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Le MEDEF en recherche d’espérance

Tiens! c’est la rentrée du MEDEF… avec sa traditionnelle université d’été (la 18è… l’âge adulte!) au campus HEC de Jouy-en-Josas. Cette année, la thématique est « Y croire et agir!« . Il fallait un certain culot, en ces temps de déchirement autour de la religion, pour avancer le concept et même le revendiquer. On peut d’ailleurs se demander dans quelle mesure ce slogan aurait pu se retrouver sur l’une ou l’autre banderole politique ou associative.

Des maladresses diplomatiques vis-à-vis des Républicains

De façon assez curieuse, le MEDEF a invité certains candidats à la primaire des Républicains, mais pas tous. Faut-il y voir une mauvaise manière faite à certains?

François Fillon interviendra par exemple en même temps que Jean Lassalle, candidat probable du centre droit à la présidentielle, et Olivier Faure, député socialiste, sur le thème « Donnez-nous des raisons d’y croire », qui sonnera sans doute comme un exercice autobiographique. Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy interviendront de concert, face à Jean-Marie Le Guen, sur le thème du « Y croire, comment? », où ils pourront prodiguer quelques conseils au sous-ministre des relations avec le Parlement. Alain Juppé terminera l’exercice en solo avec « Y croire, pourquoi? ».

Cette programmation un peu baroque semble tout de même pleine de couacs, avec un traitement qui pourrait apparaître comme très favorable à Alain Juppé, qui sera sans contradicteur, alors que Nicolas Sarkozy devra répliquer à l’un de ses rivaux. On espèce pour le staff du MEDEF qu’il s’est bien backé avec chacun des candidats… et spécialement avec Nicolas Sarkozy. Dans le cas contraire, et dans l’hyopthèse où Nicolas Sarkozy remporterait la présidentielle, c’est tout de même le genre de bévue qui laisse des traces.

Mauvaise série pour Pierre Gattaz

Certains ironiseront au demeurant sur le « bon bougre » de Pierre Gattaz qui ne tient pas son organisation, et dont la programmation de l’université d’été constitue l’une des illustrations. Pour Pierre Gattaz, il ne s’agira que d’un rouage de plus en plus dans un engrenage qui l’a conduit sur la touche. Le réarbitrage cet été du pacte de responsabilité, avec un ciblage de la baisse de l’impôt sur les sociétés en faveur des TPE et des PME l’a montré. L’Elysée ne croit pas, ou plus, à Pierre Gattaz, et le prouve chaque jour.

Dans cette disgrâce (relative), les circonvolutions sinueuses du président du MEDEF dans ses engagements sur l’emploi ont beaucoup pesé. Ses revirements sur la loi Travail n’ont pas aidé. Tout laisse à penser que cette université d’été n’affermira guère la crédibilité de son président face à un exécutif qui entame sa campagne pour sa réélection. Probablement en vilipendant, une fois de plus, les patrons sous toutes leurs formes.

Un fâcheux rififi au MEDEF de Dunkerque

Personne n’en parle, mais beaucoup doivent y penser: le MEDEF de la Côte d’Opale connaît un véritable tremblement de terre, révélé par Le Phare Dunkerquois. Le président du conseil de surveillance de la « Maison Flamande » a démissionné de ses fonctions après que des soupçons sur des attributions illicites de marché aient pris de plus en plus d’ampleur.

Voici un florilège de l’article qui révèle l’affaire:

Le 2 mai dernier, Philippe Debernardi-Catrix a démissionné de son poste de président du conseil de surveillance d e la Maison Flamande après avoir quitté son poste de président de la commission d’appel d’offres.

Cette démission a été fortement encouragée par les instances locales du Medef, qui est l’un des deux principaux actionnaires de la maison flamande.

Patrick Gheerardyn, le directeur général du Medef dit avoir lancé cette démarche suite aux révélations de plusieurs entrepreneurs locaux du bâtiment, qui disent avoir été démarchés par un intermédiaire de M. Debernardi pour adhérer au Medef en échange de l’attribution de certains marchés.

Des faits plus graves pourraient être révélés par l’enquête policière. (…)

L’affaire aurait débuté avec la faillite d’une de ces entreprises du BTP. En épluchant ses comptes, on relève plusieurs irrégularités, dont certaines impliquent un intermédiaire en lien avec M. Debernardi. L’entrepreneur aurait admis avoir versé 5 000 euros à cet intermédiaire, en échange de l’assurance -verbale, ça va de soi- de remporter le chantier. Parallèlement, une seconde entreprise du BTP aurait fourni aux policiers des éléments de preuve de faits similaires.

Deux témoignages qui sonnent comme des pavés dans le marigot dunkerquois, et qui n’ont pas manqué de parvenir aux oreilles du directeur général du Medef Côte d’Opale, Patrick Gheerardyn et de son président, Thierry Malot. Et qui va amener les instances dirigeantes du Medef, par ailleurs actionnaires à 20 % de la Maison flamande, à prendre leurs distances avec un Philippe Debernardi devenu persona non grata… Patrick Gheerardyn témoigne : « C’est un peu délicat car les informations que nous avons sont verbales. Mais il y a un certain faisceau de circonstances qui ont conduit le Medef Côte d’Opale et son président Thierry Malot, à prendre des mesures de sauvegarde à l’égard d’agissements qui nous ont été rapportés oralement par un certain nombre d’entreprises. » Philippe Debernadi a été fortement invité à quitter la présidence de la commission d’appel d’offres de la Maison flamande : « Et comme le faisceau de circonstances est venu se préciser, Thierry Malot lui a enjoint de démissionner purement et simplement de la Maison flamande. »

Mais quels sont ces « faisceaux de circonstances » assez inquiétants pour que le Medef prenne ainsi le taureau par les cornes ? « Plusieurs entreprises, nous ont rapporté que M. Debernadi demandait à un tiers, que je ne connais pas personnellement de prendre contact avec des entreprises pour les faire rentrer dans un système et de les faire adhérer au Medef Côte d’Opale car cela fait partie du package. C’est inadmissible. » (…)

Un élu du Dunkerquois assure que selon ses informations, Philippe Debernardi et son intermédiaire auraient amassé un demi-million d’euros en échange de leur bienveillance envers certain bâtisseurs dunkerquois. Une autre source estime, « sans incriminer personne, je ne fais que relayer les rumeurs qu’on entend » qu’il s’agissait « de faire monter la marge de certains contrats pour empocher la différence… » Quant à la destination finale de ces sommes, alors là… ni notre élu ni les autres sources ne s’avancent. Les élus ne sont probablement pas assez bêtes pour empocher ce genre de commission directement. Interrogé, Patrick Gerrardyn a sa petite idée : « Ce qu’on va vraisemblablement trouver, c’est que certaines entreprises ont participé au financement de clubs ou associations liées à certaines municipalités. Ce qui en soi n’a rien d’illégal… si c’est fait volontairement par l’entreprise. » Et pas un chèque signé sous la pression pour remplir le carnet de commandes…

Loi Travail: à quel jeu joue le MEDEF?

Article écrit pour Atlantico.

