’ancêtre de l’euro qui partageait avec la monnaie unique à peu près autant de ressemblances que l’homme de Neanderthal avec le Sapiens Sapiens.

De ce point de vue, Emmanuel Macron n’a pas échappé à son profil: énarque, lettré, avec une mécanique intellectuelle bien huilée qui s’adresse à l’intelligence de son interlocuteur.

En ce sens, Macron peut se prévaloir d’une forme de présidentialisation qui devrait lui profiter. Ses partisans pourront toutefois regretter qu’il ait gâché ce gain net par des réactions parfois décevantes ou trop passionnelles aux polémiques faciles lancées par sa contradictrice. Sur ce point, il s’expose au risque d’une déception forte sur son manque de retenue dans des échanges délibérément agressifs de la part de son adversaire.

Le Pen, candidate de l’implicite

Au contraire, Marine Le Pen a essentiellement fonctionné par implicite, par allusions, par mots-clés qui touchent son électorat.

Ceux-là sont de deux ordres.

Un premier implicite consiste à répondre aux questions compliquées ou techniques par l’énumération des problèmes quotidiens des Français: les déserts médicaux, le prix de la baguette, le montant des petites retraites, la lutte contre la fraude… Emmanuel Macron lui a plusieurs fois reproché de n’avoir pas de programme. Probablement n’a-t-il pas compris que le premier trait du programme de Marine Le Pen est d’afficher une forme d’empathie pour les problèmes de la France d’en-bas. Et c’est en ce sens que son argumentation est à la fois implicite et redoutable: elle repose sur un registre émotionnel en réaction aux réponses techniques que le système propose dans l’incompréhension fréquente des Français.

Un second implicite consiste à procéder par allusion: sur les relations d’Emmanuel Macron avec l’UOIF, sur la colonisation, sur ses supposés conflits d’intérêt. Depuis plusieurs mois, l’entourage du Front National multiplie les marqueurs symboliques destinés à discréditer l’adversaire. La concurrente de l’ancien ministre de l’Economie n’en a oublié aucun, portant ainsi le fer sur le terrain d’une crédibilité que les élites parisiennes ne perçoivent pas forcément.

Des faiblesses économiques qui se sont vues…

Reste que Marine Le Pen n’a pas pu dissimuler ses faiblesses sur le terrain économique. D’emblée, interrogée sur son programme en matière de relations sociales, elle a semblé multiplier les anathèmes, peinant à expliquer clairement sa vision. Peu de spectateurs auront été dupes de cette tactique.

Si elle a semblé plus à l’aise sur le terrain sociétal (et bien entendu sur le sujet du communautarisme), beaucoup de Français auront sans doute ressenti quelques sueurs froides en percevant son manque d’envergure sur des sujets critiques comme la politique industrielle ou budgétaire.

Si Emmanuel Macron n’est pas forcément apparu comme revêtu de l’autorité nécessaire pour assumer sa fonction, il pourra au moins se prévaloir d’une capacité technique plus rassurante.

Y a-t-il des OGM cachés dans l’agriculture française?

Le site InfOGM a publié la semaine dernière une contribution d’organisations agricoles françaises auprès de la CJUE pour dénoncer les OGM cachés, c’est-à-dire la commercialisation « clandestine » d’organismes génétiquement modifiés. Voici quelques extraits saillants de ce document:

DÉMASQUER ET RÉGLEMENTER LES OGM CACHÉS, LES BREVETS PIRATES ET LES PLANTES RENDUES TOLÉRANTES AUX HERBICIDES

De plus en plus de Variétés rendues Tolérantes aux Herbicides (VrTH) et de plantes qualifiées « d’OGM cachés » par les organisations de la société civile sont cultivées et commercialisées sans avoir été évaluées, sans être étiquetées et sans aucun encadrement ni suivi de leur dissémination. Au delà de la violation du principe de précaution, de la protection de la santé et de l’environnement, ces OGM cachés sont également imposés à l’agriculture biologique et aux consommateurs qui n’en veulent pas sans qu’ils n’en soient informés. Ils constituent également des instruments d’appropriation du vivant par les brevets et d’encouragement à la biopiraterie. Ce document analyse comment une application correcte des réglementations européennes tenant compte des Conventions internationales peut mettre un terme à de telles pratiques. (…)

