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Catégorie : Actualité

Les épiceries musulmanes bientôt expulsées des bâtiments HLM?

Les épiceries musulmanes qui ne vendent ni vin ni porc peuvent-elles bénéficier d’un bail pour un commerce d’alimentation générale consenti par un organisme HLM? Le tribunal d’instance de Nanterre, saisi par l’office HLM de Colombes, vient de soutenir le contraire. La décision fera date.

L’office HLM de Colombes avait saisi le tribunal d’instance au nom de la laïcité. Il avait en effet consenti un bail pour un commerce d’alimentation générale auprès de la société Anadolu Distribution. Finalement, le commerce ne vendait ni porc ni boissons alcoolisées. Le rayon frais ne proposait que des produits halal. Le magasin vendait également des tableaux représentant des versets coraniques et de la vaisselle orientale.

L’office HLM a donc mis en avant le caractère confessionnel de ce commerce et demandé la résiliation du bail en arguant qu’il ne s’agissait plus d’un commerce d’alimentation générale.

Une épicerie musulmane n’est pas un commerce d’alimentation générale

Le tribunal d’instance de Nanterre a suivi l’office HLM dans sa demande, en considérant qu’une épicerie musulmane ne peut être considérée comme généraliste.

Le jugement affirme notamment que la société Anadolu Distribution ne répond pas « aux besoins de tous les habitants du quartier […], la majorité des produits mis en vente étant des produits orientaux confessionnels »« Le local ne comporte pas de rayon de vente de vins et d’alcool », détaille le jugement et « la société locataire propose à la vente des tableaux de prières rédigés en langue arabe ». « La vente de produits destinés non pas à toute la clientèle mais à des acheteurs spécifiques (produits halal, produits orientaux) est restrictive et ne correspond pas à la notion d’alimentation générale ».

Reste à savoir si l’office HLM de Colombes trouvera des commerçants « généralistes » pour remplacer Anadolu Distribution, dont le gérant fait appel.

Paris Habitat abrite-t-il des commerces confessionnels?

Au passage, il serait intéressant de vérifier si le plus grand organisme HLM de France, Paris Habitat, prête le flanc aux mêmes critiques en abritant des commerces confessionnels. Une petite vérification s’impose…

Notre-Dame-des-Landes: les zadistes et les écologistes sont-ils des nostalgiques de Vichy?

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes devrait revenir dans l’actualité ces jours-ci avec la remise du rapport conclusif sur la solution à suivre par le gouvernement pour « sortir du dossier ». Une fois de plus, deux gauches irréconciliables devraient s’affronter sur le terrain. Pour bien comprendre l’affrontement, il faut revenir aux origines vychistes des zadistes et autres écologistes.

Il existe un paradoxe étonnant autour de l’affaire de Notre-Dame-des-Landes. On doit en effet essentiellement à la gauche la responsabilité d’avoir relancé ce projet de construction. Et on doit à la gauche le mérite de s’y opposer avec le plus de virulence. Tout se passe comme si la construction de ce nouvel aéroport divisait deux gauches irréconciliables.

Notre-Dame-des-Landes et la gauche post-marxiste

C’est lors d’une réunion interministérielle du 26 octobre 2000 que Lionel Jospin décide de donner corps à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. À l’époque, le ministre de l’Équipement est un communiste: Jean-Claude Gayssot. Entre Jospin, l’ancien trotskyste, et Gayssot, l’ancien stalinien, on voit bien le poids de la gauche post-marxiste dans la décision.

Ici, la gauche historique donne la pleine mesure de son inclination envers les grands travaux publics, les projets pharaoniques. En un seul programme, c’est la foi dans le progrès par la technique, credo structurant de cette gauche-là, qui s’exprime.

Notre-Dame-des-Landes et la gauche vichyste

Le 31 décembre 2010, le décret accordant la concession de l’aéroport est publié. Il annonce le début des travaux… et de la mobilisation sur la ZAD (zone d’aménagement différé). Commence alors un long combat mené par les zadistes et écologistes de nombreux poils.

On s’attarde trop rarement sur la filiation idéologique de cette gauche radicale aussi appelée ultra-gauche, qui n’hésite pas à recourir à la violence pour empêcher des aménagements jugés trop « libéraux ».

L’objet de cet article est de revenir précisément aux filiations intellectuelles de ce mouvement.

L’éloge de la terre par les chouans contemporains…

Il faut lire les publications des zadistes pour comprendre l’inspiration idéologique de leur mouvement. On reprendra quelques textes du précieux site Paroles de campagne animé par des zadistes pour mieux comprendre d’où viennent ces chouans contemporains.

L’expression de « chouans contemporains » est utilisée ici à dessein car il est impossible de ne pas percevoir la parenté entre ces paysans de l’Ouest qui prenaient les armes contre l’ordre central sous la Révolution et ces paysans qui décident de cultiver la ZAD pour entraver un programme interministériel. Le mouvement chouan a rassemblé des agriculteurs en armes. Le mouvement zadiste a ramené à la terre un certain nombre de militants armés.

Beaucoup d’entre eux se présentent d’abord comme paysans.

L’éloge de l’agriculteur comme fondement de la société

En parcourant la littérature zadiste, on retrouve à chaque page une conviction bien ancrée: cultiver la « terre nourricière » est bien plus utile à la société que le progrès industriel.

Dans un article très signifiant du 5 novembre 2016, Sylvie, paysanne de Notre-Dame-des-Landes, écrit par exemple:

Les politiques au plus haut niveau n’ont rien compris aux enjeux que porte cette lutte : quelle terre et quelle société laisserons nous à nos enfants ? Il faut sauvegarder toutes les terres nourricières  pour nourrir sainement notre population. Il faut garder les bocages et terres humides, sources de biodiversité, hélas déjà en régression. Notre mode de développement est à bout de souffle, il accroit les inégalités, augmente la précarité et exclut les plus faibles et les plus jeunes.

Ce sont bien deux visions antagonistes du développement humain qui s’affrontent. D’un côté, les « pro-aéroports » convaincus par un modèle de développement « à bout de souffle ». De l’autre, les partisans de la biodiversité pétris d’une conviction intime: l’avenir passe par la terre.

Les zadistes et le mythe de la sérénité agricole

On notera d’ailleurs que la même Sylvie ne manque pas une occasion de mettre en avant la « sérénité » du mouvement zadiste et du mode de vie qu’il prône. Sur ce point, on lira avec attention un article qu’elle a produit le 5 octobre 2013, et qui illustre bien le cadre psychique du combat des zadistes:

Pour nous agriculteurs de la zone, cela nous motive, car cultiver la terre c’est poursuivre notre métier, alors que depuis 1974, le Conseil Général a compté sur le développement des friches pour ouvrir la voie aux bulldozers.

Nous avions aussi, depuis longtemps, la forte volonté de gérer collectivement les terres libérées par les départs de voisins, et là, enfin, nous y arrivons au moins en partie.

