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Attentats de Bruxelles: qui s’en est félicité?

Une polémique sur les attentats de Bruxelles fait rage en Belgique, totalement occultée par la presse française: des membres de la communauté musulmane ont-ils dansé de joie en apprenant la tragédie? Le débat en dit long sur les malentendus que la radicalisation salafiste instille dans les opinions publiques européennes.

La presse française occulte le sujet

Impossible de trouver dans la presse française la moindre allusion à la polémique qui fait rage, et qui oblige pourtant le Premier Ministre belge, le grotesque Charles Michel, à prendre position. Les médias subventionnés ont préféré dégouliner de bons sentiments en couvrant la « marche contre la haine » à laquelle n’ont participé que 7.000 personnes, soit un échec patent. C’est tout juste si, dans la reprise de la dépêche AFP, la question est évoquée.

Une fois de plus, le traitement de l’information est soumis aux tabous ambiants et bisounoursiens selon lesquels le terrorisme n’a rien à voir avec l’Islam et ne s’appuie pas sur une radicalisation rampante dans les communautés existant sur le sol européen. Ce déni manifeste ne manque pas de faire sourire si l’on songe que l’écrasante majorité des terroristes qui ont organisé les attentats qui frappent la France et la Belgique depuis plus d’un an sont nés en Belgique et en France.

Les déclarations du ministre belge de l’Intérieur

Tout est parti des déclarations du ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, le bien-nommé, au demeurant membre du parti flamingant NVA (qui constitue une sorte de paradigme du Front National), au journal belge De Standaard. L’intéressé a notamment dénoncé le fait que, dans les quartiers à forte immigration, certains avaient dansé en apprenant que des attentats avaient eu lieu.

Le ministre belge y voit le signe d’un échec des politiques d’intégration en Belgique.

Voici ce qu’il a déclaré:

« une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l’occasion des attentats » (…)

« ils ont jeté des pierres et des bouteilles en direction de la police et de la presse au moment de l’arrestation de Salah Abdeslam (le seul survivant des commandos jihadistes du 13 novembre à Paris, interpellé le 18 mars dans sa commune bruxelloise de Molenbeek, ndlr). C’est ça le vrai problème ».

« Les terroristes, on peut les arrêter, les écarter de la société. Mais ils ne sont qu’une pustule. En dessous se trouve un cancer beaucoup plus difficile à traiter. Nous pouvons le faire, mais pas du jour au lendemain »

La grande erreur des Abdeslam et compagnie consiste sans doute à avoir frappé un pays (la Belgique) et une ville (Bruxelles) où un mouvement nationaliste est au pouvoir, avec une tradition politique peu encline à l’amabilité.

Le Premier Ministre confirme l’information

Face à la polémique suscitée par ces propos, le Premier Ministre belge, le libéral francophone Charles Michel, a dû intervenir. Il a, visiblement embarrassé, confirmé la situation:

« Je confirme qu’il y a eu des expressions de soutien aux auteurs des attentats », a affirmé M. Michel, interrogé dimanche soir par Belga sur cette controverse. « Le Conseil (national) de sécurité en a d’ailleurs été informé », a-t-il ajouté, sans identifier ces soutiens.

« Il s’agissait d’actes provenant de personnes minoritaires, et il ne convient pas de faire des généralisations », selon M. Michel.

« ce sont de faits interpellants, qu’il ne faut pas nier par une forme d’angélisme », a estimé le Premier ministre.

Manifestement, l’effet des attentats du 22 mars commence à peine en Belgique.

 

 

Attentats de Bruxelles: la bien-pensance mode Cavada

J’ai participé à l’émission Ça vous regarde consacrée aux attentats de Bruxelles, notamment en compagnie de Jean-Marie Cavada, député européen centriste, perdu depuis lors sur une liste dissidente de Nous Citoyens. Voici le débat qui a eu lieu:

Je me devais bien évidemment de relever l’accusation insupportable de « grand méchant » que Cavada m’a adressée pour mon manque d’europhilie béate. Je pousserai donc la méchanceté jusqu’au bout en confiant mon admiration pour l’avant-gardisme de Cavada: dans son genre, il constitue une sorte de point le plus abouti de la pensée par mot-clé, et il préfigure probablement ce à quoi nous nous exposons à l’avenir à cause de l’algorithme de Google qui réduit toute pensée à un empilement de termes-marqueurs.

