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Réfugiés: la France absente du débat européen

Les réfugiés seront au centre du sommet UE-Turquie qui doit se tenir ce lundi. Mais quelle sera la position défendue par la France dans ce dossier qui dynamite les uns après les autres les piliers de l’Union? Manifestement, l’exécutif français se préoccupe plus des problèmes intérieurs que des sujets européens, à moins qu’il ne soit dépassé par la situation.

Les réfugiés au coeur du sommet européen

L’essentiel du débat européen, lundi, portera sur l’intention ou non de la Turquie et de la Grèce de jouer aux garde-frontières de l’Union. Comme prévu, des centaines de milliers de réfugiés sont prêts, en 2016, à venir en Europe. Pour les pays situés sur le trajet de la Turquie à l’Allemagne, cette annonce prend des proportions dramatiques. La Grèce, au premier chef, la Macédoine, la Hongrie, l’Autriche, considèrent qu’elles ont fourni un effort maximal en 2015 et qu’elles ne peuvent plus recevoir de nouveaux venus.

Plus que jamais, la situation semble inextricable.

L’appel grec au secours face aux réfugiés

Comme les frontières se ferment les unes après les autres, la Grèce devient le Calais de l’Union. Pour le gouvernement grec, déjà sous l’eau du fait des mesures économiques imposées par ses partenaires européens, la situation est politiquement intenable. Comment expliquer aux Grecs qu’ils doivent se serrer la ceinture pour rembourser la dette nationale et faire un effort de plus pour accueillir des réfugiés dont leurs créanciers ne veulent pas?

Comme à son habitude, Tsipras s’est donc fendu d’un discours maladroit qui devrait ne pas convaincre les pays concernés:

« L’Europe est en crise de nerfs », a déclaré Tsipras qui s’exprimait lors d’une réunion du comité central de son parti, Syriza. « Est-ce qu’une Europe de la peur et du racisme va supplanter une Europe de la solidarité ? », s’est-il interrogé.

« L’Europe d’aujourd’hui est écrasée sous l’austérité et les frontières fermées. Elle laisse ses frontières ouvertes à l’austérité mais les ferme à ceux qui fuient la guerre », a poursuivi Tsipras.

« Des pays, l’Autriche en tête, veulent imposer la logique de l »Europe-forteresse’ (…) Nous ne montrons personne du doigt, mais nous sommes contre ceux qui succombent à la xénophobie et au racisme. »

L’Autriche ne veut plus de migrants

Tsipras fait ici clairement allusion à l’Autriche dont la position paraît en pointe dans le refus de voir des réfugiés arriver. La tension est même montée d’un cran entre l’Autriche et l’Allemagne sur cette question.

« L’Allemagne doit fournir un nombre de réfugiés qu’elle est prête à accepter en provenance de la région de Syrie et de Turquie. L’Allemagne doit enfin clarifier sa position sinon les réfugiés vont continuer à prendre la direction de l’Allemagne », déclaré Werner Faymann <le chancelier autrichien>.

« Si on reprend les critères autrichiens, l’Allemagne pourrait fixer ce quota à environ 400.000. Tant que l’Allemagne n’annonce pas cela, ce qui va se produire est évident. Les réfugiés vont continuer à croire qu’ils peuvent passer », a-t-il poursuivi. (…)

Werner Faymann estime que le sommet de lundi doit résoudre trois problèmes: améliorer la coopération avec la Turquie dans la lutte contre les passeurs clandestins et dans le retour des migrants refoulés, mettre fin à la libre circulation des réfugiés, s’accorder sur un système permettant aux Etats membres de l’UE d’accueillir les demandeurs d’asile avec l’aide du Haut commissariat de l’Onu au réfugiés.

Dans une autre interview également publiée dimanche, le ministre autrichien la Défense a déclaré que son pays ne prendrait aucune part au système des quotas visant à répartir les réfugiés entre les pays membres de l’UE parce qu’il a déjà suffisamment contribué dans la gestion de cette crise.

Au moins, on sait où vont les Autrichiens dans ce dossier.

La France absente du débat sur les réfugiés

Alors que l’Europe bouillonne sur la question des migrants, la France reste extraordinairement silencieuse, comme si elle était simple spectatrice et totalement suiveuse de l’Allemagne, où Angela Merkel a dénoncé ce week-end les positions hostiles de l’AFD.

On cherche vainement trace d’une position française sur le sujet. Notre brillant ministre des Affaires Étrangères Jean-Marc Ayrault semble beaucoup plus occupé par le dossier ukrainien ou le dossier syrien que par la question des réfugiés. Voilà ce qui s’appelle avoir le sens des priorités!

Quant au secrétariat général aux affaires européennes, il a publié une prise de position sur le sujet (une interview de Bernard Cazeneuve, diplomate bien connu) le 25 février, dont le contenu était:

Je pense que ce que nous devons faire aujourd’hui, c’est appliquer les décisions que nous avons déjà prises. C’est-à-dire aider les Grecs à mettre les hotspots, c’est ce que nous faisons avec l’Allemagne ; continuer à discuter avec la Turquie pour tarir le flux, parce que si le flux s’amplifie nous aurons une difficulté à gérer la situation humanitaire en Europe et nous mettrons les migrants en difficulté. Ce que nous devons faire c’est appliquer le processus de relocalisation et de réinstallation tel qu’il a été décidé ; ce que nous devons faire c’est lutter de façon déterminée contre les filières de l’immigration irrégulière et les passeurs qui sont de véritables acteurs de la traite des êtres humains ; ce que nous devons faire c’est lutter contre les faux documents parce que Daesh a récupéré des milliers de passeports vierges en Irak et en Syrie, et que nous devons assurer la sécurité de l’accueil des migrants en Europe.

