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Anne Hidalgo et ses petits coups d’Etat

Officiellement, Anne Hidalgo est la grande prêtresse du dialogue. Parfois, on se demande même pourquoi ce mot lui remplit tant la bouche. Est-ce une façon de se convaincre qu’elle est une démocrate alors que les deux mois qui viennent de s’écouler ont démontré l’ampleur de son dégoût pour la démocratie? Ceux qui ont manqué l’actualité parisienne cet été doivent impérativement reprendre le fil de cette actualité.

Anne Hidalgo désavouée par le Conseil d’Etat

Anne Hidalgo a tout fait pour obtenir une loi réformant le statut de Paris. Celle-ci comportait une disposition drolatique: elle prévoyait l’instauration d’une commission permanente, dotée de très larges pouvoirs et composée à 80% de représentants de la majorité municipale. Cette manière permettait donc de supprimer toute forme d’opposition politique à Paris, l’essentiel des décisions étant pris par des obligés de la maire.

Voici ce qu’en a dit le Conseil d’Etat:

Toutefois, le Conseil d’État ne peut donner son assentiment aux dispositions du projet qui prévoient que cette commission permanente serait composée du maire de Paris, de ses adjoints, le cas échéant des conseillers de Paris ayant reçu délégation et d’autres membres correspondant à 20 % de l’effectif du Conseil de Paris. En effet, du fait, d’une part, du nombre et du mode d’élection des adjoints qui seraient susceptibles d’y siéger et, d’autre part, du mode de désignation des conseillers recevant délégation, une telle composition aurait nécessairement pour effet de distordre à l’excès au sein de la commission permanente les équilibres qui résultent directement, pour l’assemblée délibérante, de l’expression du suffrage universel. Or, compte tenu de ses compétences, la commission permanente doit elle-même être regardée comme un « conseil élu » au sens des dispositions du troisième alinéa de l’article 72 de la Constitution. En conséquence, en l’absence de différence de situation justifiant, au sens de la décision du Conseil constitutionnel n° 2009-588 du 6 août 2009, une spécificité de Paris sur ce projet, sa composition doit être fidèle à celle de l’assemblée dont elle est issue et exerce les pouvoirs.

Le Conseil d’État propose, par conséquent, de réécrire ces dispositions pour les rapprocher du droit applicable aux commissions permanentes des conseils départementaux, qui prévoit que leurs membres sont élus par l’assemblée délibérante à la représentation proportionnelle, les titulaires des fonctions exécutives déléguées étant ensuite élus en leur sein au scrutin majoritaire.

Et pan sur le bec.

Anne Hidalgo piétonnise en force

Dans sa haine du banlieusard, et son amour immodéré pour le bobo habitant les beau quartiers et n’utilisant pas l’automobile, Anne Hidalgo a décidé de passer en force sur la piétonnisation des voies sur berge.

La commission d’enquête publique a en effet dit tout le mal qu’elle pensait de ce projet, qui devrait créer des embouteillages dans les rues et augmenter la pollution. Elle a d’ailleurs considéré que son périmètre d’étude ne permettait pas d’étudier tout l’impact environnemental de la mesure.

Qu’importe! les idéologues de l’équipe municipale parisienne ont trouvé la parade à ces craintes:

« Il y a toujours à court terme des reports de circulation, temporaires et localisés – qui concerneront quasi exclusivement Paris dans ce projet –, avant que les usagers modifient leur comportement et délaissent la voiture pour d’autres modes de déplacement, rétorque Christophe Najdovski, adjoint de la maire aux transports. La commission fait complètement fi de cette réalité. »

Voilà qui s’appelle de la bonne gouvernance! On impose, au nom de l’écologie et contre les avis officiels, une mesure qui crée de la pollution, et on attend que tout le monde s’y habitue.

On propose à Anne Hidalgo d’organiser prochainement un concours de langue de bois et de démocratie pipeau. Elle fera une excellente présidente du jury.

Ma fille de 3 ans victime d’une agression à Paris, et la police ne bronche pas

L’agression à Paris, y compris face ou contre les enfants de 3 ans, est devenu un mode normal de fonctionnement qui ne suscite plus aucune réaction normative de la police, ni de la ville de Paris, bien entendu.

L’agression à Paris, un mode de vie à la mode

En cette fin d’après-midi, j’étais content de pouvoir emmener ma fille de 3 ans au parc. Ce n’est pas tous les jours que je peux m’offrir ce petit luxe. Et ce n’est pas tous les jours que ma fille peut profiter de son papa dans son parc habituel, rue du Télégraphe, dans le 20è arrondissement de Paris.

Mais ce soir… pas de chance, une bande d’adolescents africains et maghrébins traîne ses savates dans le parc réservé aux enfants de moins de six ans, et deux adolescents belliqueux commencent à se battre à quelques dizaines de centimètres de ma fille de trois ans…

Non! non! et non! je n’accepte pas cela et je leur demande d’arrêter. J’ai immédiatement droit aux sarcasmes, aux insultes, aux accusations de racisme (demander à des adolescents issus de l’immigration de respecter des règles de bon sens, c’est forcément aussi raciste que de ne pas sélectionner Benzéma en équipe de France), aux menaces. Le ton monte.

Ma fille de 3 ans se réfugie derrière moi et je suis entouré par une bande de quinze adolescents et jeunes adultes menaçants

Je ne me laisse pas faire, et les gamins s’impatientent. Je ne quitte pas le parc comme ils le souhaiteraient. Ma fille se réfugie derrière moi et je me retrouve donc face à cette scène surréaliste où un petit caïd de quartier commence à me bousculer:

 

Comme je tiens tête et que j’explique à ma fille qu’il ne faut jamais abandonner la partie, même face à la loi du nombre, les agresseurs utilisent une autre arme. Ils envoient un enfant de dix ans se jeter sur ma fille avec sa trottinette. Se dire victime et agresser. Dénoncer le racisme et haïr les blonds aux yeux bleus.

