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Molenbeek-sur-Seine et l’hilarant Patrick Cohen

Cette semaine, le Figaro Magazine titre sur Molenbeek-sur-Seine, ou la montée de la radicalisation islamiste aux portes de Paris. L’impayable chien de garde de la bien-pensance officielle, Patrick Cohen, présentateur de France Inter et exorciste breveté de toutes les formes de dissidence, recevait ce matin Didier Daeninckx, l’écrivain de gauche qui vit à Saint-Denis…

Patrick Cohen découvre nos Molenbeek

En substance, Patrick Cohen demande à son invité (qui dénonce pourtant le fascisme à tour de bras et de livres) s’il confirme qu’à Saint-Denis, il y a bien une montée du radicalisme musulman. Pas de chance, ni une ni deux, Daeninckx confirme avec force détails. Par exemple, les groupes de jeunes qui, subrepticement, empêchent les femmes non voilées de passer devant eux en leur faisant un discret mais efficace barrage sur le trottoir. Eh oui, Monsieur Cohen! À quelques enjambées de la basilique où nos rois sont inhumés, dans ce poumon français qu’est Saint-Denis, l’espace public est livré, est coupablement abandonné à une escouade de petits nazis en djellabahs.

Et soudain, les journalistes du service public, qui adorent nous dire comment il faut penser, ce qu’il faut penser, quand le penser et où le penser, découvrent ce qu’est notre monde – celui qu’ils ne fréquentent jamais. Et soudain, l’objet poétique, romantique qu’ils se figurent et qu’ils racontent dans leurs émissions, cet étrange objet qu’est la communauté des hommes ne vivant pas dans le triangle d’ivoire inscrit entre les trois points géographiques cardinaux de la bourgeoisie parisienne: la maison de la Radio, la Grande Epicerie du Bon marché et le marché de la rue Mouffetard où l’on croise tant de « libéraux » en loden mélangés aux bobos en dockers, soudain, ce qu’on appelle vulgairement la société française, se fissure et se brise en mille morceaux, et prend un tout autre visage.

Patrick Cohen fait partie de ceux, insupportables, qui glosent sur les « quartiers » en imaginant qu’il s’y livre quotidiennement une lutte des classes où de gentils prolétaires musulmans sont chaque jour fouettés par de méchants blancs chrétiens âgés de plus de 50 ans et patrons exploiteurs. Si, une seule fois même pas par semaine, mais par mois, il se donnait la peine de pratiquer une excursion ethnographique dans la France dont il parle avec tant d’aplomb et d’intolérance, il s’apercevrait vite que la réalité du pays n’a rien de commun avec les platitudes hors sol qu’il enfile à son sujet.

Il verrait ces prolétaires épuisés par des bandes de racailles qui occupent les halls d’immeuble nuit et jour pour y faire régner une espèce de surveillance politico-religieuse quotidienne. Il entendrait ces petits espions d’Allah lui affirmer que nous sommes contrôlés par des Juifs, que les Français sont des pédophiles incapables, et que la France a été construite par les musulmans. Il sentirait le regard de ces petits voyous scanner son sac de provision pour deviner s’il a acheté ou non de l’alcool. Pour peu qu’il porte un appareil photo autour du cou, il serait montré du doigt par des hommes en djellabahs lui interdisant de photographier les rues ou les paysages. Il entendrait les conversations où des gamins de dix-huit ans n’ont aucune peine à dire: le droit de vote ne sert à rien, Allah doit décider de tout. Et de mois en mois il verrait les foulards en tous genres fleurir et proliférer comme si l’avenir de la femme passait par l’abandon de ses droits.

Et si Patrick Cohen invitait des élus communautaristes?

Fort de ce petit voyage dans la vraie France où le Grand Remplacement n’est pas une spéculation théorique mais une intuition corroborée par la simple expérience, Patrick Cohen pourrait utilement inviter à son antenne les députés de chacune des circonscriptions concernées pour les interroger sur leur réaction vis-à-vis de cette grande mutation. Il pourrait par exemple interroger Jean-Christophe Cambadélis, premier socialiste français et député immuable d’une circonscription où ce basculement religieux a libre cours.

