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Pourquoi les GM&S devraient lire les interviews de Bruno Lemaire

Les salariés de GM&S sont toujours dans le pétrin! Selon toute vraisemblance, le site de La Souterraine est voué à la disparition, là où Bruno Le Maire avait promis d’aider. Mais la vraie réponse de notre brillant ministre de l’Économie est à chercher dans une interview qu’il vient de donner sur sa vision industrielle.

Il ne reste plus qu’une semaine pour sauver GM&S, l’usine d’équipement automobile de la Creuse. Selon toute vraisemblance, l’usine devrait rapidement fermer, après un passé chaotique qui illustre bien la désindustrialisation française et ses maux.

Comme d’habitude, les salariés devraient mener quelques actions d’éclat pour attirer l’attention de l’opinion publique sur leur sort. Et le ministre les fera recevoir par son cabinet pour les calmer et… finalement ne rien faire. Même dans la France renouvelée, ce vieux scénario se reproduit inlassablement.

GM&S face à la doctrine Lemaire

Si les salariés de GM&S lisaient les interviews de Bruno Le Maire, ils comprendraient plus facilement ce qui va leur arriver. L’AFP rapporte ainsi ses propos:

« Il faut investir le plus possible dans l’innovation, être capable de porter notre industrie vers les technologies de pointe » (…)

« Je considère qu’en matière industrielle, même si l’Allemagne a aujourd’hui une avance importante, nous pouvons rattraper les Allemands et créer un tissu industriel très puissant, parce que nous avons un atout, c’est d’être très fort sur la révolution digitale » (…)

« L’objectif n’est pas de garder toutes les activités industrielles possibles et inimaginables. L’objectif, c’est de tenir le cap: l’industrie de pointe, de la haute technologie, qui nous permettra de réussir dans la mondialisation »

C’est donc clair: la stratégie industrielle française va consister à investir dans l’innovation, les technologies de pointe, le numérique, et on va laisser tomber les vieilles activités industrielles.

La vision ringarde de Bruno Le Maire

On comprend bien la vision sous-jacente aux propos de Bruno Le Maire, et qui sent bon le cours de Sciences-Po des années 80, à l’époque où on inventait le micro-ordinateur et le téléphone portable. D’un côté, il y a l’innovation, la haute technologie, l’industrie de pointe, et ça c’est bien. De l’autre côté, il y a la vieille industrie avec ses ateliers répugnants et sa condition ouvrière rétrograde.

Que cette vision binaire n’ait rien à voir avec la réalité n’est évidemment pas le problème de ce ministre qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise en tant que preneur de risque! l’essentiel, c’est de faire croire aux Français qu’il a une réponse ambitieuse et moderne aux problèmes de notre temps. Comme par le passé, la classe politique renouvelée vit de discours et ne s’embarrasse pas d’agir sur la réalité.

Il faudrait pourtant que quelqu’un se dévoue pour expliquer à Bruno Le Maire que l’époque où il existait des secteurs innovants et des secteurs non-innovants est morte. Toute activité industrielle, y compris celle de GM&S, est susceptible d’être touchée par la révolution numérique. Il n’y a donc pas lieu de distinguer certains secteurs de prédilection pour mieux abandonner les autres.

L’erreur de base dans la compréhension de l’Allemagne

Puisque le propos de Bruno Le Maire est de rivaliser avec l’Allemagne, il faudrait aussi que quelqu’un lui explique que notre puissant voisin a fait tout le contraire de ce qu’il propose. L’Allemagne a en effet misé sur la modernisation et la numérisation de son industrie traditionnelle pour durer. Elle n’a certainement pas choisi de la délaisser pour inventer de nouveaux métiers loin de ses bases.

C’est évidemment une chimère coupable que de croire à des développements nouveaux, hors sol, dans le domaine industriel, par la simple volonté de l’État et sans qu’un tissu solide d’entrepreneurs existe pour faire le job. Cette chimère est d’autant plus dangereuse lorsqu’elle passe par l’abandon d’entreprises patrimoniales qu’on s’apprête à liquider pour les remplacer par du vent.

Dans le cas de GM&S, le bon sens consiste à demander à Renault et à Peugeot, qui sont les principaux clients de l’entreprise, de racheter l’usine pour la restructurer. Ce choix-là est plus pertinent que de maintenir cette entreprise sous perfusion en attendant que plus personne ne se préoccupe de sa disparition.

Inquiétude pour notre politique industrielle

En réalité, la ligne Bruno Le Maire va, de façon constante, consister à abandonner l’industrie manufacturière au profit d’une vision très élitiste d’industrie de pointe. L’écran de fumée de la technologie, qui repose pour l’essentiel sur du sable, dissimulera la désertion en ligne de l’aristocratie française vis-à-vis d’activités dont le pays s’est nourri mais qu’elle a toujours méprisées.

Programme En Marche

Au niveau national, nous complèterons et rationaliserons les dispositifs publics autour de Bpifrance.
Nous constituerons un Fonds pour l’industrie et l’innovation. Il sera doté de 10 milliards d’euros issus des actions d’entreprises possédées de manière minoritaire par l’Etat et sera placé au service de notre industrie et de l’innovation.
Nous mobiliserons les revenus issus de ces participations pour financer l’industrie du futur.
Ce rendement sera sanctuarisé et réinvesti selon les trois priorités suivantes :
L’investissement dans des initiatives locales visant à accompagner les transitions industrielles, notamment écoresponsables, ou à réindustrialiser des territoires déjà touchés par la désindustrialisation ;
La démultiplication de la dynamique Industrie du Futur ;
Le développement de solutions innovantes contribuant à relever les défis clefs de la transformation énergétique, environnementale, numérique et démographique de notre société.

Macron affronte l’Europe de l’Est en mode bobo

Emmanuel Macron a donné une leçon bobo à la Pologne et à la Hongrie en leur rappelant que l’Europe n’est pas un supermarché où on prend ce qui nous intéresse et où on laisse ce dont on n’a pas envie. Le Président vise notamment la prétendue frilosité de la Pologne ou de la Hongrie sur la question des migrants. Les intéressés ont réagi sèchement.

On peut égrener sans fin les poncifs bobo sur l’Europe: elle a garanti la paix sur le continent depuis 1945 (tout le monde ayant oublié l’OTAN et sa capacité de dissuasion face à l’URSS), elle garantit la prospérité (tout le monde évitant de remarquer que la performance de la zone euro est inférieure à celle de l’UE 28), et elle doit accueillir des réfugiés venus de Méditerranée. Macron a sacrifié à ces poncifs en tançant vertement la Pologne et la Hongrie.

Europe bobo, Europe occido-centrée

Tous ceux qui partagent l’étrange culpabilité de l’Europe bienpensante vis-à-vis des réfugiés applaudiront, bien entendu, à cette sortie fracassante qui vise notamment la résistance farouche opposée par le groupe de Visegrad à la politique européenne de « relocalisation » forcée des réfugiés. Depuis de nombreux mois, la Pologne et la Hongrie mènent une véritable campagne de refus contre l’intention, portée par l’Allemagne, de « placer » de force des migrants dans ces pays.

