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La Belgique a déjà gagné le match contre l’Italie

Je regarderai ce soir avec émotion le match Belgique-Italie, même si le football professionnel m’ennuie, avec ses tactiques sportives frileuses et ses enjeux commerciaux délirants. Et je ne pouvais évidemment pas résister à la tentation d’en susurrer quelques secrets.

Belgique-Italie: le meilleur de mon enfance

Combien de Belgique-Italie ai-je joués dans mon enfance? Dans la cour de récréation, c’était un match quotidien. L’école primaire Justin Bloom où j’étais scolarisé, sur les hauteurs de Liège, près de la Citadelle où en 1468, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire avait installé son campement pour écraser la Ville, où la Gestapo torturait les résistants, se transformait chaque matin et après chaque déjeuner en mini Euro. Les Belges « de souche » se rassemblaient spontanément dans une équipe qui affrontaient « les autres »: majoritairement italiens, mais où les Marocains et quelques Espagnols, avaient le droit de figurer.

À cette époque, l’immigration à Liège était essentiellement italienne et marginalement marocaine. Elle représentait une part importante de la population. Les Turcs n’existaient pas encore dans le paysage. Et personne ne voyait d’inconvénient au cri rituel du « Allez, Italie-Belgique », de rallier l’équipe dont il était originaire. L’identité de chacun était claire, et l’unicité des règles morales aussi. Chacun savait qui il était, et le chemin qu’il avait à parcourir pour se fondre dans le modèle dominant.

Chaque jour, l’Italie mettait une raclée à la Belgique, mais c’était comme ça, nous connaissions notre pays et nous ne pouvions pas le choisir. On pouvait seulement choisir de mieux lire et de mieux écrire, ou de mieux compter, et nous devions nous contenter de perdre avec nos couleurs plutôt que de gagner en les trahissant.

L’intégration des Italiens en Belgique, un modèle pour la France?

Si l’Italie mettait si souvent une raclée à la Belgique, il y avait une raison première: les Italiens comptaient un grand nombre de redoublants, et aussi des enfants des rues en plus grand nombre que les autochtones. Ils passaient beaucoup plus de temps que nous à s’entraîner, et étaient de corpulence plus forte vu leur âge.

L’appartenance identitaire était à l’époque plus globale qu’aujourd’hui. Il y avait une « bande des Italiens » qui jouaient ensemble après l’école, une « cabane des Italiens » dans le terril que nous nous partagions, et une série de manifestations ou de regroupements culturels dont nous étions exclus.

Structurellement, les Belges n’avaient pas tous vécu ces arrivées avec un large sourire. Je me souviens d’un voisin ardennais qui, jusque dans les années 2000, appelait les Italiens les « Macaroni », alors qu’il me disait grand bien des Tziganes (« ils sont gentils ceux-là »). Soyons honnêtes, dans l’esprit des Liégeois, les Macaroni avaient remplacé les « Flaminds » (auxquels j’appartenais en partie), à cette différence près que les Flaminds étaient réputés idiots et soumis, alors que les Italiens étaient forcément tous des voleurs et des menteurs.

Pourtant, malgré l’impressionnante durée de vie de ces préjugés, la Belgique a réussi l’intégration des Italiens, alors qu’elle autant raté que la France l’intégration des Maghrébins. Sur ce point, les Belges ont appliqué aux premiers une recette simple dont ils ont exonéré les seconds, avec les résultats que l’on connaît. Avec les Italiens, les Belges ont assumé leur racisme et leurs peurs, n’ont pas relâché leurs exigences identitaires, mais ont en revanche accepté des principes de reconnaissance réciproque. Les Italiens avaient leurs églises, leurs messes en italien, leurs équipes de football s’ils le voulaient. Ils étaient différents et reconnu comme tels.

Soixante ans après leur arrivée massive, leur intégration est quasi-complète. Et la question est de savoir aujourd’hui si l’antiracisme n’est pas le pire retardateur du phénomène.

Histoire d’une intégration dans la souffrance

À ces souvenirs personnels, beaucoup répondront que l’intégration des Italiens est plus simple que l’intégration des Maghrébins, parce que ceux-ci sont porteurs d’une religion différente.

Je veux bien entendre que l’Islam pose un problème spécifique pour l’intégration dans la mesure où elle peut être porteuse d’un projet politique que l’on qualifiera ici de subversif. Mais il me semble important de dissiper le malentendu sur les souffrances que l’intégration des Italiens en Belgique a pu susciter.

On ne citera pas forcément ici les nombreux morts du Bois du Cazier. En revanche, les conditions de l’accord italo-belge de 1946 réduisaient les 50.000 Italiens acheminés dans les mines de charbon à une situation de quasi-esclavage dont l’horreur n’avait rien de comparable avec les conditions confortables de l’immigration économique africaine en France dans les années 70. Durablement, les Italiens ont été traités comme des sous-hommes par les Belges, et la stigmatisation qu’ils ont subies fut infiniment plus violente que le traitement infligé aux minorités musulmanes aujourd’hui.

