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Burkini: le gouvernement au pied du mur

Une fois de plus, une polémique - cette fois celle du burkini - prend un mauvais tour pour le gouvernement, avec un Manuel Valls très allant sur l'interdiction, en contradiction avec certains de ses ministres, et un Président de la République beaucoup moins sûr de son fait.

L'intervention du Conseil d'Etat, saisi en tant que juge des référés, aujourd'hui, contre certains arrêtés municipaux proscrivant la burkini sur les plages, n'a pas dissipé les flous et a même ajouté de la confusion au débat. Il appartient désormais au gouvernement de définir sa ligne sur ce sujet sensible.

Une décision du Conseil d'Etat sans grande surprise

En réalité, le "dossier" était plié avant même d'avoir commencé. On sait tous, en effet, qu'un maire ne peut utiliser son pouvoir de police administrative en prononçant des interdictions générales et absolues qui restreignent les libertés, surtout lorsqu'aucune menace ne pèse sur l'ordre public. Et, dans le cas du burkini, il fallait se montrer très imaginatif pour justifier l'existence d'une telle menace. Donc... le juge ne pouvait pas ne pas annuler ces arrêtes sans s'exposer à un ridicule international que la Cour de Luxembourg ou de Strasbourg aurait sanctionné.

Des rédactions cataclysmiques

La tâche du Conseil d'Etat était d'autant plus incontournable que les maires incriminés avaient manifestement confié la rédaction des arrêtés litigieux à des fonctionnaires dont le droit n'est pas le métier. En particulier, les phrases qui suivent:

« Sur l’ensemble des secteurs de plage de la commune, l’accès à la baignade est interdit, du 15 juin au 15 septembre inclus, à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. Le port de vêtements, pendant la baignade, ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune »

condamnaient par principe la cause de tous les opposants à la burkini. On voit mal comment un juge démocratique pourrait valider l'interdiction de la burkini au nom des bonnes moeurs, de l'hygiène, de la sécurité, et autres idées fantaisistes qui trouveraient à s'appliquer tout autant aux plages naturistes et autres vêtements minimalistes.

En outre, l'invocation du principe de laïcité sur l'espace public était vouée à insupporter les juges, puisqu'on imaginait mal que le voile soit autorisé dans la rue, mais la burkini interdite à la plage. Au passage, l'arrête municipal interdit la burkini à la plage, mais pas dans les rues...

Bref, tout cela était très mal ficelé et ne laissait pas le choix aux juges du Palais-Royal.

Une jurisprudence conforme à la tradition

Les attendus du Conseil d'Etat sont donc tous extrêmement classiques:

Dans ces conditions, le maire ne pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions qui interdisent l’accès à la plage et la baignade alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre public ni, par ailleurs, sur des motifs d’hygiène ou de décence. L’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle.

En lui-même, ce texte se passe de tout commentaire. Il répète de façon tout à fait prévisible des doctrines enracinées depuis de nombreuses années dans la jurisprudence du Conseil

La balle dans le camp du gouvernement

Bref, un arrêté municipal n'est pas la riposte adaptée à la question de la burkini. Contrairement aux idées reçues ou qui ne tarderont pas à l'être, le Conseil d'Etat ne légitime pas le port de la burkini sur les plages. Il indique juste qu'il n'appartient pas au maire de régler ce problème par le truchement de la police administrative. Une interdiction de la burkini suppose que ce ne soit pas les maires, mais bien le législateur qui prenne position.

Incidemment, le Conseil d'Etat suggère donc au gouvernement de prendre ses responsabilités en saisissant l'Assemblée Nationale d'un projet de loi en bonne et due forme.

Un cadeau empoisonné pour Hollande

Pour le Président de la République, le dilemme est grand. Soit le gouvernement propose un texte sur le sujet, et il est à peu près sûr que, à quelques mois des présidentielles, cette perspective est suicidaire puisqu'une majorité de la gauche n'en voudra pas. Soit il ne fait rien (choix instinctif de François Hollande) et les ennuis commencent face à un Nicolas Sarkozy tonitruant.

Donc, il est urgent de réfléchir...

La décision du Conseil d'Etat

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, lorsqu’est constituée une situation d’urgence particulière, justifiant qu’il se prononce dans de brefs délais, le juge des référés peut ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.

2. Des arrêtés du maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) du 20 juin 2014 puis du 18 juillet 2016 ont réglementé l’usage des plages concédées à la commune par l’Etat. Ces arrêtés ont été abrogés et remplacés par un nouvel arrêté du 5 août 2016 qui comporte un nouvel article 4.3 aux termes duquel : « Sur l’ensemble des secteurs de plage de la commune, l’accès à la baignade est interdit, du 15 juin au 15 septembre inclus, à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. Le port de vêtements, pendant la baignade, ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune ». Ainsi que l’ont confirmé les débats qui ont eu lieu au cours de l’audience publique, ces dispositions ont entendu interdire le port de tenues qui manifestent de manière ostensible une appartenance religieuse lors de la baignade et, en conséquence, sur les plages qui donnent accès à celle-ci.

3. Deux requêtes ont été présentées devant le juge des référés du tribunal administratif de Nice pour demander, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de ces dispositions de l’article 4.3 de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet. La première de ces requêtes a été introduite par la Ligue des droits de l’homme, M. Hervé Lavisse et M. Henri Rossi, la seconde par l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France. Par une ordonnance du 22 août 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, statuant en formation collégiale de trois juges des référés, a rejeté ces deux requêtes. La Ligue des droits de l’homme, M. Hervé Lavisse et M. Henri Rossi, d’une part, l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France, d’autre part, font appel de cette ordonnance par deux requêtes qui présentent à juger les mêmes questions et qu’il y a lieu de joindre.

4. En vertu de l’article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales, le maire est chargé, sous le contrôle administratif du préfet, de la police municipale qui, selon l’article L. 2212-2 de ce code, « a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ». L’article L. 2213-23 dispose en outre que : « Le maire exerce la police des baignades et des activités nautiques pratiquées à partir du rivage avec des engins de plage et des engins non immatriculés…Le maire réglemente l’utilisation des aménagements réalisés pour la pratique de ces activités. Il pourvoit d’urgence à toutes les mesures d’assistance et de secours. Le maire délimite une ou plusieurs zones surveillées dans les parties du littoral présentant une garantie suffisante pour la sécurité des baignades et des activités mentionnées ci-dessus. Il détermine des périodes de surveillance… ».

5. Si le maire est chargé par les dispositions citées au point 4 du maintien de l’ordre dans la commune, il doit concilier l’accomplissement de sa mission avec le respect des libertés garanties par les lois. Il en résulte que les mesures de police que le maire d’une commune du littoral édicte en vue de réglementer l’accès à la plage et la pratique de la baignade doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées au regard des seules nécessités de l’ordre public, telles qu’elles découlent des circonstances de temps et de lieu, et compte tenu des exigences qu’impliquent le bon accès au rivage, la sécurité de la baignade ainsi que l’hygiène et la décence sur la plage. Il n’appartient pas au maire de se fonder sur d’autres considérations et les restrictions qu’il apporte aux libertés doivent être justifiées par des risques avérés d’atteinte à l’ordre public.

