Accueil » Actualité

Catégorie : Actualité

Le gouvernement pas fringant sur la voie des ordonnances

Le gouvernement s’est engagé sur la voie des ordonnances avec de vrais points de faiblesse auxquels il faudra accorder une vigilance particulière. En particulier, la capacité politique de la ministre du Travail à tenir le débat paraît discutable face à une France Insoumise particulièrement en forme.

La première journée de débat dans l’hémicycle sur les ordonnances de la loi Travail n’a pas manqué d’inquiéter les observateurs avisés. C’est une ministre mal assurée, très rivée à ses notes, très centrée sur des positions techniques, qui est apparue. Pour un peu, on aurait dit un directeur des relations sociales d’une grande entreprise en pleine négociation d’un accord sur la durée du travail avec des syndicalistes turbulents.

Face à elle, Muriel Pénicaud voit se dresser un groupe France Insoumise qui avance en ordre structuré, avec des orateurs qui ont préparé leurs interventions et qui ne cèdent pas un pouce de terrain. Leur stratégie d’obstruction consiste à demander d’amender chaque article du texte en le truffant de mentions contraires à l’intention politique du gouvernement. Face à eux, il est évident que le gouvernement manque d’un répondant politique à la hauteur.

Le gouvernement doit-il s’apprêter à une victoire parlementaire mais à une défaite politique?

Pour Emmanuel Macron, ce manque d’envergure politique d’une ministre par ailleurs affaiblie par les affaires constitue un risque majeur. Muriel Pénicaud laisse aujourd’hui le champ politique libre à une contestation sur le fond même de la réforme, et c’est un risque majeur.

En effet, les sondages d’opinion montrent que les Français n’ont pas forcément compris la réforme qui se prépare. En choisissant la voie de l’ordonnance, le gouvernement saute l’étape de l’explication politique. Il est donc vital à long terme que le gouvernement explique clairement ses intentions et ses ambitions lors du débat parlementaire.

Or qu’avons-nous à la place de ce processus salutaire? une ministre qui ramène tout à des considérations techniques et qui pense donc le processus démocratique comme un processus d’entreprise. Là où il faudrait une vision, on a des explications.

Le risque est évidemment de confier la vision à l’opposition, en l’espèce à la France Insoumise, qui martèle des idées simples à comprendre. Celles-ci percoleront tôt ou tard dans l’opinion: la réforme est voulue par le MEDEF et ne sert que lui.

Macron a tort de mépriser le fait parlementaire

On comprend pourquoi le gouvernement se met dans cette situation. Emmanuel Macron, en bon inspecteur général des finances, méprise la démocratie parlementaire et la représentation nationale. Formaté par l’ENA, il la rend responsable de tous les maux et de toutes les faillites françaises.

Fort de ce mépris, il a donc sous-estimé les forces nécessaires à mettre dans la bataille à mener à l’Assemblée Nationale. Pourtant, même pour une loi d’habilitation, il faut convaincre.

Cet oubli risque de lui coûter cher.


Les prévisions de Marisol Touraine sur le trou de la Sécu étaient trop optimistes

En son temps, Marisol Touraine avait claironné qu’en 2017, le « trou de la Sécu » aurait disparu. La Commission des comptes de la sécurité sociale vient de dire le contraire: le déficit s’est accru par rapport aux prévisions.

À l’automne dernier, Marisol Touraine avait déclaré: « Le régime général, qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011, sera à 400 millions de l’équilibre. Pour un budget de 500 milliards, c’est l’épaisseur du trait. »

Manifestement, l’épaisseur du trait est quand même suffisante pour sauter aux yeux de tout le monde, et c’est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement. Celui-ci sera en effet acculé à trouver de nouvelles économies.

Le trou de la sécu en 2016 plus important que prévu

C’est en examinant les comptes 2016 que l’inquiétude est venue. Les prévisions de la loi de financement de la sécurité sociale se révèlent aujourd’hui trop optimistes. Elles ont surévalué les recettes assises sur les revenus d’activité.

Du coup, les chiffres pour 2016 sont moins bons que prévu, et laissent craindre le pire pour 2017. Le déficit général est supérieur de 700 millions€ aux prévisions. Si l’on y ajoute le fameux Fonds de solidarité vieillesse (FSV) qui prend en charge les plus petites retraites, l’écart par rapport aux prévisions atteint 1,3 milliards€.

Autant d’argent à trouver en plus, en perspective, pour 2017. La constante hausse du chômage contribue en effet à dégrader les comptes de la sécurité sociale.

Il est bien probable que le gouvernement ne soit pas au bout de ses peines.

On n’est pas bien sûr d’avoir compris le plan climat de Nicolas Hulot

Nicolas Hulot a présenté un plan climat supposé déployer la stratégie écologique de la France. Mais, en le lisant, on a plus l’impression de découvrir une novlangue mystérieuse qu’une politique structurée. La communication y a manifestement remplacé la politique.

