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Choses lues, vues, déclarées, et qui ne manquent d’air

Quand la gendarmerie nationale finance le MEDEF

Comme chaque année, la lecture des partenaires revendiqués par le MEDEF pour son université d’été mérite le détour. Nous y reviendrons plus longuement lundi prochain. D’ici là, on notera juste que la gendarmerie nationale fait partie des bienfaiteurs de l’événement.

Mais qu’est-ce que la gendarmerie nationale fait dans cette galère?

On s’en étonnera, dans la mesure où le lien entre une institution publique chargée de la sécurité des citoyens et une confédération patronale regroupant de grandes fédérations d’entreprises est difficile à établir. Les entreprises contribuables ne manqueront pas de s’étonner du procédé, puisqu’on comprend mal que des fonds publics émanant d’une administration qui se plaint régulièrement de son manque de moyens serve à financer un événement que les fédérations patronales elles-mêmes ne sponsorisent pas…

La gendarmerie manque-t-elle vraiment de moyens?

Faut-il rappeler ici que la gendarmerie nationale a versé de nombreuses larmes sur son manque de moyens. Son soutien financier au MEDEF paraît pour le moins baroque, puisqu’on voit mal ce qui justifie cette intervention dans une université qui a très peu d’unité de visée avec la sécurité nationale. Forcément, le parrainage de la gendarmerie soulève quelques questions.

Pourquoi le MEDEF devrait refuser ce parrainage?

Sur le fond, la capacité du MEDEF à ratisser large pour financer ses événements laisse songeur. La confédération patronale ne cesse en effet de profiter de cadeaux multiples en sa faveur, notamment de la part des pouvoirs publics. Ceux-ci devraient accroître la part du MEDEF dans les conseils d’administration paritaires, compte non tenu de la répartition très favorable des moyens issus du fonds paritaire, financé par des cotisations obligatoires des entreprises, créé par la loi de mars 2014.

Bref, à force de promouvoir la libre entreprise avec de l’argent public ou quasi-public, l’indépendance et la sincérité du MEDEF vont finir par soulever d’importantes questions.

L’extravagant avion privé de Donald Trump

Donal Trump est richissime, on le sait. Mais, pour nous les Européens (et singulièrement les Français), l’étalage de sa richesse comme argument électoral demeure une énigme. Alors qu’elle serait complètement contre-productive sur le continent, Donald Trump a l’air convaincu qu’elle lui sera très profitable. On retrouvera donc sur sa chaîne de télévision cet étonnant clip vidéo consacré à son Boeing 757 personnel.

L’extraordinaire Boeing 757 de M. Trump

Pour ceux qui veulent savoir dans quelles conditions Donald Trump se déplace, visionner ce clip est incontournable. Tout y est décrit par le menu: l’aménagement des pièces pour les invités, la description de la salle à manger, et même la chambre à coucher du candidat à la présidentielle américaine.

On s’interrogera tout de même sur le bon goût de cet hôtel particulier volant, dont les choix de décoration paraîtront pour le moins clinquant. Une mention spéciale peut être accordée aux ceintures de sécurité dorée et à la salle de bain qui a du tout du palais des mille et une nuits.

On apprécierait, du coup, d’avoir le même exercice en France avec l’aménagement intérieur de l’avion présidentiel. Le Président de la République dispose-t-il lui aussi d’un lit deux places? d’une salle de bain en marbre? Ses conseillers ont-ils d’épais fauteuils en cuir blanc pour s’asseoir?

Cet été, suivez mon roman: « Jihad »

Août arrive… le petit break de l’été aussi. Ce blog ne sera toutefois pas en congé total. Je compte en effet publier, par épisodes, un roman ni complètement politique, ni complètement d’actualité, qui s’appelle « Jihad ». La première livraison aura lieu lundi prochain.

J’espère que vous prendrez plaisir à lire ce petit texte qui sortira du style habituel de mes commentaires et interventions.

Pour le reste, si l’actualité le commande, je me fendrai de quelques analyses par-ci par-là.

Bonnes vacances à tous, et profitez de l’été pour reconstituer vos forces vitales! vous en aurez autant besoin que moi à la rentrée.

