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2016, année du sursaut français?

Encore aujourd’hui, après une année 2016 épuisante et anxiogène, la France est le pays le plus épicurien du monde industrialisé. C’est d’ailleurs un mystère pour les Anglo-Saxons, que cette puissance industrielle millénaire, qui cultive avec une sorte de perversion un art de vivre fondé sur le plaisir et la consommation gourmande.

Mais nous savons tous que cette étrange construction du bonheur est plus que jamais battue par les flots, et que plus notre réveil sera tardif, plus il sera douloureux, si tant est que nous nourrissions encore l’ambition de retrouver un jour la place qui nous revient.

Les voeux pour 2016 seront ceux-là: à quoi devrait ressembler le sursaut français, en 2016, celui qui nous assurera notre salut?

Qu’en 2016 les Français s’assument enfin comme Français

Commençons par le commencement: les Français doivent choisir entre la soumission dont parlait Houellebecq, c’est-à-dire une sorte de passivité, de confortable résignation au déclin, de dilapidation du patrimoine collectif au nom d’une idéologie de bisounours, d’un côté, et d’un autre côté la farouche détermination à enrayer l’inexorable chute du pays. Une autre façon d’exprimer ce choix est de simplement savoir si nous acceptons que les sexagénaires qui paralysent le pays aujourd’hui doivent avoir les mains libres pour piller la bête et vitrifier toute volonté de reconstruction, ou si nous préférons inventer, avec des gens nouveaux, un autre destin pour notre société.

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Cela suppose un choix moral évident. Ou bien, comme je ne sais plus quel journaliste de la gauche bobo, nous nous félicitons de ne plus être un grand pays et nous en jouissons. Ou bien nous faisons l’effort de remettre en cause nos certitudes et nous adoptons notre comportement pour le mettre au niveau de notre patrimoine: celui d’une France que nous avons tant de peine à assumer.

Regarder le déclin économique en 2016 au lieu de le nier

Depuis 2012, François Hollande répète à l’envi que la reprise est imminente. Il ne se passe pas un mois sans qu’un ministre n’annonce le retour de la croissance. Au lieu de considérer l’économie du secteur privé comme un champ d’expérimentation pour la cartomancie, les politiques feraient mieux de regarder les choses en face.

De toutes parts, la coque du bateau France prend l’eau: les lois de finances et de financement de la sécurité sociale ont encore apporté leur lot de réglementation ingérable pour les TPE et les PME de croissance. La pression fiscale décourage la prise de risque entrepreneurial. Le prêt-à-penser majoritaire continue à faire l’éloge du bas salaire à 35 heures au lieu d’encourager le mérite et l’effort.

Sur tous les fronts de l’innovation, le gouvernement Valls a plombé les espoirs. Marisol Touraine a fait une loi anti-big data santé, promettant la France à des décennies de retard sur ses concurrents. La loi Macron fait le jeu des grandes enseignes au détriment de la petite entreprise.

Toutes ces décisions, pas à pas, paralysent le pays. Derrière les postures volontaires de Manuel Valls, la technostructure fait régner une terreur douce, imposant partout des mesures régressives qui mettent les unes après les autres les entreprises françaises sur la pente raide de l’obstacle réglementaire et de la mise en danger socio-fiscale.

Sans un big bang favorable à la création de valeur (la vraie, pas celle des emplois aidés et des bas salaires dont la gauche a le culte), qui passe notamment par un moratoire législatif et réglementaire, la France achèvera de tuer toutes ses entreprises vivantes pour ne conserver que les rentières, dont l’obsolescence est déjà programmée.

Remettre le travail au centre des valeurs de 2016

On pourra tourner du pot autant que l’on voudra, il n’y aura pas de sursaut français sans manches retroussées et sans horaires hebdomadaires supérieurs à 35 heures. Il n’y aura pas non plus de sursaut sans une remise sous tension des forces vives. C’est un grand projet collectif qu’il faut bâtir, pas une virée dans un club de vacances.

Il faudra bien remettre les points sur les « i ». Ce système économique et social qui garantit une quasi-impunité aux enfants capricieux qui s’auto-proclament victimes de l’exploitation et de la violence inhérente au monde capitaliste ne pourra durer éternellement. La grande machine à fabriquer du droit pour les salariés et du devoir pour les employeurs est aussi une grande machine à fabriquer du chômage et de la délocalisation.

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Tôt ou tard, il faudra bien abandonner cette logique et accepter de dire clairement que la prospérité ne reviendra qu’avec le travail.

Dans ce grand retour aux valeurs collectives, le sort de la sécurité sociale devra lui aussi être pris en compte. La « Sécu » française protège mal les assurés et coûte très cher. Elle est la grande illusion française: celle qui laisse à penser que chacun peut être protégé par la société, sans prendre sa part à l’effort général.

Sacrifice de l’individu, bien-être collectif

Que l’individu doive apporter à la société s’il veut que la société lui apporte, voilà une vérité simple que les discours sur la solidarité ont pulvérisé. Pour beaucoup de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, une fausse vérité est souvent acquise: les droits du salarié sont d’origine divine et ne supposent aucune contrepartie obligée dans l’exécution du contrat de travail. La société propose, l’individu dispose.

Tant que nous n’aurons pas tordu le cou à cette absurdité, nous continuerons à dilapider le patrimoine accumulé avant nous, et nous ne créerons pas de valeur durable. Il faut avoir le courage de dire que sans sacrifice individuel, il n’y a pas de bien-être collectif. Notre problème est de croire le contraire: l’idéologie de la génération Y consiste bien à croire que le bien-être individuel est un droit et que le sacrifice collectif est la norme.