En présentant son plan climat, Nicolas Hulot a soulevé un certain nombre de questions sur son ambition politique. En creux en effet, c’est le rôle de l’État qui est interrogé, et surtout cette manie très française de s’assigner des obligations de moyens sans être tenu par une logique de résultats.

Le plan climat et son volontarisme…

Facialement, le plan climat ne manque pas d’ambition, avec son foisonnement de mesures qui donne le sentiment d’un large tour d’horizon, ponctué d’expressions fortes. On y trouve pas moins de 23 axes qui sonnent bien en termes de communication.

Au-delà des mots, que signifient ces axes? Par exemple, l’axe n°20 propose de « renforcer l’ambition climatique de l’Europe ».  On y lit des phrases comme: « La France s’engage également à rassembler une coalition d’États membres disposés à renforcer sans attendre leur action nationale et supranationale sur l’atténuation, notamment en matière de tarification du carbone, mais également sur l’adaptation, la finance climat et le renforcement de capacité et à atteindre la neutralité carbone au niveau national aussi tôt que possible au cours de la deuxième moitié du siècle. »

Quelle est la portée exacte de cet axe? On comprend bien que le gouvernement annonce une ambition, une volonté. Mais quels objectifs concrets se fixe-t-il? C’est un peu vague.

… qui soulève quelques questions concrètes

Dans quelle mesure cet enchaînement de promesses cache-t-il une immense résignation face aux dérèglements écologiques? En filigrane, la rédaction du plan climat pose quand même la question.

Par exemple, l’axe 19 propose de s’adapter au changement climatique. Dans la pratique, cet axe se résume à une seule mesure: l’augmentation des financements visant à préparer certains territoires, notamment en outre-mer, au réchauffement climatique.

De combien sera cette augmentation? Pas un mot dans le plan.

L’extrême frilosité de Nicolas Hulot sur la question du nucléaire

Derrière les tralalas très bobos sur les plateformes de consultations dans tous les sens, le plan climat compte quand même un immense silence très gênant: la France n’explique pas son ambition sur son mix énergétique. Autrement dit, le plan climat ne dit pas un mot du nucléaire et n’explique pas clairement comment sera produite l’électricité dans la France de demain.

Certes, Nicolas Hulot annonce une stratégie à bas carbone qui prévoit la fermeture des centrales électriques à charbon. Certes, le plan prévoit la montée en puissance de l’énergie renouvelable. Mais il n’exclut pas, mécaniquement, un développement de l’énergie nucléaire.

On a tous bien compris, en lisant le Canard Enchaîné, qu’EDF avait financé la Fondation Hulot et avait ainsi coupé les ailes du futur ministre. Reste que le plan climat semble étrangement silencieux sur un sujet pourtant critique.

Au-delà des voeux pieux, Nicolas Hulot sait-il où il va?

On pourrait ici égrener, page après page, les promesses ou les annonces non chiffrées qui occupent un terrain fait de sable mouvant et y multiplient les incantations sans toucher à l’essentiel. Partout, Nicolas Hulot propose des mobilisations, des consultations, mais il garde le silence sur les résultats qu’il attend et il conserve un silence gêné sur l’essentiel: le maintien en l’état de la part du nucléaire à l’horizon des années 2050, dont on voit mal comment il sera financé. Les centrales françaises sont en effet, comme toutes les autres, inscrites dans la manie de l’obsolescence programmée. Et Nicolas Hulot ne nous dit pas par quoi ou comment il entend les remplacer.

La France se mobilise pour une adoption rapide des décisions législatives de mise en œuvre du cadre énergie climat 2030, dans une optique ambitieuse, à la fois sur le système d’échanges de quotas et la décision sur le partage de l’effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La France se mobilisera également pour que l’Union européenne, par son leadership, initie le mouvement du relèvement de l’ambition de ses objectifs de réduction des émissions, à la lumière des conclusions du dialogue de facilitation prévu en 2018. Elle s’attachera à faire valoir l’intégration des enjeux climatiques dans toutes les politiques européennes : politique énergétique, mais également politique agricole commune, politique des transports, politique de la recherche et de l’innovation, fonds européen de développement, etc. Elle fera valoir l’indispensable orientation des financements européens au profit de politiques durables et résilientes vis-à-vis du changement climatique et du déploiement systématique d’investissements bas-carbone ainsi que, plus globalement, leur cohérence avec la transition bas-carbone et l’adaptation au changement climatique.

La France augmentera ses financements dédiés à l’adaptation de ses territoires et de son économie pendant le quinquennat pour agir dans les territoires métropolitains et d’outre-mer sur la prévention des impacts du changement climatique, la résilience et la mobilisation des solutions d’adaptation basées sur la nature.

