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90% des migrants victimes d’un réseau criminel

Les migrants sont-ils les grandes victimes d’une manipulation criminelle? Un rapport commun d’Interpol et d’Europol sur les migrants en Europe met en lumière le caractère totalement artificiel du phénomène et les réseaux d’intérêt qui tirent profit de ce mouvement. On notera en particulier dans ce précieux document de synthèse que 90% des migrants sont aidés par des réseaux à caractère criminel. Ce trafic est lucratif: il aurait rapporté de 5 à 6 milliards de dollars aux trafiquants pour la seule année 2015.

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Selon Interpol et Europol, ces réseaux s’appuient sur un maillage de 250 camps à travers l’Afrique et le Moyen-Orient où se rassemblent les candidats au voyage. Celui-ci est organisé par des réseaux mafieux qui se livrent à une polyactivité (drogue, trafics en tous genres, etc.)

La carte des 250 « hotspots » est la suivante:

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On le voit, ces camps ne concernent pas que des pays en guerre.

Selon Europol et Interpol, 800.000 migrants attendent en Libye la possibilité de passer en Europe.

Le retour des migrants en 2016?

Rien n’exclut donc que la crise des migrants reviennent très vite en Europe cette année. Les risques de conflit ouvert en Libye pourraient attiser le phénomène. Celui-ci risque d’être accru dans l’hypothèse où la Turquie considèrerait l’Europe comme trop rigide dans ses règles d’adhésion et lui refuserait la suppression sans condition des visas pour ses ressortissants.

Dans tous les cas, la politique migratoire de l’Union devrait être affectée. De deux choses l’une: soit l’Union supprime les visas pour les ressortissants turcs, et elle s’expose au risque d’une arrivée massive de ce pays. Soit elle refuse de supprimer les visas, et tout laisse à penser que le président Erdogan relancera le flux de réfugiés sur les routes européennes.

L’Europe et le retour de la Turquie ottomane

Article écrit pour Atlantico

Dans le brouhaha de la politique française, le retour de la Turquie ottomane, cette puissance musulmane dont les visées politiques menaçaient directement l’Europe, passe inaperçu. C’est bien dommage, car le président islamiste Erdogan est en passe de remporter son bras de fer et d’obtenir un feu vert pour déverser des millions d’immigrés turcs dans nos pays.

La Commission Européenne cède à Erdogan

Hier, la Commission a proposé ce qu’elle appelle pudiquement une « réforme du système de Dublin« , qui n’est rien d’autre qu’un triomphe politique majeur pour Erdogan.

En voici le résumé, qui est sans ambiguïté ou presque:

The Commission makes legislative proposals to reform the Common European Asylum System. It also opens the way for a decision on visa-free travel for citizens of Turkey by June and takes next steps towards lifting temporary internal border controls.

(La Commission fait une proposition législative pour réformer le système commun européen d’asile. Elle ouvre également la voie à une décision sur la suppression des visas pour les citoyens turcs à compter de juin et elle décide de nouvelles étapes dans l’aménagement temporaire des contrôles aux frontières internes de l’Union).

La proposition de la Commission repose donc sur trois piliers.

Le premier est celui de la relocalisation des migrants arrivant en masse dans un pays incapable de supporter cet effort. Les migrants seront automatiquement relocalisés dans un autre pays de l’Union, sauf à ce que celui-ci assume une dépense de 250.000€ par migrant refusé.

Le second pilier consiste à supprimer l’exigence de visa pour les Turcs voyageant dans l’Union. Cette porte ouverte à l’immigration de masse des Turcs en Europe, en remplacement des migrants syriens, constitue la principale victoire d’Erdogan.

Le troisième pilier consiste à autoriser la prolongation des contrôles aux frontières en dépit de Schengen.

L’hallucinant argument sur la Turquie

Pour expliquer la levée des visas pour les Turcs, le vice-président de la Commission Frans Timmermans, dont il ne faut jamais oublier qu’il a effectué son service militaire dans les renseignements, a fourni cette déclaration hallucinante:

« Turkey has made impressive progress, particularly in recent weeks, on meeting the benchmarks of its visa liberalisation roadmap. There is still work to be done as a matter of urgency but if Turkey sustains the progress made, they can meet the remaining benchmarks. »

(La Turquie a fait d’impressionnants progrès, particulièrement ces dernières semaines, dans le respect des critères de sa feuille de route pour la libéralisation des visas. Il y a encore du travail qui doit être fait très vite mais si la Turquie confirme les progrès accomplis, elle peut répondre à sa feuille de route)

Les progrès faits ces dernières semaines par la Turquie sont bien connus: expropriation du journal d’opposition Zaman et arrestations en série de journalistes trop résistants. Il faut vraiment que Timmermans veuille beaucoup de mal au continent européen pour mentir à ce point.

Erdogan annonce l’islamo-fascisme en Turquie

Pendant que les autruches européennes se mettent la tête dans le sable pour dire tout le bien qu’elles pensent des remarquables réformes turques, Erdogan ne se cache même plus pour préparer l’avénement d’un parfait islamo-fascisme dans son pays. Un congrès extraordinaire de l’AKP devrait être organisé le 22 mai pour démettre le Premier Ministre Davutoglu de ses fonctions.