Patrick Cohen ferait oeuvre de service public en posant des questions simples à son invité: lui qui est l’élu des Buttes-Chaumont, quartier où les frères Kouachi se sont radicalisés il y a dix ans, qu’a-t-il fait en dix-huit mois pour rétablir la laïcité? quelle est son action concrète pour redonner la rue aux profanes et la soustraire à l’influence des Frères Musulmans qui l’occupe aujourd’hui, en lieu et place de la police? comment réagit-il lorsqu’il apprend que des dossiers de logements sociaux dans sa circonscription pour des familles radicalisées sont adressés aux bailleurs sociaux en dehors des « commissions d’attribution » prétendument transparentes? Pourquoi le porc n’est-il plus spontanément servi dans les cantines de sa circonscription? Pourquoi refuse-t-il de condamner les colloques indigénistes où les Blancs sont interdits?

Au lieu d’inviter en permanence sa bande de copains qui nous serinent à longueur de journées les mêmes salades resucées, Patrick Cohen servirait l’intérêt général en dévoilant aux Français le fossé colossal et coupable que ces élus ont creusé entre la posture relativiste qui leur sert de discours électoral et la réalité communautariste qui leur garantit leur réélection. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: Cambadélis est une sorte de figure symbolique – celle du pacte avec le diable islamiste, noué par élus républicains sur le dos de la République.

Il est encore temps d’agir contre les Molenbeek français

Patrick Cohen en viendrait assez logiquement à se poser la question telle qu’elle se pose dans les quartiers: que faire? Et comme nous, il conclurait à trois réponses cumulatives.

Première réponse: le législateur doit faire son oeuvre et prendre des positions claires. La laïcité, c’est interdire le voile et les djellabahs dans nos rues, sauf les jours consacrés. Interdire le voile comme la kippah. Interdire tous les signes religieux ostentatoires lorsqu’ils sont portés par des profanes.

Deuxième réponse: ne pas mollir dans l’effort et sanctionner sans états d’âme toutes et tous les contrevenants. Au lieu de consommer de colossales forces de police dans des événements sportifs débiles, il faut réallouer celles-ci aux quartiers sensibles et y imposer effectivement le respect des règles laïques.

Troisième réponse: chaque Français, chaque citoyen républicain doit devenir un missionnaire local de la parole républicaine en refusant, dans chaque cage d’escalier, dans chaque entrée d’immeuble, à chaque terrasse de café, toutes les déviances, même les plus infimes, que les islamistes tentent de nous imposer. Et le gouvernement de la République doit les aider à gagner cette bataille quotidienne.

C’est à ce prix, qui ne suppose pas de moyens nouveaux, mais simplement une détermination de tous les instants, que la République française restera laïque.

Molenbeek en France: bréviaire de la complaisance

Patrick Kanner, ministre lillois de la Jeunesse et des Sports, a osé dire ce que tout le monde sait: il existe des Molenbeek en France. Il n’en fallait pas plus pour fâcher le clan des communautaristes qui, depuis plusieurs années, fondent tous leurs espoirs sur une inversion des règles du pacte républicain.

Pourquoi Kanner parle de Molenbeek français

Si Patrick Kanner fait le choix de briser le tabou sur la montée du communautarisme, ce n’est évidemment pas ni par gaieté de coeur ni par hasard. Kanner est un élu lillois bien placé pour mesurer les dégâts du tabou dans les régions où le communautarisme monte. Le fait que le Front National soit devenu le premier parti politique dans sa région en est la preuve et la conséquence directe. Il faut se promener à Roubaix pour comprendre que des pans entiers de territoire ont basculé dans un monde où la culture occidentale est devenue minoritaire. Et Kanner a compris que la conspiration du silence qui entoure ces bouleversements nourrit une radicalisation mortifère pour sa famille politique.

Cambadélis dénonce la stigmatisation des Musulmans

Forcément, pour les élus qui font profession de communautarisme, surtout dans l’exception parisienne où le Front National est minoré, les propos de Kanner sonnent comme un discours pré-fasciste. Cambadélis, qui réussit l’exploit d’être le député du quartier où les Kouachi se sont radicalisés sans voir jamais eu le moindre mot de regret sur sa responsabilité dans le phénomène, a réagi vivement aux accusations terribles du ministre Kanner:

«Moi, je ne suis pas pour ce discours» ni «ces formules sur les quartiers», a-t-il dit en appelant à «ne pas dissoudre la concorde nationale». «Je ne suis pas pour la stigmatisation, je suis pour montrer ce qui réussit plutôt que de dire qu’il faut rejeter», a-t-il insisté.