Voilà le résultat:

 

La police reste inerte

Au bout d’interminables minutes, le parc (dans le quartier où les Kouachi se sont radicalisés rappelons-le, et dans la circonscription de Jean-Christophe Cambadélis) qui n’est pas gardé par un agent de la ville de Paris (trop occupés dans les beaux quartiers sans doute) est finalement atteint par une patrouille de police qui renvoie tout le monde dos à dos.

Les policiers partis, j’ai droit aux pires insultes de la part des jeunes mamans maghrébines qui étaient là.

Il est vrai qu’une bande d’adolescents africains qui s’attaquent à une famille française, ce n’est ni de la violence, ni du racisme, c’est une juste réparation de nos torts coloniaux.

Paris: la ville où plus rien n’est possible

Article écrit pour le Figaro et mis à jour le 8 juin à 20h45.

Il fut un temps où les Parisiens aimaient Paris non parce qu’elle était la capitale de l’entre-soi bien-pensant, mais parce qu’elle était une ville fourmillante où tout était possible.

Elle était en quelque sorte la terre promise des Rastignac, où l’on pouvait arriver avec de vieilles bottes sans chaussettes et espérer réussir par sa grâce et son talent. Elle était aussi bonne mère: une ville qui autorisait tout (et pas forcément le pire), où tous les modes de vie avaient droit de cité, sans que les bonnes âmes ne flicassent les libres penseurs et les libertins. On s’y mélangeait gaiment et respectueusement, riches et pauvres, milliardaires et culs-terreux, Chrétiens, Juifs et Musulmans, athées et bouddhistes, libres penseurs et cagots, laborieux, artistes et rentiers. Tout ce petit monde se partageait Paris avec le sentiment d’une immense chance: celle de participer à une grande aventure humaine, pleine de souffle, mais aussi de promesses et de souvenirs, où chacun était une brique dans un mur magique de plusieurs milliers d’années.

Peu à peu, Paris perd sa magie et se range dans le conformisme gris d’une petite bourgeoisie qui se croit originale mais qui confond le caprice immédiat et l’ambition, l’opinion des salons et la vision historique, le préjugé et l’intelligence, l’avenir collectif et la somme des projets individuels. Et sans qu’on n’y prenne garde, sans qu’on ne le voie, cette somme des projets individuels qui dirige la Ville devient le tout d’une impossibilité grandissante.

Traverser Paris quand on est banlieusard: bientôt impossible!

Par exemple, Anne Hidalgo a le projet de rendre aux piétons les berges de la Seine, projet anticipé par la crue impromptue du fleuve. À la fin du Paris Plages de cet été, les quais resteront fermés aux automobilistes, y compris le tunnel des Tuileries, rénové en 2010 pour 10 millions d’euros. Comme c’est beau! Paris libérée de ces banlieusards qui travaillent à la Défense ou dans le Triangle d’Or, et qui habitent un minable pavillon dans la banlieue Est. Quelle horreur! des traîne-misères, des gagne-petits qui viennent polluer la capitale!

Marie-Antoinette aurait dit: s’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche! Anne Hidalgo répond: s’ils ne sont pas contents, qu’ils habitent à Paris!

Traverser Paris avec une vieille guimbarde: bientôt impossible!

Par exemple, Anne Hidalgo interdira bientôt les véhicules antérieurs à 1997 dans les rues de Paris. Comme c’est beau! On en finit enfin avec la pollution mortifère due aux voitures de plus de 10 ans. Ceux qui souillaient nos rues bien propres avec leurs vieilles guimbardes en seront pour leur grade. Et s’ils n’ont pas les moyens de suivre, tant pis pour eux. Qu’ils déménagent en banlieue, où la pollution au moteur brinquebalant est un sport national!

Et moi qui rêvais de fêter mon anniversaire de mariage en offrant à ma femme un Paris by night en Ford Mustang décapotée! encore raté. Et adieu le remake du travelling débridé d’À bout de souffle place de la Concorde.

Rencontrer une divorcée blanche dans les rues de Paris: bientôt impossible!

Par exemple, vendredi dernier, je croisai, au jardin d’enfants municipal (mais très cher) fréquenté par ma fille la maman quadragénaire et pleine de charme de l’une de ses copines. En papotant, je m’aperçois que cette maman est infirmière et divorcée. Son loyer l’étouffe et la met dans la gêne. Pourtant, elle travaille honorablement, mais la vie à Paris lui devient de plus en plus pesante et contraignante. Pour elle, la capitale est une nasse: avec son salaire, elle ne peut déménager dans un quartier où les écoles publiques sont fréquentables. Elle se sait condamnée désormais, sous peine de déménager loin de son travail, à inscrire sa fille de trois ans dans une école où le racket, la violence, la sous-éducation, la déstructuration des esprits, la tolérance quotidienne aux violences ethniques, sont le régime commun.

Travailler dans l’angoisse de retrouver chaque soir son enfant victime de violences, ou chômer loin de tout, tel est le dilemme de la classe moyenne parisienne contemporaine! Dans le plus grand mépris d’Anne Hidalgo et de son porte-flingues Bruno Julliard, pour qui cette mère est une suppôt potentielle du Front National, de la droite, de l’opposition, du fascisme en France, qu’il faut écarter le plus tôt possible des listes électorales.

D’ailleurs, aucun logement social n’est jamais proposé à cette maman qui vit aujourd’hui dans un studio et qui rêve de donner une chambre à sa fille.

