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Catégorie : Islam

Erdogan, bientôt meilleur allié d’Assad?

Erdogan a plus d’un tour dans son sac. Après avoir rendu visite au tsar Poutine en août, à qui il était prêt à déclarer la guerre au printemps mais avec qui il relance le projet de gazoduc Southstream qui doit achever la ruine de l’Ukraine, le voici embringué dans un rabibochage de premier ordre avec la Syrie. Officiellement, les services secrets turcs ont rendu visite à leurs homologues syriens pour obtenir quelques tuyaux.

Erdogan demandent-ils des conseils pour tuer les rébellions?

On se demande bien ce que ces espions ont pu se tenir. Les sujets n’ont pas dû manquer, y compris la meilleure façon de traiter les prisonniers politiques, sujet sur lequel les Syriens ne manquent jamais d’idées. Blague mise à part, tout concorde pour laisser penser que les deux pays devraient entamer une collaboration assez poussée, sous les auspices de la Russie.

Les canons se tournent contre les Kurdes

Les deux dictateurs commencent par ailleurs à avoir une vraie communauté d’intérêts.

Le plus évident est la lutte contre les autonomistes kurdes, qui déplaît encore plus aux Turcs qu’aux Damascènes. Après avoir laminé le Kurdistan turc, Erdogan entend étouffer toute velléité d’indépendantisme en Syrie. Il a même lancé de premiers bombardements sur le territoire syrien pour affaiblir les troupes kurdes.

Parallèlement, Erdogan vient de rappeler son ambassadeur en Autriche, où avait lieu un meeting de soutien au PKK.

La Turquie combattra-t-elle Daesh?

Reste une inconnue: Erdogan va-t-il aider Assad dans la lutte contre Daesh? La question est posée, et la réponse risque d’être très nuancée. On le sait, le gouvernement turc a largement aidé l’Etat Islamique et lui a apporté des soutiens logistiques. Une série d’attentats laisse à penser que l’Etat islamique a cherché à déstabiliser Erdogan.

Assistons-nous à un retournement massif des alliances? Cette hypothèse est fort probable et demandera à être confirmée dans les prochaines semaines.

La burkini et ses sophismes

L’interdiction de la burkini dans plusieurs communes balnéaires donne lieu à d’hallucinantes polémiques qui démontrent, une fois de plus, que l’Occident, et singulièrement la France, sont pris au dépourvu face à une dynamique nouvelle: celle de l’affirmation politique des communautés musulmanes sur le continent européen. Compte tenu de la dangerosité de certains arguments, il est désormais salutaire de mettre en exergue quelques sophismes béats développés par les pacifistes de l’intérieur, et d’en souligner l’absurdité.

Sommes-nous responsables de la burkini?

L’argument est utilisé notamment par François Burgat, chercheur au CNRS, dans Mediapart. Voici son propos:

Il faut (seulement) que le gouvernement change (“radicalement”) la lecture terriblement unilatérale qu’il fait de l’origine du “terrorisme” ! Il faut accepter lucidement d’y réintégrer la part de la responsabilité essentielle qui est la sienne et celle de ses prédécesseurs.

Lorsqu’un terroriste tue plusieurs dizaines de personnes, dont des personnes d’origine maghrébines, à Nice avec son camion, il est bien évidemment que le gouvernement et ses prédécesseurs portent une « part de responsabilité essentielle » dans l’attentat. Prendre conscience de notre responsabilité, que dis-je? de notre culpabilité dans le mal qui nous accable est la meilleure réponse à apporter au fait terroriste.

La technique consiste ici à poser un principe non démontrable ou pétition de principe: nous sommes par principe responsables de nos propres malheurs. Burgat retrouve ici la conscience coupable de l’Occident, exprimée dès l’Antiquité par Lucrèce dans le De Rerum Natura: les catastrophes naturelles sont forcément dues à une faute humaine dont les dieux se vengent. Accessoirement, cette culture de l’excuse est une forme dérivée d’un néo-colonialisme: les héritiers de nos colonisés ne peuvent être tenus pour responsables de leurs actes. Seul l’Occidental peut accéder à la responsabilité individuelle ou collective, et l’Occidental demeure responsable de tout ce qui arrive dans ses anciennes colonies.

Porter la burkini, est-ce comme porter le monokini?