6. Il ne résulte pas de l’instruction que des risques de trouble à l’ordre public aient résulté, sur les plages de la commune de Villeneuve-Loubet, de la tenue adoptée en vue de la baignade par certaines personnes. S’il a été fait état au cours de l’audience publique du port sur les plages de la commune de tenues de la nature de celles que l’article 4.3 de l’arrêté litigieux entend prohiber, aucun élément produit devant le juge des référés ne permet de retenir que de tels risques en auraient résulté. En l’absence de tels risques, l’émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment de celui commis à Nice le 14 juillet dernier, ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d’interdiction contestée. Dans ces conditions, le maire ne pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions qui interdisent l’accès à la plage et la baignade alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre public ni, par ailleurs, sur des motifs d’hygiène ou de décence. L’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle. Les conséquences de l’application de telles dispositions sont en l’espèce constitutives d’une situation d’urgence qui justifie que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu’il tient de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d’annuler l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice du 22 août 2016 et d’ordonner la suspension de l’exécution de l’article 4.3 de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet en date du 5 août 2016.

7. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à ce titre à la charge de la Ligue des droits de l’homme, de M. Lavisse, de M. Rossi et de l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France. Il n’y pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Loubet, en application de ces dispositions, les sommes que demandent, d’une part, la Ligue des droits de l’homme, M. Lavisse et M. Rossi, d’autre part l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France.

O R D O N N E :

Article 1er : L’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice en date du 22 août 2016 est annulée.
Article 2 : L’exécution de l’article 4.3 de l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet en date du 5 août 2016 est suspendue.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Villeneuve-Loubet et celles de la Ligue des droits de l’homme, de M. Lavisse, de M. Rossi, et de l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4. La présente ordonnance sera notifiée à la Ligue des droits de l’homme, à M. Lavisse, à M. Rossi, à l’Association de défense des droits de l’homme Collectif contre l’islamophobie en France, à la commune de Villeneuve-Loubet et au ministre de l’intérieur.

Lutte contre le terrorisme ou lutte contre les citoyens?

Lutte contre le terrorisme, que de crimes on commet en ton nom! les positions de Bernard Cazeneuve sur les messageries chiffrées viennent d’en donner une nouvelle illustration. D’une manière générale, notre psychorigide ministre de l’Intérieur reste fidèle à la ligne du gouvernement profond qui veut que, pour protéger les libertés des fichés S, on mette en péril les libertés de tous les citoyens honnêtes.

La lutte contre le terrorisme passe par l’Europe

Le psychorigide Cazeneuve ne se sent plus pisser. Alors que tout le monde peine à trouver une idée pour relancer l’Europe, il a apporté son écot de sérieux et de tyrannie pour sauver notre glorieuse Union, synonyme de paix et de démocratie: légiférer pour obliger les opérateurs à livrer le secret des conversations sur les messageries cryptées.

Il suggère que « la Commission européenne étudie la possibilité d’un acte législatif pour rapprocher les droits et les obligations de tous les opérateurs »

Rapprocher les droits et les obligations! ça sonne comme un bruit de botte dans une caserne.

Le couple franco-allemand ressuscité

Comble d’ironie, Cazeneuve recevait son homologue allemand, Thomas de Maizière, pour en parler. Les deux compères de la collaboration franco-allemande (elle n’a plus rien de honteux depuis le traité de l’Elysée) se sont même offert le luxe d’une conférence de presse commune à l’issue de leur partie de belote sous les lambris de la République, pour déclarer:

« Nous proposons donc aujourd’hui, avec Thomas de Maizière, que la Commission européenne étudie la possibilité d’un acte législatif rapprochant les droits et les obligations de tous les opérateurs proposant des produits ou des services de télécommunications ou Internet dans l’Union européenne, que leur siège juridique soit ou non en Europe. Si un tel acte législatif était adopté, cela nous permettrait, au niveau européen, d’imposer des obligations à des opérateurs qui se révéleraient non coopératifs, notamment pour retirer des contenus illicites ou déchiffrer des messages, exclusivement dans le cadre d’enquêtes judiciaires ».

Ach! So! Nous foulons les moyens de les faire parleeeerrrr! Mais comme le souligne l’excellent Guillaume Champeau de Télérama, on voit mal ce que cette invocation à la pluie cache concrètement.

Le psychorigide Cazeneuve mis en garde

La prise de position du psychorigide Cazeneuve ne manque pas de surprendre, tant les mises en garde sont fortes de la part des interlocuteurs autorisés sur ce sujet. Libération a dévoilé cet été une note de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) qui se livre à une charge en règle contre l’introduction de « back doors », de « portes cachées » dans les systèmes de cryptage:

Dans ce document non classifié, l’Anssi ne cache pas ses craintes en cas d’introduction de backdoors qui «aurait pour effet désastreux un affaiblissement des mécanismes cryptographiques employés. Or il est techniquement impossible d’assurer que ce dispositif ne bénéficiera qu’aux personnes autorisées». Autrement dit, pas uniquement à la puissance publique, mais potentiellement aux cybercriminels, voire à des Etats étrangers. En conclusion, Poupard souligne qu’un tel«affaiblissement généralisé serait attentatoire à la sécurité numérique et aux libertés de l’immense majorité des utilisateurs respectueux des règles tout en étant rapidement inefficace vis-à-vis de la minorité ciblée».

On ne peut être plus clair: Cazeneuve, à la demande de nos services de renseignement sur la haute compétence desquels chacun se fera une idée, va rendre Internet aussi discret et confidentiel qu’une conversation dans un café de la place Tien An Men.

Un psychorigide Cazeneuve averti en vaut-il deux?

Manifestement, l’avis autorisé de l’ANSSI n’a pas convaincu le psychorigide Cazeneuve d’envoyer ses services de renseignement aux pelotes (une fois de plus, les fonctionnaires tiennent les politiques, et non l’inverse). D’autres interlocuteurs autorisés y sont donc allés de leur refrain pour expliquer au ministre qu’il utilisait un marteau liberticide pour combattre des moustiques terroristes dans un magasin de porcelaine. On lira sur ce point la tribune commune de la présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Perrotin, et de quelques autres, tous en charge par le pouvoir de missions qui les obligent à ne pas garder le silence.

Les grotesques leçons de Cazeneuve sur l’Etat de droit

Pourtant, ces manoeuvres liberticides n’ont pas empêché le même psychorigide ministre de repousser les propositions de l’opposition sur les fichés S, au nom du respect de l’Etat de droit:

« Nous ne pouvons pas sortir de l’Etat de droit pour protéger l’Etat de droit » (Bernard Cazeneuve).

Cazeneuve protège la liberté des fichés S…

Nous revenons ici à l’alternative simple qui se pose depuis que les services de renseignement se montrent incapables de neutraliser systématiquement les fichés S: faut-il ou non procéder à rétention préventive de ceux-ci, à la manière de la IIIè République qui avait exporté les Communards en Nouvelle-Calédonie ou au Maghreb? On a bien compris ici le choix qui est fait au nom d’un prétendu Etat de droit par l’équipe au pouvoir: on ne touche pas, au nom des libertés, aux suspects identifiés comme des nuisances toxiques pour la sécurité nationale.

…en tuant la liberté des honnête citoyens

Si on ne peut sortir de l’Etat de droit lorsqu’il s’agit d’entraver les fichés S, en revanche, lorsqu’il s’agit des citoyens honnêtes, tous les moyens sont bons pour transformer leurs libertés en croquette pour chat. L’opération de Cazeneuve sur les messageries chiffrées le montrent: tuons le secret de celles-ci pour neutraliser quelques personnes, donc, privons tous les citoyens de vie privée, pour épargner celle des suspects avérés. Logique!

