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L’intermittence du spectacle pour les nuls

Le régime des intermittents du spectacle n’est pas seulement intéressant parce qu’il fait beaucoup parler de lui. Le tumulte que sa réforme soulève souligne aussi l’affaiblissement des principes généraux édictés en 1945 (et appliqués à l’assurance-chômage en 1958) sur la contributivité de la sécurité sociale. Lire la suite

Intermittents du spectacle: 7 propositions pour réformer

Visiblement, les intermittents du spectacle ont décidé de batailler jusqu’au bout. Voici quelques propositions pour en sortir, fondée sur une idée simple: ce qui relève de l’indemnisation de droit commun doit rester dans la sphère de l’UNEDIC, ce qui relève de la subvention à la culture doit passer dans le champ de la solidarité, donc de l’Etat. Lire la suite

Négociation assurance-chômage: l’envers du décor

La presse a fait ses choux gras des faibles ambitions de la négociation sur l’assurance-chômage, qui n’étaient pourtant pas une surprise. On ne peut pas à la fois réclamer une baisse de cotisations sociales pour les entreprises et un durcissement des conditions faites aux salariés réputés toujours trop chers. C’est une question d’équilibre et de prise de responsabilité. Au comptoir des bistrots, il y a même un dicton argotique: « on ne peut pas gagner au tirage et au grattage », qui souligne bien les limites de l’exercice.

L’intérêt de la négociation qui a été menée se situe sans doute ailleurs, dans les coulisses qui n’apparaissent pas au public et qui en disent pourtant très long sur les tensions qui traversent l’économie française.

La presse s’est déjà fait l’écho des tensions au sein du MEDEF lui-même. Pierre Gattaz aurait découvert avec stupéfaction, juste avant de donner son feu vert à la clôture de la négociation, que le texte négocié par ses propres troupes se préoccupait au fond assez peu de l’équilibre du régime. Il aurait exigé un milliard d’économies là où le texte n’en affichait pas 500 millions. Ce rebondissement de dernière minute a évidemment retardé le conclusion de l’exercice.

Dans la pratique, c’est Jean-François Pilliard, délégué général de l’UIMM, qui a tenu la barre et a convaincu le président du MEDEF (ancien adhérent de l’UIMM…) de donner son consentement à un texte assez éloigné des ambitions portées par les « libéraux » du MEDEF. Cet épisode a révélé au grand jour le fossé qui sépare ces libéraux, favorables à une remise en cause du paritarisme, et les colbertistes de l’industrie, grand défenseur d’un système qu’ils ont façonné pendant plusieurs décennies.

Mais des tensions ont également agité les organisations syndicales. Celles-ci ont en effet assez peu apprécié de débarquer dans un processus de négociation que le MEDEF avait déjà bouclé avec la CFDT et FO en petit comité, en dehors des séances officielles. Du côté de la CGC, qui a pourtant joué loyalement le jeu du gouvernement depuis 2012, le ressentiment s’est assez vite fait sentir: alors que FO n’a pas signé l’ANI du 11 janvier 2013, Stéphane Lardy, son négociateur habituel, s’est quand même trouvé aux premières loges pour discuter d’un texte dont les principales victimes sont les cadres.

Durant la négociation elle-même, il semblerait que la CFTC ait fait les frais de cette hégémonie CFDT et FO. Il se murmure même que la délégation CFDT n’a pas hésité à expliquer par quelques SMS bien sentis quelle posture la CFTC devait prendre. Une situation comique qui aurait beaucoup diverti Eric Aubin, négociateur de la CGT, dont plus personne n’attendait une signature.

Cette technique de négociation très éloignée de la philosophie de la délibération, et qui consiste à passer en force par l’opacité et la non-coopération loyale, a un coût. Elle se traduit par le refus de la CGC de souscrire au pacte de responsabilité. Celui-ci ne peut plus compter que sur l’appui de la CFDT et de la CFTC, petit syndicat fantoche qui paie chèrement le maintien artificiel de sa représentativité nationale.

Décidément, la démocratie sociale n’est pas mieux portante que la démocratie politique.