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Entreprise 3.0: le retard français – l’exemple de l’hôtellerie

Je donne aujourd’hui une conférence sur l’entreprise 3.0 à l’université d’été du MGRH, sur l’île aux Moines. L’occasion de parler du retard français.

La transformation numérique des entreprises est un sujet encore obscur pour beaucoup en France, même si elle est, çà et là, en marche. Elle suscite très souvent beaucoup d’interrogations chez les dirigeants d’entreprise. Dans mon intervention d’aujourd’hui, je tente de synthétiser une quinzaine de questions ou de remarques négatives que j’entends régulièrement dès que le problème est abordé.

J’en profite pour prendre l’exemple de l’hôtellerie, pour illustrer l’importance qu’il y a désormais à se mettre à la question dans TOUTES les entreprises françaises.

S’il y avait un secteur que chacun pouvait imaginer à l’abri de la révolution numérique, c’est bien l’hôtellerie. Ah! nos jolies petites auberges un peu défraîchies des années 70, nos logis de France, nos petites étapes dans nos villages – tout cela sentait bon la France de toujours et paraissait à l’abri du temps.

Au fond, le métier de l’hôtellerie se limitait à détenir un patrimoine et à le mettre à disposition des clients dans de bonnes conditions de confort.

La révolution Internet, qui est aussi celle des réseaux sociaux, a, en l’espace de 10 ans, percuté cette conception vieillotte et changé radicalement les conditions d’exercice de ce métier. Aujourd’hui, l’hôtelier est d’abord un commerçant qui propose ses produits sur Internet et qui est exposé à la critique « sociale ». Les avis des clients sur les sites de réservation en ligne jouent un rôle essentiel dans le choix final d’achat.

Le secteur, dans son ensemble, n’avait absolument pas anticipé cette révolution au nom du « notre métier n’est pas concerné » et du « on aura toujours le temps de s’y mettre ».

Prix à payer pour cette incurie: l’hôtellerie française est aujourd’hui complètement dépendante de sites étrangers qui la compriment et lui imposent des marges exorbitantes. Les nombreux combats des organisations professionnelles sur ce sujet le montrent.

On ne le dit pas assez, en France: il existe un coût de la non-innovation. Lorsque sa concurrence prend une avance technologique forte, un métier confronté à une innovation de rupture s’expose au risque de se voir déposséder de son avenir.