Une fois de plus, la lutte contre le terrorisme, confiée aux policiers (comme si la sécurité n’était pas une chose trop sérieuse pour leur être laissée) se transforme en une lutte contre la liberté de tous…

La burkini et ses sophismes

L’interdiction de la burkini dans plusieurs communes balnéaires donne lieu à d’hallucinantes polémiques qui démontrent, une fois de plus, que l’Occident, et singulièrement la France, sont pris au dépourvu face à une dynamique nouvelle: celle de l’affirmation politique des communautés musulmanes sur le continent européen. Compte tenu de la dangerosité de certains arguments, il est désormais salutaire de mettre en exergue quelques sophismes béats développés par les pacifistes de l’intérieur, et d’en souligner l’absurdité.

Sommes-nous responsables de la burkini?

L’argument est utilisé notamment par François Burgat, chercheur au CNRS, dans Mediapart. Voici son propos:

Il faut (seulement) que le gouvernement change (“radicalement”) la lecture terriblement unilatérale qu’il fait de l’origine du “terrorisme” ! Il faut accepter lucidement d’y réintégrer la part de la responsabilité essentielle qui est la sienne et celle de ses prédécesseurs.

Lorsqu’un terroriste tue plusieurs dizaines de personnes, dont des personnes d’origine maghrébines, à Nice avec son camion, il est bien évidemment que le gouvernement et ses prédécesseurs portent une « part de responsabilité essentielle » dans l’attentat. Prendre conscience de notre responsabilité, que dis-je? de notre culpabilité dans le mal qui nous accable est la meilleure réponse à apporter au fait terroriste.

La technique consiste ici à poser un principe non démontrable ou pétition de principe: nous sommes par principe responsables de nos propres malheurs. Burgat retrouve ici la conscience coupable de l’Occident, exprimée dès l’Antiquité par Lucrèce dans le De Rerum Natura: les catastrophes naturelles sont forcément dues à une faute humaine dont les dieux se vengent. Accessoirement, cette culture de l’excuse est une forme dérivée d’un néo-colonialisme: les héritiers de nos colonisés ne peuvent être tenus pour responsables de leurs actes. Seul l’Occidental peut accéder à la responsabilité individuelle ou collective, et l’Occidental demeure responsable de tout ce qui arrive dans ses anciennes colonies.

Porter la burkini, est-ce comme porter le monokini?

Cet argument effrayant est écrit sous la plume d’Henri Tincq, journaliste de La Croix, pour Slate:

Interdire le burkini renforce le sentiment d’ostracisme qui règne dans la communauté musulmane. «On veut nous rendre invisibles», se plaignent des femmes musulmanes. Pourquoi interdire ce vêtement de bain et pas les tatouages, les piercings ou les monokinis qui abondent sur les plages?

Ben oui, après tout. Porter la burkini qui a la même valeur que porter le monokini. De même que porter la djellabah dans les rues de Paris est du même ordre que de s’y balader en tenue de sport ou porter un piercing à l’oreille.

Le sophisme est double dans ce cas de figure. Dans un premier temps, une négation de la preuve consiste à nier qu’il existe un problème spécifique à la burkini. Pourtant, il est évident que le port de la burkini sur les plages répond à une vision politique inscrite dans le contexte général d’une radicalisation de l’Islam de France. Elle n’est donc pas du même ordre que le port d’un piercing, qui ne trahit aucun engagement politique particulier. Deuxièmement, le sophisme consiste en un discret « épouvantail », qui consiste à assimiler les adversaires de la burkini à des liberticides. Réponse: combattre la burkini, c’est combattre une vision politique de la société française où des idées contraires à la démocratie et aux libertés publiques triompheraient.

La burkini, un symbole de modernité à encourager?

Le pompon du sophisme est atteint par l’interview du chercheur français Olivier Roy pour France Télévisions, qui mériterait une reprise intégrale pour en démonter les faux arguments. Plutôt que de poser la seule question qui vaille: l’affirmation politique dont la burkini est le symbole menace-t-elle ou non les valeurs républicaines, Roy réussit l’exploit de soutenir que c’est la laïcité républicaine qui menace l’Islam! L’un de ses arguments consiste notamment à soutenir que la burkini est un symbole de modernité qui devrait être encouragé:

Les débats sur le port du burkini et de la burka, par exemple, doivent être distingués, car le burkini est une invention récente [créé en 2003 en Australie], qui fait sauter les fondamentalistes au plafond. Pour ces derniers, une femme n’a pas à se promener sur la plage, et encore moins se baigner ! Donc le burkini est, au contraire, une tenue moderne, qui n’a rien de traditionnel ou de fondamentaliste.

L’oppression de la femme pour des raisons contemporaines devrait donc être saluée pour mieux réduire son oppression pour des raisons traditionnelles. Joli sophisme…

Ce sophisme s’appelle un faux dilemme. Il consiste à demander à l’interlocuteur de choisir entre deux termes qui ne se posent pas. Or, la question n’est pas d’arbitrer entre la burkini et le voile, mais bien d’affirmer que les tenues religieuses ne doivent pas marquer l’adhésion à un projet politique menaçant pour la démocratie.

Reposer le débat

Je consacrerai plusieurs de ce blog à la question de la conscientisation politique des musulmans en France cette semaine. Il devient indispensable que nous apprenions à revenir à la rationalité dans cette affaire où, petit à petit, le déni de la bien-pensance conduit à abdiquer toute volonté française d’exister.

Anonymat des terroristes et sous-entendus de BHL

Bernard-Henry Lévy a demandé à la presse, par un Tweet d’ailleurs, de maintenir l’anonymat sur les terroristes qui frappent dans nos rues. L’idée est tellement plaisante qu’elle méritait d’être discutée avec délectation dans ces colonnes.

L’anonymat du mal, un concept reproductible à l’infini

Amusons-nous d’abord de l’idée selon laquelle nommer les terroristes serait une sorte de publicité qui leur serait faite, une forme de prosélytisme qui susciterait des vocations. Voilà une belle croyance qui plonge dans je ne sais plus quelle superstition religieuse selon laquelle il ne faut pas nommer le Malin, le Diable, sans quoi on risque de le réveiller. On se demande si un « intellectuwweeellll » comme BHL croit vraiment à ce qu’il dit.

On notera avec amusement les multiples utilisations possibles du même concept. Par exemple, pour ne pas susciter de vocations antisémites, il suffit de ne plus prononcer le nom d’Adolf Hitler, ou de Mengele, et le tour est joué: on fait disparaître la fascination pour Auschwitz.

En revanche, on aura quelques problèmes à gérer pour les cas litigieux. Le tueur fou de Munich, il y a dix jours, par exemple, était-il d’extrême droite (et on peut citer son nom sans crainte), ou islamiste (auquel cas il faut garder l’anonymat)? Quel délice que de pratiquer la censure: elle permet des jeux intellectuels infinis.

Les sous-entendus de BHL

On voit bien que le propos ne tient pas, parce qu’il est avancé pour une autre raison que celle affichée par son auteur.

