Accueil » Journal des présidentielles

Catégorie : Journal des présidentielles

Retraites: la réforme Macron coûtera 28 milliards aux entreprises

Tiens! Macron a décidé de sortir de l’ambiguïté et propose une « réforme systémique des retraites ». Présentée dans une interview au Parisien, il est difficile de savoir exactement en quoi elle consiste. Mais voici ce qu’on peut en retenir (et éventuellement en penser)…

Macron annonce une hausse des cotisations retraites

Premier point, qui fait toujours plaisir à entendre:

Il précise qu’il ne touchera pas durant le quinquennat l’âge de départ à la retraite ni le niveau des pensions.

Oh! quelle promesse téméraire. Rappelons que la retraite fonctionne sur trois paramètres: la durée de cotisations (dont l’âge de départ est l’un des éléments visibles), le montant des retraites, et les cotisations qui servent à les financer.

Donc Macron ne modifiera pas le montant des retraites. Il ne touchera pas à l’âge (ce qui n’exclut pas de modifier la durée de cotisations, annoncée par ailleurs). Pour le montant des cotisations, en revanche, il ouvre clairement la porte à leur augmentation. Et c’est bien normal, parce que, pour mettre en place ce qui suit, il n’aura pas la choix: il faudra payer plus cher.

Macron veut unifier les régimes

Selon Macron, la réforme doit aboutir à un principe simple:

« L’objectif est de faire converger progressivement l’ensemble des systèmes de retraite en termes de financement, de caractéristiques et de taux de réversion. »

« Un euro versé pour cotisation ouvrira droit aux mêmes droits quels que soient votre secteur ou votre statut (…) Les règles seront les mêmes pour tous les régimes. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. »

Comme c’est simple! Fonctionnaire ou salarié, un euro cotisé donnera lieu à la même fraction de retraite. C’est évidemment très séduisant. Toute la question est de savoir combien ça coûte.

Macron veut faire endosser le déficit des fonctionnaires par les salariés du privé

Rappelons en effet que, en l’état, le régime des fonctionnaires n’est pas équilibré. Autrement, les cotisations acquittées par les fonctionnaires ne suffisent pas à équilibrer les pensions civiles. Pour le comprendre, on reprendra juste cette capture d’écran issue de la circulaire de 2016 sur les cotisations employeurs pour les pensions civiles de l’Etat:

En 2013, le Conseil d’Orientation des Retraites a d’ailleurs consacré un rapport à ce sujet, qui montre le tableau suivant:

Des sommes hallucinantes comparées au secteur privé

Dans le privé, les taux sont les suivants:

Autrement dit, le prix à payer pour 1 euro de retraite dans le privé, c’est environ 10% de cotisation employeur, alors que le même euro dans le public, c’est 75 et 126% de cotisation employeur (ce qui rappelle que la retraite des fonctionnaires est aujourd’hui financée par le contribuable, puisque la cotisation employeur n’est rien d’autre que le produit des impôts).

Donc, reposons le problème: si le système du public doit être aligné sur celui du privé, dans un grand régime universel, il va falloir unifier les cotisations employeurs. Et là, ça va faire très mal.

La réforme systémique de Macron va coûter 28 milliards aux entreprises

Donc dire dans la même interview que l’on ne touchera pas au montant des pensions, ni à l’âge de la retraite et que l’on va unifier les régimes revient à dire deux choses très simples.

Premièrement, on va aligner tout le monde par le haut en accordant aux salariés du privé le même régime d’exception que celui des fonctionnaires. Deuxièmement, on va faire endosser au secteur privé par la cotisation le prix du déficit des pensions de l’Etat financées aujourd’hui par l’impôt. Rappelons que les pensions des fonctionnaires de l’Etat coûtent aujourd’hui 38 milliards aux contribuables, alors que, à taux identique avec le régime général, elles ne devraient coûter que 10 milliards.

Ces 28 milliards, devinez qui va les payer…. Cela ne sera plus de l’impôt. Ce seront des cotisations employeurs. Ou comment tuer la compétitivité de nos entreprises.

Les 10 mesures que Fillon doit annoncer pour gagner

Article écrit pour Atlantico.

La candidature de Fillon est désormais sur la corde raide et la victoire semble improbable, surtout si de nouvelles boules puantes devaient être jetées d’ici au scrutin. En attendant, il existe un chemin escarpé qui lui permettrait de reprendre la main, dans la continuité de celui qui lui a donné la victoire à la primaire. Il repose sur des idées novatrices, simples et fortes, qui attaqueraient à la racine la sclérose qui use la France.

Voici un condensé de 10 mesures salvatrices.

Transformer l’Assemblée Nationale en maison de verre

Incontournablement, Fillon doit aujourd’hui proposer une refonte des règles du jeu et assurer la transparence complète de l’Assemblée Nationale. Celle-ci ne doit pas seulement concerner les recrutements de collaborateurs et leurs salaires, mais aussi l’utilisation des réserves, des indemnités, et autres à-cotés qui ne manquent pas de piment.