Cet argument effrayant est écrit sous la plume d’Henri Tincq, journaliste de La Croix, pour Slate:

Interdire le burkini renforce le sentiment d’ostracisme qui règne dans la communauté musulmane. «On veut nous rendre invisibles», se plaignent des femmes musulmanes. Pourquoi interdire ce vêtement de bain et pas les tatouages, les piercings ou les monokinis qui abondent sur les plages?

Ben oui, après tout. Porter la burkini qui a la même valeur que porter le monokini. De même que porter la djellabah dans les rues de Paris est du même ordre que de s’y balader en tenue de sport ou porter un piercing à l’oreille.

Le sophisme est double dans ce cas de figure. Dans un premier temps, une négation de la preuve consiste à nier qu’il existe un problème spécifique à la burkini. Pourtant, il est évident que le port de la burkini sur les plages répond à une vision politique inscrite dans le contexte général d’une radicalisation de l’Islam de France. Elle n’est donc pas du même ordre que le port d’un piercing, qui ne trahit aucun engagement politique particulier. Deuxièmement, le sophisme consiste en un discret « épouvantail », qui consiste à assimiler les adversaires de la burkini à des liberticides. Réponse: combattre la burkini, c’est combattre une vision politique de la société française où des idées contraires à la démocratie et aux libertés publiques triompheraient.

La burkini, un symbole de modernité à encourager?

Le pompon du sophisme est atteint par l’interview du chercheur français Olivier Roy pour France Télévisions, qui mériterait une reprise intégrale pour en démonter les faux arguments. Plutôt que de poser la seule question qui vaille: l’affirmation politique dont la burkini est le symbole menace-t-elle ou non les valeurs républicaines, Roy réussit l’exploit de soutenir que c’est la laïcité républicaine qui menace l’Islam! L’un de ses arguments consiste notamment à soutenir que la burkini est un symbole de modernité qui devrait être encouragé:

Les débats sur le port du burkini et de la burka, par exemple, doivent être distingués, car le burkini est une invention récente [créé en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n’a rien de traditionnel ou de fondamentaliste.

L’oppression de la femme pour des raisons contemporaines devrait donc être saluée pour mieux réduire son oppression pour des raisons traditionnelles. Joli sophisme…

Ce sophisme s’appelle un faux dilemme. Il consiste à demander à l’interlocuteur de choisir entre deux termes qui ne se posent pas. Or, la question n’est pas d’arbitrer entre la burkini et le voile, mais bien d’affirmer que les tenues religieuses ne doivent pas marquer l’adhésion à un projet politique menaçant pour la démocratie.

Reposer le débat

Je consacrerai plusieurs de ce blog à la question de la conscientisation politique des musulmans en France cette semaine. Il devient indispensable que nous apprenions à revenir à la rationalité dans cette affaire où, petit à petit, le déni de la bien-pensance conduit à abdiquer toute volonté française d’exister.

Un prêtre égorgé dans une église normande… et après?

Ce qui devait arriver est arrivé. Deux hommes ont pris des otages dans une église et ont égorgé le prêtre qui s’y trouvait. Ils ont été abattus, semble-t-il.

Il faut à ce stade attendre confirmation exacte des faits. Il n’en reste pas moins que si cette information devait être vérifiée, elle constituerait un nouveau cap dans l’escalade de la terreur en France. Cette fois, ce sont des membres du clergé catholique qui sont explicitement visés.

Nul ne peut encore mesurer l’impact que ce tournant aura sur l’opinion publique française. Mais on peut craindre le pire…

Un prêtre égorgé réveillera-t-il une guerre de religion?

La question que tout le monde se pose, bien entendu, est celle de l’impact de ce nouvel acte potentiellement terroriste (restons prudents) sur l’état d’esprit en France.

L’attentat de Nice a montré que le gouvernement a mangé son pain blanc sur la question. Après le 11 janvier 2015, l’équipe Hollande a imaginé qu’elle disposait d’un blanc-seing et qu’elle pouvait allègrement repartir comme en 40, sans aucun compte à rendre aux citoyens. C’est la vieille doctrine des élus: le seul compte-rendu que nous devons, c’est tous les cinq ans, dans les urnes.

Face au péril imminent qui menace le pays, les citoyens ont clairement fait savoir qu’il ne voulait plus de cette incurie ni de cette opacité. Les attentes exprimées devant la Commission parlementaire sur le sujet l’ont montré.

Manifestement, le gouvernement n’a rien voulu entendre et s’est muré dans ses techniques obsolètes de gouvernance.