Bref, conforme à sa tradition maintenant bien ancrée, la France de Hollande fore droit quoiqu’il arrive.

Combien de réfugiés pour la France?

Comme je l’ai indiqué récemment, la France, au titre de sa logique de relocalisation, devrait désormais accueillir de nombreux réfugiés, même si ceux-ci ne veulent pas venir. Alors que la Grande-Bretagne ferme ses frontières, que l’Allemagne devrait réduire son effort (probablement à 400.000 accueils en 2016), la France, au nom du sauvetage de Schengen, devra mettre la main à la pâte.

Petit problème: cet accueil ne suscite l’enthousiasme de personne. Près de 3 Français sur 5 sont hostiles à une venue massive de migrants en France.

Pour François Hollande, le dossier des migrants risque de se révéler très très acrobatique.

Aimer la France, est-ce être colonialiste?

Pour agrémenter votre week-end, je vous livre ici un ARTICLE lu sur le blog du député socialiste Michel Destot, qui en dit long sur la fracture idéologique en france aujourd’hui.

« J’ai pu participer à un intéressant échange avec Benjamin Stora, membre de l’Académie française et Président du comité d’orientation du Musée national de l’histoire de l’immigration, sur la permanence d’une mémoire coloniale dans la France d’aujourd’hui. Voici les grandes lignes de son exposé :

Le nationalisme français est né par réaction de la fin de l’empire.
De Gaulle a maintenu un sentiment national après 1962 par ses grands discours dans le monde au Cambodge, au Canada, en Amérique du Sud,…
Aujourd’hui, dans le registre de la grandeur, on retrouve cette nostalgie de l’empire et la non-acceptation d’une France moins en vue et qui doit compter avec d’autres pays qui ont émergé sur la scène internationale. Cette grandeur perdue est née pour les nationalistes de la décolonisation. Elle se polarise sur l’immigration, notamment maghrébine.
Il faut aussi regarder de l’autre côté. L’Algérie a sur valorisé l’indépendance sur une base nationaliste qui est rejetée par les nouvelles générations qui assimilent cette attitude au pouvoir politique qui s’accroche depuis la guerre d’Algérie.

Aujourd’hui, nous en sommes à la troisième génération depuis la guerre d’Algérie et nous sommes très en retard sur le travail de mémoire, politique mais aussi universitaire. Par exemple, la guerre d’Algérie sous De Gaulle a été terrible car il voulait négocier avec un FLN à genoux, dans un contexte de nationalisme arabe et de non-alignement. Entre 1962 et 1970, l’Algérie était devenue la mosquée des révolutionnaires et des tiers-mondistes. Les conseillers français étaient à côté de la plaque en préconisant une politique d’industrie lourde dans un pays massivement agricole. Mais on n’a pas tiré tous les enseignements de cette période…

On assume l’histoire par la fin (les harkis, les pieds-noirs,…) mais jamais sur les causes de la colonisation et de la conquête, ce qui rend les choses incompréhensibles. Tout en reconnaissant que c’est difficile car c’est une page controversée de l’histoire de notre République.
Par ailleurs, tous les pays arabes, sans exception, ont fait de l’islam une religion d’Etat, suite à des batailles continues contre toutes les formations politiques ou féministes laïques. Partout, on a assisté à un écrasement des mouvements démocratiques, féministes au nom de la lutte contre l’islamisme. L’islam n’est pas homogène, c’est un combat historique qui demande à être connu. »

Erdogan: comment l’Europe se vend au salafisme

Erdogan, le président turc islamiste, a franchi un nouveau pas dans le totalitarisme, en ordonnant l’expropriation manu militari du journal d’opposition Zaman. Après l’ouverture d’instructions judiciaires contre les journalistes de Cumhuriyet, cette décision confirme le dangereux dérapage autoritaire du gouvernement turc, devant lequel l’Union Européenne se prosterne de façon hallucinante.

Erdogan, l’ennemi de la démocratie

Depuis plusieurs mois, la soumission de l’Europe à Erdogan est accablante, et le despote turc n’a désormais plus aucune raison de retenir ses impulsions dictatoriales.

L’été dernier, déjà, Erdogan avait probablement utilisé Daesh pour organiser un attentat contre l’opposition kurde en passe de le priver de sa réélection. La mise sous tension de l’opinion turque quelques jours avant le scrutin lui avait permis de gagner et de préparer sa prise de contrôle sur le pays.

Dans la foulée, les assassinats politiques et l’intimidation face à la presse ont donné le ton de ses intentions: la Turquie doit devenir un Etat islamiste, mettant ainsi un terme à un siècle de révolution laïque.