C’est évidemment un secret de Polichinelle que de pointer l’extraordinaire homogénéité ethnique des terroristes: en France, ils sont tous issus de la communauté maghrébine. Celle dont une partie aime à nous accuser de tous les maux et qui nous a surnommés « Kouffars », les mécréants.

Personne ne soupçonnera BHL de sympathie particulière pour cette communauté, et son propos n’est certainement pas de la protéger. Mais BHL a bien compris l’effet boomerang du terrorisme, et il craint le pire: lui qui a soutenu becs et ongles la déstabilisation de Bachar El-Assad en Syrie, et qui a prôné le soutien aux mouvements islamistes qui tuent aujourd’hui nos enfants et nos prêtres, sait qu’il sera tôt ou tard convoqué par le tribunal de l’histoire pour son odieuse trahison.

Car n’oublions pas qu’il fait partie de ceux qui ont prôné le désordre en Libye et en Syrie, ce désordre dont nous subissons aujourd’hui le contre-coup. Alors, encore un instant Monsieur le bourreau, ne dites pas qu’Hitler s’appelait Hitler, et le procès de Nuremberg sera retardé. Et peut-être même annulé. Ne dites pas qu’Abdelkarim s’appelait Abdelkarim et vous oublierez le lien direct entre le coup d’Etat raté en Syrie, la guerre civile que les amis américains de BHL y ont organisée, et l’armement des islamistes sunnites qui en fut le versant le moins avouable, et le plus tragique aujourd’hui.

BHL veut détourner l’attention

Au-delà de cette prudence égotiste, traditionnelle chez un homme qui se regarde au périscope dans son miroir, tant il surévalue sa taille réelle, BHL a un intérêt objectif à éteindre dans l’esprit des citoyens tout lien de causalité entre le conflit en Syrie et le terrorisme en Europe.

À chaque attentat, les services secrets français ont en effet tendance à expliquer que l’événement était inévitable et commis par des tueurs solitaires. Puis, de fil en aiguille, on apprend que les tueurs solitaires, présentés comme dépressifs et paumés, préméditaient leur acte de longue date et bénéficiaient de puissantes complicités.

Pour l’instant, personne n’a poussé l’investigation plus loin, mais nous ne tarderons pas à comprendre que ces puissantes complicités sont beaucoup plus structurées que nous le croyons. Ici, c’est Coulibaly qui vend sa voiture à un Kosovar installé à Charleroi. Là, c’est Mohamed Lahouaiej-Bouhlel qui est épaulé par des bandits albanais. Progressivement, nous devrons bien avouer que, comme tous les attentats commis sur le sol français depuis les années 80 par des musulmans, ceux qui passent à l’acte sont des instruments entre les mains de services étrangers qui agissent plus ou moins directement sous étiquette terroriste et qu’ils bénéficient d’un réseau perfectionné pour mener à bien leurs forfaits.

BHL et l’Iran

Que le terrorisme soit une façon de faire de la diplomatie par d’autres moyens, BHL ne le nie pas lorsqu’il s’agit de l’Iran et du Hezbollah. Voici d’ailleurs le tweet qu’il avait rédigé l’an dernier:

Pourquoi ce raisonnement, lorsqu’il touche l’Iran, est-il couramment autorisé en Europe, alors qu’il est banni lorsqu’il touche l’Arabie Saoudite et la Turquie? Pourtant, les preuves ne manquent pas d’une étroite imbrication entre les intérêts saoudiens, les intérêts turcs et les intérêts de Daesh.

Il y a bien sûr, quand on s’appelle Bernard-Henry Lévy, de solides raisons pour s’indigner du soutien accordé par l’Iran au Hezbollah, et de tout aussi solides raisons de vouloir faire taire coûte-que-coûte les petites voix qui affirment que le terrorisme de Daesh est trop structuré, trop pérenne, trop agile, pour ne pas bénéficier d’une ossature fabriquée dans un ou plusieurs Etats au sens propre.

Et on comprend bien que dissimuler les noms à consonance maghrébine portés par les terroristes permet d’éloigner un peu plus le moment où nous avouerons que Daesh est le bras armé d’Etats qui veulent nous déstabiliser.

Comment la presse se suicide

Que BHL mène sa guerre est une chose. Qu’une partie de la presse subventionnée soit prête à participer à sa croisade en est une autre. Cette presse moribonde ne survit déjà plus que par l’argent du contribuable. Celui-ci n’a plus guère de doute sur la corruption qui frappe, à des degrés divers, les journalistes détenteurs d’une carte de presse attribuée par le syndicat bidon de la profession.

Que cette presse mène désormais une croisade ne peut que précipiter un peu plus sa suffocation. Vous avez raison! censurez l’information! les réseaux sociaux vous achèveront car eux, ils ne sont pas inféodés à des hurluberlus.

Saint-Etienne-du-Rouvray: les circonstances troublantes de l’attentat

Après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, il faut bien finir par crever l’abcès sur les soutiens étrangers dont les terroristes qui agissent en France bénéficient. Ces questions sont totalement occultées aujourd’hui, alors qu’elles ont toujours semblées naturelles par le passé.

Ainsi, durant les années 95-96, les attentats qui ont frappé Paris ont été attribués, en leur temps, au GIA, le groupe islamiste algérien. Inversement, l’attentat de Karachi de 2002 fut attribué à des islamistes puis à un règlement de comptes liés à des financements électoraux français.

On le voit, l’accusation de complotisme est assez récente pour tout ce qui touche à l’origine des attentats. Il n’y a pas si longtemps, il semblait naturel à tous (y compris à Bernard Cazeneuve, président de la commission parlementaire sur Karachi), d’incriminer des déterminants extérieurs aux terroristes pour expliquer le passage à l’acte. Il est assez regrettable que la liberté d’investigation cède peu à peu le pas à des doctrines figées.

Saint-Etienne-du-Rouvray et la Turquie

Comme l’a déjà expliqué le procureur de la République, François Molins, l’un des deux terroristes, Adel Kermiche, n’était pas un inconnu des services de police. En fait quelques semaines après l’attentat de Charlie Hebdo, il avait décidé de rejoindre la Syrie pour y mener le Jihad.

Selon le Wall Street Journal, c’est début 2015 que la religion a commencé à l’obséder. Le 23 mars, il a disparu et sa famille a donné l’alerte. Il a été arrêté en Allemagne, alors qu’il cherchait à rejoindre la Syrie avec la carte d’identité de son frère. Il est alors placé sous contrôle judiciaire en France.

Le 13 mai 2015, il parvient néanmoins à s’enfuir, mais il est arrêté en Turquie parce que la France émet un mandat d’arrêt international contre lui. Il est alors refoulé vers Genève, d’où il a embarqué, puis est rendu à la France, qui l’emprisonne quelques mois.

Autrement dit, et une fois de plus dans les affaires récentes de terrorisme, la Turquie a joué un rôle essentiel de tampon, ou de bouclier, dans les relations avec Daesh.

La Turquie et les candidats au Jihad

Ce qui frappe, dans de nombreux dossiers terroristes, c’est le rôle de la police turque dans la régulation du trafic entre la Syrie et l’Europe. Ce rôle est bien connu pour les réfugiés. Il éveille moins l’attention dans les allers-et-venues des terroristes. Pourtant, il soulève quelques questions.