Traverser une rue sans voir un enfant en bas âge dormir dehors: bientôt impossible!

Par exemple, depuis deux ans au moins, l’Est parisien est envahi par des familles qui dorment dans la rue, avec leurs enfants en bas âge (des nourrissons, des enfants de deux ou trois ans) qui dorment sur des matelas de fortune à même le sol, comme si, entre Paris et Bombay, il n’existait plus de différence. D’où viennent ces enfants des rues qui, d’un coup d’un seul, nous projettent dans les favelas brésiliennes? d’un camp de Roms? d’un réseau de mafieux? d’une déchéance globale de la capitale?

Nul ne sait. Mais Anne Hidalgo a décidé d’enkyster le mal, de l’étendre à l’ensemble de la capitale, en ouvrant les portes d’un camp de migrants sur le territoire même de la ville, dont on connaît la signification à court terme: pullulement d’enfants partout, partout et encore partout, profusion de réseaux mafieux qui organiseront le quadrillage des quartiers, la mendicité, la prostitution, le vol, à leur plus grand profit. Et bien entendu, profusion de maladies en tous genres, éradiquées il y a cinquante ans, et qui reviendront en masse, comme la tuberculose.

Rêver Paris: bientôt impossible!

Digne émule de Jean Tibéri, fidèle élève de cette école des seconds couteaux qui n’ont pas d’idées et se fient à la dernière mode dans les salons pour agir, Anne Hidalgo a entrepris d’achever le rêve parisien, largement mis à mal par la municipalisation de la Ville, par sa normalisation comme dirait François Hollande, alors qu’elle est tout sauf une cité normale.

Bientôt, Paris ne sera plus un rêve pour personne, plus le rêve interdit de ceux qui n’ont rien sauf leur faim au corps pour réussir, plus le rêve des talents et des espoirs, plus le rêve des appétits débordants, trop grands pour un monde trop petit. Elle sera simplement la morne résidence protégée des minorités petites bourgeoises qui jouent aux victimes discriminées, aux petites choses, et qui gouvernent tout à la hauteur de leurs vues victimaires. Pas de restaurants ouverts après 22h30. Pas de diversité sociale et ethnique dans les rues: les Blancs d’un côté, les autres dans leurs ghettos. Pas de banlieusards dans les rues. Pas de vieilles bagnoles qui font rêver. Pas de gens moyens: soit les riches, soit les pauvres.

Jour après jour, Paris perd son âme et son silence n’est plus troublé que par le concert électro des minorités homo, trans, ethniques, spécistes, végétariennes, qui nous érigent tant de statues de commandeurs que déambuler dans la magie de la Ville est devenu impossible.

 

Anne Hidalgo accélère le grand remplacement à Paris

Anne Hidalgo ne passe pas une journée sans faire des déclarations d’une vertu digne de Bossuet et des plus grands prédicateurs chrétiens. Pas une journée où elle ne pense aux victimes de l’horrible loi sur le Travail et autres fadaises bobos qui entretiennent la bonne conscience. Mais son actualité laisse entrevoir une logique politique bien différente.

Paris bientôt interdite aux classes moyennes

On nous l’annonce: Ségolène Royal a finalement concédé à Anne Hidalgo (la tension entre les deux femmes est bien connue pour des raisons que tout le monde fait semblant d’ignorer) le droit d’interdire l’entrée de Paris aux véhicules individuels antérieurs à 1997, et les deux roues antérieurs à 1999. 10% du parc parisien seraient concernés.

Une fois de plus, l’écologie est le prétexte tout trouvé pour pratiquer une sélection sociale drastique, et la norme environnementale est l’habillage moral du racisme anti-pauvres tant prisé au Parti Socialiste. En l’espèce, ce sont les classes moyennes qui sont particulièrement visées. Si l’on admet l’hypothèse que les pauvres à Paris n’ont pas de voitures, ce sont surtout les ménages étouffés par des loyers prohibitifs et à la peine pour s’offrir une voiture neuve qui vont trinquer: les classes moyennes donc!

On le voit, au nom de l’écologie, Hidalgo s’organise pour rendre la vie de plus en plus odieuse aux moins riches dans Paris. Il serait intéressant de corréler ces chiffres à ceux de l’électorat socialiste dans la capitale. On s’apercevrait sans peine que la maire de Paris tape au porte-feuilles en priorité ceux qui ne votent pas pour elle, et fait tout pour les convaincre de s’installer en banlieue.

Hidalgo ouvre les vannes des migrants

Les classes moyennes qui habitent l’Est parisien viennent d’en apprendre une autre tout à fait saumâtre: Anne Hidalgo a choisi de créer un camp de réfugiés près de chez eux, probablement dans le 19è arrondissement. Tiens! dans la circonscription de Cambadélis, bien connu pour sa logique communautariste…

Anne Hidalgo, qui a lu ses classiques de Terra Nova, se souvient que sa majorité est à construire avec les diplômés, les jeunes, les femmes et les minorités. La classe moyenne blanche et chrétienne n’a pas sa place dans cet univers. Sans surprise, donc, le camp de réfugiés sera installé dans les quartiers qui ont besoin d’être débarrassés de leur opposition congénitale – celle des derniers citoyens qui n’acceptent pas les magouilles d’une équipe dirigeante à la dérive. Voilà le plus sûr moyen de se donner une majorité durable, comme à Molenbeek, où la réélection est assurée de scrutin en scrutin.

Pourquoi Anne Hidalgo rend-elle service à Cambadélis?

Pourquoi Anne Hidalgo favorise-t-elle le Grand Remplacement dans la circonscription de Cambadélis?

