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Si, M. Macron, on peut comparer sa mutuelle santé à celle de son voisin!

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Macron – Le Pen: le débat de l’explicite contre l’implicite

Le débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, marqué par de fortes tensions, ne modifiera probablement pas fondamentalement le rapport de force entre les deux candidats. Sans surprise d’ailleurs, Emmanuel Macron a semblé mieux préparé sur le terrain économique que Marine Le Pen et plus rigoureux dans son argumentation. Il ne s’est toutefois pas affranchi de réactions dont l’élitisme risque d’avoir agacé les Français, à l’image de sa première phrase tout en allusion à Blaise Pascal, par laquelle il a reproché à sa rivale de manquer « d’esprit de finesse ». Pas sûr que tous les Français aient d’emblée saisi la nuance…

Macron, candidat de l’explicite

Un trait aura sans doute marqué les esprits: Emmanuel Macron a essentiellement procédé par argumentation explicite. Ce réflexe s’est particulièrement senti dans le domaine économique, et tout spécialement monétaire. Le candidat d’En Marche a cherché à ouvrir un débat technique et rationnel sur le sujet. Il s’est donc engagé dans un jeu de ping-pong sur le fonctionnement de feu l’Ecu, l’ancêtre de l’euro qui partageait avec la monnaie unique à peu près autant de ressemblances que l’homme de Neanderthal avec le Sapiens Sapiens.

De ce point de vue, Emmanuel Macron n’a pas échappé à son profil: énarque, lettré, avec une mécanique intellectuelle bien huilée qui s’adresse à l’intelligence de son interlocuteur.

En ce sens, Macron peut se prévaloir d’une forme de présidentialisation qui devrait lui profiter. Ses partisans pourront toutefois regretter qu’il ait gâché ce gain net par des réactions parfois décevantes ou trop passionnelles aux polémiques faciles lancées par sa contradictrice. Sur ce point, il s’expose au risque d’une déception forte sur son manque de retenue dans des échanges délibérément agressifs de la part de son adversaire.

Le Pen, candidate de l’implicite

Au contraire, Marine Le Pen a essentiellement fonctionné par implicite, par allusions, par mots-clés qui touchent son électorat.

Ceux-là sont de deux ordres.

Un premier implicite consiste à répondre aux questions compliquées ou techniques par l’énumération des problèmes quotidiens des Français: les déserts médicaux, le prix de la baguette, le montant des petites retraites, la lutte contre la fraude… Emmanuel Macron lui a plusieurs fois reproché de n’avoir pas de programme. Probablement n’a-t-il pas compris que le premier trait du programme de Marine Le Pen est d’afficher une forme d’empathie pour les problèmes de la France d’en-bas. Et c’est en ce sens que son argumentation est à la fois implicite et redoutable: elle repose sur un registre émotionnel en réaction aux réponses techniques que le système propose dans l’incompréhension fréquente des Français.

Un second implicite consiste à procéder par allusion: sur les relations d’Emmanuel Macron avec l’UOIF, sur la colonisation, sur ses supposés conflits d’intérêt. Depuis plusieurs mois, l’entourage du Front National multiplie les marqueurs symboliques destinés à discréditer l’adversaire. La concurrente de l’ancien ministre de l’Economie n’en a oublié aucun, portant ainsi le fer sur le terrain d’une crédibilité que les élites parisiennes ne perçoivent pas forcément.

Des faiblesses économiques qui se sont vues…

Reste que Marine Le Pen n’a pas pu dissimuler ses faiblesses sur le terrain économique. D’emblée, interrogée sur son programme en matière de relations sociales, elle a semblé multiplier les anathèmes, peinant à expliquer clairement sa vision. Peu de spectateurs auront été dupes de cette tactique.

Si elle a semblé plus à l’aise sur le terrain sociétal (et bien entendu sur le sujet du communautarisme), beaucoup de Français auront sans doute ressenti quelques sueurs froides en percevant son manque d’envergure sur des sujets critiques comme la politique industrielle ou budgétaire.

Si Emmanuel Macron n’est pas forcément apparu comme revêtu de l’autorité nécessaire pour assumer sa fonction, il pourra au moins se prévaloir d’une capacité technique plus rassurante.

Y a-t-il des OGM cachés dans l’agriculture française?

Le site InfOGM a publié la semaine dernière une contribution d’organisations agricoles françaises auprès de la CJUE pour dénoncer les OGM cachés, c’est-à-dire la commercialisation « clandestine » d’organismes génétiquement modifiés. Voici quelques extraits saillants de ce document:

DÉMASQUER ET RÉGLEMENTER LES OGM CACHÉS, LES BREVETS PIRATES ET LES PLANTES RENDUES TOLÉRANTES AUX HERBICIDES

De plus en plus de Variétés rendues Tolérantes aux Herbicides (VrTH) et de plantes qualifiées « d’OGM cachés » par les organisations de la société civile sont cultivées et commercialisées sans avoir été évaluées, sans être étiquetées et sans aucun encadrement ni suivi de leur dissémination. Au delà de la violation du principe de précaution, de la protection de la santé et de l’environnement, ces OGM cachés sont également imposés à l’agriculture biologique et aux consommateurs qui n’en veulent pas sans qu’ils n’en soient informés. Ils constituent également des instruments d’appropriation du vivant par les brevets et d’encouragement à la biopiraterie. Ce document analyse comment une application correcte des réglementations européennes tenant compte des Conventions internationales peut mettre un terme à de telles pratiques. (…)

Les éléments de langage destinés à faire accepter les nouveaux OGM ont récemment changé de registre. Ils affichent certes toujours les mêmes promesses de résoudre, grâce à l’innovation technique, toutes les menaces alimentaires, sanitaires, environnementales, climatiques… qui pèsent sur l’avenir de l’humanité. Se focalisant sur le comment et pas sur le pourquoi, ils éludent ainsi soigneusement les causes d’abord politiques de ces menaces. Mais alors qu’il y a 20 ans, l’industrie et la recherche à son service se vantaient de pouvoir modifier, déjà avec précision, le vivant à volonté, elles prétendent aujourd’hui au contraire faire la même chose que ce que fait la nature, en allant juste un peu plus vite afin de rendre les objets, les plantes et les animaux un peu plus « intelligents ».

Ce glissement de la communication industrielle vise à répondre aux publics européens et de pays tiers qui, s’ils acceptent les médicaments et les produits industriels génétiquement modifiés, refusent la nourriture et les cultures OGM. Lorsqu’il s’agit de l’homme ou des risques pour la biodiversité, ces publics acceptent la manipulation génétique de cellules somatiques non héréditaires, mais refusent les manipulations de cellules germinales porteuses du patrimoine génétique héréditaire. Les gouvernements eux-mêmes expriment de plus en plus de réserves lorsqu’il s’agit de modifier le patrimoine héréditaire de tous les organismes vivants (voir par exemple les réticences quant aux nouvelles techniques de biologie de synthèse).