La police turque ne ménage en effet ni son temps ni sa peine dans le contrôle de ses frontières, qui sont moins poreuses qu’on ne le croit. Elle a même adapté ses méthodes, avec le temps, pour identifier les candidats potentiels au Jihad qui arrivent sur son sol.

Les aéroports turcs disposent désormais de cellules qui examinent les passagers à l’arrivée. Cette innovation est consécutive aux attentats de janvier 2015 en France. On peut donc penser qu’un grand nombre de jihadistes sont au moins identifiés depuis cette date lorsqu’ils sortent de l’avion, à défaut d’être tous arrêtés.

Les polices européennes et la police turque

Au fil des dossiers, il reste en tout cas marquant de voir qu’un grand nombre d’arrestations ont lieu à l’arrivée en Turquie grâce aux signalements des polices européennes.

Par exemple, en septembre 2014, c’est la police française qui demande à la police turque d’arrêter à Istanbul Mourad Fares. Ce recruteur français pour le compte de Daesh avait quitté la Syrie et voulait rentrer en France. C’est en demandant curieusement un laissez-passer consulaire à Istanbul qu’il est repéré et que son arrestation est demandée.

L’histoire des arrestations de jihadistes européens en Turquie est pleine de ces signalements policiers européens à la Turquie.

Y a-t-il ou non complaisance de tout ou partie de la police turque?

Le cas de Mourad Fares est intéressant parce qu’il constitue l’un de ces cas limite où le filtre policier turc semble à géométrie variable.

Dans le cas de Mourad Fares, si la police française n’avait pas demandé son interception, l’intéressé aurait pu franchir la frontière turque comme une passoire. C’est d’ailleurs ce qu’il avait fait en passant de Syrie en Turquie.

Dans d’autres cas, la police turque paraît beaucoup plus réactive. Par exemple, le 12 novembre 2015 (veille du funeste Bataclan), la presse française révélait que la police turque avait arrêté, à Izmir, un djihadiste français, Mehdibend Saïd, retour de Syrie et soupçonné de vouloir commettre un attentat sur le sol turc.

Tout laisse à penser que ce terroriste potentiel connaissait ceux ou une partie de ceux qui ont commis les attentats de Paris. Et soudain on se demande pourquoi l’un fut arrêté et pas les autres. Parce qu’il voulait attaquer le sol turc alors que les autres visaient le sol européen?

On voit bien où mène cette pelote de questions… à examiner précisément le degré d’infiltration de Daesh par les services turcs.

Quand la gendarmerie turque accuse les services secrets d’Erdogan

Tout ceci nous ramène à cette troublante affaire révélée par l’agence Reuters, bastion bien connu du complotisme international, sur les dissensions au sein des services turcs.

En mai 2015, des officiers turcs de gendarmerie sont traduits en justice pour avoir dénoncé un étrange trafic. Ils affirment en effet avoir découvert un trafic d’armes organisés par les services secrets turcs au bénéfice de l’opposition syrienne. Voici le texte intégral de la dépêche en anglais.

Turkey’s state intelligence agency helped deliver arms to parts of Syria under Islamist rebel control during late 2013 and early 2014, according to a prosecutor and court testimony from gendarmerie officers seen by Reuters.

The witness testimony contradicts Turkey’s denials that it sent arms to Syrian rebels and, by extension, contributed to the rise of Islamic State, now a major concern for the NATO member.

Syria and some of Turkey’s Western allies say Turkey, in its haste to see President Bashar al-Assad toppled, let fighters and arms over the border, some of whom went on to join the Islamic State militant group which has carved a self-declared caliphate out of parts of Syria and Iraq.

Ankara has denied arming Syria’s rebels or assisting hardline Islamists. Diplomats and Turkish officials say it has in recent months imposed tighter controls on its borders.

Testimony from gendarmerie officers in court documents reviewed by Reuters allege that rocket parts, ammunition and semi-finished mortar shells were carried in trucks accompanied by state intelligence agency (MIT) officials more than a year ago to parts of Syria under Islamist control.

Four trucks were searched in the southern province of Adana in raids by police and gendarmerie, one in November 2013 and the three others in January 2014, on the orders of prosecutors acting on tip-offs that they were carrying weapons, according to testimony from the prosecutors, who now themselves face trial.

While the first truck was seized, the three others were allowed to continue their journey after MIT officials accompanying the cargo threatened police and physically resisted the search, according to the testimony and prosecutor’s report.

President Tayyip Erdogan has said the three trucks stopped on Jan. 19 belonged to MIT and were carrying aid.

« Our investigation has shown that some state officials have helped these people deliver the shipments, » prosecutor Ozcan Sisman, who ordered the search of the first truck on Nov. 7 2013 after a tip-off that it was carrying weapons illegally, told Reuters in a interview on May 4 in Adana.

Both Sisman and Aziz Takci, another Adana prosecutor who ordered three trucks to be searched on Jan. 19 2014, have since been detained on the orders of state prosecutors and face provisional charges, pending a full indictment, of carrying out an illegal search.

The request for Sisman’s arrest, issued by the Supreme Board of Judges and Prosecutors (HSYK) and also seen by Reuters, accuses him of revealing state secrets and tarnishing the government by portraying it as aiding terrorist groups.

Sisman and Takci deny the charges.

« It is not possible to explain this process, which has become a total massacre of the law, » Alp Deger Tanriverdi, a lawyer representing both Takci and Sisman, told Reuters.

« Something that is a crime cannot possibly be a state secret. »

More than 30 gendarmerie officers involved in the Jan. 1 attempted search and the events of Jan. 19 also face charges such as military espionage and attempting to overthrow the government, according to an April 2015 Istanbul court document.

An official in Erdogan’s office said Erdogan had made his position clear on the issue. Several government officials contacted by Reuters declined to comment further. MIT officials could not immediately be reached.

« I want to reiterate our official line here, which has been stated over and over again ever since this crisis started by our prime minister, president and foreign minister, that Turkey has never sent weapons to any group in Syria, » Erdogan’s spokesman Ibrahim Kalin said on Wednesday at an event in Washington.

Erdogan has said prosecutors had no authority to search MIT vehicles and were part of what he calls a « parallel state » run by his political enemies and bent on discrediting the government.

« Who were those who tried to stop MIT trucks in Adana while we were trying to send humanitarian aid to Turkmens?, » Erdogan said in a television interview last August.

« Parallel judiciary and parallel security … The prosecutor hops onto the truck and carries out a search. You can’t search an MIT truck, you have no authority. »

‘TARNISHING THE GOVERNMENT’

One of the truck drivers, Murat Kislakci, was quoted as saying the cargo he carried on Jan. 19 was loaded from a foreign plane at Ankara airport and that he had carried similar shipments before. Reuters was unable to contact Kislakci.

Witness testimony seen by Reuters from a gendarme involved in a Jan. 1, 2014 attempt to search another truck said MIT officials had talked about weapons shipments to Syrian rebels from depots on the border. Reuters was unable to confirm this.

At the time of the searches, the Syrian side of the border in Hatay province, which neighbors Adana, was controlled by hardline Islamist rebel group Ahrar al-Sham.

The Salafist group included commanders such as Abu Khaled al-Soury, also known as Abu Omair al-Shamy, who fought alongside al Qaeda founder Osama bin Laden and was close to its current chief Ayman al-Zawahiri. Al-Soury was killed in by a suicide attack in Syrian city of Aleppo in February 2014.

