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Bayrou, prochain sur la liste du renouvellement

François Bayrou a décidé de faire de la résistance dans la machinerie macronienne. Assez naturellement, il devrait faire les frais d’un remaniement ministériel la semaine prochaine.

Il est bien marrant, François Bayrou, avec sa trinité. Selon lui, il y a les actes du président du Modem, ceux du garde des Sceaux et ceux du citoyen qu’il serait resté. Voilà qui fleure bon la messe du dimanche dans le Béarn.

Ainsi, quand il plaide sur Twitter en faveur de Marielle de Sarnez, mise en difficulté dans une enquête judiciaire, il explique que les tweets du président du Modem n’engagent pas le garde des Sceaux. Quand il appelle un responsable de l’information sur RadioFrance, après une enquête sur son cas, il explique que les coups de téléphone du citoyen Bayrou n’engagent pas le garde des Sceaux. Génial!

C’est encore mieux que le père, le fils et le saint-esprit.

Bayrou est-il capable de renouvellement?

Tout le pari est évidemment de savoir si François Bayrou, vieux routard de la politique, est « renouvelable » en tant que tel. Le bonhomme, qui ne manquait pas d’un mot acide contre Macron il y a encore six mois, n’est en effet ni né de la dernière pluie ni grand expert en pratiques renouvelées. Il serait même plutôt du genre à incarner l’ancien monde, avec ses billards à quinze bandes et son état d’esprit délétère.

S’il ne tenait pas Macron avec les 6 points qu’il est convaincu de lui avoir apporté à la présidentielle, il aurait probablement disparu des écrans radar. Et, selon toute vraisemblance, Macron doit abondamment maudire les dieux aujourd’hui d’avoir placé Bayrou sur son chemin, dans le rôle du premier rallié de droite à En Marche.

Le président doit donc arbitrer aujourd’hui entre garder Bayrou pour éviter la création d’un groupe Modem à l’Assemblée la semaine prochaine, qui jouera le rôle de frondeurs, ou bien le lâcher et se promettre à un quinquennat où son opposant le plus virulent sera l’un de ses premiers alliés.

Pas facile, ce choix-là!

L’hypothèse de l’élimination

De deux choses l’une, donc.

Soit Macron tolère l’exception Bayrou dans son gouvernement. Dans cette hypothèse, il évite facialement un groupe Modem à l’Assemblée, qui pourrait se comporter en frondeurs. Mais… le frondeur est dans son gouvernement, et il s’apprête à devoir gérer des couacs à répétition.

Soit Macron ne veut pas gérer un gouvernement avec des couacs à répétition et il se sépare, la semaine prochaine, de François Bayrou. À de nombreux égards, cette hypothèse est même souhaitable, puisque Bayrou ne manquera pas de créer son groupe parlementaire dans la foulée… devenant ainsi le premier opposant au gouvernement qu’il aura quitté.

L’avantage pour Emmanuel Macron est de recréer une cohésion dans le groupe parlementaire d’En Marche en réduisant sa voilure. L’inconvénient est de fissurer l’apparente image de rassemblement qui colle au président.

Le lent glissement de Bayrou vers la sortie

Souvenons-nous qu’à l’issue des présidentielles, Bayrou avait méchamment grogné sur les investitures d’En Marche. Le discours avait été violent. Désormais, face à une marginalisation politique probable s’il reste au gouvernement, il a sans doute intérêt à retrouver des marges de manoeuvre en prenant la tête de son groupe.


Bayrou dénonce les intérêts financiers derrière… par libezap

Exclusif: la dernière interview de Cambadélis

Le 21 mai 2017, Jean-Christophe Cambadélis nous a accordé une interview exclusive sur le scrutin qui s’annonçait. Nous la présentons aujourd’hui…

On se souviendra ici que Jean-Christophe Cambadélis était député socialiste de la même circonscription sans discontinuer depuis 1986. Ancien trotskiste, le bonhomme était plutôt sympathique, mais incarne bien toutes les dérives parlementaires qui ont pourri la Vè République: concussion, immobilisme, cumul des genres.

Par exemple, Jean-Christophe Cambadélis a largement recouru à l’opacité de l’Assemblée Nationale pour recruter comme assistance parlementaire Halima Jemni, première adjointe de la mairie du XIXè arrondissement. Comment une seule personne peut-elle cumuler des fonctions exécutives dans une mairie d’arrondissement à Paris et des fonctions à temps plein de collaboratrice parlementaire? Cette fiction, qui a coûté cher à François Fillon, fait l’objet d’un rejet viscéral des électeurs.

Avec une abstention de près de 50% (la circonscription compte 70.000 électeurs), Jean-Christophe Cambadélis a obtenu 3.035 voix, contre 13.434 pour Mounir Mahjoubi. Il s’est classé 4è (après la France Insoumise et les Verts). En l’espèce, cette déculottée s’explique aussi, donc, par la ferme volonté de la gauche de lui infliger une déroute en rase campagne.