Et maintenant? le peuple français considèrera-t-il que la balle est dans son camp et qu’il doit se substituer au gouvernement pour agir? Rien ne l’exclut. L’inefficacité des forces de police, leur incapacité à garantir la sécurité au quotidien dans les quartiers ont porté l’opinion dans un état de ras-le-bol qui constitue désormais une donnée politique. Celle-ci pourrait bien faire irruption dans le débat. Et même remplacer le débat.

Turquie: l’armée en train de renverser Erdogan?

Mise à Jour à 22h50

Les nouvelles qui arrivent de Turquie ne manquent pas de surprendre. Selon diverses informations concordantes, un coup d’Etat serait en cours dans le pays et l’armée préparerait le renversement d’Erdogan.

Des coups de feu entendus en Turquie, notamment à Ankara

À 20h56, heure de Londres, des coups de feu ont été entendus à Ankara. Diverses sources indiquaient que des hélicoptères et des avions survolaient la capitale, ainsi qu’Istanbul.

La Turquie coupée en deux: le Bosphore fermé

Quelques minutes plus tard, diverses sources ajoutaient que le Bosphore était fermé et que la gendarmerie se déployait dans les rues d’Istanbul. On parle de l’instauration de la loi martiale. Le Premier Ministre affirmait qu’une partie de l’armée tentait un coup d’Etat militaire.

L’armée annonce sa victoire

Dans le désordre ambiant en Turquie, l’armée annonce sa victoire, alors que le Premier Ministre marginalise les événements.

Pour le reste, on dispose d’encore assez peu d’informations. La survenue d’un coup d’Etat constituerait une nouvelle étape majeure dans le délitement du Proche-Orient et dans les répercussions que nous constatons à sa suite.

Je tâcherai de suivre avec précision ces événements dont les implications risquent d’être extrêmement importantes pour l’ensemble de l’Union Européenne et de l’OTAN. Rappelons que la Turquie d’Erdogan est en train de rompre avec le passé laïque initié par Ataturk au début du vingtième siècle. Cette rupture s’est notamment traduite par un soutien à l’Etat Islamique.

Les Niçois, nouvelles victimes du « Vivre Ensemble »

Les Niçois sont les premiers « provinciaux » à subir de plein fouet les attentats de masse que nous avons connus à Paris. Ils ne seront malheureusement pas les derniers. Au-delà de l’indignation suscitée par cette manifestation de haine vis-à-vis de notre pays, d’autant plus symbolique qu’elle se produit lors d’un feu d’artifice du 14 juillet, c’est la question même du « Vivre Ensemble » qui est posée.

Le « Vivre Ensemble », ce mortifère renoncement à soi

Elle est belle et généreuse, cette expression de « Vivre Ensemble », mais elle est si mensongère, si trompeuse.

Elle fait croire que la seule façon de trouver la paix consiste à demander aux uns de renoncer à ce qu’ils sont, pour recevoir les autres et ce qu’ils sont. Quelle sotte idée! Comme si admettre des reculs sur la démocratie, sur le droit des femmes, sur la liberté de pensée ou d’expression, allait adoucir les moeurs des nouveaux arrivants.

Et c’est pourtant bien ce qui se produit depuis plusieurs années. Les femmes se voilent. Certains n’hésitent pas à déclamer en public que le droit de vote ne sert à rien car Allah doit décider de tout. Il n’est plus possible de critiquer l’Islam sans s’exposer à des délits. Que dis-je? il n’est même plus possible de demander le respect élémentaire pour autrui sans être accusé de racisme.

Et tout ça pour quoi? pour quel bénéfice? La France bat tous les records de morts sur son sol misérablement assassinés par les envoyés d’Allah. Et plus nous finançons des campagnes pour « vivre ensemble », plus nous concédons de nouveaux territoires, et plus le nombre de morts augmente.

Le moment vient de tirer le bilan objectif, froid, serein, évident du naufrage dans lequel nous emmène cette compassion pour les bourreaux, ce mépris pour les victimes qui s’appelle le « Vivre Ensemble » et son cortège de « Tous Unis ».

Non, je ne suis pas uni aux terroristes ni à leur religion

Encore une fois, nous allons avoir droit à cet indécent cortège d’appels au mensonge et à la cécité volontaire. Les Français meurent au nom d’Allah, mais nous n’avons pas le droit de le dire, car c’est du racisme, et nous n’avons même pas le droit de le voir.

Lorsque les Français mouraient au nom du Christ, il était et est évidemment encore de bon ton de dénoncer l’intolérance religieuse et le fanatisme des Chrétiens. La nuit de la Saint-Barthélémy continue à être enseignée comme la preuve du fléau religieux, de la nocivité de l’Eglise.