L’expropriation de Zaman constitue une étape supplémentaire. Le journal est contrôlé par l’imam Güllen, qui dispose d’une assise financière suffisante pour défier le pouvoir d’Erdogan. Son éviction, qui constitue une hallucinante voie de fait, réduit encore le périmètre des libertés en Turquie.

Erdogan, le chouchou de l’Union Européenne

On comparera de façon instructive cette information sur la violation de la liberté de la presse, avec le titre d’une dépêche publiée hier:

Bruxelles cherche à sauver Schengen et cajole la Turquie

Pendant qu’Erdogan envoie sa police occuper les journaux d’opposition, l’Union Européenne lui fait les yeux doux et lui débloque des fonds. Cette soumission est d’autant plus hallucinante qu’Erdogan ne ménage pas ses partenaires européens.

La politique étrangère européenne, fondée sur un affaiblissement du régime syrien en s’appuyant sur les Turcs touche ici au paradoxe. Officiellement, nous luttons contre le tyran Assad, mais nous y parvenons en soutenant le tyran Erdogan.

Rappelons ici qu’Assad a eu l’inconvénient de ne pas obéir aux Etats-Unis, mais d’être laïque, alors qu’Erdogan soutient les Américains, mais instaure un régime islamiste.

Erdogan massacre ses Kurdes en tout quiétude

La soumission de la communauté internationale à Erdogan a un avantage majeur: elle lui permet de massacrer au calme ses populations kurdes insoumises. Alors que l’Europe n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les bombardements de populations civiles par le régime syrien, elle occulte totalement le sort des Kurdes sous la botte d’Erdogan. Deux poids, deux mesures.

Dans les villes kurdes du sud de la Turquie, l’affrontement militaire est bien pire que ce que nous imaginons:

Manifestement, peu d’Européens semblent émus par cette situation, et certainement pas Angela Merkel, la généreuse bienfaitrice des réfugiés, qui reste sourde au sort de ces pauvres Kurdes.

Erdogan bien décidé à utiliser l’arme des migrants contre l’Europe

Dans le même temps, Erdogan compte bien, comme en 2015, continuer son oeuvre de déstabilisation de l’Europe en y déversant des flots de réfugiés pilotés par des mafias dont la police turque se nourrit allègrement.

Il refuse consciencieusement toute solution permettant de limiter les flux de réfugiés, tout en exigeant des sommes colossales de l’Union Européenne. Comme prévu, 2016 devrait donner lieu à des arrivées massives de réfugiés en Europe.

Dans le même temps, il devrait obtenir l’entrée des citoyens turcs sans visa dans l’Union. Ce petit coup de pouce au reluisant allié turc permettra d’accélérer la venue d’immigrés économiques sur le territoire de l’Union.

A quel jeu l’Europe joue-t-elle en Turquie?

Tous ces faits consternants interrogent sur le sens de la politique européenne. Pourquoi faire la guerre aux Etats laïcs du Moyen-Orient tout en soutenant les régimes islamistes qui font tout pour nous déstabiliser?

La question est sans réponse claire aujourd’hui.

Migrants: mon débat sur LCP

Comme je l’indiquais avant-hier, j’ai eu l’occasion de débattre notamment avec Esther Benbassa sur la question du démantèlement de la jungle de Calais.

J’en profite pour redire une position qui me semble essentielle dans le débat démocratique: la politique migratoire fait partie des politiques publiques. Il est vital pour la démocratie et pour les Droits de l’Homme que toute politique publique, y compris la politique migratoire, puisse être débattue et évaluée librement.

Il est hallucinant de voir que le débat démocratique est aujourd’hui étouffé par une sorte de police politique qui ne dit pas son nom et qui interdit toute rationalité sur un sujet devenu central dans les esprits. Une bien pensance totalitaire voudrait aujourd’hui réduire tout débat sur les migrations à un manichéisme émotionnel: soit on est gentil, humaniste, etc. et on décide selon l’émotion du moment. Soit on propose une réflexion politique à la place de l’émotion, et on est fasciste.

Cette dictature de la bien-pensance est un scandale!

Migrants: consensus européen pour continuer

Derrière les postures des uns et des autres sur la crise des migrants, se dégage un consensus européen pour continuer comme si de rien n’était.

Les migrants oubliés du sommet franco-britannique

A Amiens, les gouvernements français et britannique se sont mis d’accord pour ne toucher à rien. En dehors du déblocage de 22 millions d’euros par la Grande-Bretagne pour sécuriser la zone de Calais, on en reste aux accords du Touquet qui prévoient que la France assume les fonctions de garde-chiourme du Royaume-Uni.

On notera toutefois cette injonction extravagante à l’issue du sommet:

Soutenir une mise en œuvre plus déterminée de la réponse européenne pour contenir les flux et retrouver le contrôle des frontières extérieures, grâce notamment à une aide au déploiement et au fonctionnement efficace des centres d’accueil et d’enregistrement des migrants, en Grèce et en Italie ; à l’entière mise en œuvre du Plan d’action UE/Turquie afin de lutter contre les flux irréguliers ; à l’accélération de l’examen de la proposition de garde-frontières et garde-côtes européens, afin de rendre le nouveau système opérationnel d’ici l’été prochain ;

On reviendra plus loin sur la mise en oeuvre du plan d’action UE-Turquie. Il est en tout cas amusant de constater que la France et l’Angleterre sont tout à fait d’accord pour demander aux Grecs, aux Italiens, aux Turcs, de faire un effort là où nous n’en faisons pas. Bel esprit européen!