Les patrons français sont des délinquants

Les patrons français sont des délinquants. C’est en tout cas comme cela qu’ils se perçoivent eux-mêmes, selon les termes même de la délégation aux entreprises du Sénat qui vient de rendre un rapport sur son tour de France. On en recommandera la lecture à tous, et singulièrement aux entrepreneurs qui se sentiront moins seuls en lisant ces textes instructifs. J’en produis ci-dessous l’extrait d’une visite en Alsace. Elle me semble donner une bonne représentation de la réalité.

Notre journée a débuté par une table ronde à l’Agence de Développement Économique du Bas-Rhin (ADIRA) qui a réuni 12 entrepreneurs, représentatifs du savoir-faire et du dynamisme de l’économie alsacienne. Tous les secteurs étaient représentés : l’agro-alimentaire avec Alsace Lait, le secteur de l’automobile (L & L Products), celui de l’innovation industrielle (Entreprise Quiri spécialisée dans l’ingénierie hydraulique), celui du matériel agricole (Entreprise Kuhn) et du matériel électrique (Hager) sans oublier le secteur sensible du bâtiment et des travaux publics (Entreprises Wienerberger et Lingenheld) ou encore celui de la rénovation thermique et électrique (EBM thermique). Certaines de ces entreprises vous sont d’ailleurs certainement bien connues puisque figurait également à cette table-ronde l’entreprise Caddie, dont le nom est passé dans le langage courant pour désigner les charriots de supermarchés et qui, après avoir connu des années difficiles, a su renouer avec le succès international. Était également présente l’entreprise alsacienne de lavage de voiture Hypromat France que vous connaissez certainement sous son enseigne « Éléphant Bleu ».

Toutes symbolisaient la diversité et la spécificité du monde des entreprises alsaciennes, ancrées dans leur territoire, mais également ouvertes à l’extérieur et à l’international. Disposant toutes d’un lien ou d’un contact à l’étranger (par le biais de leurs maisons-mères, de leurs filiales, de leurs partenaires ou de leurs clients), elles étaient parfaitement à même d’établir des comparaisons et de nous présenter les avantages et les inconvénients d’une installation en France.

Et de fait, la discussion, qui aurait dû être centrée sur les spécificités des entreprises alsaciennes et l’attractivité de l’Allemagne, s’est très vite focalisée sur les freins à la croissance. Nous leur avions demandé de ne rien nous cacher et de nous dire tout ce qu’elles pouvaient avoir sur le coeur. La parole a été très libre et surtout très critique pour notre législation et notre réglementation. Une phrase prononcée par l’un des chefs d’entreprise à la fin de la réunion résume tristement l’ensemble des échanges que nous avons pu avoir : « En France, nous avons une culture de l’administration, pas une culture de l’entreprise ».

Si certains ont, malgré tout, salué l’action de l’État, leurs exemples se limitaient à l’accompagnement des entreprises en difficulté. Pour le reste, le discours était pratiquement unanime pour dénoncer les lourdeurs administratives, l’inadéquation de la législation fiscale et sociale et une prise en compte insuffisante des spécificités du monde de l’entreprise. Sur ces différents points, je vous propose de citer quelques exemples :

1) la lourdeur administrative et réglementaire : un des entrepreneurs nous a précisé ne plus être en capacité de lire l’ensemble des textes qui s’appliquent à son activité. Face au maquis réglementaire, qualifié d’inhumain, « nous sommes tous des délinquants en puissance » nous a-t-il déclaré. Le temps de traitement des dossiers par l’administration française, notamment sur les questions de permis de construire et d’installations classées, a notamment été dénoncé, allant jusqu’à 27 mois d’instruction en France contre 3 mois en Allemagne.

L’inflation des normes environnementales a été critiquée tant pour sa complexité que pour les coûts qu’elle engendre. Le prix des études préalables à la charge de l’entreprise dans le cadre d’appels d’offres est vécu comme exorbitant au regard du risque financier supporté par l’entreprise. Un des entrepreneurs nous a indiqué avoir dû payer 150 000 euros pour le transfert et la mise en conformité d’une machine qui fonctionnait parfaitement en Allemagne !