Dans les cultures mises en place, une partie sera conduite en culture classique et la majorité sans intrants sur tout le cycle. Ce choix respecte les différentes pratiques agricoles sur la zad et traduit notre diversité et notre capacité à lutter ensemble. (…)

Une bonne vingtaine de tracteurs, on va dire 24, sont venus travailler. Le labour est difficile car la terre manque d’eau, mais les semis se font très bien. Vers 18h00, cette bonne journée de travail se termine dans la sérénité.

Pour les zadistes, la remise en culture des terres laissées en friche, le recours à une organisation collective pour mener à bien le projet, sont une forme structurante d’expression politique. Dans une certaine mesure, on peut même dire que l’un des piliers du zadisme repose sur la remise en culture collective des terres destinées à faire partie du futur aéroport. Cette action concertée est au coeur d’une « sérénité systémique ».

Le zadisme et ses relents vichystes

L’idée d’un salut collectif par la remise en culture de terres abandonnées est loin d’être neuve en France. La conviction que le modèle français de développement passe par un retour à la terre a même connu une sorte de summum avec le régime de Vichy dont on aura la surprise de relire certaines de ses pages d’anthologie.

Par exemple, l’une des premières lois adoptées sous Vichy, celle du 27 août 1940, prévoyait un inventaire des terres et des exploitations abandonnées. La loi avait d’ailleurs prévu un droit d’installation dans ces exploitations.

Cette disposition n’était pas seulement anecdotique ou symbolique. La difficulté des temps rendait cruciale la relance de la production agricole dans un pays saigné par l’occupation, où près de 15% de la main d’oeuvre était mise entre parenthèses par l’emprisonnement en Allemagne. Mais au-delà même de cette simple circonstance, la doctrine de Vichy était fondamentalement « ruraliste » et méfiante vis-à-vis de l’industrialisation.

Il est assez curieux de voir, soixante-dix ans après Vichy, la même geste, les mêmes mécanismes d’émotion collective, opérer dans les esprits. La terre ne ment pas!

Zadistes et vichystes unis dans leur critique du libéralisme

Au demeurant, certains parallèles méritent d’être dressés, parce qu’ils en disent long sur la filiation directe qui existe entre la pensée collective qui fit Vichy et celui qui compose aujourd’hui le zadisme.

Ainsi, l’ACIPA (ASSOCIATION CITOYENNE INTERCOMMUNALE DES POPULATIONS CONCERNEES PAR LE PROJET D’AEROPORT DE NOTRE DAME DES LANDES), par l’intermédiaire de Michel Berjon, écrit-elle en réponse au livre de Jacques Auxiette, alors président de région:

Votre croyance naïve est affichée en gros sur la couverture de votre livre.  Les “Je crois” reviennent 12 fois au fil des 90 pages. Tout est question de foi dans un avenir radieux du libéralisme productiviste.

On ne manquera pas ici de rapprocher l’antilibéralisme des zadistes qui affleure à chaque coin de page avec celui proclamé par Philippe Pétain dans son discours sur l’ordre nouveau du 11 octobre 1940 (voir de larges extraits ci-contre):

Le régime économique de ces dernières années faisait apparaître les mêmes imperfections et les mêmes contradictions que le régime politique : sur le plan parlementaire, apparence de liberté. Sur le plan de la production et des échanges, apparence de libéralisme, mais, en fait, asservissement aux puissances d’argent et recours de plus en plus large aux interventions de l’État.

L’idée profondément ancrée selon laquelle la meilleure façon de combattre le libéralisme, émanant des puissances d’argent, passe par un retour à la terre, par une remise en culture des terres laissées en friche par les industriels, n’est donc pas neuve. Propagée aujourd’hui par les zadistes (et quelques autres), elle fut théorisée par le régime de Vichy.

La terre nourricière, le mythe tenace de Vichy à l’ultra-gauche

En poussant l’analyse plus loin, on pourrait même relever l’étrange parenté entre des pans importants du discours écologiste contemporain et l’idéologie qui a porté Vichy pendant cinq ans. Derrière le grand mythe de l’humanité écologique rôde en effet la défiance profonde vis-à-vis du progrès technique et de l’industrialisation qui a animé les expériences autoritaires ou totalitaires des régimes nationalistes.

Ainsi, Vichy a fait l’apologie du retour à la terre. Les nazis ont adulé le « peuple de la forêt ». Mussolini a mis en scène la mise en culture de nombreuses terres laissées en friche en Italie. À des degrés divers, ces discours ont réhabilité une proximité entre l’espèce humaine et la nature que les doctrines productivistes avaient contestée.

On cherchera donc volontiers du côté du nationalisme et des mouvements autoritaires anti-libéraux les références fondamentales du zadisme et de l’écologie au sens large.

La ligne de fracture au sein de la gauche

Ceci ne signifie pas, bien entendu, que l’écologie contemporaine soit un avatar de Vichy ou ne soit qu’un simple avatar de Vichy. En revanche, c’est une naïveté française de croire qu’il existe une frontière imperméable entre la doctrine de Vichy et les mouvements politiques contemporains, y compris d’extrême gauche. Disons même qu’à de nombreux égards la transmission de la sensibilité vichyste s’est révélée plus simple à gauche qu’à droite, dans la mesure où la droite est agitée par une conscience coupable sur ce sujet, quand la gauche a très tôt revendiqué l’héritage monopolistique de la résistance.

Or Vichy fut avant tout un mouvement étatiste-conservateur dans lequel la critique du progrès qui agite l’extrême-gauche peut assez facilement se retrouver et ne manque pas une occasion d’y puiser, souvent inconsciemment, une large palette de discours ou d’idées.

Pour la frange libérale de la gauche, pour la frange productiviste, il y a là une réconciliation difficile à trouver. Les prochains débats sur Notre-Dame-des-Landes devraient le confirmer: l’antagonisme entre l’ultra-gauche « terrienne » et post-vichyste d’un côté, la gauche libérale et urbaine de l’autre, devrait être brutal.

Français,

La France a connu, il y a quatre mois, l’une des plus grandes défaites de son histoire. Cette défaite a de nombreuses causes, mais toutes ne sont pas d’ordre technique. Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique.

Ce régime, pourtant, beaucoup d’entre vous l’aimaient.

Votant tous les quatre ans, vous vous donniez l’impression d’être les citoyens libres d’un État libre, aussi vous étonnerai-je en vous disant que jamais, dans l’histoire de la France, l’État n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années.

Asservi de diverses manières : successivement, et parfois simultanément, par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales prétendant, fallacieusement, représenter la classe ouvrière. (…)

Le régime économique de ces dernières années faisait apparaître les mêmes imperfections et les mêmes contradictions que le régime politique : sur le plan parlementaire, apparence de liberté. Sur le plan de la production et des échanges, apparence de libéralisme, mais, en fait, asservissement aux puissances d’argent et recours de plus en plus large aux interventions de l’État.

Cette dégradation du libéralisme économique s’explique d’ailleurs aisément.

La libre concurrence était, à la fois, le ressort et le régulateur du régime libéral. Le jour où les coalitions et les trusts brisèrent ce mécanisme essentiel, la production et les prix furent livrés, sans défense, à l’esprit de lucre et de spéculation.