C’est pourquoi l’industrie semencière ne parle plus désormais de modification génétique, mais de simples perfectionnements de procédés « traditionnels » ou « conventionnels ». Elle ne modifierait plus le génome, mais se contenterait de l’éditer pour l’améliorer, comme on retouche une photo pour la rendre encore un peu plus « vraie ». La référence à la tradition, non définie mais supposée porteuse de bon sens et de valeurs actuellement recherchées par les citoyens, justifierait à son sens l’abrogation de la réglementation OGM tandis que les « perfectionnements » légitimeraient les brevets.

La première recette de cette opération de réhabilitation de l’agriculture et de l’alimentation génétiquement modifiées consiste à instiller une confusion en regroupant des procédés très différents les uns des autres sous un seul vocable générique non défini, la « mutagenèse », avec comme postulat « mutagenèse = mutation naturelle ». La seconde recette consiste à nier, ou du moins à ne jamais évoquer, la partie des modifications provoquées qui ne sont pas génétiques mais épigénétiques. La troisième recette consiste à ne pas présenter les techniques connexes à celle décrite comme principale.

 

Comment le programme de Mélenchon veut bâillonner la liberté de la presse

Tout le monde se souvient des beaux jours de la Pravda, incarnation de la liberté de la presse réduite au rang d’idéal bourgeois et qui se faisait l’écho fidèle du gouvernement soviétique. Certains thuriféraires (entendus sur Radio France notamment) maintiennent l’illusion que Mélenchon est un démocrate, amoureux de la liberté d’opinion et d’expression. Ce copier-coller de son programme sur toutes les mesures concernant la presse et l’audiovisuel permettra de nuancer quelque peu ce mensonge et de mettre au grand jour l’étrange ressemblance entre la vision que Mélenchon peut avoir de la presse et celle qui était en vigueur sous Brejnev.

Faire élire les présidents de France Télévisions et Radio France par le Parlement

Au moins, comme ça, c’est clair: l’audiovisuel public sera l’expression de la majorité parlementaire…

Adopter une loi anti-concentration des médias, protégeant le secteur des intérêts financiers, favorisant la transformation des médias en coopératives de salariés et de lecteurs/auditeurs/téléspectateurs et attribuer des fréquences aux médias locaux et associatifs

Hum! Anti-concentration, que de crimes on connaît en ton nom. Au lieu d’un journal créé par un preneur de risques, on multipliera les groupes auto-gérés entièrement dépendants du financement public. On adore! Quant aux autres, ils seront expropriés au nom de la lutte contre les concentrations.

Créer un Conseil national des médias à la place du Conseil supérieur de l’audiovisuel pour en faire un véritable contre-pouvoir citoyen garantissant le pluralisme des opinions et des supports, ainsi que la qualité de tous les médias

Ah! Garantir la qualité de TOUS les médias par un Conseil National des Médias! le bon retour au ministère de la Propagande! Et le contre-pouvoir citoyen… on connaît la musique. Quelques commissaires politiques bien sentis pour garantir le « pluralisme » de leurs idées.

Refonder les aides publiques à la presse pour les réserver aux médias d’information et mutualiser les outils de production (imprimeries, serveurs, distribution, etc.)

Mais bien sûr! seuls les medias d’information (c’est-à-dire les organes de propagande désignés comme tels par des commissaires politiques) auront droit aux subventions publiques. Pour les autres, il faudra passer par les imprimeries ou les serveurs « mutualisés », c’est-à-dire contrôlés par l’Etat. Histoire que rien n’échappe à la police politique.

Protéger les sources et l’indépendance des rédactions à l’égard des pouvoirs économiques et politiques par le renforcement du statut juridique des rédactions et une charte déontologique dans la convention collective

Belle mesure démagogique. Les journalistes pourront désormais fonctionner en soviet permanent du parti, considérant qu’ils ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent sans contrôle de personne… et relayer ainsi en toute impunité les intérêts de leur propre corporation. Le propriétaire d’un journal, s’il en reste (on a vu plus haut que le programme de Mélenchon vise à les exproprier), sera donc juste là pour allonger des fonds et ne pourra en aucun cas orienter la ligne éditoriale de son journal.

Créer une chaîne de télévision méditerranéenne émettant en plusieurs langues et diffusée sur les deux rives de la Méditerranée et sur internet, sur le modèle de la chaîne franco-allemande Arte

Là encore! belle innovation… Une nouvelle chaîne publique d’information à destination de la Méditerranée. On y mesure par avance tout le pluralisme dont elle fera preuve.

Renforcer les médias audiovisuels francophones (RFI, France 24 et TV5 Monde) et les mettre en partage avec la communauté francophone

Là encore, Mélenchon aime la presse… surtout quand elle est publique, et qu’elle relaie la parole officielle.

La création d’un service public nouveau de l’internet et d’une médiathèque publique en ligne, avec une plate-forme publique d’offre légale en ligne de musique, films et contenus culturels

On y vient! l’Etat n’est pas présent sur Internet (en tant que producteur de contenu d’information). Il faut bien que cette absence cesse… et que la propagande officielle ait son site et sa propre diffusion culturelle.

Garantir l’égalité entre le sport féminin et masculin, y compris en matière de diffusion à la télévision

Ah! enfin! l’Etat va réglementer les contenus télévisuels, y compris dans le domaine sportif. Les chaînes que l’Etat ne détiendra pas devront quand même diffuser autant de sport féminin que de sport masculin! vive la liberté de la presse!

Interdire la publicité dans les programmes de télévision destinés aux enfants et la mise en scène d’enfants dans les publicités

Et la reprise en main des contenus audiovisuels continue…

Faire reculer l’affichage publicitaire, en commençant par les abords des villes et des bourgs aujourd’hui défigurés, interdire les écrans publicitaires numériques dans les lieux publics, ouvrir des espaces d’affichage pour l’expression citoyenne et culturelle

Comment retrouver la grisaille des rues soviétiques dans nos villes. Pas d’écrans publicitaires numériques, mais des espaces d’affichage citoyens et culturels, comme au bon vieux temps de la Chine maoïste.

Bref, tous les sites d’information devront utiliser les serveurs du gouvernement pour publier des informations « pluralistes » surveillées par un Conseil National de l’Information. Et les quelques propriétaires de journaux encore vivants

La Pravda, mère de toutes les vertus…

Les enseignants appelés à faire battre Fillon

On notera utilement cet article de blog de la présidente de l’association Reconstruire l’école, qui appelle à faire battre François Fillon aux élections présidentielles.