Les migrants victimes du sommet franco-britannique

Dans le même temps, le sommet franco-britannique a permis de confirmer la politique étrangère des deux pays dont la crise des migrants est la conséquence directe:

La France et le Royaume-Uni :

Demandent à toutes les parties qui commettent des violations du droit international humanitaire, y compris la Russie et le régime syrien, de mettre fin immédiatement aux attaques contre les groupes de l’opposition modérée ; de cesser toute attaque contre des civils et en particulier contre les installations médicales et leur personnel ; de cesser leur marche vers Alep, qui compromet les perspectives de paix, menace d’aggraver de manière dramatique la crise des réfugiés et de profiter à Daech ; (…)

Réaffirment leur soutien à l’opposition syrienne et se félicitent de son attachement à un règlement politique au moyen d’une véritable négociation, tel qu’indiqué par le Haut-comité de négociation, notamment lors de sa réunion tenue à Riyad du 9 au 11 décembre 2015.

On notera au passage que le même désastre se prépare en Libye. Cette fois, c’est l’Italie qui sera submergée par les centaines de milliers de migrants qui débarqueront à Lampedusa.

Les migrants, ces bombes humaines lancées par Erdogan

Si l’Angleterre et la France se préoccupent beaucoup de l’opposition syrienne, le silence prévaut en revanche sur le sort des populations kurdes bombardées et affamées par Erdogan. Deux poids deux mesures bien étranges.

Il est en effet évident qu’Erdogan utilise les migrants comme autant de bombes humaines destinées à déstabiliser l’Europe. L’affaire des missions militaires de l’OTAN (dont la Turquie est membre) pour juguler les flux qui passent de la Turquie en Grèce en constitue la plus parfaite illustration.

Le mandat définitif de la mission a, en tout cas, été fixé la semaine dernière mais la Turquie a continué à manifester une série de réticences. Parmi les points d’accroche : le rayon d’action envisagé pour la flottille, la réadmission des réfugiés qui seraient récupérés en mer après avoir quitté son territoire ou le rôle de la marine grecque. Si Athènes a autorisé l’OTAN à accéder à l’ensemble de ses eaux territoriales, Ankara refusait le principe d’un accord global.

Autrement dit, la Turquie n’a absolument pas envie que cesse le flux de réfugiés qui est en train de couler sa vieille ennemie la Grèce, et qui provoque une implosion de l’Europe.

Curieusement, les Etats-Unis, qui dirigent l’OTAN et la verrouillent, n’ont pas encore tapé du poing sur la table pour que la Turquie, membre de l’Alliance, se plie aux décisions communes. L’Allemagne négocie avec Erdogan et la France continue sa guerre contre Bachar El-Assad.

Bref, 2016 sera l’année de la crise des migrants et de son internationalisation.

L’INSEE est-elle une officine du Front National?

L’INSEE est-elle une officine du Front National? C’est à peu près ce que j’ai entendu hier dans la bouche de la sénatrice écolo Esther Benbassa, lors du débat auquel je participais sur La Chaîne Parlementaire, dans le cadre de l’excellente émission Ça vous regarde. Le débat portait sur le démantèlement de la « jungle » de Calais et, comme il se doit puisque j’y jouais le rôle du dissident contradicteur, j’ai entendu Benbassa, universitaire et sénatrice bobo, franchir de nombreux points Godwin et m’expliquer que mon point de vue était forcément d’extrême droite.

Ces assertions m’étonnent toujours de la part de gens qui revêtent le drapé de la légitimité académique et qui, dans leur argumentation, expriment une haine viscérale pour l’examen rationnel de la réalité. Il me semblait donc utile de signaler quelques publications de l’INSEE (réputées proches de l’extrême droite pour les besoins de la démonstration bobo) qui me paraissent justifier deux ou trois questions sur le sujet des migrations.

L’INSEE et l’immigration en Ile-de-France

Dans une étude menée en 2012 sur l’Ile-de-France, l’INSEE publie ce tableau fascinant:

INSEE

Officiellement, donc, il est acquis que près d’un francilien sur deux est soit immigré, soit descendant d’immigré, alors que ce chiffre tombe à moins d’un habitant sur cinq sur le reste du territoire. Autrement dit, la moitié des franciliens a des racines étrangères immédiates. Cette statistique n’incluent pas la troisième génération d’immigrés, sans quoi il serait évident que les Franciliens présents en France depuis au moins trois générations sont minoritaires.

Personnellement, je ne tire pas de conclusion particulière de cette étude. En revanche, il est factuellement vrai de dire que, dans certains régions françaises, les populations allogènes sont en passe de devenir majoritaires.

L’INSEE et l’immigration en Seine-Saint-Denis

Une autre étude de l’INSEE, toujours tirée de l’enquête de 2011 sur les migrations, souligne qu’en Seine-Saint-Denis, une naissance sur deux est celle d’un enfant dont la mère est née à l’étranger. Pour l’essentiel, ces mères sont africaines. Là encore, je n’en tire aucune leçon particulière, mais il est exact de dire que, dans ce département, la population française devient, en termes de flux, minoritaire.