Sic transit gloria mundi. 

Ordonnances: Macron tuera-t-il ou pas la bureaucratie patronale?

Le gouvernement vient d’entamer la concertation sur l’articulation entre le rôle des branches et des entreprises. Ce sujet austère cache un débat extrêmement sensible: l’avenir de la bureaucratie patronale qui a fait son miel d’un système obsolète.

Cette semaine, Antoine Foucher, ancien directeur des relations sociales du MEDEF, reçoit les partenaires sociaux (dont le MEDEF…) pour les premières concertations sur le fond destinées à préparer les ordonnances. Le sujet de cette première batterie d’échanges bilatéraux porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes. Autrement dit, le gouvernement entre dans le dur de ce qui a fait la résistance à la loi El-Khomri: une entreprise peut-elle ou non négocier des accords en s’affranchissant du carcan des branches?

Les branches professionnelles, c’est quoi?

En réalité, ce débat a quelque chose de lunaire, dans la mesure où la notion de branche professionnelle est une sorte de fantôme. Tout le monde en parle, mais elle n’est pas définie par la loi, et son concept même repose sur un flou: tant confondue avec un secteur d’activité, tant confondue avec le champ d’application d’une convention collective, la branche se dérobe aux catégories juridiques.

Comme on le sait depuis Martine Aubry, quand il y a un flou, c’est qu’il y a un loup. Les branches n’échappent pas à cette maxime. 

Officiellement, les branches sont en effet conçues pour « protéger » les PME et les TPE. Dans la réalité, c’est le contraire qui se produit, avec la complicité d’une bureaucratie patronale qui a bâti sa prospérité sur ce trompe-l’oeil. 

Un instrument pour contrôler les TPE

La première utilité des branches est évidemment d’instaurer des règles qui brident l’activité des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises. Ces règles visent toutes à éviter des excès de concurrence dans des domaines où les plus petites entreprises pour améliorer leur compétitivité par rapport à leurs grandes concurrentes. C’est par exemple le cas dans le domaine du temps de travail, où l’objectif des branches est d’éviter que les TPE et les PME disposent de trop de souplesse. 

Mais le vice de ce système peut aller très loin. Dans de nombreuses branches, par exemple, des accords de complémentaire santé visent à faire financer le déficit des grands comptes par les petites entreprises. C’est le cas dans la restauration où le déficit du contrat Accor est financé par les petits cafetiers du coin. 

Bien entendu, tout le monde prend bien soin de cacher cette poussière sous le tapis. 

Prospérité de la bureaucratie patronale

Une autre utilité cachée des branches consiste bien entendu à faire vivre des mouvements patronaux désertés par les adhérents grâce à des contributions obligatoires imposées par une bureaucratie patronale en expansion permanente. 

C’est par exemple le cas dans la boulangerie, où Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération et accessoirement président en son temps de l’UPA (l’Union des Professions de l’Artisanat, désormais fusionnée avec l’UNAPL dans l’improbable U2P), a organisé un système de financement sur le dos de ses adhérents. Au mépris de la loi, ce membre du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a d’ailleurs bien pris soin de ne publier aucun des comptes de son organisation, pour dissimuler les sommes colossales que son syndicat a tiré des accords en protection sociale complémentaire et en formation professionnelle. 

Macron tuera-t-il enfin la bureaucratie patronale?

Ce qui se joue dans le rôle futur des branches professionnelles, c’est l’avenir de cette bureaucratie construite de toutes pièces sur ces charges inventées par les mouvements patronaux dans les branches professionnelles pour se financer. L’occasion est rêvée de tordre le cou à tous ces freins à l’innovation, et dont la profession de foi est de préserver intact un appareil de production obsolète mais qui les fait vivre. 

Le gouvernement donnera-t-il aux TPE la possibilité de s’extirper des griffes de ces mafias? Souhaitons-le. 

Jusqu’au 23 juin

Concertation sur l’articulation entre branche et entreprise

26 juin au 7 juillet

Simplification et renforcement du dialogue économique et social.

10 au 21 juillet

Sécurisation des relations de travail


Inversion de la hiérarchie des normes: QPC Tripalio from Eric Verhaeghe

Après l’imposture En Marche, en finir avec la Vè République

La fin de la Vè République est devenue inéluctable. Elle est probablement la seule leçon durable à retenir des élections législatives, qui voient le triomphe absolu d’un parti extraordinairement minoritaire.

C’est évidemment la grande imposture d’un régime fantoche que de proclamer la victoire triomphale d’un parti ultra-minoritaire. Cette aberrante dérive ne se produit ni en Turquie, ni en Russie, ni dans une dictature larvée que les élites parisiennes adorent mépriser. Elle se produit dans notre République, qui n’est plus que l’ombre d’un régime démocratique.