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

S’il existe encore sur ce blog quelques lecteurs, il ne leur aura pas échappé que les apparitions de la Présidente s’y font de plus en plus rares, tant les ingrates activités familiales et multicasquettes de mamysitteuse-taxi-sherpa-cuisinière-chaouch-psychologue-vaguemestre-aide ménagère l’ont accaparée depuis des mois et des mois jusqu’à l’usure.

Pour me sortir de ce silencieux marasme (et avant, sans doute, que l’Assemblée Générale de « Reconstruire l’École » ne confie la présidence à quelqu’un de plus jeune et de plus disponible que moi …), il ne m’a pourtant suffi que d’une sainte et saine colère à voir certains enseignants, des professeurs, des collègues, des êtres cultivés, intelligents, que j’apprécie, que j’admire, pour qui j’ai de l’affection, tomber soudain en amour devant François Fillon, jusqu’à l’aveuglement complet, jusqu’à envisager de lui apporter leur suffrage.

Je ne parlerai pas des affaires, des enfants ni de Pénélope. Ni des costumes ni d’Axa. Ni d’une confondante vulgarité verbale (« casser la baraque », «foutre un procès ») que l’on croyait jusqu’ici réservée au regrettable Sarkozy. Ni d’une démagogie tout aussi confondante (« Je n’ai pas fait les grandes écoles… ») où le châtelain de Sablé/Sarthe nous la joue moitié Thorez moitié Johnny, « fils du peuple » et « je suis né dans la rue ». Non, il sera uniquement question de l’École. Car si les statuts de l’association m’interdisent de donner aux adhérents et sympathisants toute consigne de vote, elles ne m’empêchent pas d’expliquer pour qui NE PAS voter, en l’occurrence donc pour aujourd’hui F. Fillon.

Comment diable est-il possible que des intellectuels, des hommes et des femmes de culture, des personnes attachées à l’École de la transmission et de l’esprit critique, aient à ce point perdu ledit esprit critique pour aller se jeter dans les bras de « Monsieur Socle Commun », ce socle commun d’où naquit tout le mal, évaluation par compétences, réformes délétères du lycée puis du collège, braderie des diplômes et j’en passe ? Pour ne pas alourdir à l’excès l’exposé, je me permets de renvoyer à un texte coécrit avec Agnès Joste et Michèle Gally,http://www.sauv.net/socle.php sur le site du Collectif ami Sauver les Lettres.

Chers amis, chers collègues, parce que François Fillon sort régulièrement quelques piques contre les pédagogistes, allez-vous oublier de quoi il fut l’instigateur et le suivre tels des lemmings dans des eaux glacées où vous succomberez et vos élèves avec vous ?

Parce que vous ne savez (et avouons que c’est tentant…) résister à la Schadenfreude d’imaginer les pédagogues en chambre, tous ceux qui n’ont plus vu de « vrais » élèves depuis des lustres, renvoyés devant les classes et de préférence dans les quartiers nord de Marseille ou d’ailleurs, vous accordez votre confiance à François Fillon pour, en quelque sorte, « faire le ménage » et débarrasser l’institution de ses pseudo-experts en expertise et autres théoriciens du vide éducatif.

Enfin, soyez lucides ! François Fillon ne fera rien (au mieux), et mal, au pire. Pourquoi en serait-il autrement ? Le calamiteux bilan du PS de messieurs Peillon et Hamon et de madame Vallaud-Belkacem doit-il vous faire oublier Xavier Darcos et Luc Chatel ? Chers amis, chers collègues, que vous avez donc la mémoire courte, ou sélective …

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

Moi, comme ma presque compatriote la mule du Pape, j’ai de la mémoire. Je me souviens très bien par exemple, lors de la nomination de Xavier Darcos par Nicolas Sarkozy, du grand « Ouf » de soulagement en salle des professeurs : « C’est un humaniste, un lettres classiques », « Il connaît la maison », « Il a déjà été aux affaires », « Il ne nous maltraitera pas trop » …

Et on a vu ce qu’il en fut.

Certes, F. Fillon est conseillé par Annie Genevard, qui fut naguère professeur de lettres, m’a tout l’air a priori d’une « honnête homme » (avec une très jolie voix, de surcroît) et ne dit pas de bêtises.

Mais réveillez-vous, chers amis ! Elle ne fera RIEN, ni plus ni mieux que Darcos et quelles que soient ses bonnes intentions, parce qu’elle ne POURRA rien faire ! Le programme ultralibéral de F. Fillon, les coupes claires dans le nombre de fonctionnaires DONC d’enseignants, le refus maintes fois martelé de « faire encore de la dette » (je vous renvoie à cette ahurissante rencontre (1) avec des aides-soignantes à bout), tout ceci cumulé n’aboutira qu’à une aggravation de vos conditions de travail, et ipso facto de celles de vos élèves : si vous devez travailler 25 heures pour gagner plus, sous la surveillance de votre chef d’établissement ça va de soi (autonomie oblige …), sachant que ces 25 heures en signifient une cinquantaine en préparations et corrections, in fine chers collègues vous travaillerez MAL, vous bâclerez la besogne – ou vous finirez en burn-out si vous restez consciencieux.

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

Jetez donc un coup d’œil sur l’ensemble du programme de François Fillon : il est d’une violence sociale sans précédent dans notre pays, pour tout dire thatchérienne, et fait définitivement table rase des « jours heureux » du CNR, fondement de notre système social français ou du moins ce qu’il en reste. Voulez-vous VRAIMENT tout cela pour votre pays, pour vos élèves, pour vos enfants, pour vous-mêmes ?

– Oui mais ses propositions sur l’École, il n’y a que cela qui nous intéresse chez François Fillon, c’est l’essentiel pour nous, etc etc …

Vraiment ??? Pour un peu, mes amis, vous me feriez croire que vous ne savez plus penser politique !

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

ALORS, SOYONS SÉRIEUX, JUSTE CINQ MINUTES : comment pouvez-vous imaginer que l’on va reconstruire l’École dans une France où tout, je dis bien TOUT le modèle social et économique, sera déconstruit ? Comment pouvez-vous concevoir une École seule et debout au milieu du champ de ruines créé par la politique ultralibérale du candidat LR ?

Pour avoir la satisfaction (et qui plus est ce n’est même pas sûr !) de voir dégager un quarteron de pédagonigologistes parasites, allez-vous accepter que les parents de vos élèves soient précarisés, mis au chômage, mal soignés ?