Dans mon école primaire et dans ma rue (nous étions presque voisins), je côtoyais par exemple Pepe Rosato, qui devint par la suite l’un des principaux bandits de Belgique, condamné à 24 ans de prison pour trois assassinats. C’était une sorte de Coulibaly italien: la gâchette facile, porteur d’une souffrance « historique » bien plus grande, mais capable d’assumer ses pulsions comme celles d’un bandit, et pas d’un justicier politique.

Il y a bien eu des ratés et des souffrances dans cette intégration-là, mais ni les Belges ni les Italiens n’ont jamais douté de leur sens et n’ont jamais cherché à introduire une subversion politique dans le phénomène. La clé était bien là.

Pourquoi la Belgique a par avance gagné le match

Bien sûr, il y aura le match de ce soir – je veux dire la rencontre footballistique. Et il y aura, au-delà, le match que tous les jours nous avons joué dans notre enfance, celui qui se joue encore tous les jours, cette rencontre nostalgique de deux mondes qui se regardaient en chien de faïence et qui ont appris à composer.

C’est la plus grande (et même la seule) victoire que la Belgique, dans sa ridiculement petite histoire, peut être fière d’avoir remportée: celle d’une intégration réussie, fondée sur la préservation de son identité, de ses valeurs, et, au-delà des souffrances, du racisme, du mépris, d’avoir choisi un jour un Premier Ministre au nom italien, dont le père, venu dans le cadre des accords italo-belges, est mort un an après la naissance de son septième enfant.

La plus grande victoire d’un peuple n’est pas d’accepter l’autre en s’oubliant, mais de préserver son identité en la sublimant à travers l’histoire.

La Belgique victime d’un complot maçonnique?

La vie politique, en Belgique, est décidément pleine de surprise. Le président du parti catholique flamand vient d’accuser les loges maçonniques de manoeuvrer pour transformer la Belgique en Etat laïque, après les attentats du 22 mars!

Les catholiques flamands ou le monde à l’envers

C’est décidément le monde à l’envers. On sait que le terrorisme belge s’est nourri du communautarisme organisé par Philippe Moureaux, le bourgmestre socialiste de Molenbeek. Tout prêterait donc à croire que les forces catholiques du pays se mobilisent pour contrer le salafisme en Belgique. Rappelons ici que la Belgique, Etat inventé de toute pièce (Etat synthétique en quelque sorte) par les Prussiens et les Anglais pour affaiblir la France (et qui a démontré le 13 novembre dernier toute son efficacité dans cette mission), n’est non seulement pas un Etat laïque, mais s’offre même le luxe de subventionner les cultes.

Dans un retournement de situation tout à fait curieux, ce sont les socialistes (francophones) et les libéraux (toutes communautés confondues) qui réclament la reconnaissance de la laïcité comme principe constitutionnel. Les catholiques flamands s’y opposent, et les Flamingants de la NVA souhaitent une voie médiane.

Un complot maçonnique en Belgique?

Le président du parti catholique flamand, Wouter Beke, n’a donc pas hésité à soutenir, dans une interview au magazine Knack, à propos des aspirations à la laïcité:

Dat lijkt mij duidelijk: wij worden geconfronteerd met een logeagenda.

(Ce me semble clair: nous sommes face à un agenda des loges maçonniques)

Voilà qui n’y va pas de main-morte, et laisse transparaître une véritable dégradation du climat politique belge après les attentats de mars. Dans le même temps, en effet, la NV-A, pourtant héritière du catholicisme nationaliste flamand tel qu’il s’exprime au sinistre mémorial de Dixmude, a reproché à l’enseignement catholique belge de favoriser le communautarisme musulman.

Au passage, les Belges se demandent s’ils doivent ou non indiquer dans leur Constitution que l’appartenance religieuse ne peut placer personne au-dessus des lois. Un débat anachronique, à la limite de l’absurde, qui interroge sur le destin occidental.

Belgique: 90% des lycéens musulmans approuvent-ils les attentats?

Le tabou règne en France sur la question, mais les informations les plus sombres proviennent de Belgique sur la réaction face aux attentats au sein de la communauté musulmane. Après les propos du bien nommé Ministre de l’Intérieur Jambon sur le soutien dont les terroristes ont pu bénéficier à Molenbeek, ce sont les confidences d’un responsable socialiste bruxellois qui sèment le trouble.

Un responsable socialiste donnent des chiffres

Yves Goldstein, élu socialiste de Schaerbeek et chef de cabinet du ministre-président de la région bruxellois, est intervenu dans une table ronde à laquelle assistait un journaliste du New York Times, qui en a tiré un papier. Pas de chance, les propos retenus relancent la polémique:

“Our cities are facing a huge problem, maybe the largest since World War II,” Mr. Goldstein said . “How is it that people who were born here in Brussels, in Paris, can call heroes the people who commit violence and terror? That is the real question we’re facing.”

Friends who teach the equivalent of high school seniors in the predominantly Muslim districts of Molenbeek and Schaerbeek told him that “90 percent of their students, 17, 18 years old, called them heroes,” he said.

(« Nos villes font face à un énorme problème, peut-être le plus important depuis la Seconde Guerre Mondiale », a dit M. Goldstein. « Comment se fait-il que des gens qui sont nés ici à Bruxelles, à Paris, peuvent considérer comme des héros des gens qui se livrent à la violence et à la terreur? C’est la vraie question que nous devons traiter.