Tout l’enjeu de la société française contemporaine est de savoir si ce sujet a le droit d’être évoqué ou non. Les propos d’une Esther Benbassa rejoignent l’obscurantisme de gauche selon lequel on a le droit de discuter de tout, sauf d’un certain nombre de sujets déclarés tabous, poujadistes, populistes, et autres noms barbares qui sont autant de stigmatisation sans argumentation. Ma conviction intime est que le tabou nourrit l’extrémisme, et qu’Esther Benbassa est aujourd’hui la meilleure alliée du Front National.

L’INED et la fécondité des immigrés

Enfin, je ne résiste pas au plaisir de livrer ces chiffres produits par l’Institut National des Etudes Démographiques (INED), dont le texte est confondant:

Une naissance sur six en France est de mère immigrée, alors que seulement un habitant sur douze est immigré – il est né hors de France sans avoir la nationalité française à sa naissance, et vit en France depuis plus d’un an. Si les immigrés contribuent plus fortement à la natalité que les natifs, cela vient de ce qu’ils ont plus fréquemment l’âge d’être parent et que leur fécondité est un peu plus élevée que le reste de la population – ils ont un demi-enfant par femme en plus en moyenne.
Cet écart de fécondité ne pèse guère dans la moyenne nationale : la fécondité de la France métropolitaine, qui était de 2,00 enfant en moyenne par femme en 2010, serait de près de 1,9 sans les immigrées.

On admire la capacité de l’INED à expliquer que l’immigration n’a pas de poids particulier dans la fécondité en France, alors qu’une naissance sur six (c’est-à-dire pas loin de 20%) est de mère immigrée. Répétons-le, ce chiffre n’inclut pas les immigrés de seconde génération.

Là encore, chacun en tire les conclusions qu’il veut, mais la lecture de l’INED selon laquelle la fécondité des femmes immigrées n’a pas d’impact sur la fécondité en France relève de la pure idéologie négationniste.

Migrants: le Sénat alerte sur les hotspots

Pour contrecarrer la propagande eurocratique sur les hotspots, comme solution à la crise migratoire, on lira avec intérêt le rapport du Sénat sur le sujet. En voici quelques passages utiles sur les hotspots grecs:

De l’avis des personnes rencontrées dans le hotspot de Moria et malgré l’arrestation et le déferrement aux autorités judiciaires de personnes soupçonnées de lien avec des activités terroristes ou autres crimes et délits, le point faible du dispositif reste les contrôles lors de l’identification, considérés comme insuffisamment poussés pour assurer la sécurité de l’Union européenne. Serait en cause notamment un défaut d’exploitation et de recoupement des informations recueillies par la police grecque et Frontex avec celles contenues dans le Système d’information Schengen (SIS) ou celles détenues par Europol. Le trafic de faux documents ferait également florès, étant en cause non seulement les titres de voyage présentés par les migrants mais également le « sauf-conduit » délivré par les autorités grecques (cf. infra), à la sécurisation duquel travaille actuellement l’Union européenne.

Avant tout, la mission d’orientation des migrants reste à cette heure théorique. Tout migrant enregistré sur l’île se voit attribuer un « sauf-conduit » pour le continent valant également « injonction de quitter le territoire », dont les délais varient en fonction de la nationalité du titulaire – 6 mois pour les Syriens, 1 mois pour les autres nationalités. Moyennant 60 euros – le coût de la traversée en ferry -, toute personne en possession de ce « sauf-conduit » peut donc rejoindre le continent et poursuivre son chemin vers les Balkans, sans demander l’asile aux autorités grecques ni s’en retourner dans son pays d’origine.

L’éloignement des migrants en situation irrégulière ne concerne en effet qu’une infime minorité. Selon les chiffres fournis par les autorités grecques à la Commission européenne, seuls 16 131 retours forcés auraient été effectués en 2015, majoritairement à destination de l’Albanie. À la fermeture de la quasi-totalité des places en centres de rétention administrative s’ajoutent, en effet, les difficultés rencontrées par la Grèce
– comme par l’ensemble des États de l’Union européenne – pour obtenir l’application par certains États tiers des accords de réadmission signés avec les autorités européennes.

Quant aux retours volontaires aidés, seuls 3 460 auraient eu lieu en 2015 et 503 au mois de janvier 2016, dont la grande majorité – 352, soit près de 70 % – à destination du Maroc, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Si l’on songe que le hotspot est la principale réponse apportée par l’Union à l’arrivée de migrants, on mesure immédiatement que nous sommes bien loin d’avoir réglé le sujet!

Le Conseil de l’Europe veut que la France criminalise le racisme

Le Conseil de l’Europe, dans un hallucinant rapport sur la montée du racisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie en France, demande au gouvernement de durcir la législation criminalisant ces comportements. Cette volonté s’inscrit dans un contexte de montée des intolérances. On en reste pantois…

Le Conseil de l’Europe passe les attentats sous silence

Il faut lire ce rapport en anglais pour comprendre le mal qui nous frappe. La France sort tout de même de deux séquences terroristes qui la bouleversent de fond en comble. Le 7 janvier, deux intégristes musulmans assassinaient des journalistes au nom d’Allah. Le 9 janvier, un intégriste musulman assassinait des clients dans un magasin casher. Le 13 novembre, dix intégristes musulmans assassinaient 130 personnes au nom d’un Dieu vengeur. Mais, bien entendu, ce sont « les Français » qui sont intolérants.

