Accueil » Actualité

Catégorie : Actualité

L’État vend 111 millions d’actions d’Engie à un tarif historiquement bas

L’État vient de vendre 111 millions d’actions Engie pour financer l’innovation. Cette politique de cession d’actifs (mot pudique pour désigner des privatisation) fait partie des grandes ambitions de Bruno Le Maire. Dans la pratique, cette opération est un désastre économique.

L’État vient de céder 4,5% du capital d’Engie qu’il avait en sa possession. La cession s’est faite à un tarif d’environ 15 € quand le cours flirtait encore avec les 20 € courant 2015. L’action Engie valait 30€ en 2011. La rationalité économique de l’opération paraît donc extrêmement douteuse…

L’État a gagné 1,5 milliard€ dans cette session

Au total, l’État a gagné 1,53 milliard€ dans cette opération, ce qui paraît modeste. Surtout, l’opération ressemble à une bombe à retardement. Juridiquement, l’État doit en effet détenir un tiers des droits de vote de l’entreprise. Avec cette cession, ces droits avoisinent désormais 27%, un chiffre sous le seuil prévu par la loi.

Sauf à modifier celle-ci, tout porte donc à croire que l’État devra tôt ou tard procéder à des rachats d’actif.

Bruno Le Maire fait-il de l’affichage ou défend-il l’intérêt général?

Bruno Le Maire avait annoncé, au début de l’été, une vente massive d’actifs à hauteur de 10 milliards € pour financer l’innovation. Manifestement, le brillant ministre de l’Économie est plus doué pour l’affichage politique que pour la négociation commerciale. Voilà un vendeur qui a d’ores et déjà dévoilé ses batteries et qui vend au pire moment.

Résultat des courses: il faudra vérifier, dans la durée, le coût final de cette opération pour le contribuable. À ce stade, la moins-value est forte…

Un triomphalisme mal venu

Malgré ces éléments criants, Bruno Le Maire a claironné sa victoire dans un communiqué de presse qui restera dans les annales:

Bruno Le Maire déclare que « cette cession de titres s’est déroulée dans de très bonnes conditions pour les intérêts patrimoniaux de l’Etat. Elle constitue la première étape du plan de cessions d’actifs pour un montant de 10 milliards d’euros que j’ai annoncé au mois de juillet. »

On se demande ce qu’aurait été une vente lésant les intérêts patrimoniaux de l’État.

Répétition d’une opération désastreuse déjà menée en janvier

En janvier 2017, l’État avait déjà cédé 4% du capital de l’opérateur à un tarif historiquement bas. Bis repetita placent.

Et pourquoi ne pas appliquer les ordonnances aux fonctionnaires?

Je suis un bloc de texte. Cliquez sur le bouton modifier pour changer ce texte. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

Les ordonnances n’ont peut-être pas été la révolution radicale que certains attendaient, du moins en apparence. Elles apportent, en profondeur, des évolutions qui risquent pourtant de faire date. En effet, si elles ne modifient effectivement pas la règle du jeu pour les 5% d’entreprises qui sont dotées d’un délégué syndical et qui ont la faculté de négocier des accords collectifs, elles font brutalement entrer les 95% restant dans l’ère du dialogue social.

Cette évolution a des contours invisibles, qui ne se dessineront qu’à long terme. Il faudra dix ans, vingt ans peut-être, pour que la culture de la négociation percole dans des entreprises qui ne l’ont pas pratiquée.

Reste que là où seulement quelques millions de salariés étaient inclus dans la culture de la négociation d’entreprise, ils sont désormais 16 millions, c’est-à-dire tous, à être concernés par cette possibilité de définir dans l’entreprise une grande partie des normes applicables au contrat de travail. Il s’agit, même si on ne s’en rend pas compte aujourd’hui, d’une rupture radicale dans la conception même du travail en France.

Étendre les ordonnances aux fonctionnaires?

En creux, cette rupture accroit un déséquilibre déjà important sur un sujet sensible pour les Français: la différence de traitement entre les fonctionnaires et les salariés du secteur privé. Alors que tous les salariés du privé basculent dans la flexibilité, la forteresse publique reste inexpugnable et continue à vivre en dehors de la performance.

Alors que le gouvernement est à la recherche du moindre fifrelin pour réduire le déficit, on peut commencer à s’interroger sur le gisement à côté duquel il passe ici. Dégager de la productivité dans les services publics par la mise en place d’une vraie culture de la flexibilité permettrait en effet d’activer l’importante part de dépense publique en France.

Par sa rigidité, celle-ci se comporte largement comme un âne mort. Par exemple, la très faible flexibilité des enseignants impose une éducation massifiée dont la performance se détériore sans cesse, et pénalise les plus pauvres. Le statut de l’enseignant, les pratiques obsolètes de gestion en vigueur à l’Éducation Nationale, sont aujourd’hui les principaux obstacles à un sursaut salutaire en matière éducative. Cette rigidité oblige à sans cesse augmenter la dépense sans impact significatif sur la qualité éducative.

En brisant le carcan du statut, l’État se donnerait une chance objective de transformer ce gouffre financier qu’est l’Éducation Nationale en investissement productif pour le pays. Mais cela suppose, effectivement, que les chefs d’établissement aient la faculté de déroger aux règles nationales pour les adapter aux besoins de leur établissement.