Le MEDEF est-il un discret allié du gouvernement dans l’élaboration de la loi Travail? Plusieurs indices ont d’ores et déjà rappelé que, pour la confédération patronale, le texte était loin d’être aussi cataclysmique que son président ne l’a dit. Le report de toute décision sur la ligne à suivre annoncé aujourd’hui a confirmé le profond dilemme auquel les grandes entreprises sont confrontées aujourd’hui.

La ligne Gattaz contestée au MEDEF

Pierre Gattaz avait plusieurs bonnes raisons de se réjouir du texte gouvernemental. En premier lieu, ce texte faisait la part belle au poids du MEDEF dans le monde patronal, en lui majorant automatiquement ses voix de 20%. Certes, les députés ont écarté cette disposition dans l’attente d’un meilleur accord entre les parties patronales. Mais, pour Gattaz, ce seul motif valait bien un soutien discret.

En outre, le texte apporte d’importantes avancées pour les grandes entreprises qui font l’élection du président du MEDEF. Il permet, à ce stade, de nombreuses dérogations à la loi par accord d’entreprise, en excluant les PME de ce privilège. Comment refuser un tel cadeau?

Face aux hésitations de Gattaz, c’est la base qui a commencé à gronder. En particulier, le risque d’une surtaxation des CDD a beaucoup ému les entreprises qui consomment volontiers cette formule. C’est d’ailleurs sur ce point que surfe habilement la CGPME, avec son opération Patrons Vent Debout! Les entreprises inquiètes de cette surtaxation ont exigé de Pierre Gattaz une réaction ferme vis-à-vis des dérives du texte.

Gattaz se cornérise tout seul

De façon assez inattendue, Pierre Gattaz a donc répondu à l’attente de ses adhérents en… menaçant de boycotter la négociation sur l’assurance chômage. Beaucoup, dans le monde patronal, ont été désarçonnés en découvrant dans la presse cette annonce tonitruante.

Pour le MEDEF, la menace est particulièrement absurde. La convention assurance-chômage est en effet un texte purement paritaire. Il n’est pas contresigné par le gouvernement. Certes, l’Etat apporte sa garantie aux emprunts (colossaux) de l’UNEDIC, ce qui fait de lui un interlocuteur absent, mais pesant, dans les négociations. Formellement, néanmoins, menacer de quitter une table paritaire en rétorsion contre l’attitude d’une partie qui n’est pas prenante au débat est absurde.

Pire: le boycott du MEDEF dans cette négociation est un pousse-au-crime. Le départ du MEDEF légitimerait en effet une reprise en main du dispositif par le gouvernement. Celui-ci, sous la férule de Valls, a commencé à mettre plusieurs pieds dans le processus en intervenant directement sur le régime des intermittents. Plusieurs années auparavant, la création de Pôle Emploi avait constitué une première immersion forte dans le système. Une sortie du MEDEF signerait la fin du paritarisme dans la gestion du régime-chômage.

Le sparadrap Gattaz colle aux mains des patrons

Voilà donc le monde patronal prisonnier de la promesse gasconne de Gattaz (une de plus) et bien embarrassé pour agir. De deux choses l’une: ou bien le MEDEF se désolidarise complètement du texte El-Khomri (notamment parce que le rôle des accords d’entreprise est vidé de tout contenu) et on voit mal en quoi déserter la négociation assurance-chômage servirait la cause. Au contraire, il vaudrait mieux rester pour peser dans le sens inverse de celui voulu par le gouvernement. Ou bien le gouvernement rencontre les demandes du MEDEF (par exemple en actionnant le 49-3), et le MEDEF n’aura plus guère le choix: il sera de fait engagé à signer n’importe quelle convention assurance-chômage.

Dans tous les cas, l’impulsion de Gattaz se révèle difficile à gérer et ne fait guère l’affaire des PME, qui ont vraiment besoin de desserrer l’étau réglementaire pour retrouver des marges de manoeuvre internes.

Une fois de plus, le duo privilégié que le gouvernement forme avec le MEDEF joue un vilain tour aux entreprises de croissance en France.

 

MEDEF: ce qu’on ne vous a pas dit sur la loi Travail

Cet article est initialement paru sur TRIPALIO, pure player d’information sociale – article mis à jour à 21h15.

Peu à peu, le débat sur la loi Travail devient surréaliste. D’un côté, celle-ci s’enkyste peu à peu comme le symbole d’un abandon par François Hollande de toutes les valeurs de gauche. Elle nourrit un fond de contestation dont la Nuit Debout n’est que l’un des visages. Pour François Hollande, elle est en tout cas porteuse d’une défaite dès le premier tour aux prochaines élections présidentielles. D’un autre côté, elle se vide chaque jour un peu plus de son substrat « libéral » parce que le gouvernement tente d’arrondir les angles et fait des petits cadeaux aux contestataires.

L’étrange soutien du MEDEF au texte

Dans ce contexte étrange, la mollesse de Pierre Gattaz vis-à-vis d’un projet de loi de plus en plus éloigné de ses intérêts ne manque pas de surprendre. On l’a connu plus coriace sur le renoncement à plafonner les indemnités de licenciement, sur la taxation supplémentaire des CDD (dont l’intervention brouillonne de François Hollande ne permet plus de savoir si elle aura lieu ou pas), ou sur la confusion en matière de licenciement économique.

La mollesse du président du MEDEF le met en difficulté en interne. Beaucoup de ses adhérents sont des fédérations professionnelles où les petites entreprises sont majoritaires, ou en tout cas influentes (on pense à l’intérim, au Syntec, à la Propreté, au Bâtiment), et où le projet de loi passe mal. La grogne ne devrait d’ailleurs pas tarder à se faire sentir.

Pourtant, Gattaz arrondit les angles et propose régulièrement de « ne pas taper » sur le gouvernement. En coulisse, il ne s’en cache pas: il faut épargner Manuel Valls.

L’influence du gouvernement sur Pierre Gattaz

Certains en viennent à se demander quelle mouche pique le président du MEDEF. Les mauvaises langues ont une réponse toute trouvée, placée bien au-dessous de la ceinture: les affaires du président du MEDEF appartiennent à la complexe galaxie de l’industrie aéronautique française, où se fâcher avec le gouvernement obéit à un art subtil. Il est des sujets où l’on peut se livrer à un véritable combat de boxe, comme la fiscalité des entreprises, et plus encore la fiscalité des patrons. Mais il est des sujets qui valent bien une messe officielle: jamais on ne verra un patron de l’aéronautique se fâcher avec le pouvoir pour une histoire de droit du travail dans les petites entreprises.

Cette sensibilité patronale à l’influence gouvernementale n’est pas propre à l’univers de l’aéronautique. Elle a aussi joué à plein dans le secteur des travaux publics où Patrick Bernasconi, ancien président de la fédération éponyme, n’a jamais hésité à plaider pour la relance des investissements publics massifs. Un patron aussi peu libéral se devait de prendre la présidence du conseil économique, social et environnemental, en remerciement de ses bons et loyaux services.

Le cadeau du gouvernement à Pierre Gattaz

Ces alliances naturelles (et discrètes) qui rappellent qu’il existe en France, comme aux Etats-Unis, un complexe militaro-industriel qui a tout d’un gouvernement profond, sont curieusement la tasse de thé de François Hollande. Les partenaires sociaux ont pu le vérifier dans l’étrange cadeau que François Hollande s’obstine à faire à Pierre Gattaz depuis plusieurs années: reconnaître au MEDEF une présomption irréfragable de représentativité quand ce dispositif inventé sous De Gaulle a été supprimé par Nicolas Sarkozy pour les syndicats de salariés.