Erdogan reprocherait deux points majeurs à Davutoglu. Le premier est d’avoir critiqué la mise en détention provisoire des journalistes inquiétés pour leur délit d’opinion. Le second serait d’avoir unilatéralement accepté l’accord avec l’Europe (pourtant très favorable à la Turquie) sur la réimpatriation des migrants clandestins.

D’ici au mois de juin, Davutoglu pourrait donc être évincé au profit d’une autorité sans limite d’Erdogan. Rien n’exclut que le Président turc soit pressé d’agir pour bloquer un accord avec l’Europe.

Erdogan ou le retour du sultan ottoman

La ligne Erdogan confirme, s’il le fallait, les visées expansionnistes de la Turquie islamiste en Europe (niée avec des cris d’orfraie par les bobos bisounours français) et l’utilisation effrayante de l’arme démographique dans ce conflit qui ne dit pas son nom. La Turquie ne cherche pas à dominer l’Europe par les armes, comme elle le fit il y a quelques siècles, mais par la population.

Erdogan a utilisé les migrants pour déstabiliser l’Europe et lui arracher les décisions utiles en échange d’un contrôle des flux migratoires. Ces décisions utiles sont d’abord d’ouvrir les frontières de l’Union à l’immigration massive des Turcs.

Reste à savoir si les Etats membres de l’Union se laisseront faire… Les manoeuvres d’Erdogan finiront peut-être par provoquer un sursaut de conscience sur les véritables visées turques, qui sont tout sauf pacifiques.

La Turquie va-t-elle relancer la crise des réfugiés?

Le ton monte entre l’Europe et la Turquie. Depuis la validation de « l’accord« , l’Europe n’a assumé aucun de ses engagements: les visas sont toujours en vigueur pour les citoyens turcs, les négociations pour l’adhésion de la Turquie n’ont pas repris et l’Europe n’a pas versé les 6 milliards qu’elle avait promis. De plus, elle n’a accueilli que 103 réfugiés quand 325 d’entre eux ont été rapatriés de Grèce vers la Turquie.

La Turquie menace d’annuler l’accord

Du point de vue turc, l’Europe est mauvaise partenaire (idée qui n’est pas sans fondement). Les Turcs tiennent pourtant tout particulièrement à obtenir la suppression des visas pour leurs ressortissants. Pour parvenir à leurs fins, ils haussent le ton et menacent d’annuler l’accord, c’est-à-dire de relancer la vague d’émigration vers l’Europe.

La menace rappelle une fois de plus que l’arrivée massive de migrants n’a rien à avoir avec un phénomène spontané. Elle repose essentiellement sur le bon vouloir des Turcs dont la police coopère avec les passeurs.

L’Europe devrait céder

Au vu de la menace, l’Europe devrait céder et accepter les conditions de la Turquie. Selon toute vraisemblance, la Commission Européenne obtiendra lors du Conseil du 4 mai, la suppression des visas de la part des Etats membres très réticents vis-à-vis de cette mesure. Pour la forme, l’Europe maintient ses exigences de respect des critères d’adhésion, mais personne n’est dupe: face à la menace d’une nouvelle vague de réfugiés durant l’été, l’Union Européenne devrait accepter de renoncer à sa position historique vis-à-vis des Turcs.

La Turquie prépare son Grand Remplacement

Pour le gouvernement turc, le pari semble donc plus démographique que politique. L’enjeu d’Erdogan ne porte pas sur un rapprochement politique avec l’Union: celui-ci suppose un partage des valeurs et un respect de critères (notamment sur la démocratie et les Droits de l’Homme), qui ne sont pas sa tasse de thé. L’objectif des islamistes turcs consiste plutôt à obtenir une ouverture de l’Union à une immigration turque massive qui permet de jeter des bases de coopération à plus long terme.

D’une certaine manière, la position turque vise à un Grand Remplacement interne: favoriser une émigration turque en Europe en assurant le remplacement des migrants par des Syriens (qui sont plus de 2 millions aujourd’hui). L’idée implicite est de garder les Syriens en Turquie en échange d’un accueil massif de Turcs en Europe.

La France laisse Merkel négocier seule

Les grands manoeuvres ont donc cours en coulisse en ce moment et, une fois de plus, il est frappant de voir que la France n’y est pas associée. Ainsi, Merkel vient de s’offrir un petit voyage en Turquie, en compagnie de Donald Tusk, le président du Conseil, et de Frans Timmermans, le vice-président de la Commission. Elle y a visité un camp de réfugiés. Manifestement, personne en France ne s’offusque de voir la chancelière allemande, largement responsable de l’appel d’air de l’an dernier, mener les opérations européennes avec les représentants officiels de l’Union à ses côtés.

Il ne faudra pas s’étonner si nous nous retrouvons, d’ici à fin juin, avec l’obligation d’accueillir des milliers de migrants au nom de la solidarité européenne.

Travail de préparation pour l’accueil de migrants en France

Au demeurant, les traditionnels défenseurs d’un accueil sans nuances des migrants ont repris du poil de la bête pour préparer le terrain. Après un voyage de parlementaires en Grèce qui n’avait pas reçu l’écho escompté en mars, nos députés en ont remis une louche. Ils ont cette fois envoyé Jean-Marc Germain, Monsieur Hidalgo à la ville, pour alerter sur la dangereuse situation des migrants en Grèce.

