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Catégorie : Islam

L’affaire Afterbaiz ou le retour du délit d’opinion

La ministre Laurence Rossignol n’y est pas allée de main morte avec le site Afterbaiz, créé par Emile Duport, qui n’a jamais caché son engagement pro-life, c’est-à-dire anti-avortement. En proposant de créer un délit d’entrave numérique pour interdire ce site, c’est le retour au délit d’opinion typique des dictatures qu’elle propose.

La folie de l’entrave numérique

Que propose au juste Laurence Rossignol? Ses propos sont clairs:

Laurence Rossignol estime que « certains sites donnent des fausses informations » aux jeunes filles pour les tromper, les dissuader de l’IGV. Et« pratiquent la duplicité », comme le site « AfterBaiz ». « De mon point de vue, c’est un délit d’entrave numérique. Je ferai une annonce le 28 septembre, à l’occasion de la Journée internationale de défense des droits à l’IGV, pour faire reculer ces sites manipulateurs. »

Y aura-t-il une nouvelle loi ? Des nouvelles sanctions en tout cas, répond la ministre : deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. « Je proposerai avant la fin de la législature des mesures pour faire cesser ces sites qui trompent les femmes. »

On relèvera la profondeur de l’argumentaire: ces sites sont manipulateurs, donc il faut les pénaliser et prévoir deux ans de prison contre leurs auteurs.

On en reste confondu, dans la mesure où la ministre propose tout simplement de pénaliser l’expression, au nom de « l’entrave numérique », de tous ceux qui combattent l’avortement.

Le pro-life et le délit d’opinion

Personnellement, je ne partage pas le combat anti-IVG, mais je ne crois pas non plus que l’avortement constitue un motif de fierté ni une marque du progrès humain. En revanche, j’ai froid dans le dos lorsqu’une ministre de la République propose d’envoyer en prison ceux qui expriment des opinions qui lui semblent dissidentes. J’ai froid dans le dos et je me dis, une nouvelle fois, qu’avec la loi Renseignement, nous avons su où commençait la violation officielle de toute privée par l’Etat, et nous ne savons pas où elle se terminera.

S’agissant du combat contre l’avortement, on notera d’ailleurs qu’il s’appuie sur un arsenal de textes et de débats multiples au cours du siècle dernier, sur les interprétations des différents arrêts du Conseil d’Etat qui montrent que la question est loin d’être simple. D’où vient que ceux qui contestent le droit à avorter et l’expriment sur Internet devrait désormais faire l’objet d’une peine de prison?

On est en plein délire.

Manipulation ou pastorale intelligente

En réalité, ce que vise Laurence Rossignol, c’est le danger idéologique que représente la capacité de certains mouvements catholiques conservateurs à exprimer leurs idées ou leurs convictions avec les codes d’Internet.

Car le site Afterbaiz peut être regardé d’une toute autre façon que celui de la manipulation. Il s’agit surtout d’un site qui utilise le langage des internautes pour diffuser ses idées. Ici, pas de discours lénifiant ou moralisateur, mais une série de mises en situation avec une forte empathie pour les jeunes filles concernées par la question.

Là encore, on s’interroge sur la folie qui autorise une ministre de la République à s’immiscer dans le discours religieux ou sacré. Faudra-t-il désormais solliciter le bureau des Cultes, au ministère de l’Intérieur, pour savoir si oui ou non un Chrétien a le droit de parler de sa foi et de ses actes sur Internet?

On retrouve ici la haine contre la majorité typique de l’effondrement narcissique de la gauche.

Islam et église catholique: deux poids deux mesures

Une fois de plus, on voit bien que l’Etat et ses ministres bien pensants font un deux poids deux mesures entre l’Islam et le christianisme.

Pour que l’expression musulmane fasse l’objet d’une pénalisation, il faut qu’elle se livre à l’appel au meurtre ou au terrorisme. Mais on n’entend pas Laurence Rossignol parler de duplicité et d’entrave numérique à propos des sites musulmans qui justifient le port du voile au nom de la libération de la femme, ou qui justifient la polygamie.

En revanche, que ces chrétiens expriment leur foi dans un langage décomplexé et bienveillant, voilà qui justifie une peine de prison.

En suivant Laurence Rossignol, on trouvera donc normal que des gamins fichés S et suspectés de préparer des attentats soient laissés en liberté (au nom des libertés publiques), mais que soient envoyés dans des prisons surpeuplées (au nom des mêmes libertés publiques) des fidèles catholiques hostiles à l’avortement et qui l’écrivent sur Internet.

Bien sûr…

Comment peut-on être Français, musulman et pro-palestinien?

La révélation par l’Institut Montaigne d’un portrait-robot type du musulman français n’en a pas fini de faire couler l’encre et les commentaires. Ce portrait-robot soulève en tout cas une question majeure: celui de la cohérence des positions habituellement tenues par la communauté musulmane dans le conflit israélo-palestinien. D’une manière globale, nous assistons probablement à un retournement majeur des postures et des visions.

Le musulman face à Israël

Rappelons ici la doctrine arabo-musulmane classique sur la question israélienne. Une grande partie de l’antisionisme historique du monde arabe repose en effet sur l’idée qu’Israël est une exportation abusive au Proche-Orient du problème des réfugiés juifs européens en 1945.

Dans la charte de l’OLP, d’ailleurs, la présence juive n’était pas fondamentalement contestée par le mouvement palestinien, mais celui-ci plaidait pour la création d’un Etat unitaire laïque, où les Juifs auraient respecté les règles de l’Etat palestinien tout en disposant d’une liberté religieuse. Cette solution, présentée comme « terroriste » à l’époque par les partisans d’Israël, constituait le fondement possible d’une approche arabo-musulmane de la coexistence entre musulmans et non-musulmans.

Le monde arabe et la question des réfugiés

Au passage, un petit rappel sur les positions arabes vis-à-vis des réfugiés n’est pas inutile. En Europe, certains, comme le guignolesque et rassis Jean-Marie Cavada, adorent établir un parallèle entre les réfugiés appelés par Angela Merkel que nous serions méchants de refuser, et les réfugiés qui parcouraient nos routes en 1945, dont les survivants des camps d’extermination.

Ce parallèle est une fois de plus édifiant, puisqu’il montre combien l’Europe se culpabilise là où les victimes d’aujourd’hui n’avaient aucune culpabilité hier. Dans les années 30, en effet, les Palestiniens, pour des raisons qu’on ne jugera pas ici, se sont révoltés contre l’accueil sur leur territoire de Juifs européens persécutés. Le moins que l’on puisse dire est, qu’à cette époque, le monde arabe n’a eu aucun scrupule à s’opposer massivement et violemment à l’accueil de réfugiés européens sur son sol.

Si, comme Cavada et consors le revendiquent, nous devions nous inspirer des événements de 1945 pour traiter la question des réfugiés, c’est donc un mur de barbelés que nous devrions construire, et c’est une guerre que nous devrions déclarer…

Ajoutons que, si le monde arabe n’a pas eu beaucoup de tendresse pour les réfugiés juifs qui arrivaient en Palestine à cette époque, il n’en a guère eu beaucoup plus pour les réfugiés palestiniens qui se dispersaient dans les pays voisins. Les Syriens, que nous accueillons à tour de bras aujourd’hui, font d’ailleurs partie des peuples qui ont réservé le pire accueil aux Palestiniens en 1948, les admettant au compte-gouttes et les marginalisant de façon institutionnelle, y compris plus de soixante ans après leur arrivée.

Bien entendu, cela ne signifie pas que nous devons imiter le mauvais traitement réservé aux réfugiés par le monde arabe dans les années 40 et 50. Mais il faut simplement que les donneurs de leçon arrêtent de nous raconter des bobards sur notre prétendue malice contemporaine.

Que nous apprend le rejet des réfugiés par le monde arabe?

Lorsque les Palestiniens ont vu la communauté (le Yichouv) juive se gonfler jusqu’à constituer l’embryon d’un Etat indépendant, processus commencé avec les premières alyiah des années 1880 et achevé en 1948, ils ont (à bon droit dirait-on) réclamé de cette communauté un respect des règles locales. C’est précisément parce que la communauté juive de Palestine a entrepris, dès les années 20, des négociations avec les voisins arabes pour accéder à l’indépendance que les Palestiniens ont pris les armes.

Leur objectif était de défendre leur identité sur leur sol. Chacun, on le sait, a sa perception du sujet, et notamment sa perception de la légitimité historique de la communauté juive à créer un Etat religieux en Palestine. Il n’en reste pas moins que le combat palestinien a reposé sur l’idée que les nouveaux arrivants ne pouvaient abusivement changer les règles du jeu établis, et qu’ils devaient s’intégrer plutôt qu’imposer leurs règles.

C’est sur ce fondement que beaucoup d’Européens ont pris fait et cause pour le combat palestinien: sur l’idée qu’un arrivant doit s’intégrer aux règles indigènes et non les modifier abusivement. D’une certaine façon, le combat propalestinien est un combat en faveur de l’intégration des immigrés, y compris sur plusieurs générations.

Peut-on être pro-palestinien et porter le voile en Europe?