Pour ceux qui en douteraient, quelques graphiques simples permettent d’illustrer un propos de bon sens, mais devenu « dissident » par une étrange hystérie collective.

Petite histoire des battus de la Vè République

Commençons par dresser une petite histoire des battus aux législatives, au premier tour, de la Vè République, pour comparer leur score à celui d’En Marche.

En 1981, la droite parlementaire (UDF et RPR) avait obtenu près de 30% des inscrits au premier tour. En 1993, le parti socialiste et les divers gauche (sans les écologistes) ont décroché la timbale du résultat le pire pour des battus: à peine 13% des inscrits. Depuis cette date, les battus ont oscillé entre 14,5 et 20% des inscrits.

Il a fallu attendre En Marche pour qu’un… vainqueur fasse à peine mieux, au premier tour, que le Parti Socialiste battu en 1993.

C’est au fond la dimension christique d’Emmanuel Macron qui apparaît: les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers.

Malgré tout un nombre de sièges historiques

Malgré ce score minable, En Marche bénéficie d’une projection de sièges sans égal depuis les débuts de la Vè République. Là aussi, une petite comparaison historique illustre parfaitement le dysfonctionnement majeur du régime, qui permet à des ultra-minoritaires dans l’opinion d’obtenir une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale.

Comme on le voit, avec des scores supérieurs à ceux d’En Marche en terme de représentativité réelle, les battus des années précédentes n’ont jamais dépassé les 250 sièges à l’Assemblée, et ont obtenu d’ordinaire moins de 200 sièges.

Avec une représentativité effective auprès des inscrits inférieure de 30% à celle de la droite parlementaire en 1997, En Marche obtiendra le double de sièges. Cherchez l’erreur!

Un coefficient multiplicateur record pour En Marche

Si l’on cherche à étudier le coefficient multiplicateur des institutions (autrement dit le rapport entre le nombre de voix obtenues au premier tour et le nombre de sièges), on s’paerçoit là aussi qu’En Marche atteint des records historiques, dignes de la multiplication des petits pains par le Christ.

D’ordinaire, il y a un rapport de 5 à 12 entre le taux d’inscrits obtenus au premier tour et le nombre de sièges décrochés à l’Assemblée Nationale. Ainsi, en 1981, les 30% d’inscrits obtenus par l’UDF et le RPR au premier tour se sont transformés en 150 sièges.

En Marche décroche le taux de conversion record de 32: 1 % de suffrages obtenus parmi les inscrits donne droit à 32 sièges à l’Assemblée Nationale.

C’est évidemment extravagant, et sans commune mesure avec la réalité politique de l’opinion.

La Vè République atteint ses limites

Il faut être aveugle (ou pratiquer la politique à l’ancienne comme semblent le faire Castaner, Griveaux et Mahjoubi) pour ne pas reconnaître que la probable écrasante majorité qu’En Marche décrochera au second tour défie les lois de la démocratie.

Un régime institutionnel qui permet à un parti doté d’un score de battu de détenir sans partage tous les pouvoirs devient une mauvaise caricature du Léviathan. Il ne s’agit pas seulement ici de théoriser sur ce qu’est une bonne gouvernance. Il s’agit de prévenir sur les dérives inévitables qui guettent un pouvoir exécutif sans contre-pouvoir.

Sur ce point, l’entêtement des porte-paroles d’En Marche à nier les dangers que cette situation représente est déjà suspect. Si notre Président jupitérien est réellement attaché à l’intérêt général, il ne peut pas contester l’existence d’un danger, renforcé par les atteintes à la liberté de la presse qui se multiplient depuis plusieurs semaines.

Les ferments d’une crise de régime

Paradoxalement, la victoire d’Emmanuel Macron porte donc les ferments d’une profonde crise de régime. Celle d’une République qui voulait sortir du régime parlementaire et qui mourra, soixante ans plus tard, par l’excès inverse: celui d’une hyper-présidentialisation.



23 avril 2017

Sylvain Fort, conseiller communication d’Emmanuel Macron, fait pression sur le Quotidien et sur France 2 qu’il ne trouve pas assez pro-Macron

18 mai 2017

L’Élysée insiste pour choisir les journalistes qui couvriront le déplacement du Président au Mali

29 mai 2017

En Marche dépose une plainte pénale contre le journal « La Lettre A », qui utilise des documents issus du Macronleaks

8 juin 2017

Bayrou, garde des Sceaux, contacte Radio France pour se plaindre de l’enquête qui est menée sur lui par des journalistes.

10 juin 2017

La ministre du Travail dépose plainte contre Libération pour avoir publié des documents qui ont « fuité ».