D’abord parce que le député de la 16è circonscription de Paris (mais il n’y met jamais les pieds) est en position moins favorable qu’on ne peut le croire. En 2012, alors qu’il était peu exposé médiatiquement, il avait certes recueilli 70% des voix au second tour… mais seulement 33% des inscrits. Au premier tour, ce score était même tombé à moins de 20% des inscrits.

Cambadélis a donc structurellement besoin de maintenir un fort taux d’abstention pour gagner, et besoin de chasser le maximum d’opposants à sa politique. Cette équation est d’autant plus vraie que son exposition médiatique comme premier secrétaire du Parti Socialiste n’est pas à son avantage…

Pourquoi Anne Hidalgo se livre-t-elle à ce petit cadeau? Peut-être parce que Cambadélis aura la haute main sur les investitures aux législatives en 2017, et que Jean-Marc Germain, compagnon d’Anne Hidalgo et frondeur devant l’éternel, a quand même envie de garder son poste l’an prochain.

On se souvient ici que Germain a fait capoter la motion de censure déposée à l’occasion de la loi Travail, mais qu’il a annoncé son intention de signer la suivante.

Une fois de plus, le PS parisien est au coeur de toutes les magouilles qui épuisent ce pays.

Le somptueux (et immoral) cadeau d’Hidalgo à ses fonctionnaires

On le sait, Anne Hidalgo, ancienne inspectrice des affaires sociales, aime les fonctionnaires. Sur le papier en tout cas car, comme l’indiquait Didier Le reste (Front de Gauche), ancien leader des cheminots de la CGT au Conseil de Paris le 26 octobre 2015:

Le blocage du point d’indice est une attaque en règle contre le niveau de vie des agents car les prix, entre autres des biens de consommation courante et des loyers continuent à augmenter et, de fait, les agents vivent de moins en moins bien. Voilà pourquoi nous comprenons que les agents se mobilisent et revendiquent des taux de promotion de 100 %. C’est avant tout pour défendre leur pouvoir d’achat et ils ont raison.

Les agents de la Ville sont mécontents et, officiellement, seules des questions de pouvoir d’achat sont en cause.

Anne Hidalgo et ses petits cadeaux…

Pour remédier à cette situation, Anne Hidalgo a discrètement fait passer une mesure au Conseil de Paris, lors du débat d’octobre sur l’orientation budgétaire de la Ville, qui semble passée inaperçue: la (très) forte augmentation du quota de logements sociaux municipaux attribués aux fonctionnaires de la Ville.

Pour en retrouver la trace, il faut se pencher sur un compte-rendu de réunion des délégués du personnel de Paris Habitat en date de novembre 2015, qui explique ceci:

Hidalgo

Assez curieusement, cette communication n’est pas publiée (sauf erreur de ma part) sur le site de la Ville de Paris. Une hausse de 33% des attributions de logement aux fonctionnaires constitue en tout cas un superbe cadeau.

Un rapide calcul permet d’en mesurer l’impact. Hidalgo a annoncé 10.000 logements sociaux nouveaux en 2016. Un quart de ces logements devrait être attribué à des fonctionnaires municipaux, soit 2.500 attributions. C’est précisément le nombre de créations de postes que la Maire a annoncé dans ses services. Autrement dit, tous les nouveaux fonctionnaires parisiens pourront être logés par la Ville.

Rappelons que la Ville compte 55.000 agents pour près de 2 millions d’habitants, soit moins de 3% de la population. 25% des attributions de logements sociaux réservées à 3% de la population bénéficiant de la garantie de l’emploi… Même le Parti Communiste de l’Union Soviétique n’avait pas osé.

Paris est devenue une ville petite-bourgeoise

Paris n’est plus une ville-lumière. Petit à petit, elle s’éteint dans la langueur petite-bourgeoise dont beaucoup de villes de province ne voudraient plus.

De la rareté des restaurants ouverts dans la nuit

Certains signes ne trompent pas. Ce soir, je voulais dîner sur le coup de 22h30. Il y a vingt ans, n’importe quel quartier même moyennement branché permettait ce genre de folie. En me rendant sur les bords du canal de l’Ourcq, à proximité de la Rotonde, je me disais naïvement que je trouverais sans problème de quoi me restaurer. Le quartier est bobo, se veut branché et dynamique.

J’arrive au Camarade Boris à 22h29 pétantes. Les serveurs me regardent d’un air ennuyé, font mine de se renseigner, reviennent de cuisine en m’indiquant que le chef vient juste de fermer et que je ne serai pas servi. Il me conseille d’aller au Mezig, toujours sur le quai, à une centaine de mètres de là. J’y arrive à 22h36, même mésaventure: la serveuse m’indique que la cuisine est fermée et que je pourrai au mieux manger les desserts.

Voilà qui en dit long sur l’ennui qui rôde à Paris. Dans les quartiers « branchés », les 35 heures ont achevé le travail entamé par l’arrivée au pouvoir municipal des « minorités ».

Tyrannie des minorités, tyrannie de la petite bourgeoisie

Nous avions pensé, avec l’arrivée de Bertrand Delanoé au pouvoir en 2001, qu’un maire homosexuel donnerait une dynamique festive à la Ville. Quinze ans plus tard, un terrible constat peut être dressé: les minorités qui se prétendent si « marginales » et originales, si peu conventionnelles, ont, sans le dire, imposé un mode de vie extrêmement strict et ennuyeux. À l’usage, on s’aperçoit qu’il n’y a pas plus petit bourgeois que ceux qui détestent la petite bourgeoisie, et il n’y a pas plus sage que ceux qui professent la fête.

