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Où manger de la viande à Paris? Sur la braise

Article publié sur neandertalis.org

Les amateurs de viandes originales ne manqueront pas Sur la braise, une enseigne ouverte il y a quelques mois dans le 6è arrondissement de Paris, rue Bréa, à deux pas de Montparnasse. Dans une ambiance très contemporaine, voire un peu froide, cette maison créée par Alexandre Sanchez propose une carte qui mise entièrement sur la qualité des produits avec des vins bien choisis pour les accompagner.

La fraîcheur se dévoile dès l’entrée avec une poêlée de légumes bien croquants coiffés d’une burrata fondante.

Sur la braise

Mais on accordera une mention exceptionnelle aux inoubliables samoussas de foie gras et cochon, dont la texture autant que le goût appartiennent au pur délice. Accompagnés d’une sauce à la crème extrêmement légère, ils plongeront le palais dans des abimes de bonheur, voire de félicité qu’il ne faut surtout pas manquer.

Sur la braise

Après ces premières réjouissances, vient le temps du boeuf, qui constitue une sorte de clou du spectacle dans cette maison. La carte propose quelques pièces tout à fait notables, dont une côte de Galice mature quatre semaines à la texture ferme en première bouche et très fondante sur la langue. Pour la cuisson, on suivra les conseils du chef qui la propose à point, afin que la matière grasse ait le temps de bien inonder la bouche.

Sur la braise

Les amateurs y trouveront aussi un filet de Salers qui les réjouira par sa consistance tout à fait équilibrée et sa richesse gustative.

Pour ces délices, nous avions choisi un Pic Saint-Loup dont le fruité n’était pas éclipsé par la puissance ni le tanin.

Pour tous ceux qui, sur la rive gauche, cherchent une adresse discrète et confortable, où l’on n’est pas les uns sur les autres, Sur la Braise constitue donc une bonne alternative aux classiques du boulevard Montparnasse. Les prix n’y sont pas complètement cassés, mais l’ensemble reste raisonnable pour une belle prestation et un cadre confortable où l’on n’est pas les uns sur les autres.

Néandertal

Sommes-nous les héritiers de Neandertal?

Article publié sur Neandertalis.ORG.

L’homme de Néandertal a la cote! Depuis plusieurs années, et de manière grandissante, il suscite une passion et fait l’objet d’une sorte de révisionnisme historique. Non, il n’est pas le sous-homme qu’il avait la réputation d’être! non, il n’était pas si « primitif » qu’on a voulu nous le faire croire! peut-être même était-il supérieur à l’Homo Sapiens dont nous sommes issus.

Il se trouve qu’en Europe, l’homme moderne a fait l’objet d’un important métissage avec le Néandertal… au point qu’on trouve presqu’autant de traces du Néandertal dans l’homme européen contemporain que de traces arabes dans les habitants du Maroc aujourd’hui. La question est bien entendu de savoir quelle originalité cette survivance apporte.

Pourquoi Néandertal s’appelle Néandertal…

Historiquement, l’homme de Néandertal fut découvert en 1830 en Belgique à Engis (près de Liège), assez loin de la vallée de Néandertal, qui se trouve en Allemagne. Située près de Düsseldorf, celle-ci n’a commencé à révéler ses secrets qu’en 1856, avec les découvertes de l’archéologue Fuhlrott, qui avait d’ailleurs précédé Darwin de quelques années dans le pressentiment que les espèces évoluaient. Entre-temps, en 1848, un autre crâne de Néandertal avait été découvert à Gibraltar.

Le nom du Néandertal fait donc référence au site rhénan où son premier specimen fut identifié et analysé comme tel, et non au premier endroit où des fossiles furent trouvés. Son nom lui fut attribué par l’archéologue anglais William King en 1864.

Où se trouvent les traces de Néandertal?

Si le site de Néandertal a révélé de nombreux ossements, l’implantation de Néandertal est beaucoup plus large que la vallée rhéno-mosane. On a déjà cité des découvertes à Engis, près de Liège, et à Gibraltar. En 1886, deux squelettes bien conservés furent découverts à Spy, en Belgique. En 1899, des ossements furent excavés en Croatie, à Krapina. En 1925, le français Turville découvrit l’homme de Galilée, en Palestine. En 1926, c’est un nouveau crâne à Gibraltar qui est découvert, surnommé Gibraltar 2. On considère aujourd’hui que les ossements de Gibraltar attestent du dernier peuplement Néandertal dans le monde.

Source: Wikipedia
Source: Wikipedia

Avec les années 30, s’ouvre une assez longue période où les découvertes sont plus rares.

Dans les années 50, neuf squelettes sont découverts au Kurdistan, à Shanidar, au nord de l’actuelle Irak (un dixième squelette sera découvert en 2006). Ils datent probablement des derniers millénaires avant la disparition de l’espèce. En 1981, des ossements sont découverts au Pays de Galles. Ils datent probablement de l’an 230.000 avant Jésus-Christ.

Il faut attendre les années 90 pour que les grandes découvertes reprennent.