Pour voir revenir le COD et disparaître l’inepte prédicat, tolérerez-vous que les gamins viennent en cours le ventre vide ou traînent l’angine tout l’hiver parce que chez eux on ne pourra plus payer le chauffage ?

Pour pouvoir enseigner le « récit national » (je ne développe pas, c’est un autre débat), consentirez-vous à ce que dans la vie réelle les inégalités se creusent encore et encore, ce qui est quand même tout l’inverse de « faire nation » ?

Quelle mascarade que de vouloir, sous couvert d’égalité, faire porter l’uniforme aux élèves, alors même que la politique économique suivie creusera les écarts de manière effrayante !

Et comment parler de rétablir l’autorité dans l’enceinte scolaire, si le monde hors les murs devient une jungle dérégulée où le plus outrageusement riche aura le dernier mot ?

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

AUCUN PROGRAMME POUR L’ÉCOLE, si bon soit-il (à supposer qu’il le soit, mais je me place dans votre optique, chers amis et collègues) NE PEUT JUSTIFIER LA VIOLENCE SOCIALE ET REVANCHARDE DU PROJET FILLON.

Vous pensez voter Fillon seulement pour l’École et sans vouloir considérer le reste ? Vous aurez le reste, et pour ce qui est de l’École, vous ne verrez dans le moins mauvais des cas pas grand-chose, et un désastre au pire, quelle que soit la bonne volonté de Mme Genevard : plus que jamais, le ministère de l’Éducation Nationale sera à Bercy.

Qu’est donc devenu l’enseignement public britannique sous Mme Thatcher et autres conservateurs ? Une catastrophe : cyniquement, Miss Maggie, la fille de l’épicier, après avoir bénéficié des bourses des gouvernements travaillistes pour accéder aux études supérieures, a rétabli le plafond de verre. Est-ce vraiment cela que vous voulez pour votre pays, chers amis, chers collègues ? Certes, l’École à plusieurs vitesses existe d’ores et déjà chez nous, c’est un fait, entre public et privé, villes et campagnes, avec ou sans bi-langues (latin, grec, allemand …), entre banlieues et centres-villes, sous contrat et hors contrat … Pensez-vous vraiment que le programme de François Fillon va rendre à TOUS les élèves quels qu’ils soient la possibilité de recevoir l’instruction à laquelle ils ont droit, dans un contexte digne et décent ?

FRANÇOIS FILLON ET LES LEMMINGS

Chers collègues lemmings, revenez sur terre ! Le joueur de pipeau Fillon vous entraîne à la noyade, vous-mêmes et les élèves dont vous avez la responsabilité.

Et tant qu’à rester dans la métaphore aquatique et rongeuse, ce n’est pas lemmings qu’il vous faut être aujourd’hui, mais CASTORS – comprendre le fameux « faire barrage » –, à François Fillon autant qu’à Marine Le Pen.

Vous êtes des professeurs, votre métier c’est de réfléchir : sachez penser globalement ! Un programme électoral est un tout ! Souvenez-vous-en avant que de vous prononcer : CE QUI FAIT DU MAL À LA SOCIÉTÉ NE PEUT PAS FAIRE DU BIEN À L’ÉCOLE.

Quand les banques capitalistes financent la sécurité sociale

Il est de bon ton d’opposer les méchants capitalistes du système financier et la gentille sécurité sociale productrice de solidarité et d’intérêt général. La réalité est pourtant un peu différente de cette logique binaire.

Les banques capitalistes au secours de la sécurité sociale

Ce graphique, proposé sur le site de la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES), nuance en effet fortement les idées reçues:

Comme on le voit, 54% de la dette sociale en France est portée par des banques capitalistes, et 33% par des banques centrales. Du point de vue de la répartition géographique de ce portage, on remarquera que les Français ne représentent pas plus de 11% des détenteurs de la dette sociale, et que l’essentiel de celle-ci est aujourd’hui détenue par des Britanniques et des Asiatiques (Chinois et Japonais principalement).

Les pays européens n’interviennent qu’en troisième rang (avec un petit 7% pour l’Allemagne).

On attend donc avec impatience les mesures protectionnistes et anticapitalistes promises par tous ceux qui, aux élections présidentielles, expliquent que la sécurité sociale est un pilier essentiel de la société française. L’augmentation inévitable des dépenses sociales prévues par ces programmes ne manqueront pas de créer un effet tenaille tout à fait destructeur.

Les grandes victimes de ces illusions seront les assurés sociaux, qui sortiront ruinés de ces miroirs aux alouettes.

Vel d’Hiv et FN: la culpabilité sélective de la France post-chiraquienne

La polémique sur les propos de Marine Le Pen à propos de la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv’ en 1942, et, au-delà, dans la déportation des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale, ne manque pas de piquant. Elle rappelle une nouvelle fois que la France peut avoir une culpabilité très sélective sur le sujet de l’épisode vichyste.

La diabolisation de Vichy…

En mettant en doute la doctrine chiraquienne selon laquelle la France tout entière serait coupable d’avoir déporté des Juifs, Marine Le Pen a sans doute sous-estimé le poids du discours officiel sur ce sujet (dont la portée dans le pays réel reste à vérifier, cela dit). On l’a vu dans les heures qui ont suivi: le mot « révisionnisme« , voire négationnisme, n’a pas tardé à être prononcé au sujet de ces déclarations, comme si contester la portée de la participation française à l’Holocauste revenait à nier l’existence de celui-ci.

Impossible, donc, de mettre en discussion l’implication de Vichy dans les crimes contre l’Humanité sans s’exposer aux pires accusations sur ce sujet. La rationalité historique n’a plus sa place, curieusement, soixante-dix ans après, dans l’évocation de l’histoire de France. On y verra volontiers la marque de cet effondrement narcissique porté par les bien-pensants.

… est extrêmement sélective

Ce qui prouve la dimension exagérément émotionnelle de la question du Vel d’Hiv’ et de Vichy, c’est le caractère très sélectif de la diabolisation dont cet épisode historique français fait l’objet. Les tenants les plus virulents d’une culpabilité française dans la Shoah du fait de Vichy sont aussi, en effet, les plus fervents (et les plus intolérants) défenseurs de l’héritage vichyste dans la France contemporaine.

Contrairement aux légendes propagées par des films abondamment relayés comme la Sociale, la France d’aujourd’hui a été moins façonnée par le Conseil National de la Résistance que par Vichy. Au coeur de cet héritage, on trouve en particulier la sécurité sociale, avec la retraite par répartition, la création du régime universel sous l’égide de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, créée en 1941 par le ministre du Travail de l’époque, René Belin, et la création subséquente ces caisses primaires d’assurance maladie, bien connues des Français.