Fillon pourrait même pousser l’inventivité jusqu’à proposer un comité de citoyens tirés au sort pour vérifier l’utilisation des moyens publics.

Annoncer une trêve réglementaire pour les entreprises

Sur le fond, Fillon doit parvenir à reprendre la main sur les sujets libéraux qui l’ont fait gagner. Au premier chef, il doit annoncer une trêve réglementaire pour les entreprises selon un principe simple: aucune réglementation nouvelle n’interviendra sous son quinquennat concernant les entreprises sans qu’une autre ne soit supprimée.

Cette trêve doit permettre aux chefs d’entreprise de « souffler » après une cascade de réformes impossibles à mettre en oeuvre.

Supprimer le compte pénibilité

Autre mesure forte que François Fillon doit annoncer: la suppression immédiate du compte pénibilité, mesure toxique qui s’apparente à un droit d’exposer la pénibilité contre le paiement d’une taxe. Pour protéger les salariés et éviter l’étranglement des entreprises, ce système doit, dès les premiers jours de mandat, être remplacé par des mesures fortes de prévention, sur le modèle de ce qui existe en Allemagne. Rappelons que, moyennant de dispositif, France est aujourd’hui championne d’Europe des accidents mortels du travail.

Défiscaliser les dividendes versés aux dirigeants d’entreprise réalisant moins de 20 millions € de chiffre d’affaires

Les entrepreneurs français sont aujourd’hui écrasés par les charges qui pèsent sur leur rémunération. Le « coin socio-fiscal » (somme des prélèvements sociaux et fiscaux) dépasse les 80% sur les rémunérations, ce qui est extravagant. Il faut établir un bouclier fiscal pour les entrepreneurs, plafonnant ces prélèvements à 50% des sommes perçues.

Réformer l’impôt sur les sociétés en taxant la rente et en incitant à l’investissement

L’impôt sur les sociétés n’encourage pas à l’investissement, puisqu’il n’exclut de son assiette que les amortissements. Sur le modèle de la Destination-Based Cash Flow Tax (DBCFT) proposée par Donald Trump aux Etats-Unis, il faut réformer la fiscalité de l’entreprise en taxant la rente acquise sur un marché et en favorisant les acteurs qui investissent. La totalité de l’investissement doit permettre une modulation de l’impôt sur les sociétés.

Une taxe sur les détentions courtes d’actions ou de participations

Pour limiter les prédations et les prises de contrôle opportunistes, notamment par des fonds étrangers, il faut instaurer une taxe spéciale et dégressive pour toutes les prises de participations durant moins de cinq ans. L’investisseur qui se livre à de simples aller-retours dans ses investissements ou ses entrées capitalistiques doit être lourdement taxé (par un impôt massif sur les dividendes, dégressif avec le temps).

Un label RSE contre un allègement des contrôles en entreprise

Face au maquis réglementaire qui étouffe les entreprises et l’initiative privée, la logique de label RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) promue par la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) mérite d’être rendue opératoire. Elle constitue le moyen le plus simple pour diminuer rapidement la masse des réglementations. Elle consiste à laisser les entreprises négocier des accords de responsabilité sociale conformes à un label interprofessionnel. En contrepartie, les contrôles sur les entreprises sont allégés.

Sanctionner la partialité des fonctionnaires

Lorsque des fonctionnaires font un usage arbitraire de leur pouvoir d’appréciation, notamment en matière fiscale, l’entrepreneur doit avoir la faculté de mettre en cause la responsabilité personnelle de ce fonctionnaire, et d’obtenir sa révocation. Ce dispositif peut être facilement mis en place par une réforme du régime de la faute détachable du service, qu’il doit devenir facile d’invoquer. Un ministre devrait avoir l’obligation de répondre de façon sérieuse et contrôlable par le juge à toute mise en cause de cette responsabilité personnelle des fonctionnaires.

Défiscaliser les frais de scolarité dans les écoles privées hors contrat

Pour garantir un égal accès à tous à un enseignement de qualité, Fillon doit annoncer que les frais de scolarité dans les écoles privées hors contrat seront exonérés d’impôts. Pour les familles qui ne sont pas redevables de l’impôt sur le revenu, un crédit d’impôt équivalent à la subvention moyenne accordée à un élève de l’Education Nationale doit être accordé. Il permet ainsi aux familles les plus modestes de financer l’accès de leur enfant aux formations de son choix.

Supprimer les aides à la presse

Enfin, pour remettre à plat le débat sur les médias subventionnés… il faut acter la fin des subventions. Ce choix politique majeur est la meilleure façon de renouer le lien de confiance entre les medias et l’opinion publique.

Le piège se referme sur François Fillon

Quand le Canard Enchaîné a révélé le Penelopegate, François Fillon est tombé dans le piège. Il s’est précipité auprès du Parquet Financier pour se justifier, en expliquant qu’il avait confiance dans son pays. Il a affirmé devant tous les Français qu’il renoncerait à sa candidature s’il était mis en examen. Il a juré que sa femme n’avait pas occupé un emploi fictif. Il a crié au complot.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette stratégie de défense? Elle s’est fait tailler en pièce méthodiquement.