Des amis qui enseignent l’équivalent du lycée dans les communes majoritairement musulmanes de Molenbeek et de Schaerbeek m’ont dit que « 90% de leurs élèves de 17 ou 18 ans les avaient appelés des héros », a-t-il dit. »)

Il n’en fallait pas plus pour susciter une nouvelle levée de déni sur la réalité.

Le PS bruxellois est-il antisémite?

Inclination en faveur de la communauté musulmane, mais aussi antisémitisme rampant au sein du même parti? C’est la question que pose Merry Hermanus, responsable socialiste bruxellois, dont je reprends ici partiellement l’un des billets.

Il y a quatre ans, la composante culturelle de la section PS de Molenbeek avait organisé une conférence, l’annonce de celle-ci était faite par affiche.  Cette affiche était l’exacte copie des caricatures nazies du Juif !  Digne de l’exposition qui pendant la guerre a été organisée à Paris et à Bruxelles sur le thème « sachez reconnaître un Juif ».  Sur l’affiche, un Juif, nez crochu, mains pourvues d’ongles démesurément longs et crochus, longue barbe, tresses traditionnelles et kippa, tenant un globe terrestre entre ses mains ignobles.  Oui !  Oui ! Il a été possible de produire et de diffuser une telle affiche dans l’organe culturel du PS de Molenbeek !  Effroyable !  Mais c’est l’horrible, l’ignoble vérité !  Ne croyez vous pas que cela explique certains des derniers événements !
Ah ! j’oubliais… pas d’amalgame !

Décidément, il y a de l’ambiance à Bruxelles.

Et chez nous?

La Belgique indépendante, une menace pour notre sécurité nationale?

La Belgique peut-elle rester indépendante après les attentats du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles? Face aux raisons politiques structurelles (à la fois en Belgique et en France) qui expliquent la prospérité du terrorisme islamiste, c’est l’Europe de 1815 dont il faut faire, à nouveau, le procès. L’existence de deux entités politiques distinctes (la France et la Belgique) sur un territoire naturellement unique favorise l’émergence de menaces importantes contre notre sécurité. Le mouvement Génération Identitaire, qui appelait à manifester ce week-end à Molenbeek, ne s’y est pas trompé.

La Belgique, maillon faible naturel

En Belgique, comme en France d’ailleurs, l’émergence de réseaux terroristes puissants est présentée comme une sorte de fatalité. C’est la faute à personne, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dès qu’il s’agit de passer au crible les défaillances de l’Etat. Il suffit d’entendre les innombrables « Circulez, y a rien à voir » prononcés par Cazeneuve depuis les attentats contre Charlie Hebdo pour comprendre la résistance des appareils d’Etat à toute démarche d’amélioration de leurs performances.

Il existe pourtant une autre vision de la réalité: celles d’organisations ou de désorganisations étatiques responsables de cet état de fait et tout à fait prévisibles au regard des découpages de frontières décidés en 1815 (les seuls, les vrais, pas les accidents de 1945 ou de 1991). La Traité de Vienne portait consciemment en germe les faillites auxquelles nous assistons, puisqu’il visait ouvertement à l’affaiblissement de la France par la création d’une Belgique artificielle.

L’exemple de Molenbeek

Comme de nombreux médias se plaisent à le répéter en boucle, l’ensemble des attentats d’origine européenne fomentés depuis la mort du commandant Massoud a maille à partir avec Molenbeek. On peut même parler, à partir de 2001, d’un remplacement de la cellule de Hambourg, qui organise l’attentat du 11 septembre, par les réseaux de Molenbeek.

Ce qui pose question n’est pas la présence de réseaux à Molenbeek, mais leur extraordinaire prospérité à l’abri des regards. Tout se passe comme si la police belge ne s’occupait jamais de cette commune livrée à l’Arabie Saoudite par son ancien bourgmestre, Philippe Moureaux, qui a réussi l’exploit de louer un logement social à la famille Abdeslam et de recruter Mohamed Abdeslam comme fonctionnaire municipal.

Malgré ces bienfaits, l’échevin (adjoint au maire) islamologue Sarah Turine, que tous les médias français subventionnés s’arrachent, était capable d’écrire le 25 novembre 2015, soit 12 jours après les attentats de Paris, sur le site de son groupe politique:

Le départ de jeunes via les filières djihadistes vers la Syrie et l’Irak est un phénomène récent, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg d’un malaise plus profond que nous avons décidé de prendre à bras le corps via un plan de prévention à trois niveaux : de la mise sur pied d’une cellule psycho-sociale pouvant accompagner les familles concernées jusqu’à des actions de prévention générale permettant de stériliser le terreau dans lequel les recruteurs vont puiser : exclusion sociale, discriminations, questionnements identitaires et spirituels, théories du complot et méfiance vis-à-vis des institutions… autant d’enjeux sur lesquels nous travaillons par le renforcement du travail sociale de rue, le travail communautaire et la valorisation des jeunes par la mise en place de projets (comme le conseil des jeunes, le projet Bknt Rap project, la pièce du théâtre « Le pôle jeunesse »…)

Ce discours sur l’exclusion sociale qui expliquerait la radicalisation est hallucinant. Qu’il s’agisse des frères Abdeslam, dont on a vu qu’ils ont bénéficié de nombreuses attentions de la part des autorités locales, ou d’Abaaoud, qui fut inscrit un temps dans un lycée chic de l’encore plus chic commune d’Uccle, tout montre que les jeunes qui passent à l’acte terroriste ne souffrent nullement d’exclusion, ni de discrimination.