En Marche gagne avec un score de perdant

C’est un score de perdant! Le mouvement En Marche décrochera une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale (sans doute près de 450 sièges sur 577) avec seulement 15% des inscrits au premier tour, soit moins de 8 millions de voix. Une majorité parlementaire sans légitimité démocratique se prépare. Une leçon s’impose: la Vè République n’a plus de raison d’être.

Les résultats ne sont pas encore complètement tombés, mais une certitude est acquise: En Marche disposera d’une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale avec environ 7 millions de voix au premier tour. C’est historiquement le score le plus bas qu’une majorité a obtenu dans une législative.

En Marche a moins de voix que l’UMP en 2012

Rappelons rapidement le score de l’UMP au premier tour des législatives perdues de 2012: 7 millions de voix (contre près de 7,6 millions pour le parti socialiste sans compter ses alliés). En 2017, le parti majoritaire réalise donc un score qui l’aurait placé en deuxième ou troisième place en 2012.

Ce chiffre résume bien la situation: En Marche va remporter l’élection avec un score de perdant.

Une rupture consommée entre le peuple et les élites

Malgré les délires des journalistes subventionnés sur la grande victoire macronienne, la défaite de la démocratie est consommée. Jamais on aura mesuré un tel écart entre l’expression populaire et la réalité politique.

La situation est d’ailleurs confondante. D’un côté, un discours lunaire est tenu sur le triomphe jupitérien. De l’autre côté, les chiffres sont têtus: En Marche ne représente qu’une fraction infime de l’opinion et ne disposera pas de la légitimité pour entamer des réformes de structure.

Le risque auquel Emmanuel Macron est confronté

Le pouvoir exécutif ne peut l’ignorer. Sa majorité sera construite sur un trompe-l’oeil. Certes, les institutions fonctionneront sur une légalité parfaite: grâce au scrutin majoritaire uninominal, Emmanuel Macron disposera d’une majorité écrasante. Mais, politiquement, le pays n’a pas tranché en sa faveur.

Le risque guette, donc, d’une rupture en profondeur du même ordre que ce que la Chili a connu avec Allende: le pays institutionnel a consommé son divorce avec le pays réel.

Plus que jamais, changer le régime

Une seule réalité s’impose donc: changer ce régime, qui fabrique des majorités d’apparat, sans impact effectif sur la réalité.

Les législatives de 2012

Jean-Michel Blanquer parviendra-t-il à casser les pattes du mammouth?

Le ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé hier ses premières mesures. Elles visent toutes à desserrer l’étau du mammouth sur un système éducatif à la dérive. Les premières mobilisations apparaissent face à des décisions pourtant timides mais salutaires. Le combat d’un ministre contre une machine infernale commence.

C’est un bien curieux combat qui se livre dans les coulisses du « mammouth » de la rue de Grenelle, et, à n’en pas douter, il méritera de nombreux décryptages pour ceux qui ne sont pas férus de questions éducatives. Jean-Michel Blanquer, qui a déjà expliqué qu’il ne proposerait aucune loi qui porterait son nom, vient pourtant de s’attirer les premières foudres des traditionnels idéologues de l’immobilisme éducatif. Lentement mais sûrement, les premières salves contre sa méthode et sa vision ont été tirées par ceux qui espèrent garder le contrôle d’un système en décomposition.

La décomposition éducative en France

Que l’école soit dans un état de dégradation avancée n’est un mystère pour personne. Les études triennales PISA l’ont suffisamment montré et documenté. Toutes les tares de notre système éducatif y sont décortiquées factuellement: inégalités sociales, décrochages scolaires puissants, difficulté à intégrer les jeunes issus de l’immigration, résultats moyens par ailleurs.

Face à cette lente décomposition, les remèdes sont connus. Seule une dénationalisation du système, une autonomie des établissements et une innovation pédagogique profonde permettront de rétablir la situation, comme d’autres pays sont parvenus à le faire.

Les rentiers de la centralisation sont inquiets

Bien entendu, tous ceux qui prospèrent sur une centralisation suicidaire de notre système éducatif, et sur sa déresponsabilisation principielle, sont horripilés par toutes ces solutions. Au premier rang d’entre eux, on placera les syndicats d’enseignants et leur chambre d’écho, la FCPE, régulièrement composée et représentée par les enseignants, mais sous leur étiquette « parents d’élèves ».

Tout ce petit monde déteste l’idée que les chefs d’établissement puissent développer des projets scolaires locaux et autonomes, qui échapperaient aux arrangements de couloir obtenus par la bureaucratie syndicale rue de Grenelle. Et tant pis si ce sont les élèves les plus faibles qui pâtissent de cette redoutable mais impitoyable prise de pouvoir. Dans tous les cas, il faut dénoncer la menace que ce projet fait peser sur la liberté de l’enseignant: entendez qu’il ne faudrait surtout pas que la Nation commence à fixer des obligations de résultats à ces fonctionnaires sous statut qui se comportent comme des professions libérales.