«Il y a des problèmes, il ne faut pas les fuir», a concédé le député de Paris. «Dans les quartiers, pour ceux qui les connaissent, on sait très bien qu’il y a une tour, un endroit où il y a une concentration (…) Mais dire un quartier, on stigmatise», a-t-il ajouté. «On doit avoir une stratégie vis-à-vis du terrorisme, c’est de ne pas isoler les musulmans, mais d’isoler» les terroristes.

Précisément, camarade Camba, ces endroits, on les connaît, et on sait tous que la radicalisation ne s’y limite pas à une tour ou un appartement, mais qu’elle percole partout. Il suffit de se rendre à Ménilmontant, à Belleville, à Barbès, pour vérifier ces évidences que tu cherches à cacher parce que tu leur dois tes réélections successives.

Rien de plus affligeant de voir que Cambadélis mène le même combat que Philippe Moureaux, le toxique ancien bourgmestre de Molenbeek qui a favorisé l’installation d’un nid de vipères dans sa commune.

Libération prône un soutien aux salafistes

Dans l’ordre de la folie, une palme particulière doit être décernée au journal Libération qui publie une interview lunaire d’un chercheur du CNRS, qui nous soutient sans rire que les terroristes ne se nourrissent pas de la radicalisation dans les « quartiers ».

Je ne cherche pas à dédouaner l’islam, ni à faire de l’angélisme. Mais je pense que le jihad n’est plus, aujourd’hui, le résultat d’un processus de radicalisation religieuse progressive qui mènerait du salafisme vers le jihadisme. (…)

Quant aux milieux salafistes, il faudrait les utiliser dans la lutte contre les jihadistes au lieu de les poursuivre. (…)

Il faut cesser de perquisitionner et d’assigner à résidence les représentants, certes fondamentalistes, d’une ­religion, sans preuves solides, comme le permet l’état d’urgence.

Il faut quand même un sacré culot, après une séquence extrêmement meurtrière, pour publier des propos de ce genre tout en donnant des leçons de bonne conduite à tout le monde.

Molenbeek et le terrorisme: le point de rupture européen

Molenbeek est-il devenu le symbole d’un point de rupture que l’Europe a atteint dans sa capacité à intégrer à les nouvelles populations qui viennent l’habiter? Les derniers éléments et événements autour du terrorisme que l’actualité nous distille sur le sujet permettent de soulever la question.

Molenbeek et la liberté de la presse

La presse belge ne parle plus que de cela: des journalistes en reportage se sont fait méchamment agresser à Molenbeek. C’est manifestement un occupant de l’immeuble où habitait la famille du dixième terroriste identifié hier, Chakib Akrouh, qui s’est senti autorisé à les malmener.

Des journalistes de RTLinfo agressés ce matin à Molenbeek

Ceux qui habitent les quartiers sensibles reconnaîtront dans cette scène une sorte de modèle du genre, où toute présence extérieure au quartier est vécue comme une agression qui dérange les habitants et qui donne lieu à des intimidations, voire des coups et des blessures. En l’espèce, on mesure tout le respect de l’habitant de Molenbeek qui vient donner un méchant coup de pied au journaliste pour la liberté de la presse.

Molenbeek et le rejet de l’Occident

Il se trouve que, il y a une semaine, j’étais à la Goutte-d’Or après l’exécution du djihadiste qui a menacé des policiers en faction avec un couteau. La réaction des habitants à l’événement était à l’unisson, quoique moins violente: une part importante de personnes issues de l’immigration maghrébine qui vivent dans ces quartiers ghettos banalise ou minore la gravité des attaques terroristes et dénonce sans vergogne les agressions dont les Musulmans sont victimes de la part des médias.

On reconnaît ici le processus de victimisation classique dans le jeu de rôles auquel l’antiracisme donne lieu depuis des années et qui inverse les responsabilités. Quand un immigré agresse un journaliste ou menace un policier avec une arme, c’est le fait d’une victime de la société dont il est interdit de dire qu’il est musulman ou arabe. Quand un policier a une altercation avec un arabe ou un musulman, c’est forcément suspect, et pèse alors sur le policier le soupçon d’un racisme ou d’une islamophobie dont il doit se départir. Deux poids deux mesures.

Moyennant cette stratégie de déni tout à fait confondante, les antiracistes ont protégé l’émergence d’un rejet profond des valeurs démocratiques occidentales au sein d’une part difficile à mesurer de l’immigration maghrébine concentrée dans certains quartiers. Alors que l’immigration asiatique, par exemple, ne pose aucun problème, certaines populations issues du Maghreb ont posé comme postulat simple que l’Occident les méprisait et que toute règle collective devait être contestée au nom de la réparation du colonialisme.