Pourquoi, dès lors, ne pas adapter à la fonction publique les règles prévues par les ordonnances et mettre en place des expérimentations en ce sens?

Appliquer les ordonnances sans remettre en cause le statut

Au passage, on notera que la transposition de la logique des ordonnances aux fonctionnaires n’impose pas d’aborder la question du statut. On peut en effet concevoir une décentralisation des règles applicables aux fonctionnaires sans imposer l’existence d’un cadre spécifique les protégeant d’une politisation ou d’une pression trop forte des élus.

On sait tous que cette question emblématique est largement dépassée aujourd’hui, même si elle reste clivante pour les fonctionnaires. Depuis longtemps, en effet, les fonctionnaires, et spécialement les hauts fonctionnaires, courent après la politisation pour accélérer leur carrière. L’idée que le statut les protégerait est donc devenue un leurre.

Du coup, le statut a perdu son sens. Il devait protéger du politique. Il protège du citoyen. Rien ne justifie en effet qu’une infirmière ou une aide-soignante ne bénéficient du statut. Et lorsque, comme à Castelsarrasin, le tiers des effectifs policiers nationaux se met en arrêt maladie pour protester contre le refus du Préfet d’appliquer une organisation du travail plus favorable mais supposant des créations d’emplois, on comprend mal que le statut ne permette pas à l’employeur des mesures directes de reprise en main.

Mais supposons… supposons que le statut ne soit pas un obstacle ici. Pourquoi, afin de contourner les obstacles symboliques d’une remise en cause du statut, ne pas transposer à la fonction publique les règles de décentralisation de la fabrication de la norme permise par les ordonnances?

Pour que cette innovation soit suivie d’effet, il est vrai que la fonction publique aurait un autre obstacle à franchir. Il ne suffit pas d’avoir un droit pour en user. Il faut encore des managers capables d’en tirer le meilleur parti. Et il est bien probable que, depuis une ou deux décennies, la fonction publique ait écarté en son sein tous ceux qui présentaient le risque de pouvoir la réformer et la moderniser…

Statut et code du travail

Les fonctionnaires, qu’ils soient titulaires ou contractuels, ne sont pas soumis au Code du Travail (ce qui interdit l’intervention de l’inspection du travail dans les services administratifs…). Ils disposent de leur propre corpus juridique, relevant de la loi et des décrets.

Article écrit pour le FigaroVox

1 policier sur 3 en arrêt maladie… à Castelsarrasin

Un policier en tenue sur trois est en arrêt maladie à Castelsarrasin, sous-préfecture du Tarn-et-Garonne qui compte moins de 30.000 habitants. Les fonctionnaires s’y disent surmenés.

L’affaire est révélée par la presse régionale. Les policiers de Castelsarrasin sont atteints d’une brutale épidémie de burn-out. Sous-préfecture du Tarn-et-Garonne bien connue pour son hyper-criminalité, cette ville de moins de 30.000 habitants épuise ses forces de l’ordre!

Policier épuisé, rythme de travail éreintant?

Dans la pratique, le commissariat de la sous-préfecture marque le coup après que le Préfet a refusé de lui appliquer, faute d’effectifs suffisants, le régime horaire en vigueur dans les grands commissariats. En l’espèce, les policiers de Montauban en bénéficient, mais pas ceux de Castelsarrasin.

Ce régime garantit aux policiers de bénéficier d’un week-end sur deux et non d’un week-end sur six. Les policiers de Castelsarrasin restent au régime « général », qui garantit un week-end sur six, et deux jours de repos après deux matinées de travail et deux après-midis.

L’effort est-il justement réparti dans la police nationale?

Cet absentéisme massif pose évidemment la question de la juste répartition des efforts au sein de la police nationale. Alors que des zones fortement criminogènes sont souvent affectées par un manque d’effectifs, on peut s’interroger sur la pertinence d’un commissariat ouvert en continu dans une sous-préfecture comme Castelsarrasin. La question se pose d’autant plus que les policiers qui y travaillent y semblent très malheureux.

5.500 créations d’emplois sous Hollande

On trouvera dans un rapport d’inspection le détail des créations d’emplois dans la police nationale depuis 2013. Avec 5.500 créations de postes, la police a bénéficié d’un véritable effort du contribuable. Visiblement insuffisant…

RSI: combien coûtera l’adossement?

L’adossement du RSI au régime général à compter du 1er janvier 2018 est acté. Il devrait être annoncée demain par le Premier Ministre. Mais plusieurs questions se posent sur les futures règles du jeu et surtout sur le coût financier de l’opération.

Le Premier Ministre devrait annoncer demain les étapes du futur adossement du RSI au régime général. Personne ne connaît encore les règles du régime futur. Il est probable que, dans un premier temps, le gouvernement vise à ne rien modifier aux paramètres assurantiels. La question se pose déjà, en revanche, sur les contreparties salariales que le gouvernement lâchera auprès des 6.000 salariés que le régime général doit reprendre.

Un adossement au 1er janvier 2018

Pour les personnels du RSI, la mesure aura vite un goût saumâtre. Leur dilution dans le régime général interviendra en effet au 2 janvier 2018. De façon assez classique dans ce genre d’opération, ils bénéficieront d’une période transitoire pendant laquelle ils conserveront les avantages de leur convention collective. Leurs conditions d’intégration dans la convention de l’UCANSS (agents du régime général) feront l’objet d’une négociation pendant quelques mois.