« J’ai pu visiter le hotspot qui avait été organisé dans la précipitation juste avant la signature de l’accord, mais évidemment, ne fonctionne plus depuis. Dans l’île, où je suis allé mercredi matin, 18 migrants étaient arrivés la veille et 80 deux jours auparavant », rappelle le député des Hauts-de-Seine qui a pu s’entretenir avec des détenus exaspérés. « Un Malien et un Soudanais m’ont confié leur désarroi, explique-t-il. Tous deux ont vraiment l’impression de subir une double peine. Ils sont arrivés là après bien des péripéties, vont non seulement être renvoyés en Turquie mais en plus vont se retrouver tout en bas de la liste des relocalisés. Face à ce traitement d’hommes et de femmes, je partage tout à fait la décision de l’OFPRA de ne pas venir dans les îles grecques travailler à la mise en œuvre de cet accord », rappelle le député frondeur.

Un Malien et un Soudanais… On imagine bien entendu que, dans quelques semaines, les médias subventionnés parleront des « réfugiés » victimes de la guerre en Syrie.

En attendant, et en suivant les pensées « en creux » de Jean-Marc Germain, on comprend qu’il préconise de dénoncer l’accord existant avec la Turquie pour ouvrir plus grandes encore les portes du continent.

Situation sanitaire dangereuse en Grèce

Il existe en tout cas une certitude: la Grèce est aujourd’hui incapable d’accueillir les « réfugiés » dans de bonnes conditions. Les pires craintes apparaissent à Athènes, où un camp de 4.000 personnes est installé sur les installations de l’ancien aéroport d’Hellinikon. Les maires des communes adjacentes ont déjà prévenu que ce camp présentait d’importants risques de santé publique: le camp ne dispose que de 40 toilettes chimiques, et une réfugiée afghane de 17 ans y est morte. Les épidémies sont à craindre.

Au camp d’Idomeni, dans le nord de la Grèce, où s’entassent près de 20.000 réfugiés, la situation est pire. Si la vie quotidienne semble s’y organiser vaille-que-vaille, les tensions y sont fortes. Les réfugiés ont d’ailleurs bloqué l’unique voie de chemin de fer qui permet de passer en Macédoine, imposant une sorte de blocus économique à la Grèce.

L’Europe prête à accueillir une vague d’immigration turque?

Tous ces éléments plaident pour une ouverture des frontières… aux immigrés turcs, l’objectif majeur d’Erdogan aujourd’hui. Il est évidemment très regrettable que les citoyens européens soient privés d’un débat clair sur le sujet. L’alternative est simple: soit nous acceptons les conditions turques pour éviter un afflux massif de migrants, et nous nous résignons à augmenter de plusieurs millions les communautés turques très fermées qui peuplent déjà beaucoup de nos grandes villes, soit nous refusons les conditions turques et nous devons affronter la crise des migrants « en direct ».

Il existe évidemment un troisième terme à cette alternative, qui est politiquement très incorrect celui-là: admettre que la guerre en Syrie était une erreur, aider Bachar Al-Assad à mater Daesh et rompre les relations diplomatiques avec la Turquie en attendant que le régime islamiste tombe.

 

Edwy Plenel et son étrange conception de la démocratie

Edwy Plenel s’est fait l’apôtre, dans une tribune publiée sur Mediapart, de la liberté d’expression pour Tariq Ramadan, déclaré persona non grata par Alain Juppé, à Bordeaux. Plenel y joue le rôle de preux chevalier de la démocratie.

c’est bien de cela qu’il s’agit, à travers la promotion de Tariq Ramadan en croquemitaine islamiste : interdire a priori toute expression politique qui se revendique musulmane, comme d’autres sont catholiques, protestantes, juives, athées, etc. Cette intolérance sectaire est aussi irresponsable qu’inconséquente. Irresponsable car comment réussirons-nous à dresser, tous ensemble, un barrage solide face à un totalitarisme qui se réclame de l’Islam sans dialoguer avec des citoyens musulmans, dans leur diversité ? Et surtout sans débattre avec ceux d’entre eux qui, comme Tariq Ramadan, affirment leur volonté de construire un Islam européen converti aux idéaux démocratiques et aux revendications sociales ? Volonté dont seul le débat, justement, peut permettre de vérifier la sincérité et la cohérence. (…)

Mais quand un principe est piétiné par le détour de l’exclusion d’une personne, il faut aussi défendre les droits de celle-ci, en l’occurrence son droit d’exister dans l’espace public, de ne pas être privée de parole ni interdite de séjour.

Quel touchant engagement en faveur de la démocratie, où le choix des mots ne manque pas de retenir l’attention! Car Plenel parvient, dans une même phrase à minorer le « totalitarisme qui se réclame de l’Islam », dont nous ne sortirons qu’en renonçant à notre « intolérance sectaire ». Encore un effort, et Plenel nous rendra responsables, à cause de notre intolérance sectaire, des attentats qui dévastent nos rues.

Plenel et son indignation à deux vitesses

Cette préoccupation que Plenel manifeste pour le droit à l’expression d’intellectuels musulmans qui envisagent de réserver un sort peu enviable à nos femmes:

(avec des questions comme « une femme mariée peut-elle rencontrer seule un homme? ») est en fait très sélective. Si elle s’applique de façon très volontaire à des gens qui revendiquent la création de communautés musulmanes en France, elle est en revanche proscrite pour les communautés chrétiennes, et prohibées pour la méchante extrême droite. On se souviendra ici des hallucinants propos tenus par le Plenel en 2013 sur… Manuel Valls!