Cavada, en effet, pense par mot-clé. Il suffit qu’il entende l’un d’eux prononcé pour s’enfoncer immédiatement dans l’alcôve doxique qui se cache derrière la porte soudain ouverte.

Les attentats de Bruxelles et la pensée par mot-clé

Par exemple, l’expression-clé « terrorisme en Europe » et attentats de Bruxelles appelle forcément le déroulé minutieux de la petite fiche « il faut une riposte européenne ». Fort d’excellents conseillers qui lui préparent ses éléments de langage, il peut alors réciter les trois ou quatre « bullet-points » qu’il connaît sur le sujet. Cet art de la récitation explique qu’au terme d’un débat où il mobilise tous ses souvenirs, le pluriel de « bullet-points » soit, en anglais, « bullet-shit ». On ressort avec le sentiment que la pensée du député centriste est une sorte de longue énonciation de platitudes qui veulent dire tout et son contraire.

Autre exemple: prononcer le mot « Europe » devant Cavada, et c’est la petite fiche « l’Europe, projet de civilisation » qui sort du four à micro-ondes. C’est bien connu, la construction communautaire visait à garantir la paix en Europe et la fin de la barbarie, et c’est ce projet de civilisation qui explique que tous les gens intelligents et dignes d’entrer dans les salons parisiens soient europhiles. N’essayez pas de rappeler à Cavada que, jusqu’en 1989, tout le monde savait que la paix en Europe ne tenait pas à la Communauté Européenne, mais à la dissuasion nucléaire liée à l’existence du bloc soviétique. N’essayez pas de constater qu’à la chute du Mur, une guerre a éclaté sur le continent européen (en l’espèce dans les Balkans). La particularité des petites fiches de Cavada est qu’elles se terminent toutes par une phrase simple: « bien entendu le contraire de ce qui est écrit sur cette fiche peut se défendre ».

Troisième exemple: prononcer le mot « réfugié », et vous enfoncez la porte du « l’Europe qui a mis des millions de réfugiés sur les routes en 1945 peut bien recevoir ceux des autres ». N’essayez pas de lui dire: l’Europe n’a jamais envoyé ses réfugiés sur d’autres continents que l’Europe, sauf quelques Juifs survivants des camps qui ont été accueillis à coups de fusils et de chars d’assaut par les Syriens. Il vous explique que, forcément, vous êtes un révisionniste, un blasphémateur, pire, un provocateur probablement faux nez du Front National.

Je ne puis cacher mon admiration pour ce mode d’argumentation, qui n’accorde aucune importance au sens, et qui ne fonctionne que par étiquette de la Cour. Est vrai et défendable non ce qui est rationnel, mais seulement ce qui est dit et répété dans les dîners du Siècle, ou dans les planches de la loge élitiste où il est bon d’être initié.

Les amateurs de Flaubert se souviennent que ce mode de raisonnement est celui du pharmacien Homais dans Madame Bovary. Et c’est la très grande force, que dis-je? le génie, de l’élite parisienne, que d’avoir choisi le pharmacien Homais comme modèle de pensée. L’exaltation de la médiocrité et de la paresse intellectuelle n’est pas donnée à tout le monde.

La puissance immortelle de la Cinquième République et de l’Union Européenne tient à sa capacité à faire de cette exaltation le principe fondamental de sa gouvernance.

Attentats de Bruxelles: encore la piste turco-saoudienne

MIS à Jour à 15h20

Pour les attentats de Bruxelles comme pour ceux de Paris, la proximité entre les suspects et la Turquie apparaît à nouveau comme un élément clé du dossier. Au-delà de la Turquie, ce sont les liens avec le wahabisme saoudien qui se profilent.