En revanche, que des dizaines de civils désarmés soient massacrés par des admirateurs d’Allah n’autorise pas à dénoncer la nocivité de l’Islam ni à demander une reprise en main de ces intolérants religieux.

Quand Jésus tue, aucun mot n’est assez dur pour condamner. Quand Allah tue, les bonnes âmes se taisent et imposent le silence.

Face à la montée inexorable de la terreur, le moment vient pourtant, pour le peuple français, de dire non et d’exiger des Musulmans de France une prise de position claire sur ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont. Pour ma part, en tout cas, je ne vois pas pourquoi ce pays tresse des couronnes de laurier aux bouffeurs de curé et renvoie en correctionnelle les bouffeurs d’imam.

Ne fermez pas les yeux sur la radicalisation des Musulmans de France

Ceux qui fréquentent au jour le jour les communautés musulmanes de France savent pourtant la terrible vérité. Oui, depuis deux ou trois ans, la radicalisation y progresse de façon fulgurante. Oui, les relents de fanatisme deviennent monnaie courante. Oui, le rejet viscéral de l’identité française est devenu la norme. Oui, l’attente d’une société où la Charia a sa place s’est imposée dans beaucoup d’esprits.

Ce triomphe de l’obscurantisme s’explique par les défauts même du « Vivre Ensemble ».

À force d’expliquer que, pour vivre ensemble, il faut sacrifier le respect des règles pour préserver l’harmonie, la vigueur, la légitimité morale de ces règles, c’est-à-dire de nos libertés individuelles, se sont estompées. À force d’expliquer que les valeurs sont comme les civilisations, relatives et non universelles, la tyrannie a droit au même prestige que la démocratie. À force d’expliquer que nous devons tout aimer dans l’autre, l’autre assume chaque jour un peu plus ce qui est détestable en lui.

Et de petit renoncement quotidien en petit renoncement quotidien, c’est la haine qui triomphe, la haine de l’Islam pour ce que nous sommes. Il est temps d’ouvrir les yeux, de le voir, et de fourbir nos armes.

Laïciser d’urgence l’Islam de France

La première arme à mobiliser d’urgence est celle de la laïcisation, du passage de l’Islam à la moulinette de l’esprit critique et de l’objectivité historique. Oui, il faut, dans les écoles, enseigner l’Islam aux musulmans. Mais la vraie histoire de l’Islam: celle qui raconte les massacres à tour de bras commis par le Prophète et ses descendants, sans discontinuer. Il faut enseigner l’histoire si étroitement conjointe de l’Islam et de l’esclavage. Il faut expliquer ce qu’était réellement le statut réservé aux chrétiens dans le monde musulman: ils n’y connaissaient ni l’aide médicale gratuite, ni les écoles publiques financées par l’Islam, ni des lois interdisant l’incitation à la haine raciale. Ils étaient soumis au bon vouloir, à l’arbitraire, à la peur.

Ce travail de laïcisation est urgent et doit concerner autant les garçons que les filles. Il doit expliquer quelles sont nos valeurs et demander clairement à chacun d’y souscrire sans mollir. Il suppose une reprise en main claire et nette de l’Education Nationale.

Bref, la France doit réexpliquer qui elle est, et dire pourquoi elle est ce qu’elle est. Il faut que la honte de notre identité cesse, et il faut que les vecteurs de transmission indispensables à la démocratie fonctionnent sans mollir.

Il n’est pas trop tard

Contrairement à un état d’esprit ambiant, aucune défaite n’est inéluctable. En revanche, la victoire suppose un effort, une discipline, et une fermeté. Nous ne redonnerons pas à ce pays le goût des libertés et la bonne odeur de l’insouciance sans des décisions difficiles et des explications de texte extrêmement claires.

Pour ce faire, il faut que nous cessions d’avoir dans les pattes ces armées de gauchistes et de bisounours qui ont d’ores et déjà admis la soumission et s’y préparent chaque jour. Et c’est probablement notre problème majeur aujourd’hui: les décideurs français, tels qu’ils sont, ne font probablement pas partie de l’équipe capable de gagner.