Ainsi se déroulait ce spectacle révoltant de millions d’hommes manquant du nécessaire en face de stocks invendus et même détruits dans le seul dessein de soutenir le cours des matières premières. Ainsi s’annonçait la crise mondiale.

Devant la faillite universelle de l’économie libérale, presque tous les peuples se sont engagés dans la voie d’une économie nouvelle. Nous devons nous y engager à notre tour et, par notre énergie et notre foi, regagner le temps perdu.

Deux principes essentiels nous guideront : l’économie doit être organisée et contrôlée. La coordination par l’État des activités privées doit briser la puissance des trusts et leur pouvoir de corruption. Bien loin donc de brider l’initiative individuelle, l’économie doit la libérer de ses entraves actuelles en la subordonnant à l’intérêt national. La monnaie doit être au service de l’économie, elle doit permettre le plein essor de la production, dans la stabilité des prix et des salaires.

Une monnaie saine est, avant tout, une monnaie qui permet de satisfaire aux besoins des hommes. Notre nouveau système monétaire ne devra donc affecter l’or qu’à la garantie des règlements extérieurs. Il mesurera la circulation intérieure aux nécessités de la production.

Un tel système implique un double contrôle : sur le plan international, contrôle du commerce extérieur et des changes pour subordonner aux nécessités nationales l’emploi des signes monétaires sur les marchés étrangers ; sur le plan intérieur, contrôle vigilant de la consommation et des prix, afin de maîtriser le pouvoir d’achat de la monnaie, d’empêcher les dépenses excessives et d’apporter plus de justice dans la répartition des produits.

Ce système ne porte aucune atteinte à la liberté des hommes, si ce n’est à la liberté de ceux qui spéculent, soit par intérêt personnel, soit par intérêt politique.

Philippe Pétain, discours du 11 octobre 1940

Assurance-maladie: la Cour des Comptes veut accélérer l’étatisation de la santé

La Cour des Comptes vient de rendre un important rapport sur l’avenir de l’assurance-maladie. Au diagnostic sombre qui est dressé sur notre système de protection sociale obligatoire, la Cour propose des remèdes étatistes. Il est pourtant urgent d’ouvrir un débat de fond sur le modèle de société que nous voulons vraiment…

On reconnaîtra à la Cour des Comptes le mérite d’avoir replacé le déficit systémique de l’assurance maladie dans son histoire. Comme le rappelle la Cour, à sa création en 1945, l’assurance maladie gérait essentiellement des indemnités journalières. La physionomie de cette assurance sociale est aujourd’hui bouleversée, puisque l’essentiel de sa dépense est directement lié à l’étatisation de la santé: remboursements de soins hospitaliers (souvent publics) et des consultations médicales constituent les gros morceaux d’un dispositif qui transfère plus de 10% du PIB chaque année.

Les faiblesses de ce système sont très bien épinglées par la Cour. La dépense augmente, et l’intelligence unique de l’assurance maladie peine à les modérer, et surtout à les rendre plus efficientes. D’où, une machinerie complexe, extrêmement coûteuse, aux performances incertaines.

La fin du « meilleur système du monde »

Il fut un temps encore récent où la sécurité sociale était présentée, au moins dans le domaine de la santé, comme le meilleur système du monde. La lecture du rapport de la Cour ramène ces vieux souvenirs à un modelé plus contemporain et moins rose.

En plus de deux cents pages, la Cour égrène les points de faiblesse d’un système qui paraît incontrôlable aujourd’hui. Non seulement, la réforme des hôpitaux est ingérable, mais la médecine de ville est devenue un mille-feuilles administratif impossible à piloter.

En réalité, c’est le procès de la gouvernance qui est dressé par la Cour. Et le problème de la gouvernance n’est pas celui des hommes qui la font, mais son principe même. Une énorme machinerie de plus de 200 milliards € avec plus d’un million de salariés sous-traitants ne peut être structurellement performante.

La nécessaire mise en question d’un modèle

N’importe quel esprit responsable ne peut en effet qu’interroger avec discernement la viabilité d’un édifice aussi complexe et dépourvu de concurrence. Alors que tous les autres pays européens ont introduit de la concurrence dans leurs dispositifs pour améliorer la performance de leur santé publique, la France s’arc-boute sur un modèle sclérosé qui tend asymptotiquement à un immense monopole d’État.

Il semble salutaire aujourd’hui d’interroger cette étatisation de la santé aussi massive que l’étatisation de l’éducation. De même que l’enquête PISA montre année après année, l’implosion en cours du système éducatif français, dans l’indifférence manifeste de nos élites, la Cour des Comptes dresse un constat photographique du naufrage sanitaire français. Deux politiques publiques, un même mal, un même échec.

De ce naufrage, le quasi-consentement collectif fabriqué par la bien-pensance sur le rationnement des traitements contre le cancer donne un parfait exemple de la singularité française dans ce domaine. Tout se passe comme si, au-delà de l’intérêt sanitaire des Français, il existait un enjeu politique majeur à préserver une forme d’assurance sociale dont les limites sont devenues évidentes. Et tout se passe comme si la préservation de ce système politique passait avant la santé des assurés.

Le paradoxe de la Cour des Comptes

On s’étonnera ici que la Cour des Comptes n’ait pas pris l’initiative de poser les questions qui fâchent. Ainsi, la Cour déplore l’immobilisme de l’assurance maladie (et du gouvernement) en matière de médecine de ville et de restructuration des hôpitaux.

Elle en conclut cette idée étrange (page 64):

Pour y parvenir, il est nécessaire de renforcer les moyens d’action des ARS qui se sont affaiblis ou n’ont pas été utilisés à hauteur de ce qui serait nécessaire comme l’a montré la Cour. La planification des soins, qui souffre de l’absence de chiffrage et de précision dans ses objectifs, doit être renforcée, en lui fixant des cibles explicites et chiffrées sur la base d’une réflexion nationale sur l’adaptation des moyens aux besoins de soins.

Et un peu plus loin:

Les normes de fonctionnement et seuils d’activité doivent s’inscrire plus clairement dans une logique de concentration et de graduation de l’offre de soins en fonction de l’état de santé et des besoins des patients de manière à mieux garantir la qualité et la sécurité des prises en charge.

Autrement dit, là où la centralisation et l’étatisation sont devenus des handicaps qui mettent le système en péril, la riposte doit passer par… plus d’étatisation et plus de centralisation. Soit aggraver le mal pour mieux le soigner.

On nous permettra d’être sceptique.

L’État fait-il un bon assureur santé?

Reste que la question fondamentale est tenace et têtue. L’État fait-il un bon assureur santé? Est-il « équipé » pour exercer ce métier?

Le paradoxe de la Cour des Comptes est évidemment d’énumérer avec rigueur tous les défauts, toutes les faillites de l’État dans ce rôle, tout en proposant de le renforcer. On comprend les présupposés idéologiques qui poussent les magistrats à ne pas poser la question qui gêne. Mais pourtant, il faut bien un jour se rendre aux évidences et avoir le courage de dire que l’État est nu.