À l’issue de cette période, l’intégration sera décidée.

Quel coût pour les assurés?

Reste à savoir ce que coûtera cette opération. Nos lecteurs savent les avantages salariaux accordés aux salariés du RSI. La politique de rémunération en vigueur à la sécurité sociale est moins favorable.

La négociation devrait viser à aligner les régimes vers le haut. Faut-il prévoir une amélioration globale des conditions salariales des collaborateurs du régime général sur le régime du RSI? On guettera attentivement le résultat de cette négociation.

In fine, la tentation sera forte de faire peser sur le régime, et sur les cotisations des assurés, l’amortissement social de cette décision.

La CCN 218

On l’ignore souvent, mais les agents de la sécurité sociale sont des salariés de droit privé qui relèvent de la branche de la sécurité sociale, et de la convention collective 218. Comme il se doit, l’employeur des plus de 120.000 collaborateurs de cette branche, l’UCANSS, maintient une relative opacité sur le droit conventionnel en usage. Une opacité qu’aucune branche concurrentielle ne s’autorise.

Une photo de femme avec son bébé est-elle une offense à la dignité humaine?

Une photo de femme avec son bébé offense-t-elle la dignité humaine? C’est entre autres ce que soutenait le Collectif des Effrontées dans un référé contre l’affaire des silhouettes sexistes de Dannemarie. Le Conseil d’État vient de leur donner tort.

La commune de Dannemarie, dans le Haut-Rhin, a organisé en juin 2017 une « année de la femme » avec une exposition de panneaux représentant des silhouettes de femmes: certaines étaient « sexy » (notamment une femme à califourchon sur une chaise), d’autres empruntées à la vie quotidienne, comme une femme portant un bébé dans les bras. Ce sont ces silhouettes qui ont suscité une réaction forte des associations féministes qui ont introduit un référé contre cette campagne d’affichage.

L’atteinte à la dignité de la femme reconnue en première instance

Le juge des référés, au tribunal administratif de Strasbourg, a examiné la requête le 9 août. À cette occasion, il a accédé à la demande de l’association, en jugeant que l’égalité entre les hommes et les femmes faisait partie des libertés fondamentales, et qu’une campagne d’affichage sexiste constituait une atteinte à cette liberté. Le juge a donc ordonné l’enlèvement des panneaux litigieux.

Le Conseil d’État prend un arrêt de principe majeur

Dans une ordonnance rendue en appel de cette décision, le Conseil d’État a salutairement rappelé que la campagne ne visait pas à discriminer les femmes et que l’atteinte à l’égalité des femmes ne constituait pas une atteinte à une liberté fondamentale. Il a donc annulé la décision du juge strasbourgeois.

Féminisme ou ordre moral?

On s’inquiétera néanmoins de la dérive du discours féministe, qui confine progressivement à un rigorisme moral digne des puritains anglo-saxons. Féminisme ou pudibonderie de quaker?

« si, en dépit des intentions affichées par la commune, les panneaux incriminés peuvent être perçus par certains comme véhiculant, pris dans leur ensemble, des stéréotypes dévalorisants pour les femmes, à l’opposé de l’objectif poursuivi par le législateur lors de l’adoption de la loi du 4 août 2014, ou, pour quelques-uns d’entre eux, comme témoignant d’un goût douteux voire comme présentant un caractère suggestif inutilement provocateur s’agissant d’éléments disposés par une collectivité dans l’espace public, leur installation ne peut être regardée comme portant au droit au respect de la dignité humaine une atteinte grave et manifestement illégale de nature à justifier l’intervention du juge des référés »

Licenciement, auto-entrepreneurs: le gouvernement sacrifie l’emploi dans les PME

Comme on pouvait le pressentir, les PME devraient sortir rincées de l’épisode de « réformes » lancées par Emmanuel Macron. Entre renchérissement des indemnités de licenciement et relèvement du plafond d’auto-entrepreneurs, l’addition risque d’être salée. Au point que le choix d’être employeur s’imposera de moins en moins.

Selon l’annonce de Bruno Le Maire, le plafond de chiffre d’affaires pour les auto-entrepreneurs devrait doubler et passer à 66.200€ annuels pour les services, et à la bagatelle de 165.000 euros pour la vente de produits. Cette mesure est loin d’être anecdotique, si l’on se souvient que l’auto-entrepreneur ne paie que 23% de cotisation sur ses revenus au régime social des indépendants, quand les gérants de SARL sont assujettis à une cotisation de plus du double.

Autrement, à excédent brut d’exploitation égal, ceux qui ont fait le choix de recruter des collaborateurs et de se rémunérer comme gérants seront lourdement pénalisés par rapport à ceux qui « externalisent » la main d’oeuvre et optimisent leur gestion.

Cette perspective suscite de nombreuses questions sur l’intérêt de recruter dans les PME.

La question des indemnités de licenciement

Parallèlement, les chefs d’entreprise « en bonne et due forme » risquent de subir de plein fouet une autre mesure. Non seulement, ils devront subir la concurrence accrue d’auto-entrepreneurs regonflés par le relèvement des plafonds de chiffres d’affaires, mais ils pourront moins facilement licencier leurs salariés.

Les ordonnances sur le travail devraient en effet déboucher sur un relèvement de 25% des indemnités de licenciement en contrepartie de la barémisation des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif. Les employeurs qui ajustent leur masse salariale à leur activité réelle devront donc payer plus cher, à l’avenir pour réduire les actifs de leur entreprise.

