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L’attentat de Nice en passe de devenir une affaire d’Etat

Après l’attentat de Nice, ça craint méchamment du boudin pour Bernard Cazeneuve, lampiste officiel de François Hollande et de Manuel Valls. Même les petits cire-pompes du régime comme Slate, le site de Jacques Attali, sont en train de le lâcher en plein vol et sans parachute. L’atterrissage risque d’être douloureux!

Mais que s’est-il passé après l’attentat de Nice?

Petit à petit, c’est un imbroglio officiel qui se dessine – un de plus diront les mauvaises langues! pour une majorité parlementaire dont la cacophonie est une marque de fabrique. Il devient d’ailleurs de plus en plus difficile de comprendre ce qui s’est passé dans les heures qui ont suivi l’attentat.

Ce qui est acquis, à ce stade, est que les caméras de vidéosurveillance ont bien fonctionné à Nice, et qu’elles regorgent d’images de l’attentat. Le spectacle est si convainquant que François Hollande s’en est fait personnellement envoyer une copie du best-of le samedi qui a suivi la tragédie. Dès le week-end suivant le drame, l’Elysée pouvait donc constater l’épaisse différence entre les propos soutenus par son ministre de l’Intérieur (qui a toute sa confiance) et la réalité.

Dans la foulée, la Sous-Direction de l’Anti-Terrorisme (SDAT) a envoyé deux policiers auprès de Sandra Bertin, chef du centre de supervision urbain de la ville de Nice, pour regarder les images. La SDAT, sous le contrôle du Parquet (donc de François Molins), a demandé à Sandra Bertin de rédiger un rapport sur le dispositif présent ce soir-là, puis a demandé la destruction des images.

Les accusations de Sandra Bertin

Selon Sandra Bertin, cette opération a essentiellement visé à dissimuler la vérité sur les carences de la police nationale au moment de l’attentat, et à empêcher de les démontrer. Elle soutient que le cabinet du ministre lui-même a fait pression pour maquiller les faits. Voici ses propos:

« Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un commissaire au CSU (centre de supervision urbain) qui m’a mise en ligne avec la Place Beauvau », raconte Sandra Bertin (…).

La chef du CSU dit avoir « eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant des points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité ». (…)

« Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu. Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par e-mail une version modifiable du rapport, pour +ne pas tout retaper+. J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère! », poursuit Mme Bertin.

« J’ai finalement envoyé par e-mail une version PDF non modifiable et une autre modifiable. Puis, quelques jours plus tard, la sous-direction antiterroriste m’a demandé d’effacer les bandes des six caméras que j’ai mentionnées dans mon rapport, celles qui ont filmé la tuerie. On nous a demandé, pour les besoins de l’enquête, d’extraire huit jours de bande sur 180 caméras. Et maintenant il faudrait en effacer certaines pour empêcher leur diffusion au public », ajoute-t-elle.

Voilà qui commence à faire sérieusement tache. Entre les demandes de trucage des positions et l’ordre de détruire les images en possession de la ville de Nice, on dirait que le Parquet n’est pas très loin de l’affaire d’Etat.

À ce stade, on notera que François Molins prend sur lui la responsabilité de ces demandes. Son insistance montre bien dans quel pétrin se trouve l’Elysée, et comment François Hollande multiplie les pare-feux pour éviter la contagion de l’incendie jusqu’au Château.

Cazeneuve patauge dans la salade niçoise

Pour Bernard Cazeneuve, à qui la clique socialiste a redit sa confiance et son amitié, comme un avant-goût de discours mortuaire, la situation va vite devenir intenable. Toujours psychorigide, notre brillant ministre de l’Intérieur a organisé son propre piège: il a déposé plainte pour diffamation contre la fameuse Sandra Bertin. Voilà ce qui s’appelle se tirer une balle dans le pied.

En effet… c’est donc un magistrat du siège qui va devoir jugé si oui ou non les accusations de la policière municipale contre le Parquet sont justifiées. Et le plaignant n’est autre que le ministre de l’Intérieur lui-même. Dans le remake de David contre Goliath, du gentil pot de terre face au méchant pot de fer, cette affaire devrait trouver une place digne d’Hollywood.

On s’amuse par avance des polémiques que la mairie de Nice pourra lancer à foison contre l’alliance des puissants qui veut étouffer une vérité qui la dérange. Personne ne sait quel peut-être l’abruti qui a proposé à Cazeneuve d’apporter une réponse judiciaire à l’attaque, mais il mérite en tout cas une médaille de premier ordre.

Ajoutons que dans le bourbier niçois où Cazeneuve saute à pieds joints, Sandra Bertin est aussi déléguée syndicale. Tous les ingrédients sont donc réunis pour un enlisement du ministre dans les sables mouvants. Même un bleu n’aurait pas agi de la sorte.

L’imposture Cazeneuve démasquée

Si Cazeneuve fait propre sur lui et se montre docile aux intérêts du gouvernement profond, son imposture apparaît de façon grandissante.

On se souvient ici de ses dénis sur l’affaire de Sivens, de sa façon de manquer d’empathie pour les victimes, de cette froide hostilité pour tous ces gêneurs qui demandent une police au service du citoyen. Mais, à l’époque, Cazeneuve faisait peur aux medias qui se sentaient obligés de lui cirer les pompes. L’exercice est de plus en plus difficile à mener.

Tant que les attentats du 13 novembre n’étaient pas survenus, on pouvait encore ranger dans la catégorie paranoïaque de « complotistes » tous ceux qui pointaient les circonstances troublantes de l’attentat contre Charlie Hebdo ou contre l’Hyper Casher. Depuis le 13 novembre, à mesure que les mois passent, cette disqualification des esprits critiques est de plus en plus difficile à justifier.

Cazeneuve ne l’a pas compris, et a continué à sortir ses salades comme si de rien n’était après l’attentat de Nice.