Il avait déjà tenté le coup avec la loi Rebsamen et c’est finalement l’article 19 de la loi El-Khomri qui le prévoit: sans aucune mesure d’audience, le MEDEF devrait être officiellement reconnu comme l’organisation patronale légalement majoritaire en France. Ce choix ne manque pas de surprendre, dans la mesure où ceux qui connaissent les milieux patronaux savent que le MEDEF est un mouvement confédéral et non fédéral. Il reçoit les adhésions de fédérations, et non d’entreprises. Si l’on faisait directement voter les patrons pour un syndicat patronal, le MEDEF ne remporterait certainement pas l’élection.

Les mauvaises langues l’assurent: cette stratégie qui consiste à graver dans le marbre une représentativité imaginaire n’est pas un accident de l’histoire, le produit d’un énième cafouillage d’un gouvernement dont la cohérence fut plus d’une fois prise en défaut. Il s’agirait plutôt d’une volonté affirmée de François Hollande: le MEDEF doit rester l’organisation patronale majoritaire coûte-que-coûte.

L’enjeu annexe de la représentativité patronale

L’enjeu du dossier ne se limite toutefois pas à une simple affaire de mains serrées sous les ors de la République. Elle a un impact financier direct, puisque la représentativité patronale sert de clés de répartition pour le fonds paritaire créé par la loi de mars 2014 (loi Sapin) sur la formation professionnelle.

A l’occasion de cette loi, on se souvient que le gouvernement a fait le choix de transformer les différentes cotisations servant à financer les organisations syndicales en une taxe nouvelle sur les salaires, infinitésimale certes, mais qui permet de dégager bon an mal an 50 millions d’euros pour le « financement du paritarisme ». Sur cette cagnotte, la moitié va aux organisations de salariés, et l’autre moitié aux organisations patronales. Elle rapporte environ 15 millions d’euros au MEDEF, soit un bon tiers de son budget.

Pour le MEDEF, le maintien de la représentativité est donc un enjeu financier: il permet de faire payer par les entreprises et les salariés un part importante de ses frais de fonctionnement.

François Hollande et le jardin à la française

Mais pourquoi, demandera-t-on, François Hollande tient-il absolument à asseoir le MEDEF (bien au-delà de Pierre Gattaz donc) comme l’interlocuteur patronal principal du gouvernement, en s’asseyant allègrement sur les principes d’audience que Nicolas Sarkozy avait imposés pour les syndicats de salariés? De ce point de vue, Hollande apparaît infiniment moins respectueux de la démocratie sociale que n’a pu l’être son prédécesseur.

Deux raisons peuvent expliquer ce choix profondément réactionnaire de la part d’un Président qui avait annoncé une grande lutte (jamais menée) contre la finance.

La première raison est circonstancielle. Les élections approchent et François Hollande aura besoin d’argent et de soutien pour sa campagne, s’il commet la folie de se présenter à sa propre succession. En 2012, déjà, il avait pu compter sur le soutien éclairé de quelques mécènes, dont son ancien camarade de promotion Henri de Castries, accessoirement patron d’Axa. Par les temps qui courent, un petit cadeau au MEDEF n’est donc pas mal venu.

La deuxième raison est plus profonde: François Hollande est avant tout un énarque de pure souche. Il aime l’économie conçue comme un jardin à la française, c’est-à-dire débarrassée de toutes ces scories inutiles que le directeur de la protection sociale de l’UIMM avait appelée, il y a quelques mois, la « concurrence émiettée ». Toutes ces petites entreprises, avec leurs patrons aux mains caleuses, aux ongles sales, au rire gras, amateurs de mauvais vin et de voitures clinquantes, quelle horreur! Qu’ils végètent, pourquoi pas, mais à condition d’être matraqués fiscalement en expiation de leurs fautes, mais qu’ils ne s’avisent surtout pas de fréquenter les palais de la République. Ceux-ci doivent être réservés aux gens fréquentables, qui ont pignon sur rue dans des mouvements financés par les entreprises des noyaux durs.

Une rébellion patronale en préparation?

Face à cet entre-soi de cols blancs aux bonnes manières, qui s’adressent des sourires de complaisance au bal de la Cour, les mouvements patronaux alternatifs grondent et grognent. Une coalition de laissés-pour-compte a même grossi les rangs des contestataires qui appellent au retrait de la loi. Elle rassemble l’UNAPL (mouvement des professions libérales, qui espère depuis plusieurs années toucher le pactole du « financement du paritarisme »), l’UDES (les patrons de l’économie sociale), et l’UPA (Union des Artisans).

Le fait que l’UPA ait rejoint cette coalition est un élément important. L’UPA est en effet reconnue comme représentative au niveau nationale, et constitue l’une des trois forces qui négocient les accords interprofessionnels. Son ralliement à la contestation s’explique par le « tour de cochon » que lui ont joué le MEDEF et la CGPME en signant un accord dans son dos répartissant 90% des voix dans les structures paritaires.

Le dilemme de la CGPME

Pour que cette fronde patronale réussisse, il faudrait qu’elle soit rejointe au moins de fait, à défaut de l’être formellement, par le troisième syndicat patronal représentatif au niveau national: la CGPME. Pour cette organisation, c’est un véritable dilemme qui s’ouvre.

D’un côté, demander le retrait de la loi à ce stade est un exercice compliqué pour les raisons exposées ci-dessus: le MEDEF a passé un accord avec la CGPME pour se partager le magot du paritarisme sans mesure effective de l’audience de ces organisations parmi le monde patronal. Cette mesure de sécurisation et de consolidation dans un monde de plus en plus précaire constitue un avantage important qu’il est difficile de jeter aux oubliettes. De ce point de vue, Gattaz a joué fin en arrimant à lui la CGPME dans cette aventure.

Gattaz contraint par sa base à durcir le discours

D’un autre côté, la grogne monte. Si le député Sirugue, rapporteur de la loi, a « fait le taf » en adaptant la définition du licenciement économique aux problématiques des petites et très petites entreprises, la taxation des CDD constitue un casus belli majeur. Pour l’instant, l’équilibre est encore suffisant dans la loi pour ne pas appeler à son retrait, mais il ne faudrait pas de goutte d’eau supplémentaire. Un amendement malheureux, une concession nouvelle du gouvernement, mettrait en effet la CGPME au bord d’un précipice…

C’est le sens de l’intervention de Pierre Gattaz en conférence de presse ce mardi matin. Le président du MEDEF a même menacé, comme la CGPME, de quitter la table de négociation si le gouvernement ne revenait pas à de meilleures intentions. La pression des fédérations a fait son oeuvre.

Bref, les enjeux de la loi El-Khomri sont de plus en plus internes au monde patronal, à défaut d’espérer encore créer de l’emploi. Et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que les patrons, à leur tour, réclament son retrait.

LA BARÉMISATION DU LICENCIEMENT: ENCORE UNE IDÉE ILLIBÉRALE DU MEDEF!