Dans la vision bobo du monde, dont Macron se fait l’écho, cette résistante procède évidemment d’un racisme profond et n’est pas acceptable. Donc, il faut l’éradiquer.

Ce faisant, Emmanuel Macron reprend à son compte une compréhension à courte vue, essentiellement occido-centrée. C’est le triomphe du boboland.

Les migrations vues de Hongrie et de Pologne

Du point de vue de la Hongrie et de la Pologne, le problème des réfugiés se pose en effet de façon très différente.

Côté Pologne, la leçon sur les migrants ne peut qu’être mal vécue. En effet, le conflit en Ukraine a beaucoup pesé sur la solidarité des Polonais. On parle d’un million de réfugiés ukrainiens qui se seraient installés en Pologne.

Ce million de réfugiés portés par la seule Pologne n’a pas beaucoup inspiré de tristesse ni de culpabilité à l’Europe de l’Ouest. Disons même que personne n’en parle. Mais ils expliquent largement pourquoi la Pologne ne se laissera pas faire pour accueillir de nouveaux migrants dont l’Europe de l’Ouest ne veut pas sur son sol.

Côté Hongrie, Macron devrait se souvenir que la pilule est tout aussi amère. Lorsqu’Angela Merkel a ouvert la vanne pour les réfugiés, c’est en effet la Hongrie qui a dû absorber l’essentiel du choc démographique. On a oublié en France que la Hongrie est historiquement la portée d’entrée du continent quand on vient des Balkans. Les colonnes de réfugiés venus de Grèce en marche pour l’Allemagne se sont toutes échouées en Hongrie, sans que l’Europe ne se mobilise vraiment pour aider la Hongrie à affronter un phénomène inconnu en Europe depuis 1945.

L’égoïsme de la bonne conscience bobo risque de laisser des traces

Dans cet ensemble, la vision occido-centrée risque donc de laisser des traces. Pour la Hongrie ou la Pologne, recevoir des leçons de solidarité de la part de pays qui sont loin d’être exemplaires ne devrait pas contribuer à rehausser une adhésion spontanée à l’Europe proposée par Bruxelles.

Avec ses campements à Calais, avec les images de réfugiés bloqués à la frontière italienne, avec un très faible nombre de réfugiés accueillis sur notre sol, Macron prend la tête d’une croisade qui risque de lui revenir méchamment dans la figure. En quoi la France prend-elle plus sa part que la Hongrie ou la Pologne?

Si Macron veut être crédible vis-à-vis de ses collègues, il devra tôt ou tard accepter une vague de réfugiés sur le sol français. Et rien n’exclut que la réaction ordinaire, y compris au sein de son électorat, soit virulente.

Les réfugiés en Europe avant la vague de 2015

Ordonnances: Macron tuera-t-il ou pas la bureaucratie patronale?

Le gouvernement vient d’entamer la concertation sur l’articulation entre le rôle des branches et des entreprises. Ce sujet austère cache un débat extrêmement sensible: l’avenir de la bureaucratie patronale qui a fait son miel d’un système obsolète.

Cette semaine, Antoine Foucher, ancien directeur des relations sociales du MEDEF, reçoit les partenaires sociaux (dont le MEDEF…) pour les premières concertations sur le fond destinées à préparer les ordonnances. Le sujet de cette première batterie d’échanges bilatéraux porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes. Autrement dit, le gouvernement entre dans le dur de ce qui a fait la résistance à la loi El-Khomri: une entreprise peut-elle ou non négocier des accords en s’affranchissant du carcan des branches?

Les branches professionnelles, c’est quoi?

En réalité, ce débat a quelque chose de lunaire, dans la mesure où la notion de branche professionnelle est une sorte de fantôme. Tout le monde en parle, mais elle n’est pas définie par la loi, et son concept même repose sur un flou: tant confondue avec un secteur d’activité, tant confondue avec le champ d’application d’une convention collective, la branche se dérobe aux catégories juridiques.

Comme on le sait depuis Martine Aubry, quand il y a un flou, c’est qu’il y a un loup. Les branches n’échappent pas à cette maxime. 

Officiellement, les branches sont en effet conçues pour « protéger » les PME et les TPE. Dans la réalité, c’est le contraire qui se produit, avec la complicité d’une bureaucratie patronale qui a bâti sa prospérité sur ce trompe-l’oeil. 

Un instrument pour contrôler les TPE

La première utilité des branches est évidemment d’instaurer des règles qui brident l’activité des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises. Ces règles visent toutes à éviter des excès de concurrence dans des domaines où les plus petites entreprises pour améliorer leur compétitivité par rapport à leurs grandes concurrentes. C’est par exemple le cas dans le domaine du temps de travail, où l’objectif des branches est d’éviter que les TPE et les PME disposent de trop de souplesse. 

Mais le vice de ce système peut aller très loin. Dans de nombreuses branches, par exemple, des accords de complémentaire santé visent à faire financer le déficit des grands comptes par les petites entreprises. C’est le cas dans la restauration où le déficit du contrat Accor est financé par les petits cafetiers du coin. 

Bien entendu, tout le monde prend bien soin de cacher cette poussière sous le tapis. 

Prospérité de la bureaucratie patronale

Une autre utilité cachée des branches consiste bien entendu à faire vivre des mouvements patronaux désertés par les adhérents grâce à des contributions obligatoires imposées par une bureaucratie patronale en expansion permanente. 

C’est par exemple le cas dans la boulangerie, où Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération et accessoirement président en son temps de l’UPA (l’Union des Professions de l’Artisanat, désormais fusionnée avec l’UNAPL dans l’improbable U2P), a organisé un système de financement sur le dos de ses adhérents. Au mépris de la loi, ce membre du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a d’ailleurs bien pris soin de ne publier aucun des comptes de son organisation, pour dissimuler les sommes colossales que son syndicat a tiré des accords en protection sociale complémentaire et en formation professionnelle. 

Macron tuera-t-il enfin la bureaucratie patronale?

Ce qui se joue dans le rôle futur des branches professionnelles, c’est l’avenir de cette bureaucratie construite de toutes pièces sur ces charges inventées par les mouvements patronaux dans les branches professionnelles pour se financer. L’occasion est rêvée de tordre le cou à tous ces freins à l’innovation, et dont la profession de foi est de préserver intact un appareil de production obsolète mais qui les fait vivre. 

Le gouvernement donnera-t-il aux TPE la possibilité de s’extirper des griffes de ces mafias? Souhaitons-le. 

Jusqu’au 23 juin

Concertation sur l’articulation entre branche et entreprise

26 juin au 7 juillet

Simplification et renforcement du dialogue économique et social.

