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Economie: avalanche de mauvaises statistiques

L’économie mondiale est en plein ralentissement, et l’attention de l’opinion publique est habilement détournée de cette situation inquiétante par une actualité très émotionnelle mais aussi très superficielle. Un petit point de situation n’est donc pas inutile.

L’économie du Japon en mauvaise posture

Au Japon, on apprenait lundi que la croissance dans le secteur des services avait considérablement ralenti en septembre par rapport au mois précédent en raison notamment d’un tassement des nouvelles affaires, montre lundi l’enquête PMI Markit/Nikkei. L’indice est tombé à 51,4 en septembre, contre 53,7 en août.

L’économie de l’Asie de l’Est sous pression

Le même jour, la Banque Mondiale abaissait ses prévisions pour l’Asie de l’Est pour 2015 et 2016.

Selon les nouvelles projections de la Banque mondiale, publiées lundi, l’économie chinoise devrait afficher une croissance de 6,9% cette année et 6,7% en 2016, après 7,3% en 2014. Dans ses précédentes prévisions, l’institution tablait sur une croissance de 7,1% en 2015 puis de 7% en 2016.

La croissance du bloc hors la Chine devrait se maintenir stable à 4,6% cette année pour accélérer à 4,9% en 2016, à comparer aux taux de 5,1% pour 2015 et 5,4% pour 2016 de la précédente prévision.

 

L’économie de la zone euro en panne

Toujours lundi, l’indice Markit indiquait des entrées de commandes plus faibles que prévu et des créations d’emplois à leur plus bas niveau depuis janvier, dans la zone euro.

L’indice des services est revenu à 53,7 contre 53,9 en première estimation et 54,3 en août. L’indice manufacturier, publié jeudi, était ressorti pour sa part à 52,0 contre 52,3.

L’économie des USA en panne

Après de mauvais chiffres de l’emploi la semaine précédente, l’économie américaine a encore porté son lot de mauvaises nouvelles. L’Institute for Supply Management (ISM) a annoncé que son indice des services avait fléchi à 56,9 en septembre, au plus bas depuis juin, contre 59 en août. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient un indice de 57,5.

L’économie mondiale en panne

Mardi soir, le FMI a abaissé ses prévisions pour la croissance mondiale en 2015 et 2016.

Les économistes du Fonds ne tablent plus que sur 3,1% de croissance dans le monde cette année et 3,6% en 2016, soit dans les deux cas 0,2 point de moins que dans leur évaluation intermédiaire de juillet.

Le mois dernier, l’OCDE avait lui aussi revu à la baisse ses prévisions pour 2015 et 2016 à respectivement 3,0% et 3,6% après 3,4% en 2014.

Tous ces éléments commencent à peser de façon inquiétante. Attention aux marchés financiers en octobre!

 

Quand l’économie française vit au rythme du congrès PS

Quoiqu’il compte moins de 200.000 adhérents, le PS est plus que jamais le pivot de la politique gouvernementale. Cette situation aberrante fragilise fortement le pays et témoigne une fois de plus de l’épuisement de la vie politique en France.

Le gouvernement perdu en plein désert

Alors que la France n’a plus rien à cirer du Parti Socialiste, et que le congrès de Poitiers constitue un non-événement collectif, c’est pourtant sa préparation qui scande le rythme de l’action gouvernementale. On a du mal à y croire, et pourtant c’est vrai…

Manuel Valls avait par exemple, en mars, annoncé une série de réformes plutôt libérales: loi Macron 2, réforme du contrat de travail, tout cela dans la foulée du pacte de responsabilité. Et puis… patatras… la semaine dernière la détermination vallsienne branle dans le manche et les déclarations contradictoires s’enchaînent. Non, il n’y aura pas de loi Macron 2, non le contrat de travail ne sera pas réformé (à ce stade, même si rien n’exclut que le sujet soit remis sur le tapis après le Congrès), et puis on est plus très sûr de faire le pacte de responsabilité jusqu’au bout.

Entretemps, Hollande aura sorti de derrière les fagots des annonces imprévues sur une aide de 500 millions d’euros aux PME, sur l’encouragement à l’investissement (par le biais d’une mesure comptable sur l’amortissement), sur l’intervention de la BPI, etc. Pierre Gattaz a de son côté alerté sur les risques d’un renoncement au pacte de responsabilité. Certaines rumeurs laissent en effet entendre que les mesures à destination des entreprises seraient finalement ciblées sur celles qui en ont le plus besoin.

L’arbitrage de Martine Aubry au centre du jeu

Pourquoi tous ces atermoiements? Parce que Martine Aubry monnaie chèrement son soutien à la motion Cambadélis présentée au congrès du PS. Oui, oui, vous avez bien lu! la cinquième puissance économique du monde, deuxième puissance militaire d’Occident, donneuse de leçons à la terre entière, suspend ses décisions internes à la signature ou non, au bas d’une motion du Parti Socialiste, d’une élue de province de soixante-cinq ans qui est entrée en politique dans les années 70, et qui exige que ses recettes éculées soient prises en compte par le pouvoir… sans quoi elle fait basculer le parti du côté des frondeurs.