Ceux qui vivent dans les quartiers sensibles le savent: même le Code de la Route (respecter les pistes cyclables, les passages piétons, les zones de stationnement) y est contesté. C’est en ce sens que la délinquance maghrébine dans les quartiers sensibles est un acte politique avant d’être un acte criminel: elle exprime un rejet global de l’ordre dont le stade ultime s’appelle le terrorisme.

Molenbeek, de la délinquance au terrorisme

Là encore, ceux qui vivent dans les quartiers sensibles le savent, la conversion au terrorisme n’y survient pas par l’opération brutale du Saint-Esprit. Elle est le résultat final d’un lent processus de transformation qui commence avec les incivilités, et qui se termine pour certains dans le pire cauchemar. Je m’en prends de façon bénigne aux passants de mon quartier, et je mue de stades de contestation en stades de contestation, depuis la délinquance comme mode d’expression politique, jusqu’au crime de masse.

Molenbeek constitue un parfait exemple de ces transmutations, accélérées ou aggravées par la concentration d’immigrés dans un seul quartier. Les protagonistes du 13 novembre à Paris ont grandi les uns à côté des autres dans un quartier laissé à l’islamisme, dans une sorte d’émulation vers le crime. Contrairement aux affirmations largement répétées en boucle, ces jeunes gens n’ont pas tous eu des parcours difficiles. Abaaoud, par exemple, devenu célèbre par les corps qu’il charriait derrière son pick-up en Syrie, a fait des études à Uccle, dans la banlieue chic de Bruxelles (et très française), poussé par ses parents.

Le passage par la délinquance n’est donc pas ici la manifestation d’une difficulté sociale. Elle est l’expression première d’un rejet du « système », qui glisse progressivement vers l’horreur et la terreur. Faute d’un ordre politique alternatif incarné sur place, l’Islam devient le point de repère qui fait sens, qui fait ordre, et qui peut tout, qui justifie tout.

Molenbeek et son nouveau terroriste

Au passage donc, on apprend que, comme je le soutenais depuis longtemps sur ce blog, il y avait bien dix terroristes le soir du 13 novembre à Paris, et très vraisemblablement 4 équipes de tueurs.

Selon toute vraisemblance, Chakib Akrouh, le kamikaze qui s’est fait exploser dans l’immeuble de la rue Corbillon à Saint-Denis le 17 novembre, accompagnait Abaaoud dans la Seat le soir du 13 novembre. Il aurait participé aux fusillades.

3 kamikazes à Saint-Denis, dont un Molenbeekois, 3 assaillants au Bataclan, 4 tueurs dans les rues, répartis en deux équipes.

Reste à identifier l’un des deux « cerveaux » borné à Paris entre 19h et 23h, qui semble avoir coordonné sur place les attentats.

Molenbeek et le déni belge

Cette tribune d’Alain Destexhe, sénateur libéral belge, est initialement parue sur La libre Belgique

Suite aux attentats de Paris, Molenbeek est devenue mondialement célèbre en un week-end. Du Brésil à la Chine, du Canada à l’Afrique du sud, les journalistes découvrent ce foyer de radicalisme situé au cœur de la capitale de l’Europe. Pourtant, rien de neuf sous le soleil. Pour celui qui voulait s’informer, cette situation n’était que trop connue.

Depuis le début des années 2000, Molenbeek est régulièrement citée dans la plupart des affaires terroristes concernant notre pays. Parmi, les plus connues, citons l’assassinat du commandant Massoud en Afghanistan deux jours avant le 11 septembre 2001, le pittoresque cheikh Bassam et son Centre islamique belge, les attentats de Madrid en 2004 et plus récemment l’attentat de Nemmouche au Musée Juif, la cellule de Verviers, ou encore l’attaque du Thalys, …

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois, dit l’adage. Pas en Belgique. Ceux qui ont tenté de soulever le voile l’ont fait dans une grande solitude. En 2008, le livre, « En sous-marin dans le petit Maroc », d’une journaliste flamande d’origine marocaine, Hind Fraihi, montrait déjà la radicalisation des jeunes molenbeekois. Dès 2004, le site djihadiste assabyle.com du Centre islamique belge nous avait amené avec Anne Marie Lizin à déposer une proposition de loi visant à interdire l’apologie du terrorisme. En 2009, dans « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac », avec Claude Demelenne, un journaliste de gauche, nous tirions la sonnette d’alarme. Plus récemment, dans son livre « L’iris et le croissant », le sociologue Felice Dassetto utilisait le terme de « Molmuslim » pour résumer la situation à Molenbeek.