Le 16 juillet, Cazeneuve annonçait ainsi à la presse que l’auteur de l’attentat de Nice s’était radicalisé rapidement. Le Parquet (indépendant du pouvoir, bien entendu) était en charge de l’affaire, mais c’est le ministre de l’Intérieur qui commente le dossier. Pour dire une bêtise puisque, dès les premières heures, les enquêteurs comprenaient que le terroriste préméditait son acte depuis plusieurs mois.

Le 21 juillet, Cazeneuve accusait Libération de « complotisme », après des révélations sur les failles de la police. Le voilà, l’argument! tous ceux qui demandent des comptes à la police sont des complotistes.

Cette fois-ci, Cazeneuve devrait avoir droit au repas qu’il mérite: il mangera son chapeau. Et, souhaitons-le pour tous ceux qui en ont assez de cette caste au pouvoir pleine de morgue, il démissionnera.

Terrorisme: l’histoire de l’Europe s’accélère

Article écrit pour atlantico, mis à jour le 23 juillet à 8h20.

L’histoire de l’Europe connaît en ce moment même une accélération comme on en connaît rarement au cours d’une génération. Il est trop tôt, bien sûr, pour en comprendre le sens et la nature, et pour en anticiper l’orientation finale. Et il est malheureusement très probable que la tragédie ne fasse que commencer.

Pas de répit après le Brexit

Assez curieusement, c’est par la démocratie même que la démocratie européenne a connu l’un de ses premiers bouleversements historiques. Avec le Brexit, l’Europe s’est réveillée brutalement d’un rêve heureux. Et soudain, elle a compris qu’elle avait mangé son pain blanc.

Désormais, les peuples ne dissimulent plus leur sentiment d’un excès d’inconvénients de l’Union Européenne qui surpasse la masse de ses avantages. L’Europe, cette évidence d’hier, cette grande allée toute droite dans le destin des peuples et de la civilisation, est devenue un labyrinthe incertain.

Et puis le terrorisme revient.

Nice et l’agonie du multiculturalisme

Après l’attentat de Nice, la réaction des populations s’est faite incertaine. Le « pas d’amalgame » semble avoir vécu. Les langues se délient. La prise de conscience se fait. Les mots viennent pour dire les choses qui dérangent. Le projet politique de l’Islam est interrogé. La capacité de l’Etat à assurer la sécurité est passée au crible. L’idéologie de l’unité à tout prix ne prend plus.

Rapidement, chacun sent bien que nous sommes à un tournant de notre histoire. Peu à peu, le sanglot de l’homme blanc s’assèche et fait place à une réaction identitaire encore timide, mais prometteuse: la civilisation européenne doit résister à la barbarie. Elle doit affirmer ses valeurs, ne plus céder de terrain. Et ceux qui s’y installent doivent les accepter.

Munich et ses inconnues

La tuerie dans un centre commercial de Munich n’a pas fini de produire ses effets. Pendant un temps, l’Allemagne a cru que trois hommes au moins y avaient passé la nuit après avoir tiré sur la foule. Les Allemands s’éveillent dans un univers où la tragédie peut se reproduire partout.

Quel impact cet épisode de peur peut-il avoir sur la lecture que les Allemands feront de l’ensemble européen? de la coopération communautaire? Personne ne le sait encore, mais la réaction pourrait être terrible. Au-delà des antiennes répétées par les germanophiles en France sur le mode « les Allemands ont changé », personne en réalité ne peut savoir si ses démons se réveilleront ou non.

L’Europe va-t-elle se réveiller?

D’une certaine façon, cette tragédie est une forme contemporaine d’ordalie, cette administration de la preuve prévue par le droit franc et germanique qui consistait à mettre une barre de fer rougi dans les mains du suspect pour lui faire avouer ses vérités. La tragédie du terrorisme, c’est l’épreuve de la conscience européenne.

L’Europe est-elle un idéal d’intellectuels et de technocrates animés par des vues théoriques coupées des réalités? Ou bien est-elle un présent vivant, un enjeu pour ses peuples? Ceux-ci exigeront-ils que l’Europe réagisse de façon concertée à la menace qui pèse sur elle? Les peuples demanderont-ils une transformation en profondeur du projet européen: moins de bureaucratie, plus d’action et de sécurité?

Les semaines à venir le diront.

L’Europe, au bord du gouffre, doit se réveiller

Incidemment, l’Europe n’a plus guère le choix. La construction communautaire, avec son cortège de bureaucrates, a endormi l’esprit combatif des Européens. Ce sont pourtant eux, les Européens de la rue, qui seront les derniers remparts contre la menace qui pèse désormais.

Il existe, dans la conscience européenne, une couche basse de la mémoire, une sorte de souvenir des vingt-cinq siècles qui se sont écoulés avant le nôtre. Cette mémoire est celle d’un promontoire prospère niché aux confins du territoire asiatique, ouvert sur un océan tempéré, généreux, où les peuplements ont souvent dû se défendre pour survivre face à de nouveaux arrivants.

Les Européens d’aujourd’hui se souviendront-ils de cet héritage? Le perpétueront-ils? Il le faut et nous devons l’y aider.

L’Europe connaît l’Islam depuis longtemps

D’ailleurs, la relation douloureuse avec l’Islam n’est pas un fait nouveau pour la conscience européenne. L’invasion de l’Espagne, la bataille de Poitiers, puis la menace ottomane, ont rôdé pendant plusieurs siècles la riposte chrétienne au Jihad. Nous avons su nous forger des certitudes et une détermination à agir au cours des siècles.

Certes, cette détermination a parfois pris des chemins détournés ou inverses. Il n’en reste pas moins que l’émergence d’un projet politique islamique sur le territoire européen n’est pas inédit et nous savons que nous pouvons y résister.

Les Européens doivent agir

Cette résistance suppose que l’Europe passe un cap. Celui-ci repose sur l’affirmation d’une conscience européenne, d’une nature aussi ancestrale que nouvelle. Les Européens n’ont plus le choix. Ils doivent tourner le dos à leur idéal d’une construction politique désincarnée, abstraite, et pacifique. Ils doivent assumer la tragédie d’habiter un appendice prospères aux confins d’un monde misérable.