En 1993, l’université de Liège découvre sur le site archéologique de Scladina, près d’Andenne, les ossements, dont un crâne, d’un enfant d’espèce Néandertal datant de – 100.000 à – 130.000 avant Jésus-Christ. En 1994, 12 squelettes sont découverts en Espagne, dans la grotte de Sidron, au nord-ouest de l’Espagne. Ces découvertes permettent, pour la première fois, de séquencer le chromosome Y et le gène de la parole chez l’homme de Néandertal. En 1998, à Abrigo au Portugal, des restes humains d’un enfant présentant des signes de possible métissage entre le Néandertal et l’homme moderne sont mis au jour. Ils sont estimés à 25.000 ans avant JC. Enfin, en 2000, un archéologue russe isole l’ADN d’un enfant Néandertal dans le Caucase. Ces ossements dateraient de l’an – 30.000 et appartiendraient donc à l’un des derniers représentants de l’espèce.

Autrement dit, le champ d’expansion du Néandertal connu à ce jour court de Gibraltar au Caucase, et du Pays de Galles au Moyen-Orient, jusqu’à la frontière nord de l’Irak.

Qu’est-ce que la Neandertal genome project?

En 2006, le Max Planck Institut en Allemagne et la start-up 454 Life Sciences du Connecticut lancent un grand programme de décryptage de l’ADN du Néandertal. En tout, ce sont 4 milliards d’échantillons qui sont analysés jusqu’en 2010. Le programme est conduit par Svante Pääbo.

Le projet conclut à une divergence entre le Sapiens et le Néandertal située dans une époque entre – 500.000 et – 370.000. En outre, les chercheurs, établissent que 99,7% de l’ADN de Neandertal sont identiques à l’ADN moderne.

Surtout, la grande découverte du projet consiste à montrer qu’entre 1 et 4% du génome des hommes contemporains proviennent de Néandertal, sauf en Afrique où l’ADN de Néandertal est absent. C’est en Europe que l’on trouve le taux d’ADN de Néandertal le plus élevé, signe que la concentration des Néandertal était plus forte en Europe qu’en ailleurs, même si, en Extrême-Orient, certaines populations ont conservé un patrimoine génétique élevé.

Quels gènes du Néandertal sont différents?

Les travaux de Pääbo et de ses équipes ont permis d’identifier les gènes de Néandertal et les gènes de Sapiens qui diffèrent.

L’un d’eux, le RPTN, encode la protéine qui protège la peau. Son absence chez Néandertal peut expliquer sa moindre grande résistance aux maladies. Le Néandertal disposait également d’un système thyroïdien différent. En outre, le Néandertal disposait d’un gène FOXP2, auquel est attribué le langage, différent du gène contemporain, mais néanmoins opératoire. Néandertal savait donc parler…

Les découvertes récentes sur Néandertal

Après la batterie de décryptage du Neandertal genome project, les chercheurs ont enrichi leurs hypothèses et leurs théories sur l’hybridation entre l’homme contemporain et son ancêtre.

En particulier, en 2015, des généticiens (Vernot et Akey, de l’université de Washington) ont commencé à soutenir l’hypothèse selon laquelle le Néandertal d’Europe et le Néandertal d’Asie n’appartiendraient pas à la même souche ou auraient subi des phénomènes démographiques différents. Ils n’écartent pas l’hypothèse d’un métissage des Européens avec une population encore mal identifiée. Cette thèse est corroborée la même année par Kim et Lohmueller, de l’université de Los Angeles.

Peu à peu, c’est la théorie de multiples foyers de peuplement qui prend forme, avec une remarque importante formulée en avril 2016 sur la différence du chromosome Y entre Néandertal et Sapiens, qui pourrait expliquer en partie l’extinction de la population. Les mères porteuses du chromosome donnaient probablement naissance à des hybrides stériles.

Quand et pourquoi Néandertal a-t-il disparu?

La date exacte de la disparition de Néandertal est incertaine. Toutefois, les scientifiques admettent communément que la population a été décimée vers l’an – 40.000, et qu’elle a survécu au plus tard jusqu’en – 25.000.

Les théories sur la disparition de Néandertal sont nombreuses et restent incertaines. Deux grands groupes de théories coexistent aujourd’hui, d’ailleurs non exclusives les unes des autres.

Les théories de la catastrophe brutale (notamment celle du changement climatique) soutiennent qu’en l’espace de quelques milliers d’années, l’homme de Néandertal a disparu corps et âme. Ces théories rendent toutefois mal compte des phénomènes de métissage et d’hybridation décrits plus haut.

Les théories du métissage privilégient au contraire l’idée d’une absorption progressive de la population néandertalienne par d’autres groupes humains, comme l’homme de Cro-Magnon. Il est en tout cas très probable que Cro-Magnon, qui venait d’Asie Centrale, ait coexisté pendant au moins 15.000 ans avec Néandertal.

La civilisation néandertalienne était-elle supérieure?

Le plus étonnant tient aux découvertes archéologiques témoignant d’une culture néandertalienne probablement supérieure à la culture du Sapiens. Ces découvertes concernent un vaste espace de sites archéologiques, à certains égards plus large que les sites identifiés avec des ossements:

Source:Wikipédia
Source:Wikipédia

La civilisation néandertalienne est habituellement qualifiée de « moustérienne », du nom d’un abri en Dordogne (le Moustier). Le Moustérien se reconnaît aux objets bifaces et à diverses techniques comme celle de Levallois.

Surtout, le site de Moustier témoigne de l’existence de pratiques religieuses datant de l’an -100.000. L’homme de Néandertal serait donc le prototype de la créature spirituelle, hantée par la peur de la mort et convaincue d’une existence spirituelle au-delà des apparences terrestres.

Cette antériorité du fait religieux chez l’homme de Néandertal est loin d’avoir livré tous ses secrets.