A court ruling calling for the arrest of three people in connection with the truck stopped in November 2013 said it was loaded with metal pipes manufactured in the Turkish city of Konya which were identified as semi-finished parts of mortars.

The document also cites truck driver Lutfi Karakaya as saying he had twice carried the same shipment and delivered it to a field around 200 meters beyond a military outpost in Reyhanli, a stone’s throw from Syria.

The court order for Karakaya’s arrest, seen by Reuters, cited a police investigation which said that the weapons parts seized that day were destined for « a camp used by the al Qaeda terrorist organization on the Syrian border ».

Reuters was unable to interview Karakaya or to independently confirm the final intended destination of the cargo.

Sisman said it was a tip-off from the police that prompted him to order the thwarted search on Jan. 1, 2014.

« I did not want to prevent its passage if it belonged to MIT and carried aid but we had a tip off saying this truck was carrying weapons. We were obliged to investigate, » he said.

(Additional reporting by Ercan Gurses in Ankara; Editing by Nick Tattersall and Anna Willard)

Il ressort de tout cela que le paysage policier en Turquie est loin d’être monolithique. Selon toute vraisemblance, il existe (ou existait) une tension forte entre la gendarmerie « laïque » hostile aux mouvements islamistes en Syrie, et les services secrets proches du pouvoir, enclins à les soutenir.

Dans cette proximité d’une partie au moins du renseignement turc avec la mouvance islamiste, comment ne pas imaginer qu’il existe une multitude de passerelles, de complicités, de services mutuels rendus?

Une indispensable clarification

Tôt ou tard, on le sait tous, il faudra bien mettre sur la table la question du rôle joué par les services turcs dans l’émergence d’un terrorisme organisé et structuré en Europe. Il est troublant de voir que la vague d’attentats à laquelle nous assistons survient un an après la crise des réfugiés. Il est tout aussi troublant de voir que les enquêtes montrent très vite que les terroristes qui frappent sont entourés par une nébuleuse excentrique et trouble, dont les dernières ondes ramènent tôt ou tard à la Turquie.

Cela ne signifie pas qu’il existe un dessein officiel, ni des circuits simples de commandements. En revanche, on ne peut ignorer que, dans le réveil qui se confirme depuis la révolution iranienne, d’une conception islamique du monde, le terrorisme ne semble plus un levier normal pour le monde chiite (comme ce put être le cas à une époque), mais semble l’être devenu pour le monde sunnite.

Et dans ce monde-là, on ne peut ignorer l’ambition exprimée par la Turquie de devenir une puissance régionale majeure.

 

Et maintenant, pariez sur la chute du régime

Terrorisme, chômage, mal governo, réaction nobiliaire: pariez dès maintenant sur la chute du régime. Voici pourquoi!

Face aux risques systémiques, une sévère réaction nobiliaire

Depuis plusieurs années, la réaction nobiliaire se durcit. Si elles étaient rationnelles, les élites qui composent le gouvernement profond devraient se renouveler et « faire bouger les lignes ». Dans la pratique, elles font tout le contraire.

D’une part, elles se cramponnent à de vieilles recettes qui ne marchent pas. Elles veulent plus d’Europe quand l’Europe se délite. Elles veulent plus d’aristocratie quand le peuple demande du gouvernement direct. Elles veulent moins de transparence quand l’opacité est devenue insupportable. Elles veulent plus de contrôle quand la société civile demande des libertés.

La réaction nobiliaire est considérée comme l’une des causes de la Révolution Française en 1789. Elle s’est notamment exprimée par la réforme de Saint-Germain, en 1775, qui a limité aux nobles les plus anciens l’accès aux corps d’officiers dans l’armée. D’une manière générale, elle a visé à réduire l’assiette du pouvoir autour de l’aristocratie traditionnelle.

Pire, elles restent figées dans l’éloge d’un multiculturalisme débridé quand celui-ci est plein naufrage.

D’autre part, elles tendent à criminaliser l’opposition à leur règne sans partage. Les législations sur les lanceurs d’alerte ou encore les projets du Sénat sur la liberté de la presse en donnent une bonne illustration. Mais les propos de Jean-Marie Le Guen sur la critique de l’Etat et la démocratie les corroborent.

Le système de gouvernance est à bout de souffle

La réaction nobiliaire, qui consiste à se cramponner à son pouvoir et à maintenir coûte-que-coûte un cadre ancien de fonctionnement, atteint désormais ses limites.

C’est par exemple vrai sur le terrorisme où la logique archaïque des hauts fonctionnaires rend la machine étatique et policière incapable de s’adapter aux menaces nouvelles. Face aux gros bataillons de notre bureaucratie, l’agilité des petites unités de Daesh, dont certaines sont faites de francs-tireurs, fait merveille.

Pour la contrer, il faudra savoir sortir du cadre classique et réinventer un modèle administratif, ce que l’Etat est incapable de faire en l’état actuel du régime.

C’est par exemple vrai sur l’emploi, où le gouvernement est prisonnier de cette forme moderne de corporations qu’on appelle les branches professionnelles. Faute de pouvoir rompre avec cette forme ancienne, les politiques de lutte contre le chômage sont condamnées à échouer.

Tant que le régime vivra sa réaction nobiliaire, il sera paralysé.

La riposte ne peut pas venir du régime lui-même

La réaction nobiliaire est condamnée à une mort brutale, pour une raison structurelle.

Il faudrait en effet un immense chambardement pour redresser la barre du pays. L’immensité de la tâche s’explique par des motifs profonds.

La réaction nobiliaire se traduit par une politisation structurelle de la haute fonction publique. Celle-ci a peu à peu sélectionné ses membres sur des critères de docilité et de conservatisme. Tous les éléments capables de redonner vie au système et d’apporter des solutions hétérodoxes aux difficultés structurelles ont été éliminés des rouages de responsabilité.

Cette situation de dégénérescence progressive (et accélérée depuis 2012 par la promotion systématique de thuriféraires sans imagination) produit des effets létaux sur la machine étatique. Celle-ci se condamne à empiler de mauvaises solutions, mal mises en application, et à accroître sans cesse la dégradation de ses performances.

Parallèlement, la relève est consciencieusement, méticuleusement, étouffée dans l’oeuf.

Une crise de régime devient de plus en plus probable

C’est un euphémisme d’évoquer le discrédit de la classe politique dans l’opinion publique. En même temps, la particratie rend toute rupture impossible. On l’a vu avec les investitures des Républicains, qui ont très fidèlement reconduit les sortants pour 2017.

Face aux nouvelles règles du jeu (charriées par la révolution numérique) et face aux nouvelles menaces (dont l’affirmation d’un projet politique musulman accompagné d’un bras armé appelé terrorisme), le régime se retrouve donc sans capacité crédible à riposter.

Tout porte à croire que, dans les deux ans, la France connaîtra une crise de régime…

Prêtre égorgé: un des terroristes sortait-il de prison?

Dans l’affaire du prêtre égorgé, il va vraiment faire vilain pour l’exécutif. Selon les premiers éléments colportés notamment par une sénatrice, l’un des terroristes qui a égorgé un prêtre était sorti de prison, muni d’un bracelet électronique, le 22 mars.