Madame Le Pen, l’extrême-droite, les fascistes en France, de l’antisémitisme à aujourd’hui les Roms et l’islamophobie, nous connaissons cet adversaire, les républicains et les démocrates les connaissent, donc quel est le danger ? Le danger, ce sont ceux qui cèdent à l’adversaire. Qu’ils soient de droite ou de gauche. C’est ceux-là qui font la politique du pire. Comment arrive la collaboration ? Parce que des gens de gauche et de droite cèdent devant le nazisme. Donc pour moi le danger, c’est pas madame Le Pen. Le danger, c’est Manuel Valls.

On aura bien retenu la leçon à géométrie variable donnée par Plenel.

Face au totalitarisme qui se réclame de l’Islam, ce serait de l’intolérance sectaire de ne pas accepter le dialogue avec les musulmans.

Face au nazisme du Front National, en revanche, le dialogue est un danger coupable.

Le bréviaire de la complaisance fait décidément bon ménage avec la bouffonnerie.

Molenbeek en France: bréviaire de la complaisance

Patrick Kanner, ministre lillois de la Jeunesse et des Sports, a osé dire ce que tout le monde sait: il existe des Molenbeek en France. Il n’en fallait pas plus pour fâcher le clan des communautaristes qui, depuis plusieurs années, fondent tous leurs espoirs sur une inversion des règles du pacte républicain.

Pourquoi Kanner parle de Molenbeek français

Si Patrick Kanner fait le choix de briser le tabou sur la montée du communautarisme, ce n’est évidemment pas ni par gaieté de coeur ni par hasard. Kanner est un élu lillois bien placé pour mesurer les dégâts du tabou dans les régions où le communautarisme monte. Le fait que le Front National soit devenu le premier parti politique dans sa région en est la preuve et la conséquence directe. Il faut se promener à Roubaix pour comprendre que des pans entiers de territoire ont basculé dans un monde où la culture occidentale est devenue minoritaire. Et Kanner a compris que la conspiration du silence qui entoure ces bouleversements nourrit une radicalisation mortifère pour sa famille politique.

Cambadélis dénonce la stigmatisation des Musulmans

Forcément, pour les élus qui font profession de communautarisme, surtout dans l’exception parisienne où le Front National est minoré, les propos de Kanner sonnent comme un discours pré-fasciste. Cambadélis, qui réussit l’exploit d’être le député du quartier où les Kouachi se sont radicalisés sans voir jamais eu le moindre mot de regret sur sa responsabilité dans le phénomène, a réagi vivement aux accusations terribles du ministre Kanner:

«Moi, je ne suis pas pour ce discours» ni «ces formules sur les quartiers», a-t-il dit en appelant à «ne pas dissoudre la concorde nationale». «Je ne suis pas pour la stigmatisation, je suis pour montrer ce qui réussit plutôt que de dire qu’il faut rejeter», a-t-il insisté.

«Il y a des problèmes, il ne faut pas les fuir», a concédé le député de Paris. «Dans les quartiers, pour ceux qui les connaissent, on sait très bien qu’il y a une tour, un endroit où il y a une concentration (…) Mais dire un quartier, on stigmatise», a-t-il ajouté. «On doit avoir une stratégie vis-à-vis du terrorisme, c’est de ne pas isoler les musulmans, mais d’isoler» les terroristes.

Précisément, camarade Camba, ces endroits, on les connaît, et on sait tous que la radicalisation ne s’y limite pas à une tour ou un appartement, mais qu’elle percole partout. Il suffit de se rendre à Ménilmontant, à Belleville, à Barbès, pour vérifier ces évidences que tu cherches à cacher parce que tu leur dois tes réélections successives.

Rien de plus affligeant de voir que Cambadélis mène le même combat que Philippe Moureaux, le toxique ancien bourgmestre de Molenbeek qui a favorisé l’installation d’un nid de vipères dans sa commune.

Libération prône un soutien aux salafistes

Dans l’ordre de la folie, une palme particulière doit être décernée au journal Libération qui publie une interview lunaire d’un chercheur du CNRS, qui nous soutient sans rire que les terroristes ne se nourrissent pas de la radicalisation dans les « quartiers ».

Je ne cherche pas à dédouaner l’islam, ni à faire de l’angélisme. Mais je pense que le jihad n’est plus, aujourd’hui, le résultat d’un processus de radicalisation religieuse progressive qui mènerait du salafisme vers le jihadisme. (…)

Quant aux milieux salafistes, il faudrait les utiliser dans la lutte contre les jihadistes au lieu de les poursuivre. (…)

Il faut cesser de perquisitionner et d’assigner à résidence les représentants, certes fondamentalistes, d’une ­religion, sans preuves solides, comme le permet l’état d’urgence.

Il faut quand même un sacré culot, après une séquence extrêmement meurtrière, pour publier des propos de ce genre tout en donnant des leçons de bonne conduite à tout le monde.

Migrants: comment l’Afrique benchmarke les pays d’accueil

Dans la représentation occidentale du migrant africain, le sanglot de l’homme blanc pèse lourd. Les stéréotypes véhiculés par les médias y jouent un rôle essentiel: le mythe de l’Africain miséreux qui vient tenter sa chance comme il peut, au péril de sa vie, occupe tous les esprits. En réalité, le fait migratoire a beaucoup évolué et n’a plus grand chose à voir avec ce fantasme européen.