Sur le fond, il existe pourtant un problème qu’on ne pourra éternellement esquiver. Le métier d’assureur suppose un management efficace du risque, qui passe par un savant mixte entre prévention, mitigation, acceptation et transfert. Aujourd’hui, la sécurité sociale est essentiellement un organisme de transfert du risque (d’où la phrase si souvent entendue dans le métro: « j’ai cotisé, donc j’ai droit à des arrêts maladie en échange de mes cotisations »), qui pratique peu la prévention et proclame ouvertement son absence de recours à la mitigation.

Ainsi, la théorie populiste du « zéro reste à charge » vise bien à faire croire que la santé est un « guichet ouvert » à utiliser sans modération et sans discernement. C’est le contraire même du métier d’assureur que de mettre cet objectif en avant.

Face à ces contradictions insolubles, le bon sens revendique aujourd’hui de mettre en question la légitimité de l’État pour s’occuper de notre santé.

Les mouvements à l’œuvre lancent un défi particulièrement difficile à relever pour l’organisation de l’assurance maladie, héritée de son histoire, où à l’origine l’essentiel de la dépense était constituée des indemnités journalières. Ils impliquent en effet presque tous un renchérissement considérable des coûts de la santé alors même que, du fait de l’affaiblissement de la croissance et de la situation des finances publiques, son financement s’annonce de plus en plus difficile. Pour maintenir, voire continuer à améliorer la qualité des prestations offertes sans accroître sensiblement le niveau de prélèvement sur la richesse nationale, il n’est donc d’autre voie que l’amélioration de l’efficience des dépenses. Celle-ci est possible, et les marges de manœuvre qu’elle est susceptible de dégager sont largement à même d’atteindre les buts qui lui sont fixés. L’articulation plus claire entre assurance maladie obligatoire et assurances complémentaires peut améliorer la gestion du risque, réduire les coûts de gestion et les dépassements d’honoraires. Une politique conventionnelle redéfinie peut contribuer à un fonctionnement du système de soins plus pertinent et moins onéreux.

Chic! la sécu rembourse mal les médicaments contre le cancer

Les médicaments contre le cancer sont mal remboursés par la sécurité sociale alors que le Doliprane l’est intégralement! Et tout le monde semble s’en féliciter. C’est le paradoxe le plus stupéfiant d’un système auto-proclamé « le meilleur du monde ».

Il fallait lire la presse subventionnée aujourd’hui et sa façon d’évoquer la décision de rembourser le Keytruda et l’Opdivo par le régime général. Ces deux anti-cancéreux révolutionnaires permettent d’améliorer fortement l’espérance de vie des malades.

Les Échos ont titré: « Sécurité sociale : la facture des nouveaux anticancéreux sera contenue ». La Tribune, qui défendait beaucoup à une époque la Grèce martyrisée par l’Allemagne, a offert un titre encore plus direct: « L’immunothérapie va continuer à peser sur les comptes de la Sécu ».

On rêve! Il existe donc des titres qui revendiquent ouvertement l’intérêt de limiter le remboursement des anti-cancéreux… Il paraît pourtant que la sécurité sociale est le meilleur système de protection sociale du monde.

La sécu française en retard par rapport aux autres pays

On lira avec intérêt la dépêche AFP sur le sujet, curieusement publiée par la presse étrangère, mais peu reprise en France. La dépêche commet cette phrase révélatrice:

La France rejoint désormais la majorité des pays d’Europe de l’Ouest où ce traitement est remboursé en « première ligne » (c’est-à-dire en tant que premier traitement administré) pour le cancer du poumon.

Autrement dit, notre sécurité sociale, présentée comme un modèle de perfection, est en retard sur la plupart des pays européens en matière de remboursement de Keytruda dans le traitement contre le cancer du poumon. Aucun des défenseurs de la « sécu », synonyme paraît-il d’intérêt général et de protection des assurés, ne semble s’indigner de ce décalage par rapport aux pays qui n’ont pas la chance d’avoir la même sécu que nous.

Pourtant, ce cas de figure montre bien que notre sécu prend très mal en charge le cancer. Il montre aussi que les pays qui ne sont pas handicapés par une sécurité sociale publique et monopolistique soignent mieux leurs assurés.

La tarification des actes par la sécu menace-t-elle la santé des assurés?

Merck, qui produit le Keytruda a, au passage, cette réflexion intéressante: le médicament coûte cher, mais il consomme peu de prestations hospitalières. Cette immunothérapie demande une simple injection intraveineuse de 30 minutes toutes les trois semaines. On est loin de l’infrastructure lourde de la chimiothérapie.

Autrement dit, le coût des soins profite aux laboratoires pharmaceutiques, mais ne rapportent pratiquement rien aux hôpitaux qui doivent remplir leurs lits et occuper un personnel coûteux. Les mauvais esprits liront donc entre les lignes les raisons du retard à l’allumage de la sécurité sociale face à l’immunothérapie: elle pose un problème social et économique, dans la mesure où elle met en péril la rentabilité hospitalière.

La technique de tarification à l’activité se retourne ici très clairement contre la santé des patients.

Pendant ce temps, le Doliprane est remboursé intégralement…

La même édition des Échos proposait un article (citant le Monde) sur les médicaments les plus remboursés par la sécurité sociale. On y découvre que le remboursement du Doliprane (dont la boîte est vendue 1 euro…) coûte à la sécurité sociale environ 200 millions d’euros par an. Rappelons que le Doliprane, produit par Sanofi, est en vente libre.

On parle de 200 millions de remboursement pour ce médicament. Le montant n’intègre pas le coût des consultations que certains mauvais coucheurs sollicitent pour se faire prescrire un médicament qui ne coûte pas plus cher qu’une baguette. Selon toute vraisemblance, la chaîne de remboursement du Doliprane doit coûter à peu près aussi cher que les 460 millions prévus pour rembourser le Keytruda.

La sécurité sociale, instrument démagogique ou sanitaire?

Dans ces conditions, on se pose forcément la question: pourquoi rationne-t-on le remboursement de médicaments qui sauvent des vies, et pourquoi continue-t-on à rembourser des médicaments à un euro qui relèvent de la bobologie? Pourquoi, alors que la sécurité sociale est en déficit permanent, mobilise-t-on beaucoup de moyens pour des risques insignifiants en sacrifiant les moyens consacrés au risque lourd?

La raison est simple, mais elle n’est pas ni médicale ni sanitaire. Elle est politique. Dérembourser le Doliprane, c’est montrer à des centaines de milliers d’électeurs qu’on dégrade leur confort. Ne pas rembourser l’immunothérapie contre le cancer du poumon, c’est tuer 3.000 personnes, ce qui, électoralement, correspond seulement à un ou deux bureaux de vote.

Ici, on touche le mécanisme profond qui explique l’attachement de nombreux élus à la sécurité sociale telle qu’elle dysfonctionne. Il ne s’agit pas de protéger les assurés contre la maladie. Il s’agit de soigner sa popularité en vue des prochaines élections.

La sécurité sociale n’assure pas les citoyens. Elle achète seulement leurs voix.

Quand féministes et autres minoritaires transforment Paris en mouroir petit-bourgeois

Progressivement, Paris se transforme en mouroir petit-bourgeois… Un phénomène désolant qu’Emmanuel Macron devrait nourrir encore avec ses dernières annonces sur la lutte contre la violence faite aux femmes… Quelques exemples illustrés!