Ce qui nous interroge ici, c’est le profond hiatus entre le discours culpabilisant de nos institutions (ils sont terroristes à cause de nous) et la réalité beaucoup plus simple – celle d’un affaiblissement général de nos Etats face aux menaces qui les entourent et dont profitent les ennemis de tous poils de la démocratie. Comment pouvons-nous, au nom de notre prétendue culpabilité générale, accepter que des nids de vipères se développent sur nos territoires sans bouger une oreille?

Le fédéralisme belge protège le terrorisme à Molenbeek

Dans le cas de Molenbeek, il est évident que la prospérité du terrorisme s’appuie d’abord sur les failles de l’organisation étatique et politique. La fédéralisation de la Belgique constitue, de ce point de vue, une aubaine pour les mafias en tous genres, et singulièrement pour les mafias islamistes.

Rappelons simplement que Bruxelles est divisée en six zones de police. Comment une ville de moins de 2 millions d’habitants peut-elle faire un choix aussi absurde? La cavale d’Abdeslam s’est partagée entre Forest, Molenbeek et Schaerbeek, trois communes séparées chacune de moins de 5 kilomètres, mais situées dans trois zones de police différentes.

Selon la presse belge, la police de Malines, ville située à 20 kilomètres de Bruxelles, était informée de la planque d’Abdeslam, mais n’a pas transmis l’information à la police bruxelloise. Il est vrai que Malines se situe en région flamande, et que Bruxelles forme une région à part.

Comme l’a souligné l’International Center for Counter-Terrorism (ICCT), le fédéralisme belge empêche l’émergence d’une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme.

Le fédéralisme belge en germe depuis 1815

Que la Belgique soit devenue le pastiche d’un Etat à force de coups de boutoir donnés dans son unité par le nationalisme flamand est une donnée contenue dans le Traité de Vienne lui-même.

Là encore, lorsque l’Angleterre et la Prusse décident la création d’un Etat commun entre les Pays-Bas et la Belgique, regroupement burlesque de la Wallonie et de la Flandre (qui n’avaient jamais coexisté dans une même entité politique), ils savent qu’ils créent un succédané d’Etat dont le seul objectif est de retarder une nouvelle aventure militaire française si elle devait avoir lieu. Elle leur donne aussi l’avantage en cas de coup de force contre la France.

La suite des événements a montré toute l’intelligence de cette manoeuvre. Non seulement la Belgique, qui se sépare de la Hollande en 1830, a servi de champ de bataille privilégié à l’Allemagne à au moins deux reprises, mais elle sert régulièrement de base arrière à tous ceux qui ont un compte à régler avec la France. Sous le Second Empire, elle hébergea tous les proscrits du régime. Sous la Vè République, elle héberge tous les exilés fiscaux, et elle protège les agissements des musulmans qui se pensent comme victimes de notre méchant colonialisme.

Pour être sûrs d’affaiblir la Belgique, un peu trop résistante en 1914 aux yeux des Prussiens, ceux-ci ont mis le paquet pour faire croire aux Flamands qu’ils appartenaient à la race aryenne et qu’ils devaient s’émanciper de l’ordre français. La haine des nationalistes flamands pour la France, artificiellement nourrie par l’occupant allemand en 1914, puis en 1940, explique que la police de Malines n’ait pas transmis les informations sur Abdeslam à la police bruxelloise: on ne va quand même faire de l’excès de zèle pour aider ces maudits Français à trouver les coupables.

Le terrorisme en France s’appuie sur la géopolitique européenne

Contrairement aux apparences, donc, le terrorisme n’est pas étranger à l’ordre politique européen. Il s’appuie directement sur ses faiblesses, dont la principale constitue la création de l’inutile et grotesque Belgique en 1815.

Avec un effort d’extrapolation, il faut se demander comment les Etats-Unis auraient réagi si un attentat comme celui du 13 novembre avait eu lieu sur leur territoire, avec un pays voisin totalement inefficace et incompétent comme base arrière. Les réactions américaines après les attentats du 11 septembre donnent une réponse: en 48 heures, l’armée américaine aurait pris le contrôle de ce petit voisin paresseux pour garantir sa sécurité nationale.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir pourquoi nous n’en faisons pas autant. Nous pourrons mener toutes les réformes du monde dans nos services de renseignement, nous pourrons nous doter de toutes les lois sécuritaires et liberticides imaginables, nous ne serons pas en sécurité tant que la Belgique sera indépendante.

N’oublions jamais, ici, que le ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, est un flamingant qui nourrit une haine profonde pour la France. Il faut que la France soit tombée bien bas pour tolérer ce loup dans sa bergerie.

Journal de guerre: quand finira la blague belge?