Pour reprendre les termes de la Commission théodule qui a rédigé ce rapport:

the commonplace use of political statements to stigmatise vulnerable groups which help to trivialise racist and intolerant attitudes within the population.

(l’usage courant de jugements politiques pour stigmatiser des groupes vulnérables (qui) aide à banaliser les attitudes racistes et intolérantes au sein de la population)

Les Français forment un groupe agressif qui banalise le racisme vis-à-vis des groupes vulnérables.

On avait plutôt l’impression, le soir du Bataclan, que le groupe vulnérable était celui formé par la population majoritaire et ordinaire. Mais ce sujet-là ne semble pas avoir effleuré la conscience des rédacteurs du rapport, des « experts » de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il vaut mieux répéter, envers et contre toutes les évidences, le lieu commun, le TOC de la pensée, selon lequel les Français constituent une horde majoritaire violente vis-à-vis de groupes vulnérables qui sont autant de victimes innocentes.

Le Conseil de l’Europe, chien de garde du communautarisme

Ce coin enfoncé dans le bon sens ne surprend guère venant d’une organisation internationale inspirée par les principes anglo-saxons. On le sait, le Conseil de l’Europe considère que toutes les vérités se valent dès lors qu’elles nient les identités nationales européennes et qu’elles permettent de scier le frein à un communautarisme global.

C’est pourquoi le Conseil s’offusque du manque de statistiques communautaristes en France:

Finally, the procedures for identity checks or registering complaints exacerbate the phenomenon of under-reporting, while the systems for compiling statistics on racist and homo/transphobic crime, and also equality, do not provide insights into the situation of vulnerable groups with regard to the racist crimes or discrimination from which they suffer.

Au final, les procédures de contrôle d’identité ou d’enregistrement des plaintes exacerbent le phénomène de sous-estimation, puisque les systèmes de comptabilité statistique sur les crimes racistes ou homophobes, ainsi que l’égalité, n’apportent aucun élément sur la situation des groupes vulnérables au regard des crimes racistes ou de la discrimination dont ils souffrent.

Car, vous l’avez compris, si les mesures du racisme ne sont pas alarmantes en France, c’est parce que les statistiques sont fausses, et certainement pas parce que le racisme est moins répandu en France qu’on ne le dit.

Mettons donc en place des statistiques communautaires pour prouver que les « groupes vulnérables » sont victimes de discrimination, et même de haine! tout ira beaucoup mieux.

A qui sert la charge du Conseil de l’Europe ?

Dans ses recommandations, le Conseil de l’Europe suggère de criminaliser les injures racistes et de supprimer les fonds publics aux partis politiques prônant des doctrines de ce type. En outre, on lira cette extravagante recommandation:

The authorities should fight racial and homophobic/transphobic stereotypes and prejudices effectively to deal better with the concrete challenges that arise due to living together in an intercultural world. To this end, school curricula and teacher training programmes should be revised in order to enable teachers and pupils to understand better societal issues linked to questions such as religions and beliefs as well as immigration matters.

(Les autorités devraient combattre efficacement les stéréotypes raciaux et homophobes et les préjugés pour mieux répondre aux défis concrets que pose la vie ensemble dans un monde interculturel. À cette fin, les cursus scolaires et les programmes de formation des enseignements devraient être revus afin de permettre aux enseignants et aux élèves de mieux comprendre les problématiques sociétales en lien avec des thèmes tels que les religions et les croyances autant que les problèmes d’immigration).

Ou comment prôner des lavages de cerveau en bonne et due forme.

Ah! si les Français oubliaient leur histoire et renonçaient à leurs traditions! s’ils arrêtaient de manger du saucisson! tout irait tellement mieux en France.

A quoi ressemblera le choc des migrants en 2016?

Article mis à jour le 2 mars à 23h.

L’année 2016 devrait avant tout être l’année des migrants. Tout le monde le sait depuis plusieurs mois, tout le monde s’y attend, mais aucun décideur n’a réellement pris le temps de dessiner les contours du choc qui se prépare et que nous devrons tous absorber. Il me paraissait donc important de donner quelques illustrations des difficultés qui vont secouer l’Europe.

Plus de 1 million de migrants

De janvier 2015 à janvier 2016, le nombre de migrants arrivés en Grèce a été multiplié par près de 40. Ce seul chiffre donne le tournis: 70.000 migrants auraient franchi la frontière grecque pour le seul mois de janvier.

A ce stade, tout indique donc que le chiffre du million de migrants devrait encore être atteint en 2016, voire plus. La Turquie dispose d’un réservoir d’au moins deux millions de migrants, sans compter ceux qui devraient continuer à arriver.

Bref, l’armée d’ombres qui a traversé l’Europe en 2015 devrait être rejointe par une nouvelle armée de taille au moins équivalente.