François Fillon n’a pas dissipé les doutes des Français

Le problème premier de François Fillon est de n’avoir dissipé aucun des doutes qui s’immisçaient dans l’esprit des Français. Il avait une chance objective de retourner la situation en expliquant qu’il avait profité d’un système légal mais moralement douteux, et en s’engageant à nettoyer les écuries de notre parlementarisme déclinant une fois élu.

Au lieu de ce mea culpa, le candidat a préféré nier et a joué aux mijorées offusquées de devoir rendre des comptes. Le problème est que, ce faisant, il s’est montré incapable de prouver effectivement que sa femme avait travaillé durant toutes ces années.

Comment Fillon est passé à côté de la stratégie à la Trump

Une voie possible consistait à imiter Donald Trump: faire la sourde oreille, taper dans le dur des autres candidats, et marteler un programme révolutionnaire. Là encore, le candidat des Républicains est passé à côté de l’exercice. Il a beaucoup adouci son programme et il a gaspillé son temps d’écoute dans une défense vaseuse qui n’a convaincu personne, même au sein de son propre camp.

Ceux qui avaient voté pour lui en novembre ne savent plus quel programme il défend. Ils n’entendent plus parler de politique. Et la spirale semble tournée vers l’échec. On voit mal aujourd’hui quel pourrait être le rebond durable de sa campagne, sauf à assumer de brûler ses vaisseaux et à partir de l’avant.

Quel avenir maintenant?

Ce mercredi, François Fillon a renoncé à sa visite au Salon de l’Agriculture. Il a convoqué la presse pour midi et à l’heure où nous bouclons, il ne s’est pas encore exprimé. Aucun de ses porte-parole n’était informé, ce matin, de l’évolution de la situation. Tout cela fait désordre.

Selon nos informations, François Fillon devrait annoncer sa prochaine mise en examen et le maintien de sa candidature. Reste à voir s’il sera, dans cette hypothèse, capable de faire une campagne audible.

Marine Le Pen face au gouvernement profond

Bien sûr, il y a le petit jeu du chat et de la souris entre Marine Le Pen et les « institutionnels » sur le mode du « c’est vilain de faire ça ». Mais, au-delà de ce simple sujet, une question plus sérieuse, moins fardée, se pose: celle de la capacité de nos « démocraties », sous l’emprise de gouvernements profonds, à accepter l’arrivée au pouvoir de mouvements de rupture. Je me risque aujourd’hui à traiter cette question « sur la ligne de crête », en la déminant au maximum.

Pourquoi je n’aime pas Marine Le Pen

Je suis bien obligé de commencer par cette mise au point, pour dissiper tout doute sur la partialité de cet article.

À de nombreux égards, Marine Le Pen incarne tout ce que je n’aime pas. Le simple fait qu’elle ait reçu son parti en héritage de son père est une source d’agacement. Je peine d’ailleurs à comprendre que des petites gens, notamment dans le Nord, ceux dont je suis issu, se laisse duper par ce genre de mise en scène. Marine Le Pen n’a jamais « travaillé » au sens où ils l’entendent, elle n’a jamais frayé avec les pauvres, et c’est un déchirement de voir qu’elle soit parvenu à leur faire croire le contraire.

Quant au programme économique du Front National, j’ai commencé à dire ce que j’en pensais. Il est aberrant, moins sur les questions d’euro que sur le poids qu’il fera porter aux entreprises. Créer une nouvelle branche de la sécurité sociale est une folie. Je me souviens d’avoir débattu un soir avec le conseiller économique de Marine Le Pen qui proposait de taxer les robots, exactement comme Benoît Hamon. Tout cela est suicidaire.

Pourquoi l’attitude du gouvernement profond face à Marine Le Pen embarrasse

Maintenant, il est vrai que ce que j’appelle le gouvernement profond déteste aussi Marine Le Pen et multiplie les agissements pour empêcher son arrivée au pouvoir. Son programme constitue en effet un danger éminent et imminent: sortie de l’euro, probable Frexit, et reprise en main de l’appareil d’Etat. Si l’on admet que ce gouvernement profond procède d’une délicate et complexe connivence entre la technostructure et le grand capitalisme, alors on mesure en quoi l’arrivée plausible de Marine Le Pen à l’Elysée constitue une menace pour l’état de fait existant.

On notera que, à sa manière, François Fillon porte un projet qui constitue une menace semblable dans ses effets, même sur un autre registre. La remise en cause d’un certain nombre de logiques étatistes, comme celle de la sécurité sociale, a autant inquiété le gouvernement profond que le programme de Marine Le Pen.

Marine Le Pen, comme François Fillon, sont étrangement soumis au même tir d’artillerie, selon les mêmes ficelles: dénigrement dans la presse, qui tourne en boucle, opérations judiciaires qui tombent fort à propos, attaques sous la ceinture émanant des candidats adoubés par le gouvernement profond. Cette similitude suscite deux embarras.