Les Européens doivent oublier la construction communautaire et retrouver la mémoire durable d’un vrai projet continental, fondé sur le respect des libertés individuelles et sur la préservation de leur modèle de développement. Nous savons aujourd’hui que nous préférons le défendre dans la paix, mais que les rumeurs de la guerre commencent à nous parvenir.

Merkel plante Erdogan et récolte un carnage

Erdogan est-il le grand Manitou du terrorisme qui a frappé la France, et qui frappe maintenant l’Europe Occidentale? Il y a quelques mois, j’avais déjà évoqué cette hypothèse. L’attentat en cours à Munich permet une fois de plus de soulever la question.

Terrorisme: au tour de l’Allemagne

En quelques jours, l’Allemagne, qui a longtemps fait des mamours à Erdogan, se retrouve avec des attentats sur les bras.

Au lendemain de la tentative de coup d’Etat en Turquie, c’est un Afghan de 17 ans qui s’est attaqué à des passagers, dans un train, avec une hache (opération revendiquée par Daesh). Aujourd’hui, c’est la ville de Munich qui est transformée en champ de tir. Épargnée (curieusement) jusqu’ici par les attentats, l’Allemagne semble maintenant être une cible de premier ordre.

La veille, Merkel plante Erdogan

On ne nous en voudra pas de faire un parallèle avec une information incidente, mais qui corrobore une hypothèse tentante. Ce jeudi, Angela Merkel a plaidé pour une interruption des pourparlers d’adhésion de la Turquie dans l’Union.

Dans cet ordre d’idée, c’est le leader de la CSU, Horst Seehofer, qui s’est montré le plus virulent. La CSU est la branche bavaroise de la CDU, le parti de Merkel. Et la fusillade éclate en Bavière…

Des enchaînements troublants

En reprenant le cours totalement fou de l’histoire européenne depuis une semaine, c’est-à-dire depuis son extravagante accélération, les esprits raisonnables ne peuvent évidemment manquer de se poser quelques questions sur des « suites » étonnantes.

Le 13 juillet au matin, la consule de France à Istanbul annonçait la suppression des festivités du 14 juillet pour des « raisons de sécurité ».

Dans la foulée, les missions françaises en Turquie – ambassade de France à Ankara et consulat général – ont été fermées mercredi pour des raisons de sécurité, a annoncé l’ambassade de France.

L’annulation de la célébration de la fête nationale française dans les trois plus grandes villes de Turquie constitue une première, selon une source consulaire.

Le 13 juillet au soir, un attentat, dont on sait maintenant qu’il était prémédité de longue date, frappait Nice.

Le 14 juillet, une tentative de coup d’Etat avait lieu en Turquie. Erdogan n’a pas tardé à accuser des pays étrangers d’avoir fomenté cette opération. La France avait-elle fermé son ambassade en prévision de ce coup d’Etat? Erdogan était-il prévenu de sa préparation? Nul ne le sait encore.

Le 16 juillet, Jean-Marc Ayrault (qui est notre ministre des Affaires Étrangères) affirmait ouvertement ses doutes sur le soutien que la Turquie apportait à Daesh.

Erdogan a-t-il favorisé des arrivées massives de terroristes?

Rappelons en outre que, quelques jours avant ces événements funestes, une réunion a eu lieu à Moscou, notamment avec le Mossad, sur des infiltrations massives de terroristes armés par la frontière azérie et géorgienne. Une carte de la région montre que ces mouvements peuvent difficilement s’opérer sans que la Turquie ou l’Iran ne les soutiennent.

Erdogan

Il est évidemment trop tôt pour porter des affirmations implacables. Mais des indices concordants laissent en tout cas penser que le terrorisme que nous connaissons en Europe n’est non seulement pas étranger à la situation politique intérieure turque, mais même qu’il en constitue une forme d’exportation.

Comment Hollande carbonise Cazeneuve

On adore! C’est du travail de pro! Hollande, qui n’a jamais exercé la moindre responsabilité en France avec une réussite simplement minimal, excelle dans un et un seul art: celui de carboniser les lampistes pour garder les mains propres. Un art qui demande des pré-dispositions certaines, qu’il a parfaites à l’ENA puis au Parti Socialiste!

Hollande a mesuré la catastrophe de Nice

Pour Hollande, l’attentat de Nice constitue une bien méchante épine dans le pied. Pendant que son second couteau Cazeneuve expliquait avec la constance du professeur de catéchisme: « Il n’y a pas de faille dans notre dispositif, seuls les complotistes disent le contraire », François le bien coiffé était pris d’un doute. Et si les flics qui broutent la moquette de Cazeneuve avaient menti? Et si Estrosi avait raison? si les policiers nationaux avaient vraiment tiré au flanc à Nice ce soir-là?

Comme le révèle le Figaro, Hollande s’est fait envoyer dès samedi les images de la vidéosurveillance sur la Promenade des Anglais. Il sait, donc, ce qui s’est passé ce soir-là. En tout cas, il est l’un des mieux informés en France sur le sujet.

Hollande a-t-il demandé la destruction des images?

Comme l’indique encore le Figaro, la sous-direction anti-terroriste (SDAT) a demandé, dans la foulée de cette transmission, la destruction des épreuves. Une réquisition officielle a exigé des services de la ville de Nice une destruction des images tournées le 13 juillet par les caméras municipales.

Détruire des preuves? Il est très probable que la SDAT n’ait pas formulé cette demande sans une instruction écrite en très très haut lieu. Un scandale d’Etat commence.

Cazeneuve et Valls étaient-ils au courant de cette demande? Tout laisse à penser que non, car on voit mal pourquoi ils auraient maintenu un tir de barrage face à l’opposition avec aussi peu de munitions dans leur besace. Le plus vraisemblable est que Hollande, dès dimanche, ait compris que sa seule chance de survie face à l’ignoble incompétence de la préfectorale et de la police, était d’attirer les foudres de l’opinion sur Cazeneuve et Valls.