D’où la sidération lorsque ceux qui, en France, s’associent à la souffrance des Palestiniens et revendiquent une solution juste en Palestine, prennent aussi fait et cause, selon un insupportable deux poids deux mesures, pour des comportements en France qui sont à rebours de ceux qu’ils prônent pour les Juifs en Palestine.

Prenons l’exemple de la viande halal dans les cantines scolaires publiques. On peut imaginer que certains prônent aujourd’hui l’introduction d’une nourriture consacrée dans un établissement laïque. Mais, dans ce cas, on admet qu’on n’aime pas la laïcité, ou bien qu’elle dérange, et on ne défend pas la souffrance du peuple palestinien lors de l’arrivée des réfugiés juifs en Palestine.

Être pro-palestinien, c’est en effet revendiquer pour les peuples autochtones le droit à défendre leur identité et leurs valeurs, en les considérant par principe comme supérieures et légitimes par rapport à celles des nouveaux arrivants.

En France, nos valeurs depuis plusieurs siècles sont fondées sur des idées simples et pacifiques. En particulier, nous avons fait le choix (comme beaucoup d’autres pays européens d’ailleurs) de vivre dans des groupes où les appartenances religieuses ne sont pas affichées. Il en va de la paix publique que nous souhaitons préserver. C’est pourquoi nous sommes allergiques aux signes religieux ostentatoires pour les profanes.

Le fait que le gouvernement de Vichy ait imposé aux Juifs le port de l’étoile jaune continue aujourd’hui à constituer un traumatisme collectif. L’étoile jaune est le symbole de tout ce que nous, Français, détestons et détesterons longtemps encore: les distinctions ouvertes entre communautés, leur affichage collectif, institutionnel, dirait-on, la stigmatisation de l’autre sur des critères religieux.

Il est impressionnant de voir aujourd’hui que ce refus de la stigmatisation communautaire soit invoqué par les musulmans pour justifier son contraire. Porter le voile, ou la djellabah, dans le contexte que nous connaissons, signifie bien entendu le refus des valeurs françaises de discrétion sur l’appartenance religieuse. C’est une façon de revendiquer haut et fort ce que les Français de bonne volonté ont combattu en 1940, souvent au péril de leur vie. C’est une façon de défier les valeurs indigènes de tolérance religieuse, et c’est marquer sa préférence pour un changement des règles collectives où chacun se définira par son appartenance religieuse.

De cela, nous ne voulons pas. La concorde que nous connaissons nous va bien et nous ne souhaitons pas connaître l’obédience religieuse d’une femme lorsque nous la croisons dans la rue.

Il est d’ailleurs incompréhensible de voir que tous ceux qui exècrent (à juste titre) Vichy et sa discrimination raciale trouvent souvent des mots de sympathie pour des comportements, au sein de la communauté musulmane, qui sont à rebours de leur combat. Entre porter le voile et revendiquer l’étoile jaune, sur le fond, où est la différence de nature? Nous n’avons pas voulu l’étoile jaune, et nous avons eu raison. Je ne vois pas pourquoi nous voudrions le voile.

Seuls 18% des Musulmans de France à l’aise avec la République

Les Musulmans de France sont-ils à l’aise avec la République et ses lois (en principe) protectrices des libertés? L’institut Montaigne lui-même, si prompt d’ordinaire à faire l’éloge du communautarisme, a ouvert la question avec une naïveté confondante dans un rapport qui entoure un sondage d’opinion tout à fait stupéfiant. Ce rapport, intitulé « Un Islam français est possible » constitue en effet un très beau monument de cécité et de déni (par amitié pour son signataire, j’éviterai l’expression de mauvaise foi).

Montaigne sort une enclume pour écraser une mouche

Rappelons qu’il faut, dans un sondage d’opinion qui se respecte, un échantillon de 4.000 personnes pour dissiper les biais statistiques. Montaigne a fait un choix curieux pour mener un sondage d’opinion auprès des musulmans de France: interroger plus de 15.000 personnes au hasard, et se concentrer sur les musulmans déclarés dans ce sondage. Soit 874 personnes déclarées comme telles (sur un ensemble d’environ 1.000 personnes identifiées comme musulmanes… on aurait aimé connaître la différence). Bref, premier enseignement du sondage, les Musulmans représenteraient entre 6 et 8% de la population française (soit moins de 5 millions de personnes), ce qui semble inférieur à la réalité habituellement admise. Mais supposons.

Dans tous les cas, l’échantillon de 874 musulmans laisse envisager une importante marge d’erreurs dans les résultats (d’au moins 10 points).

L’étrange tupologie des musulmans en France

Ce faisant, le résultat de l’enquête est présenté de la façon suivante par l’institut Montaigne (avec une naïveté dont nous lirons le détail par la suite):

musulmans de france

L’institut Montaigne distingue six groupes d’individus, regroupés ensuite en trois sections. La première section regroupe ceux qui se déclarent en accord avec les règles de la République: 46% de la population d’ensemble, soit environ 2 millions de musulmans. Mais le rapport classe dans la même catégorie ceux qui trouvent normal que les cantines des écoles publiques ne servent pas de viande halal, et ceux qui aimeraient bien que les cantines servent de la viande halal. Nous y reviendrons.

Deux autres catégories (qui représentent 25% des personnes interrogées) considèrent que la laïcité les empêche de pratiquer librement leur religion, et une moitié d’entre eux considère que la polygamie devrait être autorisée.

Les deux dernières catégories (28% des musulmans) regroupent les amis du niqab et considèrent que la charia doit être la loi suprême.

On notera que l’institut Montaigne propose ici la lecture la plus rassurante possible de son sondage d’opinion. J’en propose une autre ici en reprenant, point par point, les tableaux fournis par le document.

Le terrifiant pourcentage d’inactifs musulmans

Un premier tableau terrifie le lecteur: celui de la composition socio-professionnelle moyenne de la population musulmane de France.

musulmans de france

La population « générale » compte 11,7% d’inactifs. La population musulmane en compte 29,5%, soit un tiers du groupe considéré. Ce seul chiffre constitue un choc collectif.

D’abord, on peut se demander dans quelle mesure il est acceptable que les « inactifs » revendiquent des changements de règles dans un jeu auxquels ils participent de façon marginale. Surtout, ce chiffre corrobore bien des rumeurs ou des récriminations fréquemment exprimées au sein de la « majorité », qui comprend mal pourquoi on en fait tant pour certaines « minorités » dont Montaigne montre qu’elles participent beaucoup moins qu’elles ne le prétendent à l’effort collectif.

Le rapport montre, au passage, que les opinions les plus dures en matière religieuse sont souvent exprimées par les inactifs. Le tableau suivant le montre:

musulmans de france

Les inactifs sont, aux deux tiers, mal à l’aise avec la laïcité ou lui sont hostiles. Cette proportion est inversée chez les cadres et les artisans. Dans la pratique, plus les musulmans occupent des places reconnues dans la société, mieux ils acceptent le « système » républicains. Mais, même dans le meilleur des cas, il reste toujours un quart d’irréductibles qui pensent que la laïcité est un frein à leur pratique religieuse.

Une écrasante majorité ne consomment que du halal

Le graphique ci-dessous montre la part des musulmans qui ne consomment que de la viande halal:

musulmans de france

Parmi les plus lettrés (qui représentent une part infime de la population, la « stricte observance » du halal représente la moitié de la population. Cette proportion monte à plus des 2/3 dans les autres segments de la population, et atteint même les 3/4 pour les moins diplômés.

Le sondage de l’institut Montaigne permet donc de découvrir l’étendue des dégâts: les musulmans de France restent très proches de l’orthopraxie religieuse et très peu d’entre eux acceptent de briser les interdits alimentaires de leur religion, ne serait-ce qu’épisodiquement ou occasionnellement. Elle est loin, l’image de l’intégration culturelle.

Une écrasante majorité de musulmans favorable au halal à l’école

On pourrait naïvement croire que la stricte observance du halal soit compatible avec la laïcité. Après tout, chacun mange ce qu’il veut et c’est son problème. Justement, le tableau suivant montre bien comment l’orthopraxie musulmane s’accompagne d’une contestation des règles du jeu:

musulmans de france

Même dans les milieux les plus éduqués, il se trouve une écrasante majorité de musulmans pour réclamer de la viande halal à l’école publique. L’intérêt de ce graphique est bien de montrer comment l’Islam, même « modérée » entend modifier les pratiques quotidiennes en France, en proposant une offre religieuse dans l’espace public.

Le fantasme d’un Islam français

L’auteur du rapport s’est évidemment rassuré lui-même en recourant à un artifice statistique pour faire glisser dans le « non-religieux » et le camp laïque ceux des Musulmans qui réclament une reconnaissance des pratiques religieuses à l’école. Rappelons que le mot « halal » désigne tout ce qui est permis par la charia. S’agissant de la viande, elle doit faire l’objet d’un abattage rituel où le nom d’Allah est évoqué.

L’institut Montaigne a beau jeu d’expliquer que le respect du halal n’est pas religieux, l’évidence raisonnable soutient le contraire. Avec 3/4 des musulmans de France qui réclament du halal à l’école, on n’est en tout cas très, très loin, d’un islam de France respectueux de la laïcité et des règles républicaines. Quoiqu’aimeraient en dire les gens de l’effondrement narcissique, qui considèrent que se dire français et républicain, c’est déjà être islamophobe et d’extrême droite.