La lutte contre le changement climatique demande des mutations économiques importantes. Réduire les émissions de gaz à effet de serre dans un monde en croissance exige d’innover dans nos moyens de production, en particulier d’énergie, pour découpler performance économique et émissions de gaz à effet de serre. La recherche est l’une des clés et la France, qui regorge de talents, a les atouts pour devenir un pôle d’attractivité mondiale. Le développement des technologies vertes nécessitera des capitaux importants, que la place financière de Paris pourra fournir en devenant la référence mondiale en matière de développement durable. Enfin, l’État agira pour simplifier, faciliter et encourager le déploiement des filières vertes utiles à la lutte contre le changement climatique (génie écologique, biomimétisme…).

Pourquoi les GM&S devraient lire les interviews de Bruno Lemaire

Les salariés de GM&S sont toujours dans le pétrin! Selon toute vraisemblance, le site de La Souterraine est voué à la disparition, là où Bruno Le Maire avait promis d’aider. Mais la vraie réponse de notre brillant ministre de l’Économie est à chercher dans une interview qu’il vient de donner sur sa vision industrielle.

Il ne reste plus qu’une semaine pour sauver GM&S, l’usine d’équipement automobile de la Creuse. Selon toute vraisemblance, l’usine devrait rapidement fermer, après un passé chaotique qui illustre bien la désindustrialisation française et ses maux.

Comme d’habitude, les salariés devraient mener quelques actions d’éclat pour attirer l’attention de l’opinion publique sur leur sort. Et le ministre les fera recevoir par son cabinet pour les calmer et… finalement ne rien faire. Même dans la France renouvelée, ce vieux scénario se reproduit inlassablement.

GM&S face à la doctrine Lemaire

Si les salariés de GM&S lisaient les interviews de Bruno Le Maire, ils comprendraient plus facilement ce qui va leur arriver. L’AFP rapporte ainsi ses propos:

« Il faut investir le plus possible dans l’innovation, être capable de porter notre industrie vers les technologies de pointe » (…)

« Je considère qu’en matière industrielle, même si l’Allemagne a aujourd’hui une avance importante, nous pouvons rattraper les Allemands et créer un tissu industriel très puissant, parce que nous avons un atout, c’est d’être très fort sur la révolution digitale » (…)

« L’objectif n’est pas de garder toutes les activités industrielles possibles et inimaginables. L’objectif, c’est de tenir le cap: l’industrie de pointe, de la haute technologie, qui nous permettra de réussir dans la mondialisation »

C’est donc clair: la stratégie industrielle française va consister à investir dans l’innovation, les technologies de pointe, le numérique, et on va laisser tomber les vieilles activités industrielles.

La vision ringarde de Bruno Le Maire

On comprend bien la vision sous-jacente aux propos de Bruno Le Maire, et qui sent bon le cours de Sciences-Po des années 80, à l’époque où on inventait le micro-ordinateur et le téléphone portable. D’un côté, il y a l’innovation, la haute technologie, l’industrie de pointe, et ça c’est bien. De l’autre côté, il y a la vieille industrie avec ses ateliers répugnants et sa condition ouvrière rétrograde.

Que cette vision binaire n’ait rien à voir avec la réalité n’est évidemment pas le problème de ce ministre qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise en tant que preneur de risque! l’essentiel, c’est de faire croire aux Français qu’il a une réponse ambitieuse et moderne aux problèmes de notre temps. Comme par le passé, la classe politique renouvelée vit de discours et ne s’embarrasse pas d’agir sur la réalité.

Il faudrait pourtant que quelqu’un se dévoue pour expliquer à Bruno Le Maire que l’époque où il existait des secteurs innovants et des secteurs non-innovants est morte. Toute activité industrielle, y compris celle de GM&S, est susceptible d’être touchée par la révolution numérique. Il n’y a donc pas lieu de distinguer certains secteurs de prédilection pour mieux abandonner les autres.

L’erreur de base dans la compréhension de l’Allemagne

Puisque le propos de Bruno Le Maire est de rivaliser avec l’Allemagne, il faudrait aussi que quelqu’un lui explique que notre puissant voisin a fait tout le contraire de ce qu’il propose. L’Allemagne a en effet misé sur la modernisation et la numérisation de son industrie traditionnelle pour durer. Elle n’a certainement pas choisi de la délaisser pour inventer de nouveaux métiers loin de ses bases.

C’est évidemment une chimère coupable que de croire à des développements nouveaux, hors sol, dans le domaine industriel, par la simple volonté de l’État et sans qu’un tissu solide d’entrepreneurs existe pour faire le job. Cette chimère est d’autant plus dangereuse lorsqu’elle passe par l’abandon d’entreprises patrimoniales qu’on s’apprête à liquider pour les remplacer par du vent.

Dans le cas de GM&S, le bon sens consiste à demander à Renault et à Peugeot, qui sont les principaux clients de l’entreprise, de racheter l’usine pour la restructurer. Ce choix-là est plus pertinent que de maintenir cette entreprise sous perfusion en attendant que plus personne ne se préoccupe de sa disparition.

Inquiétude pour notre politique industrielle

En réalité, la ligne Bruno Le Maire va, de façon constante, consister à abandonner l’industrie manufacturière au profit d’une vision très élitiste d’industrie de pointe. L’écran de fumée de la technologie, qui repose pour l’essentiel sur du sable, dissimulera la désertion en ligne de l’aristocratie française vis-à-vis d’activités dont le pays s’est nourri mais qu’elle a toujours méprisées.