En douce, il a donc décidé de les laisser se débattre dans leurs sables mouvants.

Hollande fera-t-il payer les lampistes?

En tout cas, une explication est enfin donnée. On se demandait pourquoi un Cazeneuve, qui n’est pas énarque, pouvait afficher autant de morgue pour un bilan aussi nul. Et surtout, cette espèce de balai qu’il s’enfonce toujours bien droit avant de parler à la télévision, rien que pour égrener d’un ton docte des banalités affligeantes. Pourquoi avoir supporté tout cela pendant autant de temps?

Parce que, nous le savons maintenant, il était l’invité permanent du dîner de cons organisé par François Hollande.

Bernard Cazeneuve a désormais une mission officielle, la suprême, celle qui lui va d’ailleurs comme un gant: jouer le rôle de paratonnerre à fèces pour son Président adoré. C’est si bon, mon doux et bon maître!

Ces huit mois qui ont ébranlé le multiculturalisme

Le multiculturalisme est en crise. En France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Belgique, mais aussi aux États-Unis, l’idéologie selon laquelle la société doit être organisée autour d’une pluralité de langues, de communautés, de religions, connaît des ratés majeurs. En quelques mois, les certitudes diffusées depuis plusieurs décennies, tant en Europe qu’en Amérique, se sont fortement lézardées.

Le multiculturalisme américain au bord du gouffre

L’embuscade tendue à des policiers à Bâton Rouge montre à quel point l’idéal multiculturel aux États-Unis est en souffrance. Contrairement à tout ce qu’on avait pu croire depuis plusieurs années, le fossé entre Blancs et Noirs ne s’est pas rempli. Il s’est même creusé et enflammé.

Alors que les Afro-Américains représentent 13% de la population américaine, la politique de discrimination positive dont ils ont bénéficié ne semble pas véritablement avoir atteint son objectif.

D’un côté, le mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte) exacerbe fortement les tensions avec la police. Il illustre l’échec massif d’une politique de lutte contre les discriminations par les quotas.

D’un autre côté, la communauté WASP n’hésite plus, avec Donald Trump, a affirmé des valeurs de rupture avec cette politique héritée des années 70. On lira par exemple ce genre de message sur Twitter, qui en dit long sur l’état d’esprit émergent à l’occasion de la campagne présidentielle américaine:

 

Le multiculturalisme français après l’attentat de Nice

En France, la multiplication des campagnes officielles en faveur de « l’unité » prouve là encore que le sujet ne coule pas de source dans l’opinion. Incontestablement, la survenue d’attentats commis par des Français radicalisés, issus de l’immigration maghrébine, jette un puissant doute sur le multiculturalisme et ses bienfaits. L’absence de désapprobation claire de ces massacres par les Musulmans de France n’a pas aidé à dissiper le flou…

De fait, et depuis plusieurs mois, l’éloge du « multi » rassemble de moins en moins de partisans. Si ceux-ci restent majoritaires dans les médias, le discours dominant accepte de plus en plus l’idée d’une remise à plat du concept.

Cette prise de conscience devrait d’ailleurs contribuer à une mise en minorité du Front National. Celui-ci n’a plus le monopole du discours sur le sujet.

Le Brexit est-il un rejet du multiculturalisme?

Si la Grande-Bretagne a longtemps fait figure de poste avancé du multiculturalisme et du communautarisme en Europe, le Brexit semble avoir donné un sévère coup d’arrêt au phénomène. La majorité des Britanniques s’est exprimée contre une politique migratoire ouverte, imposée par l’Allemagne.

Comme l’ont souligné les eurolâtres, ce sont d’abord les ruraux et les plus âgés qui ont exprimé leur refus de voir la société britannique « se mélanger ».

L’Allemagne prend ses distances avec le modèle multiculturel

Les turpitudes de la Nuit de la Saint-Sylvestre, à Cologne notamment, ont modifié en profondeur la perception du modèle multiculturel en Allemagne. Angela Merkel peut se féliciter des disputes internes au mouvement AFD, et de la victoire du « Leave » en Grande-Bretagne. Le parti nationaliste allemand est en perte de vitesse.

Il n’en reste pas moins qu’Angela Merkel est désormais obligée de modifier son discours. Non seulement, elle a fermé ses frontières, mais elle prend de fortes distances avec Erdogan. La ligne pro-islamique est de moins en moins facile à tenir en Allemagne.

L’éducation plutôt que le multiculturalisme

Par quoi remplacer le multiculturalisme?

Les pays occidentaux ne feront pas l’économie d’une réflexion en profondeur sur l’importance d’un projet éducatif pour les allogènes. Accueillir, soigner, héberger, ne suffit plus. Il faut encore former, éduquer, intégrer culturellement.

Là encore, il est très probable que les technostructures actuelles ne soient pas « équipées » pour relever ce défi. Un séisme sera nécessaire pour régler le problème démographique global auquel nous sommes confrontés.

 

Terrorisme: déjouez les sophismes de la bien-pensance

Pour éviter les questions qui fâchent en matière de lutte contre le terrorisme, le gouvernement et les bien-pensants qui le soutiennent multiplient les sophismes, c’est-à-dire les raisonnements faux mais qui paraissent juste. En voici une petite anthologie illustrée.

Jean-Marie Colombani et sa pente savonneuse

Dans une tribune publiée par Slate (le pure player dirigé par Jacques Attali), Jean-Marie Colombani, qui reprend ici mot pour mot les propos de François Hollande, explique qu’il faut soutenir le gouvernement, sans quoi:

le danger est, cette fois, celui d’une dislocation de la société française

Ce type de sophisme s’appelle une pente savonneuse: si vous demandez des comptes au gouvernement, la société va voler en éclat. La technique consiste donc à ne pas répondre sur le fond, mais à laisser craindre le pire. Cette technique est proche d’une forme d’argumentum ad consequentiam appelée appel à la terreur: Continuez comme ça, et les 7 plaies d’Egypte s’abattront sur vous.

Comment répondre à la pente savonneuse?