Toujours en matière environnementale, la surtransposition des directives européennes a été dénoncée comme un mal français qui nuit à notre économie comparativement aux autres pays de l’Union européenne. Les entrepreneurs ne comprennent pas l’obligation qui leur est faite d’analyser l’eau qui ruisselle sur leur parking ou, pire, de mesurer le bruit d’une usine qui fait moins de bruit que l’autoroute en face ! Ainsi, les nouvelles réglementations sur l’eau vont nécessiter pour une des entreprises présentes un surcoût d’investissement de 9,2 millions d’euros pour un gain environnemental qui ne semble pas avéré.

Cet environnement défavorable aux entreprises a pour conséquence de pénaliser la reprise économique en France. Un entrepreneur avait le choix entre une extension de son entreprise en Alsace ou la création d’une nouvelle usine à Prague avec 50 emplois de créés. Il a choisi la solution tchèque car en un an, il avait une usine opérationnelle qu’il n’aurait jamais pu obtenir dans le même temps en France, compte tenu des autorisations administratives préalables ;

2) la complexité du droit du travail français a unanimement été dénoncée. Un chef d’entreprise nous a déclaré qu’il avait besoin de trois fois plus de personnel dans son équipe dédiée aux Ressources Humaines en France qu’en Allemagne. Un autre nous a cité en exemple la simplicité de la législation du travail en Suisse qui, en rendant le licenciement plus simple, permet également de limiter les freins à l’embauche. Là-bas, un licenciement pour faute entraîne une réduction de l’indemnité chômage.

Le seuil des 50 employés que nous évoquons souvent au sein de la Délégation a encore une fois été dénoncé, avec l’exemple très concret d’une entreprise qui a fait le choix de s’installer en Allemagne plutôt qu’en France après avoir fait une analyse financière comparée des deux législations. Ce projet aurait pu créer 50 emplois supplémentaires en Alsace ;

3) la pression fiscale : le régime fiscal appliqué à la transmission des entreprises a unanimement été dénoncé comme une porte ouverte au démantèlement des entreprises françaises et de leur savoir-faire.

Les incitations fiscales ont été jugées largement insuffisantes ou contre-productives compte tenu des risques de contrôle fiscal, notamment concernant le Crédit Impôt Recherche. Les déductions fiscales liées au financement du secteur « Recherche et Développement » ont été jugées largement insuffisantes au regard de ce qui existe à l’étranger, le système français ne prenant en compte qu’une part des dépenses de recherche ;

4) une prise en compte insuffisante des besoins des entreprises : sur les délais de paiement, les entrepreneurs reconnaissent que la loi de modernisation de l’économie a amélioré les délais de paiement mais des niches continuent d’exister qui mettent à mal la trésorerie des entreprises. Par ailleurs, certains considèrent l’accompagnement du secteur bancaire et de la BPI comme pouvant être amélioré.

Il y a en Allemagne un réel accompagnement des entreprises pour leurs projets d’installation et d’extension qui n’existe en France que lorsque l’entreprise est déjà en difficulté. De fait, le seul entrepreneur reconnaissant un accompagnement efficace de l’État a cité le cas de la reprise de Caddie, au moment où l’entreprise était au plus mal. Or, il serait plus intéressant d’assurer la prévention plutôt que la guérison.

Les entreprises présentes ne souhaitaient pas nécessairement un médiateur qui se rajouterait entre les entreprises et l’enseignement ou les administrations mais plutôt des espaces de rencontres. Ils ont ainsi cité en exemple les enseignants qui font la démarche d’aller directement voir les entreprises et de travailler avec elles. Concernant le soutien à l’apprentissage, ils ont rappelé que 200 apprentis traversent le Rhin pour faire leur apprentissage en Allemagne. Il serait temps d’inverser cette courbe.

L’Union européenne et l’attitude de certains de nos partenaires ont également été dénoncées lors de la table-ronde. L’Allemagne pratiquerait, sans le dire, un certain protectionnisme qui limiterait notre capacité à y acquérir des parts de marché alors même que la France semble plus ouverte aux entreprises allemandes. Un entrepreneur expliquait devoir présenter des prix 20 % à 25 % moins chers pour pénétrer certains marchés de nos voisins européens. Le manque d’harmonisation fiscale et sociale au sein de l’Union Européenne a clairement été identifié comme un frein à l’expansion des entreprises françaises concurrencées par leurs collègues européens.

