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L’affaire Afterbaiz ou le retour du délit d’opinion

La ministre Laurence Rossignol n’y est pas allée de main morte avec le site Afterbaiz, créé par Emile Duport, qui n’a jamais caché son engagement pro-life, c’est-à-dire anti-avortement. En proposant de créer un délit d’entrave numérique pour interdire ce site, c’est le retour au délit d’opinion typique des dictatures qu’elle propose.

La folie de l’entrave numérique

Que propose au juste Laurence Rossignol? Ses propos sont clairs:

Laurence Rossignol estime que « certains sites donnent des fausses informations » aux jeunes filles pour les tromper, les dissuader de l’IGV. Et« pratiquent la duplicité », comme le site « AfterBaiz ». « De mon point de vue, c’est un délit d’entrave numérique. Je ferai une annonce le 28 septembre, à l’occasion de la Journée internationale de défense des droits à l’IGV, pour faire reculer ces sites manipulateurs. »

Y aura-t-il une nouvelle loi ? Des nouvelles sanctions en tout cas, répond la ministre : deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. « Je proposerai avant la fin de la législature des mesures pour faire cesser ces sites qui trompent les femmes. »

On relèvera la profondeur de l’argumentaire: ces sites sont manipulateurs, donc il faut les pénaliser et prévoir deux ans de prison contre leurs auteurs.

On en reste confondu, dans la mesure où la ministre propose tout simplement de pénaliser l’expression, au nom de « l’entrave numérique », de tous ceux qui combattent l’avortement.

Le pro-life et le délit d’opinion

Personnellement, je ne partage pas le combat anti-IVG, mais je ne crois pas non plus que l’avortement constitue un motif de fierté ni une marque du progrès humain. En revanche, j’ai froid dans le dos lorsqu’une ministre de la République propose d’envoyer en prison ceux qui expriment des opinions qui lui semblent dissidentes. J’ai froid dans le dos et je me dis, une nouvelle fois, qu’avec la loi Renseignement, nous avons su où commençait la violation officielle de toute privée par l’Etat, et nous ne savons pas où elle se terminera.

S’agissant du combat contre l’avortement, on notera d’ailleurs qu’il s’appuie sur un arsenal de textes et de débats multiples au cours du siècle dernier, sur les interprétations des différents arrêts du Conseil d’Etat qui montrent que la question est loin d’être simple. D’où vient que ceux qui contestent le droit à avorter et l’expriment sur Internet devrait désormais faire l’objet d’une peine de prison?

On est en plein délire.

Manipulation ou pastorale intelligente

En réalité, ce que vise Laurence Rossignol, c’est le danger idéologique que représente la capacité de certains mouvements catholiques conservateurs à exprimer leurs idées ou leurs convictions avec les codes d’Internet.

Car le site Afterbaiz peut être regardé d’une toute autre façon que celui de la manipulation. Il s’agit surtout d’un site qui utilise le langage des internautes pour diffuser ses idées. Ici, pas de discours lénifiant ou moralisateur, mais une série de mises en situation avec une forte empathie pour les jeunes filles concernées par la question.

Là encore, on s’interroge sur la folie qui autorise une ministre de la République à s’immiscer dans le discours religieux ou sacré. Faudra-t-il désormais solliciter le bureau des Cultes, au ministère de l’Intérieur, pour savoir si oui ou non un Chrétien a le droit de parler de sa foi et de ses actes sur Internet?

On retrouve ici la haine contre la majorité typique de l’effondrement narcissique de la gauche.

Islam et église catholique: deux poids deux mesures

Une fois de plus, on voit bien que l’Etat et ses ministres bien pensants font un deux poids deux mesures entre l’Islam et le christianisme.

Pour que l’expression musulmane fasse l’objet d’une pénalisation, il faut qu’elle se livre à l’appel au meurtre ou au terrorisme. Mais on n’entend pas Laurence Rossignol parler de duplicité et d’entrave numérique à propos des sites musulmans qui justifient le port du voile au nom de la libération de la femme, ou qui justifient la polygamie.

En revanche, que ces chrétiens expriment leur foi dans un langage décomplexé et bienveillant, voilà qui justifie une peine de prison.

En suivant Laurence Rossignol, on trouvera donc normal que des gamins fichés S et suspectés de préparer des attentats soient laissés en liberté (au nom des libertés publiques), mais que soient envoyés dans des prisons surpeuplées (au nom des mêmes libertés publiques) des fidèles catholiques hostiles à l’avortement et qui l’écrivent sur Internet.

Bien sûr…