10 au 21 juillet

Sécurisation des relations de travail


Inversion de la hiérarchie des normes: QPC Tripalio from Eric Verhaeghe

Sécurité sociale: comment la technostructure occulte ses dérives, par Eric Verhaeghe

France Stratégie, qui est l’ancien Commissariat au Plan, a produit une étude sur l’évolution des dépenses de santé. Elle obéit à un présupposé idéologique: le système de protection sociale est neutre sur le niveau de dépense, sauf aux États-Unis, bien entendu, où le choix d’une privatisation large est forcément coûteux. Donc, que le système soit quasi-nationalisé comme en France ou qu’il intègre des éléments de concurrence comme en Allemagne n’a aucune importance: en bout de course, la dépense de santé est la même pour une population donnée.

Un parti pris idéologique

Cette manière obsessionnelle de ne pas traiter les sujets scientifiquement, ni avec rigueur, en fermant la porte au débat par des phrases lapidaires est agaçante. Dans le cas de l’étude de Pierre-Yves Cusset pour France Stratégie, la technique de délégitimation est manifeste.

Voici comment l’auteur explique que la seule étude qui existe sur l’impact économique et sanitaire des choix d’organisation de la protection sociale (celle du FMI de 2010) ne mérite pas d’être retenue:

« y a-t-il des arrangements institutionnels plus efficaces que d’autres en matière de maîtrise des dépenses ? » (page 38) (…)

« La convergence des niveaux de dépenses de santé, évoquée dans la première partie, se nourrit en tout cas certainement aussi d’une certaine convergence des modes de régulation du système de soins. » (page 39)

Au fond, tous les systèmes se ressemblent et nul n’est besoin d’étudier leurs différences. On en reste un peu scotché, puisque, scientifiquement, ce relativisme ne tient pas.

Quand la France dépensait une fortune pour sa santé

Pierre-Yves Cusset pourrait en effet se borner à quelques constats évidents. Le graphique produit dans l’étude méritait par exemple un commentaire un peu objectif:

Si la visualisation des données est peu lisible, le graphique en lui-même est assez connu. Il montre qu’avant l’instauration des objectifs nationaux de dépense d’assurance-maladie, créés par les ordonnances Juppé de 1995, la dépense totale de santé dans le PIB en France est l’une des plus élevées du monde industrialisé. Elle progresse par exemple beaucoup plus vite qu’en Suède, qui n’est pas réputée pour ses politiques néo-libérales.

Il serait évidemment intéressant de se demander si la dépense de santé en France est longtemps restée plus élevée que dans les autres pays industrialisés parce que notre système de sécurité sociale remboursait à guichets ouverts toutes les dépenses ordonnées par les médecins.

Une étude du FMI systématiquement minorée

Pierre-Yves Cusset cite d’ailleurs l’étude du FMI de 2010 qui a le bon goût d’avoir examiné ce sujet: celui de l’impact négatif ou non du système de sécurité sociale sur les dépenses de santé. Cette étude propose un tableau analytique (en anglais) qui cherche à évaluer les gains ou les économies procurés par tel ou tel choix d’organisation.

Il est donc avéré que la dépense de santé est impactée par les modes d’organisation de la protection sociale, et que tous les modes ne se valent pas. Certains rendent la santé plus coûteuse que les autres.

Mais l’étude de France Stratégie évite précautionneusement d’ouvrir cette boîte de Pandore qui risquerait de mettre à mal les dogmes de la technostructure sur les vertus innombrables et infaillibles de la sécurité sociale. Il est donc moins rigoureux scientifiquement mais plus commode dans le petit monde de la bien-pensance étatique, de tordre la réalité en expliquant que tout se vaut, et en se dispensant de le prouver.

La comédie de la propagande officielle

Dans tous les cas, on prendra donc bien soin de ne pas prendre le papier de Cusset pour autre chose que ce qu’il est: à savoir un document de propagande sans rigueur scientifique, dont l’objet est d’expliquer que la santé est bien gérée en France et que la sécurité sociale est un système d’organisation qui n’a plus à être interrogé.

Bien entendu, quand on regarde les faits, on sait que c’est faux, et il existe un discours scientifique qui permet de l’établir. Mais les bienfaits politiques de la sécurité sociale, qui permettent de maintenir l’illusion d’une protection et qui produisent une déresponsabilisation, sont trop importants, aux yeux de la technostructure, pour être examinés librement.

 

La France face à la doctrine Trump et à la réaction de Macron

Passée quasi inaperçue en France, la doctrine Trump en matière de politique étrangère pose un véritable problème à la France. Comment, en effet, concilier à l’avenir nos engagements internationaux avec une vision du monde qui contreviennent à nos doctrines fondamentales? Face à la doctrine Trump, les réactions connues à ce stade d’Emmanuel Macron ne laissent pas augurer du meilleur…

En quoi consiste la doctrine Trump?

Trump vient de définir à l’occasion de trois rendez-vous les grands éléments de sa politique étrangère. Il faut tout particulièrement lire son discours de Ryad, dont il ressort clairement que la politique étrangère américaine sera « orientalisée » pendant au moins 4 ans. En comparaison, les conclusions du G7 et du sommet de l’OTAN prennent un tout autre sens. Il est en effet désormais assez évident que la politique américaine obéira à une logique reposant sur des schémas simples: alliance avec les monarchies sunnites, lutte contre les Rogue States (Syrie, Iran, Corée du Nord), réaffirmation de la politique anti-russe.

Pour le reste, les USA de Donald Trump devraient essentiellement s’inscrire dans une logique pragmatique de contrats et coopérations bilatérales, beaucoup plus que dans un univers structuré par des doctrines multilatérales, notamment sur le plan commercial. Autrement dit, Trump favorisera les alliances qui rapportent et freinera les grandes continuités comme l’OTAN, issues de la Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre Froide.

« We are adopting a Principled Realism, rooted in common values and shared interests. »
(Nous nous rallions au Principe de Réalité, fondé sur des valeurs communes et des intérêts partagés)
Donald Trump
Discours de Ryad

L’étonnant contre-sens de la doctrine Trump

La doctrine Trump repose sur d’étranges malentendus qui inspirent l’ensemble de la politique étrangère américaine depuis plusieurs années. Ceux-ci sont tous liés à la compréhension du sunnisme et de son rôle dans le désordre international.

Globalement, Donald Trump considère que les chiites sont les seuls responsables du terrorisme international. Selon lui, l’Iran est la principale cause de cet état de fait. On ne manquera pas de rester perplexe vis-à-vis de cette explication binaire où s’opposent le Bien et le Mal.

Le Bien, c’est l’Occident et l’Islam sunnite. Le Mal, c’est l’Iran et ses « produits dérivés »… y compris le terrorisme sunnite.

On en reste perplexe, dans la mesure où, sans le dire clairement, Trump a quand même reproché aux monarchies pétrolières de se montrer un peu trop bienveillantes avec les terroristes, et tout particulièrement avec Al-Qaeda et Daesh.