La stratégie de petits pas menées par Jean-Michel Blanquer

Dans ce contexte tendu, Jean-Michel Blanquer fait le choix astucieux d’avancer à petits pas et par une sorte de guérilla face aux troupes constituées des rentiers qui verrouillent la communauté éducative. Pas de loi, donc, mais des mesures de « gestion »: possibilité reconnue aux collectivités de déroger aux rythmes scolaires  dans les écoles primaires, élargissement prudent des possibilités de redoublement au collège, introduction de soutien scolaire pendant les vacances financé par des heures supplémentaires.

On voit bien la manoeuvre: on abandonne les grandes mesures nationales, et on laisse le terrain s’organiser en lui donnant des espaces d’autonomie. Le pari qui est fait est de voir progressivement un autre modèle s’installer, décentralisé et pluriel, sans possibilité de retour.

La méthode est peu flamboyante, mais elle a un immense mérite: elle complique singulièrement la tâche de blocage à laquelle sont prêts tous ceux qui dénoncent cette « territorialisation de l’éducation », selon une expression qui en dit long sur les appétits de pouvoir des « Parisiens ». Allez vous mettre en grève contre un décret qui vous permet, si vous le souhaitez, de faire usage de vos libertés!

Les pattes du mammouth bientôt cassées?

Avec cette méthode, il n’est pas impossible que Jean-Michel Blanquer parviennent à casser les pattes du mammouth. Ce serait une annonce réjouissante, tant la médiocratie de la rue de Grenelle a poussé notre école publique et laïque à la désespérance.

Cyril Hanouna, bouc-émissaire du nouvel ordre moral, par Éric Verhaeghe

Cyril Hanouna, dans son émission « Touche pas à mon poste! » sur C8, multiplie les blagues de mauvais goût. Cet humour contestable fait l’objet d’une lourde campagne d’intimidation de la part de la pensée unique et de sa police zélée dans les médias: le CSA.

Je fais partie d’une génération pour qui Cyril Hanouna est un OVNI. Quand, par mégarde, je tombe sur l’une de ses émissions, je ne comprends aucun des codes qu’il utilise et je vois rarement l’intérêt des mises en scène auxquelles il recourt. D’ailleurs, je trouve qu’une émission de télévision consacrée à la télévision participe d’un nombrilisme qui me plaît peu.

La liberté d’être de mauvais goût

J’ai longtemps peiné à comprendre pourquoi les relations entre Hanouna et le reste du PAF suscitaient autant d’engouement. Sauf à ce que le personnage ne permette de booster les audiences des médias qui lui consacrent des papiers, on voit d’ailleurs mal pour quelle raison tant d’animosité se produisent.

Les animateurs devraient être libres de pratiquer le mauvais goût si cela leur fait plaisir.

Bien-pensance et mauvais goût

Manifestement, les grands donneurs de leçons démocratiques ne partagent pas mon esprit libéral. Tous ceux qui combattent le Front National parce qu’il menace les droits de l’homme combattent aussi Cyril Hanouna parce qu’il pratique la provocation. Homophobe, sexiste, humiliant, et tout et tout.

Au nom de toutes ces valeurs sacrées, il faut faire taire l’animateur de télévision. Ainsi va la République qu’on nous propose.

La police morale à la télé

On se souvient qu’un proche de Marine Le Pen, durant la campagne, avait fait fureur en proposant de moraliser la télévision et d’y censurer les contenus qui déplaisent. Sa sortie, comme la montre la vidéo que nous reproduisons, avait suscité un tollé.

Pourquoi créer un ordre de journaliste, c’est vrai! puisque le CSA fait très bien l’affaire et se charge désormais de faire respecter la morale sur les chaînes de télévision.

Le CSA et ses décisions

La lecture des décisions plonge tout de même dans un abime de perplexité.

Dans la première décision, le CSA invoque un « défaut de retenue dans la diffusion d’images susceptibles d’humilier les personnes » (Hanouna avait montré la réaction de l’un de ses chroniqueurs face à une agression physique simulée).

Dans sa deuxième décision, le CSA considère que la chaîne n’aurait pas dû diffuser une scène enregistrée où une animatrice pose sa main à hauteur du sexe d’Hanouna, les yeux bandés. Le CSA juge qu’il s’agit d’une « situation dégradante » et qui « véhicule une image stéréotypée des femmes ».

Voici des délits d’offense à la morale précautionneusement châtiés, ou je ne m’y connais pas.

Le retour de l’offense à la morale

Pour comprendre le sens profond de ce qui vient de se passer, on relira ici les conclusions du procureur impérial Pinard lorsqu’il a requis contre Madame Bovary:

« après les citations viendra l’incrimination qui porte sur deux délits ; offense à la morale publique, offense à la morale religieuse. L’offense à la morale publique est dans les tableaux lascifs que je mettrai sous vos yeux, l’offense à la morale religieuse dans des images voluptueuses mêlées aux choses sacrées. »

Le CSA n’aurait pas dit mieux. Mon propos n’est bien entendu pas de confondre Hanouna et Flaubert, mais de souligner la dérive morale à laquelle nous assistons en France, et qui interdit progressivement des libertés jugées tout à fait naturelles il y a quelques années encore.

