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1 logement neuf sur 3 est un logement social

Voici un beau résumé de la paupérisation rampante subie par la France: en 2015, un logement neuf sur trois était un logement social financé par la Caisse des Dépôts. Ce chiffre illustre à merveille la panne de l’ascenseur social. Sans une perfusion de fonds publics, la construction de logements s’effondrerait, et l’accès à la propriété est définitivement dans les choux.

La logement a forcément besoin de l’Etat

Les chiffres données par la Caisse des Dépôts la semaine dernière sont implacables. 134.000 logements sociaux ont été construits en 2014.

« Un logement neuf sur trois a été financé par le fonds d’épargne de la CDC et constitue un logement social », s’est réjoui Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse lors d’un point presse.

En réalité, les statistiques de Pierre-René Lemas (ancien secrétaire général de l’Elysée, et ancien de la promotion Voltaire) sont sous-estimées. En 2014, « année noire pour le logement neuf« , la France a compté moins de 300.000 mises en chantier.  La Caisse des Dépôts, bras armé de l’Etat, a donc financé 40% des logements neufs, qui étaient tous des logements sociaux.

Cette statistique donne le tournis: elle souligne le poids du « HLM » dans la construction globale de logement, et elle permet de mesurer la paupérisation rampante du pays. Le taux de primo-accédants dans l’emprunt immobilier atteint des étiages historiques (moins de deux prêts sur trois concernent une primo-accession), et les spécialistes estiment que, chaque année, entre 150.000 et 200.000 primo-accédants manquent à l’appel par rapport à l’avant-2008.

Autrement dit, l’effet massif de la crise de 2008 porte sur les locataires qui cherchent à acheter leur premier bien.

Le logement social, signe de mauvaise santé?

Ces évolutions structurelles majeures rappellent que la politique de logement social est d’abord un signe de mauvaise santé pour le pays. Dans la pratique, les classes moyennes françaises se sont appauvries et leurs perspectives de promotion considérablement restreintes. Sans un effort massif de l’Etat en faveur d’un logement « low cost », le sinistre prendrait des allures de cataclysmes: faible nombre de logements neufs, accession à la propriété raréfiée. Le paysage du logement français est sombre, très sombre.

Le vrai visage de la crise de 2008, de son « après » et des risques qu’elle porte pour la cohésion sociale émerge sans doute de la façon la plus pure dans ces chiffres.

Le logement, zone sinistrée de la Hollandie

Le remaniement ministériel reconduit une écologiste au ministère du Logement. En l’espèce, c’est Emmanuelle Cosse qui prend le maroquin. Le coup est bien joué d’un point de vue partisan: il divise une formation politique affaiblie depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir. Si l’on met à part, l’intérêt général, on saluera donc l’ultime coup porté à un parti en déliquescence. Cette façon rusée de torpiller une candidature de Cécile Duflot en 2017, qui pourra se dresser sur un champ de ruines gauchisantes, fait les gorges chaudes des lambris hollandais. 

Si l’on examine le sujet du point de vue de l’intérêt général, en revanche, la France peut quand même se faire du souci.

Emmanuelle Cosse choisie parce qu’elle ne connaît rien au logement

De la vraie vie, Emmanuelle Cosse ne connaît véritablement que le syndicalisme lycéen et l’action associative dans les milieux homosexuels. Elle fait partie de cette caste qui monopolise le pouvoir en France, dont la seule épaisseur est celle des moquettes qu’ils arpentent dans les couloirs des palais républicains, à la recherche d’un poste, d’un titre ronflant, d’une médaille plus ou moins en chocolat, d’un fromage qui les nourrira le temps qu’une autre majorité arrive. Courtiser, courber l’échine, murmurer dans les couloirs, flatter, exécuter des basses oeuvres, telle est la déontologie de ces hiérarques qui n’ont de l’intérêt général qu’une conception immédiatement matérielle et prédatrice. 

A un an des élections présidentielles, les Français, pourtant majoritairement écoeurés par la déliquescence du régime à laquelle François Hollande a donné un visage, et le Parti Socialiste un nom, savent pourquoi Emmanuelle Cosse est nommée. Pour régler la crise du logement? certainement pas, ce sera le cadet de ses soucis et la technostructure prendra bien garde à ce qu’elle ne s’occupe d’aucun des dossiers qui pourraient supposer une intervention de la ministre. Elle est simplement là pour affaiblir une faction et en renforcer une autre. Elle décorera son ministère comme les roses décorent un pot de fleurs, et elle sera le prétexte à une division supplémentaire parmi ceux qui pourraient faire barrage à une candidature du Président à sa propre succession. 