La vidéo que je produis ici se passe un soir de semaine, vers 23 heures, en haut de la rue de Belleville (circonscription de Mounir Mahjoubi). Deux Roumains s’y sont installés sous une tente, au nom de l’accueil des « réfugiés » qui échappent à la guerre, antienne inlassablement répétée par les bobos. Soyons francs: l’afflux de réfugiés à Paris et l’interdiction des campements dans la ville produit une dissémination de ces pauvres hères dans tout l’Est parisien, participant à la dégradation du cadre de vie des quartiers où le mètre carré est le moins cher.

Forcément, ces réfugiés, qui campent toute la journée sous une minuscule tente (qui leur laisse le temps de ruminer leur hargne contre tous ces riches qui les entourent), vivent de la mendicité. Leur problème est que non seulement ils transforment leur environnement en dépotoir à ciel ouvert, mais ils sont particulièrement agressifs le soir vis-à-vis des passants qui, comme moi, refusent de leur donner de l’argent.

La scène que j’ai filmée suit immédiatement un refus d’aumône. Je me suis évidemment fait insulter et me suis entendu dire: « Rentre chez toi, fils de pute ». J’ai donc sorti le téléphone portable pour immortaliser ce moment qui laisse planer peu d’ambiguïtés sur l’ambition de grand remplacement qui anime ces nouveaux venus.

La passivité totale de la police

J’ai, dans la foulée, appelé la police pour qu’elle intervienne. Mon interlocuteur de police de secours m’a raccroché au nez, en m’indiquant que si je n’avais pas été frappé, la police n’avait aucune raison d’intervenir. Et là tu comprends que le service public qui pleurniche à longueur de journée sur son manque de moyens n’a, dans le même temps, absolument rien à cirer du contribuable et de ses attentes.

Toujours plus, disait de Closets en son temps. Donnez-nous de beaux commissariats avec des salles de repos sympas, mais ne nous demandez surtout pas de bosser…

L’extravagant délit d’outrage sexuel

Je n’aurais probablement pas écrit ce papier ni produit cette vidéo si je n’avais pas entendu Emmanuel Macron annoncer la création d’une ligne directe permanente avec la police pour les femmes qui se font insulter dans la rue. Cette invention baroque à mettre au compte des féministes obligera la police à répondre, en ligne directe, à toutes les femmes qui subissent un outrage dans la rue.

J’imagine d’ici les conversations avec les impétrantes.

– Monsieur l’agent, je viens de me faire insulter dans la rue!

– Ah bon? vous a-t-il traitée de « sale pute »? vous a-t-il dit « je veux coucher avec toi salope »? Ah! il vous a juste dit « rentre chez toi sale Française et nique ta race? » Alors je vous renvoie sur Police Secours, nous ne sommes pas compétents pour les agressions ordinaires.

Si l’on ajoute à cela que le Président considère que la police de proximité qu’il veut mettre en place aura pour première utilité de lutter contre l’outrage fait aux femmes, la boucle est bouclée. Car l’injure sexiste généralisée n’est qu’un épiphénomène d’une politique suicidaire d’accueil émotionnel, sans discernement, sans subtilité, sans règle qu’on a décidé de continuer. On veut bien des gros misogynes qui ont tété le lait de la soumission féminine en lisant le Coran, mais à condition qu’il respecte les codes imposés par les féministes. Pour le reste, ils peuvent bien nous insulter, battre nos pavés en y posant leurs tentes et leurs ordures, en urinant sur nos murs, tout cela ne concerne pas la police.

Il faut détester les citoyens ordinaires et ne jamais mettre les pieds dans leurs quartiers pour annoncer de telles mesures.

Quand les pouvoirs publics organisent l’incivilité dans les rues

C’est évidemment un signe des temps que d’entendre dans la bouche d’un Président de la République l’annonce triomphale d’un nouveau délit lié à la vie quotidienne. Personne n’ose le dire, mais l’essentiel de ces incivilités est produit par la coexistence avec des « minorités visibles » dont les « réfugiés » qui envahissent les rues et transformeraient volontiers les villes que nous avons mis plusieurs centaines d’années, parfois plusieurs milliers d’années à bâtir, en un petit chez eux pas cher.

Cela ne signifie pas que l’injure sexiste n’existe pas chez les mâles blancs. Mais l’actualité a montré qu’elle ne choisit pas les rues pour s’exprimer. Elle préfère l’atmosphère ouatée des bureaux ou des ascenseurs qui grimpent vers les studios de télévision ou de cinéma. L’injure de rue est une pratique plutôt réservée à tous ceux qui viennent de civilisation où les femmes n’ont pas le droit de sortir de chez elle sans voile.

Évidemment, la doxa bobo qualifie ces propos réalistes et évidents de « racistes » ou autres noms dont le simple prononcé suffit à couvrir d’opprobre la personne qu’ils désignent.

Ici, nous devons pourtant nous poser une question: pourquoi créer des délits fantaisistes qui immobiliseront de précieuses forces de police nécessaires sur d’autres fronts, tout en créant une iconographie parfaitement hypocrite sur l’accueil des réfugiés? Pourquoi ceux qui qualifient de « racistes » tous ceux qui disent la vérité des migrants aujourd’hui, de ce qu’est leur coexistence au jour le jour avec eux, en viennent-ils aujourd’hui à criminaliser la vie quotidienne au lieu de traiter le mal à la racine?

Cette question est peut-être sans réponse. Il n’en reste pas moins que la dégradation de l’ambiance quotidienne dans nos rues est d’abord le produit d’un choix public. Et, à Paris, la responsabilité de ce choix en revient directement à la maire et à son entourage, qui adorent l’accueil des réfugiés… dans les quartiers qu’ils n’habitent pas (bien entendu).

Une dégradation manifeste dans tout l’Est parisien

Je lis hier dans le Figaro que les habitants du quartier de Lariboisière, près de la sordide gare du Nord, ont manifesté dans les rues pour protester contre la dégradation de leur cadre de vie. L’installation au forceps d’une salle de shoot n’est toujours pas passée.

La maire d’arrondissement les a reçus pour leur dire que, c’est vrai, leur quartier n’est pas fringant, mais qu’il est quand même mieux qu’avant. Elle s’appelle Alexandra Cordebard. Elle enseigne à l’EHESS, institution universitaire d’élite.

On ne se lasse pas de ce discours des élus qui vous expliquent qu’ils savent mieux que vous ce qu’il faut penser et ressentir. Il est du même ordre que celui de tous les bobos qui vous soutiennent que votre enfer quotidien est en réalité un paradis mais, comme vous êtes limité intellectuellement, ou fasciste, ou nazi, vous ne vous en êtes pas aperçu. Dans tous les cas, le problème, ce n’est pas l’emmerdement maximal que vous subissez chaque jour, le problème, c’est vous.

Mécanique bien connue de tous ceux qui s’intéressent à Big Brother.

Une stratégie de Grand Remplacement dans l’Est parisien?