Programme En Marche

Au niveau national, nous complèterons et rationaliserons les dispositifs publics autour de Bpifrance.
Nous constituerons un Fonds pour l’industrie et l’innovation. Il sera doté de 10 milliards d’euros issus des actions d’entreprises possédées de manière minoritaire par l’Etat et sera placé au service de notre industrie et de l’innovation.
Nous mobiliserons les revenus issus de ces participations pour financer l’industrie du futur.
Ce rendement sera sanctuarisé et réinvesti selon les trois priorités suivantes :
L’investissement dans des initiatives locales visant à accompagner les transitions industrielles, notamment écoresponsables, ou à réindustrialiser des territoires déjà touchés par la désindustrialisation ;
La démultiplication de la dynamique Industrie du Futur ;
Le développement de solutions innovantes contribuant à relever les défis clefs de la transformation énergétique, environnementale, numérique et démographique de notre société.

Macron affronte l’Europe de l’Est en mode bobo

Emmanuel Macron a donné une leçon bobo à la Pologne et à la Hongrie en leur rappelant que l’Europe n’est pas un supermarché où on prend ce qui nous intéresse et où on laisse ce dont on n’a pas envie. Le Président vise notamment la prétendue frilosité de la Pologne ou de la Hongrie sur la question des migrants. Les intéressés ont réagi sèchement.

On peut égrener sans fin les poncifs bobo sur l’Europe: elle a garanti la paix sur le continent depuis 1945 (tout le monde ayant oublié l’OTAN et sa capacité de dissuasion face à l’URSS), elle garantit la prospérité (tout le monde évitant de remarquer que la performance de la zone euro est inférieure à celle de l’UE 28), et elle doit accueillir des réfugiés venus de Méditerranée. Macron a sacrifié à ces poncifs en tançant vertement la Pologne et la Hongrie.

Europe bobo, Europe occido-centrée

Tous ceux qui partagent l’étrange culpabilité de l’Europe bienpensante vis-à-vis des réfugiés applaudiront, bien entendu, à cette sortie fracassante qui vise notamment la résistance farouche opposée par le groupe de Visegrad à la politique européenne de « relocalisation » forcée des réfugiés. Depuis de nombreux mois, la Pologne et la Hongrie mènent une véritable campagne de refus contre l’intention, portée par l’Allemagne, de « placer » de force des migrants dans ces pays.

Dans la vision bobo du monde, dont Macron se fait l’écho, cette résistante procède évidemment d’un racisme profond et n’est pas acceptable. Donc, il faut l’éradiquer.

Ce faisant, Emmanuel Macron reprend à son compte une compréhension à courte vue, essentiellement occido-centrée. C’est le triomphe du boboland.

Les migrations vues de Hongrie et de Pologne

Du point de vue de la Hongrie et de la Pologne, le problème des réfugiés se pose en effet de façon très différente.

Côté Pologne, la leçon sur les migrants ne peut qu’être mal vécue. En effet, le conflit en Ukraine a beaucoup pesé sur la solidarité des Polonais. On parle d’un million de réfugiés ukrainiens qui se seraient installés en Pologne.

Ce million de réfugiés portés par la seule Pologne n’a pas beaucoup inspiré de tristesse ni de culpabilité à l’Europe de l’Ouest. Disons même que personne n’en parle. Mais ils expliquent largement pourquoi la Pologne ne se laissera pas faire pour accueillir de nouveaux migrants dont l’Europe de l’Ouest ne veut pas sur son sol.

Côté Hongrie, Macron devrait se souvenir que la pilule est tout aussi amère. Lorsqu’Angela Merkel a ouvert la vanne pour les réfugiés, c’est en effet la Hongrie qui a dû absorber l’essentiel du choc démographique. On a oublié en France que la Hongrie est historiquement la portée d’entrée du continent quand on vient des Balkans. Les colonnes de réfugiés venus de Grèce en marche pour l’Allemagne se sont toutes échouées en Hongrie, sans que l’Europe ne se mobilise vraiment pour aider la Hongrie à affronter un phénomène inconnu en Europe depuis 1945.

L’égoïsme de la bonne conscience bobo risque de laisser des traces

Dans cet ensemble, la vision occido-centrée risque donc de laisser des traces. Pour la Hongrie ou la Pologne, recevoir des leçons de solidarité de la part de pays qui sont loin d’être exemplaires ne devrait pas contribuer à rehausser une adhésion spontanée à l’Europe proposée par Bruxelles.

Avec ses campements à Calais, avec les images de réfugiés bloqués à la frontière italienne, avec un très faible nombre de réfugiés accueillis sur notre sol, Macron prend la tête d’une croisade qui risque de lui revenir méchamment dans la figure. En quoi la France prend-elle plus sa part que la Hongrie ou la Pologne?