Les migrants ont tué Schengen

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que l’espace Schengen se refermera comme une huître dès les beaux jours d’avril où les colonnes de migrants vont reprendre de l’épaisseur. Plusieurs pays ont d’ores et déjà mis en place des politiques migratoires restrictives, comme le Danemark, et l’Allemagne devrait annoncer qu’elle ne peut plus accueillir personne.

Du coup, tous les pays sur le chemin de l’Allemagne ont décidé de fermer leurs frontières. C’est notamment le cas de la Macédoine, qui donne du gaz lacrymogène pour défendre sa frontière.

Bref, la libre circulation des personnes devrait avoir du plomb dans l’aile en 2016, au point que la construction communautaire devrait connaître, au mieux, un infléchissement, au pire, une implosion. Pour la première fois de son histoire, l’Union va connaître un mouvement de repli vers les frontières, là où elle mettait un point d’honneur à les sublimer.

Comment les migrants vont couler la Grèce

Parce que Schengen devrait au moins marquer le pas, voire plus, les migrants risquent fort de se retrouver pris au piège de la Grèce. Alors que celle-ci doit tailler dans ses dépenses à la demande des créanciers, elle se trouvera en même temps sommée de prendre en charge des centaines de milliers de migrants qui demanderont l’asile sur son territoire.

Cette situation posera deux types de problème.

Des problèmes financiers d’abord: où trouver l’argent pour assurer la survie d’une masse nouvelle représentant environ 10% de sa population actuelle, alors que la Grèce manque de tout par ailleurs? Même si l’Europe vient officiellement de débloquer 700 millions d’euros pour faire face à cette situation, on imagine mal que la Grèce puisse durablement assumer cet effort.

Des problèmes politiques ensuite: comment préserver la paix sociale quand la population autochtone est saignée aux quatre veines et doit consentir à de nouveaux efforts pour aider des migrants dont le reste de l’Europe ne veut pas?

Comment les migrants vont couler l’Europe

Potentiellement, la crise migratoire peut avoir l’effet d’une bombe sur la situation économique grecque. Le pire des scénarios consisterait bien entendu à voir la Grèce réagir à ce choc externe par une banqueroute dont les conséquences financières seront cataclysmiques.

L’Allemagne a déjà exprimé sa crainte de voir ce scénario se réaliser. Il contaminerait l’ensemble de l’économie continentale, déjà affaiblie par un contexte toxique.

On mesure ici la somme des risques auxquels l’Europe s’expose.

Comment les migrants vont déstabiliser Hollande

A cette conjonction de mauvaises nouvelles, il faut ajouter la pression qui s’exercera sur les autres pays européens, en particulier sur la France. Faute de frontières ouvertes en Allemagne et en Grande-Bretagne, il est vraisemblable que la France doive prendre sa part.

En termes de politique intérieure, cette échéance risque de se révéler redoutable. L’autorité de François Hollande est très affaiblie. Une ouverture des frontières françaises aggravera cette crise interne et contribuera à une dégradation supplémentaire du débat public.

Bref, la situation est tout sauf rassurante…

Comment Hollande prépare les Français à une arrivée massive de migrants

François Hollande se livre en ce moment à un exercice tout à fait passionnant: il donne la démonstration, en grandeur et en temps réels, de la mécanique du gouvernement profond à l’oeuvre en France. Les simagrées auxquels les dirigeants européens se livrent autour d’un possible « Brexit » lui en donnent l’occasion parfaite.

Hollande et la doxa du gouvernement profond

Au fondement de la mécanique hollandaise, on trouve l’inlassable énumération d’une doxa qui s’entretient toute seule à partir de quelques piliers dont toute remise en cause est taxée de populisme, de poujadisme ou de démagogie. Dans ce salmigondis de certitudes toutes démenties par la plus évidente des réalités, l’idée de base est encore et toujours le principe générique selon lequel l’Europe comme construction communautaire, quelle qu’en soit la forme précise (et généralement la plus fantasmée), est une bonne chose. La conséquence immédiatement tirée de cette certitude est qu’il faut forcément plus d’Europe, plutôt que moins d’Europe, et plus d’Europe au lieu de mieux d’Europe.

Sur France Inter, ce vendredi soir, François Hollande n’a pas dit autre chose:

« Je fais ce qu’il faut pour que nous puissions garder le Royaume-Uni dans l’Europe, mais à condition que l’Europe puisse avancer. » (…)

« Que la Grande-Bretagne reste ou non, l’Europe devra prendre des décisions au lendemain du référendum. » Le président français dit ainsi s’être rapproché de l’Allemagne pour ne « pas attendre la rupture, le Brexit » mais « prendre l’initiative ». Il rappelle son projet de s’appuyer sur un « noyau dur » européen.

Alors que la zone euro est économiquement malade, que les décisions agricoles et diplomatiques européennes mettent nos éleveurs à genoux, que la désaffection populaire pour l’Europe est visible et forte, François Hollande fore droit: il faut plus d’Europe.

Hollande et sa logique européenne oblique

Ce principe étant posé, il emporte tous les autres.