Quelle superbe époque nous vivons, celle qui veut que les incompétents soient nommés là où les compétents sont écartés!

Le logement, zone sinistrée du royaume hollandais

A certains égards, toutefois, on se félicitera de la nomination d’une parfaite incompétente à ce ministère. L’inconvénient de ce genre de nomination tient au fait qu’elle n’y fera rien. Si l’on se rappelle l’activisme de Cécile Duflot, cette passivité est aussi un avantage, et, au fond, une quasi-certitude de non-échec autant que de non-réussite. Vu les dégâts subis depuis quatre ans dans ce domaine, cette espèce de pari sur la médiocrité est probablement la moins pire chose qui puisse survenir.

Quelques chiffres suffiront à illustrer les dégâts produits par la gauche en matière de logement depuis 2012. Ainsi, en 2014, moins de 400.000 logements ont été construits en France. En 1980, on avait compté 500.000 construction, alors que la France comptait 10 millions d’habitants en moins, et que le nombre de divorces était moins important. Autrement dit, en 35 ans, le nombre de logements construit a baissé en France alors que les besoins augmentent. 

Mais ce chiffre en lui-même n’est rien s’il n’est pas décomposé. 

En 1980 comme en 2014, la France a construit 188.000 logements collectifs, c’est-à-dire des appartements dans des immeubles. Sur la même période, le nombre de constructions individuelles est passé de 231.000 à 112.000. 

En dehors de 1993, qui fut une année de crise terrible, la France n’avait jamais construit aussi peu de logements individuels qu’en 2014 sur les 35 dernières années. Ce chiffre-là est terrifiant car il concentre en lui-même toute la haine que François Hollande porte aux classes moyennes, ce malin plaisir qu’il a pris à dénoncer « les riches » qui gagnent plus de 4.000 euros, qu’il a eu à pénaliser tous ceux qui avaient un petit quelque chose pour flatter dans le sens du poil ceux qui ont encore moins. Que les uns paient pour les autres!

Le logement ou le retour du collectivisme

En réalité, la gauche a beaucoup parlé de logement social, a beaucoup dénoncé les apartheids français. Dans la pratique, elle en a été une productrice active. Partout où les Français pouvaient améliorer leur condition, accéder à un chez eux, même petit, elle a sévi. Les grands bourgeois de la gauche au pouvoir n’ont pas eu de mépris assez dur pour ceux qui rêvaient d’avoir leur maison à eux. Mais qu’ils se contentent plutôt de leur HLM! qu’ils demandent des allocations! qu’ils réclament une ZEP, une ZUP, une incitation fiscale! qui sont ces manants qui imaginent pouvoir vivre sans l’aide de l’Etat?

La politique du logement depuis 2012 est une longue apologie du logement social collectif, et un long plaidoyer de haine contre l’émancipation individuelle par l’accession à la propriété. Dans le malaise français, ce phénomène-là est discret, mais il pèse lourd. 

Loi Duflot: la folie de la garantie universelle de loyer

La loi Duflot, aussi appelée ALUR, est en discussion à l’Assemblée Nationale à partir de demain. Elle devrait créer une garantie universelle de loyer.

Chic! on va créer des commissions Théodules et des emplois de fonctionnaires! au nom de la lutte contre la précarité, bien entendu.

Quelques mots sur la garantie universelle de loyer

D’abord, il faut parler rapidement de cette « sécurité sociale du logement » qui se met en place, et qui répond au doux nom de garantie universelle de loyer. Dans la pratique, il s’agit d’engager l’Etat à se substituer aux locataires défaillants du parc privé.

Le mécanisme est relativement simple: chaque locataire et chaque bailleur paiera une taxe équivalente à 0,75% du loyer. La collecte de cette taxe servira à payer les loyers que les locataires indélicats ou privés de moyens ne payent plus.