Si Macron veut être crédible vis-à-vis de ses collègues, il devra tôt ou tard accepter une vague de réfugiés sur le sol français. Et rien n’exclut que la réaction ordinaire, y compris au sein de son électorat, soit virulente.

Les réfugiés en Europe avant la vague de 2015

Ordonnances: Macron tuera-t-il ou pas la bureaucratie patronale?

Le gouvernement vient d’entamer la concertation sur l’articulation entre le rôle des branches et des entreprises. Ce sujet austère cache un débat extrêmement sensible: l’avenir de la bureaucratie patronale qui a fait son miel d’un système obsolète.

Cette semaine, Antoine Foucher, ancien directeur des relations sociales du MEDEF, reçoit les partenaires sociaux (dont le MEDEF…) pour les premières concertations sur le fond destinées à préparer les ordonnances. Le sujet de cette première batterie d’échanges bilatéraux porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes. Autrement dit, le gouvernement entre dans le dur de ce qui a fait la résistance à la loi El-Khomri: une entreprise peut-elle ou non négocier des accords en s’affranchissant du carcan des branches?

Les branches professionnelles, c’est quoi?

En réalité, ce débat a quelque chose de lunaire, dans la mesure où la notion de branche professionnelle est une sorte de fantôme. Tout le monde en parle, mais elle n’est pas définie par la loi, et son concept même repose sur un flou: tant confondue avec un secteur d’activité, tant confondue avec le champ d’application d’une convention collective, la branche se dérobe aux catégories juridiques.

Comme on le sait depuis Martine Aubry, quand il y a un flou, c’est qu’il y a un loup. Les branches n’échappent pas à cette maxime. 

Officiellement, les branches sont en effet conçues pour « protéger » les PME et les TPE. Dans la réalité, c’est le contraire qui se produit, avec la complicité d’une bureaucratie patronale qui a bâti sa prospérité sur ce trompe-l’oeil. 

Un instrument pour contrôler les TPE

La première utilité des branches est évidemment d’instaurer des règles qui brident l’activité des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises. Ces règles visent toutes à éviter des excès de concurrence dans des domaines où les plus petites entreprises pour améliorer leur compétitivité par rapport à leurs grandes concurrentes. C’est par exemple le cas dans le domaine du temps de travail, où l’objectif des branches est d’éviter que les TPE et les PME disposent de trop de souplesse. 

Mais le vice de ce système peut aller très loin. Dans de nombreuses branches, par exemple, des accords de complémentaire santé visent à faire financer le déficit des grands comptes par les petites entreprises. C’est le cas dans la restauration où le déficit du contrat Accor est financé par les petits cafetiers du coin. 

Bien entendu, tout le monde prend bien soin de cacher cette poussière sous le tapis. 

Prospérité de la bureaucratie patronale

Une autre utilité cachée des branches consiste bien entendu à faire vivre des mouvements patronaux désertés par les adhérents grâce à des contributions obligatoires imposées par une bureaucratie patronale en expansion permanente. 

C’est par exemple le cas dans la boulangerie, où Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération et accessoirement président en son temps de l’UPA (l’Union des Professions de l’Artisanat, désormais fusionnée avec l’UNAPL dans l’improbable U2P), a organisé un système de financement sur le dos de ses adhérents. Au mépris de la loi, ce membre du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a d’ailleurs bien pris soin de ne publier aucun des comptes de son organisation, pour dissimuler les sommes colossales que son syndicat a tiré des accords en protection sociale complémentaire et en formation professionnelle. 

Macron tuera-t-il enfin la bureaucratie patronale?

Ce qui se joue dans le rôle futur des branches professionnelles, c’est l’avenir de cette bureaucratie construite de toutes pièces sur ces charges inventées par les mouvements patronaux dans les branches professionnelles pour se financer. L’occasion est rêvée de tordre le cou à tous ces freins à l’innovation, et dont la profession de foi est de préserver intact un appareil de production obsolète mais qui les fait vivre. 

Le gouvernement donnera-t-il aux TPE la possibilité de s’extirper des griffes de ces mafias? Souhaitons-le. 

Jusqu’au 23 juin

Concertation sur l’articulation entre branche et entreprise

26 juin au 7 juillet

Simplification et renforcement du dialogue économique et social.

10 au 21 juillet

Sécurisation des relations de travail


Inversion de la hiérarchie des normes: QPC Tripalio from Eric Verhaeghe

Sécurité sociale: comment la technostructure occulte ses dérives, par Eric Verhaeghe

France Stratégie, qui est l’ancien Commissariat au Plan, a produit une étude sur l’évolution des dépenses de santé. Elle obéit à un présupposé idéologique: le système de protection sociale est neutre sur le niveau de dépense, sauf aux États-Unis, bien entendu, où le choix d’une privatisation large est forcément coûteux. Donc, que le système soit quasi-nationalisé comme en France ou qu’il intègre des éléments de concurrence comme en Allemagne n’a aucune importance: en bout de course, la dépense de santé est la même pour une population donnée.