Heureusement que Michel Rocard yoyotte de la touffe et ne peut plus aligner deux phrases compréhensibles, que Lionel Jospin s’est retiré de la vie politique et que Jean Poperen est mort, parce qu’on imagine facilement que tout ce petit monde demanderait à Valls de baigner son programme dans le formol en échange de son soutien.

Tous les vices de la Vè République rassemblés sur le même malade

Personnellement, le fait que le pacte de responsabilité soit amendé ou que la politique du gouvernement soit battue en brèche ne me choque pas. Ce qui me scandalise, ce sont les (très) mauvaises raisons pour lesquelles ces changements sont pratiqués. On nous dirait que, réflexion faite, le gouvernement veut améliorer l’efficacité économique de ces mesures, ou qu’il tire les leçons des élections en lançant un « je vous ai compris » aux Français ne me gênerait pas. Mais que ces changements soient décidés pour faire plaisir à une élue déclinante qui est la clé d’une majorité au sein d’un parti à l’agonie est tout simplement hallucinant.

Forcément, on ne peut s’empêcher ici d’énumérer toutes les tares du système. François Hollande, entré en politique à l’époque du Sinclair ZX-80 et avant l’invention d’Internet, veut être réélu dans un monde dont il ne comprend pas les règles technologiques et économiques. Pour y parvenir, il a besoin du soutien d’un parti qui a reçu moins de 5 millions de voix aux dernières élections, soit environ 10% des électeurs. Ce soutien dépend d’une majorité qu’il obtiendra au congrès grâce au courant aubryste.

Evidemment, dans une France où le Président ne pourrait être réélu, ou la carrière politique ne pourrait durer plus de quinze ou vingt ans, où la proportionnelle casserait l’hégémonie des deux grandes machines électorales que sont le PS et l’UMP, bref, dans une République qui ne serait pas la Vè, la politique économique du pays ne dépendrait pas de la signature de Martine Aubry au bas d’un texte que personne ne lira jamais.

Autrement dit, si l’on veut relever ce pays, il faut changer ses institutions.

 

Pourquoi je soutiendrai les « déplumés »

Comme beaucoup d’entrepreneurs, j’imagine, j’ai reçu au courrier un appel à rejoindre le mouvement des  » déplumés « , qui manifestera devant le Conseil Economique et Social le jour de l’ouverture de la Conférence Sociale. Je ne suis d’ordinaire pas grand amateur de ce genre de mouvement venu d’on ne sait où et très orienté vers des revendications corporatistes. Mais je m’y rallierai, et je voulais expliquer pourquoi. Lire la suite

L’Etat contrôle près de 1.400 entreprises privées

L’INSEE publie un intéressant répertoire des entreprises contrôlées par l’Etat. On y apprend que l’Etat contrôle près de 1.400 entreprises, qui emploient pratiquement 800.000 salariés. Un chiffre à retenir quand on examine le nombre de fonctionnaires, puisque ces 800.000 salariés ne sont pas inclus dans les chiffres de la fonction publique.

Voici un intéressant tableau récapitulatif:

Source: INSEE
Source: INSEE

 

Chômage: peut-être des raisons d’être positif

On met à part, bien entendu, la déplorable communication gouvernementale sur l’évolution des chiffres du chômage, qui ne ressemble plus à rien. Pour des raisons qui mériteront un jour d’être éclaircies, François Hollande a organisé son propre piège sur l’inversion de la courbe du chômage avant la fin 2013. Le résultat est cataclysmique: le respect de cette promesse inepte phagocyte l’ensemble de la communication gouvernementale dans le domaine économique et social depuis plusieurs mois, sur un schématisme polaire totalement ridicule.

Il suffit d’ailleurs de reprendre le graphique synthétique de la DARES pour mesurer combien le discours officiel sur l’inversion effective de la courbe n’a ni queue ni tête:

Source: DARES
Source: DARES

Une lecture élémentaire permet de voir que, même en catégorie A, c’est-à-dire pour les demandeurs d’emploi indemnisés sans la moindre quotité de travail dans le mois, la courbe ne s’inverse pas en novembre.

Faut-il pour autant désespérer de tout et garder une posture totalement pessimiste?

Probablement pas, car plusieurs signaux faibles permettent d’arrondir les angles. Cela ne signifie pas qu’il faut crier victoire, mais le mois de novembre donne comme une sorte d’éclaircie dans le ciel d’hiver.

Certes, les mauvaises nouvelles ne viennent pas des entrées à Pôle Emploi, qui sont en augmentation quand on les examine en détail. Les premières inscriptions approchent les 33.000, alors qu’elles étaient seulement de 26.400 un an plus tôt. Les fins de contrats à durée déterminée ont également augmenté. La situation est donc loin d’être satisfaisante. Au contraire, des signaux sont émis sur une franche dégradation de la situation.

Mais…

Source: DARES
Source: DARES

 

Les reprises d’emploi déclarées en fin de mois ont franchi le cap des 100.000, en nette augmentation par rapport à octobre. Elles s’approchent d’un pic jamais atteint depuis trois ans. Voici une vraie bonne nouvelle. Elle signifie que l’économie française a entrouvert la porte à la reprise des embauches.

Là encore, il faut modérer son enthousiasme. L’hirondelle ne fait pas le plein emploi. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir pour cette nouvelle année que je souhaite excellente à tout le monde.