La blague belge devient de plus en plus de mauvais goût. Ces dernières semaines ont montré combien la Belgique était une naufragée politique en Europe: police défaillante, roi défaillant, classe politique défaillante. Combien de temps la France pourra-t-elle coexister au côté de cet Etat fantoche qui menace directement sa sécurité?

Philippe, digne héritier de Léopold III

Les Français ignorent trop souvent que la famille royale belge est d’origine et de langue allemande. Les Saxe-Cobourg-Gotha, dont l’une des descendantes s’appelle Elisabeth II d’Angleterre (photographiée à Londres dans les années trente en train de faire le salut nazi) , ont aujourd’hui répandu leur poison sur un grand nombre d’Etats souverains en Europe, dont la Belgique et le Luxembourg.

 

Le traître Léopold III et ses enfants
Le traître Léopold III et ses enfants

Les Français ignorent que, en 1940, le roi des Belges, l’Allemand Léopold III, a scandaleusement capitulé dans le dos des Français (en ayant probablement prévenu les seuls Anglais dont il se sentait familialement proche), avant de renoncer à combattre en Angleterre. Il a préféré prendre du bon temps avec sa bonne, Liliane Baels, la nounou de ses enfants, qu’il épousa en pleine occupation.

Philippe Ier a bien suivi l’exemple: comme le révèle le Canard Enchaîné, le roi Philippe enfilait les tisanes et les verveines dans un hôtel de luxe en Bretagne pendant que Bruxelles passait, pendant 4 jours, en état d’urgence maximale. Pour un peu, il se faisait conduire en Bavière et demandait l’asile politique à Angela Merkel.

Charles Michel, le benêt de la Grand Place

Longtemps, Albert II avait repoussé le moment d’abdiquer parce qu’il connaissait les limites de son fils Philippe. Les Belges ne sont décidément pas gâtés: ils ont hérité un autre fils – leur Premier Ministre Charles Michel, fils de Louis, connu en son temps comme commissaire européen souvent invité sur les chaînes françaises tant sa gouaille et son bon sens paysan divertissaient les Français.

Charles et Louis Michel
Charles et Louis Michel

Dans la catégorie « benêts », Charles le dispute étroitement avec Philippe. On a pu le voir à l’occasion de l’état d’urgence à Bruxelles: Charles a pu plonger la capitale européenne dans le noir, le silence et le sommeil pendant 4 jours sans aucun bénéfice policier. Selon lui, les rues de Bruxelles étaient parcourues par de dangereux terroristes prêts à agir en bande. Malgré de nombreuses perquisitions et des rues occupées uniquement par des policiers et des militaires, pas une seule arme trouvée, pas un seul terroriste arrêté.

La faillite de la classe politique belge

Avec une certaine transparence, les langues se sont quand même déliées en Belgique à cette occasion. La gestion de Philippe Moureaux, bourgmestre de Molenbeek pendant 20 ans, a suscité quelques remarques de bon aloi.

Le bonhomme Moureaux a quand même, en son temps, accordé un logement social à la famille Abdeslam, désormais de sinistre renom. Non content de ce cadeau plein de bon sens et d’anticipation, le même Moureaux a recruté un Abdeslam dans son cabinet. De quoi nourrir le ressentiment d’une famille qui peut s’estimer discriminée par les méchants racistes belges et ainsi justifier une radicalisation qu’il ne faut pas amalgamer, bien entendu.

Philippe Moureaux, ancien bourgmestre de Molenbeek
Philippe Moureaux, ancien bourgmestre de Molenbeek

Dans la foulée, on a appris que la successeuse de Moureaux, la bourgmestresse de Molenbeek, avait reçu en mai 2015 la liste des terroristes qui se sont illustrés le 13 novembre à Paris. Elle s’est empressée de la placer sous son armoire, en arguant du fait que ce n’était pas son boulot de surveiller les islamistes.

En réalité, la classe politique belge vaut bien la classe politique française: elle ne s’occupe pas de l’intérêt général, et ne se mobilise que pour ce qui sert directement à sa réélection.

La blague communautaire belge

Si l’incurie belge se limitait aux problèmes de sécurité qui mettent la France (arrogante, suffisante, incompétente, etc. selon le prêt-à-penser belgicain) en danger, on n’en parlerait même pas. Les élites françaises bêlantes n’y trouveraient pas à redire. Mais cette incurie s’étend en réalité à l’ensemble des problématiques collectives de ce grotesque voisin d’une France en plein déclin.

Ainsi, à l’occasion de la COP 21, le bouffon Charles Michel a-t-il dû reconnaître que les Flamands et les Francophones belges ne s’étaient pas mis d’accord entre eux sur leur position diplomatique en matière de réchauffement climatique et n’avaient toujours pas trouvé d’accord « belgo-belge » sur le sujet. Officiellement, le blocage vient des Flamingants de la NVA avec lesquels Charles Michel a accepté de se salir les mains. En réalité, le sujet est emblématique: les Belges sont incapables d’avoir la moindre vision d’anticipation et ne se satisfont que des « compromis à la belge », appelés en Italie « combinazioni ».

Les Flamingants manifestent à Bruxelles
Les Flamingants manifestent à Bruxelles

Cette situation a valu à la Belgique le titre de « fossile d’or ».