Les éléments de langage destinés à faire accepter les nouveaux OGM ont récemment changé de registre. Ils affichent certes toujours les mêmes promesses de résoudre, grâce à l’innovation technique, toutes les menaces alimentaires, sanitaires, environnementales, climatiques… qui pèsent sur l’avenir de l’humanité. Se focalisant sur le comment et pas sur le pourquoi, ils éludent ainsi soigneusement les causes d’abord politiques de ces menaces. Mais alors qu’il y a 20 ans, l’industrie et la recherche à son service se vantaient de pouvoir modifier, déjà avec précision, le vivant à volonté, elles prétendent aujourd’hui au contraire faire la même chose que ce que fait la nature, en allant juste un peu plus vite afin de rendre les objets, les plantes et les animaux un peu plus « intelligents ».

Ce glissement de la communication industrielle vise à répondre aux publics européens et de pays tiers qui, s’ils acceptent les médicaments et les produits industriels génétiquement modifiés, refusent la nourriture et les cultures OGM. Lorsqu’il s’agit de l’homme ou des risques pour la biodiversité, ces publics acceptent la manipulation génétique de cellules somatiques non héréditaires, mais refusent les manipulations de cellules germinales porteuses du patrimoine génétique héréditaire. Les gouvernements eux-mêmes expriment de plus en plus de réserves lorsqu’il s’agit de modifier le patrimoine héréditaire de tous les organismes vivants (voir par exemple les réticences quant aux nouvelles techniques de biologie de synthèse).

C’est pourquoi l’industrie semencière ne parle plus désormais de modification génétique, mais de simples perfectionnements de procédés « traditionnels » ou « conventionnels ». Elle ne modifierait plus le génome, mais se contenterait de l’éditer pour l’améliorer, comme on retouche une photo pour la rendre encore un peu plus « vraie ». La référence à la tradition, non définie mais supposée porteuse de bon sens et de valeurs actuellement recherchées par les citoyens, justifierait à son sens l’abrogation de la réglementation OGM tandis que les « perfectionnements » légitimeraient les brevets.

La première recette de cette opération de réhabilitation de l’agriculture et de l’alimentation génétiquement modifiées consiste à instiller une confusion en regroupant des procédés très différents les uns des autres sous un seul vocable générique non défini, la « mutagenèse », avec comme postulat « mutagenèse = mutation naturelle ». La seconde recette consiste à nier, ou du moins à ne jamais évoquer, la partie des modifications provoquées qui ne sont pas génétiques mais épigénétiques. La troisième recette consiste à ne pas présenter les techniques connexes à celle décrite comme principale.

 

Comment le programme de Mélenchon veut bâillonner la liberté de la presse

Tout le monde se souvient des beaux jours de la Pravda, incarnation de la liberté de la presse réduite au rang d’idéal bourgeois et qui se faisait l’écho fidèle du gouvernement soviétique. Certains thuriféraires (entendus sur Radio France notamment) maintiennent l’illusion que Mélenchon est un démocrate, amoureux de la liberté d’opinion et d’expression. Ce copier-coller de son programme sur toutes les mesures concernant la presse et l’audiovisuel permettra de nuancer quelque peu ce mensonge et de mettre au grand jour l’étrange ressemblance entre la vision que Mélenchon peut avoir de la presse et celle qui était en vigueur sous Brejnev.