Le premier est que l’on n’aime pas les théories du complot (et il n’y a pas de complot, seulement une réaction collective au risque de voir un candidat du danger gagner). Mais enfin la célérité de la justice concernant les deux candidats de droite en tête des sondages il y a deux mois ne peut pas ne pas poser question. C’est pile-poil pendant la campagne électorale que ces dossiers sont mis en selle, quand d’autres sont laissés en jachère. En admettant même que ces affaires surgissent pour des raisons purement techniques, il n’est pas possible que les magistrats ne s’aperçoivent pas que les calendriers « techniques » percutent le libre jeu de la démocratie.

Et c’est le deuxième embarras: autant un combat à la loyale, à visage découvert, avec des arguments qui portent, serait acceptable. Autant l’utilisation de l’Etat de droit à des fins aussi évidentes mais aussi tues ne peut que mettre mal à l’aise les démocrates qui se disent que la fin ne justifie pas les moyens.

Qui met réellement la démocratie en péril?

À titre personnel, je n’ai jamais cru à la « dédiabolisation » du Front National, et je suis convaincu que l’entourage de Marine Le Pen est constitué de gens dangereux. J’ai coutume de répéter qu’en cas de victoire du Front, une Nuit des Longs Couteaux s’en suivrait et que Philippot, idiot alors devenu inutile, subirait le même sort que Röhm en 1934.

Malheureusement, un danger plus immédiat nous guette: l’appropriation de l’appareil d’Etat qui bloque toute réforme à son détriment. J’adorerais m’abandonner à de grands griefs sur le totalitarisme lepenien en gestation. Mais je suis bien obligé de constater qu’avant d’y parvenir, il me faut traverser la couche de cet autre totalitarisme à l’oeuvre, plus actif et plus avancé, qui est celui de notre régime actuel. Sous couvert de protection et de solidarité, il a multiplié les rêts qui mettent en servitude le peuple français, et qui le convainquent, dans un fascinant syndrome de Stockholm, de protéger ses bourreaux.

Le deal qui est passé aujourd’hui est simple: je me gave sur le dos du peuple à force d’euro, de réglementations liberticides, de subventions dans tous les sens qui créent du chômage et de la stagnation économique. Pour faire passer la pilule, je multiplie les aides sociales et les aumônes financées par les classes moyennes. Et surtout, ne nous gonflez pas à vos conneries de démocratie.

La réaction nobiliaire du gouvernement profond

En réalité, nous vivons une réaction nobiliaire face à l’émergence de partis disruptifs, au sens politique du terme. Le Front National veut changer de système, alors le gouvernement profond devient nerveux et ne se cache plus pour reprendre la situation en main et préserver ses intérêts.

D’un côté, il fabrique de toutes pièces un Emmanuel Macron dont la principale mission consistera, s’il est élu, à habiller l’immobilisme avec le costume du changement.

D’un autre côté, il envoie les juges discréditer les candidats qui gênent. Et c’est ici que la subordination du parquet à la chancellerie rend impossible d’échapper au sentiment de la partialité au moins subjective de la justice. Oui, le parquet financier émane du pouvoir. Oui, le parquet est soumis au ministre. C’est ainsi en France, et personne ne peut l’ignorer: les procureurs sont forcément suspects lorsqu’ils agissent pendant une campagne présidentielle.

L’étrange ambiguïté de Marine Le Pen sur l’appareil d’Etat

Face à cette réaction nobiliaire, la stratégie politique de Marine Le Pen surprend. Elle devrait naturellement se méfier de l’appareil d’Etat, qui ne lui sera jamais acquis. Sauf à pratiquer des purges profondes, la technostructure fera barrage à la mise en place de sa politique.

La logique voudrait donc que le Front National propose des réformes libérales. Mais c’est le contraire qui fait le sel de son programme. La révolution nationale proposée par Marine Le Pen est d’essence étatiste.

On comprend évidemment vers quelle confrontation nous nous dirigerions si Marine Le Pen était élue. Pour vaincre les résistances du gouvernement profond, elle serait obligée, comme en 1940, de basculer dans une aventure autoritaire dont nous ne connaissons pas l’issue. Ses propos sur les fonctionnaires et leur responsabilité en annoncent la couleur.

Macron avait promis un chiffrage… il montre son alliance

Le ralliement de Bayrou à Macron intervient le jour même où ce dernier avait promis le chiffrage de son programme.   les juges referment le bracelet des menottes sur le Front National. La conjonction astrale de ces deux éléments portera-t-elle chance au chouchou des médias?