Après avoir dressé ce constat relativement pessimiste, les entreprises présentes nous ont suggéré quelques aménagements législatifs ou réglementaires plus favorables au monde de l’entreprise et à l’emploi. Certaines nécessiteront de notre part une analyse plus approfondie mais je vous présente quelques-unes des propositions qui nous ont été soumises :

1) exonérer la transmission d’entreprises jusqu’à 100 % en contrepartie d’un engagement de conservation de l’entreprise et de ses salariés sur 12 ans. Les chefs d’entreprise regrettent en effet une double imposition qui les oblige à vendre leur entreprise plutôt que de la transmettre à leurs enfants ;

2) assouplir la loi sur le temps partiel afin de prendre en compte les spécificités des entreprises qui ont une activité cyclique et très variable dans le temps, avec une attention particulière sur le travail le dimanche ;

3) mettre en place des études d’impact sur l’économie avant tout vote d’une loi nouvelle pour vérifier la soutenabilité financière des nouvelles normes pour les entreprises concernées ;

4) favoriser l’embauche des plus de 50 ans en permettant aux entreprises de les recruter sans risque de prise en charge de leurs maladies ;

5) encourager les collectivités à utiliser les possibilités offertes par les délégations de service public afin de favoriser les PME locales ;

6) modifier le décret du 14 mai 2014, dit décret « Montebourg », soumettant dès le premier euro les investissements étrangers dans certains secteurs à une procédure d’autorisation préalable pénalisant les petits projets locaux ;

7) permettre à la loi de modernisation de l’économie d’obtenir tous ses effets en matière de délais de paiement ;

8) de manière plus spécifique, un entrepreneur nous a évoqué la nécessité de répondre aux difficultés propres à l’Alsace-Moselle qui dispose d’un droit local qui, parfois, se surajoute à la complexité administrative française, avec notamment des jours de congés supplémentaires.

Plus globalement, les entrepreneurs nous ont reproché collectivement, élus et gouvernement, de ne pas savoir communiquer positivement sur la France. Sur la situation économique de notre pays, certains chefs d’entreprise n’ont pas été tendres : « Vous êtes collégialement responsables de la situation dans laquelle on est (…) Vous n’avez pas fait le job pour lequel vous avez été élus », a-t-on pu entendre !

Les autres pays font davantage confiance à l’entreprise en mettant en place des procédures de contrôle a posteriori et non a priori, simplifiant ainsi largement les démarches d’installation. Un entrepreneur a ainsi cité le cas concret d’une implantation d’une unité de production qui avait, en France, subi un retard de plus de deux ans, comparé à la création d’une usine similaire au Canada.

De nos différents échanges, on a retenu un sentiment de malaise parmi nos entreprises en France. Un entrepreneur expliquait qu’il était vu aux États-Unis comme une star, en Allemagne comme un héros et en France comme un voyou. Or, l’entreprise, ce n’est pas seulement un patron, c’est également des salariés, des fournisseurs, des clients. Retrouver la confiance, c’est aussi pour les entrepreneurs que nous avons rencontrés, changer cette mentalité française et faire en sorte de travailler ensemble dans la même direction en « cordée française » pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron citée lors de la table-ronde.

Pour résumer, une seule des entreprises présentes a annoncé la fermeture de son implantation allemande en expliquant que l’avantage comparatif de notre voisin outre-rhin s’essoufflait, notamment à la suite de la création du salaire minimum en Allemagne. Les autres entreprises présentes ont, au contraire, reconnu que leur fidélité à l’Alsace et à la France tenait plus à des raisons familiales et historiques qu’à des raisons sociales ou fiscales qui les inciteraient plutôt à s’implanter à l’étranger.

Jean-Marie Le Guen bientôt conseiller d’Erdogan?

Jean-Marie Le Guen a commis, sur RTL, un nouvel argument, bien au-delà du sophisme habituel. Jusqu’ici, l’équipe Hollande s’était contentée de dire que demander des comptes à l’Etat sur sa gestion du terrorisme était une atteinte à l’unité nationale. Ce sophisme bien connu des rhétoriciens est d’ailleurs le discours que l’on tient d’ordinaire lorsqu’on n’a plus rien à dire.