Faire élire les présidents de France Télévisions et Radio France par le Parlement

Au moins, comme ça, c’est clair: l’audiovisuel public sera l’expression de la majorité parlementaire…

Adopter une loi anti-concentration des médias, protégeant le secteur des intérêts financiers, favorisant la transformation des médias en coopératives de salariés et de lecteurs/auditeurs/téléspectateurs et attribuer des fréquences aux médias locaux et associatifs

Hum! Anti-concentration, que de crimes on connaît en ton nom. Au lieu d’un journal créé par un preneur de risques, on multipliera les groupes auto-gérés entièrement dépendants du financement public. On adore! Quant aux autres, ils seront expropriés au nom de la lutte contre les concentrations.

Créer un Conseil national des médias à la place du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour en faire un véritable contre-pouvoir citoyen garantissant le pluralisme des opinions et des supports, ainsi que la qualité de tous les médias

Ah! Garantir la qualité de TOUS les médias par un Conseil National des Médias! le bon retour au ministère de la Propagande! Et le contre-pouvoir citoyen… on connaît la musique. Quelques commissaires politiques bien sentis pour garantir le « pluralisme » de leurs idées.

Refonder les aides publiques à la presse pour les réserver aux médias d’information et mutualiser les outils de production (imprimeries, serveurs, distribution, etc.)

Mais bien sûr! seuls les medias d’information (c’est-à-dire les organes de propagande désignés comme tels par des commissaires politiques) auront droit aux subventions publiques. Pour les autres, il faudra passer par les imprimeries ou les serveurs « mutualisés », c’est-à-dire contrôlés par l’Etat. Histoire que rien n’échappe à la police politique.

Protéger les sources et l’indépendance des rédactions à l’égard des pouvoirs économiques et politiques par le renforcement du statut juridique des rédactions et une charte déontologique dans la convention collective

Belle mesure démagogique. Les journalistes pourront désormais fonctionner en soviet permanent du parti, considérant qu’ils ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent sans contrôle de personne… et relayer ainsi en toute impunité les intérêts de leur propre corporation. Le propriétaire d’un journal, s’il en reste (on a vu plus haut que le programme de Mélenchon vise à les exproprier), sera donc juste là pour allonger des fonds et ne pourra en aucun cas orienter la ligne éditoriale de son journal.

Créer une chaîne de télévision méditerranéenne émettant en plusieurs langues et diffusée sur les deux rives de la Méditerranée et sur internet, sur le modèle de la chaîne franco-allemande Arte

Là encore! belle innovation… Une nouvelle chaîne publique d’information à destination de la Méditerranée. On y mesure par avance tout le pluralisme dont elle fera preuve.

Renforcer les médias audiovisuels francophones (RFI, France 24 et TV5 Monde) et les mettre en partage avec la communauté francophone

Là encore, Mélenchon aime la presse… surtout quand elle est publique, et qu’elle relaie la parole officielle.

La création d’un service public nouveau de l’internet et d’une médiathèque publique en ligne, avec une plate-forme publique d’offre légale en ligne de musique, films et contenus culturels

On y vient! l’Etat n’est pas présent sur Internet (en tant que producteur de contenu d’information). Il faut bien que cette absence cesse… et que la propagande officielle ait son site et sa propre diffusion culturelle.

Garantir l’égalité entre le sport féminin et masculin, y compris en matière de diffusion à la télévision

Ah! enfin! l’Etat va réglementer les contenus télévisuels, y compris dans le domaine sportif. Les chaînes que l’Etat ne détiendra pas devront quand même diffuser autant de sport féminin que de sport masculin! vive la liberté de la presse!

Interdire la publicité dans les programmes de télévision destinés aux enfants et la mise en scène d’enfants dans les publicités

Et la reprise en main des contenus audiovisuels continue…

Faire reculer l’affichage publicitaire, en commençant par les abords des villes et des bourgs aujourd’hui défigurés, interdire les écrans publicitaires numériques dans les lieux publics, ouvrir des espaces d’affichage pour l’expression citoyenne et culturelle

Comment retrouver la grisaille des rues soviétiques dans nos villes. Pas d’écrans publicitaires numériques, mais des espaces d’affichage citoyens et culturels, comme au bon vieux temps de la Chine maoïste.