En réalité, nous entrons dans une ère pudibonde, et les pouvoirs publics se considèrent comme investis du rôle de revenir à l’ordre moral.

L’ordre moral bienpensant triomphe

Et donc, quelles sont les valeurs de l’ordre moral qui s’instaure en France à grand renfort de condamnations pénales, financières et de bannissements officiels loin des médias subventionnés ? C’est l’ordre des bobos bien-pensants, de cette gauche modérée qui diffuse partout des interdits et des injonctions de répéter des fausses vérités, des post-vérités diraient certains.

Par exemple, montrer une femme mettre sa main à la hauteur du sexe d’un homme, c’est une situation dégradante, une image stéréotypée de la femme.

Le procureur Pinard le disait très bien en requérant contre Flaubert:

« L’art sans règle n’est plus l’art ; c’est comme une femme qui quitterait tout vêtement. Imposer à l’art l’unique règle de la décence publique, ce n’est pas l’asservir, mais l’honorer. On ne grandit qu’avec une règle. »

À toute émission de télévision, il faut des règles conformes à la décence publique. Sous le Second Empire, était indécente la représentation de l’adultère. Sous la Cinquième République, l’indécence retrouve sa tradition.

L’obsession des limites

Ce qui guide ce mouvement de retour à l’ordre moral, on le sait très bien, c’est l’angoisse que les bobos nourrissent à l’endroit des pulsions humaines. La névrose hystérique a pris le pouvoir. Il faut partout, être excellent, modéré, retenu, raisonnable, c’est-à-dire refouler ce qui, en nous, nous angoisse.

Ils se disent bienveillants. En réalité, ils sont simplement pudibonds.

Les medias avaient hurlé lorsque le Front National avait voulu « moraliser » la profession de journaliste

Première décision du CSA concernant Hanouna

Deuxième décision du CSA

Ernest Pinard, procureur impérial

Je dis, messieurs, que des détails lascifs ne peuvent pas être couverts par une conclusion morale, sinon on pourrait raconter toutes les orgies imaginables, décrire toutes les turpitudes d’une femme publique, en la faisant mourir sur un grabat à l’hôpital. Il serait permis d’étudier et de montrer toutes ses poses lascives ! Ce serait aller contre toutes les règles du bon sens. Ce serait placer le poison à la portée de tous et le remède à la portée d’un bien petit nombre, s’il y avait un remède. Qui est-ce qui lit le roman de M. Flaubert ? Sont-ce des hommes qui s’occupent d’économie politique ou sociale ? Non ! Les pages légères de Madame Bovary tombent en des mains plus légères, dans des mains de jeunes filles, quelquefois de femmes mariées. Eh bien ! lorsque l’imagination aura été séduite, lorsque cette séduction sera descendue jusqu’au coeur, lorsque le coeur aura parlé aux sens, est-ce que vous croyez qu’un raisonnement bien froid sera bien fort contre cette séduction des sens et du sentiment ? Et puis, il ne faut pas que l’homme se drape trop dans sa force et dans sa vertu, l’homme porte les instincts d’en bas et les idées d’en haut, et, chez tous, la vertu n’est que la conséquence d’un effort, bien souvent pénible. Les peintures lascives ont généralement plus d’influence que les froids raisonnements.

Les TPE gagneront-elles ou perdront-elles avec les ordonnances du gouvernement?

Les TPE ont-elles quelque chose à gagner ou à perdre dans les ordonnances du gouvernement qui sont en préparation? La question mérite d’être étudiée de près, car la réponse ne coule pas de source.

Pour les entreprises de plus de 20 salariés, les ordonnances devraient apporter des « externalités positives » incontestables. Pour les entreprises de 10 à 20 salariés, le gain est déjà beaucoup moins évident. Pour les moins de 10 salariés (deux tiers des entreprises en France!), tout porte à croire que les nouveaux textes constitueront un risque majeur. Voici pourquoi.

Une mécanique de dérogation à la loi discriminante

L’essentiel de la mécanique de flexibilité proposée par le gouvernement repose sur l’inversion de la hiérarchie des normes. Autrement dit, le niveau le plus important de fixation des normes sociales sera l’entreprise. Les accords négociés au coeur de celle-ci devraient, après les ordonnances, permettre de « dégrader » des dispositions légales, par exemple en augmentant localement la durée du travail.