Reste que Paris pose une question particulière. Anne Hidalgo et son équipe imposent au pas de charge une politique très ciblée sur les bobos et les fonctionnaires les plus intégristes. Dans la pratique, tous ceux qui ont des enfants, une voiture pour aller travailler, un investissement dans un quartier « moyen » (à moins de 8.000€/m2), c’est-à-dire très souvent l’Est parisien, s’aperçoivent qu’ils n’ont plus leur place dans la ville. Coincés entre des hyper-bourgeois, des barres HLM et des communautés de plus en plus fermées, ils sont priés de rester chez eux après dix-neuf heures et de raser les murs quand ils sortent.

Toute cette classe moyenne est priée de déménager si elle n’est pas contente. On comprend bien le raisonnement par ellipse qui se cache derrière la brutalité du comportement. Depuis les présidentielles, Anne Hidalgo a compris que la forteresse socialiste que Delanoé avait bâtie dans l’Est parisien lui a échappé. En dehors du vingtième arrondissement (largement épargné par les délires hidalgiens au demeurant), tout le boboland s’est rangé du côté de Macron.

La maire dispose d’à peine deux ans pour réaliser un nettoyage sociologique ciblé dans ces quartiers: faire partir tout ce qui ressemble à un cadre du privé susceptible de voter Macron, et accélérer l’implantation de doctrinologues PS, tous ces instituteurs, ces professeurs de collège, ces journalistes subventionnés qui idolâtrent le « vivre ensemble » et détestent l’initiative individuelle. On ne s’étonnera donc pas de voir la maire prendre, dans les mois qui viennent, des positions extrêmes pour rendre invivable la ville à tous ceux qui n’ont pas la foi bobo chevillée au corps.

Vers un mouroir petit-bourgeois

Du coup, la ville se teinte peu à peu aux couleurs de l’idéal existentiel porté par les instituteurs de l’école publique contemporaine et autres avatars obsolètes du vingtième siècle.

Il ne faut pas sortir tard le soir car on n’a pas les moyens d’aller au restaurant, et il faut se lever tôt pour être dans la classe le lendemain. D’où la clôture progressive de la ville sur elle-même, qui dissuade les banlieusards de prendre la voiture pour casser une croûte dans une brasserie après le boulot. D’où ce grand vide dans la plupart de nos restaurants aujourd’hui. D’où l’idéalisation des pistes cyclables empruntées par les livreurs de repas à domicile: restez chez vous, citoyens! ne vivez plus la collectivité de la ville!

Il faut dénoncer tous les errements de l’industrie agro-alimentaire, automobile, chimique et autres monstrueuses entreprises qui exploitent de pauvres ouvriers. Donc, on pollue les quartiers centraux (très à droite) au lieu de polluer les voies sur berge, pour diminuer le flot des voitures venues de banlieue. On chasse ainsi peu à peu les bureaux, les sièges sociaux, les entreprises, pour ne garder que les services publics. Sans le dire, Paris se ferme à l’activité lucrative et ne garde sur son territoire que la fonction administrative. Une ville de fonctionnaires vote plus sûrement Anne Hidalgo qu’une ville de salariés.

Il faut polariser, peu à peu, les quartiers. Ne gardez que les très riches, surtout s’ils sont qataris et ne votent pas à Paris, ou Américains, ou Britanniques, et les très pauvres, qui n’ont pas de conscience politique et ne votent pas non plus. D’où cette stratégie d’ouverture des portes aux « réfugiés », dont on dit qu’ils sont souvent des déboutés du droit d’asile en Allemagne. Dans les autres quartiers, tout est fait pour attirer le touriste, jusqu’à rendre leur fréquentation étouffante pour les natifs.

Progressivement, donc, Paris devient une ville fantôme, une ville musée, une ville refuge pour la misère du monde, une ville ghetto pour les grandes fortunes. Le « vivre ensemble » est une expression galvaudée qui serait plus honnête et sincère si elle s’appelait le « vivre côte-à-côte ».

Et ce mélange, ce brassage que nous aimions dans Paris est un souvenir qui pâlit dans nos mémoires.

Les ordonnances sèment la pagaille dans les milliards de la prévoyance

La prévoyance de branche est un héritage direct des accords AGIRC de 1947, qui obligeaient les entreprises à consacrer 1,5% de la masse salariale à des contrats d’assurance pour les cadres. Beaucoup de branches avaient désigné un assureur unique par souci de « solidarité ». Les ordonnances sortent la prévoyance du champ futur de compétence des branches professionnelles.

Un temps, on avait cru que le lobbying intense des organisations syndicales (qui se financent parfois discrètement par la désignation d’un assureur unique en prévoyance) parviendrait à imposer la prévoyance de branche. Et puis… patatras! les ordonnances bouleversent l’ordre des choses et ne devraient pas revenir sur la mort programmée de la « solidarité de branche ».

Le rôle futur des branches

On notera dans l’encadré ci-contre le nouveau rôle des branches défini par les texte, à savoir le nouvel article L2241-1 du code du travail.

Celui-ci prévoit une négociation quadriennale sur les salaires, l’égalité hommes-femmes, le gestion prévisionnelle des emplois et la pénibilité (sous sa nouvelle appellation), sur le handicap, la formation professionnelle, les classifications et les plans d’épargne retraite. De la prévoyance, qui génère plusieurs dizaines de milliards chaque année, on ne parle point.

La rédaction des ordonnances prévoit que ces dispositions sont d’ordre public. On ne pourra donc y déroger ni positivement, ni négativement.

Emmanuel Macron clôt ici un cycle ouvert à la Libération où les partenaires sociaux considéraient volontiers que la branche était un aspect « d’affectio societatis » où l’on pouvait unifier les conditions salariales en imposant un contrat unique à toutes les entreprises.

La prévoyance, désormais apanage de l’entreprise

Il faut désormais aller fouiller dans les dispositions supplétives de la négociation d’entreprise, c’est-à-dire hors ordre public, pour trouver trace de la prévoyance. Celle-ci est régie par l’article L. 2242-17 qui traite de la négociation annuelle sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail.

L’alinéa 5 de l’article précise donc que « Les modalités de définition d’un régime de prévoyance et, dans des conditions au moins aussi favorables que celles prévues à l’article L. 911-7 du code de la sécurité sociale, d’un régime de remboursements complémentaires de frais occasionnés par une maladie, une maternité ou un accident, à défaut de couverture par un accord de branche ou un accord d’entreprise.  »

La place de la branche dans la prévoyance de demain

Les formulations retenues par les textes des ordonnances risquent de faire couler beaucoup d’encre.

D’une part, on voit mal comment de nouveaux accords de branche pourraient intervenir dans le domaine de la prévoyance. Celle-ci ne fait en effet plus partie des prérogatives des branches.

D’autre part, l’ordonnance prévoit que la prévoyance d’entreprise ne peut créer un « régime » qu’en l’absence d’accord de branche ou d’entreprise.

Le flou du texte ouvre la porte à de nombreux contentieux. On en retiendra ici une interprétation pratique: les régimes de branche existants ne sont pas remis en cause. En revanche, il n’est plus possible d’en créer de nouveaux.