Bref, tous les sites d’information devront utiliser les serveurs du gouvernement pour publier des informations « pluralistes » surveillées par un Conseil National de l’Information. Et les quelques propriétaires de journaux encore vivants

La Pravda, mère de toutes les vertus…

Les enseignants appelés à faire battre Fillon

On notera utilement cet article de blog de la présidente de l’association Reconstruire l’école, qui appelle à faire battre François Fillon aux élections présidentielles.

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

S’il existe encore sur ce blog quelques lecteurs, il ne leur aura pas échappé que les apparitions de la Présidente s’y font de plus en plus rares, tant les ingrates activités familiales et multicasquettes de mamysitteuse-taxi-sherpa-cuisinière-chaouch-psychologue-vaguemestre-aide ménagère l’ont accaparée depuis des mois et des mois jusqu’à l’usure.

Pour me sortir de ce silencieux marasme (et avant, sans doute, que l’Assemblée Générale de « Reconstruire l’École » ne confie la présidence à quelqu’un de plus jeune et de plus disponible que moi …), il ne m’a pourtant suffi que d’une sainte et saine colère à voir certains enseignants, des professeurs, des collègues, des êtres cultivés, intelligents, que j’apprécie, que j’admire, pour qui j’ai de l’affection, tomber soudain en amour devant François Fillon, jusqu’à l’aveuglement complet, jusqu’à envisager de lui apporter leur suffrage.

Je ne parlerai pas des affaires, des enfants ni de Pénélope. Ni des costumes ni d’Axa. Ni d’une confondante vulgarité verbale (« casser la baraque », «foutre un procès ») que l’on croyait jusqu’ici réservée au regrettable Sarkozy. Ni d’une démagogie tout aussi confondante (« Je n’ai pas fait les grandes écoles… ») où le châtelain de Sablé/Sarthe nous la joue moitié Thorez moitié Johnny, « fils du peuple » et « je suis né dans la rue ». Non, il sera uniquement question de l’École. Car si les statuts de l’association m’interdisent de donner aux adhérents et sympathisants toute consigne de vote, elles ne m’empêchent pas d’expliquer pour qui NE PAS voter, en l’occurrence donc pour aujourd’hui F. Fillon.

Comment diable est-il possible que des intellectuels, des hommes et des femmes de culture, des personnes attachées à l’École de la transmission et de l’esprit critique, aient à ce point perdu ledit esprit critique pour aller se jeter dans les bras de « Monsieur Socle Commun », ce socle commun d’où naquit tout le mal, évaluation par compétences, réformes délétères du lycée puis du collège, braderie des diplômes et j’en passe ? Pour ne pas alourdir à l’excès l’exposé, je me permets de renvoyer à un texte coécrit avec Agnès Joste et Michèle Gally,http://www.sauv.net/socle.php sur le site du Collectif ami Sauver les Lettres.

Chers amis, chers collègues, parce que François Fillon sort régulièrement quelques piques contre les pédagogistes, allez-vous oublier de quoi il fut l’instigateur et le suivre tels des lemmings dans des eaux glacées où vous succomberez et vos élèves avec vous ?

Parce que vous ne savez (et avouons que c’est tentant…) résister à la Schadenfreude d’imaginer les pédagogues en chambre, tous ceux qui n’ont plus vu de « vrais » élèves depuis des lustres, renvoyés devant les classes et de préférence dans les quartiers nord de Marseille ou d’ailleurs, vous accordez votre confiance à François Fillon pour, en quelque sorte, « faire le ménage » et débarrasser l’institution de ses pseudo-experts en expertise et autres théoriciens du vide éducatif.