Les choix d’Emmanuel Macron risquent donc de présenter un double inconvénient. D’une part, ils mettront les petits patrons sous pression. D’autre part, ils renchériront le coût du travail pour ceux qui font le choix de recruter.

Une lutte contracyclique contre le chômage

Globalement, les mesures prises de façon éparpillée par le gouvernement, l’une visant à favoriser les auto-entrepreneurs, l’autre visant à favoriser les salariés, auront donc un effet simple. Elles utiliseront les petits patrons comme variable d’ajustement.

Dans la pratique, en effet, pour un excédent brut d’exploitation de 100.000€, l’intérêt pour un entrepreneur sera donc de rester auto-entrepreneur plutôt que de se constituer en SARL. On pourra justifier comme on le voudra cette stratégie, son effet économique est simple: il favorise la pratique de l’auto-entrepreneuriat au détriment du recrutement classique.

Après les longs débats sur l’ubérisation de l’économie, on est au moins fixés sur la stratégie du gouvernement: entre les gros bataillons des grandes entreprises et la concurrence sidérale des auto-entrepreneurs, tout est fait, par petites touches, pour dissuader les entreprises de grandir et de prospérer.

Match auto-entrepreneurs contre artisans: qui gagne le match?

Supposons qu’une activité dans le bâtiment génère 100.000€ d’excédent brut, c’est-à-dire de marge en supplément des salaires versés.

Si cet excédent est versé sous forme de bénéfice au chef d’entreprise, l’imposition sur le revenu se fera sur des bases proches. Simplement, le coût de la protection sociale va du simple au double, à montant égal, selon les statuts.

L’auto-entrepreneur est assujetti à hauteur de 23%. Le gérant de SARL à hauteur de 48%.

Selon les statuts, la différence de rémunération nette s’élève donc à 25.000€, soit 2.000€ par mois.

Les gérants de SARL, s’ils dégagent un excédent brut de 100.000€, ont donc un intérêt objectif à licencier leurs salariés et à leur proposer des contrats sur factures d’auto-entrepreneurs.

Voilà comment une politique micro-économique favorise le chômage.

Travail détaché: comment Macron va dynamiter la sécurité sociale

Le travail détaché prononce-t-il l’arrêt de mort de notre coûteuse et inefficiente sécurité sociale? La hâtive proposition française de faire cotiser les travailleurs détachés aux régimes de protection sociale obligatoires des pays où ils sont détachés est une bénédiction pour tous ceux qui attendent cette annonce avec impatience. Et il n’est pas sûr que les pouvoirs publics français l’aient compris.

La ministre des Affaires Européennes, Nathalie Loiseau, qui est une pure fonctionnaire, n’a probablement pas compris la portée de la proposition qu’elle porte, dans l’ombre du président Macron, sur le travail détaché. Celle-ci consiste à forcer les dits travailleurs à cotiser au régime de protection sociale obligatoire du pays qui les accueille temporairement. Implicitement, cette proposition suppose donc que les travailleurs en question ne cotisent plus, pendant ce temps, dans le régime obligatoire de leur pays d’origine. Sauf, évidemment, à ce que la France invente le principe de la double cotisation obligatoire aux régimes de sécurité sociale: après tout, Nathalie Loiseau, qui a dirigé l’ENA, n’en serait pas à une invention baroque près.

Une proposition sur la sécurité sociale qui paraît séduisante…

En apparence, cette proposition est séduisante et répond à un bon sens économique à courte vue. Puisque les pays à faible coût du travail exporte mieux leurs travailleurs que les pays à coût élevé, yaka rééquilibrer les termes de la concurrence en imposant aux travailleurs détachés le même coût que les travailleurs indigènes. Certes, l’idée va à rebours de l’idée européenne de libre-échange, puisqu’elle consiste à imposer à tous les pays européens le régime social français dès lors que lesdits Européens travaillent en France, mais pourquoi pas…

… mais qui cache beaucoup de surprises

La première petite particularité, qui est aussi une bombe à retardement, de cette idée tellement simpliste qu’elle en devient populiste, c’est qu’elle va coûter très cher aux comptes sociaux. En échange de leurs cotisations à la sécurité sociale française, les travailleurs détachés recevront en effet les prestations pour lesquelles ils cotisent.

Et hop! voilà le chauffeur routier roumain qui, le temps de sa présence en France, réclamera les prestations familiales auxquels il a droit pour sa tribu d’enfants, et ne manquera de les conduire dans nos hôpitaux pour y recevoir tous les soins auxquels ils auront droit. À n’en pas douter, d’ailleurs, les Roumains et les Polonais ne tarderont pas à se battre pour être détachés en France compte tenu des nombreuses opportunités qu’elle offrira.

On peut même parier que l’attractivité de la France ira croissante: tous ceux qui, dans leur propre pays, n’ont pas accès aux soins dentaires ou à une hospitalisation digne de ce nom ne tarderont pas à solliciter le détachement qui va bien le temps de recevoir les soins nécessaires.

Comment la France attirera le mauvais risque

Les assureurs connaissent bien cette formule: les pays de forte protection sociale attireront rapidement le mauvais risque. Autrement dit, l’effet d’aubaine que la proposition française entend créer en Europe attirera sous forme de travail détaché les salariés les plus malades des pays peu protégés socialement. Cette mécanique évidente va créer deux effets pervers.