Bombonnes de Notre-Dame: encore des trous dans la raquette policière

Dans l’affaire des bombonnes placées dans une voiture devant Notre-Dame, François Hollande s’est livré à un exercice d’auto-satisfaction dont il a le secret:

« La justice est saisie, le procureur de la République fera des déclarations cet après-midi, mais en tant que président de la République, je veux saluer, féliciter, les services de renseignement », a dit le chef de l’Etat. « Bien sûr qu’il y a des attentats qui ont eu lieu dans notre pays, et qui ont frappé, durement, mais il y a aussi toute une action silencieuse, efficace, par tous les services de renseignement, par nos policiers, par nos gendarmes, par nos militaires », a-t-il souligné.

Quand on étudie les faits, on se pose pourtant quelques questions cruciales sur les graves défaillances policières qui entourent cet attentat raté.

Attentat déjoué ou attentat raté?

Dissipons d’abord un malentendu que les services de police au sens large sont parvenus à instiller dans les esprits: l’attentat devant Notre-Dame aurait très bien pu avoir lieu et la police a été, dans cette affaire, tout à fait lamentable.

Rappelons les faits: dans la nuit de samedi à dimanche (à 3h33 exactement), le « commando » place une Peugeot 607 sans plaque d’immatriculation (et les clignotants d’urgence allumés) à cent mètres de la cathédrale Notre-Dame. La voiture contient plusieurs bonbonnes de gaz prêtes à exploser. La police intervient à 7h15 du matin, c’est-à-dire plusieurs heures après l’installation du véhicule, pour le fouiller. La maire du Vè arrondissement se fend d’ailleurs d’un courrier pour se plaindre des délais d’intervention.


Paris : une voiture contenant des bonbonnes de… par Europe1fr

Plusieurs heures pour s’occuper d’une voiture piégée installée dans l’un des plus hauts lieux touristiques de la capitale, en plein état d’urgence et après des annonces sur un attentat imminent: bravo la police!

Pour les non-Parisiens, on rappellera l’emplacement du site:

bonbonnes

La 607 se trouve donc sous les fenêtres de la Préfecture de Police, à cinq minutes à pied du commissariat du Vè arrondissement…

Selon les informations officielles, les filles du commando tentent à plusieurs reprises de mettre le véhicule à feu et n’y parviennent pas. Face à leur échec, elles s’enfuient. La police n’est donc pour rien dans l’échec de l’attentat: ce sont les apprenties terroristes qui ont raté leur coup.

Le commando était bien connu des services de renseignement

Regardons maintenant la conférence de presse du Procureur Molins sur le sujet, en relevant (une fois de plus) le nombre d’avertissements que les services de renseignement avaient reçus sur les membres du commando:


L’intégralité de la conférence de presse de François Molins

Remontons maintenant le fil des informations diffusées par le Procureur.

Sur le propriétaire de la 607

Grâce à la vignette d’assurance (du travail de pro!), la police retrouve la trace du propriétaire de la voiture. Il s’agit d’un certain Madani, relâché le 6 septembre au soir après une garde à vue de quelques heures. Ce n’est pas un inconnu des services de police: il a été repéré pour des faits de prosélytisme islamiste il y a plusieurs années. Il habite un quartier résidentiel de Tremblay-en-France, au nord de la Seine-Saint-Denis.

Il n’a pas jugé utile de signaler la disparition de sa fille plusieurs jours avant l’attentat, pas plus que sa femme qui aurait pourtant reçu une lettre de la fille annonçant son intention de mener une opération-suicide…

Quelques informations sur Inès Madani

Le propriétaire de la voiture désigne néanmoins sa fille comme principale suspecte. Il affirme qu’elle a voulu plusieurs fois partir en Syrie. Elle est d’ailleurs connue des services de renseignement pour cette raison (et est fichée S…). Elle a 19 ans. Quand son nom sort, les fichiers se délient. On apprend qu’elle est aussi fichée en Belgique pour des faits de terrorisme. Elle serait en contact avec des islamistes de Charleroi. Elle aurait également facilité plusieurs départs vers la Syrie. Elle semble connaître Hayat Boummediene, la veuve d’Amedy Coulibaly (auteur de la prise d’otage de l’Hyper Casher).

Depuis plusieurs mois, elle s’était voilée. Elle a été arrêtée en possession d’une lettre déclarant son allégeance à l’Etat Islamique et affirmant sa volonté de venger la mort de l’un des dignitaires du caliphat.

Inès Madani et Rachid Kassim

Selon la RTBF, Inès Madani est en relation avec Rachid Kassim, un Roannais engagé au service de l’Etat Islamique, dont l’activité Internet a beaucoup augmenté… au mois d’août 2016. Rachid Kassim administre deux chaînes sur Telegram, dont une qu’il a héritée d’Adel Kermiche, l’auteur de l’assassinat du prêtre de 85 ans Jacques Hamel en Normandie, au nom de l’EI!

Voici le type de message que Kassim diffuse (18 août 2016):

« Message au peuple de Babylone, au peuple de Charlie [Hebdo], message au peuple injuste et criminel. Vous aurez bientôt plus le temps d’aller sur Internet, je vous le dis tout de suite. […] Je vous conseille plutôt de surveiller vos arrières parce que vous avez été localisés depuis un moment, mais les choses se sont mises en marche depuis maintenant huit jours, donc patientez et nous on patiente avec vous. »

Le cas Ornella G.

Cette femme de 29 ans est fichée S en raison de ses velléités de départ vers la Syrie. Elle a été arrêtée mardi soir sur l’autoroute du Sud, à Orange, en compagnie de son conjoint. Elle est déférée aujourd’hui. Pour l’instant, on sait peu de choses d’elle, sinon qu’elle est née à Montargis, qui semble être une pépinière salafiste.

L’affaire de Boussy-Saint-Antoine

Si les services de renseignement n’ont pas empêché Ornella et Inès de déposer la 607 devant Notre-Dame, ils ont en revanche « logé » dans les temps l’équipe qui a hébergé Inès dans sa fuite. Cette équipe (féminine) semble avoir préparé de façon « imminente » des actions dans Paris, notamment à la gare de Lyon.

Le cas Amel S.

Cette femme de 39 ans, mère de 4 enfants, a recueilli la fine équipe dans son appartement de Boussy-Saint-Antoine. À son domicile, les enquêteurs retrouvent de quoi fabriquer des explosifs artisanaux. Voici la curieuse réaction du maire socialiste de la ville à l’annonce de son arrestation:

« La ville n’avait jamais reçu la moindre alerte ou signalement particulier à son sujet, affirme de son côté Romain Colas, le député-maire (PS) de Boussy-Saint-Antoine. Ses enfants ont été pris en charge par la police et les services sociaux. Leur sécurité reste ma principale préoccupation. »

S’agissant de ces enfants, l’une de ses filles âgée de 15 ans a été arrêtée à Clichy-Sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, parce qu’elle s’apprêtait à participer à une action terroriste… Dormez tranquilles, bonnes gens, la mairie assure la sécurité des familles terroristes.

Le cas Sarah H.

Le jour du coup de filet à Boussy-Saint-Antoine, Amel S., Inès Madani et une certaine Sarah H. sortent de leur immeuble. Elles ont repéré les policiers qui « planquent » au pied de chez elle, et Sarah H. se jette sur l’un d’eux pour le poignarder. Les policiers décident alors d’intervenir.

Qui est cette Sarah H., complètement voilée au moment des faits? Cette femme de 23 ans originaire de Lisieux est surnommé, semble-t-il, la « passionaria du jihad » par les services de renseignement. Elle est donc elle aussi très bien connue des services.

Cette familiarité s’explique pour plusieurs raisons. Elle a cherché à rejoindre la Syrie l’an dernier, mais a été arrêtée à l’aéroport d’Istanbul. Elle s’est ensuite fiancée à deux terroristes patentés: l’un, auteur des assassinats de Magnanville, l’autre, auteur de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Sarah H. et Mohamed Lamine A.

Cette sorte de veuve noire est actuellement fiancée à un certain Mohamed Lamine A., 39 ans, qui vient d’être arrêté. Cet homme, fiché S, a un frère dont le prénom est Charaf Eddine, actuellement en prison et proche des terroristes de Magnanville.

C’est donc une véritable toile d’araignée regroupant une escouade de fichés S à laquelle la police a désormais affaire. D’où la question qui se pose à nouveau: pourquoi tant de fichés S qui ont tenté de partir en Syrie et qui se connaissent manifestement très bien entre eux (au point de prévoir des épousailles) ne sont-ils pas neutralisés d’emblée?

 

 

Terrorisme: au nom de ceux qui ne sont pas morts hier

On apprend ce matin que le terrorisme aurait probablement pu frapper cette semaine dans Paris. Selon le Figaro, largement repris, une 607 rempli de bonbonnes de gaz est restée stationnée, dimanche, pendant deux heures dans le quartier très touristique de la Huchette, face à la Préfecture de Police. La police a procédé à son enlèvement et à une série d’interpellations.