Comment Macron a fait oublier son (non)-chiffrage

On dira bravo à l’artiste! il n’a toujours pas de programme, mais Bayrou (qui n’en a pas plus) se rallie à lui. Il avait promis un chiffrage pour le 22 février. Visiblement… le chiffrage n’est pas prêt. Mais personne ne s’en est rendu compte puisque, astucieusement, l’attention des observateurs a été monopolisée par l’opération Bayrou, très téléphonée. Bayrou a teasé les medias sur sa (non) candidature pour finalement faire une offre de services à Macron, qui était trop heureux d’amuser la galerie avec ce nouveau coup de théâtre.

Du coup, on ne sait toujours pas combien coûte le non-programme de Macron. Lui-même ne doit pas plus le savoir. Mais on s’en fout, après tout: l’enjeu est bien d’arriver au pouvoir, pas de dire comment on l’exercera. Sur ce dernier point, il suffira de suivre le mode d’emploi envoyé par Bruxelles.

Pour l’instant, le revirement de Bayrou est efficace

Le coup de théâtre, hier, suscité par François Bayrou, a en tout cas permis à Emmanuel Macron de booster sa popularité dans les réseaux sociaux. Sur Twitter, notre Predicto indique un net rebond:

Macron a renversé le rapport de popularité avec Fillon et se rapproche désormais de Benoît Hamon. Désormais, la somme des indices favorables à Hamon et Macron est supérieure à celle de Marine Le Pen. On y verra l’effet positif direct de l’élargissement progressive de l’assiette des deux candidats à gauche pour Hamon et à droite pour Macron, qui marginalise de fait Jean-Luc Mélenchon et François Fillon.

Toute la question est de savoir quelle sera la durée de vie de cette embellie. Il est probable que, tôt ou tard, Macron cherche à sortir de l’ambiguïté sur ses idées. Comme on le sait, ces sorties se font toujours au détriment de celui qui en prend l’initiative. Dans le cas du duo Macron-Bayrou, on imagine déjà les tiraillements internes qui interviendront sur pas mal de sujets.

Tiens! au hasard! l’autonomie des établissements dans l’éducation. On s’en amuse par avance. L’avantage, pour Macron, est qu’il a choisi un partenaire qui n’a pas d’idée fixe. L’inconvénient est qu’il n’a pas non plus de scrupule.

Le gouvernement des juges servira-t-il Marine Le Pen?

Parallèlement, la justice française fait du zèle et convainc une fois de plus les candidats qu’il ne faudrait surtout pas s’aviser de lui donner plus de moyens que ceux dont elle dispose.

De façon hallucinante, après avoir choisi de mettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Fillon (qui, naïf, s’est précipité dans le piège au mois de janvier), la voici toute occupée à déstabiliser Marine Le Pen. Ou à chercher à le faire. La cheffe de cabinet de la candidate, Catherine Griset, vient donc d’être mise en examen pour recel d’abus de confiance, à deux mois de la présidentielle.

Est-ce bien raisonnable? On en pense ce qu’on en voudra, mais tout est parti d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude ouverte en 2014. L’enquête s’est terminée très opportunément en juillet 2016. C’est le 26 juillet 2016 que l’OLAF a transmis ses éléments à la justice française. Pourquoi cette justice s’empare-t-elle du dossier quelques semaines avant les élections alors qu’elle dispose de ces éléments depuis pus de six mois? Dans tous les cas, les enquêteurs ne pourront nier qu’ils ignoraient l’approche du scrutin présidentiel.

Cette affaire est quand même extrêmement maladroite et montre comment les enquêteurs prennent (au mieux) d’importants risques vis-à-vis de l’opinion, et manifestent (au pire) leur parfaite incompréhension des ressorts qui portent le Front National au pouvoir. Le fond de commerce de Marine Le Pen repose sur la dénonciation d’une Europe technocratique qui écrase la volonté populaire. L’apparente partialité de la justice (même si elle est imaginaire, ce n’est pas le problème ici), qui agit à la suite d’une procédure européenne, ne peut que nourrir les convictions de ceux qui ne demandaient plus qu’à être convaincus.

Et que reproche-t-on, sur le fond, à Marine Le Pen? d’avoir utilisé des fonds européens pour faire travailler des Français en France?

On peut douter que l’accusation n’érode la popularité de la candidate. Bien au contraire. En revanche, elle risque de discréditer en profondeur notre justice, qui paraît mue par des ressentiments partisans. Cette opération risque fort d’être perdant de bout en bout. Et même si elle parvenait à « torpiller » la candidate du Front National, elle nourrirait le sentiment, chez ses partisans fidèles,  d’une manoeuvre déloyale pour les écarter du pouvoir.

Mais jusqu’où cette présidentielle ouvrira-t-elle des portes vers l’aventure?

Hamon est-il sous-estimé par les sondages d’opinion?

Benoît Hamon est-il sous-estimé aujourd’hui par les sondages d’opinion (comme il l’avait été durant la campagne des primaires, d’ailleurs)? En comparant les résultats récents annoncés par la presse et les scores affichés par notre Predicto, la question mérite d’être posée.