Premier effet: le nombre de travailleurs détachés augmentera au lieu de diminuer. Beaucoup d’employeurs polonais ou roumains crouleront en effet rapidement sous les candidatures volontaires pour le détachement dès lors que les filières de soins seront en place, que ce soit vers la France ou l’Allemagne, ou l’Autriche, ou les pays du Nord dotés de régimes sociaux généreux.

Deuxième effet pervers: le mauvais risque ne tardera pas à plomber les comptes sociaux de ces pays. Les travailleurs détachés se révéleront en effet des consommateurs assidus compte tenu de l’effet d’aubaine créé par le nouveau système: obligés à cotiser à un dispositif plus coûteux que celui de leur pays d’origine, leur intérêt rationnel sera d’optimiser la dépense, en obtenant le maximum de contreparties…

Un système mal compris de concurrence entre régimes de protection sociale

En réalité, la France n’a pas compris (parce qu’elle est gouvernée par des fonctionnaires qui ne comprennent goutte à cet univers) qu’elle faisait entrer le loup de la concurrence dans la bergerie des régimes de sécurité sociale. Certes, cette entrée n’est pas fracassante. Mais, dans la pratique, la France propose de permettre à un travailleur européen de pratiquer une sorte de cabotage entre régimes de sécurité sociale.

Ainsi, le chauffeur routier roumain pourra, en plus de son régime national, être affilié au régime français, allemand, belge, italien, hollandais, et d’autres encore, selon les missions qu’il accomplit. On s’amuse par avance des efforts qu’il faudra déployer pour coordonner l’usine à gaz…

Justement, la coordination entre les systèmes de sécurité sociale (et notamment de retraite) va très vite poser un problème insoluble que le fameux « esprit européen » tant vanté par Emmanuel Macron obligera à trancher. Si cet « esprit européen » est fondé sur la libre circulation des travailleurs, il imposera très rapidement, et compte tenu du nombre de travailleurs détachés dans l’Union, à reconnaître un droit à la concurrence.

La fin du monopole de la sécurité sociale

Pour le comprendre, il faut « retourner la feuille » et la lire à l’envers. Plus de 200.000 salariés français seraient aujourd’hui détachés dans des pays à faible sécurité sociale. Pour ceux-là, il est évident que la proposition française en matière de travail détaché va poser un problème concret: accepteront-ils de rester détachés s’ils sont contraints de renoncer à leurs droits en France pour cotiser à une retraite roumaine ou à une protection sanitaire locale?

Bien sûr que non, ce qui ouvrira deux hypothèses.

Soit la proposition française est sans alternative, et la France bloquera le processus de détachement des pays « riches » vers les plus pauvres. Elle introduira de fait un mécanisme empêchant le détachement des Français ou des Allemands vers l’Est de l’Europe.

Soit la France concède à ce qui existe déjà en Allemagne: le libre choix du travailleur en faveur d’un régime de sécurité sociale. Le travailleur détaché pourra librement opter pour le régime de sécurité sociale de son choix, à condition d’en payer le prix.

Et voilà comment l’exigence dominante dans la gauche française d’une sécurité sociale suffocatoire et en expansion permanente sera à l’origine de sa propre disparition. Car, à n’en pas douter, l’Allemagne épaulera la proposition française à condition que celle-ci accepte le modèle allemande de concurrence entre les caisses primaires de sécurité sociale.

C’est d’ailleurs la solution réaliste pour la question du travail détaché.

Le modèle allemand de concurrence entre caisses de sécurité sociale

Comme la France, l’Allemagne dispose d’un système de sécurité sociale privée, mais obligatoire. En grande partie, le système français a hérité du système allemand, « importé » lors de l’annexion de l’Alsace-Moselle de 1918.

Il existe toutefois trois différences majeures entre ces systèmes de sécurité sociale.

La première différence tient au faible financement patronal du système allemand. Alors qu’en France, la protection sociale des salariés est financée à plus de 35% par les employeurs, ce taux avoisine les 20% en Allemagne. La stratégie allemande a permis de combattre le chômage de masse.

La deuxième différence tient à l’équilibre des comptes sociaux en Allemagne. Alors que la sécurité sociale française est déficitaire, la sécurité sociale allemande est excédentaire, pour un coût moindre par rapport au PIB.

La troisième différence tient à la concurrence: en France, le système de caisse primaire territorialisée empêche un cotisant de choisir sa caisse d’affiliation. En Allemagne, la sécurité sociale a gardé sa nature professionnelle et les salariés peuvent librement choisir leur caisse d’affiliation.

Gouvernement profond: quand les anti-complotistes voient des complots partout

Les anti-complotistes comme Rudy Reichstadt sont-ils les principaux producteurs des théories du complot? Un article de Rudy Reichstadt sur le gouvernement profond aux États-Unis vient de le montrer une nouvelle fois.

Rudy Reichstadt, animateur de Conspiracy Watch, vient de produire un article sur les critiques de certains trumpistes contre le gouvernement profond qui mérite une lecture divertissante. Rudy Reichstadt fait en effet partie de ces petits chiens de garde de la bien-pensance chargés de désigner les auteurs autorisés et de mettre à l’index un lot grandissant de dissidents. Son credo est celui du complotisme: Reichstadt est là pour nous dire, façon Savonarole, quels livres ont le droit d’être lus et quels livres méritent des autodafés dès lors qu’ils sont produits par des complotistes.