L’importance des contrats récupérés par les Américains à l’occasion du voyage à Ryad semble avoir convaincu Donald Trump de ne pas se montrer trop regardant sur la cohérence de sa doctrine.

« aucun projet d’éradication de cette menace ne sera complet sans mentionner le gouvernement qui apporte aux terroristes trois choses: un abri salutaire, un soutien financier et un contexte culturel nécessaire pour le recrutement. Ce régime est le responsable principal de l’instabilité dans la région. Je parle bien entendu de l’Iran. »
Donald Trump
Discours de Ryad

Macron face à la doctrine Trump

Face à la doctrine Trump, la réaction occidentale semble branler dans le manche, celle de la France y compris. S’il est un peu tôt pour juger de la totalité de la doctrine française dans ce dossier, plusieurs points appellent néanmoins l’attention.

Tout d’abord, Emmanuel Macron, comme les autres chefs d’États occidentaux, a souscrit à la doctrine du libre-échange réaffirmée au sommet du G7 à Taormina. Dans ces conditions, on voit bien que l’ordre occidental qui se dessine est celui d’un « achat » du droit à commercer avec les États-Unis en échange d’un maintien artificiel en vie de l’Alliance Atlantique, au besoin à un prix exorbitant et en acceptant toutes les compromissions possibles.

Ensuite, Emmanuel Macron a toujours affirmé sa préférence pour le multilatéralisme atlantiste. On le voit mal revenir sur ce point de doctrine sous prétexte que Donald Trump marque une évolution probablement durable de la position américaine. Une prise de position frileuse cadrerait mal avec l’exaltation de « l’ouverture » entendue pendant toute la campagne.

We acknowledge that free, fair and mutually beneficial trade and investment, while creating reciprocal benefits, are key engines for growth and job creation.
Sommet du G7
Taormina

La doctrine Trump menace nos intérêts vitaux

La doctrine Trump officialise une continuation en ordre orthogonale avec les discours de Trump durant sa campagne électorale. Le président américain rejoint désormais la ligne dure des faucons, obsédés par les Rogue States, dont l’Iran, et grands amateurs d’une alliance suicidaire avec les monarchies sunnites les plus rétrogrades.

Pour la France, cette orientation est mortifère pour plusieurs raisons.

D’une part, la stratégie américaine vise à créer un réseau de gouvernements sunnites inféodés à l’Arabie Saoudite qui sont au coeur de la contestation, sur notre sol, de la tradition républicaine. C’est en effet l’Arabie Saoudite qui abreuve depuis des années les mosquées les plus rétrogrades et les plus agitées par le fantasme du colonialisme français.

D’autre part, la stratégie américaine entre en collision frontale avec nos alliances historiques: la Syrie, l’Iran en partie, la Russie. La réaffirmation d’une ligne dure avec ces pays et notre alignement sans nuance sur ces positions dissoudra à court terme l’héritage dont nous sommes porteurs, et auquel nous devons une bonne part de notre influence dans le monde.

Vers un nouvel équilibre souverain

Le bon sens consiste donc à poser les bases d’une nouvelle donne dans nos relations internationales, en adoptant nous aussi le principe de réalité. Le sens de l’alliance atlantique ne peut durablement échapper à l’interrogation et à la remise à plat, dès lors que cette alliance nous oblige unilatéralement à suivre une politique dangereuse pour notre sécurité et contraire à nos intérêts vitaux.

GM&S: Le Maire réchauffe le capitalisme de connivence, par Eric Verhaeghe

Le capitalisme de connivence est-il l’horizon indépassable de la politique industrielle française, par-delà le blabla sur le « renouvellement jusqu’au bout »? La séquence qui vient d’occuper Bruno Le Maire laisse en tout cas à penser que celui qui voulait incarner le renouvellement à droite n’est pas équipé pour changer les logiciels français qui nous ont mené dans le mur.

Arc International, GM&S: deux facettes d’un même déclin

Dans la pratique, Arc International et GM&S souffrent toutes les deux du même mal. Ce sont deux entreprises familiales françaises qui, faute de financement suffisant, n’ont pu affronter la mondialisation. En l’absence de fonds de pension français susceptibles de les accompagner dans leur développement, elles ont toutes les deux fait appel, à reculons, à des capitaux étrangers. Dans les deux cas, cette entrée dans le capital s’est traduite par une perte de majorité, pour les familles, dans le capital d’origine.

Arc et GM&S, victimes directes de la sécurité sociale

On sait pourquoi la France ne s’est dotée de fonds de pension: elle a misé sur la retraite par répartition. Pour assurer le financement de plus en plus compliqué de celle-ci, la direction de la sécurité sociale a mené une guerre sans pitié à toute forme de capitalisation.

En ce sens, la sécurité sociale dévore ses assurés: pour apporter le maximum de cotisations et de ressources à un système sous tente à oxygène, l’État a tué toute possibilité d’affronter de façon durable la concurrence internationale et l’hyper-capital américain.

Comment le capitalisme de connivence cache la misère

Au lieu de dégager des espaces de financement pérenne de nos entreprises, la France préfère le choix du capitalisme de connivence: d’un côté, des politiques sociales démagogiques et destructrices pour l’emploi, de l’autre des capitaux en déclin qui se tiennent par la barbichette pour occulter la gravité de la situation. C’est à plein ce qu’utilise Bruno Le Maire aujourd’hui pour donner le sentiment qu’il agit.

Dans le cas d’Arc International, Bruno Le Maire a mobilisé la Caisse des Dépôts pour apporter 10 millions € et une garantie de l’État à un investisseur russe. Celui-ci s’est substitué en 2016 à un investisseur américain (PHP) qui n’avait pas tenu ses engagements, pourtant pris en 2014…

Dans le cas de GM&S, Bruno Le Maire a fait pression pour que Renault et Peugeot augmentent leurs commandes à l’usine. Cette pression est d’autant plus simple à exercer que l’État est actionnaire des deux grandes entreprises.

On le voit, la solution industrielle apportée par Bruno Le Maire repose chaque fois sur l’activation de ces leviers obsolètes que sont les décisions publiques.

La question du financement de l’investissement est cruciale

Reste que le sujet de fond continue à ne pas être abordé: comment assurer le financement des investissements dans nos entreprises pour qu’elles puissent affronter la concurrence mondiale? Comment assurer la compétitivité de nos appareils de production, sachant que le coût de la main-d’oeuvre en France est plus élevé que chez leurs concurrents étrangers?

Au-delà des décisions ponctuelles prises devant les caméras pour sauver provisoirement telle ou telle entreprise, le sujet de la désindustrialisation ou des délocalisations ne sera traité que si et seulement si la France se dote d’une capacité à financer l’investissement.

On mesure bien ici que la clé de voûte de cette capacité tient à un développement maîtrisé et raisonné de la retraite par capitalisation. Il ne s’agit pas, bien entendu, de supprimer la répartition. Il s’agit d’équilibrer nos systèmes pour permettre une politique industrielle durable.