Il ne me paraît pas inutile d’assortir cette informations de quelques commentaires au nom de tous ceux qui ne sont pas morts dans l’explosion probable de cette voiture.

L’autre sensation quand on y était

Il se trouve que, dimanche après-midi, je me suis promené dans ce quartier avec ma fille de 3 ans. C’est bête à dire, mais le terrorisme, tant qu’il est loin de notre vie, ne nous concerne pas. Ceux qui fréquentent le quartier de la République les soirs de week-end (ce qui est mon cas) l’ont compris le soir du 13 novembre: chacun s’est dit, ce jour-là, le bonheur ou la chance qu’il a eue de ne pas s’être trouvé au Petit Cambodge au mauvais moment.

Je me dis, comme beaucoup, la même chose à propos de la 607 de la Huchette. J’y étais et, si des terroristes avaient branché des détonateurs, j’aurais pu y mourir avec ma fille. Et j’ai eu la chance que cela ne se produise pas.

Quelques mots sur la question du voile et de la burkini face au terrorisme

Tant qu’on ne contemple pas son enfant en se disant: « Ouf! elle y a échappé! », on ne peut rien comprendre à la question du voile telle qu’elle se pose aujourd’hui en France. Ou à celle de la burkini. Pour une raison simple: dans mon quartier populaire de Belleville, des filles qui ne portaient pas le voile avant les attentats le portent désormais. Je comprends bien leur message: elles ont choisi leur camp, et leur camp est celui qui aurait tout à fait pu tuer ma fille.

Quand j’étais enfant, ma grand-mère me parlait parfois du mouvement Rex, en Belgique. Dans les années 30, on pouvait être d’extrême droite pour tout un tas de raisons. Mais même les petites gens comme ma grand-mère savaient, après la nuit de Cristal, que porter en Belgique des insignes qui rappelaient ceux qui avaient commis ce crime en Allemagne n’était pas anodin. C’était un signe de ralliement. Comme décider de porter le voile après Charlie Hebdo et le 13 novembre est un signe de ralliement.

Et, dans l’Histoire, qui est toujours tragique, il faut savoir choisir son camp et l’assumer.

Reparlons de la loi sur le renseignement

Dans la foulée de Charlie Hebdo, les services secrets ont obtenu du gouvernement une loi scélérate et liberticide que j’ai beaucoup critiquée. Je reste opposé à cette loi, et l’événement de la 607 me conforte dans ce jugement. Une fois de plus, la police n’a rien vu, rien empêché, rien arrêté. Chaque jour, des centaines d’espions violent nos libertés, fouillent notre vie privée sur Internet, sans aucun contrôle ou presque, et malgré cette débauche de moyens, une voiture bourrée d’explosifs peut rester stationnée pendant deux heures à 100 mètres de la Préfecture de Police sans que rien ne se passe.

Dans le cas de la 607, il a fallu plusieurs coups de téléphone d’un commerçant pour que la police intervienne. Sans l’obstination des citoyens, le terrorisme ferait des ravages, malgré les centaines de millions supplémentaires donnés à nos services d’espionnage pour lutter contre lui.

Une fois de plus, je plaide en faveur l’abrogation de cette loi scélérate et inutile pour lutter contre le terrorisme.

Il faut un vrai ministre capable de mettre les policiers au travail

Une fois de plus, un commerçant s’est obstiné à appeler la police pour intervenir dans une rue située, je le répète, à cent mètres de la préfecture de police et à trois cents mètres du commissariat du Vè arrondissement, dont les sureffectifs sont bien connus. Mais la police, même dans les quartiers chics, est debout sur le frein et considère que les citoyens ne représentent même pas la portion congrue dont il faut tenir compte.

La surdité de la police face à la société française devient insupportable. Il est incompréhensible que ces fonctionnaires chaleureusement applaudis le 11 janvier 2015 n’aient pas saisi la balle au bond pour redorer leur blason. Même les mieux intentionnés ne trouvent plus de mots pour qualifier le jemenfoutisme intégral des agents en tenue lorsque les citoyens les sollicitent.

Je m’en suis amusé récemment: l’une de mes voisines, pourtant très disciplinée et très respectueuse des institutions, a voulu porter plainte dans le 19è arrondissement pour s’être fait pirater tous ses comptes sur Internet. Arrivée à 15 heures au commissariat, elle a dû insister pour pouvoir porter plainte. Elle a été reçue… à 23 heures, après avoir été menacée de poursuite pour outrage à agent parce qu’elle protestait contre ces délais d’attente.

Telle est la police à Paris: elle fait la guerre aux citoyens honnêtes et se fait détester d’eux. Ce laxisme du service public est insupportable.

Citoyens, formez vos bataillons

L’affaire de la 607 nous redit ce que mes lecteurs lisent souvent sous ma plume: la plus grand force de la France, dans sa guerre contre le terrorisme, ce sont les Français eux-mêmes, ce peuple magnifique qui peut tout lorsqu’il le veut. Face au laxisme d’Etat, face aux délires d’un « vivre ensemble » qui se résume à un immense aveu de faiblesse dans la lutte contre l’ennemi, le moment approche où les citoyens n’auront plus qu’une solution: former leurs bataillons et forcer la main à leurs institutions pour qu’elles accomplissent leur mission.

La dangereuse montée des tensions ethniques à Paris

La vérité est que les tensions ethniques montent à Paris dans le plus parfait silence de la presse subventionnée. L’exemple de la manifestation, place de la République, de la communauté chinoise, l’a superbement démontré.

Les Chinois de Paris protestent-ils contre le racisme?

Officiellement, la manifestation de la place de République ce dimanche visait à dénoncer le racisme anti-chinois! Que noble but! Des Chinois descendent dans la rue pour dire qu’ils se sentent victimes de racisme. On notera ici le titre sibyllin du Monde:

tensions ethniques

Et on notera aussi celui de l’Humanité, encore meilleur:

tensions ethniques

Le lecteur non averti qui lit ces titres se dit qu’à Paris ou à Aubervilliers, le racisme des Français, déjà très prononcé vis-à-vis de la communauté musulmane, touche aussi la communauté chinoise. Et forcément on prend peur…

La presse subventionnée a fait le black-out

En lisant la presse subventionnée, on comprend vite qu’elle s’est donné le mot pour servir une soupe indigeste. Début août, un commerçant chinois a été assassiné à Aubervilliers par trois jeunes gens, pour de la roupie de sansonnet. Ce meurtre est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Voici comme le Point a rendu compte de l’arrestation des trois suspects de cette opération sordide:

Selon nos informations, S., 17 ans, Y., 15 ans, et M., 19 ans, militaire dans l’armée de terre jusqu’en juillet, ont tous avoué en garde à vue. Ils ont été placés en détention provisoire pour « vol en réunion avec violence ayant entraîné la mort ». En revanche, les magistrats ont choisi, pour le moment, de ne pas retenir la circonstance aggravante de racisme prévue à l’article 132-76 du Code pénal.

Et là, on commence à se dire que, derrière l’histoire anodine d’un meurtre crapuleux se cache une autre histoire qu’on ne nous raconte pas clairement. Les suspects ont en effet expliqué qu’ils s’étaient attaqués à ce commerçant parce que les Chinois ont la réputation d’être riches. Mais… c’est bien la première fois que nous entendons collectivement parler d’un racisme des français vis-à-vis des Chinois qui irait jusqu’au meurtre.

Mais où étaient les associations anti-racistes?

Un autre élément pose question quand même: les Chinois ont défilé seuls, c’est-à-dire sans les traditionnelles associations anti-racistes qui ne manquent une occasion d’expliquer que les Français sont par nature racistes, méchants, intolérants, et qu’ils doivent s’excuser d’exister en tant que peuple indépendant. Sur le site de SOS-Racisme, pas un mot. Sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme, pas un mot.

Tiens! voilà un racisme dénoncé par une minorité visible qui n’est pas relayé par leurs avocats habituels. Mais peut-être qu’il faut comprendre le deux poids deux mesures de l’anti-racisme en France: dire « sale Arabe », c’est vraiment pas bien, mais dire « sale Chinois », c’est moins grave, presqu’aussi pas grave que « sale Ch’ti » ou « sale Norvégien ».

Heureusement, la presse étrangère est là

C’est en fouillant le sujet dans la presse étrangère qu’on trouve enfin la clé qui manquait pour comprendre cette histoire qui ne tourne pas rond.

Par exemple, dans l’excellent journal suisse Le Temps, on lit:

Après l’arrestation, le 29 aout dernier, de trois jeunes de 15 à 19 ans, présumés responsables du meurtre d’un commerçant chinois d’Aubervilliers le 7 aout dernier, la police Française et les médias ont jusque-là évité de dévoiler leur patronyme, ou de montrer leurs photos. Une pratique justifiée au regard du droit, mais peu commune dans les affaires de criminalité de banlieue, où les clichés circulent d’ordinaire très vite sur les réseaux sociaux. Une précaution prise, surtout, pour endiguer le flot de récriminations anti-arabes et anti-africaines qui, depuis la mort de ce commerçant, Zhang Chaolin, déferlent dans la communauté asiatique parisienne qui manifeste ce dimanche Place de la République.