Pour mémoire, les revenus locatifs en France s’élèvent à environ 40 milliards € annuels. Les impayés de loyers avoisineraient les 1,5% de cette somme, soit 600 millions. Le ministère du Logement estime la dépense globale à 700 millions €.

On comprend au vu de ce seul calcul que le ministère du Logement n’anticipe pas une augmentation des sinistres liée à la création de ce dispositif, même s’il présente un calcul complexe pour tenter de prouver le contraire. De ce point de vue, on peut saluer la prise de risque: personnellement, je parierais volontiers sur le fait que, les locataires se sachant protégés par la garantie de l’Etat, le nombre d’impayés de loyer devrait mécaniquement augmenter. C’est humain, trop humain!

Un piège politique

A cette question, l’étude d’impact répond par un superbe discours sur la gestion du risque: « La définition du régime d’encadrement financier, pour limiter les effets d’aubaine, l’aléa moral et maîtriser un dynamisme éventuel du coût du dispositif qui pourrait être mis à la charge des propriétaires bailleurs et des locataires, sera précisée dans cette première phase de mise en place de la garantie universelle des loyers. » Sous-entendu: l’Etat se réserve la possibilité de ne pas tout rembourser, pour réduire les risques (la risk mitigation bien connue des assureurs).

Voilà un dispositif qui rappelle, en tous points de sa philosophie, la création de la Caisse d’Amortissement de la DEtte Sociale (CADES), qui couvre les besoins de financement de la Sécurité Sociale. A l’époque, le législateur avait prévu un mécanisme vertueux appelé la Contribution de Remboursement de la Dette Sociale (CRDS). L’idée était simple: dès que la Sécurité Sociale était en déficit, on augmentait la CRDS pour dissuader les Français de recourir au « trou de la Sécu » par facilité.

Moi, j’adore les mécanismes vertueux. Le problème, c’est que la vertu est impopulaire… et elle ne paye guère aux élections.

Comme pour la CRDS (qui n’augmente jamais…), je prends les paris: aucun gouvernement n’osera encadrer le paiement des loyers qu’il garantit pour limiter les dépenses de l’Etat. Vous imaginez un gouvernement dire: vous payez une taxe de 0,75% sur votre loyer pour couvrir les impayés de loyer, mais on ne vous rembourse pas intégralement ce que vous doit votre locataire?

Il sera mécaniquement beaucoup plus simple d’augmenter le taux de la taxe, comme c’est déjà le cas pour la Sécurité Sociale: ce n’est pas parce que des tribus de profiteurs indélicats surconsomment des médicaments inutiles fabriqués par l’industrie pharmaceutique française que l’on s’avise de les dérembourser. Il est beaucoup plus simple d’augmenter les cotisations, ou de demander à tout le monde de payer pour les quelques passagers clandestins qui abusent des failles du système.

Autrement dit, je veux bien prendre ici les paris d’un rapide glissement des dépenses de l’Etat dans cette affaire, et de sa conséquence inéluctable: un renchérissement de la taxe pour l’ensemble des bailleurs et des locataires. J’entends d’ici les explications caramel-bonbon-et-chocolat qui agrémenteront cette opération: lutter contre l’exclusion, protéger les familles, résoudre la crise du logement, punir ces horribles bailleurs qui exigent un loyer, etc.

Le retour à l’économie administrée

Ce projet de loi a évidemment suscité pas mal de réactions négatives dans le monde du logement et de la garantie locative. Les quelques assureurs qui occupent ce marché ont en effet bien compris que leurs jours étaient comptés, et que le moment venait pour eux d’envisager une sérieuse reconversion professionnelle.

On saluera ici l’acharnement de Galian, qui imagine visiblement, avec une sincérité démocratique touchante, que le bon sens est l’un des principes de la gouvernance en République décadente.

Il y a même un député de la majorité qui semble avoir pris conscience de l’aberration dans laquelle la rayonnante Cécile Duflot va enfermer les finances de l’Etat.

Je m’étonne quand même que tout ce beau monde n’ait pas soulevé quelques questions simples non pas sur l’aberration économique du projet duflotesque, mais sur son extravagance juridique. Peut-être certains parlementaires savent-ils qu’en 1957 la France a signé un traité, à Rome, dont les principes sont aujourd’hui garantis par un bidule obscur appelé la Commission Européenne. La Commission est chargée d’appliquer fidèlement le Traité Constitutif de l’Union Europénne… dont un titre spécial (le titre VI) est consacré à la concurrence.