Fustec (CGT): “Il y a un risque de débordement par la base”

Stéphane Fustec, secrétaire fédéral de la CGT Commerce, Distribution, Services, a reçu D&E pour faire le point du climat dans les 140 branches professionnelles que couvre son syndicat. Celles-ci sont relativement centrales dans l’horizon social actuel, puisqu’elles ont subi l’impact de la loi Macron sur le travail du dimanche.

Stéphane Fustec au coeur des batailles sociales d’aujourd’hui

Stéphane Fustec vient, au passage, de remporter une très belle victoire au Conseil d’État en obtenant l’annulation d’une partie de l’arrêté d’extension de la convention collective dans la branche mal connue mais sensible des entreprises privées des services à la personne. Cette branche concentre notamment les nouvelles formes d’emplois (comme les livreurs à vélo) et se situe aux premières loges de l’ubérisation.

La position de la CGT Services illustre de façon intéressante l’évolution du capitalisme contemporain, dans la mesure où elle fait face aux nouveaux statuts (par exemple celui d’auto-entrepreneurs, dont elle vient d’accepter la syndicalisation) qui bouleverse les formes d’emploi traditionnelles. Il faudra suivre avec attention dans les prochaines années les métamorphoses qui affecteront ces secteurs, souvent marqués par une très forte précarité.

 

 

Il faudra suivre avec attention l’évolution de la base ces prochaines semaines. Rien n’exclut en effet un mouvement social compliqué à gérer dans le contexte des ordonnances que le gouvernement s’apprête à faire passer.

Ce que le dossier GM&S dit des élites françaises et du libre-échange

En Creuse, dans l’obscure ville de La Souterraine, l’usine GM&S devrait fermer. L’affaire mérite qu’on s’y attarde, car elle illustre parfaitement les mutations profondes du capitalisme français depuis 50 ans et l’étonnante surdité des élites françaises face à ses impacts sociaux et géographiques.

GM&S, ou l’histoire du capitalisme français depuis les années 60

L’usine GM&S n’est pas née d’hier. Elle date même de 1962. À cette époque c’est la SOCOMEC qui installe une ligne de production de jouets électriques à La Souterraine. Voilà qui relève presque de l’archéologie industrielle française. La SOCOMEC se veut à l’époque une entreprise modèle, de taille moyenne, au capital français et à l’activité circonscrite au territoire national.

Sa propriétaire, la Société des Ateliers de Constructions Électromécaniques du Bas-Rhin, est née en 1922 sous la conduite de Joseph Siat. Elle compte 60 salariés en 1948 et s’enorgueillit de lancer le premier comité d’entreprise de France. Elle accueille une section syndicale en 1953. Elle illustre alors un capitalisme social ouvert à la participation des salariés. Elle entame un développement hors d’Alsace à partir de 1960.

Il faut attendre 1989 pour qu’un PDG non issu de la famille Siat soit nommé. Il s’agit de Bernard Steyert, qui pratique un essaimage à l’étranger: Angleterre, Italie, Allemagne, Argentine, Thaïlande, Inde, etc. Parallèlement, l’ère des fusions-acquisitions commencent, et le site de La Souterraine change de nom et de main dès 1989. Entre Euramec et Sepesa, l’usine, qui compte jusqu’à 600 salariés, entre dans la mondialisation à la française: conquête des nouveaux marchés et abandon progressif du marché intérieur français.

Premier rachat par Aries industries

En 1996, Aries Industries rachète l’entreprise et le site à SER, qui a absorbé la SOCOMEC. Voici ce qu’en disent les dirigeants à l’époque:

Dans ses ateliers limousins, SER emboutit notamment des éléments du plancher de la Mégane Scénic et la structure avant du Matra Espace. Au cours des dix-huit derniers mois, 56 % du chiffre d’affaires de SER ont été ainsi « réactivés « , selon l’expression du PDG, Jean-Pierre Wibrotte, mais ces nouvelles fabrications ont coûté cher en outillage et en investissement. L’usine de La Souterraine est restructurée et dotée d’une cataphorèse performante. Confronté aux aléas du marché de l’automobile, SER avait de plus en plus de mal à assurer seul son développement, d’autant que pour accompagner ses clients à l’étranger (Renault en Turquie, Ford aux Etats-Unis), il a dû investir lourdement.

On retrouve ici les différentes mamelles de la désindustrialisation française: la nécessité de faire face à la concurrence de pays étrangers à armes inégales, d’une part, le recours à des investissements lourds sans capital national pour les financer d’autre part.

À l’époque, Aries décide de supprimer 60 emplois sur le site. La Souterraine entre alors dans l’ère de la mondialisation délocalisante qui aboutit aujourd’hui à la fermeture du site.

Délocalisation à la britannique

En 1998, Wagon Automotives, un équipementier britannique, rachète le site et l’exploite jusqu’en 2006. Cette année-là est cruciale pour le site de La Souterraine, pour une double raison.

Sur le site, les ouvriers se mettent en grève pour obtenir une augmentation de salaires de 4,2% bruts par mois. Au niveau mondial, Wagon rachète Oxford Automotives et entame à son tour un grand cycle de transformation pour affronter la concurrence mondiale. Le choix est assez vite fait:

Après avoir racheté l’équipementier automobile britannique Oxford en mars dernier, Wagon Automotive cède trois de ses 13 unités françaises. Les salariés et représentants syndicaux des unités de Bessines (Haute-Vienne) et La Souterraine (Creuse) ont appris en fin de semaine dernière la mise en vente des deux usines implantées en Limousin. (…)

Depuis un mois l’effectif du groupe Wagon Oxford a doublé, passant de 4 000 à 8 000 salariés répartis sur 24 sites, dont 7 dans l’Hexagone, mais aussi en Turquie, Espagne, Italie, Chine et Tchéquie. Ce rachat avait provoqué une hausse de 54 % des actions de Wagon, groupe qui occupe à ce jour le 5ème rang européen.

On comprend la manoeuvre: on ouvre en Chine et Turquie, on ferme en France. La translation illustre là encore le malheur de la désindustrialisation en France: les sites sont rachetés par des entreprises étrangères et sont bourlingués à l’occasion d’une multitude d’opérations de croissance externe sans enracinement territorial, sans projet local.

2006: l’aventure Sonas

Au lieu de fermer le site, Wagon Oxford Automotives revend le site à l’un de ses cadres, David Cardwell, ex-directeur des produits spéciaux et de l’emboutissage. Celui-ci reprend les sites de Bessines et de La Souterraine et crée Sonas, en annonçant d’importants investissements. Mais, dans la pratique, l’opération est tuée dans l’oeuf par l’entreprise cédante. Les délais de rachat sont très courts (3 ans), et Cardwell négocie mal ses achats. L’entreprise est mise en liquidation judiciaire en 2008.

La faute à une mauvaise gestion, à la crise et à la hausse des matières premières comme l’acier qui a doublé en quelques années. De fait, David Cardwell a mal négocié les conditions de la reprise. Wagon lui a imposé un délai anormalement court – trois ans dans un secteur où les marges bénéficiaires sont de 2 ou 3% – pour rembourser le rachat de ses usines.