Ah! voilà l’explication! les Chinois se considèrent victimes d’agressions de la part des Musulmans… Et le journal de poursuivre:

Les frictions de plus en plus violentes entre communautés immigrées en France sont aussi engendrées, selon les élus locaux, par la recrudescence de l’islam radical et par l’exacerbation des tensions dans le cadre de l’Etat d’urgence. Beaucoup de commerçants musulmans de banlieue parisienne se plaignent d’être ciblés en priorité par la police qui ferme parallèlement les yeux sur leur concurrents asiatiques.

On en apprend de belles! Ainsi, la manifestation des Chinois de Paris ne visait pas le racisme des Français, mais celui de communautés portées par un Islam radical qui se venge de sa bonne entente avec la police locale…

On lira aussi dans le Telegraph cette phrase-choc:

Community workers say many muggings are committed by members of other minorities living in the area, generally of Arab or African origin.

(Les travailleurs chinois soutiennent que beaucoup d’agressions sont commises par les membres d’autres minorités vivant dans le coin, généralement d’origine arabe ou africaine)

Censure sur les tensions ethniques à Paris

Autrement dit, il existe aujourd’hui un consensus pour dissimuler au grand public une terrible réalité: la montée de l’Islam radical n’exacerbe pas seulement les relations entre Chrétiens européens et arabes (réalité occultée par les bobos qui vivent dans les beaux quartiers et se répandent dans la presse subventionnée). Elle exacerbe aussi les relations entre minorités étrangères. Mais ça, c’est pas du tout politiquement correct… surtout pour les associations anti-racistes qui n’ont absolument pas envie d’aborder le sujet.

Mais, au moins, maintenant, on comprend mieux la manifestation de dimanche…

Burkini: et si le Conseil d’Etat avait tort?

Signe des temps: les critiques se font jour contre la décision du Conseil d’Etat dans l’affaire de la burkini. On lira tout particulièrement sur ce sujet la tribune de l’ancienne ministre des Affaires Européennes et ancienne membre du Conseil Constitutionnel, Noëlle Lenoir, dans les colonnes de l’Opinion.

La burkini, l’indécence et la pudeur

Je relève avec intérêt l’argumentation de Noëlle Lenoir sur les arguments que les conseillers eussent pu soulever quand à l’indécence de la burkini:

Mais on peut aussi regarder comme une certaine indécence de vouloir cacher le corps d’une femme pour respecter un commandement de « pudeur » sans laquelle elle serait l’objet de tentations irrépressibles.

Chacun entendra l’argument comme il l’entend, mais il présente un intérêt majeur: il suggère au juge de prendre position sur la compatibilité entre les prétendus commandements de l’Islam et les droits fondamentaux des Françaises et des Français. Or, cette entrée en matière, le juge administratif se l’est interdite, puisqu’il s’est contenté d’expliquer que la pratique religieuse, quelle qu’elle soit, devait être libre.

L’idée que le juge « ne se défile pas » et qu’il prononce la phrase qu’on attend de lui: à savoir qu’une religion n’a pas tous les droits, que ses commandements ou son orthopraxie doivent être conformes à notre corpus juridique et à nos libertés publiques me paraît mériter une réflexion très positive. Il serait en effet salutaire que le Conseil d’Etat réexamine les fondements de sa doctrine sur les libertés au regard de ce fait nouveau qu’est l’Islam et ses revendications sur le continent européen.

« Vivre ensemble » et liberté de conscience

Noëlle Lenoir a le mérite de poser les premières pierres d’un examen, par le juge, des conditions de validité juridique du fameux « vivre ensemble » qui émaille les discours de la bien-pensance. Au nom du « Vivre ensemble », devons-nous tout accepter ou bien pouvons-nous faire valoir notre identité?

Jusqu’ici, aucun juge ne s’est engagé sur cette voie, mais je rejoins Noëlle Lenoir lorsqu’elle suggère que cette abstinence est une anomalie. Le moment est venu pour l’autorité judiciaire et pour ce corps constitué qu’est le Conseil d’Etat d’adapter le droit et la jurisprudence aux circonstances nouvelles qui entourent son interprétation. On ne pourra éternellement continuer le déni, sauf à glisser vers une douloureuse crise de régime, face à l’affirmation d’une conscience musulmane radicale qui conteste les principes de notre droit.

L’argument général de Noëlle Lenoir consiste à soutenir que des restrictions au « Vivre ensemble » ne constituent pas par principe des restrictions à la liberté de conscience. Je partage cette logique et il me paraît nécessaire aujourd’hui de la documenter et de l’argumenter. Peut-être faudrait-il d’ailleurs constituer une sorte de nouvelle ligue des droits de l’homme pour porter le fer sur ce sujet.

Le Conseil d’Etat en question

Il est en tout cas acquis que le Conseil d’Etat risque de perdre un certain nombre de « plumes » en restant sourd aux arguments de la société française qui entend bien ne pas se laisser cannibaliser par l’Islam sans résister. Après tout, rien ne nous oblige, comme je le suggère depuis longtemps, à conserver dans sa vitrine de musée cette mascarade de justice qu’on appelle Conseil d’Etat. Rappelons que ses membres n’ont pas le statut de magistrat, mais bien celui de fonctionnaire d’Etat aux ordres d’un gouvernement dont ils assurent par ailleurs le Conseil.

Pour que nous puissions croire à la ragoutante fiction de son indépendance, il faudrait que ses membres se réveillent et fassent preuve d’un peu plus d’imagination dans leurs décisions.

Burkini: la Ligue des Droits de l’Homme à front renversé

Dans l’interminable polémique de la burkini, la position de la Ligue des Droits de l’Homme mérite d’être attentivement étudiée. C’est en effet la Ligue qui a saisi le juge sur les arrêtés municipaux interdisant la burkini et qui, sans surprise, en a obtenu l’annulation par le Conseil d’Etat. Pour ce faire, elle a utilisé une batterie d’arguments qui interroge sur la visée ultime de son combat et sur la mutation profonde de la gauche face au multiculturalisme.

Pour beaucoup de Français, la Ligue est un acteur mal connu du jeu politique. Il est assez intéressant de suivre son évolution historique pour comprendre comment une partie importante de la gauche française, par haine du fait majoritaire, peut retourner du tout au tout ses positions historiques.

La Ligue des Droits de l’Homme et l’affaire Dreyfus

Initialement, la Ligue des Droits de l’Homme est créée pour structurer le camp dreyfusard. Face à l’appareil d’Etat qui organise la répression contre Dreyfus, il semble nécessaire aux partisans du capitaine de mettre en place une sorte de « lobby » décidé à défendre les libertés individuelles. En 1898, la Ligue se crée donc autour de ce thème:

A partir de ce jour, toute personne dont la liberté serait menacée ou dont le droit serait violé est assurée de trouver auprès de nous aide et assistance.

La Ligue et la prise illégale d’intérêts

La crédibilité de la Ligue rencontre assez vite ses limites à l’occasion de l’affaire des « petites fiches », en 1904. Sous le gouvernement Combes, le Grand Orient de France indique en effet qui sont les officiers républicains à promouvoir dans l’armée à partir d’un fichage en règle des militaires. Ce système de fiches met la Ligue, proche du Grand Orient, en position difficile. La Ligue peinera à désavouer cette violation des libertés qui lui profite.

On touche ici à l’ambiguïté traditionnelle des « donneurs de leçons », très hostiles au fait majoritaire et à l’ordre traditionnel, mais beaucoup plus tendres avec leurs intérêts immédiats.

La Ligue et l’anticléricalisme

Très rapidement, la Ligue ne se cantonne toutefois plus à cette question de libertés individuelles. Elle est en effet fondée par des radicaux socialistes, souvent francs-maçons, qui se passionnent pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le sujet occupe la Ligue pendant plusieurs années. En particulier, la question du monopole de l’enseignement devient une sorte de poil à gratter interne: faut-il ou non autoriser l’enseignement privé, et tout spécialement l’enseignement confessionnel?

La Ligue crée à cette époque (le 31 mai 1909) une « commission du monopole de l’enseignement » dont le sujet est précisément de débattre de l’interdiction des écoles confessionnelles. Elle se ralliera progressivement au principe de l’enseignement libre, mais après bien des débats…

La Ligue et la soutane

On notera qu’à cette époque, la Ligue finit par abandonner son soutien temporaire à une motion proposée par plusieurs dizaines de parlementaires radicaux-socialistes, visant à interdire la soutane. L’affaire fera date, puisque la question de la soutane et de son autorisation fait encore partie du corpus de la Ligue. C’est d’ailleurs l’un des arguments mis en avant par son avocat dans l’affaire de la burkini, devant le Conseil d’Etat.

La Ligue et les procès de Moscou

Dans le flot des questions d’actualité qui vont assaillir la Ligue, on notera avec amusement la question des procès de Moscou, dans les années 30, qui intéresse beaucoup les ligueurs. Par un vote majoritaire, la Ligue reconnaît alors la culpabilité des accusés et valide donc leur élimination par Staline. Cet épisode ne semble pas avoir tempéré le caractère très péremptoire des prises de position de la Ligue vis-à-vis de ses adversaires. On citera ici le communiqué très violent à l’encontre de Manuel Valls dans l’affaire de la burkini. L’esprit de Moscou est toujours vivant.