Les migrants et Internet

De plus en plus, les migrants ont recours à Internet pour optimiser leur parcours migratoire. Inversement d’ailleurs, la France a tenté d’accueillir plus de migrants en utilisant un site Internet destiné à faciliter les arrivées. On ne l’a peut-être pas assez dit, mais l’Afrique est bien mieux couverte par Internet que ne l’est la France. Alors que les réseaux de télécommunication sont défaillants dans beaucoup de nos campagnes, il est possible de téléphoner par portable ou de se connecter à Internet partout en Afrique, même dans les brousses les plus reculées.

Les visages de la migration ont eux aussi connu la révolution numérique.

Les migrants comparent les politiques d’accueil

Pour preuve de cette mutation, on lira avec intérêt les articles du Net africain vantant les mérites de telle politique migratoire, ou de telle politique d’accueil sanitaire des migrants. Contrairement à ce qu’on peut croire en France dans certains milieux, ces choix font l’objet d’une étude préalable tout à fait posée et rationnelle. J’en veux pour preuve cet article qui explique comment bénéficier d’une prise en charge médicale en Italie quand on est sans-papier. L’article fait la promotion d’un guide en italien sur le sujet:

Le guide approfondit aussi des cas particuliers comme l’assistance sanitaire en grossesse ou celle garantie aux mineurs non accompagnés et à ceux qui sont sous protection internationale, et parle des Accords bilatéraux qui permettent aux ressortissants de certains pays étrangers d’accéder au « Servizio Sanitario Nazionale » ou SSN (Sécurité Sociale), à parité de conditions avec les Italiens.

Le même site consacre 8 articles aux différentes politiques de visas en Europe.

 

Attentats de Bruxelles: la bien-pensance mode Cavada

J’ai participé à l’émission Ça vous regarde consacrée aux attentats de Bruxelles, notamment en compagnie de Jean-Marie Cavada, député européen centriste, perdu depuis lors sur une liste dissidente de Nous Citoyens. Voici le débat qui a eu lieu:

Je me devais bien évidemment de relever l’accusation insupportable de « grand méchant » que Cavada m’a adressée pour mon manque d’europhilie béate. Je pousserai donc la méchanceté jusqu’au bout en confiant mon admiration pour l’avant-gardisme de Cavada: dans son genre, il constitue une sorte de point le plus abouti de la pensée par mot-clé, et il préfigure probablement ce à quoi nous nous exposons à l’avenir à cause de l’algorithme de Google qui réduit toute pensée à un empilement de termes-marqueurs.

Cavada, en effet, pense par mot-clé. Il suffit qu’il entende l’un d’eux prononcé pour s’enfoncer immédiatement dans l’alcôve doxique qui se cache derrière la porte soudain ouverte.

Les attentats de Bruxelles et la pensée par mot-clé

Par exemple, l’expression-clé « terrorisme en Europe » et attentats de Bruxelles appelle forcément le déroulé minutieux de la petite fiche « il faut une riposte européenne ». Fort d’excellents conseillers qui lui préparent ses éléments de langage, il peut alors réciter les trois ou quatre « bullet-points » qu’il connaît sur le sujet. Cet art de la récitation explique qu’au terme d’un débat où il mobilise tous ses souvenirs, le pluriel de « bullet-points » soit, en anglais, « bullet-shit ». On ressort avec le sentiment que la pensée du député centriste est une sorte de longue énonciation de platitudes qui veulent dire tout et son contraire.

Autre exemple: prononcer le mot « Europe » devant Cavada, et c’est la petite fiche « l’Europe, projet de civilisation » qui sort du four à micro-ondes. C’est bien connu, la construction communautaire visait à garantir la paix en Europe et la fin de la barbarie, et c’est ce projet de civilisation qui explique que tous les gens intelligents et dignes d’entrer dans les salons parisiens soient europhiles. N’essayez pas de rappeler à Cavada que, jusqu’en 1989, tout le monde savait que la paix en Europe ne tenait pas à la Communauté Européenne, mais à la dissuasion nucléaire liée à l’existence du bloc soviétique. N’essayez pas de constater qu’à la chute du Mur, une guerre a éclaté sur le continent européen (en l’espèce dans les Balkans). La particularité des petites fiches de Cavada est qu’elles se terminent toutes par une phrase simple: « bien entendu le contraire de ce qui est écrit sur cette fiche peut se défendre ».

Troisième exemple: prononcer le mot « réfugié », et vous enfoncez la porte du « l’Europe qui a mis des millions de réfugiés sur les routes en 1945 peut bien recevoir ceux des autres ». N’essayez pas de lui dire: l’Europe n’a jamais envoyé ses réfugiés sur d’autres continents que l’Europe, sauf quelques Juifs survivants des camps qui ont été accueillis à coups de fusils et de chars d’assaut par les Syriens. Il vous explique que, forcément, vous êtes un révisionniste, un blasphémateur, pire, un provocateur probablement faux nez du Front National.

Je ne puis cacher mon admiration pour ce mode d’argumentation, qui n’accorde aucune importance au sens, et qui ne fonctionne que par étiquette de la Cour. Est vrai et défendable non ce qui est rationnel, mais seulement ce qui est dit et répété dans les dîners du Siècle, ou dans les planches de la loge élitiste où il est bon d’être initié.