Dans le débat qui agite les partenaires sociaux et le gouvernement sur la réforme du droit du travail, la question de la barémisation des indemnités de licenciement illustre une fois de plus la logique illibérale du MEDEF, voire son appétit étatiste et réglementariste permanent.

Le paradoxe du MEDEF

C’est probablement le paradoxe le plus étrange que personne ne soulève.

D’un côté, le MEDEF peste contre la complexité du droit du travail et prône (à juste titre!) une mise en application du choc de simplification imprudemment promis par le chef de l’Etat comme une solution miracle. A la manière de la Vierge à Lourdes, le choc tant attendu ne s’est toujours pas manifesté aux profanes chefs d’entreprise, même si François Hollande, campé en Bernadette Soubirou, soutient qu’il s’est bien produit.

D’un autre côté, le MEDEF ajoute sa voix à l’appel collectif permanent en faveur de l’inflation réglementaire et de l’expansion administrative constante. En demandant au gouvernement de barémiser les indemnités de licenciement, le MEDEF propose en effet qu’une nouvelle couche de règles soit posée sur le contrat de travail, sur son exécution et sur dénouement. On peut en comprendre les raisons, mais il n’empêche que cette logique procède bel et bien d’une manie qui se situe aux antipodes de la logique libérale.

Le patronat n’aime pas la concurrence sur la main-d’oeuvre

Sur le fond, la revendication du MEDEF se situe dans la continuité des revendications patronales exprimées depuis le début de la Révolution industrielle. Pour éviter une concurrence débridée sur la main d’oeuvre susceptible de déstabiliser la vie des entreprises et de concourir à une amélioration de la condition salariale, les organisations patronales françaises ont toujours préféré limiter au maximum la concurrence sur les salaires et les rémunérations. L’objectif de cette stratégie a toujours été d’éviter une surenchère féroce entre entreprises sur ce domaine.

La création du Comité des Forges puis de l’UIMM il y a plus de cent ans fut d’ailleurs la première réponse institutionnelle à cette problématique. Elle visait à mieux coordonner les positions des entreprises face aux revendications salariales. Pour assurer un maximum d’efficacité à cette réponse patronale, la tradition a beaucoup misé sur le syndicalisme de branche, qui permettait de circonvenir les mouvements par entreprise.

La tradition qui suivit de négociations salariales au niveau des branches, ancrées dans les pratiques françaises jusque dans les années 90, a bien exprimé cette stratégie patronale proche d’une logique des corporations.

La barémisation des indemnités de licenciement, avatar du corporatisme

La barémisation des indemnités de licenciement se situe bien dans la suite de la tradition corporatiste dont le patronat français ne peut se détacher. Le licenciement constitue l’un des derniers espaces où la relation contractuelle se noue au niveau de l’entreprise, dans une logique de négociation directe entre le salarié et son employeur. Il est en quelque sorte un espace de liberté où chaque entreprise doit se « débrouiller », en cas de licenciement, pour transiger avec le salarié de telle sorte qu’il ne recourt pas aux prudhommes.

Barémiser l’indemnité de licenciement permet de supprimer cette liberté contractuelle et d’imposer un tarif unique, commun à toutes les entreprises, là où la liberté existe.

L’objectif est simple: il consiste à aider les chefs d’entreprise démunis face à des « manoeuvres » des salariés licenciés. Pour défendre cette mesure, beaucoup rappellent les « abus des salariés » et l’incertitude de la justice prudhommale.

Il n’en reste pas moins que les chefs d’entreprise qui investissent dans les ressources humaines, notamment pour fixer des indemnités qui rendent les prudhommes inutiles en seront pour leur grade. Une fois de plus, la solidarité envers les moins vertueux ou les moins efficaces prend le pouvoir et la réglementation procède à un nivellement des pratiques patronales par le bas.

Au fond, le patronat français aime la concurrence quand elle lui profite, et il la désteste quand elle le menace. Il aime la liberté quand elle lui permet de gagner, il lui préfère la réglementation quand il risque de perdre. Le réflexe est compréhensible, et même cohérent en termes d’intérêt. En revanche, ne jamais oublie rque la règlementation appelle la règlementation.

Malin comme un singe, Gattaz va-t-il retrouver la banane?

Pierre Gattaz s’est rendu aux Antilles où il a annoncé son soutien à la banane française: une façon de rappeler que, dans le rapport de force qu’il a entamé avec le gouvernement, il n’a pas encore rendu les armes – bien au contraire.

Gattaz: une vie professionnelle pénible

Après sa visite revigorante aux Antilles, où la banane lui a dévoilé tous ses secrets, Pierre Gattaz a retrouvé la vie pénible à laquelle il est soumis à Paris. Au menu: les discussions sur le ralliement ou non aux manifestations prévues début décembre par la CGPME. Pour le président du MEDEF, le sujet n’est pas mince. Si la CGPME réussit à mobiliser sans le MEDEF, elle retrouvera quelques-unes des couleurs qu’elle a perdues ces derniers mois, et fera la démonstration de sa légitimité auprès des PME et des TPE. Sinon, elle pourra attribuer son échec au président sortant, Jean-François Roubaud, ce qui sera ans impact pour l’avenir.

Le pari est donc complexe à relever pour Gattaz, car lui n’est pas sortant, et l’échec d’une mobilisation auprès du tissu des TPE et des PME pourrait lui coûter cher dans sa légitimité face au gouvernement, déjà écornée ces derniers mois sur différents dossiers. Inversement, laisser la CGPME occuper le terrain peut, en cas de réussite du mouvement, constituer une erreur stratégique majeure.

Au coeur d’un mouvement qui foisonne en revendications, on trouve évidemment la mise en place du compte pénibilité qui cristallise toutes les passions. En plein choc de simplification, la mise en place de cette usine à gaz coûteuse et inutile exaspère de nombreux patrons qui préféreraient passer plus de temps à chercher des clients qu’à remplir des paperasses obscures.

Gattaz entre deux eaux

La perspective du mouvement de grève patronal a donné lieu cette semaine aux rumeurs les plus folles, qui tiennent toutes aux rapports de force internes au MEDEF. Plus personne ne sait très bien où se trouve le curseur aujourd’hui, et les analyses vont bon train.

Pour certains, les grandes fédérations ont dissuadé Pierre Gattaz d’appeler à des manifestations de rue, par crainte de débordements qui nuiraient à l’image patronale. Pour d’autres, la ligne dure serait tenue par Geoffroy Roux de Bézieux, porté par les fédérations de la banque, de l’assurance et du bâtiment, qui considèrent que face à un gouvernement affaibli une offensive s’impose.

On restera quand même un peu sceptique à l’idée que les banques et les compagnies d’assurance se fassent plus dures que les petits patrons sur des questions comme la pénibilité. Ces secteurs, qui sont d’ailleurs dominés par des anciens hauts fonctionnaires plus ou moins dépendants du pouvoir, ont peu d’intérêt à se mettre en avant sur des sujets qui concernent en priorité les TPE et les PME.

De tout cela, il ressort donc une grande confusion, où l’incertitude semble régner.

Les patrons suspendus à l’avenir de l’UIMM

Derrière ces affrontements, deux successions sont au coeur des manoeuvres de coulisse. D’abord celle de Jean-François Roubaud à la CGPME, évoquée plus haut, mais surtout celle encore peu abordée de Frédéric Saint-Geours à l’UIMM. Celui-ci devrait abandonner la présidence de la métallurgie au printemps 2015. Personne n’en parle mais tout le monde y pense.