La Ligue et l’affaire des abattoirs de Lyon

En novembre 1933, Herriot, député et maire de Lyon, sanctionne des fonctionnaires municipaux employés aux abattoirs de la ville, qui refusent de se soumettre à un exercice d’évacuation en cas d’alerte aérienne. Ceux-ci invoquent leur liberté de conscience et leur refus de s’engager dans une lutte contre l’armée allemande. La Ligue prend leur défense et dénonce les agissements de Herriot, pourtant ligueur lui-même.

On retrouve ici la préférence historique de la Ligue pour l’oppression extérieure plutôt que de soutenir le fait majoritaire. Plutôt le fascisme des autres que notre propre ordre militaire…

La Ligue, l’Islam et le fait majoritaire

Les positions de la Ligue vis-à-vis de l’Islam se situe dans la droite ligne de cette préférence pour le fascisme des autres. Ainsi, après avoir lutté pied à pied contre la domination catholique en France, la Ligue ne trouve pas de mot assez doux pour justifier la tolérance qu’il faut montrer vis-à-vis de l’obscurantisme religieux dont l’Islam est porteur.

Technique n°1 de la Ligue: le renvoi dos à dos

Pour tempérer le rejet de l’obscurantisme musulman, la Ligue utilise une technique vieille comme la tyrannie: le renvoi dos-à-dos.

Ainsi, la Ligue fonde son argumentation sur l’idée que l’Islam doit bénéficier du même traitement que l’Eglise catholique, comme si les deux religions étaient équivalentes. Cette posture est évidemment d’une parfaite mauvaise foi, puisque la Ligue a combattu l’Eglise pied à pied et ne combat absolument pas l’Islam. Et, bien entendu, la Ligue oublie de dire que le christianisme propose de « rendre à César ce qui appartient à César », alors que l’Islam propose un projet politique structuré (et pas seulement les salafistes comme certains semblent le croire).

Dans cette logique, la Ligue n’hésite donc pas à mettre sur un pied d’égalité les morts de Charlie Hebdo et les victimes d’agressions islamophobes.

Soutane et burkini, même combat?

Dans cet esprit, la Ligue aime expliquer que le port de la burkini n’est pas plus choquant que le port de la soutane. On s’amusera de cette imposture, puisque la soutane est réservée aux membres du clergé, alors que la burkini s’adresse à toutes les profanes. Le sophisme est splendide: plus c’est gros, mieux ça passe.

On relèvera que le même argument fallacieux a été utilisé (page 134 du document) par des représentants du culte musulman pour justifier le port de la burqa.

Technique n°2: subvertir les mots

Une autre technique utilisée par la Ligue pour défendre l’Islam consiste à subvertir le sens de la laïcité. En son temps, la laïcité fut utilisée pour désacraliser la société civile contre une religion dominante. Aujourd’hui, elle sert, dans l’esprit de la Ligue, à faire le lit d’une nouvelle religion qui a vocation à dominer. Dans les deux cas, c’est la laïcité qui est invoquée.

La Ligue sera la première victime de l’islamisation

Les Ligueurs ne veulent évidemment pas voir l’ambition politique de ceux qui nourrissent aujourd’hui la conscientisation des musulmans français. Il est pourtant évident que l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, utilisent le culte musulman comme une arme d’influence et de déstabilisation sur le continent européen. Voilà ce qui s’appelle faire entrer le loup dans la bergerie… pour le plus grand malheur de la Ligue, car elle sera l »une des premières victimes de l’islamisation.

 

Burkini: la gauche et son effondrement narcissique

L’affaire de la burkini constitue d’ores et déjà un marqueur passionnant de la société française, dont nous ne sommes pas prêts de faire le tour. Les esprits les plus caustiques s’amuseront d’ailleurs de voir que le fer est principalement porté aujourd’hui par la Ligue des Droits de l’Homme (j’y reviendrai dans un prochain billet) qui fut longtemps le repère des « bouffeurs de curé », et qui devient aujourd’hui le lobby officiel de la cause islamiste. Il faudra bien se demander pourquoi ceux qui ont dénoncé le catholicisme au nom de la liberté d’opinion font aujourd’hui l’apologie de l’Islam au nom de cette même liberté…

La question est piquante: pourquoi ceux qui détestent l’Eglise catholique se montrent-ils si conciliants pour une autre religion monothéiste, bien plus autoritaire et intolérante? Il faut se détester au plus haut point pour préférer à une religion qui a façonné le paysage européen une religion rivale qui réserve aux Chrétiens le statut de « dhimmi ». Et il faut se détester encore plus, quand on se prétend défenseur des Droits de l’Homme, pour faire le lit d’une doctrine politique dont le premier geste consistera à bannir ces mêmes droits.

L’occasion était trop belle pour ne pas décrypter ici ce qui me semble être le signe le plus évident de l’effondrement narcissique qui frappe la gauche.

La Burkini, une affaire d’amour propre

Reprenons d’abord au calme l’affaire de la burkini dans sa signification collective. Une part minoritaire (mais de plus en plus importante) des musulmans de France considère qu’elle doit manifester son appartenance religieuse par le port de tenues vestimentaires spécifiques. Elle manifeste ainsi, comme certains membres de la communauté juive d’ailleurs, son ambiguïté vis-à-vis de la société française, en réclamant son intégration mais en revendiquant en même temps la reconnaissance d’une place spécifique, « à part » d’un certain nombre de nos valeurs.

À la différence de certaines sensibilités de la communauté juive, le port de la burkini émane d’une fraction musulmane dont le projet religieux est aussi un projet politique global où la démocratie se plie à des principes contraires à l’esprit républicain: fin de la mixité, infériorisation de la femme, homophobie, interdits religieux non compatibles avec la laïcité.

En elle-même, la burkini est un signal faible et même secondaire de ce phénomène, mais c’est, somme toute, un symbole bien choisi par les amis de la République. Depuis l’invention du tourisme balnéaire, la tenue vestimentaire pour l’accès à la plage constitue un enjeu sociétal doté d’une histoire symbolique.

photographie de presse de l'agence Meurisse, source Gallica / Bibliothèque Nationale de France
photographie de presse de l’agence Meurisse, source Gallica / Bibliothèque Nationale de France

Entre l’invention du bikini et ses différentes variantes jusqu’à la pratique du naturisme, l’histoire de la plage est aussi l’histoire de la libération de la femme et du corps. Ce que nous propose la burkini, c’est un retour en arrière dans cette histoire, une validation implicite d’un modèle de société où la femme ne peut montrer son corps quand l’homme le peut, c’est-à-dire un modèle fondé sur une inégalité des sexes bien plus violente que celle que nous connaissions avant les années 70.

La question que nous pose la burkini peut donc se résumer à une seule formulation: acceptons-nous aujourd’hui de reconnaître comme membres à part entière de notre cité ceux qui contestent ouvertement les combats qui ont fait la place de la femme et du corps dans notre société? Incidemment, la burkini nous demande de nous prononcer sur l’importance que nous accordons à la contestation de cette part de nous-mêmes. En ce sens, elle interroge notre amour-propre, c’est-à-dire la fierté que nous avons de notre identité collective.

Le « vivre ensemble » et la haine de soi

Une part importante de la gauche considère qu’au nom du « vivre ensemble » il faut accorder à la burkini le même statut qu’à n’importe quelle autre tenue de plage.

Les raisons pour lesquelles la gauche préconise cette tolérance sont parfois contradictoires. Pour les uns, la burkini est une sorte de modernité dans l’Islam qu’il faut encourager. Pour d’autres, elle est intolérable mais son interdiction est pire que son autorisation. Pour d’autres encore, elle existe à peine et importe si peu qu’elle n’est pas un problème. Toute la galerie des bonnes raisons de ne pas interdire existe donc, avec des raisonnements qui peuvent s’exclure ou se contredire.

Toutefois, les adeptes du « vivre ensemble » ont un point commun qui sublime leurs contradictions: ils n’aiment pas dire non à l’autre. Que l’autre (c’est-à-dire celui qui, radicalement, n’est pas « nous », peu ou prou assimilable à un chrétien d’origine européenne) explique que la burkini n’est pas une tenue qui infériorise la femme et tout va bien: au nom du « vivre ensemble », il faut gober sans mot dire cette imposture, ce mensonge éhonté, et faire place à la burkini.

Et c’est ici que l’adepte du « vivre ensemble » dévoile la haine de sa propre identité. Car dans le même temps où il est de bon ton de caresser dans le sens du poil (si l’on me permet ce mauvais jeu de mots) les islamistes qui expliquent que la meilleure promotion de l’égalité entre les sexes, c’est l’interdiction de la mixité et l’infériorisation de la femme, il ne faut jamais manquer une occasion contraire de vilipender l’affirmation de nos valeurs sous l’accusation générique « d’extrême droite ».