Cette fois, Le Guen a franchi une sorte de mur du son dans le déni de démocratie en expliquant:

« Je veux bien qu’on aille sur ce terrain-là, mais dans ce cas, il n’y a plus d’État de droit dans le pays. Si un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques mettent en cause le fonctionnement de la justice et des services administratifs de l’État, alors c’est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie » a estimé Jean-Marie Le Guen.

Le Guen, bonimenteur en chef de l’exécutif

L’équation est amusante: mettre en cause le fonctionnement de l’Etat, c’est contraire à la démocratie. Autrement dit, la démocratie, c’est obéir à l’Etat et ne lui demander aucun compte. La tyrannie survient au contraire quand les citoyens se mettent à critiquer l’Etat et ne plus lui obéir.

On rappellera juste les articles 14 et 15 de ce monument de tyrannie qu’est la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui brisa le très démocratique Ancien Régime et sa merveilleuse monarchie absolue:

Art. 14. –

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

Art. 15. –

La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Allez, Jean-Marie, relis ce texte! puisque tu semblez l’avoir oublié.

Le Guen bientôt conseiller d’Erdogan?

Au rythme où il va, Le Guen pourra en tout cas retrouver un job en or en juin 2017, s’il devait ne pas être réélu. Avec sa conception brillantissime de la démocratie, il sera sans doute recruté à prix d’or par Erdogan. Le président turc a en effet un besoin urgent d’esprits éclairés pour le guider dans la vie de tous les jours.

Manifestement, Erdogan était trop enclin à la tyrannie et a laissé trop de libertés aux ennemis de la démocratie. Voilà qui lui a donné chaud au popotin et a failli lui coûter une destitution par l’armée. Heureusement, la démocratie reprend provisoirement son cours en Turquie, avec des milliers d’arrestations dans les milieux fascistes et plus de 10.000 confiscations de passeport, en attendant mieux.

Manifestement, Erdogan aura besoin de grands démocrates comme Le Guen pour rétablir durablement la démocratie et interdire à tous les fascistes de critiquer l’Etat.

Le Guen, symptôme de la réaction nobiliaire en France

Donc, un ministre de la République peut, sans démissionner dans la minute, expliquer que la démocratie, c’est ne pas critiquer l’Etat. Après l’avalanche d’insultes et de haine contre le suffrage universel à l’issue du referendum britannique, la classe politique française franchit une nouvelle étape dans son dévoilement. Elle ne se cache plus pour dire que, selon elle, la démocratie consiste à ne pas critiquer la classe dirigeante. Et que toute critique contre la classe dirigeante est la manifestation de la tyrannie.

Sous l’Ancien Régime, cette inversion des vérités s’était appelée la réaction nobiliaire. Menacée par une société nouvelle, l’aristocratie française, dans les années 1770 et 1780, s’était raidie sur ses privilèges en vilipendant le tiers état.

Merci, Jean-Marie, d’illustrer aussi parfaitement la nouvelle réaction nobiliaire.

 

Multiculturalisme au PS: le calendrier attaqué par Razzy Hammadi

Le Parti Socialiste est indéfectiblement attaché au multiculturalisme. L’actualité vient d’en donner un nouvel exemple. Razzy Hammadi, député de Seine-Saint-Denis et rapporteur général de l’obscure loi Egalité et Citoyenneté, vient de se livrer à des charges en règle contre le calendrier des jours fériés en France.

Voici son verbatim.

Le multiculturalisme et le Code du Travail

Ces propos sont extraits des débats en commission. Rappelons que le rapporteur général est Razzy Hammadi.

La Commission examine l’amendement CS893 des rapporteurs.

M. le rapporteur général. Nous avons découvert, à l’occasion des auditions, une forme de discrimination dont nous n’étions pas toujours conscients, et qui tient au lien que l’on peut établir entre la demande de certains jours de congé et une croyance. Le présent amendement propose d’accorder aux salariés la portabilité du lundi de Pentecôte, qui serait en quelque sorte laïcisé. Avec l’accord de l’employeur, il pourrait être converti en congés payés, et la période de prise de ce congé payé serait décidée par le bénéficiaire.