En ce sens, il applique avec une bonne conscience digne d’un inquisiteur le principe selon lequel il n’est pas de sotte manière d’acquérir sa médiatisation, serait-ce en devenant censeur quasi-officiel au service d’une domination culturelle douteuse.

Les anti-complotistes voient des complots partout

Reprenons donc, pied à pied et en la citant laborieusement l’argumentation selon laquelle les théories du gouvernement profond sont complotistes.

Premier point: « l' »Etat profond » existe-t-il vraiment? » se demande Reichstadt. Et là, on se dit que l’article va disserter sur l’existence d’un État profond en examinant les bases scientifiques de cette théorie régulièrement discutée ici. Comme Reichstadt n’est pas complotiste, on imagine qu’il va argumenter.

Après une restitution de la page Wikipédia consacrée au sujet, Reichstadt se lance dans son argumentation:

Si le concept peut faire valoir ses prétentions à rendre compte imparfaitement mais sûrement d’une partie bien tangible de la réalité dans le contexte de régimes semi-démocratiques ou autoritaires comme en Turquie et en Egypte (on parle en arabe de « dawla âmiqa« ), où le pouvoir civil est placé sous la surveillance, voire la tutelle directe de l’armée, il apparaît en revanche autrement plus discutable de parler d' »Etat profond« s’agissant de démocraties libérales politiquement stables, garantissant les libertés publiques fondamentales, dotées de contre-pouvoirs efficients, d’une presse plurale et d’un Etat de droit authentique.

Traduction: une démocratie libérale ne peut pas être sujette à un gouvernement profond. Celui-ci n’existe que dans les dictatures ou les semi-dictatures. D’accord, mais pourquoi? Et comment ne pas constater que cette affirmation se heurte à des évidences simples.

Par exemple, il est évident qu’en France il existe une technostructure qui maintient la pérennité de certaines lignes politiques (l‘histoire réelle de la sécurité sociale en est la preuve) par-delà les élus et la classe politique apparente. Nier le poids de la technostructure dans la prise de décision politique paraît quand même non seulement curieux, mais suspect.

Sur ce point, Reichstadt semble avoir une réponse toute faite: ceux qui affirmeraient qu’il existerait des gouvernements profonds dans les démocraties libérales sont des complotistes.

Comment Reichstadt fabrique des complotistes

Se met alors en marche la machine Reichstadt pour expliquer que toute philosophie de l’histoire ou toute analyse historique fondée sur la responsabilité humaine (à rebours des théories marxistes) est complotiste.

On notera ici les ficelles quasi-grammaticales utilisées pour fabriquer une théorie du complot. D’abord Reichstadt indique qu’Edwy Plenel soutient qu’il existe un État profond en France, qui serait celui de la haute administration. Ensuite, il indique: « Outre-Atlantique, ce sont les médias favorables à Donald Trump qui ont sorti cette expression incroyablement élastique de sa relative confidentialité ».

On remarquera la méthode de Reichstadt: pour savoir si une démocratie libérale peut être sujette à un gouvernement profond, il ne cherche pas des faits, il lit le nom des auteurs. Fidèle à ses réflexes inquisitoriaux, les idées ne l’intéressent pas. Il veut seulement savoir si ceux qui utilisent l’expression « État profond » ont bonne réputation ou pas.

Soit tu es validé par la bien-pensance et ton casier moral est vierge, auquel cas l’expression que tu utilises est acceptable. Soit ton casier est chargé, et l’expression devient interdite. Dans le cas de la théorie du gouvernement profond, Reichstadt rapproche Edwy Plenel et les admirateurs de Trump (catégorie large dont le caractère infamant tient lieu d’argumentation).

Reichstadt égrène ensuite la liste de ceux qui utilisent aussi l’expression d’État profond: Serge Halimi, et Peter Dale Scott, « un professeur de littérature à la retraite qui a fait du concept d' »Etat profond » un véritable fond de commerce« . La rhétorique est ici plaisante, puisqu’elle concentre le fiel de la suggestion négative: Dale Scott est un professeur de littérature, il est à la retraite, et il fait commerce de son expression. Comme Reichstadt a probablement conscience que son argumentation est un peu courte, il la ponctue par la phrase qui tue: « l’éditeur des trois livres traduits en français de Dale Scott soit aussi celui des ouvrages de l’auteur conspirationniste Thierry Meyssan et un proche des militants de ReOpen911. »

Et voilà! la meilleure preuve du caractère conspirationniste de la théorie de l’État profond, c’est Thierry Meyssan a édité la traduction française de Peter Dale Scott.

La technique argumentaire utilisée repose un sophisme vieux comme le monde, qu’on appellera par facilité les chiffons rouges. Il ne s’agit pas d’expliquer pourquoi un gouvernement profond ne peut exister dans une démocratie libérale, il s’agit paresseusement d’expliquer que tous ceux qui le pensent ont mauvaise réputation, et même qu’ils sont complotistes. La preuve, Meyssan a publié une traduction en français qu’un livre qui défend cette théorie.