On en dressera l’accablant tableau dans tous les lieux qui foisonnaient de vie lorsque l’horrible droite bourgeoise tenait la municipalité. J’en garde un souvenir encore tout étonné sur la place Igor Stravinsky, à côté de Beaubourg. Il y a trente ans, c’était un lieu de vie, avec ses concerts, ses spectacles de rue foisonnants, et ses débats improvisés mode « Nuit Debout » qui duraient jusqu’à deux heures du matin.

Il y a quelques semaines, j’ai assisté, ahuri, à une intervention de la police qui interdisait à des musiciens d’y jouer un samedi après-midi. Manifestement, l’un des restaurateurs de la place avait obtenu l’interdiction du spectacle sous prétexte qu’il gênait les consommateurs attablés à sa terrasse.

Comment l’un des coeurs de la Ville a-t-il pu se transformer en espace aussi policé et silencieux?

Le Marais, haut lieu du silence petit bourgeois

L’un des lieux les plus emblématiques de ce déclin parisien et de son esprit festif n’est autre que le ghetto homosexuel, le Marais. Il suffit de se promener autour du musée Picasso ou du Carreau du Temple pour lire les banderoles rédigées par les habitants, protestant contre toute source de bruit. On veut habiter le centre de Paris, on veut habiter un quartier historique, mais on y veut le calme d’une ville de province.

Mais enfin, personne ne vous a dit, chers amis, que l’hyper-centre de Paris est un lieu de vie très animée où la nuit est aussi agitée que le jour? Manifestement non! cet espace urbain qui concentre des minorités dont la posture favorite est celle d’une victimisation à l’égard d’un ordre majoritaire paraît-il strict et convenu, a imposé une redoutable normalisation à la Ville dont on aimait tant le fourmillement: pour assurer le calme, il ne faut plus un bruit dans les communs.

En dehors de quelques bars qu’on a connus plus actifs d’ailleurs, et en dehors de la rue des Rosiers qui préserve une sorte de vivacité encore un peu méditerranéenne, il ne se passe plus grand chose dans les rues du Marais, le soir.

Pour une ville 24/24

Le bourgeois rangé et conformiste que je suis regrette le bon temps où Paris vivait au rythme de la folie improvisée et de l’insouciance bourgeoise de droite, monstrueuse, plate, convenue. Tous ces gens qui se prétendent originaux, qui s’exonèrent à bon compte d’un ordre prétendument majoritaire dont ils sont pourtant les pires intégristes, m’ennuient.

Il existe un pari à relever dans la capitale: celui de lui redonner vie et de lui redonner du souffle. De grâce, arrêtez de transformer cette ville en musée à touristes où il ne se passe plus rien, où tout y est attendu et stéréotypé.

Rendez-nous le grain d’inconscience qui nous rendait heureux.

Paris Habitat et ses petits mensonges de Toit à Toit

Paris Habitat mérite-t-il (sans jeu de mots) le titre d’organisme le plus opaque de la Ville de Paris? Les innombrables révélations dont il fait l’objet le laissent à penser. L’office parisien de logement paraît une source inépuisable de petits mensonges et de gros arrangements qui transcendent les époques et les clivages politiques. De la droite à la gauche, le logement social subventionné constitue décidément un fromage à affinage long, et même très long.

Les petits mensonges de Toit à Toit

Paris Habitat s’est par exemple amusé la semaine dernière à communiquer sur son application mobile « De Toit à Toit » en délivrant une information sur la réalité de ses services dont on peine à identifier la traçabilité.

« A terme, l’objectif, c’est d’améliorer la relation client avec le locataire, poursuit le directeur des systèmes, d’économiser du papier et aussi de décongestionner les agences de proximité ». La mise en place a nécessité un investissement de 80 000 € d’investissement et six mois de travail avec un éditeur de logiciel.

80.000€ d’investissement et six mois de travail? Vraiment?

Cette description idyllique, qui laisse à penser que Paris Habitat est une start-up et fonctionne en mode projet ne paraît pas parfaitement conforme à la réalité.

Y a-t-il eu un marché public pour cette application?

Première interrogation: comment Paris Habitat a-t-elle contracté avec un éditeur de logiciels pour constituer cette application miracle à 80.000€ d’investissement? On a beau fouiller le Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics, la trace de l’opération est complexe à suivre. En revanche, elle permet de reconstituer le fil des marchés lancés par Paris Habitat pour assurer ses relations avec ses clients – c’est-à-dire les locataires des logements sociaux.

On retrouve par exemple, en 2010, une prestation de conseil pour un réseau social de locataires. Cette opération, pour un montant de 152.000 euros, fut attribuée à Actimage. On le voit, et la date et le montant de l’opération excède largement la théorie de l’application montée en six mois pour 80.000 euros. En réalité, l’application de Paris Habitat couronne sous forme numérique et applicative une série d’investissements bien plus anciens et bien plus lourds que les chiffres avancés dans l’article du Parisien.

En fait, l’application « De Toit à Toit » entre dans les développements assurés par la société Sopra pour l’ensemble du progiciel Ikos et de l’Extranet de l’Office à destination des locataires. Cet Extranet, dont l’application mobile n’est qu’une face apparente et totalement marginale, constitue un investissement dans le temps extrêmement lourd.

Par exemple, en 2009, l’Office avait programmé les travaux de l’Extranet avec Sopra, pour un montant proche de 400.000 euros.

Ces montants n’ont rien d’irrégulier ni d’illégal et chacun en comprend l’utilité. En revanche, il n’ont rien à voir avec une opération qui se serait déroulée en six mois.