Ce système n’a donc d’intérêt que pour les entreprises qui peuvent négocier des accords. Or, le seuil pour disposer d’un délégué syndical est de 50 salariés. Sous certaines conditions, le délégué du personnel peut être investi de cette fonction. Pour disposer d’un délégué, il faut au moins 11 salariés.

Autrement dit, au-dessous de 11 salariés, les entreprises ne gagnent rien aux ordonnances. Elles devront se contenter d’appliquer les accords de branche.

Menace sur le mandatement

Selon nos informations, le gouvernement pourrait profiter de l’occasion donnée par ces ordonnances pour supprimer une mécanique commode: le mandatement. Celle-ci permet à une organisation syndicale de mandater un salarié pour négocier un accord dans les entreprises de plus de 11 salariés. Les ordonnances réduiraient donc encore la possibilité de négocier des accords dans les entreprises.

Par voie de conséquence, ces entreprises devraient appliquer des accords de branche.

L’inconvénient des accords de branche

Les accords de branche posent un problème majeur: ils sont généralement négociés par les « gros » d’un secteur pour verrouiller la concurrence que les « petits » leur adressent. La norme de branche sert alors de barrière à l’entrée sur les marchés.

En abaissant les contraintes des grandes entreprises par l’extension des possibilités de dérogation, et en maintenant les TPE dans un corset de branche, les ordonnances devraient renforcer les distorsions de concurrence entre grandes entreprises et petites entreprises. Ce qui n’est absolument pas dans l’intérêt économique du pays.

Comprendre les effets de seuil

Plusieurs syndicats patronaux répètent à l’envi aux acteurs de la technostructure que les normes doivent être pensées en intégrant les effets de seuil. C’est le cas du SDI, le syndicat des indépendants, dont le secrétaire général Marc Sanchez insiste sur les effets négatifs que les dispositions normatives produisent lorsqu’elles ne prennent pas en compte les contraintes liées aux tailles des entreprises.

Dans le cas des ordonnances, l’impossibilité où les TPE seront de négocier des accords dérogeant à la loi apportera un avantage concurrentiel aux grandes entreprises.

Le SDI (syndicat des indépendants), un syndicat patronal à suivre

Le SDI est un syndicat patronal autofinancé, ce qui mérite d’être souligné dans un univers où la subvention du contribuable est la norme. Il est né dans les années 90 sous le signe de la loi de 1884 (il ne s’agit donc pas d’une association).

Avec ses 25.000 adhérents déclarés dans le secteur des moins de 20 salariés, le SDI n’est donc pas loin de peser aussi lourd que l’ex-UPA. Doté d’un secrétaire général (en photo), Marc Sanchez, et d’une cinquantaine de permanents, le SDI constitue une originalité forte dans le paysage patronal français. Avec des cotisations inférieurs à 1.000 euros annuels, il parvient à documenter utilement les préoccupations des TPE, notamment en donnant une segmentation pertinentes aux revendications des entrepreneurs.

À titre d’exemple, le SDI a aujourd’hui la capacité de montrer que la question du coût du travail occupe essentiellement les entreprises de moins de 5 salariés, et que la question du recrutement et de la formation occupe plus prioritairement les entreprises de 5 à 10 salariés.

D’une manière générale, le discours du SDI sacrifie peu aux antiennes patronales traditionnelles et propose un corpus de revendications relativement innovantes qui méritera d’être suivi dans les prochains mois et au cours des réformes à venir.

Les réactions syndicales aux ordonnances n’augurent rien de bon

Les premières réactions syndicales aux ordonnances sont intervenues. Pour l’instant, la température est tiède. Mais FO devrait chercher à tirer son épingle du jeu dans un contexte où la CFDT cache mal ses réticences.

Les ordonnances ont suscité peu d’enthousiasme au sein des organisations syndicales. On peut s’attendre à une montée progressive en température, surtout dans l’hypothèse où le gouvernement durcirait son projet après les législatives. Cette hypothèse n’est pas étayée à ce stade, mais elle prend forme et elle laisse penser que, après une légitimation électorale quasi-plébiscitaire, le gouvernement pourrait pousser loin son vision de la réforme.

La CGT exprime déjà ses réticences

Selon toute vraisemblance, la CGT devrait rapidement entrer dans un processus d’opposition au gouvernement. « Il y aura des mobilisations parce que sans mobilisations, tout gouvernement, comme beaucoup de dirigeants de grandes entreprises, ont les oreilles beaucoup plus bouchées que quand il y a des mobilisations », a-t-il déclaré sur LCI.

La CFDT vigilante

Pour sa part, la CFDT aborde l’exercice à reculons. Véronique Descacq, d’ordinaire encline à soutenir le pouvoir en place, a commencé à poser quelques billes sur les sujets qui fâchent, ce qui n’augure rien de bon quant à la suite.


Véronique Descacq : « La CFDT n’est pas très… par publicsenat

La CGC sur une ligne prudente

De son côté, François Hommeril, président de la CGC, a également montré sa tiédeur. Sur France Culture, il a expliqué que des lignes rouges ne devaient pas être franchies par le gouvernement.