Évaluez les politiques publiques en matière de terrorisme conduit-il à une dislocation de la société française? C’est plutôt le contraire qui la disloque: accepter sans broncher des politiques qui provoquent la mort de centaines d’innocents, et protéger les incompétents qui les mènent.

Mediapart et sa reduction ad hitlerum

Dans un article marqué du sceau de la modérationMediapart explique que les critiques contre le gouvernement émanent de la droite et de l’extrême-droite:

Dans la foulée du massacre de la promenade des Anglais, la droite et l’extrême droite ont dénoncé « l’impuissance de l’exécutif », et réclamé que « la vérité » soit enfin assumée.

La technique est simple et bien connue: elle consiste à suggérer que tous ceux qui demandent une évaluation de la politique anti-terroriste sont liés à l’extrême-droite, sous-entendu sont des avocats ou des suppôts du nazisme. Ce sophisme s’appelle la reductio ad Hitlerum, qui est une forme de déshonneur par association.

Comment répondre à ce sophisme?

L’argument est plutôt simple. Il consiste à rappeler que les démocrates ne peuvent indéfiniment laisser l’extrême-droite être la seule à utiliser les libertés publiques qui nous sont reconnues par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. L’article 15 de celle-ci garantit à chacun la possibilité de demander des comptes au gouvernement.

Valls et son argumentum ad odium

Dans une interview au Journal du Dimanche, Manuel Valls utilise deux types de sophisme:

«Chacun connaît ma détermination, l’autorité est pour moi une valeur essentielle. Mais remettre en cause l’État de droit, remettre en cause nos valeurs serait le plus grand renoncement». Et d’ajouter : «La réponse à l’État islamique ne peut pas être la « trumpisation » des esprits.»

Le premier, qui consiste à accuser ses détracteurs de remettre en cause l’Etat de droit, est une généralisation abusive. On s’arrêtera surtout sur la « trumpisation » des esprits, qui procède de l’argumentum ad odium. Tous ceux qui ne pensent pas comme moi sont « trumpisés ». La technique est proche du déshonneur par association.

Comment répondre à Valls?

Il faut inlassablement répéter que c’est l’absence de réponse sur le fond qui conduit à des effets indésirables comme la « trumpisation » des esprits. Si les politiques acceptaient de rendre des comptes sur leurs choix et leurs décisions, les esprits ne seraient pas obligés de se radicaliser.

Terrorisme: les très embarrassants dénis de Cazeneuve et de sa police

La police française (au sens large) échoue-t-elle à améliorer ses performances dans la lutte contre le terrorisme? C’est évidemment la question qui est dans tous les esprits, et qu’une démocratie normale se poserait. D’ailleurs, rappelons que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen prévoit, dans sa grande sagesse et son article 15: « La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. »

Simplement, la dérive aristocratique française, qui veut que l’administration et ses marquis soient au-dessus des lois, rend cette demande de compte de moins en moins possible. Et c’est bien dommage…

La lutte contre le terrorisme avant Charlie Hebdo

Avant l’affaire Charlie Hebdo, les renseignements français sont pris deux fois en situation d’échec: une fois dans l’affaire Merah, une fois dans l’affaire Nemouche (attentat au musée juif de Bruxelles):

Il n’empêche, pour le « Washington Post », la France a été au centre des plusieurs affaires qui témoignent d’une « défaillance ». Le quotidien rappelle ainsi que Mehdi Nemouche, l’auteur présumé de la fusillade meurtrière du Musée juif de Bruxelles, en mai 2014, était lui aussi connu des services français pour un séjour effectué en Syrie.

De même, Mohamed Merah, l’auteur des tueries à Toulouse et Montauban en 2012, figurait, au même titre que les frères Kouachi, sur la liste noire des personnes interdites de vol, en provenance et à destination des États-Unis. Objet d’une fiche S dès 2006, le jeune homme fut interrogé par la police en 2011 sur ses différents voyages effectués en Afghanistan et au Pakistan notamment. Avant d’être relâché.

Lorsque l’attentat contre Charlie Hebdo survient, personne n’ignore donc les failles du renseignement français, notamment son incapacité à coordonner les informations que reçoivent les différents services. Et surtout, mettons les pieds dans le plat, cette terrible déresponsabilisation administrative qui consiste à appliquer des procédures plutôt qu’à obtenir des résultats.

La lutte contre le terrorisme au moment de Charlie Hebdo

Mettons à part l’affaire du marché de Nantes en décembre 2014, dont l’auteur, Sébastien Sarron, s’est suicidé en avril 2016, dans sa prison, et qui apparaît aujourd’hui comme la préfiguration d’une terrible suite d’actions (bien plus) meurtrières.

Reprenons la chronologie sanglante depuis le massacre de Charlie Hebdo.

terrorisme

Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi, fichés S par les renseignements, mais dont la surveillance s’est étrangement arrêtée quelques mois auparavant, entrent dans les locaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo et y tuent onze personnes. L’opération est facilitée par l’arrêt de la surveillance permanente des locaux quelques semaines auparavant.

Deux jours plus tard, Amedy Coulibaly, qui est probablement l’auteur d’au moins une fusillade (la veille) où une policière trouve la mort, prend d’assaut un supermarché casher dans Paris et tue 4 personnes. Coulibaly était fiché S.

Il avait été contrôlé par la police dans les rues de Paris quelques jours auparavant sans que la hiérarchie policière ne suive la procédure habituelle pour l’interroger. C’est un loupé parmi d’autres: alors que Coulibaly avait purgé une peine de 5 ans de prison pour avoir cherché à libérer un des terroristes de 1995, l’administration pénitentiaire avait signalé sa radicalisation. Mais les services de renseignement ne l’ont pas mis sous surveillance à sa sortie de prison.

Ajoutons que, selon toute vraisemblance, les armes de Coulibaly furent achetées auprès d’un indicateur de la gendarmerie qui aurait dû, au minimum, signaler les agissements de l’impétrant.

Bref, le 11 janvier, lorsque plusieurs millions de Français descendent dans les rues pour dire leur émotion, la police a un immense travail de remise en cause à mener.