Enfin, soyez lucides ! François Fillon ne fera rien (au mieux), et mal, au pire. Pourquoi en serait-il autrement ? Le calamiteux bilan du PS de messieurs Peillon et Hamon et de madame Vallaud-Belkacem doit-il vous faire oublier Xavier Darcos et Luc Chatel ? Chers amis, chers collègues, que vous avez donc la mémoire courte, ou sélective …

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

Moi, comme ma presque compatriote la mule du Pape, j’ai de la mémoire. Je me souviens très bien par exemple, lors de la nomination de Xavier Darcos par Nicolas Sarkozy, du grand « Ouf » de soulagement en salle des professeurs : « C’est un humaniste, un lettres classiques », « Il connaît la maison », « Il a déjà été aux affaires », « Il ne nous maltraitera pas trop » …

Et on a vu ce qu’il en fut.

Certes, F. Fillon est conseillé par Annie Genevard, qui fut naguère professeur de lettres, m’a tout l’air a priori d’une « honnête homme » (avec une très jolie voix, de surcroît) et ne dit pas de bêtises.

Mais réveillez-vous, chers amis ! Elle ne fera RIEN, ni plus ni mieux que Darcos et quelles que soient ses bonnes intentions, parce qu’elle ne POURRA rien faire ! Le programme ultralibéral de F. Fillon, les coupes claires dans le nombre de fonctionnaires DONC d’enseignants, le refus maintes fois martelé de « faire encore de la dette » (je vous renvoie à cette ahurissante rencontre (1) avec des aides-soignantes à bout), tout ceci cumulé n’aboutira qu’à une aggravation de vos conditions de travail, et ipso facto de celles de vos élèves : si vous devez travailler 25 heures pour gagner plus, sous la surveillance de votre chef d’établissement ça va de soi (autonomie oblige …), sachant que ces 25 heures en signifient une cinquantaine en préparations et corrections, in fine chers collègues vous travaillerez MAL, vous bâclerez la besogne – ou vous finirez en burn-out si vous restez consciencieux.

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

Jetez donc un coup d’œil sur l’ensemble du programme de François Fillon : il est d’une violence sociale sans précédent dans notre pays, pour tout dire thatchérienne, et fait définitivement table rase des « jours heureux » du CNR, fondement de notre système social français ou du moins ce qu’il en reste. Voulez-vous VRAIMENT tout cela pour votre pays, pour vos élèves, pour vos enfants, pour vous-mêmes ?

– Oui mais ses propositions sur l’École, il n’y a que cela qui nous intéresse chez François Fillon, c’est l’essentiel pour nous, etc etc …

Vraiment ??? Pour un peu, mes amis, vous me feriez croire que vous ne savez plus penser politique !

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

ALORS, SOYONS SÉRIEUX, JUSTE CINQ MINUTES : comment pouvez-vous imaginer que l’on va reconstruire l’École dans une France où tout, je dis bien TOUT le modèle social et économique, sera déconstruit ? Comment pouvez-vous concevoir une École seule et debout au milieu du champ de ruines créé par la politique ultralibérale du candidat LR ?

Pour avoir la satisfaction (et qui plus est ce n’est même pas sûr !) de voir dégager un quarteron de pédagonigologistes parasites, allez-vous accepter que les parents de vos élèves soient précarisés, mis au chômage, mal soignés ?

Pour voir revenir le COD et disparaître l’inepte prédicat, tolérerez-vous que les gamins viennent en cours le ventre vide ou traînent l’angine tout l’hiver parce que chez eux on ne pourra plus payer le chauffage ?

Pour pouvoir enseigner le « récit national » (je ne développe pas, c’est un autre débat), consentirez-vous à ce que dans la vie réelle les inégalités se creusent encore et encore, ce qui est quand même tout l’inverse de « faire nation » ?

Quelle mascarade que de vouloir, sous couvert d’égalité, faire porter l’uniforme aux élèves, alors même que la politique économique suivie creusera les écarts de manière effrayante !