L’un des terroristes de Rouen, d’après les premiers éléments de l’enquête, serait sorti de prison le 22 mars 2016 et serait passé par la Syrie. Que ce soit Merah, Coulibaly…, ils ont tous le même profil. Radicalisés, ils sont sortis de prison et passent à l’acte. Ce n’est pas acceptable, on ne peut pas laisser des gens sortir de prison sans les accompagner. On ne peut pas continuer à laisser des terroristes en liberté dans nos rues ! Il faut arrêter la politique compassionnelle. On ne peut pas vivre un attentat, un deuil national tous les 15 jours… Il faut se mettre au boulot.

On mesure immédiatement les complications explosives que ce dossier comporte pour François Hollande.

Le prêtre égorgé faute d’une réorganisation administrative?

D’emblée, le sujet qui sera posé tournera forcément autour de la capacité de l’exécutif à mettre ses fonctionnaires au travail. De fait, après l’affaire Merah, après l’affaire Coulibaly, après les affaires Kouachi, après les parcours de plusieurs islamikazes au Bataclan, le service public au sens large donne le sentiment de ne tirer aucune leçon de ses erreurs, et de se cantonner à une arrogance de mauvaise aloi.

Lire mon article sur les défaillances policières face au terrorisme...

Une fois de plus, l’articulation entre la justice, l’administration pénitentiaire et le renseignement ne s’est pas faite. C’est pourtant un point soulevé lors des attentats du 13 novembre, notamment devant la commission parlementaire.

L’exécutif tient-il ses fonctionnaires? Est-il capable de leur imposer les réorganisations indispensables? On a beaucoup entendu Cazeneuve critiquer ses prédécesseurs d’avant 2012… On attend qu’il montre de quoi il est capable.

Plutôt qu’une polémique, une politique!

La question est de savoir si l’exécutif est aujourd’hui capable de changer sa méthode et de manifester autre chose que du mépris pour les attentes de la société civile en matière de sécurité. Jusqu’ici, il a laissé peu d’espoir à ceux qui attendaient de lui une réponse à la hauteur des enjeux.

Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, l’exécutif apporte deux types de réponses au terrorisme. D’une part, un accroissement des moyens dont la commission parlementaire a montré qu’ils étaient parfois surdimensionnés par rapport à l’usage effectif qu’en fait la police. D’autre part, des postures de communication avec de grandes phrases patriotiques qui suscitent un rejet de plus en plus fort de la part de l’opinion publique.

Responsabiliser la hiérarchie policière

Une fois de plus, la France fait l’expérience de l’aberration que constitue le statut de la fonction publique. Conçu pour éviter la politisation des services, il obéit aux règles inverses aujourd’hui. La haute fonction publique, y compris dans la police, est politisée. Et, à l’abri du statut, elle donne libre cours à la connivence sans se soucier de son efficacité.

Le bon sens consisterait aujourd’hui, pour l’exécutif, à enjoindre à ses fonctionnaires de réussir. Sans quoi, la garantie de l’emploi ne devrait plus jouer.

Un besoin d’une riposte à la hauteur

Les appels lénifiants n’aideront pas l’exécutif à ramener la concorde dans le pays. Le peuple français n’a plus besoin de mots. Il a besoin de décisions suivies d’effets. Il a besoin d’avoir confiance dans ses forces de l’ordre. Il a besoin de ne plus se sentir méprisé ou accusé de « complotisme » lorsqu’il demande des comptes à ses fonctionnaires et à leurs ministres.

Cette inversion de la courbe du mépris va vite devenir vitale, parce que François Hollande risque de découvrir le second effet « kiss cool » de ses postures médiatiques. Tôt ou tard, face aux défaillances de l’Etat et à l’incapacité de les évoquer, des citoyens agiront par eux-mêmes. Et ce jour-là, la situation sera très très mauvaise…

Un prêtre égorgé dans une église normande… et après?

Ce qui devait arriver est arrivé. Deux hommes ont pris des otages dans une église et ont égorgé le prêtre qui s’y trouvait. Ils ont été abattus, semble-t-il.

Il faut à ce stade attendre confirmation exacte des faits. Il n’en reste pas moins que si cette information devait être vérifiée, elle constituerait un nouveau cap dans l’escalade de la terreur en France. Cette fois, ce sont des membres du clergé catholique qui sont explicitement visés.

Nul ne peut encore mesurer l’impact que ce tournant aura sur l’opinion publique française. Mais on peut craindre le pire…

Un prêtre égorgé réveillera-t-il une guerre de religion?

La question que tout le monde se pose, bien entendu, est celle de l’impact de ce nouvel acte potentiellement terroriste (restons prudents) sur l’état d’esprit en France.

L’attentat de Nice a montré que le gouvernement a mangé son pain blanc sur la question. Après le 11 janvier 2015, l’équipe Hollande a imaginé qu’elle disposait d’un blanc-seing et qu’elle pouvait allègrement repartir comme en 40, sans aucun compte à rendre aux citoyens. C’est la vieille doctrine des élus: le seul compte-rendu que nous devons, c’est tous les cinq ans, dans les urnes.

Face au péril imminent qui menace le pays, les citoyens ont clairement fait savoir qu’il ne voulait plus de cette incurie ni de cette opacité. Les attentes exprimées devant la Commission parlementaire sur le sujet l’ont montré.

Manifestement, le gouvernement n’a rien voulu entendre et s’est muré dans ses techniques obsolètes de gouvernance.

Et maintenant? le peuple français considèrera-t-il que la balle est dans son camp et qu’il doit se substituer au gouvernement pour agir? Rien ne l’exclut. L’inefficacité des forces de police, leur incapacité à garantir la sécurité au quotidien dans les quartiers ont porté l’opinion dans un état de ras-le-bol qui constitue désormais une donnée politique. Celle-ci pourrait bien faire irruption dans le débat. Et même remplacer le débat.

Terrorisme: quand la gauche la joue Totem et tabou

Article écrit pour Atlantico.

Ces derniers jours, la gauche multiplie les appels au silence dans les rangs. Le plus caractéristique d’entre eux fut celui de Jean-Marie Le Guen, qui considérait que les critiques incessantes sur le fonctionnement des services de l’Etat étaient une mise en danger de la démocratie. On aurait bien tort de limiter cette stigmatisation de la prise de parole à un simple accès d’autoritarisme. Elle révèle un malaise plus profond, l’expression d’un besoin de tabou caractéristique des univers en crise.

Il faut protéger le papa Etat

La gauche en dit long sur ce que l’Etat représente à ses yeux lorsqu’elle demande de ne pas le critiquer ou, pire, lorsqu’elle accuse ses détracteurs d’être des ennemis de la démocratie. On comprend bien l’argument qui est donné en creux: remettre l’Etat en cause, c’est saper le fondement de l’ordre, du sens, c’est défier la loi.

Il est très symptomatique de voir que la gauche a atteint ce stade antérieur à la pensée démocratique où la loi et l’Etat se confondent, comme si la norme en démocratie se résumait à l’expression de puissance comprise dans toute forme de bureaucratie.

Inconsciemment, bien sûr, c’est l’Etat comme figure du père qui se dessine dans ces propos. L’appel de Jean-Marie Le Guen au silence dans les rangs ne dit pas autre chose: arrêtez de critiquer le papa Etat! sinon, c’est le principe même de l’autorité qui va disparaître.