On augmente les moyens, mais on ne change pas les méthodes

Dans la foulée de ces massacres, la police française, brillamment conduite par le psychorigide Bernard Cazeneuve, va nous sortir la soupe au déni qui ne va plus quitter les fourneaux jusqu’à aujourd’hui, et qui repose sur deux principes simples. Premièrement, les policiers ne ménagent ni leur temps ni leur peine, donc ils n’ont rien à se reprocher ni rien à améliorer. Deuxièmement, ils ne sont pas assez nombreux et sont entravés par la protection des libertés publiques, qui nuit à leur efficacité.

Se met donc en branle dès le mois de janvier 2015 une logique de déni qui déporte tous les problèmes vers le manque de moyens et l’excès de liberté, et qui interdit de poser la question de l’organisation interne des services. Tous ceux qui s’y essayent sont immédiatement taxés de complotisme ou d’esprit de discorde, ce qui équivaut à une exécution en place de grève.

Le 24 juillet 2015, la liberticide loi relative au renseignement est promulguée. Dès la fin janvier, Manuel Valls avait annoncé 450 millions d’euros supplémentaires et 2.500 emplois…

Et patatras, le Bataclan arrive

Le 6 novembre, le psychorigide Bernard Cazeneuve fait une annonce stupéfiante qui passe inaperçue:

« Pendant un mois, nous allons établir des contrôles aux frontières », a déclaré le ministre, évoquant « un contexte de menace terroriste ou de risque de trouble à l’ordre public ».

Quelques jours plus tard, Salah Abdeslam et Mohammed Abrini effectuent un premier voyage de repérage à Paris, avant de convoyer les équipes qui vont commettre les attentats du 13 novembre, dans le 11è arrondissement, dont le massacre du Bataclan, et à Saint-Denis.

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Stupeur: les terroristes du 13 novembre ont tous ou presque fait l’objet des mêmes failles que Coulibaly et les frères Kouachi quelques mois auparavant: surveillances parcellaires, défaillantes, contrôles judiciaires non suivis, défaut de transmission d’informations entre services, porosité manifeste des frontières.

Pire! alors que les frontières sont officiellement fermées, Salah Abdeslam parvient à s’exfiltrer le 14 novembre au matin, alors même que des policiers l’arrêtent et l’interrogent. Mais la hiérarchie, une fois de plus, donne l’ordre de le laisser repartir.

Les ahurissants dénis de Bernard Cazeneuve

Dans une démocratie normale, une répétition amplifiée des échecs connus et parfaitement analysables du 7 janvier n’aurait pas forcément conduit à la démission du ministre de l’Intérieur, mais elle aurait mené à une remise en question des certitudes acquises. Dans la république bananière française, il en va autrement. Lors de son audition par la commission parlementaire sur le sujet, Bernard Cazeneuve a fait toute la démonstration de sa psychorigidité et de son incapacité à sortir de la posture politique pour s’occuper de l’intérêt général.

« L’exercice consistant à pointer des failles avant de démontrer leur existence est extrêmement facile », a-t-il déclaré, affirmant vouloir s’attacher « à la vérité ». (…)

Bernard Cazeneuve a finalement vanté les réformes sur les renseignements et les moyens des services antiterroristes lancées depuis le début quinquennat et a égratigné celle de 2008, engagée lors de la majorité précédente. « Bernard Cazeneuve est toujours dans l’autosatisfaction et dans le jeu politique, profitant de la commission pour critiquer le gouvernement précédent », a dénoncé, sur Twitter, l’association de proches de victimes et rescapés, 13 novembre: Fraternité et vérité.

Chassez la vérité, elle revient au galop

Pourtant, et malgré un combat de tous les instants, les vérités bien huilées de Bernard Cazeneuve prennent l’eau.

Par exemple, les réactions des proches des victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo ont commencé à faire tache.

Dès le 18 octobre 2015, la véritable compagne de Charb relate divers détails sur les moments qui ont précédé sa mort et qui suggèrent une nuance substantielle entre la version admise de l’attentat et ses motivations plausibles.

Après le réveil, Charb est parti chercher des croissants à la boulangerie. En revenant, il avait l’air soucieux : il m’a raconté avoir repéré en bas de son immeuble une voiture noire aux vitres teintées, de marque Peugeot ou Renault, je ne me rappelle plus précisément. Il n’était pas du genre à s’inquiéter pour rien, mais là, ça le perturbait. Il répétait : « C’est bizarre cette voiture. » (…)Qui était dans cette voiture ? Les frères Kouachi ? Des complices ? J’ai parlé de cet épisode aux policiers qui m’ont entendue, et j’ai écrit à la juge chargée du dossier cet été pour lui rappeler cet élément, mais je n’ai aucun retour depuis.

Quelques semaines plus tard (après le 13 novembre donc), c’est la femme du policier chargé de la sécurité de Charb qui porte plainte. Bernard Cazeneuve, qui n’ignore pas la persistance des trous dans la raquette policière après le Bataclan, continue néanmoins les dénis:

Interrogé par ailleurs sur une «guerre des polices» dans la lutte contre le terrorisme, Bernard Cazeneuve a assuré que de «nouvelles méthodes de travail de décloisonnement des services» avaient été mises en place, dont un état-major autour de lui «pour que les gens se parlent». Il y a eu «énormément de décisions et d’actions», a-t-il souligné, citant le démantèlement de dix-huit filières de recrutement de jihadistes depuis 2013, l’arrestation de onze groupes «s’apprêtant à commettre des attentats» et «six attentats déjoués depuis le printemps».

Malheureusement, Cazeneuve oublie de citer l’immense raté du 13 novembre…

Le GIGN confirme l’incompétence du commandement

Dans le même ordre d’idées, la polémique de ces derniers jours sur la quasi-mutinerie au sein du GIGN contre le colonel Bonneau souligne bien que, ce qui est en cause aujourd’hui, c’est le médiocre commandement des services de sécurité, tous politisés, tous proches du pouvoir, mais avec des compétences approximatives.