Curieusement, quand il s’agit de défendre les « acquis sociaux », les pourfendeurs de la France actrice de la Shoah font preuve d’une amnésie totale sur les racines vichystes de leur credo.

Les acteurs du Vel d’Hiv’ sont les inventeurs de la Sécu

Mais, diront les bien-pensants, ceux qui ont inventé la sécurité sociale en mars 1941 ne sont pas ceux qui ont organisé le Vel d’Hiv’. Donc, il ne faut pas confondre.

Ah bon? Pourtant, la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs est signée d’un certain René Belin, ministre secrétaire d’État à la production industrielle et au travail. Le même René Belin soutiendra chaleureusement, dans l’après-guerre, l’idée européenne en participant notamment à la création du Comité européen pour le progrès économique et social. Entretemps, il a confisqué les actifs de la retraite par capitalisation créée par la loi de 1930, et les a utilisés, grâce à la loi du 13 mars 1941, pour financer les premières retraites par répartition.

On entendra d’ailleurs avec amusement le mot de sympathie que le maréchal Pétain avait prononcé à cette occasion.

Mais… pour le savoir, il faut gratter un peu, puisque les sites officiels de la sécurité sociale ont savamment gommé cette partie de leur histoire. Cet oubli soudain évite d’inclure la Sécu dans la culpabilité française, et il dispense le Président de la République de demander pardon pour ce crime.

Le lien organique entre la sécurité sociale et le totalitarisme vichyste

Mais, rétorqueront les bien-pensants, la sécurité sociale n’était pas consubstantielle à Vichy, donc son destin peut être dissocié de la responsabilité française. C’est ici que la divergence survient.

Pour une raison anecdotique d’abord: si Vichy a créé un système de sécurité sociale (avec le soutien de la technostructure qui revient dans les bagages du gaullisme en 1944), c’est bien pour s’attacher le soutien des Français. Si Vichy dure jusqu’en 1944, si Vichy ne se heurte pas immédiatement à une résistance populaire, les mesures sociales du régime en sont l’une des raisons essentielles. Entre une résistance inconfortable et une collaboration socialement organisée, la deuxième solution prévaut.

C’est ici qu’il faut comprendre le rôle d’attrape-mouches de cette protection sociale étatisée et monopolistique qu’on appelle la sécurité sociale. Elle est d’abord un instrument de servitude. Elle propose un grand troc aux citoyens: je te protège en te déresponsabilisant. Tu vas donc abdiquer ta liberté en échange de la sécurité que je t’apporte.

On ne sera pas étonné que ce grand nostalgique de l’Union Soviétique qu’est Jean-Luc Mélenchon rejoigne l’aristocratie au pouvoir qu’il pourfend par ailleurs dans sa volonté de mettre en place une sécurité sociale globale, c’est-à-dire débarrassée des derniers éléments de liberté de choix qui lui reste. L’élite au pouvoir comme Mélenchon rêve d’un système où le citoyen serait totalement dépendant de l’Etat, de la naissance à la mort. Non d’un Etat dur, brutal, mais d’un totalitarisme mou où la « mutualisation » et la « solidarité » permettrait d’asservir tous les citoyens et de les placer sous la dépendance constante du pouvoir en place.

En ce sens, la création de la sécurité sociale par Vichy n’est pas un épiphénomène. Elle correspond à un choix logique dont la pertinence n’est plus discutée par les tartuffes qui jouent aux effarouchées de la collaboration.

Rapport Leroy: entrepreneurs, faites comme l’Etat employeur! méprisez vos salariés et violez la loi!

Entrepreneurs, c’est bien connu: vous êtes d’horribles exploiteurs obsédés par le profit et prêts à tout vendre, père, mère, et salariés bien sûr, pour gagner toujours plus d’argent! C’est pourquoi vous méritez d’être accablés d’impôts confiscatoires sans aucune contrepartie. Pourtant, le rapport d’un certain Daniel Leroy sur « les effets du décret n°2011-1474 du 8 novembre 2011 sur l’accès à la protection sociale complémentaire dans la Fonction publique territoriale », présenté devant une obscure instance de fonctionnaires le 29 mars, en dit long sur le réalité du mépris que l’Etat employeur nourrit pour ses collaborateurs et sur l’allégresse avec laquelle l’Etat s’affranchit du droit en vigueur dans ce pays.

Aucune entreprise ne pourrait traiter ses salariés de cette façon.

L’entreprise, territoire de santé

Tous les entrepreneurs ont entendu parler de la généralisation de la complémentaire santé, inventée par l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 et transposé dans la loi du 14 juin de la même année. Elle oblige tous les employeurs à souscrire à un contrat de complémentaire santé pour leurs salariés et à financer au moins 50% des primes de ces contrats. Dans la foulée, le Parlement avait fiscalisé la participation des employeurs à ces contrats, ce qui avait induit une augmentation d’impôt de parfois plusieurs centaines d’euros pour les salariés.

Ce faisant, l’entreprise devenait officiellement un territoire de santé. Jusqu’ici, on estimait à environ 75% le volume de salariés couverts par un accord santé sur un acte volontaire de l’entreprise. La généralisation ne laissait plus le choix aux récalcitrants.

L’Etat employeur se soucie beaucoup moins de la santé de ses fonctionnaires

Depuis 2013, la cause de la santé dans la fonction publique n’a guère bougé. Elle est restée bloquée à ces fameux décrets de 2011 qui prévoient, dans la fonction publique territoriale, la possibilité d’une « labellisation » d’un assureur santé par la collectivité ou d’une « convention de participation » qui prévoirait une prise en charge d’une partie des primes par l’employeur.

Et là tu comprends tout de suite le raisonnement implicite qui guide cette situation surréaliste. Toi, employeur privé, tu es un grand méchant, donc l’Etat te punit en t’obligeant à souscrire un contrat santé pour tes salariés. En revanche, pour ses propres ouailles, l’Etat (au sens large) s’absout lui-même de tous les péchés, donc il évite soigneusement de se soumettre aux mêmes obligations que les employeurs privés.

Du coup, il y a bien d’un côté des employeurs privés qui investissent dans la santé de leurs salariés et des employeurs publics qui considèrent cette affaire comme tout à fait périphérique à leurs missions.

L’Etat employeur n’y comprend goutte

Au passage, on lira le rapport Leroy avec stupéfaction. Il est le fait d’un fonctionnaire comme on voudrait ne plus en voir. Sa question n’est en effet pas de savoir si les fonctionnaires territoriaux sont en bonne santé, s’ils ont correctement accès aux soins, si leurs besoins sont couverts, par exemple en optique ou en prestations dentaires. Non, visiblement, ces questions-là sont bonnes pour les employeurs privés, mais pas pour le public.