 

Al-Andalous: l’opération de propagande islamique de l’Education Nationale

Comme dans Al-Andalous, l’Espagne conquise par les Musulmans au Moyen-Âge, ne serions-nous pas infiniment plus heureux si la France était dominée par l’Islam et si les Chrétiens étaient mis en minorité? Notre civilisation serait bien plus florissante, bien moins violente, et notre économie beaucoup plus prospère. Tel est le discours en creux que l’Éducation Nationale transmet aux élèves que des parents inconscients lui confient, abandonnant ainsi toute référence à une démarche scientifique pour transformer les cours d’histoire en propagande bien huilée.

Al-Andalous dans les programmes scolaires

Rappelons d’abord comment les programmes scolaires intègrent la question d’Al-Andalous.

Au collège, cette période historique est englobée dans l’histoire médiévale, sous cette formulation que je laisse en libre lecture:

Al-Andalous

Comme on le voit, cette présentation réussit l’exploit de ne pas évoquer Charlemagne ni son empire, et de renvoyer dos à dos Justinien, l’Islam et les Mongols, comme si « les fonctions de calife, de basileus et d’empereur » se valaient et avaient un impact identique sur nos vies quotidiennes. C’est donc sous le signe d’un relativisme absolu que s’engage le travail de transmission historique.

On notera d’ailleurs que l’enseignement de l’histoire en seconde est lui aussi placé sous le signe de ce relativisme:

En histoire, le programme replace l’histoire des Européens dans celle du monde, de l’Antiquité au milieu du XIXe siècle. En suivant une progression chronologique, l’enseignement propose une approche thématique et problématisée des périodes étudiées.

L’académie de Toulouse et la nostalgie du califat

Pour illustrer les dégâts de la propagande relativiste, je prends au hasard le site de l’académie de Toulouse, qui propose des contenus pédagogiques, dont un consacré à Al-Andalous. On y lit un certain nombre d’assertions hallucinantes. En voici un florilège.

C’est avant tout par l’Espagne que sont passés les grands courants de civilisation entre l’Orient et l’Occident et qu’ont été transmis les fondements de la culture grecque et les apports scientifiques des Arabes, issus de leurs relations avec l’Inde et la Perse et de leurs propres recherches. (…)

les esclaves sont nombreux. Ils sont originaires d’Afrique, en particulier du Soudan, et d’Europe, ceux qu’on appelle « slaves ». Ils peuvent occuper des fonctions importantes dans l’administration et dans l’armée et être affranchis. (…)

La coexistence entre musulmans, juifs et chrétiens a été plutôt pacifique. Les chrétiens et les juifs ont le statut de protégés (dhimmi), ce qui leur permet de garder leur religion et leurs coutumes en échange d’impôts spécifiques. Les quelques épisodes violents, révoltes individuelles ou collectives des populations dominées que le pouvoir réprime, n’ont pas empêché les interférences culturelles. Une brillante civilisation pluriculturelle imprégnée d’orientalisme s’épanouit dans les modes de vie, la littérature, l’architecture (…).

Le calife, « commandeur des Croyants et défenseur de la vraie foi », a un pouvoir absolu et personnel. C’est un mécène qui rassemble des artistes et des savants dont les oeuvres alimentent l’éclat et le raffinement de sa cour. Le plurilinguisme des élites et le brassage ethnique favorisent la floraison culturelle du califat de Cordoue qui a fasciné les chrétiens.

Bref, Al-Andalous est une civilisation brillante, pacifique, par où passe la culture. Certes, il y a des esclaves, mais ils peuvent être affranchis et finalement ils ne sont pas vraiment discriminés. Les Juifs et les Chrétiens sont protégés et paient même un impôt spécifique pour bénéficier de cette protection.

Le calife a un pouvoir absolu, mais c’est d’abord un gentil mécène qui pratique le multiculturalisme, grâce auquel l’Espagne connaît une grande floraison culturelle.

Bien entendu, ce contenu historique qui se transforme en apologie du califat et de la discrimination religieuse, présentée comme une protection, se fait au nom des valeurs de la République.

La même partialité dans l’enseignement supérieur

On trouvera sur le site du numérique dans l’enseignement supérieur, concernant Al-Andalous, l’enregistrement d’une conférence présentée de la façon suivante:

À la coexistence limitée entre maures, juifs et chrétiens, durant la période médiévale, marquée par des collaborations fécondes et des influences réciproques, succéda alors, dès la fin du XIVème siècle, une longue phase de persécution des minorités (expulsion des juifs dès 1492 et des morisques en 1609) et de mise à l’écart délibérée du legs culturel et identitaire de l’Espagne des trois religions.