Un parti pris idéologique

Cette manière obsessionnelle de ne pas traiter les sujets scientifiquement, ni avec rigueur, en fermant la porte au débat par des phrases lapidaires est agaçante. Dans le cas de l’étude de Pierre-Yves Cusset pour France Stratégie, la technique de délégitimation est manifeste.

Voici comment l’auteur explique que la seule étude qui existe sur l’impact économique et sanitaire des choix d’organisation de la protection sociale (celle du FMI de 2010) ne mérite pas d’être retenue:

« y a-t-il des arrangements institutionnels plus efficaces que d’autres en matière de maîtrise des dépenses ? » (page 38) (…)

« La convergence des niveaux de dépenses de santé, évoquée dans la première partie, se nourrit en tout cas certainement aussi d’une certaine convergence des modes de régulation du système de soins. » (page 39)

Au fond, tous les systèmes se ressemblent et nul n’est besoin d’étudier leurs différences. On en reste un peu scotché, puisque, scientifiquement, ce relativisme ne tient pas.

Quand la France dépensait une fortune pour sa santé

Pierre-Yves Cusset pourrait en effet se borner à quelques constats évidents. Le graphique produit dans l’étude méritait par exemple un commentaire un peu objectif:

Si la visualisation des données est peu lisible, le graphique en lui-même est assez connu. Il montre qu’avant l’instauration des objectifs nationaux de dépense d’assurance-maladie, créés par les ordonnances Juppé de 1995, la dépense totale de santé dans le PIB en France est l’une des plus élevées du monde industrialisé. Elle progresse par exemple beaucoup plus vite qu’en Suède, qui n’est pas réputée pour ses politiques néo-libérales.

Il serait évidemment intéressant de se demander si la dépense de santé en France est longtemps restée plus élevée que dans les autres pays industrialisés parce que notre système de sécurité sociale remboursait à guichets ouverts toutes les dépenses ordonnées par les médecins.

Une étude du FMI systématiquement minorée

Pierre-Yves Cusset cite d’ailleurs l’étude du FMI de 2010 qui a le bon goût d’avoir examiné ce sujet: celui de l’impact négatif ou non du système de sécurité sociale sur les dépenses de santé. Cette étude propose un tableau analytique (en anglais) qui cherche à évaluer les gains ou les économies procurés par tel ou tel choix d’organisation.

Il est donc avéré que la dépense de santé est impactée par les modes d’organisation de la protection sociale, et que tous les modes ne se valent pas. Certains rendent la santé plus coûteuse que les autres.

Mais l’étude de France Stratégie évite précautionneusement d’ouvrir cette boîte de Pandore qui risquerait de mettre à mal les dogmes de la technostructure sur les vertus innombrables et infaillibles de la sécurité sociale. Il est donc moins rigoureux scientifiquement mais plus commode dans le petit monde de la bien-pensance étatique, de tordre la réalité en expliquant que tout se vaut, et en se dispensant de le prouver.

La comédie de la propagande officielle

Dans tous les cas, on prendra donc bien soin de ne pas prendre le papier de Cusset pour autre chose que ce qu’il est: à savoir un document de propagande sans rigueur scientifique, dont l’objet est d’expliquer que la santé est bien gérée en France et que la sécurité sociale est un système d’organisation qui n’a plus à être interrogé.

Bien entendu, quand on regarde les faits, on sait que c’est faux, et il existe un discours scientifique qui permet de l’établir. Mais les bienfaits politiques de la sécurité sociale, qui permettent de maintenir l’illusion d’une protection et qui produisent une déresponsabilisation, sont trop importants, aux yeux de la technostructure, pour être examinés librement.

 

La France face à la doctrine Trump et à la réaction de Macron

Passée quasi inaperçue en France, la doctrine Trump en matière de politique étrangère pose un véritable problème à la France. Comment, en effet, concilier à l’avenir nos engagements internationaux avec une vision du monde qui contreviennent à nos doctrines fondamentales? Face à la doctrine Trump, les réactions connues à ce stade d’Emmanuel Macron ne laissent pas augurer du meilleur…

En quoi consiste la doctrine Trump?

Trump vient de définir à l’occasion de trois rendez-vous les grands éléments de sa politique étrangère. Il faut tout particulièrement lire son discours de Ryad, dont il ressort clairement que la politique étrangère américaine sera « orientalisée » pendant au moins 4 ans. En comparaison, les conclusions du G7 et du sommet de l’OTAN prennent un tout autre sens. Il est en effet désormais assez évident que la politique américaine obéira à une logique reposant sur des schémas simples: alliance avec les monarchies sunnites, lutte contre les Rogue States (Syrie, Iran, Corée du Nord), réaffirmation de la politique anti-russe.