Non! le rapport Leroy ne s’occupe que d’une seule question: est-ce que la procédure fonctionne? Autrement dit, est-ce que les fonctionnaires souscrivent à un contrat auprès d’une mutuelle de la fonction publique (nous reviendrons plus loin sur le scandaleux favoritisme dont l’Etat fait preuve vis-à-vis de ses mutuelles). Le reste (à savoir, est-ce que les contrats proposés correspondent aux besoins sanitaires de la population concernée), on s’en fout!

Là encore, on imagine une situation inversée. Que n’entendrait-on pas, si les employeurs ne s’occupaient que de donner du chiffre d’affaires à des assureurs privés en souscrivant des contrats sans savoir s’ils sont ou non adaptés aux besoins des salariés?

L’Etat employeur découvre les contraintes qu’il a imposées sans vergogne aux entreprises

Ce faisant, le rapport découvre les difficultés que personne n’a eu de scrupule à imposer aux entreprises. On lira donc, à titre d’exemple, des phrases stupéfiantes:

Le montant de la participation de l’employeur : la majorité des représentants des personnels rencontrés ont un point de vue critique sur le niveau financier de la participation employeur qui ne leur semble pas assez incitatif pour de nombreux agents. L’étude ne permet pas de dégager un ratio moyen entre le montant de la participation perçu par un agent et celui de sa cotisation, mais certaines collectivités l’estime à environ 20% pour la plupart de leurs agents, à l’exception de ceux aux plus faibles revenus qui bénéficient souvent d’un effort financier relativement plus important de la part de leur collectivité.

La fiscalisation de la participation employeur : l’intégration dans le salaire imposable de la part des cotisations prises en charge par l’employeur apparaît comme peu incitative pour les petits salaires et les temps partiels.

Tiens! mais comment avons-nous fait, nous, les employeurs privés, pour résoudre ces problèmes? Nous avons dû prendre en charge 50% des cotisations, sans que personne ne se soucie de savoir si nous avions les moyens ou non d’assumer cette dépense nouvelle. Il a donc bien fallu se débrouiller, sachant que la majorité de 2012 n’a eu aucun scrupule à fiscaliser la participation employeur, y compris pour les petits salaires.

Et là tu comprends que les gentils fonctionnaires n’acceptent pas pour eux-mêmes le dixième des obligations qu’ils imposent aux méchants employeurs privés.

Les mutuelles demandent de nouveaux privilèges pour les fonctionnaires

Pour développer leur chiffre d’affaires, les mutuelles auditionnées dans le cadre de ce rapport n’ont donc eu aucun scrupule à revendiquer des privilèges pour les fonctionnaires qu’elles ne sont pas parvenues à « capturer » dans leurs contrats extrêmement coûteux. Ainsi, on lira les propos du président de la Mutuelle de la Fonction Publique, M. Brichet, qui propose tout simplement de revenir aux dispositions fiscales d’avant 2013:

M. BRICHET fait observer qu’en matière de protection sociale complémentaire, l’Etat finance 5 milliards d’euros dont seulement 50 millions sont consacrés aux agents publics. Il indique qu’un dispositif fiscal simple permettrait de répondre à la problématique globale d’iniquité des citoyens dans l’accès à une protection complémentaire : le crédit d’impôt.

Il faut lire l’argument entre les lignes! L’Etat employeur ne contribue pas aux contrats santé de ses fonctionnaires parce qu’il n’a pas d’argent (question, redisons-le, dont personne ne s’est soucié lorsque la même charge a été imposée aux entreprises). Et comme personne n’imagine financer la dépense que constituerait cette dépense nouvelle sur des lignes existantes (ce qu’ont fait toutes les entreprises), les mutuelles de la fonction publique trouveraient tout à fait justifié de revenir à la défiscalisation que la gauche a supprimée la bouche en coeur en 2013 pour les salariés du privé.

De cette façon, c’est le contribuable qui financera une mesure nouvelle pour les fonctionnaires… Astucieux, non?

Comment le rapport Leroy annonce une nouvelle violation du droit

Au passage, le rapport Leroy a procédé à deux types d’audition. D’un côté, il a interrogé des services de ressources humaines du secteur public. De l’autre, il a interrogé quatre mutuelles: la mutuelle de la fonction publique (MFP), la mutuelle Intériale (ministère de l’Intérieur), la mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN), et la mutuelle nationale territoriale (MNT). Et les organismes paritaires comme AG2R, Malakoff ou Humanis? et les assureurs privés? et les intermédiaires d’assurance?

Une fois de plus, le droit de la concurrence n’est pas respecté par l’Etat employeur. Une fois de plus, la protection sociale complémentaire est comprise comme un moyen de financer des copains, et pas comme une externalité positive devant profiter à l’assuré lui-même.

C’est bien ce sujet qu’on aurait aimé lire dans le rapport Leroy. Parce que la première raison pour laquelle les fonctionnaires ne s’assurent pas auprès de leur mutuelle, c’est que celle-ci, comme l’employeur lui-même, ne s’intéresse pas à eux, si ce n’est comme prétexte ou comme levier pour se faire du gras.

Prenez-en de la graine, entrepreneurs! il n’y a de bon Dieu que pour les employeurs fripouilles.

Donald Trump a-t-il été remis au pas par le gouvernement profond? Une chronologie troublante…

Dans l’étrange affaire du bombardement de la base syrienne de Khan Cheikhoun, il est étrange de noter que même les médias américains se posent plus de questions qu’ils n’ont de réponse. Fin mars, l’administration américaine annonçait son ralliement au maintien du dictateur syrien en place. Désormais, la même administration propose l’inverse, en n’excluant pas d’autres frappes en Syrie.

C’est donc à n’y rien comprendre.

Il faut quand même lire le communiqué halluciné de Trump après les bombardements

On lira quand même avec intérêt le communiqué de Trump après le bombardement de la base aérienne syrienne par des missiles Tomahawk.

Using a deadly nerve agent, Assad choked out the lives of helpless men, women, and children. It was a slow and brutal death for so many. Even beautiful babies were cruelly murdered in this very barbaric attack. No child of God should ever suffer such horror. (…)

Tonight, I call on all civilized nations to join us in seeking to end the slaughter and bloodshed in Syria, and also to end terrorism of all kinds and all types. We ask for God’s wisdom as we face the challenge of our very troubled world.  We pray for the lives of the wounded and for the souls of those who have passed.  And we hope that as long as America stands for justice, then peace and harmony will, in the end, prevail.