La blague belge et le réchauffement climatique

On reconnaîtra sur ce coup une certaine intelligence aux politiciens francophones. Si le réchauffement climatique devait durer, il provoquerait en effet la disparition, à l’horizon 2100, d’une partie de la Flandre. Le pays connaîtrait alors une nouvelle « transgression flandrienne » telle qu’elle sévissait jusqu’au 13è siècle. Les Flamingants sont suffisamment stupides pour ne pas s’en inquiéter.

La malice francophone est ici subtile: c’est en effet la communauté française de Belgique qui sortira renforcée du réchauffement de la planète.

Un emblème de la future Europe

Longtemps, les politologues ont vanté la marche de la Belgique vers le fédéralisme comme le modèle à suivre pour l’Europe. 2015 a constitué une épreuve de vérité sur ce point: le fédéralisme, c’est d’abord un immense affaiblissement régalien qui met l’ensemble du pays en situation de risque. Y compris ses voisins.

La France devrait en tirer toutes les conséquences: tout le monde (les Belges en tête) n’est pas capable d’être indépendant. Comme chacun le sait, les blagues les plus courtes sont les meilleures. La blague belge dure depuis près de deux cents ans! maintenant, elle lasse.

 

Journal de guerre: nouvelles interdites de Belgique

La Belgique est en état d’alerte, mais il est assez impressionnant de voir que la presse subventionnée en France ne relaie pas le dixième des informations qui en proviennent. Voici donc quelques compte-rendus de ce que vous n’avez pu savoir en France… à propos de ce qui se passe en Belgique.

La Belgique et Salah Abdeslam

Avec stupéfaction, je lis dans la presse belge des témoignages répétés selon lesquels Salah Abdeslam aurait été vu à Bruxelles, tout spécialement jeudi dernier, chaussée de Ninove à Anderlecht, dans la proche banlieue de la capitale européenne (soit une distance équivalente à celle qui sépare Montmartre et le Châtelet à Paris). La police belge s’est alors employée à sécuriser les lieux publics, mais n’a pas l’air très encline à retrouver l’homme le plus recherché du monde.

Au passage, les langues se délient sur la famille Abdeslam qui va bien finir, on suppose, par éveiller les soupçons de la lymphatique police belge. Alors que le frère de Salah Abdeslam, Mohammed Abdeslam, a fait l’objet d’une couverture médiatique-extrêmement complaisante où, la main sur le coeur, il jure appartenir à une famille de musulmans gentiment pratiquants qui n’a rien vu venir, quelques petits secrets sur cette famille commencent à émerger.

Pour un peu, on donnerait le bon Dieu sans confession à ce garçon qui affirme n’avoir pas eu de nouvelles de son frère depuis l’attentat, alors que celui-ci a été vu à un quart d’heure à pied de la maison familiale le jeudi suivant…

Il faut lire la presse belge pour comprendre qu’en réalité les frères Abdeslam étaient connus des services de renseignement, notamment pour avoir tenté de rejoindre la Syrie en janvier 2015… Il avait alors été intercepté par la police turque. On voit évidemment mal comment sa famille aurait pu ne pas soupçonner ses activités puisque, c’est bien connu, quand deux frères partent pour la Syrie et se font arrêter par la police turque, puis sont interrogés par les services de renseignement, la famille n’a aucune raison de se poser des questions…

La Belgique et les armes chimiques

Dans la foulée, la police belge a décidé de sortir de son coma éthylique pour entamer quelques perquisitions à Molenbeek ce samedi. On apprend à cette occasion que la police y a retrouvé des explosifs et des produits chimiques, information passées sous silence en France. Pourtant, Paris a commencé à s’équiper d’atropine pour faire face à une attaque chimique. Officiellement, tout ceci est lié à la préparation de la COP 21. Entre la fermeture du métro à Bruxelles et ces mesures à Paris, on peut quand même se poser quelques questions élémentaires.

La Belgique et les convois sur l’autoroute

Plus stupéfiant encore, la presse française a totalement occulté cette nouvelle qui scotche les esprits: le frère de la fausse kamikaze de Saint-Denis, Hassan Ait Boulahcen, cousin d’Abdelhamid Abaaoud, l’ennemi public numéro un abattu à Saint-Denis, aurait quitté la Belgique jeudi avec un convoi de véhicules comptant sept ou huit personnes.

Selon le quotidien, des témoignages, qui restent à vérifier, sont parvenus jeudi à la police évoquant le départ d’Hassan Ait Boulahcen prendre la tête d’un convoi de véhicules avec « sept ou huit individus qui semblaient bien décidés ». Ils auraient pris la direction de la France. Le parquet fédéral a lancé un avis de recherche.

Cette disparition laisse quand même très perplexe sur la capacité de la police belge à assurer la sécurité des citoyens…

La Belgique et le Maroc

Autre nouvelle tout à fait curieuse, la police turque a arrêté un Belgo-Marocain qui tentait de passer en Syrie. Ahmet Dahmani aurait effectué des repérages pour préparer les attentats de Paris. On se demande bien qui a pu prévenir les Turcs, sinon les services marocains, qui semblent désormais les mieux à même à garantir l’intégrité et la sécurité du territoire belge.