La gauche en pleine terreur primitive

Cette évolution de la sémantique politique n’a rien de très rassurant. Elle dévoile un pouvoir aux abois, déstabilisé dans son fondement, et en pleine perte de repère. Ce n’est plus un débat démocratique qui a lieu, avec une délibération rationnelle sur la performance des services de l’Etat ou sur la rationalité des choix opérés en matière de sécurité.

Peu à peu, nous avons glissé vers un débat d’une autre nature, où le pouvoir (auquel on aurait pu confier un grand « P ») exprime sa peur de perdre le contrôle de la situation. Il demande au village de se rassembler autour du Totem républicain et de redire sa foi dans les tabous traditionnels.

Non! il ne faut pas blasphémer! oui! il faut respecter silencieusement les grandes règles qui font les soubassements de la société. Ces grandes règles, on les connaît: ne pas défier l’autorité du papa Etat, accepter les lois traditionnelles, reconnaître l’autorité des chefs désignés selon la coutume.

Certains s’amuseront de voir que ce rappel au tabou primitif survient au moment où une femme remet en cause la parole d’un ministre. Comme si cet acte-là agissait symboliquement et inconsciemment comme une remise en cause de l’ordre ancestral tout entier.

Le besoin d’un ordre autoritaire?

En réponse à cette grande angoisse primitive exprimée par ceux qui sont chargés de l’autorité sur la communauté, faut-il craindre une fête expiatoire où seront désignés les boucs-émissaires du désordre intérieur? C’est un vieux réflexe primitif, en effet, de canaliser les peurs collectives sur une victime désignée pour exorciser tout ce dont on ne veut pas.

Incontestablement, la société française se trouve bien à cette croisée des chemins où, pour conjurer la peur d’une dislocation, la désignation d’un ennemi à l’origine de tous nos maux est tentante. Le problème est que personne pour l’instant ne s’est mis d’accord sur le nom du coupable. Mais il est incontestable que la société française a commencé à le chercher, et on peut craindre qu’elle ne finisse par en désigner un d’office.

Pour le vaincre, la gauche, on le sent bien, appelle de ses voeux un épisode autoritaire où le gouvernement ne serait plus embarrassé par cette masse de contestataires.

C’est dans ces moments-là qu’il faut rester le plus vigilant sur la question des libertés.

La gauche et la dictature

Plus que jamais, la gauche flirte avec des discours liberticides, où la bien-pensance tient lieu de censure. L’année des présidentielles ne devrait pas calmer le jeu. On voit bien le discours qui se prépare: Hollande ou le chaos.

Décidément, de la société primitive à la démocratie, il y a bien des changements de forme ou de sophistication institutionnelle. Mais les règles du débat public restent les mêmes.

Terrorisme: Merkel rétablit la PropagandaStaffel

On s’en délecte! Dans le genre PropagandaStaffel pour traiter l’information du public en matière de terrorisme, Angela Merkel a convoqué les vieux démons allemands qui démontrent, une fois de plus, que les gouvernants français ne sont que des comiques dans l’art officiel de mentir.

Une vague de terrorisme en Allemagne…

Rappelons quand même quelques faits simples, évidents, incontestables.

Le 18 juillet, un réfugié afghan attaque les passagers d’un train, en Bavière, avec une hache. Il blesse gravement quatre personnes. L’acte est revendiqué par Daesh.

Le 22 juillet, un jeune germano-iranien tue neuf personnes à Munich, à coups de revolver Glock.

Le 24 juillet, un réfugié syrien poignarde, dans le Bade-Wurtemberg (sud de l’Allemagne), trois personnes, dont une femme qui décède.

Le 24 juillet toujours, un autre réfugié syrien se fait exploser à Ansbach, toujours en Bavière. L’attentat fait douze blessés, dont trois graves.

… que les autorités allemandes ne veulent pas voir

À la manière des autorités françaises au début des vagues terroristes, les autorités allemandes se livrent à une grande oeuvre de déni face aux évidences. Le cas de la fusillade de Munich, par exemple, est très instructif.

À peine la fusillade a-t-elle eu lieu que les pouvoirs publics allemands ont entrepris une opération de propagande: rassurer la population en expliquant qu’il ne s’agissait pas d’un attentat terroriste. La France a testé pour nous, avec sa théorie des loups solitaires dépressifs qui agissent sur un coup de tête.

Quelques jours avant Munich, le gouvernement français nous servait la même soupe: un dépressif isolé à tuer à Nice. Des journaux comme Libération s’en sont abreuvé. Puis, l’enquête montre qu’on a cherché à ne pas se faire peur. Finalement, on découvre que le grand dépressif préparait son coup depuis des mois et bénéficiait de nombreuses complicités.

Le même mécanisme se met en marche en Allemagne, où le jeune terroriste, d’abord qualifié de maniaque déséquilibré d’extrême-droite admirateur de Breivik et victime de harcèlement de ses petits camarades, a agi avec préméditation. On découvre maintenant que la police allemande arrête un probable complice du tueur de Munich, un Afghan âgé de 16 ans.

On peut prendre les paris: on s’apercevra dans quelques semaines que le tueur de Munich a été grossièrement instrumentalisé par les milieux islamistes pour tuer.

Merkel prise au piège de sa politique

On comprend pourquoi le gouvernement allemand, CSU comprise, a besoin de nier les évidences: les « réfugiés » qui sont liés à ces attentats lorsqu’ils ne les perpètrent pas eux-mêmes sont une bombe à retardement. Lorsqu’Angela Merkel a décidé de remplacer les flux d’immigrés balkaniques par des Syriens et autres, elle a pris une responsabilité probablement mal mesurée. Les loups sont, cet été-là, entrés dans la bergerie.

Pour comprendre la politique migratoire de Merkel, lire mon article de l’an dernier sur le sujet.

Reconnaître que ce choix fut mortifère est aujourd’hui très difficile. Il signerait une débâcle de la CDU-CSU aux prochaines législatives. Même en Allemagne, le calcul politicien est au coeur du pouvoir.

La piste turque tient toujours

Certains se demanderont pourquoi les islamikazes infiltrés il y a parfois plus d’un an en Allemagne à l’occasion de la grande hémorragie migratoire ont mis autant de temps à passer à l’acte.

Personne ne dispose aujourd’hui d’une réponse sûre. Mais mes lecteurs savent que je penche pour une explication très pragmatique que la réalité corrobore à ce stade: les islamikazes sont les bras armés d’Erdogan en Europe, qui les utilise pour déstabiliser nos démocraties. Et comme par hasard, cette vague d’attentats mal préparés survient immédiatement après qu’Angela Merkel a déclaré refuser définitivement l’entrée de la Turquie dans l’Union.

Lire mon article sur l’origine turco-saoudienne des attentats.

Le douloureux temps du réveil

L’Allemagne doit désormais entreprendre le même douloureux travail que le nôtre: celui du réveil. Ah! qu’il était doux et bon de s’imaginer à l’abri du terrorisme. Et comme il est pénible de comprendre qu’on en devient une cible, qu’il peut frapper partout.

Dans ce cheminement, le gouvernement allemand semble bien décider à freiner des quatre fers pour des raisons purement politiciennes. Et pour y arriver, une impressionnante machine de propagande interne se met en place.

Réjouissons-nous de tout cela! même avec des équipements perfectionnés pour sa police politique appelée DCRI, et des millions d’argent public déversés chaque année sur des médias aux ordres, la France reste, par rapport à l’Allemagne, un grand pays de liberté et de transparence.