Étranglée par ses remboursements, Sonas ne dispose d’aucune trésorerie pour faire face à la crise. Surtout, Sonas n’a jamais exploré comme promis le ferroviaire ou l’industrie agricole. De fait, Sonas travaille pour Wagon et des grands constructeurs automobiles français.

La page Sonas illustre une nouvelle fois l’incapacité française à organiser des reprises de site intelligentes. Dans la pratique, Wagon Oxford s’est débarrassé vite fait de son site sans se préoccuper d’assurer une passation correcte d’activité. Le repreneur lui-même n’a pas mené à bien les missions qu’il s’était engagé à réussir.

La page Altia s’ouvre: le naufrage du capitalisme d’État

En 2009, le groupe Halberg reçoit du tribunal de Guéret l’autorisation de reprendre les sites de Bessines et de La Souterraine pour 750.000€. À La Souterraine, 314 des 360 salariés sont repris. En novembre 2009, Halberg devient Altia. Le rachat de Sonas pour une bouchée de pain illustre la stratégie du groupe, entièrement fondée sur de la cavalerie:

tout le monde voulait croire à cette aventure d’un trio de dirigeants – Patrice Durand, Nicole Cohen, Patrick Adolf – qui, à partir d’Eurodec et des décombres français du groupe allemand Halberg, a construit à marche forcée un conglomérat, implanté jusqu’en Pologne et au Brésil. En France, Altia a souvent fait son marché à la barre des tribunaux de commerce. «Ils étaient dans la fuite en avant. Avec une dette restructurée à trois reprises depuis 2005, et pas assez de fonds propres, Altia a surtout financé ses investissements par du crédit-bail, son besoin en fonds de roulement par de l’affacturage», explique un proche du dossier. Le chiffre d’affaires va plus que quintupler en six ans. Mais le trio manque de capitaux, comme souvent les entreprises de taille intermédiaire – ETI – en France.

Malgré cette fragilité, les dirigeants du groupe parviennent à embrigader des fonds publics dans l’aventure. La BPI, en particulier, apporte 5 millions € à l’ensemble et prend ainsi 20% de parts. Malgré cette intervention, Altia ne peut survivre durablement à ses montages financiers. En 2014, le groupe est mis en liquidation judiciaire. Entretemps, les syndicats dénoncent la saignée que la holding pratique dans ses filiales pour rembourser ses dettes.

Les salariés subissent de plein fouet les options idéologiques de la BPI et le naufrage du capitalisme d’État à la française. Celui-ci a nourri et couvert un montage financier sans avenir, dont les ouvriers du site sont les jouets involontaires.

Le montage vautour de Transatlantic Industries

Commence alors un ère de confusion. Le 11 avril 2014, le site est repris par Transatlantic Industries, une entreprise du Wyoming qui rachète pour 1€ des sites industriels en France, sans avoir les moyens de les redresser ni de les développer. L’aventure dure quelques semaines et c’est finalement le groupe italien GM&S Industry présidé par Gianpiero Colla qui reçoit du tribunal de commerce de Paris, le 1er décembre 2014, l’autorisation d’exploiter le site après une cession pour un montant de 3€. Le groupe italien est parvenu à convaincre tout le monde qu’il dispose d’un projet industriel solide. Il s’engage à conserver 280 postes. Le site de Bessines est cédé au français Steva.

GM&S, une autre montage vautour?

D’emblée, c’est l’entreprise automobile donneuse d’ordres dont l’État est actionnaire, Renault, qui se montre la plus réticente à aider le site. Alors que Peugeot maintient ses commandes, Renault ne conserve que 70% du volume initial.

On trouve ici une autre particularité du capitalisme d’État à la française: le cynisme et le manque d’engagement. L’examen de la situation en Creuse montre bien que, pour la deuxième fois, l’intervention de l’État est annonciatrice de catastrophe et qu’il ne faut surtout pas compter sur l’administration pour obtenir une aide utile.

Le repreneur a-t-il trop peu investi et trop peu prospecté comme l’indiquent les syndicats? Dans la pratique, la situation semble beaucoup plus nuancée. En octobre 2015, soit quelques mois après la reprise, le directeur de l’entreprise expliquait:

« Nous sommes en surcapacité en terme de presse, de soudure et de cataphorèse, concède Jean-François Fargeton. Mais nous souhaitons tout conserver dans un premier temps en attendant de voir comment l’on rebondit car cela peut constituer un atout ».

Si certains incriminent les nouveaux propriétaires, ceux-ci peuvent en tout cas attester du fait qu’ils ont parié sur le rebonds de l’entreprise avant de l’abandonner définitivement. Manifestement, celle-ci n’est pas parvenue à conquérir de nouveaux marchés, alors même qu’un démarchage local a tenté d’y parvenir.

L’État a-t-il sabordé GM&S?

La question insidieuse est de savoir si l’État, avec son incompétence et ses errements, a abandonné ou non GM&S à son sort. On aurait pu imaginer en effet que, courant 2015 ou 2016 (moment où Emmanuel Macron était ministre de l’Économie au demeurant), l’État actionnaire de Renault oblige celle-ci à maintenir son niveau de commandes antérieur à GM&S, là où Peugeot répondait à cette attente.

Le sujet qui est posé ici (au-delà de la responsabilité personnelle du nouveau Président à l’époque où il était ministre) est bien celle, très concrètes, de la capacité des services de l’État à dégager une stratégie industrielle à long terme répondant aux enjeux de la mondialisation. Or il apparaît clairement que cette mondialisation consiste à mettre des entreprises françaises alourdies par les contraintes socio-fiscales et réglementaires directes en concurrence directe avec des entreprises étrangères, sans qu’il n’existe une vue globale pour répondre à leur défis capitalistiques ou sociaux.

Le libre-échange est-il en cause? ou bien sont-ce nos élites?

Sur le fond, le sujet GM&S illustre à merveille et de façon très concrète la question du libre-échange et de sa pertinence. Faut-il mettre en place des protections contre la concurrence étrangère afin de sauver GM&S? On voit bien qu’il faut ici distinguer l’idée d’une politique industrielle nationale qui vise à maintenir l’appareil productif en vie face aux marchés étrangers, et l’idée d’un protectionnisme.

Dans la pratique, il paraît en effet souhaitable que la France se dote d’une politique industrielle soutenable, destinée à préserver l’existence d’un appareil de production manufacturière sur son sol. Je sais que, notamment parmi certains énarques, cette option ne va pas de soi et que beaucoup ont accepté comme une donnée brute la désindustrialisation du pays, au profit de sa financiarisation à outrance.

Cette option est le grand tabou que personne ne discute mais qui constitue la vraie trahison des clercs dans notre siècle.