Ainsi, dire que nous sommes heureux d’avoir de belles femmes en bikini sur nos plages, c’est évidemment machiste, sexiste, à la limite de l’appel au viol. C’est la France rancie qui parle, celles des vieux fachos libidineux. Et le « vivre ensemble » ne trouvera jamais de mots assez durs pour dénoncer cette affirmation réactionnaire de ce que nous sommes. En revanche, qu’une poignée de barbus intervienne dans les médias pour expliquer que le fascisme et le colonialisme règnent en France parce que la femme y a des droits, et le « Vivre ensemble » se lève comme un seul homme pour applaudir à cette résurgence de la lutte pour l’émancipation des peuples.

C’est en ce sens que le « vivre ensemble » est une émanation de la haine de soi. Il repose sur une économie interne très bien structurée: tout ce que fait l’autre est bien (même inférioriser la femme), parce que tout ce que je fais (même assurer l’égalité aux femmes) est mal. Je n’aime l’autre que parce que je me déteste moi-même. Et dès que j’entends, en moi, une petite voix me dire qu’il faut que je défende mes valeurs, je m’interdis de l’écouter parce qu’elle est sans doute la voix du fascisme en moi, de cette affirmation de mes valeurs qui n’est qu’une résurgence du colonialisme, du racisme, de la méchanceté naturelle du blanc.

Un exemple de la haine de soi: Pouria Amirshahi

Un bel exemple de cette économie systémique de la haine de soi est fourni par le discours de Pouria Amirshahi, député socialiste des Français de l’étranger, ancien leader du syndicalisme étudiant élu avec moins de 15% des voix dans sa circonscription. Cet imposteur de la démocratie, qui est tout de même bien content de percevoir de confortables émoluments grâce à des fonctions où l’investiture de son parti a beaucoup plus compté que le choix des électeurs, a prononcé un vibrant discours en juin 2016 que voici que voilà:


Intervention P.Amirshahi DG Loi egalite… par PouriaAmirshahi

On retiendra quelques passages qui illustrent bien la notion de haine de soi:

le débat public est désormais pourri par l’obsession de l’identité nationale, brandie comme une pureté abstraite – autrefois talisman de l’extrême droite que les apprentis sorciers de droite ont cultivé ces quinze dernières années et que l’exécutif actuel avait relayé avec son projet heureusement empêché de déchéance de nationalité.

Quand on fait de l’identité la clé de voûte de son programme politique, l’histoire a montré que ça finit toujours très mal. J’entends d’ailleurs déjà ceux qui sont passés à la deuxième étape, à Béziers ou ailleurs, parlant désormais de guerre civile. Permettez-moi de dire que nous sommes nombreux à militer pour des idées plus nobles.

Quelques formulations sont ici très précieuses et très riches d’enseignement: l’identité nationale, c’est un « talisman », et ses défenseurs des « apprentis sorciers » qui prônent « la guerre civile ». L’identité nationale ne fait pas partie des « idées nobles ».

En creux, nous entendons ici un discours bien connu: affirmer son identité, c’est un acte de guerre, populiste, un appel à la violence, alors que les gens animés par des idées nobles sont ouverts à l’autre et sont des gens de paix. Daladier et Chamberlain ne disaient pas autre chose à la sortie de l’entrevue de Munich en 1938. Leur lâcheté ne nous a évidemment pas évité la guerre.

Mais je voudrais souligner ici comment les partisans du « vivre ensemble » assimilent systématiquement l’affirmation identitaire ordinaire à une acte de violence qui déstructure leur fonctionnement psychique.

L’historien de gauche bien-pensant Michel Wievorka, dans un article publié par Slate, le site de Jacques Attali ne dit pas autre chose: la lutte contre la burkini relèverait, selon lui, de la panique morale et de l’hystérie qui débouche sur la violence. Chacun appréciera à sa manière le volume de séances psychanalytiques dont Michel Wievorka a besoin pour comprendre l’étrange assimilation qu’il fait entre l’affirmation de soi et l’état de panique, mais elle constitue une bonne introduction à mon propos suivant: le « vivre ensemble » n’est que l’expression d’un effondrement narcissique.

Panique et affirmation identitaire

Pour comprendre l’idée du « vivre ensemble » comme conséquence de notre effondrement narcissique collectif, je voudrais rebondir ici les propos de Michel Wievorka et sur sa croyance selon laquelle l’affirmation identitaire relève de la panique. Il me semble utile de décoder son message, qui signifie en réalité que, dans son esprit, affirmer son identité et sa volonté, dire à l’autre ce qu’on accepte de lui et ce qu’on refuse, ouvre forcément la voie à un état de panique. Disons même que, dans son esprit, celui qui affirme ce qu’il est vit forcément un état de panique, car il n’y a rien de plus angoissant (disons même qu’il s’agit de l’angoisse suprême) que d’être soi.

Le « vivre ensemble » et son corpus de non-dits nous renvoient donc systématiquement à une étrange posture que le psychanalyste et philosophe Jacques Lacan aurait présenté comme la peur panique de la castration: porter son identité, c’est assumer un « objet phallique« . Cela suppose de ne pas être castré, de se vivre soi-même comme autorisé à être ce que l’on est.

Les lecteurs peu férus de psychanalyse me pardonneront cette incursion dans un champ relativement étranger à la politique, mais il faut comprendre ici que le débat sur la burkini, qui est aussi un débat (même s’il ne dit pas son nom) sur le rapport au corps et au désir de l’autre, n’est pas compréhensible s’il ne s’intéresse pas à cette question fondamentale de savoir pourquoi on put se détester soi-même au moins d’accepter de l’autre tout ce que nous nous sommes interdits à nous-mêmes.

Le « vivre ensemble », conséquence de l’effondrement narcissique

Chez un très grand nombre d’intellectuels bien-pensants, l’éducation a fait son oeuvre. L’angoisse de la castration a structuré une doctrine politique qui domine de fait la société française. Elle est fondée sur la grande peur de l’affirmation identitaire que nous connaissons sous toutes ses formes. Pour être admis dans les cercles de la bien-pensance, il faut aimer l’Europe et aimer le « vivre ensemble ». Toute vision contraire est assimilée à un populisme violent et ramène toujours à cet état de panique dans laquelle entrent tous ceux qui se détestent lorsqu’ils doivent dire qu’ils s’aiment tels qu’ils sont.

Ceux-là ont la croyance naïve selon laquelle, pour reprendre les propos d’Amirshahi, l’identité nationale est un talisman qui mène à la violence, c’est-à-dire un objet magique qui donne suffisamment de force pour détruire les autres. Je laisse aux psychanalystes le soin d’approfondir cette question à sa juste mesure. Je note juste que, dans l’esprit d’Amirshahi, l’identité nationale est bien un objet magique qui change la personnalité et produit l’angoisse de ne plus pouvoir contrôler sa force.

On retiendra seulement les éléments de fait qui expliquent ce qu’est notre effondrement narcissique: affirmer notre identité procède de la violence fasciste. Cette idée générique regroupe tout le mal que l’Occident, et singulièrement la France, ont pu commettre par le passé au nom de leur fierté nationale: le colonialisme, la guerre, l’antisémitisme, etc.

Bien entendu, un examen sérieux de l’histoire nationale montre que cette corrélation ne tient pas, et les adeptes du Vivre Ensemble devraient se souvenir qu’un grand nombre de forfaitures commises à ces époques ne sont pas le fait des « identitaires » mais plutôt de courants de pensée dont la gauche est issue. Il n’en reste pas moins que le meilleur argument du Vivre Ensemble repose sur la conviction superstitieuse selon laquelle le talisman de l’amour de soi débouche toujours sur la violence exercée sur les autres.

S’affirmer, c’est donc l’angoisse. Se détester, c’est la sécurité.

La douce illusion du vivre ensemble

Dans cet effondrement narcissique qui laisse croire que la meilleure façon de ne plus être angoissé par soi-même est de se haïr, de se détester au point de vouloir tout ce que l’autre veut et d’abdiquer tout ce que l’on croit, il existe une immense illusion qui nous jouera des tours et que j’appelle la nouvelle trahison des clercs. Car c’est une illusion de croire que les islamistes qui détestent la démocratie libérale et ses valeurs de liberté et d’égalité manifesteront la moindre reconnaissance vis-à-vis de tous les petits lèche-culs qui tortillent du popotin en leur disant aujourd’hui: « Mais oui, bons maîtres, vous avez raison et nous sommes coupables ».

L’ordre politique qui sous-tend la burkini et les autres signaux faibles envoyés par le monde islamique est déjà défini. Il a été pratiqué dans l’El-Andalous, c’est-à-dire dans l’Espagne musulmane, il y a six siècles. Les principes en étaient clairs: les chrétiens (catégorie incluant les athées ou les agnostiques d’aujourd’hui) étaient des « dhimmi », c’est-à-dire une minorité dépourvue de droits politiques et autorisée à pratiquer sa religion en échange d’un impôt spécial. Les Wievorka, Amirshahi, et autres admirateurs de la force chez l’autre pourront donc courber l’échine tant qu’ils voudront devant leurs futurs maîtres, ils ne les empêcheront pas de balayer notre démocratie pour établir un ordre où nos femmes auront le droit de ne pas porter le voile à condition de payer un impôt plus élevé que les autres.