Pour le reste, les USA de Donald Trump devraient essentiellement s’inscrire dans une logique pragmatique de contrats et coopérations bilatérales, beaucoup plus que dans un univers structuré par des doctrines multilatérales, notamment sur le plan commercial. Autrement dit, Trump favorisera les alliances qui rapportent et freinera les grandes continuités comme l’OTAN, issues de la Seconde Guerre Mondiale et de la Guerre Froide.

« We are adopting a Principled Realism, rooted in common values and shared interests. »
(Nous nous rallions au Principe de Réalité, fondé sur des valeurs communes et des intérêts partagés)
Donald Trump
Discours de Ryad

L’étonnant contre-sens de la doctrine Trump

La doctrine Trump repose sur d’étranges malentendus qui inspirent l’ensemble de la politique étrangère américaine depuis plusieurs années. Ceux-ci sont tous liés à la compréhension du sunnisme et de son rôle dans le désordre international.

Globalement, Donald Trump considère que les chiites sont les seuls responsables du terrorisme international. Selon lui, l’Iran est la principale cause de cet état de fait. On ne manquera pas de rester perplexe vis-à-vis de cette explication binaire où s’opposent le Bien et le Mal.

Le Bien, c’est l’Occident et l’Islam sunnite. Le Mal, c’est l’Iran et ses « produits dérivés »… y compris le terrorisme sunnite.

On en reste perplexe, dans la mesure où, sans le dire clairement, Trump a quand même reproché aux monarchies pétrolières de se montrer un peu trop bienveillantes avec les terroristes, et tout particulièrement avec Al-Qaeda et Daesh.

L’importance des contrats récupérés par les Américains à l’occasion du voyage à Ryad semble avoir convaincu Donald Trump de ne pas se montrer trop regardant sur la cohérence de sa doctrine.

« aucun projet d’éradication de cette menace ne sera complet sans mentionner le gouvernement qui apporte aux terroristes trois choses: un abri salutaire, un soutien financier et un contexte culturel nécessaire pour le recrutement. Ce régime est le responsable principal de l’instabilité dans la région. Je parle bien entendu de l’Iran. »
Donald Trump
Discours de Ryad

Macron face à la doctrine Trump

Face à la doctrine Trump, la réaction occidentale semble branler dans le manche, celle de la France y compris. S’il est un peu tôt pour juger de la totalité de la doctrine française dans ce dossier, plusieurs points appellent néanmoins l’attention.

Tout d’abord, Emmanuel Macron, comme les autres chefs d’États occidentaux, a souscrit à la doctrine du libre-échange réaffirmée au sommet du G7 à Taormina. Dans ces conditions, on voit bien que l’ordre occidental qui se dessine est celui d’un « achat » du droit à commercer avec les États-Unis en échange d’un maintien artificiel en vie de l’Alliance Atlantique, au besoin à un prix exorbitant et en acceptant toutes les compromissions possibles.

Ensuite, Emmanuel Macron a toujours affirmé sa préférence pour le multilatéralisme atlantiste. On le voit mal revenir sur ce point de doctrine sous prétexte que Donald Trump marque une évolution probablement durable de la position américaine. Une prise de position frileuse cadrerait mal avec l’exaltation de « l’ouverture » entendue pendant toute la campagne.

We acknowledge that free, fair and mutually beneficial trade and investment, while creating reciprocal benefits, are key engines for growth and job creation.
Sommet du G7
Taormina

La doctrine Trump menace nos intérêts vitaux

La doctrine Trump officialise une continuation en ordre orthogonale avec les discours de Trump durant sa campagne électorale. Le président américain rejoint désormais la ligne dure des faucons, obsédés par les Rogue States, dont l’Iran, et grands amateurs d’une alliance suicidaire avec les monarchies sunnites les plus rétrogrades.

Pour la France, cette orientation est mortifère pour plusieurs raisons.

D’une part, la stratégie américaine vise à créer un réseau de gouvernements sunnites inféodés à l’Arabie Saoudite qui sont au coeur de la contestation, sur notre sol, de la tradition républicaine. C’est en effet l’Arabie Saoudite qui abreuve depuis des années les mosquées les plus rétrogrades et les plus agitées par le fantasme du colonialisme français.

D’autre part, la stratégie américaine entre en collision frontale avec nos alliances historiques: la Syrie, l’Iran en partie, la Russie. La réaffirmation d’une ligne dure avec ces pays et notre alignement sans nuance sur ces positions dissoudra à court terme l’héritage dont nous sommes porteurs, et auquel nous devons une bonne part de notre influence dans le monde.

Vers un nouvel équilibre souverain

Le bon sens consiste donc à poser les bases d’une nouvelle donne dans nos relations internationales, en adoptant nous aussi le principe de réalité. Le sens de l’alliance atlantique ne peut durablement échapper à l’interrogation et à la remise à plat, dès lors que cette alliance nous oblige unilatéralement à suivre une politique dangereuse pour notre sécurité et contraire à nos intérêts vitaux.