[ En utilisant un agent nerveux mortel, Assad a gazé des vies d’hommes, de femmes, d’enfants sans défense. Ce fut pour beaucoup une mort lente et brutale. Même de beaux bébés ont été cruellement assassiné dans cette attaque absolument barbare. Aucun enfant de Dieu ne devrait pouvoir subir une telle horreur. (…)

Cette nuit, j’en appelle à toutes les nations civilisées à nous rejoindre dans cette recherche d’un terme au massacre et au bain de sang en Syrie., et aussi d’un terme au terrorisme de toutes sortes et de tous types. Nous en appelons à la sagesse divine pour affronter le défi de notre monde si troublé. Nous prions pour la survie des blessés et pour le salut de ceux qui sont morts. Et nous espérons qu’aussi longtemps que l’Amérique se battra pour la justice, alors la paix et l’harmonie finira par triompher ]

Non, mais il a fumé la moquette, Trump, avant de signer ce papier ou quoi?

Il n’est pas sûr que Benoît Hamon, grand bouffeur de curé devant l’éternel, et qu’Emmanuel Macron, grand défenseur de la laïcité, aient bien lu l’inquiétant communiqué millénariste de la Maison Blanche avant de prendre position sur le sujet. Tous les grands défenseurs de l’Europe, garante de la paix, feraient bien de s’interroger aujourd’hui sur le sens de leur engagement… Parce qu’à lire Trump, il n’est pas bien sûr que notre continent reste en paix très longtemps.

Quelles hypothèses pour comprendre la conversion de Trump au millénarisme?

Reste que nous sommes globalement passés d’un Trump isolationniste, qui trouvait que l’OTAN coûtait trop cher et que la Russie n’était pas si diabolique, à un Trump millénariste et manifestement convaincu du rôle divin que l’Amérique doit endosser dans l’avenir du monde.

On se demande bien pourquoi et plusieurs hypothèses peuvent être émises ici.

L’hypothèse de la sincérité

Une première hypothèse pour expliquer ce renversement est celle de la sincérité de Trump. Le président américain est un isolationniste. Il a laissé son équipe annoncer son accord à un maintien d’Assad en place pour avoir la paix, convaincu que ce geste était « l’huile de coude » qui manquait pour régler le conflit.

Mais, entre les essais balistiques nord-coréens et le bombardement chimique décidé par Assad, Trump a brutalement compris que, loin de garantir la paix et la sécurité des Etats-Unis, l’isolationnisme américain était interprété par tous les dictateurs du monde comme le début de la grande récréation internationale. Il a décidé de siffler la fin de la récréation en répliquant vertement à l’attaque syrienne contre des civils.

Dans cet esprit, Trump n’exclut rien, partant du principe que toute action décidée au cas par cas pour protéger les intérêts américains est bonne.

L’hypothèse de la manipulation de Trump par la CIA

Une autre hypothèse, que nous qualifierons d’intermédiaire, consiste à soutenir que le bombardement au gaz sarin est en fait une manipulation organisée par « l’opposition syrienne » pour justifier un revirement de doctrine de Trump.

Selon cette hypothèse, la CIA n’aurait pas du tout apprécié que l’administration Trump accepte le maintien de Bachar Al-Assad au pouvoir. Elle aurait donc monté un bombardement de civils par agent neuro-toxique en accusant le régime syrien d’en être à l’origine. Le fort potentiel émotionnel des images diffusées à cette occasion aurait sincèrement troublé Trump et l’aurait convaincu de changer de doctrine.

L’hypothèse de Trump remis au pas par le gouvernement profond et sa chronologie troublante

Une autre hypothèse est celle d’une remise au pas consciente de Trump par le gouvernement profond américain, le fameux complexe militaro-industriel qui sait son existence économique menacée par une stratégie de paix avec la Russie et un désamorçage des conflits au Proche-Orient. Sur ce point, la chronologie peut permettre de comprendre ce qui s’est passé.

Le 30 mars, l’administration Trump se rallie officiellement au maintien en place du régime syrien.

Dès le 31 mars, trois anciens conseillers de Trump annoncent leur décision « spontanée » de témoigner devant le Congrès sur l’implication de la Russie dans l’élection de Trump.

Le 6 avril, le New York Times révèle (ce qui ressemble à une fuite organisée par la CIA pour achever de convaincre Trump) que la CIA était informée de l’ingérence russe en faveur de Trump dans la campagne électorale américaine. Cette révélation tombe le lendemain du bombardement chimique. Face au refus de Trump de frapper Assad, la CIA entame un bras de fer avec lui et commence à le menacer de révéler ses secrets.

Le même jour, Trump comprend que la CIA a décidé de le torpiller. Pour éviter la crise, il se range à la décision de bombarder la Syrie.

Le bombardement chimique peut-il être une manipulation?

Cette question fait partie des topics complotistes. Il est avéré qu’une attaque chimique a eu lieu à Idlib en Syrie. La question porte sur son origine. Est-elle forcément le fait du gouvernement syrien?

La réponse est évidemment difficile à fournir. On notera que les médias russes (suspects de subjectivité) commencent toutefois à apporter des arguments à cette théorie.

Dans tous les cas, il est désormais avéré que le réchauffement des relations entre la Russie et les Etats-Unis, que Trump pouvait laisser espérer, a vécu.

Supprimer le travail détaché? la bonne grosse blague

La dernière grosse blague à la mode est d’affirmer (le débat télévisé d’hier soir l’a montré à nouveau) qu’il faut supprimer le système du travail détaché qui permet, depuis 1996, de faire travailler des travailleurs polonais en France, pour une durée limitée, avec un salaire français mais des cotisations sociales polonaises (on me pardonnera ce raccourci in concreto du sujet). On a tous bien compris les arguments: il faut protéger les salariés français (qui rêvent tous, c’est bien connu, de faire le boulot qu’on confie aux Polonais) contre cette invasion dangereuse fondée sur un dumping social.

Présenté de cette façon, le débat est comprimé dans une seringue du même ordre que l’ubérisation et ses méfaits: alors vous avez le choix entre une société qui protège, qui prévoit, qui équilibre, qui partage, et, de l’autre côté, un repaire de vautours profiteurs qui mettent en danger des siècles d’acquis, de construction collective, de bien-être. Que préférez-vous? Que les coupables lèvent le doigt.

Supprimer le travail détaché, une bombe à retardement

Maintenant, si on retourne le problème, chacun va comprendre les petits mensonges par omission véhiculés par les candidats qui s’empressent de réclamer la fin du travail détaché (et les raisons pour lesquelles il faut par avance ranger cette annonce de campagne dans les volumineuses archives des promesses non tenues).