Et comment parler de rétablir l’autorité dans l’enceinte scolaire, si le monde hors les murs devient une jungle dérégulée où le plus outrageusement riche aura le dernier mot ?

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

AUCUN PROGRAMME POUR L’ÉCOLE, si bon soit-il (à supposer qu’il le soit, mais je me place dans votre optique, chers amis et collègues) NE PEUT JUSTIFIER LA VIOLENCE SOCIALE ET REVANCHARDE DU PROJET FILLON.

Vous pensez voter Fillon seulement pour l’École et sans vouloir considérer le reste ? Vous aurez le reste, et pour ce qui est de l’École, vous ne verrez dans le moins mauvais des cas pas grand-chose, et un désastre au pire, quelle que soit la bonne volonté de Mme Genevard : plus que jamais, le ministère de l’Éducation Nationale sera à Bercy.

Qu’est donc devenu l’enseignement public britannique sous Mme Thatcher et autres conservateurs ? Une catastrophe : cyniquement, Miss Maggie, la fille de l’épicier, après avoir bénéficié des bourses des gouvernements travaillistes pour accéder aux études supérieures, a rétabli le plafond de verre. Est-ce vraiment cela que vous voulez pour votre pays, chers amis, chers collègues ? Certes, l’École à plusieurs vitesses existe d’ores et déjà chez nous, c’est un fait, entre public et privé, villes et campagnes, avec ou sans bi-langues (latin, grec, allemand …), entre banlieues et centres-villes, sous contrat et hors contrat … Pensez-vous vraiment que le programme de François Fillon va rendre à TOUS les élèves quels qu’ils soient la possibilité de recevoir l’instruction à laquelle ils ont droit, dans un contexte digne et décent ?

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

Chers collègues lemmings, revenez sur terre ! Le joueur de pipeau Fillon vous entraîne à la noyade, vous-mêmes et les élèves dont vous avez la responsabilité.

Et tant qu’à rester dans la métaphore aquatique et rongeuse, ce n’est pas lemmings qu’il vous faut être aujourd’hui, mais CASTORS – comprendre le fameux « faire barrage » –, à François Fillon autant qu’à Marine Le Pen.

Vous êtes des professeurs, votre métier c’est de réfléchir : sachez penser globalement ! Un programme électoral est un tout ! Souvenez-vous-en avant que de vous prononcer : CE QUI FAIT DU MAL À LA SOCIÉTÉ NE PEUT PAS FAIRE DU BIEN À L’ÉCOLE.

Quand les banques capitalistes financent la sécurité sociale

Il est de bon ton d’opposer les méchants capitalistes du système financier et la gentille sécurité sociale productrice de solidarité et d’intérêt général. La réalité est pourtant un peu différente de cette logique binaire.

Les banques capitalistes au secours de la sécurité sociale

Ce graphique, proposé sur le site de la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES), nuance en effet fortement les idées reçues:

Comme on le voit, 54% de la dette sociale en France est portée par des banques capitalistes, et 33% par des banques centrales. Du point de vue de la répartition géographique de ce portage, on remarquera que les Français ne représentent pas plus de 11% des détenteurs de la dette sociale, et que l’essentiel de celle-ci est aujourd’hui détenue par des Britanniques et des Asiatiques (Chinois et Japonais principalement).

Les pays européens n’interviennent qu’en troisième rang (avec un petit 7% pour l’Allemagne).

On attend donc avec impatience les mesures protectionnistes et anticapitalistes promises par tous ceux qui, aux élections présidentielles, expliquent que la sécurité sociale est un pilier essentiel de la société française. L’augmentation inévitable des dépenses sociales prévues par ces programmes ne manqueront pas de créer un effet tenaille tout à fait destructeur.

Les grandes victimes de ces illusions seront les assurés sociaux, qui sortiront ruinés de ces miroirs aux alouettes.