En revanche, on mesure immédiatement que le protectionnisme n’a aucun avenir dans un univers où les donneurs d’ordres sont mondialisés. Dès lors qu’une entreprise comme GM&S doit aussi bien fournir des clients sur le sol national que des clients étrangers, on voit bien que l’entreprise serait autant condamnée par le protectionnisme qu’elle ne l’est par une mondialisation sans politique industrielle réfléchie.

En réalité, la balle est dans le camp des élites. Elles seules peuvent réorienter les politiques publiques pour les activer, c’est-à-dire pour arrêter de payer le prix de la désindustrialisation là où celle-ci n’est prévenue par aucune stratégie d’ensemble. Pour y parvenir, il faut évidemment penser la France autrement que comme un havre bobo où l’ouvrier n’a plus sa place, et même où il apparaît comme un anachronisme absurde.

Ce que le dossier GM&S dit des élites françaises et du libre-échange

En Creuse, dans l’obscure ville de La Souterraine, l’usine GM&S devrait fermer. L’affaire mérite qu’on s’y attarde, car elle illustre parfaitement les mutations profondes du capitalisme français depuis 50 ans et l’étonnante surdité des élites françaises face à ses impacts sociaux et géographiques.

GM&S, ou l’histoire du capitalisme français depuis les années 60

L’usine GM&S n’est pas née d’hier. Elle date même de 1962. À cette époque c’est la SOCOMEC qui installe une ligne de production de jouets électriques à La Souterraine. Voilà qui relève presque de l’archéologie industrielle française. La SOCOMEC se veut à l’époque une entreprise modèle, de taille moyenne, au capital français et à l’activité circonscrite au territoire national.

Sa propriétaire, la Société des Ateliers de Constructions Électromécaniques du Bas-Rhin, est née en 1922 sous la conduite de Joseph Siat. Elle compte 60 salariés en 1948 et s’enorgueillit de lancer le premier comité d’entreprise de France. Elle accueille une section syndicale en 1953. Elle illustre alors un capitalisme social ouvert à la participation des salariés. Elle entame un développement hors d’Alsace à partir de 1960.

Il faut attendre 1989 pour qu’un PDG non issu de la famille Siat soit nommé. Il s’agit de Bernard Steyert, qui pratique un essaimage à l’étranger: Angleterre, Italie, Allemagne, Argentine, Thaïlande, Inde, etc. Parallèlement, l’ère des fusions-acquisitions commencent, et le site de La Souterraine change de nom et de main dès 1989. Entre Euramec et Sepesa, l’usine, qui compte jusqu’à 600 salariés, entre dans la mondialisation à la française: conquête des nouveaux marchés et abandon progressif du marché intérieur français.

Premier rachat par Aries industries

En 1996, Aries Industries rachète l’entreprise et le site à SER, qui a absorbé la SOCOMEC. Voici ce qu’en disent les dirigeants à l’époque:

Dans ses ateliers limousins, SER emboutit notamment des éléments du plancher de la Mégane Scénic et la structure avant du Matra Espace. Au cours des dix-huit derniers mois, 56 % du chiffre d’affaires de SER ont été ainsi « réactivés « , selon l’expression du PDG, Jean-Pierre Wibrotte, mais ces nouvelles fabrications ont coûté cher en outillage et en investissement. L’usine de La Souterraine est restructurée et dotée d’une cataphorèse performante. Confronté aux aléas du marché de l’automobile, SER avait de plus en plus de mal à assurer seul son développement, d’autant que pour accompagner ses clients à l’étranger (Renault en Turquie, Ford aux Etats-Unis), il a dû investir lourdement.

On retrouve ici les différentes mamelles de la désindustrialisation française: la nécessité de faire face à la concurrence de pays étrangers à armes inégales, d’une part, le recours à des investissements lourds sans capital national pour les financer d’autre part.

À l’époque, Aries décide de supprimer 60 emplois sur le site. La Souterraine entre alors dans l’ère de la mondialisation délocalisante qui aboutit aujourd’hui à la fermeture du site.

Délocalisation à la britannique

En 1998, Wagon Automotives, un équipementier britannique, rachète le site et l’exploite jusqu’en 2006. Cette année-là est cruciale pour le site de La Souterraine, pour une double raison.

Sur le site, les ouvriers se mettent en grève pour obtenir une augmentation de salaires de 4,2% bruts par mois. Au niveau mondial, Wagon rachète Oxford Automotives et entame à son tour un grand cycle de transformation pour affronter la concurrence mondiale. Le choix est assez vite fait:

Après avoir racheté l’équipementier automobile britannique Oxford en mars dernier, Wagon Automotive cède trois de ses 13 unités françaises. Les salariés et représentants syndicaux des unités de Bessines (Haute-Vienne) et La Souterraine (Creuse) ont appris en fin de semaine dernière la mise en vente des deux usines implantées en Limousin. (…)

Depuis un mois l’effectif du groupe Wagon Oxford a doublé, passant de 4 000 à 8 000 salariés répartis sur 24 sites, dont 7 dans l’Hexagone, mais aussi en Turquie, Espagne, Italie, Chine et Tchéquie. Ce rachat avait provoqué une hausse de 54 % des actions de Wagon, groupe qui occupe à ce jour le 5ème rang européen.

On comprend la manoeuvre: on ouvre en Chine et Turquie, on ferme en France. La translation illustre là encore le malheur de la désindustrialisation en France: les sites sont rachetés par des entreprises étrangères et sont bourlingués à l’occasion d’une multitude d’opérations de croissance externe sans enracinement territorial, sans projet local.

2006: l’aventure Sonas

Au lieu de fermer le site, Wagon Oxford Automotives revend le site à l’un de ses cadres, David Cardwell, ex-directeur des produits spéciaux et de l’emboutissage. Celui-ci reprend les sites de Bessines et de La Souterraine et crée Sonas, en annonçant d’importants investissements. Mais, dans la pratique, l’opération est tuée dans l’oeuf par l’entreprise cédante. Les délais de rachat sont très courts (3 ans), et Cardwell négocie mal ses achats. L’entreprise est mise en liquidation judiciaire en 2008.

La faute à une mauvaise gestion, à la crise et à la hausse des matières premières comme l’acier qui a doublé en quelques années. De fait, David Cardwell a mal négocié les conditions de la reprise. Wagon lui a imposé un délai anormalement court – trois ans dans un secteur où les marges bénéficiaires sont de 2 ou 3% – pour rembourser le rachat de ses usines.

Étranglée par ses remboursements, Sonas ne dispose d’aucune trésorerie pour faire face à la crise. Surtout, Sonas n’a jamais exploré comme promis le ferroviaire ou l’industrie agricole. De fait, Sonas travaille pour Wagon et des grands constructeurs automobiles français.

La page Sonas illustre une nouvelle fois l’incapacité française à organiser des reprises de site intelligentes. Dans la pratique, Wagon Oxford s’est débarrassé vite fait de son site sans se préoccuper d’assurer une passation correcte d’activité. Le repreneur lui-même n’a pas mené à bien les missions qu’il s’était engagé à réussir.