L’enjeu pour le monde patronal est de taille: l’UIMM constitue aujourd’hui l’interlocuteur privilégié (et le plus représentatif) du gouvernement sur les questions sociales. La pondération de l’UIMM et de son délégué général Jean-François Pilliard sont des éléments cachés mais importants du dialogue social. Sans l’intervention « lourde » de Jean-François Pilliard dans la négociation sur le chômage, la convention en cours n’aurait probablement jamais été signée, et le gouvernement aurait eu les mains libres pour étatiser le régime. De façon significative, Jean-François Pilliard n’a d’ailleurs pas été choisi pour conduire la négociation sur la modernisation du marché du travail, qui patine dans la semoule depuis plusieurs semaines.

Du jour où l’UIMM bascule sur la ligne offensive incarnée par Gattaz, on pourra démarrer le compte à rebours définitif du dialogue social en France. Cette donnée pèse fortement sur les anticipations des acteurs. Le ralliement de l’UPA au mouvement de grève patronal participe de ces calculs où plus personne ne veut prendre le risque de rater le train du printemps 2015, où UIMM et CGPME risquent de recomposer, ensemble, le rapport de force interne.

La mort clinique du dialogue social dans les PME?

Reste que cette tendance générale a une conséquence directe: un axe « anarcho-syndicaliste » regroupant la CGPME et la CGT semble se dessiner pour convenir de revenir aux grandes principes de la lutte des classes d’avant 40, et pour tuer toute forme de syndicalisme dans l’entreprise sous le seul de 50 salariés.

On se souvient que la CGPME est parvenue à convaincre le MEDEF d’endosser cette revendication antédiluvienne, qui exprime bien la nostalgie passéiste d’une fraction du patronat face à un monde en plein bouleversement. La CGT a créé le buzz cette semaine en saisissant la balle au bond, et en proposant de revenir aux méthodes syndicales en vigueur dans les années.

« Jusqu’à 49 salariés, on a un problème général de représentation ; nous voulons que ceux qui n’ont pas de représentants dans l’entreprise puissent en avoir à l’extérieur, élus sur listes syndicales tous les quatre ans », a expliqué Agnès Le Bot, en charge du dossier au bureau confédéral, précisant que l’élection de délégués du personnel resterait possible à la demande des salariés de toute entreprise. « Nous faisons le pari de la représentation extérieure pour faire gagner plus de droits aux salariés », a ajouté Mohammed Oussedik, autre membre du bureau confédéral.

L’idée est de constituer des comités paritaires territoriaux par secteur aux larges compétences. Un mouvement déjà enclenché dans l’artisanat, les emplois à domicile ou les professions libérales, soit déjà plus de 3,5 millions de salariés, sans compter l’agriculture, a souligné Philippe Antoine, de la CGT.

Parmi les autres propositions de la centrale, il en est une autre moins grand public mais qui sera aussi regardée avec attention par les autres partenaires sociaux et le gouvernement : « On peut rationaliser un certain nombre d’informations-consultations des instances représentatives du personnel », a affirmé Mohammed Oussedik. Il propose « une rationalisation en quatre temps — stratégie, emploi et bilan social, situation économique, éléments de rémunération — s’articulant chacun avec des obligations de négocier ».

Voilà le retour en force de la Charte d’Amiens où l’entreprise est un lieu de conflictualité et où le syndicalisme est mené par des forces extérieures dont l’objectif est l’expropriation des patrons. La puissance de cette idée tient largement à l’astuce avec laquelle Mohammed Oussedik l’a amenée: en proposant un compromis sur la rationalisation des instances représentatives, la CGT opère un rapprochement tactique de grande ampleur avec… le patronat le plus réactionnaire, tout en rendant possible un accord avec le MEDEF. Bravo!

La CGT cherche à se relever de ses ruines

Le succès d’audience que la CGT s’est taillé en lançant sa proposition n’est paradoxalement peut-être pas bon signe. La stratégie suivie jusqu’ici par Thierry Lepaon dans les négociations interprofessionnelles a consisté à placer des gens moins compétents que lui à la tête des délégations CGT pour éviter qu’une figure susceptible de le concurrencer n’émerge. D’où la présence d’Agnès Le Bot dont l’absence d’idées n’est contestée par personne. Le fait que Mohammed Oussedik, dont Thierry Lepaon veut la peau depuis l’éclatement du scandale sur son appartement, puisse exprimer publiquement des propositions intelligentes est le signe manifeste d’un affaiblissement de l’organisation.

L’onde de choc produite par les révélations du Canard Enchaîné n’en finit pas de miner la confédération. Des fédérations s’expriment ouvertement pour dire leur malaise, ce qui constitue une innovation forte au sein du syndicat. Thierry Lepaon mobilise pourtant sa garde. Les unions normandes s’efforcent de dire tout le bien qu’il faut penser de ce secrétaire général.

« Qu’il y ait débat sur le sujet est légitime. Oui, la somme semble importante pour un appartement loué et particulièrement vu de province. Pour autant, il fallait bien que ces travaux soient réalisés afin de permettre que pour une fois, nous n’ayons pas un Parisien à la tête de la CGT. Mais de toute façon, ce ne sont pas des fonds publics mais bien ceux de la CGT. Alors pourquoi tout ce bruit autour ? N’oubliez pas qu’il y a prochainement des élections professionnelles dans la fonction publique. Et puis quoi ? Devons nous mettre des pantalons rapiécés parque nous sommes élus de la CGT ? Cette affaire ne pourra faire vaciller des engagements que s’ils n’étaient pas si forts. »

Bernard Thibaut continue à manoeuvrer pour sauver les meubles.

Heureusement pour Thierry Lepaon, le trésorier de la CGT a décidé de ne pas parler. Peut-être aurait-il révélé les dessous des travaux dans l’appartement. Pour l’instant, le conflit s’est stabilisé sur le front de l’est.

Des arbitrages douloureux en vue

Pendant que les conflits de pouvoir déchirent les organisations syndicales et que la comédie parisienne continue, les tristes réalités reviennent au galop. Ainsi, le MEDEF a encore donné de belles leçons de gestion publique au gouvernement:

« Alors que la situation des finances publiques françaises fait partie des plus préoccupantes de l’Union européenne, le Medef constate que les mesures correctrices adoptées en Conseil des ministres (mercredi) matin dans le cadre du PLFR 2014 n’apportent aucune réponse sérieuse et pérenne en matière de dépenses publiques et de relance de l’activité », affirme l’organisation patronale dans un communiqué.

… il doit affronter la ruine financière de l’AGIRC, caisse de retraite supplémentaire des cadres. Celle-ci est en quasi-cessation de paiement et devrait prochainement disparaître. C’est évidemment toujours plus facile de donner les leçons que de les appliquer!

Quelques petits scandales patronaux pour la route

Au passage, le mouvement patronal n’est lui-même pas exempt de ses petits scandales qui font tache dans le paysage. A Lyon, le rapporteur public du tribunal administratif a demandé l’annulation des récentes élections à la chambre de commerce et d’industrie. La CGPME et le MEDEF y avaient obtenu la tête d’un président récalcitrant, Philippe Grillot.