Hamon bénéficie d’un capital de sympathie plus élevé que Fillon et Macron

Certes, Benoît Hamon suscite deux fois moins de réactions sur Twitter que François Fillon. Mais la sympathie qu’il suscite est de façon constante supérieure à celle de ces deux rivaux annoncés avec un meilleur score que lui au premier tour. Ce hiatus surprend dans la mesure où les sondages indiquent volontiers que Benoît Hamon plafonne à 5 points sous Macron et près de 10 points sous Fillon.

Une chose est sûre, en tout cas: la perte de popularité ou d’intention de vote que Benoît Hamon accuserait dans l’opinion ne se traduit pas à ce stade dans l’expression favorable dont il bénéficie sur les réseaux sociaux. Il est bien entendu difficile d’en tirer une conclusion dans un sens ou dans un autre: l’analyse sémantique des réseaux sociaux en est à ses débuts et nous ne disposons pas d’outils suffisamment étayés scientifiquement pour tirer des conclusions claires de ces éléments contradictoires.

Reste que, du point de vue de la simple observation, on peut noter que des éléments sérieux laissent à penser que Benoît Hamon pourrait créer la surprise et qu’il existe probablement un biais dans les sondages sur sa candidature.

Le renversement en cours concernant Mélenchon

Inversement, s’agissant de Jean-Luc Mélenchon, la quotation des expressions sur Twitter laisse à penser que le dévoilement de son programme a suscité des opinions négatives et devrait produire un recul du candidat dans les intentions de vote. Il est d’ailleurs le seul aujourd’hui à totaliser des expressions négatives supérieures aux expressions positives. On notera aussi qu’il suscite globalement moins de réactions que les autres candidats.

Il sera intéressant de suivre, dans les prochains jours, l’éventuelle confirmation qui sera donnée à cette tendance globale par les sondages eux-mêmes.

Pour notre part, nous sommes assez convaincus que la mesure des expressions sur les réseaux sociaux permet d’approcher de façon plus rapide et plus précise la réalité de l’opinion que ne peuvent le faire les sondages eux-mêmes, même si, répétons-le, nous sommes encore loin de maîtriser toutes les arcanes de ces variations.

Santé: la perspective d’une réforme systémique s’éloigne

Après la sortie de Fillon sur la distinction, dans le domaine de la santé, entre grand risque et petit risque, tout espoir de réforme en profondeur de notre système est probablement mort. Les candidats ont retenu la leçon: il ne faut toucher à rien, sauf à l’aide médicale d’Etat destinée aux étrangers. Lors de l’exercice auquel ils se sont livrés ce mardi à la Mutualité, cet immobilisme n’a plus fait de doute pour personne.

Hamon est-il désormais le plus libéral en santé?

Paradoxalement, c’est peut-être Benoît Hamon qui défend désormais la vision la plus libérale de la santé, ce qui est un comble. Il est en effet celui qui propose le moins de hausse des remboursements, et celui qui veut le moins développer le champ d’action de la sécurité sociale. Cette posture, qui rejoint l’idée que le revenu universel est la protection sociale de demain, tranche avec les promesses de hausses de remboursement faites par les autres candidats.

On ajoutera que Hamon propose des actions concentrées sur les maladies chroniques et une lutte générale contre les addictions.

Marine Le Pen veut développer la sécurité sociale…

À l’inverse, Marine Le Pen veut créer une cinquième branche de la sécurité sociale, consacrée à la dépendance. Elle propose en outre trois mesures qui sont tout sauf des réformes: la suppression de l’aide médicale pour les étrangers et une lutte accrue contre la fraude, une baisse autoritaire du prix des médicaments et une augmentation du nombre de médecins formés chaque année.

Bref, le Front National préconise une gestion de l’existant, sans véritable stratégie financière.

Fillon revenu sur le chemin de la dépense

Si François Fillon reprend les idées de Marine Le Pen sur l’aide médicale et la lutte contre la fraude, il propose 20 milliards d’économies sur les dépenses. Parallèlement, il se place à rebours de ses propositions initiales en suggérant différents relèvements de dépenses. En particulier, il prévoit des lunettes remboursées à 100% pour les enfants, et une approche des 100% pour les prothèses audio ou dentaires.

Surtout, François Fillon propose d’encadrer les remboursements des mutuelles par une « Agence de garantie de la couverture solidaire ». La liberté des prix devrait donc disparaître…

Macron plus économe que Fillon

À front renversé, Macron s’est finalement montré plus économe que François Fillon. S’il ne propose que 15 milliards d’économies, il annonce, comme François Fillon, un relèvement des remboursements à 100% pour les lunettes et les prothèses. Il annonce également des investissements dans l’innovation médicale et une remise en cause du tiers payant généralisé.

Pour le reste, Macron propose diverses mesures qui n’emporte pas de réforme fondamentale du système sanitaire ni de l’assurance maladie.

La fin des ambitions réformatrices

Structurellement, les candidats à la présidentielle ont donc abandonné les grandes ambitions réformatrices. Selon toute vraisemblance, le prochain quinquennat sera dédié à la gestion du système et à son amélioration (éventuelle) à la marge, sans remise en cause fondamentale des règles du jeu.