Le code du travail établit la liste des fêtes légales applicables sur le territoire national. Certaines sont directement liées à la religion chrétienne : lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte, Assomption et Toussaint – la sécularisation de la fête de Noël pouvant être appréciée. Il est compréhensible que l’État édicte les jours fériés au cours desquels la nation se rassemble autour d’événements fondateurs comme la Fête nationale ou la commémoration des armistices des deux guerres mondiales. Cependant, à l’instar de la commission Stasi, on peut trouver curieux que des citoyens ne partageant pas la religion chrétienne soient amenés à ne pas travailler lors des fêtes correspondantes, et au contraire doivent consacrer un jour de congé annuel à la célébration des événements religieux, métaphysiques ou personnels autres.

La proposition qui vous est faite concerne un seul jour, le lundi de Pentecôte ou un autre jour férié religieux si les parlementaires le préfèrent. Cette portabilité serait évidemment soumise à l’accord exprès de l’employeur.

Le multiculturalisme en débat dans l’hémicycle

Razzy Hammadi a complété ces propos par une sortie tonitruante lors du débat dans l’hémicycle:

M. Razzy Hammadi, rapporteur général. Personne ne nie qu’il existe des racines chrétiennes, des racines provenant d’autres religions et des racines qui n’ont rien à voir avec les religions. La République est plurielle et forte de cet apport pluriel, forte de l’ensemble des origines qui dépassent les frontières de la Gaule.

Mme Julie Sommaruga. Très bien !

M. Razzy Hammadi, rapporteur général. C’est cela, la République. Et vous, vous vous crispez sur un argument unique, autour des racines chrétiennes.

Mme Isabelle Le Callennec. Certains jours fériés sont issus de nos racines chrétiennes.

M. Razzy Hammadi, rapporteur général. Bien sûr ! Mais, pour ma part en tout cas, je suis parfaitement décomplexé par rapport à cela : je ne suis pas arc-bouté sur la défense rabougrie d’une identité passée, imaginée, unique, fantasmée, qui n’existe pas, car l’identité de la France est plurielle. Je n’ai pas voulu vous répondre tout à l’heure car j’avais bien décelé la provocation mais il était toutefois important de remettre les points sur les i, en particulier sur le i de identité.

Mieux vaut le savoir.

 

Quand le Monde aime la discrimination anti-familles

On se pince pour y croire! Le Monde a fièrement publié un article appelant à la discrimination contre les familles, intitulé: « Se reposer en paix : cinq hôtels interdits aux enfants« , rédigé par Yoanna Sultan-R’bibo, par ailleurs journaliste chez Grazia et auteur d’un livre sur le 11 septembre.

Les bienfaits de la discrimination selon Le Monde

Je livre ici un florilège de cet article hallucinant qui en dit long sur le deux poids deux mesures dans la discrimination parmi les bien-pensants:

A quoi bon abandonner ses enfants pour les vacances, si c’est pour se coltiner ceux des autres dans la salle du petit déj’ et – horreur ! – autour de la piscine ? La solution : opter pour un hôtel « réservé aux adultes ». (…)

L’Hexagone semble avoir du mal avec l’étiquette « Interdit aux moins de 18 ans ». Discriminant, disent certains. (…)

Trois piscines en terrasse qui surplombent la mer Egée et la baie de Mirabello… le rêve. Qu’un enfant faisant des bombes dans l’eau viendrait forcément gâcher. (…)

« Les enfants qui sortaient de la piscine et couraient les pieds mouillés sur le sol en marbre, ça m’angoissait, raconte Ann, la propriétaire. Nous avons donc stipulé sur le site que l’endroit ne convenait pas aux jeunes enfants. » Depuis, l’élégante Villa St Maxime a fait de cette interdiction son fond de commerce. (…)

L’Algarve, au sud du Portugal, est en passe de devenir la destination préférée des Français. Pour éviter les familles nombreuses qui se pressent sur la côte, on s’isole dans les terres, entre oliviers et orangers.

Jusqu’où le Monde défendra-t-il la discrimination contre la majorité?