Première conséquence de la prémisse du raisonnement: il faut conserver la Grande-Bretagne coûte-que-coûte ou presque dans l’Union. Personne ne juge bien entendu utile de souligner que la Grande-Bretagne menace de quitter l’Union à cause d’un afflux d’immigrés qu’elle souhaite pouvoir endiguer. Face à cet afflux, la Grande-Bretagne reproche à l’Europe d’être impuissante… mais oublie de dire que l’élargissement à marche forcée de l’Union a toujours trouvé un soutien massif auprès des gouvernements britanniques successifs, qui se réjouissaient de l’impuissance européenne que ce mouvement artificiel engendrerait.

Donc, pour garder la Grande-Bretagne dans l’Union, il faut lui concéder le droit de mener une politique migratoire dérogatoire et exorbitante du droit commun.

Deuxième conséquence de la même prémisse: il faut sauver Schengen, car remettre Schengen en cause, c’est aller vers moins d’Europe, et nous, nous voulons plus d’Europe. Le maintien de Schengen, comme le dit François Hollande, permet de ne pas noyer ni torpiller la Grèce qui reçoit des dizaines de milliers de migrants chaque mois.

« Si les frontières intérieures ferment, si Schengen n’est plus appliqué, ces réfugiés vont rester en Grèce, un pays qui a déjà des difficultés économiques considérables, qui va en faire quoi? »

Hollande et la finance européenne

Sur ce point, François Hollande ne dévoile pas le fond de la position européenne dictée par l’Allemagne et la très gracieuse Angela Merkel:

« Pas question de raisonner comme cela : on ne veut pas de ces murs qui risquent d’isoler la Grèce, de l’empêcher de faire ses réformes et d’effecteur ses remboursements à ses créanciers internationaux [dont l’Allemagne] », insistait une source diplomatique.

Autrement dit, le maintien de Schengen n’a rien à voir avec un calcul philanthropique. Il est seulement destiné à éviter le torpillage de la Grèce, sas d’entrée des migrants, car la Grèce doit continuer à rembourser ses dettes. Il faut donc lui maintenir la tête hors de l’eau.

Comprenez bien la logique ici: sauver Schengen, c’est éviter l’étouffement de la Grèce, c’est-à-dire rembourser les créanciers allemands de la Grèce. Le politique migratoire européenne et sa politique d’ouverture des frontières intérieures est donc dictée par l’intérêt particulier des créanciers, notamment allemands, de la Grèce, et non par des considérations politiques.

Le candidat Hollande avait déclaré la guerre à la finance. Il en est aujourd’hui un brillant mercenaire.

Hollande et la politique migratoire allemande

Autre prémisse du raisonnement, annoncée par Hollande au micro de France Inter:

« L’Allemagne ne pourra pas accueillir encore des dizaines de milliers de réfugiés. »

Autrement dit, Merkel a ouvert les vannes, mais c’est aux autres de les refermer aujourd’hui. Face à l’afflux de migrants provoqué par les propos irresponsables d’Angela sur son million de réfugiés en 2015, l’Allemagne est dépassée et touche ses limites.

Il faut ici revenir aux prémisses du raisonnement pour suivre la logique en creux.

L’Allemagne ne peut plus accueillir de migrants, mais il faut plus d’Europe, donc on ne peut pas contraindre la Grande-Bretagne à en accepter (notamment ceux de Calais), sinon c’est le Brexit. Mais les pays sur la route de l’Allemagne ne doivent pas fermer leurs frontières, puisqu’il faut plus d’Europe et surtout ne pas torpiller la Grèce dont les remboursements sont vitaux pour les banques allemandes en difficulté.

Donc, la question subliminale qui n’est pas posée mais dont on comprend peu à peu la réponse est: qui va soulager l’Allemagne de tous ces migrants qu’on ne peut stocker en Grèce?

Hollande et ses non-dits sur les migrants

La France pardi, mais aussi l’Autriche, la Hongrie, et tous les autres… L’Allemagne ayant payé son tribut, la Grande-Bretagne n’en voulant plus, tous les autres pays européens doivent participer à l’effort. Et tant pis si, comme la France, la minorité arabo-musulmane est déjà la plus importante d’Europe, en pourcentage et en nombre. Il en va de la doxa imposée par le gouvernement profond.

Bien entendu, cette politique va faire l’objet d’une approche scientifique de haute volée qui n’a rien à voir avec les vieux spectres qui ont failli tuer l’Europe dans les années 40. On lira par exemple avec effroi cette phrase en apparence sybilline:

Jeudi, les polices de Macédoine, de Serbie, de Croatie, de Slovénie et d’Autriche ont, en tout cas, décidé de mettre en place un enregistrement commun de réfugiés arrivant de Grèce en Macédoine et d’organiser leur transport vers l’Autriche. Il s’agira notamment de déterminer, à partir de données biométriques, s’ils viennent de pays considérés comme dangereux (Afghanistan, Irak ou Syrie).

Traduction: les pays limitrophes de la Grèce vont revenir aux bons critères raciaux pour trier ceux qui ont le droit d’entrer sur leur territoire, et ceux qui restent en Grèce. Mais bien entendu, tout ceci se fera au nom des droits de l’homme et du progrès bienfaiteur qui inspire les pays européens.

Bref, les premiers jalons d’une arrivée massive de migrants triés sur le volet en France sont posés, au nom de la doxa européiste.