Il faudrait peut-être se demander comment le gouvernement peut, dans un marché concurrentiel constitué comme celui de la garantie locative en France, imposer des règles aussi dérogatoires aux principes de la libre concurrence, sans remettre en cause les fondements du marché commun, et la liberté d’entreprendre garantie par la Constitution française. J’imagine que les organisations lésées par le projet du gouvernement ont d’ores et déjà préparé leur argumentaire devant le Conseil Constitutionnel sur ce sujet.

Les fonctionnaires se fabriquent un nouveau joujou

En attendant, on admirera le travail d’orfèvrerie réalisé par l’administration centrale du Logement, qui a dû se régaler et qui sans doute jubile déjà à l’idée de disposer d’un nouveau joujou qui tranchera avec la grisaille de l’austérité budgétaire (inventée, c’est bien connu, pour complaire à de riches propriétaires ennemis de l’impôt).

Voici ce que la présentation du projet de loi annonce:

Afin de préfigurer et mettre en place le dispositif de garantie, il est créé un nouvel établissement public administratif de l’État, qui sera chargé dans un premier temps de préfigurer, puis dans un second temps d’administrer le dispositif, directement ou par le biais d’opérateurs, et de le contrôler.

D’abord, préfigurer, ensuite administrer, enfin contrôler. On croirait l’état-major français en pleine bataille de France, en 1940.

Bien sûr, ce joujou qui gérera brillamment 700 millions d’euros produira sa propre technostructure:

L’agence sera administrée par un conseil d’administration, composé de représentants de l’État, de personnalités qualifiées et de représentants de l’Union des salariés et des entreprises pour le logement, tête du réseau Action logement, qui pourront contribuer financièrement au dispositif dans des conditions à préciser. Ce conseil d’administration sera assisté d’un comité d’orientation.

Voilà de beaux fromages en perspective pour des acteurs du logement qu’on n’entend guère, mais qui semblent avoir obtenu des compensations en nature: ils pourront siéger allègrement dans de nouveaux comités théodules où l’on boira du Champagne à la santé des mal-logés.

Ceux qui, un temps, se demandaient si la présence des Verts au gouvernement était compatible avec une bonne gouvernance sortiront rassurés de ce texte: Cécile Duflot s’est, mieux que quiconque, adaptée à la manie contemporaine de la technostructure interventionniste.

Des flics dans les logements étudiants? une pratique syndicale…

Les amateurs de littérature syndicale apprécieront l’exclusivité que se targuent d’avoir les syndicats de policiers sur les logements étudiants…

C’est une particularité de la police française: elle pratique le syndicalisme de service. En Ile-de-France, se syndiquer est le plus sûr moyen d’avoir accès à un logement aux prix les plus bas du marché, c’est-à-dire dans le parc social de l’Etat… ou dans le parc étudiant.

Pour mémoire, la police française est déchirée entre plusieurs syndicats qui se livrent une guerre sans pitié pour recruter des adhérents. Historiquement, le syndicat dominant était la FASP, devenue UNSA Police, qui n’a pas survécu à la tentative de rapprochement avec la CGC en 2009.

Aux élections de 2010, la scission de l’UNSA a permis à FO-Police, enrichi des dissidents de l’UNSA, de devenir le premier syndicat de la police nationale, avec 10 points de plus qu’Alliance Police, adhérent à la CGC. Depuis cette date, les deux syndicats se livrent une guerre sans merci.

Cette guerre se niche jusque dans les attributions de logement. Chaque syndicat fait la promotion des logements auxquels ses adhérents peuvent postuler. Une bonne façon d’attirer le chaland.

Voici par exemple la liste qu’Alliance vient de publier:

On notera que la liste commence par l’exclusivité dont le syndicat Alliance se revendique sur des logements étudiants situés dans les résidences « Studélites »qui appartiennent à la BNP. Au moment où la polémique fait rage sur la cherté des études universitaires… ce genre de publicité ne paraît pas particulièrement habile.

Mais peut-être le syndicat Alliance propose-t-il une démarche en amont de rapprochement entre étudiants et policiers… histoire d’adoucir les moeurs lors du prochain mouvement étudiant?