Nous touchons ici au point dur de la société française dans les trente années à venir.

Le retour de la spiritualité en 2016

Les candidatures massives reçues par l’armée française après les attentats du 13 novembre, comme les nombreuses conversions, paradoxalement, à l’Islam combattant, montrent bien que l’individualisme jouisseur qui domine la société n’épuise pas le désir de vivre dans la jeunesse. Beaucoup de nos jeunes ont envie de dépasser le petit projet de bonheur que leurs parents ont bâtis pour eux. D’autres rêves les animent.

C’est la responsabilité de la République de proposer un nouveau rêve à la jeunesse. On parle beaucoup de laïcité. Mais se limite-t-elle à ne pas interdire, ou porte-t-elle en elle une vision ambitieuse, positive, de la vie en société, fondée sur une augmentation des libertés et une élévation des citoyens dans tous les ordres de l’existence?

Ce combat-là est véritablement le seul qui fera le sursaut français en 2016.

2016: l’année où il faudra choisir son camp?

Si 2015 a incontestablement constitué un tournant dans le monde, notamment avec l’installation de Daesh en première ligne sur la scène géopolitique, 2016 sera-t-elle pire? L’année qui arrive verra-t-elle, dans l’extrême cristallisation des points de vue et des débats déjà en place, s’instaurer un climat délétère des « pro » et des « anti » sursaut collectif?

2016 sous le signe de la Corse?

L’occupation d’un « quartier » d’Ajaccio où avait eu lieu un guet-apens contre les pompiers par des Corses bien décidés à en découdre a eu le mérite de mettre les pieds dans le plat: face à l’éviction dont les pouvoirs publics sont l’objet dans des quartiers où se concentre des populations d’origine maghrébine, comment réagir?

La doctrine en vigueur sur le continent consiste à compter sur les forces de police ou à déménager. Tout le monde sait en effet que la police est totalement inactive dans ces situations. Lorsque tout cela (entendez: ce merdier) sera passé, il faudra bien éclaircir les raisons de cette impuissance. Provient-elle d’instructions officiellement données par une hiérarchie défaillante qui mériterait de gouter à Pole Emploi pendant quelques mois pour retrouver le sens de l’intérêt général? Provient-elle de démissions généralisées dans la maison Poulaga, des plus gradés jusqu’aux plus petits? Faut-il y voir le produit catastrophique d’instructions politiques données par des ministres plus soucieux de leur réélection que de protéger les citoyens honnêtes?

Les mêmes qui, par leurs instructions lénifiantes, font le malheur des « quartiers » sont souvent les premiers à dénoncer les apartheids qui y existent, faute d’autres solutions que la fuite pour ceux qui y habitent.

2016 et l’ordre dans les quartiers

L’ironie de l’actualité veut que déjà circule une vidéo sur une intervention de la police nationale à Pantin. Les agents sont intervenus contre une bande de racailles et la mère de l’un d’eux s’est interposée pour éviter l’interpellation de son fils. Elle a morflé:

 

Cette scène de genre qui ne surprend personne dans les quartiers mérite d’être traitée sur le fond. Ceux qui vivent dans les zones difficiles savent que le retour à l’ordre passe forcément par ce genre d’incidents. J’entends d’ici les bobos des beaux quartiers vilipendés les policiers qui dérapent. Toute la question est là: sommes-nous prêts à assumer les dommages collatéraux imposés par la nécessaire protection des citoyens partout sur le territoire, y compris dans les quartiers à forte minorité, voire à majorité maghrébine?

On peut évidemment répondre « non », mais alors il faut arrêter de déplorer l’existence de ghettos.

2016 et la fierté islamiste

Cette question sera d’autant plus cruciale à traiter que, partout, dans nos rues, nous voyons bien une montée de l’affichage religieux. Le port d’un voile de plus en plus ostentatoire est devenu une composante incontournable de notre paysage urbain. Il s’accompagne d’une revendication politique dont l’expression la plus forte est portée par les islamistes qui considèrent que le terrorisme est une voie normale.

On retiendra ici les propos de l’épouse de l’un des kamikazes du Bataclan, identifié de longue date par les services de renseignement, Samy Amimour.

« Tant que vous continuerez à offenser l’islam et les musulmans vous serez des cibles potentielles, et pas seulement les flics et les juifs, mais tout le monde. » Pour elle, « l’équation est simple: Vous tuez, on vous tue. Bientôt, inch’allah, la France et toute la coalition vont savoir c’est quoi la guerre chez elle. »

Certains imaginent encore, en France, que l’esprit bisounours et l’injonction paradoxale bobo (soyez gentils mais protégez-nous) constituent des réponses appropriées à la menace islamo-fasciste. 2016 risque bien de les mettre au pied de leurs contradictions. Comment gèrerons-nous, sans guerre civile, cette revendication politique issue des minorités tant choyées par la gauche au pouvoir?

2016 et le choix de notre identité

La trêve des confiseurs nous donne déjà une idée de ce qui nous attend en 2016. Le débat sur la déchéance de nationalité nous forcera à nous dire entre nous ce qui fait qu’un Français est vraiment français.

Les propos de Manuel Valls en disent déjà long. Dans tous les cas, il nous faudra faire des choix imparfaits et sacrifier avec eux des idées auxquelles nous tenons, faire alliance avec des gens que nous n’aimons pas, pourvu qu’ils défendent le principal à nos yeux.