Pour le reste, la prévoyance devient une compétence d’entreprise.

« Section 1
« Ordre public

« Art. L. 2241-1.-Les organisations liées par une convention de branche ou, à défaut, par des accords professionnels se réunissent, au moins une fois tous les quatre ans pour les thèmes mentionnés aux 1° à 5° et au moins une fois tous les cinq ans pour les thèmes mentionnés aux 6° et 7°, pour négocier :
« 1° Sur les salaires ;
« 2° Sur les mesures tendant à assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et sur les mesures de rattrapage tendant à remédier aux inégalités constatées ;
« 3° Sur les conditions de travail, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, et sur la prise en compte des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels énumérés à l’article L. 4161-1 ;
« 4° Sur les mesures tendant à l’insertion professionnelle et au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés ;
« 5° Sur les priorités, les objectifs et les moyens de la formation professionnelle des salariés ;
« 6° Sur l’examen de la nécessité de réviser les classifications ;
« 7° Sur l’institution d’un ou plusieurs plans d’épargne interentreprises ou plans d’épargne pour la retraite collectifs interentreprises lorsqu’il n’existe aucun accord conclu à ce niveau en la matière.

Travail détaché: les polémiques protectionnistes vont repartir

Le travail détaché devrait encore faire parler de lui et susciter de nombreuses polémiques protectionnistes. Dans la foulée d’un article de Leïla de Comarmond dans les Échos, l’AFP a en effet demandé à la direction générale du travail confirmation d’une hausse de 25% du nombre de travailleurs détachés en 2016. Parallèlement, les transporteurs routiers bloquent les frontières pour protester contre leur exclusion de la réforme.

Il y a quelques semaines, la presse subventionnée a lancé des titres triomphaux sur les avancées obtenues, paraît-il, par Emmanuel Macron sur le travail détaché. Nous avions alors fait part de notre scepticisme sur la portée de ces gains diplomatiques.

Manifestement, ce scepticisme est aujourd’hui confirmé par les faits. Les transporteurs routiers bloquent en effet les frontières pour protester (tardivement) contre l’une des conclusions du sommet européen: l’exclusion du transport routier hors du champ de la nouvelle directive. Mais on n’est pas au bout de ces conclusions en trompe-l’oeil.

Polémiques protectionnistes en vue

Dans la foulée, la presse a indiqué que le nombre de travailleurs détachés en France avoisinait en 2016 les 350.000 salariés. Le phénomène augmente alors que le chômage est au plus haut.

Une fois de plus, les polémiques protectionnistes devraient faire rage et éviter les vrais sujets: pourquoi un employeur préfère-t-il recruter un salarié polonais pour une mission temporaire, alors qu’il existe 3,5 millions de chômeurs en France qu’on peut faire travailler 35 heures maximum par semaine en versant un euro à la sécurité sociale chaque fois qu’on lui verse une euro de salaire (dès lors qu’on a prouvé qu’on n’avait pratiqué aucune discrimination à l’embauche)? S’agissant des missions temporaires, on ajoutera que le Français en question ne peut être licencié pendant son contrat court, dont le coût est majoré de 10% pour indemniser la précarité. Dans ces conditions, il faut vraiment être mauvais coucheur pour lui préférer le Polonais, le Roumain, le Slovène et même l’Allemand qui a le mauvais goût de penser que son salaire est versé en échange d’une production.

Au passage, on écoutera les donneurs de leçons europhiles et eurolâtres expliquer que le détachement, qui procède de l’idéal communautaire de libre circulation des personnes, est un vice. Les mêmes oublieront de rappeler que la France compte plus de 150.000 travailleurs français détachés en Europe. Et ils n’hésiteront à demander pour les autres des mesures qui pénaliseront les Français partis à l’étranger. Tout cela au nom de l’ouverture sur l’autre, bien entendu.

On ne manquera pas de suivre ces polémiques, donc.

Retraites complémentaires: le paritarisme est-il vraiment sauvé?

Nous livrons aujourd’hui notre deuxième article sur les retraites complémentaires et leur réforme actée par les partenaires sociaux vendredi dernier. Nous nous intéressons aujourd’hui au « sauvetage » du paritarisme proclamé par Claude Tendil, chef de file patronal, au sortir de la séance de négociation.

Claude Tendil a-t-il raison de dire que l’accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017 sur les retraites complémentaires a sauvé le paritarisme? Oui, en apparence. Mais, en réalité, c’est à terme le contraire qui pourrait se produire.

Le paritarisme sauvé par sa capacité à se réformer

On se souvient que fin 2014 la Cour des Comptes avait tempêté sur l’avenir des retraites complémentaires. Celles-ci sont en effet intégrées au calcul de la dépense publique, mais échappent au contrôle du législateur. La Cour avait alors expliqué qu’une loi de financement de la protection sociale devrait reprendre la main sur ces régimes qui s’abritent derrière la garantie de l’État, mais qui fonctionnent comme des électrons libres.

À l’époque de ce rapport, les comptes des régimes se dégradaient à vue d’oeil, et certaines organisations syndicales répugnaient à trancher dans le vif. Il faut reconnaître à Claude Tendil le mérite d’avoir réussi un premier accord qui resserrait les boulons en 2016. Il réussit aujourd’hui un accord de fusion qui met sur pied un pilotage « automatique » salutaire.

Dans la pratique, ce pilotage automatique vise à permettre au conseil d’administration de l’AGIR-ARRCO de prendre lui-même un certain nombre de mesures conservatoires pour équilibrer les comptes sans avoir à convoquer une négociation interprofessionnelle. La méthode a fait hurler la CGT, mais elle évite les blocages complexes qu’une négociation promet.

Concrètement, les mesures de rééquilibrage seront décidées à la majorité du conseil d’administration des caisses. Ce processus devrait faciliter et dédramatiser les ajustements nécessaires pour revenir à l’équilibre. Tous les 4 ans, les partenaires sociaux se retrouveront pour adopter des mesures nouvelles si besoin est.

De ce point de vue, l’accord du 17 novembre restaure bien la crédibilité des partenaires sociaux et « sauve le paritarisme » à un moment où Emmanuel Macron s’apprête à étatiser l’UNEDIC. La menace a porté.

Vers une étatisation future?

Il n’en reste pas moins que le résultat de l’accord est loin d’être anodin.

D’une part, l’AGIRC et l’ARRCO seront fusionnés et ne feront plus qu’un. L’ensemble « retraites complémentaires » se transforme de fait en un deuxième pilier unique, monolithique, de retraite en France, avec des règles du jeu par répartition et par points.

D’autre part, le pilotage automatique voulu par le MEDEF ressemble furieusement à ce que Macron pourrait mettre en place pour le régime général lors de son deuxième mandat. La retraite notionnelle évoquée durant la campagne électorale fonctionne en effet sur ce triple principe: de la répartition, par points, avec des stabilisateurs annuels qui évitent les dérives.

D’où la question qui se posera forcément lorsque le régime général sera réformé: pourquoi ne pas le fusionner avec le second pilier? Le régime général comme l’ARRCO fonctionnent en effet sur la tranche A et pratiqueront, le jour J, le même métier.