Les amateurs de Flaubert se souviennent que ce mode de raisonnement est celui du pharmacien Homais dans Madame Bovary. Et c’est la très grande force, que dis-je? le génie, de l’élite parisienne, que d’avoir choisi le pharmacien Homais comme modèle de pensée. L’exaltation de la médiocrité et de la paresse intellectuelle n’est pas donnée à tout le monde.

La puissance immortelle de la Cinquième République et de l’Union Européenne tient à sa capacité à faire de cette exaltation le principe fondamental de sa gouvernance.

Les migrants réveillent les vieux démons allemands

Comme on le savait depuis l’automne 2015, la crise des migrants en Europe n’en est qu’à ses débuts. Les résultats aux élections régionales en Allemagne hier l’ont montré: les équilibres politiques allemands sont désormais bouleversés par l’arrivée massive, sans aucune délibération démocratique, d’un million de migrants en quelques mois. La victoire de l’AFD (Alternative fur Deutschland) résonne comme la mort de l’innocence dans la politique allemande depuis 1945.

Les migrants, seuls victimes de l’AFD?

On lira avec intérêt l’article que le Frankfurter Allgemeine Zeitung consacre à la soirée de victoire organisée par l’AFD à Mayence, en Rhénanie-Palatinat. Le mot d’ordre est celui d’une « politique d’expulsion claire » des migrants « qui viennent déstabiliser l’Allemagne ». La musique de fond est empruntée aux chants nazis.

La politique d’accueil massif des migrants a produit un résultat immédiat en Allemagne: l’explosion de l’extrême droite. Dans les deux régions ouest-allemandes concernées (Bade-Wurtemberg et Rhénanie-Palatinat), l’AFD est devenue la troisième force politique. En Saxe-Anhalt (ancienne Allemagne de l’Est), l’AFD a même décroché la deuxième place, avec près de 25% des voix, derrière la CDU à 29%.

Les migrants et les apprentis sorciers

Bien entendu, la bien-pensance française devrait continuer dans ses dénis les plus manifestes. Les medias officiels continueront de nous abreuver de considérations moralisatrices expliquant que l’AFD est populiste, démagogique, et autres noms d’oiseau permettant de disqualifier les voix qui se sont exprimées. La technique est bien connue. Elle permet d’opposer un refus critique à une réalité qui s’impose en Europe mois après mois.

Il est même très probable que beaucoup en France revendique désormais un accueil de migrants pour « soulager » l’Allemagne. Ceux-là, tels des apprentis sorciers, provoqueront les mêmes effets qu’en Allemagne. Mais qu’importe! La morale avant tout, bien entendu. Et que l’arrivée massive de migrants soit le fruit d’une stratégie politique de la Turquie islamiste qui souhaite déstabiliser une Europe qui lui résiste, que cette arrivée enrichisse des mafias qui pratiquent la traite des humains, embarrasse peu.

Les migrants et la politique migratoire

On ne manquera évidemment pas de s’inquiéter en voyant les résultats de cette cécité. Les peuples européens formulent aujourd’hui une demande simple: ils veulent pouvoir débattre de la politique migratoire, comme ils devraient pouvoir débattre des politiques économiques ou environnementales. Le refus qui leur est opposé au nom d’un humanisme de circonstance, d’une lutte contre le racisme, l’islamophobie ou la xénophobie, provoque l’effet inverse. Il attise la radicalité et le rejet de l’autre.

Qui fait aujourd’hui le jeu de l’extrême droite? Les élections allemandes le montrent: la méthode la plus certaine consiste à ouvrir les frontières sans limite, et en refusant tout débat sur le bien-fondé de cette politique. Le pseudo-humanisme bêlant, allié de toutes les mafias, est le meilleur allié de l’extrême droite.

La stratégie suicidaire de Hollande

Face à ces évidences, il est très probable que François Hollande continue à forer droit, selon son habitude. Ses dogmes absolus (il faut plus d’intégration européenne, il faut suivre l’Allemagne, etc.) le conduiront inévitablement à ouvrir les frontières françaises aux migrants, alors que la montée du communautarisme et les attentats de 2015 rendent déjà la situation extrêmement tendue dans de nombreux endroits, et que le Front National est quasiment devenu la première force politique du pays.

Peut-être même, par calcul, François Hollande aura-t-il, à la manière de Mitterrand, la tentation de faire monter le Front National pour affaiblir la droite traditionnelle en favorisant une arrivée massive de migrants. Personne ne sait quelle serait l’issue d’un tel choix.

Évaluer la politique migratoire

Politiquement, la seule façon raisonnable et rationnelle de rétablir l’équilibre politique consiste à mettre un mouchoir sur l’insupportable pensée critique qui interdit certains débats. Les opinions publiques européennes ont besoin de pouvoir débattre de la politique migratoire décidée unilatéralement par Angela Merkel. Ce besoin existe autant en Allemagne que dans les autres pays. Sa stigmatisation est suicidaire.

Le plus terrible est que les élites européennes, et notamment françaises, ont imposé une telle fureur du déni sur le sujet que, selon toute vraisemblance, la catastrophe devrait effectivement se produire: la Turquie continuera à abreuver l’Europe de ses flux de migrants, et l’Europe basculera dans le pire.