Pour mesurer l’ignominie de cet article paru dans le journal de Pierre Bergé, rappelons-le, inspirateur de Touche pas à mon pote! et grand défenseur de la cause gaie, je propose à Yoanna de remplacer dans ses phrases le mot « enfant » par le mot « juif » ou le mot « noir » ou le mot « arabe » ou le mot ‘homosexuel ».

L’article donne alors:

« Se reposer en paix: cinq hôtels interdits aux Juifs

« A quoi bon abandonner ses Juifs pour les vacances, si c’est pour se coltiner ceux des autres dans la salle du petit déj’ et – horreur ! – autour de la piscine ? (…)

L’Hexagone semble avoir du mal avec l’étiquette « Interdit aux Juifs ». Discriminant, disent certains. »

Tout simplement écoeurant.

Terrorisme: déjouez les sophismes de la bien-pensance

Pour éviter les questions qui fâchent en matière de lutte contre le terrorisme, le gouvernement et les bien-pensants qui le soutiennent multiplient les sophismes, c’est-à-dire les raisonnements faux mais qui paraissent juste. En voici une petite anthologie illustrée.

Jean-Marie Colombani et sa pente savonneuse

Dans une tribune publiée par Slate (le pure player dirigé par Jacques Attali), Jean-Marie Colombani, qui reprend ici mot pour mot les propos de François Hollande, explique qu’il faut soutenir le gouvernement, sans quoi:

le danger est, cette fois, celui d’une dislocation de la société française

Ce type de sophisme s’appelle une pente savonneuse: si vous demandez des comptes au gouvernement, la société va voler en éclat. La technique consiste donc à ne pas répondre sur le fond, mais à laisser craindre le pire. Cette technique est proche d’une forme d’argumentum ad consequentiam appelée appel à la terreur: Continuez comme ça, et les 7 plaies d’Egypte s’abattront sur vous.

Comment répondre à la pente savonneuse?

Évaluez les politiques publiques en matière de terrorisme conduit-il à une dislocation de la société française? C’est plutôt le contraire qui la disloque: accepter sans broncher des politiques qui provoquent la mort de centaines d’innocents, et protéger les incompétents qui les mènent.

Mediapart et sa reduction ad hitlerum

Dans un article marqué du sceau de la modérationMediapart explique que les critiques contre le gouvernement émanent de la droite et de l’extrême-droite:

Dans la foulée du massacre de la promenade des Anglais, la droite et l’extrême droite ont dénoncé « l’impuissance de l’exécutif », et réclamé que « la vérité » soit enfin assumée.

La technique est simple et bien connue: elle consiste à suggérer que tous ceux qui demandent une évaluation de la politique anti-terroriste sont liés à l’extrême-droite, sous-entendu sont des avocats ou des suppôts du nazisme. Ce sophisme s’appelle la reductio ad Hitlerum, qui est une forme de déshonneur par association.

Comment répondre à ce sophisme?

L’argument est plutôt simple. Il consiste à rappeler que les démocrates ne peuvent indéfiniment laisser l’extrême-droite être la seule à utiliser les libertés publiques qui nous sont reconnues par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. L’article 15 de celle-ci garantit à chacun la possibilité de demander des comptes au gouvernement.

Valls et son argumentum ad odium

Dans une interview au Journal du Dimanche, Manuel Valls utilise deux types de sophisme:

«Chacun connaît ma détermination, l’autorité est pour moi une valeur essentielle. Mais remettre en cause l’État de droit, remettre en cause nos valeurs serait le plus grand renoncement». Et d’ajouter : «La réponse à l’État islamique ne peut pas être la « trumpisation » des esprits.»

Le premier, qui consiste à accuser ses détracteurs de remettre en cause l’Etat de droit, est une généralisation abusive. On s’arrêtera surtout sur la « trumpisation » des esprits, qui procède de l’argumentum ad odium. Tous ceux qui ne pensent pas comme moi sont « trumpisés ». La technique est proche du déshonneur par association.

Comment répondre à Valls?

Il faut inlassablement répéter que c’est l’absence de réponse sur le fond qui conduit à des effets indésirables comme la « trumpisation » des esprits. Si les politiques acceptaient de rendre des comptes sur leurs choix et leurs décisions, les esprits ne seraient pas obligés de se radicaliser.