Exclusif: notre Predicto montre comment Hamon met Mélenchon au tapis

Décider & Entreprendre lance le Predicto, un outil de mesure sémantique sur Twitter, qui permet d’évaluer les courbes d’adhésion à chaque candidat à la présidentielle. Predicto tournera jusqu’à la présidentielle en temps réel pour dévoiler les grandes tendances électorales. Lancé hier à 18h, il montre que Marine Le Pen continue sa campagne en tête, et que la stratégie de Mélenchon est aujourd’hui en situation délicate par rapport à Benoît Hamon.

Predicto mesure l’efficacité de la stratégie de Benoît Hamon

Très tôt, Décider & Entreprendre avait dessiné les contours de la victoire que Benoît Hamon remporterait à la primaire. Avec Predicto, nous pouvons aujourd’hui mesurer l’efficacité politique de sa stratégie vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Alors que ce dernier a révélé un programme hallucinant, fondé sur une quasi-étatisation de l’économie française, la riposte de Benoît Hamon convainc l’opinion et lui attire beaucoup plus de sympathie. Disons même que Hamon a mis Mélenchon au tapis.

Dans ce rapport de force qui s’installe entre les deux candidats, on relèvera deux points.

Premier point, Mélenchon a probablement déçu beaucoup (les commentaires sur ce site le montrent d’ailleurs), avec un programme excessif dont beaucoup d’électeurs prennent conscience qu’il constitue un danger profond pour les grands équilibres de notre société. On peut désormais penser que la stratégie extrême de Mélenchon le coupe de tous ceux qui n’appartiennent pas au fond « soviétique » de l’opinion publique. On ajoutera que les prestations audiovisuelles de ses soutiens (dont Clémentine Autain sur France Inter, qui a peiné à expliquer ce programme) n’améliorent pas la crédibilité de sa démarche. Il est très probable que les déçus du mélenchonisme se replient aujourd’hui sur Hamon.

Deuxième point, la capacité de Benoît Hamon à résister à la pression de son rival d’extrême gauche joue en sa faveur. Les électeurs attendent d’un candidat à la présidentielle qu’il ne vire pas au vent, mais qu’il sache défendre une ligne. La prise de parole de Benoît Hamon face à Mélenchon a, de ce point de vue, porté, même si elle n’exclut pas qu’en sous-main les seconds couteaux qui l’entourent tentent de raisonner l’insoumis.

Fillon passe devant Macron

Autre enseignement du Predicto: François Fillon est désormais devant Emmanuel Macron. En attendant de nouvelles révélations gênantes (annoncées pour le mois de mars), François Fillon a repris du poil de la bête et doublé Emmanuel Macron sur son couloir.

Là aussi, on y verra la conjonction de deux phénomènes.

Premièrement, François Fillon s’est remis à faire campagne et cette stratégie est payante. Le fait que le candidat ne soit plus seulement sur la défensive, mais qu’il reprenne l’initiative sur le terrain des idées lui profite.

Deuxièmement, le voyage d’Emmanuel Macron en Algérie laisse des traces. Sa sortie sur la colonisation comme crime contre l’humanité, suivie de palinodies, a montré la fragilité d’une candidature marketing, sans programme fixe, et dédiée à des circonvolutions opportunistes.

Marine Le Pen en tête

Enfin, le Predicto montre clairement comment Marine Le Pen fait, de façon stable, la course en tête, contre vents et marées. Il faudra suivre, dans la durée, l’ampleur de son avance…

Qu’est-ce que le Predicto?

Le Predicto est un outil de mesure sémantique de Twitter, dont les droits appartiennent à Tripalio©.

Cet outil fait la moyenne en temps réel de la popularité de chaque candidat aux présidentielles sur Twitter.

Il est « lancé » depuis le 20 février à 18 heures.

Vous aussi, repérez-vous sur le radar de la gauche

Le radar de la gauche qui nous sert à comparer les candidats de la primaire repose sur une méthodologie par items clivants. Nous dressons ici la liste de ces items et les scores obtenus par chaque candidat. Vous pouvez, à votre tour, répondre aux questions et vous situez par rapport aux candidats de la primaire.

L’axe Europe du radar

Pour comparer les candidats sur leurs propositions en matière européenne, le radar note cinq critères.

  1. le candidat veut-il un budget européen intégré avec un gouvernement économique?
  2. le candidat propose-t-il une Europe à plusieurs vitesses, avec des « noyaux durs » de quelques pays?
  3. le candidat souhaite-t-il que l’Europe harmonise des normes sociales élevées?
  4. le candidat propose-t-il une politique migratoire ouverte dans l’Union?
  5. le candidat veut-il une Europe de la défense?

L’axe finances publiques

Sur cet axe, les questions sont les suivantes:

  1. le candidat veut-il sortir du 3% des traités européens?
  2. le candidat propose-t-il une baisse partielle ou globale de la pression fiscale sur les particuliers?
  3. le candidat veut-il une CSG progressive?
  4. le candidat propose-t-il un revenu universel?
  5. le candidat revendique-t-il une annulation complète ou partielle de la dette publique?