Cette technique peut être déclinée à l’infini, façon poèmes jaculatoires de l’Église. Ainsi, Reichstadt continue son numéro de Savonarole:

D’Alain Soral à Eric Zemmour ou Aymeric Chauprade en passant par Stephen Bannon, Alex Jones et l’animateur de la chaîne Fox News, Sean Hannity, chacun dispose avec cette notion mal dégrossie d' »Etat profond » du sésame qui lui manquait pour raconter à peu près n’importe quoi sans jamais avoir à le prouver. Ainsi a-t-on vu le site d’extrême droite américain Breitbart accuser l' »Etat profond » d’avoir organisé la fuite d’informations sur Trump au New York Times et au Washington Post.

Le lecteur distrait ou naïf ne s’aperçoit alors pas clairement que Reichstadt vient de lui expliquer par suggestions progressives qu’Edwy Plenel et Alain Soral c’est la même chose, que Mediapart, Fox News ou Breitbart, c’est la même veine. Joli numéro de petit commissaire politique!

Le zéro pointé de Reichstadt en philosophie de l’histoire

Comme Reichstadt sent bien qu’il ne comprend pas tout ce qu’il dit et qu’il ne mesure pas toutes les implications de cette grotesque généralisation à laquelle il se livre (signe que la bien-pensance peine à recruter des gens intelligents), il se fend de ce monument de pensée binaire qui pourra un jour figurer dans les manuels d’histoire de la propagande:

A ce stade, il faut préciser que l’on peut bien, sans sombrer dans le complotisme, faire usage de concepts abstraits pour décrire la réalité de manière dramaturgique. De Platon à Hegel, la philosophie occidentale a noirci des milliers de pages sur le rôle historique du « Logos ». De la même manière, il n’y a rien d’injustifiable à lire l’histoire politique européenne des deux derniers siècles à l’aune d’un affrontement tellurique entre « la Réaction » et « le Progrès », « le Capital » et « le Prolétariat ». Aucune de ces lectures n’est a priori suspecte de complotisme.

Gentiment, Reichstadt nous produit le catéchisme de la pensée autorisée dans son petit monde bien-pensant d’a priori non suspects: alors, Platon, Hegel, Marx, on a le droit. Les autres non: ils sont suspects. C’est comme ça, dans cette la dictature de la pensée anti-conspirationniste, il y a les a priori fiables et les a priori suspects.

L’a priori tient lieu, chez Reichstadt, de pensée et d’argumentation.

Reichstadt complotiste en chef

L’aveu de Reichstadt vient enfin:

Le pas avec le conspirationnisme est néanmoins franchi à partir du moment où l’on accuse abusivement ces entités d’ourdir des complots auxquels rien ne prouve qu’elles soient mêlées.

Personnellement, cette définition du complotisme me va bien. Le complotisme me paraît en effet consister à porter des accusations de collusion entre des gens dont rien ne prouve qu’ils soient mêlés.

En ce sens, Reichstadt donne une superbe preuve de sa manie complotiste. Lui qui vient de nous expliquer que la théorie du gouvernement profond en démocratie libérale était complotiste parce qu’elle était défendue par Plenel, Zemmour, Soral, Halimi, Peter Dale Scott et Meyssan. Ces gens-là n’ont effectivement aucun rapport entre eux. Seul Reichstadt les mêlent ensemble pour disqualifier une théorie sur laquelle il n’apporte aucun argument sur le fond, mais seulement des sophismes.

À force de se croire Blanche-Neige et de voir des nains partout, Reichstadt a oublié qu’il était lui-même un nain.

Lallab: la grosse manipulation misogyne soutenue par la gauche bien-pensante

L’association Lallab, qui prétend lutter contre le sexisme et le racisme, mais en réalité fait l’éloge de la femme voilée, est au coeur d’une polémique. Selon une tribune publiée dans Libération, et notamment signée par Benoît Hamon (et une longue liste de Tartuffes bien-pensants), l’association serait victime d’islamophobie. Les signataires de ce texte effarant feraient bien de s’intéresser à l’activité de l’association avant de la soutenir.

Il paraît que les Français sont islamophobes et complices de l’extrême-droite lorsqu’ils condamnent l’intervention du contribuable en faveur de l’association Lallab! C’est Benoît Hamon lui-même qui le soutient.

Ah! le bel argument qui élève le débat: tu penses que le voile est un signe de soumission de la femme, tu es d’extrême-droite ou complice de celle-ci. Tu penses que la République laïque doit rester neutre et ne pas soutenir des associations à caractère religieux, et tu es d’extrême-droite ou complice de celle-ci. Bientôt, tu expliqueras que tu es carnivore, et on te répondra que tu es sans doute d’extrême-droite.

Merci, donc, à tous les bien-pensants, qui nous donnent envie de nous enrichir intellectuellement au contact de leurs arguments de haut vol et tout dans la nuance. On se dit, en les écoutant, que le monde du Vivre Ensemble et de la diversité nous promet une pensée élaborée et une liberté critique digne des traditions démocratiques les plus riches.

L’étonnant silence de Lallab sur les musulmanes qui se révoltent contre le voile

Officiellement, Lallab fait entendre les voix des femmes musulmanes. C’est ce qui lui vaut le soutien des bien-pensants ennemis de l’extrême droite. Alors, quand on lit ça, on se dit chouette: une association de femmes musulmanes va nous détailler le combat des femmes algériennes pour porter le bikini sur les plages, qui a agité l’actualité cet été.