La page Altia s’ouvre: le naufrage du capitalisme d’État

En 2009, le groupe Halberg reçoit du tribunal de Guéret l’autorisation de reprendre les sites de Bessines et de La Souterraine pour 750.000€. À La Souterraine, 314 des 360 salariés sont repris. En novembre 2009, Halberg devient Altia. Le rachat de Sonas pour une bouchée de pain illustre la stratégie du groupe, entièrement fondée sur de la cavalerie:

tout le monde voulait croire à cette aventure d’un trio de dirigeants – Patrice Durand, Nicole Cohen, Patrick Adolf – qui, à partir d’Eurodec et des décombres français du groupe allemand Halberg, a construit à marche forcée un conglomérat, implanté jusqu’en Pologne et au Brésil. En France, Altia a souvent fait son marché à la barre des tribunaux de commerce. «Ils étaient dans la fuite en avant. Avec une dette restructurée à trois reprises depuis 2005, et pas assez de fonds propres, Altia a surtout financé ses investissements par du crédit-bail, son besoin en fonds de roulement par de l’affacturage», explique un proche du dossier. Le chiffre d’affaires va plus que quintupler en six ans. Mais le trio manque de capitaux, comme souvent les entreprises de taille intermédiaire – ETI – en France.

Malgré cette fragilité, les dirigeants du groupe parviennent à embrigader des fonds publics dans l’aventure. La BPI, en particulier, apporte 5 millions € à l’ensemble et prend ainsi 20% de parts. Malgré cette intervention, Altia ne peut survivre durablement à ses montages financiers. En 2014, le groupe est mis en liquidation judiciaire. Entretemps, les syndicats dénoncent la saignée que la holding pratique dans ses filiales pour rembourser ses dettes.

Les salariés subissent de plein fouet les options idéologiques de la BPI et le naufrage du capitalisme d’État à la française. Celui-ci a nourri et couvert un montage financier sans avenir, dont les ouvriers du site sont les jouets involontaires.

Le montage vautour de Transatlantic Industries

Commence alors un ère de confusion. Le 11 avril 2014, le site est repris par Transatlantic Industries, une entreprise du Wyoming qui rachète pour 1€ des sites industriels en France, sans avoir les moyens de les redresser ni de les développer. L’aventure dure quelques semaines et c’est finalement le groupe italien GM&S Industry présidé par Gianpiero Colla qui reçoit du tribunal de commerce de Paris, le 1er décembre 2014, l’autorisation d’exploiter le site après une cession pour un montant de 3€. Le groupe italien est parvenu à convaincre tout le monde qu’il dispose d’un projet industriel solide. Il s’engage à conserver 280 postes. Le site de Bessines est cédé au français Steva.

GM&S, une autre montage vautour?

D’emblée, c’est l’entreprise automobile donneuse d’ordres dont l’État est actionnaire, Renault, qui se montre la plus réticente à aider le site. Alors que Peugeot maintient ses commandes, Renault ne conserve que 70% du volume initial.

On trouve ici une autre particularité du capitalisme d’État à la française: le cynisme et le manque d’engagement. L’examen de la situation en Creuse montre bien que, pour la deuxième fois, l’intervention de l’État est annonciatrice de catastrophe et qu’il ne faut surtout pas compter sur l’administration pour obtenir une aide utile.

Le repreneur a-t-il trop peu investi et trop peu prospecté comme l’indiquent les syndicats? Dans la pratique, la situation semble beaucoup plus nuancée. En octobre 2015, soit quelques mois après la reprise, le directeur de l’entreprise expliquait:

« Nous sommes en surcapacité en terme de presse, de soudure et de cataphorèse, concède Jean-François Fargeton. Mais nous souhaitons tout conserver dans un premier temps en attendant de voir comment l’on rebondit car cela peut constituer un atout ».

Si certains incriminent les nouveaux propriétaires, ceux-ci peuvent en tout cas attester du fait qu’ils ont parié sur le rebonds de l’entreprise avant de l’abandonner définitivement. Manifestement, celle-ci n’est pas parvenue à conquérir de nouveaux marchés, alors même qu’un démarchage local a tenté d’y parvenir.

L’État a-t-il sabordé GM&S?

La question insidieuse est de savoir si l’État, avec son incompétence et ses errements, a abandonné ou non GM&S à son sort. On aurait pu imaginer en effet que, courant 2015 ou 2016 (moment où Emmanuel Macron était ministre de l’Économie au demeurant), l’État actionnaire de Renault oblige celle-ci à maintenir son niveau de commandes antérieur à GM&S, là où Peugeot répondait à cette attente.

Le sujet qui est posé ici (au-delà de la responsabilité personnelle du nouveau Président à l’époque où il était ministre) est bien celle, très concrètes, de la capacité des services de l’État à dégager une stratégie industrielle à long terme répondant aux enjeux de la mondialisation. Or il apparaît clairement que cette mondialisation consiste à mettre des entreprises françaises alourdies par les contraintes socio-fiscales et réglementaires directes en concurrence directe avec des entreprises étrangères, sans qu’il n’existe une vue globale pour répondre à leur défis capitalistiques ou sociaux.

Le libre-échange est-il en cause? ou bien sont-ce nos élites?

Sur le fond, le sujet GM&S illustre à merveille et de façon très concrète la question du libre-échange et de sa pertinence. Faut-il mettre en place des protections contre la concurrence étrangère afin de sauver GM&S? On voit bien qu’il faut ici distinguer l’idée d’une politique industrielle nationale qui vise à maintenir l’appareil productif en vie face aux marchés étrangers, et l’idée d’un protectionnisme.

Dans la pratique, il paraît en effet souhaitable que la France se dote d’une politique industrielle soutenable, destinée à préserver l’existence d’un appareil de production manufacturière sur son sol. Je sais que, notamment parmi certains énarques, cette option ne va pas de soi et que beaucoup ont accepté comme une donnée brute la désindustrialisation du pays, au profit de sa financiarisation à outrance.

Cette option est le grand tabou que personne ne discute mais qui constitue la vraie trahison des clercs dans notre siècle.

En revanche, on mesure immédiatement que le protectionnisme n’a aucun avenir dans un univers où les donneurs d’ordres sont mondialisés. Dès lors qu’une entreprise comme GM&S doit aussi bien fournir des clients sur le sol national que des clients étrangers, on voit bien que l’entreprise serait autant condamnée par le protectionnisme qu’elle ne l’est par une mondialisation sans politique industrielle réfléchie.

En réalité, la balle est dans le camp des élites. Elles seules peuvent réorienter les politiques publiques pour les activer, c’est-à-dire pour arrêter de payer le prix de la désindustrialisation là où celle-ci n’est prévenue par aucune stratégie d’ensemble. Pour y parvenir, il faut évidemment penser la France autrement que comme un havre bobo où l’ouvrier n’a plus sa place, et même où il apparaît comme un anachronisme absurde.

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