Indépendant et électron libre par rapport aux puissants syndicats patronaux que sont le Medef et la CGPME, Philippe Grillot avait eu des prises de position iconoclastes, en souhaitant notamment regrouper certaines CCI de la région pour réaliser des économies.

Un patron qui propose de réformer pour dépenser moins? Voilà qui justifiait un coup d’Etat, que la justice administrative vient d’annuler. Amusant non?

Pendant ce temps, la tension monte dans la société civile

La semaine aura par ailleurs été marquée par la tension autour du barrage de Sivens et des suites liées au décès accidentel d’un manifestant sur le site. Les syndicats n’arrivent pas à mobiliser les salariés. Mais la société s’échauffe, se tend. Et ça, c’est peut-être la nouvelle marquante de l’automne.

 

MEDEF: Sortir des conventions de l’OIT?

Le président du MEDEF, Pierre GATTAZ, a surpris de nombreux interlocuteurs en proposant, dans une interview à la presse, de sortir le droit français du licenciement du giron de l’Organisation Internationale du Travail. L’OIT, qui garde le temple des droits des salariés, dispose en effet, dans l’article 4 de sa convention n°158 : « Un travailleur ne devra pas être licencié sans qu’il existe un motif valable de licenciement lié à l’aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l’entreprise, de l’établissement ou du service. »

#tweetclash : #Gattaz, toujours plus provocateur par Lopinionfr

Ce principe n’est pas une création isolée dans l’ordre juridique international, et encore moins dans l’Etat de droit au sens large. Il fut conçu pour protéger la lutte contre les discriminations dans la sphère économique. En particulier, l’obligation de motiver un licenciement permet de limiter la discrimination contre les syndicalistes, mais aussi la discrimination raciale ou religieuse.

Il est assez curieux de voir cette proposition émerger à un moment où les libertés publiques sont malmenées et où, tout spécialement, les questions religieuses parcourent de façon de plus en plus intense le débat public.

On peut comprendre l’objectif de « flexibilité » ou de plus grande souplesse poursuivi par le président du MEDEF. En revanche, la voie choisie pour promouvoir cette souplesse paraît singulièrement disproportionnée et en rupture avec la tradition française de liberté et d’égalité. Comment en effet justifier que la France s’isole aussi brutalement de l’ordre juridique libéral qui prévaut dans le monde en préconisant une mesure qui est à l’opposé de son histoire et de la marque qu’elle a laissé aux autres nations ?

Dans la recherche de performance de l’entreprise, l’abandon par la France de la convention n°158 pourrait d’ailleurs céder rapidement la place au chaos, en transformant les rapports sociaux en une foire d’empoigne ou toute décision patronale sera vécue comme le caprice d’un prince tout-puissant. Dans ces conditions, on voit mal quel engagement les salariés pourraient sérieusement poursuivre de façon sincère et durable.

Il est d’ailleurs assez étonnant de voir que l’appel du sens lancé par la transformation numérique de la société soit si mal entendu par le mouvement patronal. Mais peut-être que le mouvement patronal se sent plus conservateur que libéral.

Micron Gattaz et Macron ministre jouent à l’avalée de couleuvres

Avec les mouvements d’humeur d’Angela Merkel contre les dérapages budgétaires français, le ministre Macron a lancé un concours d’avalée de couleuvres auprès des organisations syndicales, rapidement suivi par le MEDEF. Objectif: faire endosser aux salariés du secteur privé les efforts que le gouvernement ne veut pas imposer aux fonctionnaires.

Le gouvernement réforme le privé pour préserver l’Etat

Tout a commencé, bien évidemment, lorsque notre pacifique voisin allemand a expliqué qu’il pousserait la Commission Européenne à retoquer le budget français si la France ne réformait pas rapidement son marché du travail. Dans le viseur teuton se trouvent plusieurs cibles de choix: la générosité de notre système d’indemnisation du chômage, la rigidité de notre législation sur la durée du travail (notamment sur le travail du dimanche, mais à coup sûr on reparlera prochainement des 35 heures), et la générosité de notre sécurité sociale.

Pour le gouvernement, un dilemme se pose: soit il veut se passer du consentement allemand, et il doit alors taper dans le dur des dépenses publiques – ce qui revient à reprendre la main sur un appareil d’Etat hors de contrôle et à se fâcher avec les fonctionnaires. Soit il veut ménager ses « insiders » favoris que sont les légions de fonctionnaires en leur évitant des coupes sombres dans les dépenses, et il doit alors obéir à l’Allemagne, c’est-à-dire entamer les réformes qui fâchent dans le secteur privé.

Sans surprise, le gouvernement a fait le choix de préserver la noblesse d’Etat et de s’attaquer en priorité aux manants qui se salissent les mains dans les entreprises.

Macron envoyé en première ligne

Pour le gouvernement, l’exercice est loin d’être simple, puisqu’il faut dans un seul mouvement obéir à l’Allemagne, réformer l’irréformable, donner le sentiment que tout cela vient de nous, et ne pas perdre sa majorité parlementaire, ni mettre les Français dans la rue. Pour le présumé candidat à la présidentielle de 2017 nommé Manuel Valls, comme pour l’autodéclaré candidat François Hollande, ce petit passage du cap Horn intérieur constitue une sérieuse prise de risque. A coup sûr, chacun d’eux a retenu la leçon d’Alain Juppé qui avait fait le malin sur tous ces sujets en 1995, et qui, 20 ans plus tard, le paie encore méchamment.

Il a donc été décidé d’envoyer le jeune et joli voltigeur Emmanuel Macron, qui aime tant plaire dans les salons, sur ce front si ingrat. L’impétrant s’est immédiatement consacré à cette tâche avec l’enthousiasme du poilu d’août 14, multipliant les déclarations tapageuses dans tous les médias qu’il avait sous la main. Dans le Journal du Dimanche de la semaine dernière, son interview tapageuse a alimenté la chronique sociale pendant toute la semaine, et probablement au-delà.

Micron Gattaz en troupe d’appui

Il n’en fallait pas plus pour que le président du MEDEF, emboîte le pas au ministre de l’Economie pour faire à son tour avaler le plus de couleuvres possibles, et se lance avec lui dans un festival qui le désigne tout entier pour être désormais surnommé Micron Gattaz (le micron constituant peut-être une allusion à la largeur de ses vues générales ou à sa connaissance des dossiers).

Dès le lendemain, Micron Gattaz écrivait sur son blog:

Pas la peine de se raconter des histoires, si on ne réforme pas très vite, le chômage va continuer à augmenter (au pire), se stabiliser (au mieux) sur les prochains mois et années.

Conséquence : nous sommes obligés de continuer les réformes de l’assurance chômage pour essayer de contenir le déficit structurel du système (plus de 3 milliards d’euros par an).

Sans la garantie de l’Etat, ce système paritaire serait aujourd’hui en faillite. Refuser de le voir, refuser d’en discuter, refuser de changer est irresponsable pour notre système, et dramatique vis à vis de ceux qui devront rembourser les montagnes de dette, c’est-à-dire nos enfants et petits-enfants …

Evidemment, ce n’est pas comme si Gattaz avait signé il y a six mois une convention d’assurance-chômage qui ne contient aucun de ces éléments de réforme, et qui ne vit d’ailleurs que par le soutien de l’Etat, tant le MEDEF a été incapable de la piloter efficacement.