La Belgique et la Charia

Enfin, là encore la presse française n’a rien dit, mais la Belgique était, ironie de l’histoire, agitée cette semaine par le procès en appel des fondateurs du site Sharia4belgium. L’accusé « vedette » du procès est un certain Fouad Belkacem, garçon charmant qui appelait à exécuter tous les homosexuels et à établir la Charia en Belgique. Lui et quelques prévenus ont écopé de peines de prison qui reposent la question du « que faire de nos ennemis? »

L’Europe et le grand désordre belge

On se gaussera, bien entendu, de cet étonnant paradoxe européen tout entier contenu dans Bruxelles. Dans la capitale belge, on trouve d’un côté des quartiers européens totalement hors sol. A quelques centaines de mètres de là, Molenbeek, Anderlecht, Schaerbeek, Saint-Gilles, Saint-Josse, sont des terres de non-droit où l’Etat ne contrôle plus rien.

En réalité, la fédéralisation de la Belgique constitue un exemple impressionnant d’une dislocation progressive d’un Etat devenu incapable d’assurer sa sécurité.

Paris ralentie par la peur

Au demeurant, les Parisiens, même sans ces inquiétantes nouvelles de Belgique, s’inquiètent et ont raison. Je déjeunais hier au Gorille Blanc, à côté de la Bastille. Depuis les attentats, la consommation s’est effondrée et hier soir, à 23h, les rues étaient aussi vides que les terrasses.

Une réforme territoriale pour en finir avec la Belgique?

Je ne pouvais évidemment manquer, en ce jour de Fête nationale belge, mon raccourci habituel et fidèle, sur l’inefficacité grandissante des frontières dessinées en Europe par le Congrès de Vienne de 1815. Et au moment où sévit un débat d’une pauvreté ahurissante en France sur la réforme de notre géographie administrative, je me devais bien à mon morceau de bravoure annuel: pas de réforme territoriale intelligente en France sans un retour à nos frontières naturelles, qui englobent la Belgique. Lire la suite

Handicap: la France organise la délocalisation vers ses anciens départements

L’Assemblée Nationale a ratifié le projet de loi autorisant un traité entre la France et la Wallonie pour l’accueil des personnes souffrant de handicap.

Face au manque criant de places d’accueil pour les personnes souffrant de handicap, la France organise un peu mieux la délocalisation vers les anciens départements de l’Ourthe et de la Sambre (entendez l’illusoire Wallonie).

Notre Parlement républicain vient de ratifier un accord-cadre avec ces départements pour contrôler la qualité de cet accueil. L’étude d’impact menée au Sénat en résume bien les tenants et aboutissants.

Belgique: que retenir de l’accession de Philippe au trône?

Philippe 1er, roi des Belges, était jusqu’ici duc de Brabant. Petit historique de ce titre.

La progéniture de la famille royale belge est parée de titres historiques dont il n’est pas inutile de retrouver le sens. Ils en disent long, en effet, sur l’erreur historique que constitue une Belgique indépendante séparée entre Wallons et Flamands.

Ainsi, Philippe, nouveau roi des Belges, jusqu’ici duc de Brabant, porte-t-il un titre illustre dont l’historique est intéressant.

Le titre de duc de Brabant fut créé par Frédéric Barberousse, saint empereur germanique,  en 1183. Il élevait ainsi le landgrave de Brabant, jusque-là dévolu au comte de Bruxelles et de Louvain, au titre de duc.

Le premier bénéficiaire du titre fut Henri Ier, mort en 1235. Henri était également, comme il se devait, comte de Bruxelles et de Louvain, duc de Basse-Lotharingie (on dirait plus tard duc de Bourgogne…). Il s’est marié deux fois: une première fois avec Mathilde de Boulogne, fils du comte de Boulogne, une seconde fois avec Marie de France, fille du roi de France.

Ces petites anecdotes historiques ne sont pas inutiles: dès sa création, le duché de Brabant était lié à la noblesse française, et le roi de France en était très proche. L’idée répandue aujourd’hui d’une Belgique historiquement indépendante ne correspond évidemment à aucune réalité historique.

Jusqu’à l’intégration du duché de Brabant aux Pays-Bas espagnols, en 1549, chaque génération de duc de Brabant a noué un lien matrimonial avec un ressortissante de la noblesse française. En 1406, le duché de Brabant passe d’ailleurs sous la tutelle de la maison de Bourgogne, sous autorité du roi de France.

Le territoire du duché est lui-même très emblématique du fantasme territorial flamand contemporain.

Lorsque, en 1194, un traité de paix est signé qui fixe les frontières du duché, celui-ci s’étend depuis la frontière hollandaise actuelle jusqu’au sud de la Belgique contemporaine. Il comprend donc autant de territoires francophones que néerlandophones.

On notera avec intérêt que le duché fut démembré, en 1795, entre les départements de la Dyle et des Deux-Nèthes.

 

11 juillet: le mythe de la nation flamande

Le 11 juillet, la communauté flamande célèbre la bataille des Eperons d’Or, imposture complète sur une prétendue nation flamande.