La piste qui remonte à la Turquie

Les journaux belges ont abondamment diffusé la photo de trois hommes poussant des chariots à l’aéroport de Zaventem quelques minutes avant l’attentat. L’un d’entre eux, l’un des frères El-Bakraoui, qui avaient loué la planque d’Abdeslam à Forest, serait mort dans l’explosion. Le troisième est supposé être un certain Najim Laachraoui, alias Soufiane Kayal contrôlé début septembre à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd, Algérien de 35 ans abattu par la police à Forest.

Le rôle de ce Laachraoui commence à se dessiner. Dans l’affaire des attentats de Paris, il avait loué une maison près de Namur, à Auvelais, pour fabriquer des explosifs. Puis il avait été vraisemblablement en contact par téléphone depuis Bruxelles, comme Belkaïd, avec les équipes sur place à Paris.

Mais est-il pour autant le cerveau de l’opération?

Des témoins oculaires ont signalé la présence d’un véhicule suspect, une Audi S4 noire, à Zaventem le matin de l’attentat. Il se trouve que cette voiture appartient à un jeune Turc de 22 ans habitant près de la frontière belgo-hollandaise, identifié par les services de renseignement belges pour avoir fait, en 2015 un voyage en Arabie Saoudite aux motivations peu claires. Il aurait effectué ce voyage avec plusieurs jeunes belges de la communauté musulmane.

Au passage, le lendemain de la « neutralisation » d’Abaaoud à Saint-Denis, des habitants du même coin belgo-hollandais étaient venus en convoi « nettoyer » le domicile de la mère de Hasna, bienfaitrice d’Abaaoud en fuite, tuée en même temps que lui.

On y vient, donc… Une fois de plus, les enquêtes sur les attentats montrent l’intense activité entre les organisateurs installés en Belgique et les exécuteurs des basses oeuvres qui sont si souvent passés par la Turquie pour rejoindre l’Etat Islamique ou pour en revenir. Et il est depuis longtemps établi que le travail des passeurs en Turquie se fait au vu et au su de la police locale, qui en tire des revenus réguliers. Il faudrait ajouter par ailleurs les liens privilégiés que les Turcs émigrés conservent avec leur pays d’origine.

Qui plus est, l’enquête montre cette fois que les services de renseignement s’intéressent aux allées et venues entre l’Europe et l’Arabie Saoudite. On rappellera ici le rôle particulier que ce pays joue dans la déstabilisation de la Syrie.

L’étau se resserre!

Des ramifications dans les Balkans?

Dans la foulée des attentats à Bruxelles, la police bavaroise a arrêté une voiture immatriculée en Belgique, qui transportait trois Kosovars porteurs de 10.000 euros en liquide. Selon eux, cet argent devait servir à acheter une voiture quelque part dans les Balkans.

Cette arrestation a eu lieu à la suite d’une dénonciation anonyme accusant ces trois individus de préparer un attentat. Rien ne dit que les deux affaires soient liées. Il n’en demeure pas moins que, tout à coup, les routes d’Europe se trouvent parcourues par une multitude de suspects qui empruntent toujours la route du Danube pour revenir à la frontière turque….

Valls reconnaît l’existence d’un réseau

Au passage, Manuel Valls a officiellement mis fin à la théorie des loups solitaires ou des petits voyous embrigadés pour expliquer les attentats de Paris. 30 personnes au moins sont impliquées dans l’organisation de ces opérations, dont onze sont mortes, et douze sont sous les verrous.

Un tiers des coupables court donc encore dans les rues…

Les lecteurs de ce blog savent que, depuis novembre 2015, j’ai beaucoup insisté sur l’impossibilité de la version officielle qui limitait l’organisation de l’attentat à 8 personnes. En réalité, des réseaux structurés, importants, dotés de moyens étrangers, sont à l’oeuvre pour déstabiliser nos démocraties.