Affaire Merah: l’arrêt sanglant des juges administratifs

Alors que Nice pleure ses morts, il n’est pas inutile de lire, dans l’affaire Merah, le texte du jugement rendu le 12 juillet (par une triste coïncidence) par le tribunal administratif de Nîmes. Il résume parfaitement les fautes de la police, et singulièrement des services de renseignement, reprochés aujourd’hui à l’Etat.

Comment l’Etat est responsable de l’affaire Merah

On lira tout particulièrement, dans ce texte, le considérant qui jette un pavé dans la mare:

5. Considérant qu’à son retour à la fin du mois d’octobre suivant, Y a été convoqué au sein des locaux de la direction des services de renseignement, le 14 novembre 2011 à Toulouse ; qu’il ressort du rapport de l’inspection générale de la police nationale établi au cours du mois d’octobre 2012, que les agents des services centraux ayant conduit cet entretien n’avaient eu, à l’époque, ni un accès complet à l’enquête locale ni une formation adaptée et pas davantage la disposition de moyens adéquats à la conduite de ce type de rencontres ; que Y leur a alors affirmé pratiquer un islam modéré et indiqué avoir fait, tant en Afghanistan qu’au Pakistan, des voyages touristiques ; qu’il n’a donné pourtant, s’agissant notamment de son séjour très récent au Pakistan, que des explications particulièrement peu précises et confuses ; que le compte-rendu de cette rencontre, au demeurant établi seulement deux mois plus tard et transmis encore un mois après aux services toulousains, conclut cependant qu’elle n’a pas « permis de faire le lien entre Y et un éventuel réseau djihadiste » et, malgré son profil et le caractère hautement suspect de son comportement, établi depuis plusieurs années et renforcé par ses récents voyages, que l’intéressé est apparu « comme quelqu’un d’assez malin et ouvert qui pourrait présenter un intérêt pour notre thématique en raison de son profil voyageur » ; qu’il n’est pas contesté que, dans les suites immédiates de cet entretien, au lieu de renforcer les mesures de surveillance de Y ou, a minima, de les maintenir, tout suivi de celui-ci a été abandonné ; que cette décision constitue, au vu de l’ensemble des circonstances rappelées ci-dessus et malgré la difficulté des tâches qui leur sont imparties, une faute commise par les services de renseignement dans l’exercice de leur mission de prévention des actions terroristes et de surveillance des individus radicaux, ce qu’a d’ailleurs reconnu publiquement le ministre de l’intérieur au début de l’année 2013 ; que cette faute est de nature à engager la responsabilité de l’Etat.

Donc, à son retour d’Afghanistan, Merah est interrogé par les services de renseignement. Il est évident, à l’issue de l’interrogatoire, que l’intéressé n’a pas fait un voyage touristique. Et… la police décide de ne plus le surveiller.

Logique non?

Daesh exporte une nouvelle vague de terroristes en Europe

Selon l’agence arménienne de presse qui cite elle-même l’agence israélienne Debka, Daesh exporte actuellement de nouvelles vagues de terroristes vers l’Europe. Ceux-ci entrent sur le territoire européen par l’Azerbaïdjan.

The Islamic State started smuggling terrorists across Azerbaijan, Georgia and Cyprus to reach Europe, Debka writes.

ISIS forms groups numbering some 20-15 terrorists, ready for strikes in Europe, including Russia, and the Middle East. According to the agency, the issue was discussed during the meetings of the head of Mossad in Russia.

<L’Etat islamique envoie clandestinement des terroristes par l’Azerbaïdjan, la Géorgie et Chypre vers l’Europe, écrit Debka.

DAESH forme des groupe de 15 à 20 terroristes, prêts au combat en Europe, mais aussi en Russie et au Moyen-Orient. Selon l’agence, cette question a été discutée dans des rencontres au sommet du Mossad en Russie.>

Si cette information devait se vérifier, elle devrait donc conduire les services européens à se préparer à une nouvelle vague d’attentats sur le sol européen. Il devient donc urgent que les forces françaises de sécurité (police et gendarmerie) arrêtent leurs dénis systématique et se mettent enfin à combattre efficacement le terrorisme.