On retrouve là encore la présentation manichéenne de l’histoire de l’Espagne: Al-Andalous, c’est la collaboration féconde et l’influence réciproque. La Reconquista, c’est une longue persécution et un retour de l’obscurantisme. Dans ces conditions, comment ne pas préférer un califat musulman qui respecte toutes les minorités, plutôt que le fait majoritaire chrétien qui est raciste et barbare?

La vérité sur l’esclavage d’Al-Andalous

Cette propagande constante pose malheureusement un problème de fond: elle occulte complètement l’horreur de ce que fut réellement Al-Andalous, et les raisons pour lesquelles les Espagnols ont pu reconquérir ce territoire.

Cette horreur passe d’abord par une compréhension de ce que fut l’esclavage dans le monde arabo-musulman. Une tradition bien ancrée présente volontiers l’esclavage comme le fait de l’homme blanc. Les historiens officiels n’aiment manifestement pas rappeler que, dans ce domaine, l’Islam a battu, et de très loin, le monde chrétien.

Je citerai ici les travaux de l’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye qui souligne quelques facettes cachées de cette organisation économique bien huilée:

« J’ai l’habitude de rappeler que mon travail ne cherche à communautariser ni l’histoire ni les mémoires. Ce qui serait la porte ouverte à une hiérarchisation victimaire, donc une approche dénuée de tout caractère scientifique. Par conséquent pour ce qui nous intéresse ici, puisque j’ai titré cet ouvrage « Le génocide voilé », faisant allusion à la castration massive que subissaient les captifs africains, au cours de la traite arabo-musulmane, je n’ai pas oublié de rappeler d’abord, que les premières victimes de cette calamité furent les Slaves, que les Vénitiens et les Marseillais allaient razzier en Europe centrale et orientale, pour les vendre aux notables du monde arabo-musulman. Cela devait durer toute l’époque carolingienne au Xème siècle sous les monarques saxons Henri l’oiseleur et Otton Ier. Comme on sait, il fallut l’émergence d’États puissants en Europe de l’Ouest et l’arrêt de l’expansion arabe aux Pyrénées pour que cela cesse. Et c’est pour combler ce déficit en eunuques et esclaves blancs, que les Arabo-musulmans allaient massivement se tourner vers les peuples négro-africains. (…) »

La castration des esclaves à Prague et à Verdun

Nos bons enseignants de l’Education Nationale, qui ne manquent jamais de verser de chaudes larmes sur toutes les horreurs que l’Occident a pu produire sur les peuples africains, ont curieusement, s’agissant d’Al-Andalous, passé sous silence le sort des esclaves blancs qui y travaillaient. Il est vrai que l’histoire de ces esclaves est moins facile à raconter que celle du Triangle d’Or, puisqu’elle décrit une réalité très différente de la propagande officielle qui oppose le monde musulman de la tolérance au monde chrétien de la haine.

Dans la pratique, comme l’a d’ailleurs raconté l’historien Jacques Heers, les esclaves qui étaient exportés dans l’Espagne islamique étaient des Saxons puis des Slaves (d’où leur nom d’ailleurs), qui suivaient des chemins commerciaux extrêmement structurés. Pour être utilisable, la main-d’oeuvre masculine devait être castrée.

Les conquérants musulmans n’ont tenté que très rarement des raids aussi loin de leurs bases et les esclaves slaves ne pouvaient être qu’objets de traite. Ceux de Bohême étaient régulièrement conduits à Prague, centre de castration pour les hommes, puis à Ratisbonne. Ceux des pays plus au nord, avec les Saxons faits prisonniers lors des campagnes de Charlemagne des années 780, furent expédiés vers les gros bourgs fortifiés de la route germanique pour finir sur le marché de Verdun. De là, on les menait à Lyon, autre grand carrefour pour ce négoce des captifs, puis à Arles et Narbonne et, enfin, vers les ports d’Espagne, du Maghreb ou, directement, de l’Orient.

Dans la sorte d’organisation internationale du travail qui existait en Europe au Moyen-Âge, certaines villes s’étaient donc spécialisées dans une opération morbide: la castration des esclaves mâles. Ceux-ci étaient généralement capturés par des chrétiens, émasculés par des juifs, et achetés par des musulmans.

