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L’influence américaine sur les élites françaises: un métier

Le gouvernement américain mène un long travail, utile, d’influence auprès des élites françaises.

L’actualité, de façon assez imprévue, a mis en avant les conflits possibles entre l’Europe, dont la France, et les Etats-Unis. Pourtant, rompant avec la tradition gaulliste de méfiance vis-à-vis des Etats-Unis, la France de François Hollande s’est montrée mesurée et raisonnable dans ses réactions aux scandales qui viennent d’émailler les relations entre l’Europe et l’Amérique. Entre la révélation des écoutes Prism, les conflits sur l’exception culturelle et le refus d’accorder l’asile politique à Richard Snowden, la France n’est plus l’enfant terrible de la relation transatlantique.

Comment expliquer ce rapprochement affectif entre la France et les Etats-Unis? Sans exagérer la portée de ce genre d’actions, il faut rappeler ici le poids de la stratégie d’influence menée depuis une quarantaine d’années par les Etats-Unis auprès des élites françaises.

Cette mission est tout particulièrement confiée à la French-American Foundation (FAF), créée en 1976, et officiellement lancée à l’Elysée en 1976, à l’occasion d’un repas présidé par Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford, alors président des Etats-Unis.

En 1981, la FAF a lancé un programme d’influence à long terme auprès des élites françaises baptisée « young leaders« . Ce programme fondé sur une forme de cooptation et de parrainage vise à rapprocher les « auditeurs » et le point de vue des Etats-Unis.

Le programme « young leaders » est un superbe exemple de stratégie de lobbying à long terme bien mené et correspondant à des objectifs clairs. Il vise à identifier des « jeunes pousses » pour les transformer en alliés dans la durée, par petites touches et avec l’air de ne pas faire pression.

Il se trouve que, dans l’actuelle majorité, nombre de responsables ont été en leur temps des « young leaders », parfois il n’y a pas si longtemps.

Le plus significatif d’entre eux s’appelle… François Hollande, admis dans le programme en 1996, en même temps que… Pierre Moscovici (et Denis Olivennes). Mais on trouve, dans la liste, bien d’autres hiérarques qui ont aujourd’hui autorité pour améliorer le consensus franco-américain:

Najat Vallaud-Belkacem, admise dans le programme en 2006, la même année que Laurent Wauquiez.

Bruno Leroux, chef du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, admis dans le programme en 1998, la même année que Marisol Touraine.

Arnaud Montebourg, admis dans le programme en 2000

Les mauvais esprits noteront qu’une ancienne conseillère de Laurent Fabius, Hélène Ploix, fut admise dans le programme en 1983.

Avec tout ce beau monde sensibilisé de longue date à notre amitié avec le peuple américain, les négociations transatlantiques, au moins côté français, devraient bien se passer.