Je ne relèverai même pas, ici, qu’aucun président de la République n’a le pouvoir de s’opposer à l’application d’une directive européenne sur son sol sans remettre en cause l’Etat de droit. La seule véritable option qui existe est d’annoncer une renégociation de la directive, ce qui prendra le temps que ça doit prendre, sauf à expliquer aux Français que nous programmons un Frexit.

Mais supposons… imaginons que, dans un délai miraculeux, le candidat qui triomphe en mai 2017 obtienne tout de suite une remise en cause de la directive. Le voilà donc en train d’expliquer à ses partenaires européens qu’un travailleur d’un Etat-membre doit être soumis aux cotisations sociales de l’Etat qui l’accueille pour une mission de courte durée. Cela signifie quoi? qu’il va ouvrir des droits sociaux dans cet Etat d’accueil? qu’il va devenir l’un des allocataires de son système de sécurité sociale? qu’il perd temporairement ses droits sociaux dans son pays d’origine?

Oui, bien sûr, supprimer le travail détaché au sens où les candidats à la présidentielle l’entendent signifie effectivement rattacher le travailleur en question au système de protection sociale du pays d’accueil. De cette façon, on harmonise les cotisations sociales et on évite le dumping.

L’effet caché sur les comptes sociaux

On poursuit le raisonnement. Donc, un maçon polonais ou slovène ou bulgare, lorsqu’il vient sur un chantier en France, va consommer de la protection sociale en France. Il aura droit à nos remboursements maladie très généreux, à nos hôpitaux dont les personnels passent leur temps à pleurnicher sur le manque de moyens (en oubliant toujours de parler de leurs jours de congé pléthoriques) mais qui font rêver n’importe quel ouvrier d’Europe de l’Est. Et comme la connerie de la lutte contre le travail détaché sera poussée jusqu’au bout, il aura même droit au régime invalidité de sa convention collective en France.

Bref, pour le dire de façon cynique, ceux qui pensent que les cotisations sociales non payées par les travailleurs détachés en France sont une charge sans contrepartie ne tarderont pas à faire la triste expérience de leur incompétence, puisqu’ils sont en train de promouvoir l’ouverture de notre système de protection sociale au mauvais risque.

Qui sont en effet les travailleurs détachés? Ceux qui, chassés par la misère de leur propre pays, acceptent des emplois ingrats, pénibles, épuisants, et mal payés en France. Et brutalement, on va leur dire: finalement, vous aurez les mêmes droits que les travailleurs français quand vous viendrez travailler chez nous, même pour six mois ou un an. Ah! ah! mais c’est sûr que le gars, il fera tout pour ne pas retourner se faire soigner les yeux ou les dents en Pologne, en Bulgarie ou en Grèce. Il va en profiter pour se récupérer la totale aux frais des cotisants français. Et pour un euro de cotisation versée par le travailleur détaché, on aura droit à deux euros de dépense de notre sécurité sociale déjà exsangue du fait de sa mauvaise gestion.

Un petit oubli sur les « allègements de charges »

On s’amuse par avance de cette pelote que nous déroulons sans hâte. L’histoire du dumping sur les emplois à faible qualification (ceux très majoritairement concernés par le travail détaché) est en effet une sorte de serpent de mer en France. Quand j’étais à l’ENA (il y a quinze ans), j’avais des cours où l’on nous présentait des tableaux très bien faits sur le coût d’un pêcheur à Saint-Pierre-et-Miquelon (sous sécurité sociale française) et sur le coût de son homologue nord-américain. On comprenait tout de suite pourquoi l’activité de pêche à Saint-Pierre n’avait aucune chance de se développer.

C’est pour cette raison qu’on a inventé les allègements de charges sous 1,6 SMIC. Mes petits camarades de l’ENA me soutiennent encore aujourd’hui mordicus que le manque de compétitivité français, dû au coin « socio-fiscal », ne porte que sur les bas salaires.

Continuons sur le travail détaché: donc, l’alignement des travailleurs détachés sur les cotisations sociales françaises, vu qu’il concernera des emplois majoritairement rémunérés au SMIC… ne rapportera rien à la sécurité sociale. Mais il causera des dépenses, et des compensations de droit financées par l’impôt. Et voilà comment une mesure destinée à protéger les salariés français sera en réalité financées par les contribuables français.

Redisons-le, les milliards « d’allègements de charges » concédés aux entreprises sont compensés par l’Etat, c’est-à-dire par le contribuable, et essentiellement par des taxes sur les salaires. Donc, ce sont les employeurs de France qui paieront les cotisations des travailleurs détachés, officiellement alignés sur les cotisations françaises.

Les vraies raisons du travail détaché

Supposons que tout ceci advienne. Le travail détaché disparaitra-t-il pour autant? Ce sera le moment de vérité. Entre un maçon français et un maçon polonais, à coût égal, qui l’employeur français choisira-t-il?

Tous les employeurs connaissent déjà la réponse. Le maçon polonais qui, sachant qu’il a droit à la sécurité sociale française en travaillant en France, se précipitera pour venir, avec sa motivation, son ardeur à la tâche, son envie de faire. C’est le grand tabou français. Mais ceux qui recrutent sont bien placés pour savoir que la « protection » dont les salariés français bénéficient du fait des innombrables inventions légales, réglementaires, conventionnelles, les disqualifie dès lors qu’ils sont mis en concurrence avec des salariés étrangers non contaminés par cet état d’esprit délétère.

Mais, laissons les syndicalistes français nourris à la langue de bois tirer ce constat par eux-mêmes: l’alignement des travailleurs détachés sur les conditions sociales françaises n’empêcheront pas le travail détaché. Bien au contraire. Et il faudra avoir l’honnêteté de s’interroger sur l’employabilité de nos ressortissants baignés dans une atmosphère de « luttes », d’acquis sociaux et de protection toujours plus importante.

Comment la France prépare son propre suicide

Reste à expliquer comment se passera la renégociation de la directive sur le travail détaché. Outre les contreparties que tous les pays qui font une utilisation intelligente de cette directive (comme l’Allemagne, qui fait baisser les coûts de ses filières les plus concurrentielles, notamment agro-alimentaires, de cette façon) demanderont, certains se frotteront les mains. Ils feront écrire noir sur blanc au nouveau Président français qu’un salarié français détaché en Pologne ou en Bulgarie relève désormais de la sécurité sociale polonaise ou bulgare.

Quelle chance pour les employeurs français qui veulent délocaliser. Ils pourront désormais négocier les opérations de détachement à bas prix, sur le mode du: « où tu vas faire ce job en Bulgarie pendant six mois, pour un salaire bulgare, protection sociale comprise, ou tu pars ».

On s’en délecte par avance.