Dans son ouvrage La Traite des Slaves : l’esclavage des Blancs du VIIIe au XVIIIe siècle, l’historien russe Skirda dresse une histoire détaillée du fait esclavagiste, et notamment de la castration des esclaves destinés au monde musulman, en particulier à Al-Andalous:

La castration des esclaves, mortelle dans plus de la moitié des cas en ces époques de médecine rudimentaire, répondait à la stratégie millénaire de l’islam qui a toujours utilisé la démographie comme une arme de guerre. La stérilisation des immigrés esclaves évitait la submersion démographique des fidèles d’Allah par des étrangers infidèles. Aussi n’y eut-il pas plus de problème noir que de problème slave en Arabie Saoudite ainsi que dans les autres Etats islamisés sur la longue durée. Les eunuques n’étaient pas seulement préposés à la garde des harems, ils étaient aussi employés comme soldats, ou comme gardes prétoriens du calife ou du sultan tels les saqalibas d’Al Andalus. On comprend dès lors – rareté obligeant du fait de la non-reproduction par les naissances et de la mortalité des esclaves-militaires à la guerre – la nécessité constante d’en renouveler le contingent.

On précisera que ce sont les Juifs qui étaient spécialisés dans la castration, parce qu’officiellement, l’Islam interdisait cette pratique…

Ces quelques détails suffisent à montrer, me semble-t-il, que le seul recours à l’esclavage dans le monde islamique d’Al-Andalous devrait susciter son rejet massif par tous les donneurs de leçons en matière de droits de l’homme.

La question de la persécution des Chrétiens

L’autre caractéristique d’Al-Andalous, dans l’historiographie officielle propagée par l’Éducation Nationale, est celle d’une tolérance des Musulmans au nom du statut des « dhimmis », traduit par protégés. D’où le mythe selon lequel les Musulmans auraient protégés les Chrétiens et les Juifs en Espagne, garantissant une paix et une tolérance religieuse que les Chrétiens seront incapables d’établir quelques siècles plus tard.

Ce mythe repose bien entendu sur un fantasme, dont on peut suivre la construction historique, par exemple à partir d’un article de 1978 qui participe à la grande oeuvre négationniste qui domine aujourd’hui l’histoire d’Al-Andalous. L’auteur de cet article présente de cette façon les révoltes de Chrétiens aux IXè et Xè siècles en Espagne:

Al-Andalous

On le voit, les scientifiques européens n’ont jamais ignoré les révoltes existant contre l’ordre islamique en Espagne et les persécutions menées contre le clergé catholique. Ils n’ignorent pas plus la pratique de la conversion de complaisance destinée à échapper au statut de dhimmi. Personne ne peut donc nier l’existence d’une persécution religieuse menée par les musulmans en Espagne. Mais… celle-ci ne correspond pas à la doctrine sous-jacente d’une gauche relativiste, pour qui, le mal, c’est le Blanc chrétien, qui relègue loin derrière lui toutes les autres formes de barbarie et de persécutions.

Donc, tout fait contredisant la doctrine officielle sera systématiquement amoindri, ou relativisé, ou passé sous silence au profit d’une seule vérité: Al-Andalous était plus tolérant et plus prospère que n’importe quel univers chrétien.

Al-Andalous et le grand remplacement

Là encore, les historiens officiels n’aiment pas dire quelle fut la réalité de l’implantation musulmane en Espagne. Contrairement aux affirmations officielles, d’une tolérance religieuse, l’histoire fut plutôt celle d’une destruction quasi-systématique des églises existantes lorsque les villes ou les villages résistaient à l’envahisseur, et celle de leur remplacement par des mosquées. Et contrairement aux idées reçues, l’Espagne n’est pas tombée d’un bloc dans l’escarcelle du monde musulman, mais la culture chrétienne y a longtemps résisté.

Le processus d’islamisation urbanistique des capitales andalouses, de même que l’arabisation et la conversion de la population à l’islam, se sont achevés vers la fin du xe siècle. Il restait encore à cette date des vestiges des édifices anciens à l’intérieur des villes comme Cordoue et Tolède. La mosquée connue aujourd’hui sous le nom du couvent de Santa Clara de Cordoue fut construite à la fin du xe siècle sur un terrain où se trouvaient les ruines d’un édifice romain tardif. (…)

C’est la nature même de la conquête de ces territoires (par les armes ou par la négociation, aboutissant à la signature de pactes) qui semble avoir dicté les modèles locaux d’islamisation. Les auteurs arabes expliquent que la conquête d’une ville par les armes aboutissait à la désacralisation de ses églises, cependant que la conquête obtenue par la négociation réservait une partie des sanctuaires locaux au culte chrétien. L’importance des villes a joué elle aussi, semble-t-il, un rôle important : en milieu rural, de nombreux endroits (villages, monastères ou palais) furent occupés de façon temporaire — l’archéologie datant les transformations des deux premiers siècles de présence islamique (viii – ixe siècle) —, mais ils furent ensuite abandonnés au profit des villes de fondation nouvelle (ce qui a facilité l’étude des vestiges). Le processus d’islamisation fut long et progressif, de sorte que les archéologues rencontrent de sérieuses difficultés pour identifier le changement des formes de vie et déterminer le passage d’une société chrétienne à une société musulmane.