GM&S: Le Maire réchauffe le capitalisme de connivence, par Eric Verhaeghe

Le capitalisme de connivence est-il l’horizon indépassable de la politique industrielle française, par-delà le blabla sur le « renouvellement jusqu’au bout »? La séquence qui vient d’occuper Bruno Le Maire laisse en tout cas à penser que celui qui voulait incarner le renouvellement à droite n’est pas équipé pour changer les logiciels français qui nous ont mené dans le mur.

Arc International, GM&S: deux facettes d’un même déclin

Dans la pratique, Arc International et GM&S souffrent toutes les deux du même mal. Ce sont deux entreprises familiales françaises qui, faute de financement suffisant, n’ont pu affronter la mondialisation. En l’absence de fonds de pension français susceptibles de les accompagner dans leur développement, elles ont toutes les deux fait appel, à reculons, à des capitaux étrangers. Dans les deux cas, cette entrée dans le capital s’est traduite par une perte de majorité, pour les familles, dans le capital d’origine.

Arc et GM&S, victimes directes de la sécurité sociale

On sait pourquoi la France ne s’est dotée de fonds de pension: elle a misé sur la retraite par répartition. Pour assurer le financement de plus en plus compliqué de celle-ci, la direction de la sécurité sociale a mené une guerre sans pitié à toute forme de capitalisation.

En ce sens, la sécurité sociale dévore ses assurés: pour apporter le maximum de cotisations et de ressources à un système sous tente à oxygène, l’État a tué toute possibilité d’affronter de façon durable la concurrence internationale et l’hyper-capital américain.

Comment le capitalisme de connivence cache la misère

Au lieu de dégager des espaces de financement pérenne de nos entreprises, la France préfère le choix du capitalisme de connivence: d’un côté, des politiques sociales démagogiques et destructrices pour l’emploi, de l’autre des capitaux en déclin qui se tiennent par la barbichette pour occulter la gravité de la situation. C’est à plein ce qu’utilise Bruno Le Maire aujourd’hui pour donner le sentiment qu’il agit.

Dans le cas d’Arc International, Bruno Le Maire a mobilisé la Caisse des Dépôts pour apporter 10 millions € et une garantie de l’État à un investisseur russe. Celui-ci s’est substitué en 2016 à un investisseur américain (PHP) qui n’avait pas tenu ses engagements, pourtant pris en 2014…

Dans le cas de GM&S, Bruno Le Maire a fait pression pour que Renault et Peugeot augmentent leurs commandes à l’usine. Cette pression est d’autant plus simple à exercer que l’État est actionnaire des deux grandes entreprises.

On le voit, la solution industrielle apportée par Bruno Le Maire repose chaque fois sur l’activation de ces leviers obsolètes que sont les décisions publiques.

La question du financement de l’investissement est cruciale

Reste que le sujet de fond continue à ne pas être abordé: comment assurer le financement des investissements dans nos entreprises pour qu’elles puissent affronter la concurrence mondiale? Comment assurer la compétitivité de nos appareils de production, sachant que le coût de la main-d’oeuvre en France est plus élevé que chez leurs concurrents étrangers?

Au-delà des décisions ponctuelles prises devant les caméras pour sauver provisoirement telle ou telle entreprise, le sujet de la désindustrialisation ou des délocalisations ne sera traité que si et seulement si la France se dote d’une capacité à financer l’investissement.

On mesure bien ici que la clé de voûte de cette capacité tient à un développement maîtrisé et raisonné de la retraite par capitalisation. Il ne s’agit pas, bien entendu, de supprimer la répartition. Il s’agit d’équilibrer nos systèmes pour permettre une politique industrielle durable.

Fustec (CGT): “Il y a un risque de débordement par la base”

Stéphane Fustec, secrétaire fédéral de la CGT Commerce, Distribution, Services, a reçu D&E pour faire le point du climat dans les 140 branches professionnelles que couvre son syndicat. Celles-ci sont relativement centrales dans l’horizon social actuel, puisqu’elles ont subi l’impact de la loi Macron sur le travail du dimanche.

Stéphane Fustec au coeur des batailles sociales d’aujourd’hui

Stéphane Fustec vient, au passage, de remporter une très belle victoire au Conseil d’État en obtenant l’annulation d’une partie de l’arrêté d’extension de la convention collective dans la branche mal connue mais sensible des entreprises privées des services à la personne. Cette branche concentre notamment les nouvelles formes d’emplois (comme les livreurs à vélo) et se situe aux premières loges de l’ubérisation.

La position de la CGT Services illustre de façon intéressante l’évolution du capitalisme contemporain, dans la mesure où elle fait face aux nouveaux statuts (par exemple celui d’auto-entrepreneurs, dont elle vient d’accepter la syndicalisation) qui bouleverse les formes d’emploi traditionnelles. Il faudra suivre avec attention dans les prochaines années les métamorphoses qui affecteront ces secteurs, souvent marqués par une très forte précarité.

 

 

Il faudra suivre avec attention l’évolution de la base ces prochaines semaines. Rien n’exclut en effet un mouvement social compliqué à gérer dans le contexte des ordonnances que le gouvernement s’apprête à faire passer.