En elle-même, l’information sur l’inaction du GIGN n’est pas nouvelle. Dès le 15 décembre, la presse avait souligné l’étrange attentisme du groupement le soir du Bataclan. Les gendarmes du groupement ont, depuis, exprimé leur colère face aux erreurs de commandement ce soir-là.

terrorisme

Comme d’habitude, le ministère de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve compris, ont affirmé que les procédures avaient été respectées, donc que tout allait bien.

Certes, l’assaut contre le Bataclan, tenu par deux terroristes, a duré plus de quatre heures. Certes, des dizaines de personnes sont mortes ce soir-là. Mais tout va bien!

Même les juges administratifs reconnaissent la responsabilité de l’Etat

Le problème de tout ce petit monde est évidemment qu’il est mû par des problèmes partisans, et certainement pas par le souci d’améliorer durablement les performances de la police française pour éviter d’autres attentats. Les sujets sont donc systématiquement abordés sous l’angle: est-ce utile à notre réélection.

Les défauts de la police, ses failles, ses incompétences, et surtout sa paresse à les corriger sont pourtant tellement flagrants que même la justice administrative, qui est aux ordres du gouvernement, ne peut plus « faire comme si ». Dans le cadre de l’affaire Merah, le tribunal administratif de Nîmes vient, par exemple, de reconnaître la responsabilité de l’Etat dans la mort de l’une des victimes du terroriste.

Face aux décisions absurdes des services de renseignement, qui ont arrêté la surveillance de Merah alors qu’il revenait manifestement d’un entraînement militaire en Afghanistan, aucun juge ne peut plus admettre que la police ne connaisse pas de graves dysfonctionnements qui ne sont certainement pas réglés depuis l’arrivée de la gauche. Et ce n’est pas en recrutant à tour de bras que l’on empêchera un policier paresseux de ne pas ordonner le suivi d’un suspect à l’issue d’un interrogatoire où les évidences s’imposent. C’est plutôt en le manageant, métier qu’aucun officier de police ne semble plus avoir envie de faire.

La cohésion, prétexte à l’incompétence

Après l’attentat de Nice, qui repose les mêmes problèmes d’organisation de la police (notamment sur la fameuse trajectoire de deux kilomètres en zone interdite avant d’être arrêté), François Hollande a trouvé la parade: il ne faut pas de polémique inutile, il faut rester soudés.

Bien sûr. Les paresseux ne font pas le boulot, les Français tombent comme des mouches, mais il ne faut pas poser de question, ni demander de compte (ce qui est pourtant notre droit fondamental).

C’est bien ce qui nous embarrasse dans les dénis de Bernard Cazeneuve: au lieu d’agir en homme d’Etat capable de poser les problèmes par-delà les polémiques partisanes, sa seule argumentation est de nier et de ramener le débat à un niveau indigne. Et pendant ce temps, la France sombre.

Coup d’Etat en Turquie: les images chocs

Le coup d’Etat en Turquie semble avoir échoué. Il a donné lieu à une multitude d’images amateurs dont je montre ici quelques moments-clés. On retiendra qu’à l’issue de cette soirée et cette nuit chaotique, il est fort probable qu’Erdogan ait renforcé son pouvoir et sa légitimité dans le pays.

Un avion de combat survole Ankara

Un hélicoptère tire sur la foule

Assez rapidement, des civils semblent s’être rassemblés pour s’opposer au coup d’Etat. Les militaires auraient alors tiré sur la foule.

Des tirs et bombardements sur le palais présidentiel

Lynchage de putschistes à la télévision turque

Des militaires arrêtés par des policiers

Des Turcs envahissant l’aéroport au chant d’Allah Akbar

 

Turquie: l’armée en train de renverser Erdogan?

Mise à Jour à 22h50

Les nouvelles qui arrivent de Turquie ne manquent pas de surprendre. Selon diverses informations concordantes, un coup d’Etat serait en cours dans le pays et l’armée préparerait le renversement d’Erdogan.

Des coups de feu entendus en Turquie, notamment à Ankara

À 20h56, heure de Londres, des coups de feu ont été entendus à Ankara. Diverses sources indiquaient que des hélicoptères et des avions survolaient la capitale, ainsi qu’Istanbul.

La Turquie coupée en deux: le Bosphore fermé

Quelques minutes plus tard, diverses sources ajoutaient que le Bosphore était fermé et que la gendarmerie se déployait dans les rues d’Istanbul. On parle de l’instauration de la loi martiale. Le Premier Ministre affirmait qu’une partie de l’armée tentait un coup d’Etat militaire.

L’armée annonce sa victoire

Dans le désordre ambiant en Turquie, l’armée annonce sa victoire, alors que le Premier Ministre marginalise les événements.

Pour le reste, on dispose d’encore assez peu d’informations. La survenue d’un coup d’Etat constituerait une nouvelle étape majeure dans le délitement du Proche-Orient et dans les répercussions que nous constatons à sa suite.

Je tâcherai de suivre avec précision ces événements dont les implications risquent d’être extrêmement importantes pour l’ensemble de l’Union Européenne et de l’OTAN. Rappelons que la Turquie d’Erdogan est en train de rompre avec le passé laïque initié par Ataturk au début du vingtième siècle. Cette rupture s’est notamment traduite par un soutien à l’Etat Islamique.

Les Niçois, nouvelles victimes du « Vivre Ensemble »

Les Niçois sont les premiers « provinciaux » à subir de plein fouet les attentats de masse que nous avons connus à Paris. Ils ne seront malheureusement pas les derniers. Au-delà de l’indignation suscitée par cette manifestation de haine vis-à-vis de notre pays, d’autant plus symbolique qu’elle se produit lors d’un feu d’artifice du 14 juillet, c’est la question même du « Vivre Ensemble » qui est posée.

Le « Vivre Ensemble », ce mortifère renoncement à soi

Elle est belle et généreuse, cette expression de « Vivre Ensemble », mais elle est si mensongère, si trompeuse.