Car la grande croyance de celui qui a peur est d’imaginer que la peur lui évite le danger.

Burkini: le gouvernement au pied du mur

Une fois de plus, une polémique - cette fois celle du burkini - prend un mauvais tour pour le gouvernement, avec un Manuel Valls très allant sur l'interdiction, en contradiction avec certains de ses ministres, et un Président de la République beaucoup moins sûr de son fait.

L'intervention du Conseil d'Etat, saisi en tant que juge des référés, aujourd'hui, contre certains arrêtés municipaux proscrivant la burkini sur les plages, n'a pas dissipé les flous et a même ajouté de la confusion au débat. Il appartient désormais au gouvernement de définir sa ligne sur ce sujet sensible.

Une décision du Conseil d'Etat sans grande surprise

En réalité, le "dossier" était plié avant même d'avoir commencé. On sait tous, en effet, qu'un maire ne peut utiliser son pouvoir de police administrative en prononçant des interdictions générales et absolues qui restreignent les libertés, surtout lorsqu'aucune menace ne pèse sur l'ordre public. Et, dans le cas du burkini, il fallait se montrer très imaginatif pour justifier l'existence d'une telle menace. Donc... le juge ne pouvait pas ne pas annuler ces arrêtes sans s'exposer à un ridicule international que la Cour de Luxembourg ou de Strasbourg aurait sanctionné.

Des rédactions cataclysmiques

La tâche du Conseil d'Etat était d'autant plus incontournable que les maires incriminés avaient manifestement confié la rédaction des arrêtés litigieux à des fonctionnaires dont le droit n'est pas le métier. En particulier, les phrases qui suivent:

« Sur l’ensemble des secteurs de plage de la commune, l’accès à la baignade est interdit, du 15 juin au 15 septembre inclus, à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. Le port de vêtements, pendant la baignade, ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune »

condamnaient par principe la cause de tous les opposants à la burkini. On voit mal comment un juge démocratique pourrait valider l'interdiction de la burkini au nom des bonnes moeurs, de l'hygiène, de la sécurité, et autres idées fantaisistes qui trouveraient à s'appliquer tout autant aux plages naturistes et autres vêtements minimalistes.

En outre, l'invocation du principe de laïcité sur l'espace public était vouée à insupporter les juges, puisqu'on imaginait mal que le voile soit autorisé dans la rue, mais la burkini interdite à la plage. Au passage, l'arrête municipal interdit la burkini à la plage, mais pas dans les rues...

Bref, tout cela était très mal ficelé et ne laissait pas le choix aux juges du Palais-Royal.

Une jurisprudence conforme à la tradition

Les attendus du Conseil d'Etat sont donc tous extrêmement classiques:

Dans ces conditions, le maire ne pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions qui interdisent l’accès à la plage et la baignade alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre public ni, par ailleurs, sur des motifs d’hygiène ou de décence. L’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle.

En lui-même, ce texte se passe de tout commentaire. Il répète de façon tout à fait prévisible des doctrines enracinées depuis de nombreuses années dans la jurisprudence du Conseil

La balle dans le camp du gouvernement

Bref, un arrêté municipal n'est pas la riposte adaptée à la question de la burkini. Contrairement aux idées reçues ou qui ne tarderont pas à l'être, le Conseil d'Etat ne légitime pas le port de la burkini sur les plages. Il indique juste qu'il n'appartient pas au maire de régler ce problème par le truchement de la police administrative. Une interdiction de la burkini suppose que ce ne soit pas les maires, mais bien le législateur qui prenne position.

Incidemment, le Conseil d'Etat suggère donc au gouvernement de prendre ses responsabilités en saisissant l'Assemblée Nationale d'un projet de loi en bonne et due forme.

Un cadeau empoisonné pour Hollande

Pour le Président de la République, le dilemme est grand. Soit le gouvernement propose un texte sur le sujet, et il est à peu près sûr que, à quelques mois des présidentielles, cette perspective est suicidaire puisqu'une majorité de la gauche n'en voudra pas. Soit il ne fait rien (choix instinctif de François Hollande) et les ennuis commencent face à un Nicolas Sarkozy tonitruant.

Donc, il est urgent de réfléchir...

La décision du Conseil d'Etat

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, lorsqu’est constituée une situation d’urgence particulière, justifiant qu’il se prononce dans de brefs délais, le juge des référés peut ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.

2. Des arrêtés du maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) du 20 juin 2014 puis du 18 juillet 2016 ont réglementé l’usage des plages concédées à la commune par l’Etat. Ces arrêtés ont été abrogés et remplacés par un nouvel arrêté du 5 août 2016 qui comporte un nouvel article 4.3 aux termes duquel : « Sur l’ensemble des secteurs de plage de la commune, l’accès à la baignade est interdit, du 15 juin au 15 septembre inclus, à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. Le port de vêtements, pendant la baignade, ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune ». Ainsi que l’ont confirmé les débats qui ont eu lieu au cours de l’audience publique, ces dispositions ont entendu interdire le port de tenues qui manifestent de manière ostensible une appartenance religieuse lors de la baignade et, en conséquence, sur les plages qui donnent accès à celle-ci.

3. Deux requêtes ont été présentées devant le juge des référés du tribunal administratif de Nice pour demander, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de ces dispositions de l’article 4.3 de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet. La première de ces requêtes a été introduite par la Ligue des droits de l’homme, M. Hervé Lavisse et M. Henri Rossi, la seconde par l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France. Par une ordonnance du 22 août 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, statuant en formation collégiale de trois juges des référés, a rejeté ces deux requêtes. La Ligue des droits de l’homme, M. Hervé Lavisse et M. Henri Rossi, d’une part, l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France, d’autre part, font appel de cette ordonnance par deux requêtes qui présentent à juger les mêmes questions et qu’il y a lieu de joindre.

4. En vertu de l’article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales, le maire est chargé, sous le contrôle administratif du préfet, de la police municipale qui, selon l’article L. 2212-2 de ce code, « a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ». L’article L. 2213-23 dispose en outre que : « Le maire exerce la police des baignades et des activités nautiques pratiquées à partir du rivage avec des engins de plage et des engins non immatriculés…Le maire réglemente l’utilisation des aménagements réalisés pour la pratique de ces activités. Il pourvoit d’urgence à toutes les mesures d’assistance et de secours. Le maire délimite une ou plusieurs zones surveillées dans les parties du littoral présentant une garantie suffisante pour la sécurité des baignades et des activités mentionnées ci-dessus. Il détermine des périodes de surveillance… ».

5. Si le maire est chargé par les dispositions citées au point 4 du maintien de l’ordre dans la commune, il doit concilier l’accomplissement de sa mission avec le respect des libertés garanties par les lois. Il en résulte que les mesures de police que le maire d’une commune du littoral édicte en vue de réglementer l’accès à la plage et la pratique de la baignade doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées au regard des seules nécessités de l’ordre public, telles qu’elles découlent des circonstances de temps et de lieu, et compte tenu des exigences qu’impliquent le bon accès au rivage, la sécurité de la baignade ainsi que l’hygiène et la décence sur la plage. Il n’appartient pas au maire de se fonder sur d’autres considérations et les restrictions qu’il apporte aux libertés doivent être justifiées par des risques avérés d’atteinte à l’ordre public.

6. Il ne résulte pas de l’instruction que des risques de trouble à l’ordre public aient résulté, sur les plages de la commune de Villeneuve-Loubet, de la tenue adoptée en vue de la baignade par certaines personnes. S’il a été fait état au cours de l’audience publique du port sur les plages de la commune de tenues de la nature de celles que l’article 4.3 de l’arrêté litigieux entend prohiber, aucun élément produit devant le juge des référés ne permet de retenir que de tels risques en auraient résulté. En l’absence de tels risques, l’émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment de celui commis à Nice le 14 juillet dernier, ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d’interdiction contestée. Dans ces conditions, le maire ne pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions qui interdisent l’accès à la plage et la baignade alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre public ni, par ailleurs, sur des motifs d’hygiène ou de décence. L’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle. Les conséquences de l’application de telles dispositions sont en l’espèce constitutives d’une situation d’urgence qui justifie que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu’il tient de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d’annuler l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice du 22 août 2016 et d’ordonner la suspension de l’exécution de l’article 4.3 de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet en date du 5 août 2016.

7. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à ce titre à la charge de la Ligue des droits de l’homme, de M. Lavisse, de M. Rossi et de l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France. Il n’y pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Loubet, en application de ces dispositions, les sommes que demandent, d’une part, la Ligue des droits de l’homme, M. Lavisse et M. Rossi, d’autre part l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France.

O R D O N N E :

Article 1er : L’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice en date du 22 août 2016 est annulée.
Article 2 : L’exécution de l’article 4.3 de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet en date du 5 août 2016 est suspendue.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Villeneuve-Loubet et celles de la Ligue des droits de l’homme, de M. Lavisse, de M. Rossi, et de l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4. La présente ordonnance sera notifiée à la Ligue des droits de l’homme, à M. Lavisse, à M. Rossi, à l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France, à la commune de Villeneuve-Loubet et au ministre de l’intérieur.