Micron et Macron rivalisent pour plaire à l’Allemagne

Du coup, la semaine s’est passée dans un festival de déclarations toutes plus tapageuses les unes que les autres, comme si Micron et Macron rivalisaient à celui qui fera avaler le plus de couleuvres aux organisations syndicales.

Micron Gattaz s’est lancé dans une surenchère, culminant avec sa conférence de presse du mardi où il a revendiqué la suppression de tout ou presque: pénibilité, consultation des salariés en cas de cession, et bien sûr réforme de l’assurance chômage.

Le lendemain, Macron reprenait le flambeau en lançant une nouvelle idée: élargir les possibilités de travailler le dimanche.

Tiens, celle-là, Micron Gattaz ne l’avait pas eue. Du coup, pour ne pas perdre la face, il s’est fendu d’une nouvelle surenchère: la loi sur la transition énergétique ne convient pas.

Mais voui! on vous le dit, messieurs Micron et Macron, vous serez bientôt déclarés Citoyens d’Honneur de la République Fédérale Allemande réunifiée, et vous aurez peut-être même la médaille du Mérite allemand, voire plus…

Les syndicats inaudibles

Le gosier trop occupé à avaler ces couleuvres, nos syndicalistes ont été à peu près inaudibles tout au long de la semaine sur ces sujets majeurs. En dehors d’un rejet global, on n’a rien entendu. C’est à peine si l’Humanité a publié un communiqué de FO pour condamner les propos d’Emmanuel Macron.

Il faut dire que le mouvement national lancé jeudi par la CGT pour protester contre le financement de la sécurité sociale s’est révélé être un flop complet (comme prévu), à Paris en tout cas, car beaucoup de villes de province ont été le théâtre de manifestations de taille limitée, certes, mais assez présentes sur l’ensemble du territoire.

Dans ces conditions, on ne sera guère surpris de cette espèce de domination médiatique sur les questions de réforme du marché du travail.

Une montée du risque social

Comme toujours, la question centrale est de savoir si cette relative quiétude parisienne reflète bien la réalité du terrain et ne cache pas des tensions locales qui constitueraient autant de risques pour le gouvernement.

Au grand dam des syndicats représentatifs, la reculade de Ségolène Royal devant le mouvement des Bonnets Rouges, sur la question de l’éco-taxe, semble avoir éteint l’incendie qui s’était allumé. Cette décision manifeste d’ailleurs l’échec de la lutte syndicale traditionnelle et consacre le triomphe des nouvelles formes de lutte.

Pour le reste, certains brasiers restent chauds. C’est notamment le cas à la SNCM où les organisations syndicales n’ont probablement pas dit leur dernier mot. Mais une attention mériterait d’être marquée au service public, où le mauvais pilotage des réformes exaspèrent les personnels. Au ministère des Finances, la colère ne cesse de gronder. A l’AP-HP, le regroupement des hôpitaux Beaujon, Lariboisière et Bichat suscite des remous. A Calais, les policiers ont appelé la population à manifester de leur côté.

Tout ceci témoigne d’un malaise face auquel la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) semble curieusement inerte, comme si la pression exercée sur les dépenses n’appelait pas à une vigoureuse réaction prospective.

Le MEDEF joue et perd au jeu du million

Le feuilleton des propositions du MEDEF pour créer un million d’emplois est reparti de plus belle cette semaine. Il a même dominé les autres sujets comme la baisse du chômage et le conflit social à Air France.

L’Arlésienne du million d’emplois

La promesse du million d’emplois, on l’a trop souvent oublié, date du 25 octobre 2013. Pierre Gattaz avait alors écrit à ses adhérents un courrier promettant un million d’emplois en 5 ans si des réformes de structure s’engageaient. Cette belle opération de communication visait à « enfermer » le gouvernement dans une tenaille l’obligeant à annoncer des baisses de cotisations sociales. Pierre Gattaz ne s’imaginait sans doute pas, à ce moment, que la question du « million » allait devenir, pour l’ensemble du MEDEF, un sparadrap digne du capitaine Haddock. Gattaz parlait d’un million d’emplois, comme les producteurs de pétrole et de gaz parlaient d’un million d’emplois grâce au gaz de schiste, comme Herman Van Rompuy parlait de deux millions d’emplois grâce à la transition énergétique en Europe. Il ne fallait rien y voir d’autre que des gimmicks de communicants.

Par on ne sait toujours pas quelle folie ni quelle incompétence, François Hollande a pris cette promesse au mot et a lancé, le jour de ses voeux aux Français, le pacte de responsabilité, troquant des dizaines de milliards de baisses de cotisations contre des engagements à créer un million d’emplois. C’était évidemment emmener le pays tout entier dans un engrenage infernal. Depuis le mois de janvier, une grande partie du débat social en France est polarisée sur cette question.

Le MEDEF et les 25 verroux

Après avoir obtenu sans contrepartie autre que de vagues négociations de branche le cadeau socio-fiscal qu’il demandait, le MEDEF, mis au pied du mur, a assez logiquement poussé son avantage en annonçant que sa promesse de créer un million d’emplois était désormais subordonnée à la levée de 25 verrous (sans compter le report de la pénibilité, et quelques autres requêtes).

Pierre Gattaz : « Je pourrais ne pas aller à la… par Europe1fr

Il est vrai que, sommé de tenir ses promesses de création d’emplois, Pierre Gattaz se trouve alors pris au piège du bourbier qu’il a lui-même créé.

Le MEDEF cherche désespérément des propositions cohérentes

Le MEDEF passe alors son été à chercher les propositions qu’il pourrait bien formuler afin de créer, de façon réaliste, un million d’emplois. Panique à bord! Un premier document est établi en interne, qui paraît vraiment trop léger pour tenir la route. Promis pour les universités d’été, ce petit memorandum va connaître une multitude de reports et de couacs, qui laissent perplexes sur la communication au sein de la maison patronale.

Dans cette espèce de débandade qui connaît un raté par semaine, le MEDEF parvient à commettre des erreurs colossales. Par exemple, la publication du document aux universités d’été est reportée parce que, selon Pierre Gattaz: « L’idée est d’être plus positif lors de l’université d’été ». Il aurait voulu préparer le bad buzz autour de son document, il ne s’y serait pas pris autrement. Surtout que, le 16 septembre, il donne une interview au Parisien où il déclare que le « notre modèle social a vécu ».

Tout le monde s’attend alors à un document révolutionnaire, qui devrait « renverser la table ».

La CGPME tire dans le dos du MEDEF

Ultime couac avant la publication de ce document agité comme un chiffon rouge depuis plusieurs mois par le MEDEF: la CGPME, dans une concurrence qui laisse les patrons perplexes, inflige un joli camouflet à sa grande soeur, en publiant la veille un document concurrent. Ces 10 propositions pour l’emploi vont dans le même sens que les propositions du MEDEF: plus de flexibilité, moins de rigidité sur le marché du travail, avec des contrats à durée déterminée allongés et des contrats à durée indéterminée plus flexibles.

Manifestement, dans le monde patronal, tout le monde se presse pour jouer au jeu du million, mais il n’est pas sûr que cette stratégie convainque la petite sphère du social.