Elle fait croire que la seule façon de trouver la paix consiste à demander aux uns de renoncer à ce qu’ils sont, pour recevoir les autres et ce qu’ils sont. Quelle sotte idée! Comme si admettre des reculs sur la démocratie, sur le droit des femmes, sur la liberté de pensée ou d’expression, allait adoucir les moeurs des nouveaux arrivants.

Et c’est pourtant bien ce qui se produit depuis plusieurs années. Les femmes se voilent. Certains n’hésitent pas à déclamer en public que le droit de vote ne sert à rien car Allah doit décider de tout. Il n’est plus possible de critiquer l’Islam sans s’exposer à des délits. Que dis-je? il n’est même plus possible de demander le respect élémentaire pour autrui sans être accusé de racisme.

Et tout ça pour quoi? pour quel bénéfice? La France bat tous les records de morts sur son sol misérablement assassinés par les envoyés d’Allah. Et plus nous finançons des campagnes pour « vivre ensemble », plus nous concédons de nouveaux territoires, et plus le nombre de morts augmente.

Le moment vient de tirer le bilan objectif, froid, serein, évident du naufrage dans lequel nous emmène cette compassion pour les bourreaux, ce mépris pour les victimes qui s’appelle le « Vivre Ensemble » et son cortège de « Tous Unis ».

Non, je ne suis pas uni aux terroristes ni à leur religion

Encore une fois, nous allons avoir droit à cet indécent cortège d’appels au mensonge et à la cécité volontaire. Les Français meurent au nom d’Allah, mais nous n’avons pas le droit de le dire, car c’est du racisme, et nous n’avons même pas le droit de le voir.

Lorsque les Français mouraient au nom du Christ, il était et est évidemment encore de bon ton de dénoncer l’intolérance religieuse et le fanatisme des Chrétiens. La nuit de la Saint-Barthélémy continue à être enseignée comme la preuve du fléau religieux, de la nocivité de l’Eglise.

En revanche, que des dizaines de civils désarmés soient massacrés par des admirateurs d’Allah n’autorise pas à dénoncer la nocivité de l’Islam ni à demander une reprise en main de ces intolérants religieux.

Quand Jésus tue, aucun mot n’est assez dur pour condamner. Quand Allah tue, les bonnes âmes se taisent et imposent le silence.

Face à la montée inexorable de la terreur, le moment vient pourtant, pour le peuple français, de dire non et d’exiger des Musulmans de France une prise de position claire sur ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont. Pour ma part, en tout cas, je ne vois pas pourquoi ce pays tresse des couronnes de laurier aux bouffeurs de curé et renvoie en correctionnelle les bouffeurs d’imam.

Ne fermez pas les yeux sur la radicalisation des Musulmans de France

Ceux qui fréquentent au jour le jour les communautés musulmanes de France savent pourtant la terrible vérité. Oui, depuis deux ou trois ans, la radicalisation y progresse de façon fulgurante. Oui, les relents de fanatisme deviennent monnaie courante. Oui, le rejet viscéral de l’identité française est devenu la norme. Oui, l’attente d’une société où la Charia a sa place s’est imposée dans beaucoup d’esprits.

Ce triomphe de l’obscurantisme s’explique par les défauts même du « Vivre Ensemble ».

À force d’expliquer que, pour vivre ensemble, il faut sacrifier le respect des règles pour préserver l’harmonie, la vigueur, la légitimité morale de ces règles, c’est-à-dire de nos libertés individuelles, se sont estompées. À force d’expliquer que les valeurs sont comme les civilisations, relatives et non universelles, la tyrannie a droit au même prestige que la démocratie. À force d’expliquer que nous devons tout aimer dans l’autre, l’autre assume chaque jour un peu plus ce qui est détestable en lui.

Et de petit renoncement quotidien en petit renoncement quotidien, c’est la haine qui triomphe, la haine de l’Islam pour ce que nous sommes. Il est temps d’ouvrir les yeux, de le voir, et de fourbir nos armes.

Laïciser d’urgence l’Islam de France

La première arme à mobiliser d’urgence est celle de la laïcisation, du passage de l’Islam à la moulinette de l’esprit critique et de l’objectivité historique. Oui, il faut, dans les écoles, enseigner l’Islam aux musulmans. Mais la vraie histoire de l’Islam: celle qui raconte les massacres à tour de bras commis par le Prophète et ses descendants, sans discontinuer. Il faut enseigner l’histoire si étroitement conjointe de l’Islam et de l’esclavage. Il faut expliquer ce qu’était réellement le statut réservé aux chrétiens dans le monde musulman: ils n’y connaissaient ni l’aide médicale gratuite, ni les écoles publiques financées par l’Islam, ni des lois interdisant l’incitation à la haine raciale. Ils étaient soumis au bon vouloir, à l’arbitraire, à la peur.

Ce travail de laïcisation est urgent et doit concerner autant les garçons que les filles. Il doit expliquer quelles sont nos valeurs et demander clairement à chacun d’y souscrire sans mollir. Il suppose une reprise en main claire et nette de l’Education Nationale.

Bref, la France doit réexpliquer qui elle est, et dire pourquoi elle est ce qu’elle est. Il faut que la honte de notre identité cesse, et il faut que les vecteurs de transmission indispensables à la démocratie fonctionnent sans mollir.

Il n’est pas trop tard

Contrairement à un état d’esprit ambiant, aucune défaite n’est inéluctable. En revanche, la victoire suppose un effort, une discipline, et une fermeté. Nous ne redonnerons pas à ce pays le goût des libertés et la bonne odeur de l’insouciance sans des décisions difficiles et des explications de texte extrêmement claires.

Pour ce faire, il faut que nous cessions d’avoir dans les pattes ces armées de gauchistes et de bisounours qui ont d’ores et déjà admis la soumission et s’y préparent chaque jour. Et c’est probablement notre problème majeur aujourd’hui: les décideurs français, tels qu’ils sont, ne font probablement pas partie de l’équipe capable de gagner.