Sopra grand vainqueur de la compétition

Au demeurant, on s’amusera de voir comment Sopra s’est intelligemment constitué un fromage auprès de Paris Habitat. Sopra, éditeur français de logiciels, assure le développement du progiciel Ikos, qui sert de base à l’informatique client de Paris Habitat. Cette rente est assortie de quelques cadeaux discrets qui ne sont jamais de refus.

Par exemple, on lira avec amusement les conditions générales d’utilisation (datant de juin 2011… on est là encore loin d’une opération montée en six mois) du réseau social « De toit à toit ». Le chapitre consacré au traitement des données personnelles illustre bien tout l’intérêt du réseau pour l’éditeur de logiciels:

101. Les données traitées sont destinées au service habilité de Paris Habitat-OPH et à la société SOPRA pour les données la concernant.

102. Le membre reconnaît qu’il a parfaitement connaissance des caractéristiques du réseau internet et notamment celle tenant à la difficulté de contrôler l’utilisation qui pourrait en être faite par des tiers. (…)

105. Si le membre saisit dans ces espaces (champs ou zones de commentaires libres), certaines données sensibles telles que des données relatives à ses origines raciales ou ethniques, opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à son appartenance syndicale ainsi que des données concernant sa santé ou vie sexuelle, le membre les rend publiques et accepte qu’elles soient traitées et visualisées. (…)

108. Paris Habitat-OPH se réserve le droit de sous-traiter ou de céder à un tiers les droits et obligations issues des présentes conditions générales d’utilisation.

Traduction: Paris Habitat se sert de son réseau social « De Toit à Toit » pour collecter des données privées sur ses utilisateurs que Sopra comme Paris Habitat peuvent revendre à des tiers. Officiellement, tous les locataires de Paris Habitat savent qu’il en va ainsi. Mais, bien entendu, si nul n’est censé est ignoré les conditions générales d’utilisation, l’empressement de Paris Habitat à faire savoir aux locataires ses petites dispositions entre les lignes est très modéré.

Mais on le sait depuis longtemps, l’office HLM de Paris, c’est l’opaque fait roi.

Paris Habitat: Anne Hidalgo fera-t-elle le ménage?

Paris Habitat a tangué ces dernières semaines, après une série de révélations sur les pratiques internes d’une maison déjà épinglée sous Jacques Chirac et Jean Tibéri pour ses dérives étranges. Cet établissement placé sous la tutelle de la Ville n’a toujours pas décidé de faire le ménage, par exemple sur les flagrantes disparités de traitement qu’il réserve aux associations subventionnées, en attendant d’autres révélations sans doute. Du coup, c’est peut-être Anne Hidalgo qui va ravaler la façade de l’établissement.

Le directeur général est-il vraiment sur le départ?

Les couloirs de la Ville ne bruissent que de cette information: Stéphane Dambrine, l’encombrant directeur général de l’établissement, devrait prochainement être écarté de ses fonctions et Anne Hidalgo aurait d’ores et déjà choisi son successeur. Cette information qui n’est pas surprenante fera sans doute les gorges chaudes du petit monde municipal.

On se souvient en effet qu’une des raisons pour lesquelles l’intéressé n’avait pas été éjecté immédiatement après les révélations sur son salaire hors norme (qu’il jugeait pour sa part très moyen) tenait au parachute doré qu’il prévoyait en cas de licenciement. La maire de Paris a-t-elle considéré que les révélations successives sur l’établissement donnaient un prétexte à un licenciement pour faute déliant la Ville de ses obligations en matière de parachute? ou bien Anne Hidalgo a-t-elle considéré que le contribuable parisien pouvait bien payer pour mettre ailleurs un gêneur dans la perspective des élections?

Il serait intéressant de voir si, au titre de la transparence, la lumière ne pourrait pas être faite sur les conditions de la transaction.

Dambrine étouffe les affaires jusqu’au bout

Dans les casseroles que le directeur général se traîne derrière lui, il y a notamment cette ténébreuse affaire de logistique et d’inventaire imprécis, qui ont valu deux licenciements pour insuffisance professionnelle en interne. L’audit réalisé sur le sujet risque bien de devenir l’Arlésienne de Paris Habitat. Voici ce qui en a été dit lors du dernier Comité d’entreprise ordinaire:

Paris Habitat

Chacun appréciera une fois de plus l’étrange art oratoire du directeur général de Paris Habitat dont les mots trahissent la pensée. Que veut dire en effet l’expression idiomatique: « faits délictueux au sens propre du Code Pénal »? Cette formulation en elle-même en dit long sur les résultats d’un audit qui n’a pas été communiquée au Comité d’Entreprise. Si le directeur général prend soin de préciser que les faits relevés ne sont pas « délictueux au sens propre », c’est bien parce qu’ils sont délictueux « au sens impropre ».

Manifestement, la définition des faits pose problème ou en tout cas a suscité et suscite débat. D’ordinaire, la qualification pénale des faits est le propre du juge, pas des audits internes. Les contribuables parisiens apprécieraient donc que le procureur soit saisi et que Paris Habitat laisse le Parquet faire son oeuvre de qualification des faits.

Le gros bazar de Paris Habitat dans sa flotte de véhicules

Ce signalement au Parquet aurait d’autant plus de sens que le « gros bazar » reconnu par le directeur général touche à des questions dont tous les responsables savent qu’elles donnent toujours de belles surprises lorsqu’on gratte la couche de vernis. Dans le cas de figure de Paris Habitat, le « bazar » touche, de l’aveu du directeur général, la gestion de stocks, l’achat de fournitures et la gestion de la flotte automobile.

On aimerait en savoir un peu plus? Certains salariés de Paris Habitat ont-ils confondu les stocks de l’entreprise avec des stocks privés? ont-ils fait un usage privé des véhicules de l’établissement? Des achats de fournitures ont-ils été détournés de leur objet, ce qu’on appelle couramment du coulage?