Les propositions du MEDEF déçoivent

Face à cet intense teasing, l’exercice du MEDEF, qui était péniblement parvenu à boucler son document, s’annonçait comme très ingrat. Et le résultat n’a surpris personne: l’essentiel des propositions est apparu comme du réchauffé, laborieux et sans unité. Seule la Tribune a évoqué un « grand soir social« . Les autres commentateurs se sont montrés beaucoup plus circonspects.

Les solutions proposées pour l’emploi reprennent aussi les souhaits récurrents des différentes fedération du Medef. On retrouve ainsi l’exploitation du gaz de schiste qui réjouira l’Ufip, la critique de Bale 3 et de Solvency 2, que réclament banques et assureurs ou encore la demande que les collectivités locales reprennent le programme d’investissement dans les infrastructures, une mesure présentée par Patrick Bernasconi l’ancien patron de la fédération des travaux publics. Du classique comme l’ouverture des commerces le dimanche pour stimuler le tourisme.

Le MEDEF veut-il ou non supprimer les 35 heures?

Plus grave sans doute, personne ne sait vraiment quelle est la position du MEDEF sur les 35 heures.

Pierre Gattaz refuse de dire qu’il veut supprimer les 35 heures, mais il est d’accord pour que ce ne soit plus la durée légale. Subtile nuance reprise par Geoffroy Roux de Bézieux qui explique que les 35 heures ne sont pas la durée légale (!), que la durée du travail annuelle est la seule pertinente et que la seule durée légale qui vaille ce sont les 48 heures hebdomadaires maximum prévues dans la loi. Quand on lui demande si les entreprises sont prêtes à renoncer, en échange, aux allègements de charges dont elles bénéficient, la réponse convainc partiellement. « C’était pour compenser la hausse du coût du travail consécutive à la réduction du temps de travail. Les entreprises n’ont pas baissé les salaires alors », explique Geoffroy Roux de Bézieux.

De là à augmenter les salaires si l’on travaille davantage ? Interrogé sur ce point, à propos de la suppression souhaitée de deux jours fériés, Pierre Gattaz a estimé que c’était aux entreprises de juger au cas par cas.

Ce flou fait évidemment un peu tache dans le paysage social: un coup, Pierre Gattaz annonce qu’il faut travailler plus, un coup il garantit qu’il ne veut pas remettre en cause les 35 heures, un coup il explique qu’il ne sait plus trop bien. La maison MEDEF qui mollit face à l’obstacle, ça fait bizarre.

Une réception cataclysmique

Au sein même de son « camp », Pierre Gattaz a trouvé peu de défenseurs. L’attaque en règle venue de Nicolas Doze sur BFM en dit long sur le désarroi que cette stratégie de communication a semé:

 

Les organisations syndicales vent debout

Sans surprise, les organisations syndicales ont évidemment dénoncé ces propositions patronales. La CGT n’a pas tardé à apporter sa voix, comme la CFDT d’ailleurs. Même la CFTC n’a pas caché son hostilité

Dans la pratique, le curieux exercice auquel le MEDEF s’est livré devrait contribuer à l’enterrement de première classe pour l’ensemble de ses propositions. On voit en effet mal quelle organisation syndicale pourrait collaborer à un projet aussi flou, changeant, mal embouché, alors même que le mouvement patronal a obtenu gain de cause sur le pacte de responsabilité. De son côté, le gouvernement a adopté un ton dur pour répondre au MEDEF.

On notera la tribune de Gabriel Artero, de la CGC:

Les propositions du Medef présentées officiellement en conférence de presse le 24 septembre par un Pierre Gattaz arborant le pin’s « 1 million d’emplois » à la boutonnière risquent d’exacerber un peu plus ce sentiment d’incompréhension entre les parties prenantes : Medef, Etat et organisations syndicales. L’art du contrepied incessant ou la volonté de pousser les curseurs de la flexibilité au maximum sont peu propices à une évolution du dialogue social, que pourtant, tous appellent de leurs vœux.

La question des 35 heures et des accords d’entreprise devrait donc être oubliée pour un petit moment.

La CFDT tente de rattraper la CGT

Face à un MEDEF incontrôlable, la CFDT commence à prendre la mesure des menaces qui pèsent sur elle. Laurent Berger a donc provoqué une rencontre au sommet avec la CGT. Celle-ci aura lieu le 8 octobre, soit une semaine avant le mouvement de protestation que Thierry Le Paon organise (mollement) dans les rues. Cette main tendue par la CFDT à la CGT traduit bien le malaise évoqué dans ces colonnes la semaine dernière sur la stratégie de la CGT, qui pourrait devenir un véritable problème national.

Air France rappelle l’utilité des syndicats représentatifs nationaux

La CFDT peut en effet nourrir quelques inquiétudes au vu du contexte actuel. Outre que, de partout, les nouvelles cataclysmiques se succèdent, amorties mais retransmises néanmoins par les organisations interprofessionnelles, l’émergence de mouvements sociaux durs mais en dehors des organisations représentatives commence à prendre mauvaise tournure.

Le conflit des pilotes chez Air France en constitue la caricature. Totalement indépendant des centrales interprofessionnelles, le syndicat des pilotes qui est à la manoeuvre mène une action de flibustier qui met en défaut les grandes organisations nationales. Les propos de Laurent Berger l’ont montré.

Pour le gouvernement, qui est finalement intervenu dans le conflit, l’affaire Air France pose un vrai problème. Le fait que le mouvement soit conduit par une organisation « corporatiste » non représentative dans le champ interprofessionnel fait la démonstration de l’utilité des grandes confédérations nationales. Le gouvernement est en effet sans prise directe sur ces salariés déterminés à mener leur combat jusqu’au bout. Voici qui constitue une préfiguration inquiétante d’autres mouvements possibles.

Les syndicats s’unissent pour contester les jacqueries

Dans le même ordre d’idées (celui d’une angoisse des organisations interprofessionnelles face aux mouvements spontanés), l’intersyndicale qui est apparue à Morlaix est une autre très belle illustration. Relayées par l’Humanité, les fédérations de fonctionnaires ont en effet demandé une répression de la mise à sac de la perception de Morlaix.

La violence comme expression de la colère des agriculteurs est parfaitement inacceptable dans une démocratie. Cependant le gouvernement doit prendre rapidement des décisions pour réformer le financement des politiques publiques et de la sécurité sociale, dans le sens de plus de justice. Depuis ce week-end, avec le syndicat national CGT des Finances publiques, nous interpellons régulièrement la direction et le ministère pour qu’ils assurent la sécurité des agents et de leurs lieux de travail et que les ministres cessent de dénigrer sans discernement notre système fiscal, notamment l’impôt sur le revenu. Nous réaffirmons une nouvelle fois notre soutien sans faille aux agents concernés par ce saccage.

La violence est parfaitement inacceptable: on rappellera ces propos lors du prochain conflit violent mené par la CGT…

La Poste, prochain dossier chaud

Au passage, on ne peut pas clôturer cette chronique un peu longue en signalant la montée des tensions à la Poste, où chacun s’attend à un plan social. Depuis de nombreux mois, les mouvements locaux sont fréquents dans l’ex-entreprise publique. A n’en pas douter, il y existe un vrai risque d’explosion.