Autrement dit, l’accord du 17 novembre neutralise toutes les raisons qui peuvent encore exister aujourd’hui de ne pas fusionner les régimes complémentaires avec le régime général.

Mais qui absorbera l’autre?

Si tout le monde est bien conscient que le sauvetage immédiat du paritarisme est un prélude à une meilleure absorption par le régime général, une autre hypothèse a les faveurs du monde patronal: pourquoi les régimes complémentaires n’absorberaient-ils pas le régime général? L’espoir fait vivre diront certains, tant le tropisme étatiste est fort au sein des marcheurs.

Si l’on admet l’hypothèse que nous sommes ici sur des mouvements lents: la réforme systémique ne prendra sans doute pas forme avant la fin du deuxième quinquennat de Macron, nul ne peut aujourd’hui se prononcer sur ses contours exacts, alors, tout est possible. Ce possible est surtout ouvert si le successeur de Macron se révèle plus libéral, ce qui n’est pas garanti.

En route vers un futur deuxième pilier ouvert?

À l’horizon 2025 donc, si les régimes complémentaires étaient d’une façon ou d’une autre adossés au régime général, à quoi ressemblera le monde de la retraite collective en France? Selon toute vraisemblance, et sur le modèle de l’Allemagne ou de la Suisse, la France aura sans doute la tentation de créer un nouvel étage de retraite collective.

Le bon sens laisse à penser que cet étage fonctionnera par accords d’entreprise et ressemblera à une généralisation de l’épargne-retraite actuelle, avec une amélioration substantielle de son environnement fiscal. Le gouvernement devra arbitrer d’ici là sur l’allocation des avantages fiscaux entre assurance-vie et assurance-retraite, ce qui suppose au passage une moindre pression sur les achats de dette souveraine.

Mais ces sujets sont encore, en apparence du moins très loin de nous.

Le négociateur pour le Medef, Claude Tendil a qualifié l’accord de « très satisfaisant ». « On a sauvé le paritarisme, les retraites complémentaires, mis en place un système de pilotage qui me paraît performant », a-t-il ajouté à l’issue de la rencontre.

Les rats à Paris vus par une enfant de 4 ans: et ça se passe en 2017!

Les rats ont envahi Paris et semblent laisser Anne Hidalgo dans une impuissance totale. Paris 2017, qu’on se le dise, c’est une ville qui parle beaucoup de pollution dans les beaux quartiers, qui interdit les voitures trop anciennes, qui limite la place de l’automobile dans les rues… et qui laisse libre cours aux rats là où les enfants jouent. Un témoignage éloquent.

J’ai donc demandé à ma fille Astrée, 4 ans, de parler de son expérience des rats à Paris. Et soudain on découvre que les enfants de nos écoles primaires sont parfaitement informés et conscients de leur coexistence avec ces délicieux petits rongeurs.

Mais qu’avons-nous pour que la ville qui accueillera les Jeux Olympiques en 2024, qui est dirigée par tant de donneurs de leçons et d’imprécateurs de la pureté écologique nous condamnent à vivre dans cette insalubrité?

Pourtant, à en juger par la hausse constante des impôts locaux, on ne peut pas dire que la ville manque de moyens.

On distinguera tout particulièrement l’insalubrité du 19è arrondissement et de la place des Fêtes, dont le secrétaire d’État au numérique, Mounir Mahjoubi, est devenu le député (éphémère, puisqu’il a immédiatement cédé sa place à sa suppléante, Delphine O, soeur du trésorier de campagne d’Emmanuel Macron).

Pour mémoire, on estime à 5 millions d’individus la population des rats à Paris.

Retraites complémentaires: l’erreur historique de la CGT

Les partenaires sociaux ont signé vendredi un accord majeur sur les retraites complémentaires. D&E publie un cycle d’analyses sur ce texte qui n’est pas encore publié, mais qui devrait être signé par les trois organisations patronales, par la CFDT, la CFTC et la CGC. Nous analysons aujourd’hui ce que nous considérons être l’erreur majeure d’appréciation de la CGT sur le sujet.

Lors de la première séance de  négociation, la semaine dernière, la CGT avait donné le ton en tonitruant: l’accord en préparation organisait la baisse automatique des retraites. Donc, il ne fallait pas signer. Le communiqué de presse publié par la CGT à l’issue de la réunion ne laisse planer aucune ambiguïté sur l’absence finale de signature sur ce texte.

L’obsession absurde de la CGT

L’opposition de la CGT à ce texte s’inscrit dans une sorte de stratégie négationniste chère à Philippe Martinez. Le secrétaire général de la confédération est contre tout, et même au-delà.

Cette opposition qui n’est plus systématique mais systémique est d’autant plus incompréhensible qu’on peine à comprendre en faveur de quoi est aujourd’hui Philippe Martinez. Cette ligne a un parfum d’années 30, à l’époque où le PCF enchaînait purges sur purges pour obéir à Moscou. À cette différence près que Moscou n’est plus communiste et qu’on ne voit plus très bien quelle orthodoxie prolétarienne il faut continuer à défendre.

Bref, la CGT propose d’équilibrer les régimes complémentaires en augmentant les cotisations patronales. Elle est contre tout le reste, ou presque (en particulier elle approuve la transformation de l’AGFF, inventée pour financer l’abaissement de l’âge de la retraite, en système permanent).

L’erreur majeure de calcul

Ce faisant, la CGT rate une occasion historique de bouleverser à son avantage le syndicalisme français.

Les organisations patronales avaient en effet proposé de modifier les règles de gouvernance en vigueur dans les régimes de retraite complémentaire. Pour se caler sur la réforme de la représentativité de 2008, elles avaient proposé d’indexer le nombre de sièges détenus dans les conseils d’administration sur l’audience des syndicats.

Cette proposition, conforme à la position commune de 2008 que seules la CGT et la CFDT avaient signée, relevait du simple bon sens. Rien ne justifie que des syndicats ultra-minoritaires comme la CFTC pèsent autant que la CFDT ou la CGT. La CFDT semble avoir été décidée à suivre cette innovation polémique.

En annonçant d’emblée son intention de ne pas signer, la CGT a condamné le monde patronal et la CFDT à abandonner cette idée. Pour que l’accord soit majoritaire en l’absence d’une adhésion de la CGT (et de FO), il lui faut en effet les signatures de la CFTC et de la CGC. Ceux-ci n’auraient pu se rallier à un texte minorant leur voix.

Bref, l’opposition systémique de la CGT redonne du poids à la CGC et à la CFTC.

Depuis Thibault, un recul redoutable

Dans la pratique, la ligne Martinez marque un fort recul stratégique de la CGT. Dans l’esprit de Thibault, la réforme de la représentativité constituait une belle opportunité pour polariser durablement le syndicalisme français autour de deux syndicats: la CFDT et la CGT.

Cette ambition est morte avec Le Paon et enterrée avec Martinez. Qu’on ne s’étonne plus, dès lors, si le syndicalisme français s’étiole. Les organisations syndicales, et au premier chef les contestataires, en sont les premières responsables.