L’axe souveraineté

Les questions sont les suivantes:

  1. la souveraineté joue-t-elle un rôle dans le programme du candidat?
  2. le candidat défend-il le « made in france »?
  3. le candidat exprime-t-il une préférence pour le protectionnisme?
  4. le candidat se préoccupe-t-il d’identité nationale?
  5. le candidat veut-il accroître l’effort de défense?

L’axe des réformes institutionnelles

Les questions posées ici sont les suivantes:

  1. le candidat veut-il réformer le parlement?
  2. le candidat veut-il associer les citoyens à l’élaboration des lois?
  3. le candidat propose-t-il un non-cumul intégral des mandats?
  4. le candidat veut-il instaurer un scrutin proportionnel aux législatives?
  5. le candidat propose-t-il le septennat unique?

L’axe de la laïcité

Voici les questions:

  1. la laïcité occupe-t-elle une place importante dans le programme du candidat?
  2. le candidat a-t-il un point de vue sur le rôle de l’Islam?
  3. le candidat propose-t-il un plus large accueil des migrants?
  4. le candidat accepte-t-il le droit de vote aux étrangers?
  5. le candidat prône-t-il la PMA (au moins pour les couples lesbiens)?

L’axe social

Enfin, et de façon presqu’anecdotique, le radar compare les propositions sociales des candidats, à travers les questions qui suivent:

  1. le candidat propose-t-il de « figer » la sécurité sociale?
  2. le candidat propose-t-il une réforme des retraites?
  3. le candidat propose-t-il une sécurité sociale professionnelle?
  4. le candidat propose-t-il une réforme du RSI?
  5. le candidat veut-il abroger la loi Travail?

Bon amusement à tous!

Exclu primaire de la gauche: suivez notre radar des idées

Le premier débat de la primaire de la gauche a lieu ce soir, avec 7 candidats dont certains sont relativement confidentiels. Pour vous aider à suivre les arguments et les programmes, nous avons mis en place un radar de la gauche qui permet de repérer facilement les positions de chacun sur les marqueurs qui clivent l’opinion, spécialement à gauche.

Les marqueurs de gauche aujourd’hui

Au fil des débats, plusieurs marqueurs se dégagent à gauche, qui peuvent se regrouper en plusieurs blocs.

Un bloc assez large regroupe les thématiques européennes, de souveraineté et de finances publiques, qui sont connexes mais ne se réduisent pas les unes aux autres. Faut-il maîtriser les déficits ou laissez filer la dépense publique pour financer de nouvelles politiques? Laisser filer la dépense publique, c’est affronter l’Europe et sa règle du 3%, donc revendiquer une forme de souverainisme.

Un autre bloc regroupe les questions de politique intérieure, notamment de protection sociale, de travail et, en partie, de laïcité entendue comme art français de vivre ensemble. Ces marqueurs-là sont l’espèce d’épine dorsale de la gauche, celle par laquelle elle s’est structurée au siècle dernier. Entre revendications ouvrières, aspirations à de nouveaux droits et lutte contre le pouvoir de l’Eglise, la gauche retrouve son « triangle d’or » revendicatif. Il est intéressant de voir quel profil il revêt aujourd’hui.

Un troisième bloc, atypique, est celui de la réforme institutionnelle. Il est identifié en tant que tel dans notre radar.

Sur chacun de ces items, nous avons classé le degré d’engagement des candidats.

Quelle méthode de classement?

Pour établir notre radar des programmes à la primaire, nous avons distingué sur chaque axe de clivage cinq propositions structurantes qui distingue les candidats (voir l’article consacré à ce classement). De façon schématique mais fidèle, le radar affecte 1 point lorsque le candidat fait une proposition correspondant à l’item, et affecte 0 lorsque le candidat ne propose rien sur le sujet.

La somme des points recueillis axe par axe permet d’établir la « toile d’araignée » qui se trouve ci-dessous.

Source: www.entreprise.news

Les grandes surprises de la primaire de la gauche

Le radar proposé ci-dessus réserve quelques grandes surprises.

Dans le domaine de la protection sociale et du travail, c’est curieusement Manuel Valls qui présente les propositions les plus « à gauche »: pas de réforme de la sécurité sociale, préservation du système actuel de retraite, mise en place d’une sécurité sociale professionnelle, alignement du RSI sur le régime général. L’ex-Premier Ministre a pris soin de corriger son image de libéral.

Sans le dire, ses challengers se montrent beaucoup plus réformateurs sur des sujets critiques.

Pour le reste, les candidats paraissent relativement peu ambitieux sur leurs propositions, et l’absence de superficie sur la toile de leurs propositions témoigne d’une difficulté à faire bouger les lignes. Et c’est probablement là que les candidats à la primaire commettent une erreur stratégique qui laissent une place « aux autres ».