Personne n’en sait rien, mais c’est désagréable, quand même, ce sentiment d’une justice d’Ancien Régime où des pairs se jugent entre eux sans intervention de la Justice.

Dambrine continue les demi-aveux

On s’amusera des excès de parole de Dambrine, qui a étrangement répondu de la façon suivante à une remarque faite sur cette logique de l’entre-soi aristocratique.

Paris Habitat

On notera là encore la superbe formulation: « il n’y a pas des centaines de milliers d’euros qui ont été détournées tout de même ». Si aucun argent n’a été détourné, pourquoi ne pas le dire clairement?

Si l’on admet l’hypothèse que la communication sert à préciser ce qui ne va pas de soi, on en déduit que l’affaire évoquée en interne n’a pas concerné (c’est explicite) plusieurs centaines de milliers d’euros, mais une somme inférieure. Si Dambrine éprouve le besoin de préciser que ce ne sont pas « plusieurs centaines de milliers », il laisse ce faisant entendre que « plusieurs milliers d’euros » ont été détournés. Si tel est le cas (ce qu’on ne sait pas, mais un peu de transparence ferait du bien), c’est quand même une jolie somme qui mérite de déférer à la justice.

Une affaire gênante pour Anne Hidalgo

Touts ces histoires sont évidemment très gênantes à l’approche des élections. Rappelons qu’Anne Hidalgo éprouve toutes les peines du monde à être élue députée dans une circonscription traditionnellement à droite. Le bilan de Hollande risque de ne pas l’aider à améliorer son score habituel.

Ce n’est donc pas le moment d’être attaquée sur la gestion interne de la Ville. Pourtant (et ce blog y contribue modestement), la qualité du service public à Paris peine à s’améliorer. De toutes parts, les échecs sont patents. La ville de Paris est aujourd’hui dominée par une technostructure importée de Bercy, qui, avec ses réflexes aristocratiques et son mépris du quotidien, dégrade la proximité du service public.

La campagne 2017 pourrait être agitée à Paris.

Le dangereux appauvrissement de l’Ile-de-France

Le Secours Catholique a présenté hier un rapport sur les inégalités en Ile-de-France. L’interprétation des nombreuses statistiques produites par l’association insiste sur l’accroissement des inégalités en Ile-de-France. Mais la lecture du document amène à un constat plus sombre encore, et plus anxiogène: c’est l’ensemble de l’Ile-de-France qui s’appauvrit depuis 15 ans par rapport au reste de la moyenne nationale.

L’Ile-de-France s’appauvrit

Plusieurs données statistiques laissent pantois sur la situation économique et sociale de l’Ile-de-France. Par exemple, ce tableau en dit long sur la dégradation des conditions en vigueur dans la capitale:

Ile-de-France

La lecture de ce tableau est assez simple. Entre 2002 et 2012, le revenu fiscal médian sur l’ensemble de la France métropolitaine a augmenté de 30%, mais de 24% seulement en Ile-de-France. Sur cette période, aucun département de la région n’est parvenu à « performer » aussi bien que la moyenne nationale. L’évolution est particulièrement dramatique en Seine-Saint-Denis, où le revenu fiscal médian a progressé deux fois moins vite que dans le reste de la France.

Pour le premier décile, c’est-à-dire les 10% de revenus les plus bas, les écarts sont encore plus marqués. La Seine-Saint-Denis a par exemple progressivement presque trois fois moins vite que le reste du pays. Le Val-de-Marne ou l’Essonne ont progressé deux fois moins vite. Seuls les « pauvres » de Paris et des Hauts-de-Seine ont progressé plus vite que la moyenne nationale. Démonstration est ici faite qu’il vaut mieux être pauvre parmi les riches, que riche parmi les pauvres.

Toujours est-il que ces statistiques sont implacables: les Franciliens s’enrichissent moins vite (ou améliorent moins) leurs revenus que les autres Français.

L’Ile-de-France victime de la décentralisation?

On ne peut évidemment s’empêcher de penser que cette dégradation des conditions de vie en Ile-de-France par rapport au reste du pays n’est pas étrangère à la décentralisation. Plus l’Etat déconcentre les pouvoirs, plus les Franciliens s’appauvrissent.

Cette situation est d’autant plus inquiétante que l’Ile-de-France a bénéficié, pendant plus de quinze ans, d’une parfaite homogénéité politique entre la région et la capitale. La domination des Huchon et des Delanoé s’est, dans la pratique, traduite par une paupérisation de la région capitale…

Une association bidon financée par Paris Habitat?

Paris Habitat vient de créer, en janvier 2016, une Fondation d’entreprise qui devrait dépenser 2 millions d’euros d’ici aux législatives de 2017 pour des « projets en faveur de la jeunesse ». Cette somme s’ajoutera aux subventions habituelles pour les associations de tous poils.

Les bailleurs sociaux avant des élections cruciales

Comme l’a précisé le directeur général Dambrine, bien connu des lecteurs de ce blog, dans une note interne, l’heure est aux subventions:

Paris Habitat

Le décodage de ce sabir suppose quelques petits rappels.

Les bailleurs sociaux peuvent bénéficier d’un abattement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties afin de financer de « traiter les besoins spécifiques des quartiers prioritaires de la politique de la ville », selon l’expression officielle. Les mauvaises langues noteront d’ailleurs que, jusqu’en 2015, ce dispositif était réservé aux zones urbaines sensibles (ZUS). Mais, sous l’influence du maire de Sarcelles, M. Pupponi, grand amateur de communautarisme, la mesure a été étendue (et prorogée en 2016) aux « quartiers prioritaires » (ce qui permet à Paris Habitat de mettre le dispositif en oeuvre).