Ce billet est dédié à mon grand-père, Henri Verhaeghe, né à Ichtegem en 1884, au coeur de la Flandre profonde, et émigré à Liège pour survivre. Fusillé en 1941 dans les terrils au-dessus de Pierreuse où ma famille vivait, et que les Liégeois connaissent bien, il était la preuve, comme beaucoup qui se taisent, de l’absurdité d’une frontière entre les francophones et flamands en Belgique.

Que le nationalisme flamand soit un phénomène tout entier né d’une invention administrative de la Flandre au coeur d’un Etat belge dominé par la francophobie et par une dynastie francophobe, que le nationalisme flamand se soit nourri d’une sédimentation progressive de cette construction administrative dans les esprits, la célébration du 11 juillet en est une preuve flagrante.

Concrètement, en effet, que s’est-il passé le 11 juillet 1302?

La Flandre appartient alors à la couronne de France. Elle en est même l’un des territoires les plus anciens. N’oublions jamais que la France est historiquement le royaume des Francs saliens, dont le berceau… est la Flandre.

Les Francs entre 400 et 440

Assez logiquement, les territoires qui composent la marche de Flandre, puis le comté de Flandre, font donc partie des tout premiers domaines du roi de France. A cette époque, le comté englobe Tournai et chevauche donc la frontière linguistique.

Au tournant de l’an 1300, la France est frappée par une grave crise des finances publiques qui oblige le roi Philippe le Bel à des mesures drastiques: persécution des banquiers, des Juifs, des templiers, et augmentation des impôts. Les tisserands flamands protestent. Le comte de Flandre, Gui de Dampierre, proteste et est emprisonné par Philippe.

Peut-être faut-il préciser que la famille Dampierre est une vieille famille bourguignonne. Gui de Dampierre était aussi comte de Namur. Là encore, il est bien téméraire de dissocier dans ces événements l’image d’une Flandre pure, ignorant le destin de l’actuelle Wallonie.

Lorsque Philippe le Bel emprisonne Gui comte de Flandre, le fils du comte… qui s’appelle Gui de Namur prend la tête de la rébellion contre le roi de France. Il est soutenu par les troupes de son neveu, Guillaume de Juliers… archidiacre de Liège. Autrement dit, historiquement, ce sont des officiers « wallons » qui mènent la bataille des Eperons d’Or contre le roi de France.

Dans l’armée française, on trouve notamment un certain… Godefroid d’Aerschot, fils du duc de Brabant, qui ne peut être soupçonné d’une étrangeté complète vis-à-vis des Flamands. Ce Godefroid se fera massacré une fois à terre par une armée flamande peu encline à faire des prisonniers.

Ces quelques éléments anecdotiques permettent quand même de dire que le mythe de la grande victoire du peuple flamand contre l’oppression française, célébrée le 11 juillet par la communauté flamande, ne correspond en rien à la réalité historique.

D’ailleurs, pendant plusieurs siècles, plus personne ne parle de la bataille des Eperons d’Or. Une raison simple l’explique: si les troupes locales ont battu l’armée royale le 11 juillet 1302 dans la campagne autour de Courtrai, Philippe le Bel prend sa revanche deux ans plus tard, le 18 août 1304, à Mons-en-Pévèle, et enterre définitivement toute ambition autonomiste flamande.

L’invention romantique de la bataille des Eperons d’Or

L’écrivain Hendrick Conscience, en 1838, publie le roman historique de veine romantique Le Lion des Flandres, qui déterre l’histoire des Eperons d’Or et fabrique de toutes pièces le mythe national flamand. Conscience appartient au « mouvement flamand », première forme d’expression néerlandophone en Belgique, également représentée par Rodenbach ou Gezelle.

Le Mouvement Flamand constitue la manifestation la plus précoce d’une conscience flamande. Il est alors essentiellement lié à une revendication culturelle et n’aspire pas à un indépendantisme politique.  Il s’appuie sur des mythes littéraires qui seront ensuite récupérés par les nationalistes flamands.

Le nationalisme flamand et l’Allemagne

L’occupation allemande de 1914-1918 modifie radicalement le visage du nationalisme flamand et lui imprime les caractéristiques que nous lui connaissons aujourd’hui. 

Outre la flamandisation de l’université de Gand, les activistes flamands profitent de la protection allemande pour créer un conseil flamand, qui pousse jusqu’à une déclaration d’indépendance de la Flandre le 22 décembre 1917.

Beaucoup de Belges ont oublié cet épisode… En réalité, il existe alors une multiplicité de mouvements favorables à une reconnaissance de l’unité néerlandophone. C’est par exemple le cas du mouvement pan-thiois, favorable à la création d’une entité politique indépendante regroupant les néerlandophones et les bas-saxons, jusqu’à la Prusse.

Pourquoi seul le mouvement national flamand, connu en Belgique aujourd’hui, a-t-il pu émerger dans ce kaléidoscope? D’abord parce qu’il fut le bras armé des occupants allemands successifs, qui avaient tout intérêt à diviser pour régner, et à nourrir en Flandre, terre historiquement française, la plus grande aversion possible vis-à-vis de la francophonie.

Le nationalisme flamand n’a jamais existé, en dehors de la francophobie.