FO en passe de devenir allié du gouvernement?

Seul FO a manifesté plus d’enthousiasme pour les projets gouvernementaux. Jean-Claude Mailly n’a d’ailleurs pas caché son intention de profiter de l’alternance pour s’imposer comme l’interlocuteur privilégié du pouvoir exécutif.

Ses propos sont donc sans équivoque:

« L’une des craintes que nous avions après la loi travail, c’est qu’il y ait une remise en cause généralisée de la branche. Ce n’est pas le cas. Mais il va falloir voir comment cela s’ajuste et c’est une autre paire de manches ».

Édouard Philippe compte donc au moins un allié.

Ordonnances travail: jusqu’où En Marche proposait-il d’aller?

Article écrit pour Atlantico

Le gouvernement a démenti aujourd’hui préparer 8 ordonnances comme Le Parisien l’indiquait. Officiellement, il s’agirait de documents de travail préparés durant la campagne, mais que le gouvernement ne reprend pas à son compte. L’affaire donne l’occasion de s’interroger sur l’écart entre les discours et la réalité des projets macroniens.

Vrai raté ou grosse manip?

Les esprits perfides se demanderont bien entendu si la publication de ces « documents de travail » est un vrai raté ou une manipulation discrète organisée par En Marche pour tester l’opinion publique. Il est en fait très vraisemblable qu’un marcheur mal inspiré ait communiqué des documents de campagne à la presse, en pensant éclairer utilement le débat.

On voit en effet assez mal pourquoi le gouvernement aurait démenti aussi vite s’il avait voulu laisser prospérer le soupçon le temps de « sentir la température » du public. En revanche, il est attesté que très peu des documents de campagne préparés au printemps ont été publiés. L’erreur de document est donc très plausible.

Un éclairage sur le degré de préparation d’En Marche

Au vu des flous maintenus sur son programme et ses propositions par Emmanuel Macron, on pouvait penser que les équipes d’En Marche avaient insuffisamment travaillé pendant la campagne. On découvre aujourd’hui qu’une multitude de scénarios ont été poussés et que le candidat Macron a préféré ne pas tout reprendre à son compte.

Politiquement, les raisons de cette discrétion apparaissent clairement. Certaines des propositions échafaudées par les technocrates en coulisse auraient pu coûter cher dès le premier tour.

Selon nos informations, Le Parisien n’a d’ailleurs pas publié le pire. Dans les cartons se trouvent par exemple des projets de baisse des allocations chômage… ce qui est un peu plus violent qu’une simple réforme de l’organisation du régime. Rien n’exclut qu’ils ne sortent dans les prochaines semaines pour devenir des dispositions légales.

Le rôle de Jean Pisani-Ferry

Au passage, plusieurs rumeurs avaient circulé sur le rôle exact de Jean Pisani-Ferry, le commissaire de France Stratégie devenu responsable de la coordination du programme macronien en début d’année. En contrepartie de sa participation au projet, l’intéressé avait imaginé qu’il deviendrait à 60 ans ministre du Budget. Finalement, le poste est revenu à la droite. Et Pisani n’a plus eu que ses yeux pour pleurer, son poste de commissaire étant revenu à Michel Yahiel, ancien conseiller social de Hollande.

Au vu des documents sortis, on ne reprochera pas à Pisani son manque d’engagement dans les projets.

Des projets d’ordonnance plutôt intelligents

Au demeurant, Pisani-Ferry n’a pas à rougir du travail effectué. Ce que Le Parisien a publié permettait d’accorder du « grain à moudre » aux organisations syndicales en échange de concessions importantes. Un peu de chèque syndical et quelques autres babioles, en contrepartie de dégradations notables des protections accordées aux salariés, permettaient aux syndicats de souscrire sans trop de honte à des textes qui risquent de poser quelques problèmes de fond.

L’ensemble reposait sur des perspectives avec du sens.

Des mesures plus rigides en préparation?

Reste à savoir si, une fois les élections législatives passées (probablement dans des conditions très positives), le gouvernement continuera sur sa lancée en proposant des réformes plus raides que ce qu’il a annoncé jusqu’ici. Il lui suffirait de déterrer quelques cartons remplis par Pisani-Ferry et ses affidés, pour retrouver des projets qui couperaient l’herbe sous le pied des organisations syndicales.

Politiquement, c’est un risque gérable. Face à la débandade de la droite et à l’anéantissement du Parti Socialiste, En Marche devrait rafler une confortable majorité à l’Assemblée. Cette avance pourrait dissuader les organisations syndicales de réagir, et priver les salariés de toute illusion sur les chances qu’un conflit aboutisse.

Rien n’exclut, donc, de nouvelles surprises dans les semaines à venir.