Grâce à cette astuce, les bailleurs sociaux peuvent accorder des subventions aux associations locales qui luttent pour la « qualité de cadre de vie, de cohésion sociale, et de développement social ». En période de stress électoral, ces petits cadeaux sont toujours bienvenus, et en plus ils sont financés par le contribuable!

La Fondation de Paris Habitat

Aux sommes prévues par l’abattement sur la taxe, Paris Habitat ajoute un effort grâce à sa toute nouvelle fondation d’entreprise. Rappelons ici que le recours à une fondation permet d’obtenir un abattement de 60% sur les sommes consacrées au mécénat, dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires.

Paris Habitat

Autrement dit, le million annuel supplémentaire que Paris Habitat compte consacrer à ses bonnes oeuvres (cette fois-ci en faveur des jeunes) devrait être financé, là encore et dans une large mesure, par le contribuable.

Nous retrouvons ici la terrible doctrine de l’incitation fiscale qui consiste à baisser les recettes de l’Etat au bénéfice de quelques-uns, avant de demander aux autres un effort pour payer l’addition.

Les zones électorales sensibles privilégiées

Pour l’instant, la Fondation n’est pas encore complètement opérationnelle. On attend la nomination d’une directrice, semble-t-il, et les services ont juste été priés d’identifier, dans les subventions antérieures, les montants dédiés aux « jeunes » qui basculeront sur la Fondation.

L’analyse des subventions apportées par Paris Habitat au titre des sommes notamment débloquées par l’abattement fiscal ne manque pas de faire sourire.

Paris Habitat

Sur un montant de 435.000 euros en 2015, les opérations en faveur des « jeunes » en ont représenté environ 25%. L’introduction des budgets de la Fondation devrait permettre un quasi-décuplement de l’effort. Redisons-le: à l’approche des élections législatives (et accessoirement présidentielles), après un quinquennat dont la promesse qui s’adressait aux jeunes a été bafouée, la perfusion de cash pour les associations locales devrait avoir l’effet d’un baume régénérant.

Les mauvaises langues noteront que Paris Habitat a découpé six directions territoriales (DT) pour répartir ces sommes. En 2015, ce sont les DTES, DTNE et DTNO qui ont capté les deux tiers du magot. Les Parisiens seront contents d’apprendre que la DTES regroupe les quartiers de Ménilmontant dont les députés sont Fanélie Carrey-Conte (frondeuse, proche de Benoît Hamon), Sandrine Mazetier, Cécile Duflot et David Assouline. La DTNE est essentiellement concentrée dans le 19è arrondissement sur les circonscriptions de Cambadélis et de Vaillant, avec un petit bout à la strauss-khanienne Dagoma. La DTNO s’étend jusqu’à la circonscription de Christophe Caresche.

Les petits gestes en faveur des « jeunes » de ces quartiers permettront de rendre visible l’action concrète des députés locaux, essentiellement financée par le contribuable. Les mêmes députés ne manqueront sans doute pas de vitupérer contre les fraudeurs fiscaux, bien entendu.

La subvention, outil de proximité

La subvention constitue un moyen commode de faire de la politique. Elle permet de s’attacher la fidélité d’une clientèle de terrain qui fait votre promotion au jour le jour. Elle permet aussi d’envoyer des petits gestes d’amitié aux copains.

Par exemple, dans la zone Nord-Ouest, Paris Habitat a consacré 10.000 de ses 80.000 euros de subvention à l’association d’insertion « Halage », présidée par une conseillère municipale divers gauche de l’Ile-Saint-Denis, petite commune de 7.000 habitants dont le maire n’est autre que l’époux de la présidente. Ce petit geste est évidemment bienvenu.

Dans la zone du 19è arrondissement, l’association qui reçoit l’aide la plus importante (8.000 euros) est la Petite Rockette. Cette particularité fait sourire: l’association n’est pas du tout installée dans le 19è arrondissement, et on se demande bien pourquoi cette « ressourcerie solidaire » n’est pas financée par sa zone de rattachement.

Les mystérieuses subventions à Sevia

Mais les plus grandes surprises se trouvent évidemment dans la zone de Ménilmontant, où les montants de subvention sont les plus élevés. Une association attire tout particulièrement l’attention, parce qu’elle a reçu 27.000 euros des mains de Paris Habitat, soit 15% des montants alloués pour le quartier: Sevia.

Cette association présente toutes les caractéristiques de l’association bidon. Créée en septembre 2014, elle bénéficie des largesses subites de Paris Habitat. Voici comment le Journal Officiel la présente:

Paris Habitat

27.000 euros pour ça? Bizarre…

La somme est d’autant plus étonnante que cette association toute nouvelle n’a pas de site Internet, et n’est pas référencée par les Pages Blanches au 77, rue de La Mare, son adresse officielle. Cette association de « stimulation écologique » paraît en tout cas assez peu stimulée par la transparence.

L’annuaire des associations fournit par le site de la ville n’est pas plus loquace:

Paris Habitat

Pourtant la même association a reçu 1.000 euros de subvention de la part de la ville en 2015. L’opération pour laquelle la Ville avait donné son soutien était présentée ainsi:

Il s’agit principalement de proposer des ateliers individuels ou collectifs afin de replacer les personnes âgées dans la dynamique du quartier.

Voilà qui ne manque pas d’étonner! une association de « stimulation écologique » à peine créée, sans dirigeant déclaré, sans site Internet, sans téléphone pour la joindre, sans aucune trace en quelque sorte… et qui reçoit une aide de 27.000 euros de la part d’un bailleur social.

Il serait quand même intéressant d’en savoir un peu plus…