L’Europe vend à la Turquie la corde pour se pendre

Le sommet entre la Turquie et l’Union Européenne du 6 mars a donné lieu à des commentaires mitigés dans les médias subventionnés. Aucun d’entre eux n’a toutefois voulu (ou osé) mettre les pieds dans le plat: l’objectif du sommet n’est certainement pas d’abandonner le droit d’asile, mais bien d’en confier de fait la gestion à la Turquie, dans des conditions qui ressemblent plus à un noeud coulant qu’à un plan de résolution.

La Turquie et la contrainte allemande

Des élections régionales ont lieu dimanche en Allemagne. Pour Angela Merkel, l’épreuve est cruciale: une percée de l’AFD (Alternative Für Deutschland) enverrait un très mauvais signal pour sa crédibilité personnelle. Elle prouverait en effet que la politique migratoire qu’elle porte depuis plusieurs mois ne fait pas consensus, bien au contraire.

Pour éviter un affaiblissement sur sa scène intérieure, Angela Merkel a donc besoin d’une perspective à très court terme à offrir à son opinion publique. Elle a, pour cette raison, brusqué une fois de plus ses alliés européens en cherchant à leur imposer un plan qu’elle avait négocié dimanche soir avec Davutoglu et Mark Rutte, le premier ministre néerlandais qui assume la présidence de l’Union.

Ni Donald Tusk ni Jean-Claude Juncker n’ont été associés aux discussions. Ni la France bien entendu.

Merkel tente de mettre la Turquie au pas

La veille du sommet, Angela Merkel a obtenu une autre concession de la part de la Turquie: son accord pour le lancement d’une mission de l’OTAN dans ses eaux territoriales. Jusqu’ici, la Turquie refusait en effet de laisser les bateaux de l’OTAN patrouiller le long de ses côtés pour arraisonner les embarcations de migrants. Dimanche, ce verrou a sauté. Personne ne sait évidemment pour combien de temps. Mais, formellement, la Turquie donne à l’OTAN les moyens d’entraver le trafic des migrants.

Le silence de l’Europe sur les violations des Droits de l’Homme en Turquie

Dans ce contexte tendu, le sommet a donné lieu à un étrange marchandage avec la Turquie. Les Européens se sont bien gardé de dire à Erdogan tout le mal qu’ils auraient pu penser de la confiscation de fait du journal d’opposition Zaman trois jours avant le sommet. Ils ont aussi passé sous silence le martyr kurde dans le sud du pays. Ils n’ont eu d’yeux que pour la capacité d’Erdogan à bloquer les migrants sur son sol ou, à défaut, à les reprendre lorsqu’ils arrivent en Grèce.

Personne ne s’est évidemment senti obligé de rappeler que ce projet était au coeur de l’accord bilatéral entre la Grèce et la Turquie, signé en… novembre 2015, et que la Turquie n’a jamais mis en oeuvre. C’est dans les vieux pots qu’on chante les meilleures rengaines.

L’enjeu du sommet était, de toute façon, de servir un alibi à Merkel avant le scrutin de dimanche. Que cet alibi soit sérieux ou sincère importe peu.

La France résiste à la pression allemande

Le passage en force voulu par Merkel a provoqué des réactions très différentes parmi les Etats membres de l’Union. La France, en particulier, dont le Président s’était livré, avant le sommet, à un éloge de la coopération avec la Turquie, ne s’est pas facilement rendue à l’idée d’une ouverture des frontières de l’Union aux citoyens turcs. C’est pourtant la principale demande d’Erdogan, qui aimerait voir les visas disparaître vers l’Union pour ses électeurs.

De leur côté, les pays d’Europe orientale ont assez peu prisé l’idée de devoir accueillir des réfugiés actuellement installés en Turquie, en échange de ceux que la Turquie accepterait de reprendre.

La Turquie, grande arbitre des flux migratoires vers l’Europe

L’enjeu de cet accord est pourtant bien là. Il ne vise pas à supprimer les flux migratoires vers l’Europe. Il vise juste à échanger un migrant qui va en Grèce avec un passeur contre un migrant installé dans un camp en Turquie. Cette duperie est présentée par l’Allemagne et quelques autres comme une façon intelligente de briser le commerce honteux des passeurs: partir en Europe avec ces derniers condamnerait à revenir en Turquie, alors que rester en Turquie permettrait de partir en Europe.

Beaucoup de journalistes français semblent s’être satisfaits de cette présentation propagandiste qui repose sur de purs sophismes. Dès lors que le flux de « clandestins » se tarit, la Turquie doit en effet conserver ses réfugiés. Mécaniquement, la Turquie n’a donc aucun intérêt à le mettre en oeuvre loyalement. Elle a d’ailleurs bien pris garde à ne pas le faire depuis novembre.

En revanche, l’accord acte officiellement que l’Europe fait confiance à la Turquie pour gérer à sa place ses flux migratoires. Cette confiance paraît totalement absurde et a tout de la corde qui servira à nous pendre.

L’accord sera-t-il appliqué?

Il suffit d’examiner les chiffres réels pour comprendre que l’accord évoqué lundi soir est en carton-pâte et n’a pas la moindre chance de connaître le début d’un commencement d’application.