Il est dommage de voir que l’histoire, qui devrait être uniquement préoccupée par la recherche des faits et de leur vérité, soit utilisée comme véhicule de propagande, par l’Education Nationale, pour diffuser les illusoires bienfaits du « vivre ensemble ».

Les Musulmans sont-ils des Juifs qui s’ignorent?

Le poids des Musulmans en Europe sature le débat public. En grattant un peu, même le Brexit n’est pas sans lien avec cette problématique, dans la mesure où l’une des raisons du départ britannique est liée au poids de l’immigration que l’Europe accepte (notamment Angela Merkel, qui a imposé cette politique unilatéralement à l’Europe, rappelons-le).

Mais qui sont les Musulmans au juste? et d’où vient l’Islam? Il m’a semblé intéressant de profiter de l’été pour approfondir cette question.

L’hypothèse du judéo-nazaréisme

Une hypothèse largement répandue aujourd’hui est issue des recherches du père Edouard-Marie Gallez, lequel considère l’Islam comme une métamorphose de la secte des judéo-nazaréens. Gallez n’étant pas un professionnel de la communication, on ne se contentera pas de son labyrinthique site Internet pour comprendre le contenu de ses travaux. Celui-ci comporte toutefois un intéressant schéma:

Source: Edouard-Marie Gallez
Source: Edouard-Marie Gallez

Le schéma montre clairement les filiations religieuses qui ont pu exister au moment de l’apparition du christianisme. En particulier, Gallez soutient que l’Islam est le produit tardif d’une métamorphose des « nazoréens », présents dans la région de Lattaquié. Mahommet, le prophète, aurait été un initié de cette secte répandue dans la péninsule arabique et aurait marqué son érection en troisième religion du Livre: l’Islam.

Les racines juives et chrétiennes de l’Islam

Historiquement, l’Islam serait donc directement issue d’un judaïsme revu par les Chrétiens et ne s’en distinguerait pas fondamentalement.

Quelles étaient les croyances des judéo-nazaréens?

Ceux-ci pratiquaient un judaïsme distinct des Pharisiens, qui se regroupèrent à Yavné après la seconde destruction du Temple, en 70 après Jésus-Christ. Ils se distinguaient également des Chrétiens sans rejeter l’héritage christique (Jésus étant nommé Isa, dans l’Islam).

La doctrine nazaréenne est profondément marquée par la nécessité de libérer le monde du mal et des « fils des ténèbres ». Elle porte en elle une vision à la fois littérale et intégrale des textes, rejetant le mal et appelant sans nuance à son éradication. Pour le justifier, les nazaréens considéraient que le retour du Christ était imminent et supposait une reconquête non seulement de Jérusalem, mais du reste même de la terre.

On doit à Gallez d’avoir montré la filiation précise de ces idées avec l’Islam. D’une certaine façon, l’Islam serait l’expression « arabisée » de l’une des tendances historiques du judaïsme, largement ignorée pour les besoins de l’historiographie juive et chrétienne.

Les pistes offertes par la recherche

L’intérêt des études de Gallez réside, bien entendu, dans leur capacité à éclairer les circonstances et la visée téléologique musulmane autrement. D’une certaine façon, l’Islam, comme le christianisme tel qu’il fut exporté à ses débuts, sont des avatars des sectes juives qui avaient essaimé tout au long de l’Antiquité. Le judaïsme portait avec lui les développements des diverses formes de monothéisme fondées sur une Révélation divine telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Les recherches scientifiques sur le sujet méritent d’être approfondies, dans la mesure où elles permettent de mieux comprendre les intentions dont l’Islam et ses diverses formes sont porteuses. Contrairement à la doctrine du « Vivre ensemble » qui relativise tous les discours religieux (sauf le discours chrétien bien entendu), la compréhension historique de l’Islam permet de comprendre sa capacité à la porosité à l’égard des idées démocratiques.

Elle ouvre la voie à une indispensable laïcisation.

Je tâcherai de revenir, cet été, sur l’abord de l’étude historique de l’Islam.