Voilà en effet un sujet qui paraît en lien direct avec l’objet de l’association: faire entendre la voix des femmes musulmanes qui luttent contre l’oppression vestimentaire imposée en Algérie. Et là, tu t’aperçois que Lallab n’a pas soufflé, de tout l’été, un mot de cette affaire.

Pourtant, il paraît que l’association organise un tour sur les femmes musulmanes dans le monde, pour donner la parole à celles-ci. Visiblement, il n’y avait plus de billets pour l’Algérie, parce que la voix des femmes musulmanes s’est massivement exprimée cet été de l’autre côté de la Méditerranée, et Lallab n’en a pas soufflé mot. Amusant, non?

En revanche, Lallab a trouvé le temps de consacrer un article au port du voile pendant les épreuves du baccalauréat. Le règlement de l’examen veut en effet que l’administration s’assure qu’une candidate voilée ne dissimule pas, sous son voile, des appareils électroniques qui lui permettent de tricher.

Sous la plume de Lallab, cette mesure égalitaire est présentée comme suit:

Au centre d’examen, la jeune femme et ses camarades ont été sommées de retirer leurs voiles, pour ensuite être soumises à une fouille très minutieuse sans raison apparente. Une expérience déstabilisante pour Baraa, qui se confie ici.

Visiblement, le combat de Lallab est très orienté vers le soutien au voile, et n’a absolument pas la moindre ambition de faire entendre réellement la voix des femmes musulmanes ni des valeurs républicaines.

Mais qu’importe, c’est nous qui sommes islamophobes!

Siffler la fin de la récréation sur le sujet de l’islamophobie

Il serait que nos démocraties se réveillent et prennent la mesure du rapport de force que des agitateurs musulmans tentent d’imposer en notre défaveur.

D’un côté, notre mode de vie est attaqué presque quotidiennement par des jeunes musulmans issus de l’immigration qui n’hésitent pas à tuer aveuglément dans les rues. Cette guerre ne sera gagnée que si les communautés nationales restent solidaires.

Dans cette solidarité, les musulmans de France doivent choisir leur camp. Soit ils considèrent que le mode de vie en vigueur en France et en Europe est souhaitable et ils doivent participer à sa défense. Soit ils le détestent et pensent que ce que les femmes algériennes rejettent dans leur pays est bon pour nous, et nous devons dès aujourd’hui en tirer toutes les conséquences.

Quant aux Français qui n’ont rien à voir avec l’Islam mais qui préfèrent soutenir ceux qui oppriment les femmes et combattre les femmes qui veulent s’émanciper de l’Islam, il est grand temps qu’ils prennent la mesure de la trahison culturelle à laquelle ils se livrent.

Car, ne leur en déplaise, l’islamophobie est sévèrement réprimée par la loi en France. Mais… pour certains Musulmans, l’islamphobie n’est pas une crainte. C’est manifestement un levier idéal pour exiger de nous un abandon de notre identité.

Un extrait du texte ignoble signé par Hamon

« A l’origine des trois campagnes dirigées contre Lallab, on trouve des membres de l’extrême droite et de groupes identitaires, mais aussi des personnes prétendant défendre une vision «intransigeante» de la laïcité et de l’universalisme républicain. En plus de reposer sur une compréhension erronée de la loi de 1905, cette supposée intransigeance est en réalité une intolérance, voire une paranoïa, qui s’exerce à l’égard d’une seule religion : l’islam. Cette vision les rend complices de l’extrême droite, les amène à hurler avec elle, et à défendre une vision raciste et sexiste de la société. À cet égard, nous dénonçons la responsabilité particulière du Printemps républicain, ou encore du site Ikhwan Info. Supposément de gauche, féministe, universaliste et laïque, ce mouvement s’en prend ici à une association qui rassemble des femmes directement concernées par la misogynie et le racisme, et qui s’auto-organisent pour lutter contre. Ces structures passent par l’approximation et la manipulation pour défendre un universalisme abstrait et une République qui dissimule mal ses inégalités. »

Attentat de Barcelone: les images choc tournées sur place

Des images choc de l’attentat de Barcelone circulent sur Internet. En voici la reproduction. Sans commentaire.

Un nouvel attentat dans nos rues (cette fois à Barcelone) revendiqué par Daesh. Manifestement, la spirale de la violence continue. Nous savons tous qu’elle obligera tôt ou tard chacun à prendre clairement position sur le modèle de société que nous voulons promouvoir.

Après l’attentat de Barcelone, que signifie porter le voile en Occident?

En particulier, il faut avoir le courage de s’interroger sur la signification du voile et de son port en Occident. Avant la vague d’attentats qui a commencé en Europe en 2015, cet affichage religieux était au fond plutôt marginal et pouvait se parer d’une apparence innocente. Au lendemain du massacre dans les locaux de Charlie Hebdo, nombre de femmes, notamment de jeunes femmes, ont fait le choix de porter le voile alors qu’elles s’en abstenaient jusque-là.

Il est quand même très difficile de ne pas s’interroger sur la signification politique de ces gestes individuels qui, au total, font masse… Surtout lorsqu’en Algérie, par exemple, la révolte du bikini souligne les inégalités de genre dont le voile est porteur.

Combien de temps, au nom d’un vivre ensemble dont nous sommes les seuls adeptes sincères, accepterons-nous de fouler aux pieds nos valeurs républicaines?