À titre d’exemple, depuis le 1er janvier 2016, environ 60.000 migrants arrivent chaque mois en Grèce. L’application de l’accord conduirait donc à renvoyer 60.000 demandeurs d’asile chaque mois en Turquie. C’est évidemment réaliste. Réciproquement, les pays européens s’engageraient à accueillir 60.000 migrants dans le même temps. L’expérience montre que la « relocalisation » d’un millier d’entre eux en un an est déjà très problématique.

Concrètement, l’accord aura donc deux effets immédiats. Premièrement, le renchérissement du prix de la traversée, qui sera plus difficile et plus dangereuse. On imagine aisément qu’au terme de quelques naufrages meurtriers, l’Union Européenne cèdera à nouveau devant l’émotion des opinions publiques. Deuxièmement, un conflit ouvert à la Turquie, qui ne tardera pas à déplorer l’absence de réciprocité dans l’accord.

Bref, cet accord, s’il devait être signé, servirait uniquement à verser 3 milliards d’euros à la Turquie, mais ne résisterait pas à l’épreuve du temps, ne serait-ce même que de deux ou trois semaines.

2016 sera bien l’année de la grande migration vers l’Europe.

Erdogan: comment l’Europe se vend au salafisme

Erdogan, le président turc islamiste, a franchi un nouveau pas dans le totalitarisme, en ordonnant l’expropriation manu militari du journal d’opposition Zaman. Après l’ouverture d’instructions judiciaires contre les journalistes de Cumhuriyet, cette décision confirme le dangereux dérapage autoritaire du gouvernement turc, devant lequel l’Union Européenne se prosterne de façon hallucinante.

Erdogan, l’ennemi de la démocratie

Depuis plusieurs mois, la soumission de l’Europe à Erdogan est accablante, et le despote turc n’a désormais plus aucune raison de retenir ses impulsions dictatoriales.

L’été dernier, déjà, Erdogan avait probablement utilisé Daesh pour organiser un attentat contre l’opposition kurde en passe de le priver de sa réélection. La mise sous tension de l’opinion turque quelques jours avant le scrutin lui avait permis de gagner et de préparer sa prise de contrôle sur le pays.

Dans la foulée, les assassinats politiques et l’intimidation face à la presse ont donné le ton de ses intentions: la Turquie doit devenir un Etat islamiste, mettant ainsi un terme à un siècle de révolution laïque.

L’expropriation de Zaman constitue une étape supplémentaire. Le journal est contrôlé par l’imam Güllen, qui dispose d’une assise financière suffisante pour défier le pouvoir d’Erdogan. Son éviction, qui constitue une hallucinante voie de fait, réduit encore le périmètre des libertés en Turquie.

Erdogan, le chouchou de l’Union Européenne

On comparera de façon instructive cette information sur la violation de la liberté de la presse, avec le titre d’une dépêche publiée hier:

Bruxelles cherche à sauver Schengen et cajole la Turquie

Pendant qu’Erdogan envoie sa police occuper les journaux d’opposition, l’Union Européenne lui fait les yeux doux et lui débloque des fonds. Cette soumission est d’autant plus hallucinante qu’Erdogan ne ménage pas ses partenaires européens.

La politique étrangère européenne, fondée sur un affaiblissement du régime syrien en s’appuyant sur les Turcs touche ici au paradoxe. Officiellement, nous luttons contre le tyran Assad, mais nous y parvenons en soutenant le tyran Erdogan.

Rappelons ici qu’Assad a eu l’inconvénient de ne pas obéir aux Etats-Unis, mais d’être laïque, alors qu’Erdogan soutient les Américains, mais instaure un régime islamiste.

Erdogan massacre ses Kurdes en tout quiétude

La soumission de la communauté internationale à Erdogan a un avantage majeur: elle lui permet de massacrer au calme ses populations kurdes insoumises. Alors que l’Europe n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les bombardements de populations civiles par le régime syrien, elle occulte totalement le sort des Kurdes sous la botte d’Erdogan. Deux poids, deux mesures.

Dans les villes kurdes du sud de la Turquie, l’affrontement militaire est bien pire que ce que nous imaginons:

Manifestement, peu d’Européens semblent émus par cette situation, et certainement pas Angela Merkel, la généreuse bienfaitrice des réfugiés, qui reste sourde au sort de ces pauvres Kurdes.

Erdogan bien décidé à utiliser l’arme des migrants contre l’Europe

Dans le même temps, Erdogan compte bien, comme en 2015, continuer son oeuvre de déstabilisation de l’Europe en y déversant des flots de réfugiés pilotés par des mafias dont la police turque se nourrit allègrement.

Il refuse consciencieusement toute solution permettant de limiter les flux de réfugiés, tout en exigeant des sommes colossales de l’Union Européenne. Comme prévu, 2016 devrait donner lieu à des arrivées massives de réfugiés en Europe.

Dans le même temps, il devrait obtenir l’entrée des citoyens turcs sans visa dans l’Union. Ce petit coup de pouce au reluisant allié turc permettra d’accélérer la venue d’immigrés économiques sur le territoire de l’Union.

A quel jeu l’Europe joue-t-elle en Turquie?

Tous ces faits consternants interrogent sur le sens de la politique européenne. Pourquoi faire la guerre aux Etats laïcs du Moyen-Orient tout en soutenant les régimes islamistes qui font tout pour nous déstabiliser?

La question est sans réponse claire aujourd’hui.