Vingt ans d’omerta

Pendant vingt ans, une sorte d’omerta a régné. Ceux qui tentaient de la briser étaient traités d’islamophobes ou de racistes. Au cœur de ce système figurait le puissant Philippe Moureaux, coqueluche des médias, qui a longtemps exercé un véritable magistère moral et politique sur la politique bruxelloise. A la fois Bourgmestre de Molenbeek, Président de la Fédération socialiste de Bruxelles et Vice-Président du PS national, il faisait régner un climat de terreur intellectuelle contre lequel peu osaient se lever. Bien avant que le think tank « Terra Nova », proche du Parti socialiste français, ne le théorise, Philippe Moureaux avait compris que l’avenir du socialisme (bruxellois) passait par les immigrés qui allaient devenir, symboliquement, le nouveau prolétariat, remplaçant une classe ouvrière autochtone en rapide diminution.

« Nous sommes totalement incapables d’intégrer une nouvelle vague d’immigration » (1993)

Moureaux devient bourgmestre en 1992. En 1993, il pouvait encore dire ceci : « les clandestins sont en train de détruire complètement notre modèle social. (…) Le CPAS de Molenbeek ne peut pas être le CPAS du quart de la Roumanie, du tiers du Pakistan » (Le Vif L’Express, 17 septembre 1993) ou encore « je le dis clairement et durement : nous sommes totalement incapables d’intégrer une nouvelle vague d’immigration. On va arriver à des situations conflictuelles ». (Vlan, 29 septembre 1993). On peine à croire que c’est lui qui a prononcé ces phrases. Par la suite, il se transforma en grand inquisiteur de quiconque osait tenir de tels propos.

Communautarisme

Changement radical de discours et de politique, donc. L’immigration légale (et clandestine) est encouragée. Le regroupement familial est facilité par les services de la commune. Celle-ci ferme les yeux sur les mariages blancs qui permettent de légaliser des centaines de clandestins. Au niveau fédéral, le vigilant sénateur Moureaux est aux premières loges pour simplifier la législation sur le regroupement familial et l’acquisition de la nationalité (qui devient quasi automatique), accorder le droit de vote aux étrangers et, à son initiative, la lutte contre le racisme est érigée en nouveau paradigme du discours politique.

Molenbeek connait alors la plus forte augmentation de population de la Région bruxelloise et de Belgique. La population recensée (les clandestins sont très nombreux) a augmenté de 12% en 5 ans et de 30% en 15 ans. 30% de plus depuis le prophétique « nous sommes totalement incapables d’intégrer de nouvelles vagues d’immigration » ! Et ce n’est pas fini…

Parallèlement à cet accroissement incontrôlé, qui se déroule sans que l’on sache si ces nouvelles générations d’immigrés et leurs enfants partagent nos valeurs (le PS s’opposant jusqu’à récemment à un parcours d’intégration obligatoire), un modèle communautariste se met en place. Visites fréquentes dans les mosquées (qui appellent à bien voter lors des campagnes électorales), subventions d’associations musulmanes, mise à disposition des locaux de la commune pour des écoles coraniques, placement sur la liste PS de proches des mosquées, participation visible aux Fêtes de l’Aïd El Kébir ainsi qu’à des défilés anti-israéliens où l’on scande des slogans antisémites.

« Le charme des impératifs des mollahs »

L’héritage historique laïc et anticlérical (au sens large) du PS est jeté aux orties au grand dam de quelques socialistes historiques. Pour Jean-Maurice Dehousse, un ancien bourgmestre de Liège : « le sympathique Philippe Moureaux, pour avoir adoré en son jeune temps les icônes staliniennes et fermé les yeux sur le goulag ne se convertit-il pas aujourd’hui certes progressivement mais néanmoins profondément aux charmes des impératifs des mollahs de Molenbeek ? » Dans ses mémoires « L’ami encombrant », Merry Hermanus, un ex-cacique du PS bruxellois raconte son engueulade par Philippe Moureaux :  » J’en ai marre, laïcard, sale laïcard, tu veux minoriser une population fragilisée alors que tes amis juifs, eux, peuvent tout se permettre !  »

La RTBF comparée à … Goebbels

Pendant vingt ans donc, Philippe Moureaux a, avec succès, intimidé des médias complaisants et l’ensemble du monde politique, y compris au MR, véritablement tétanisé par l’idée d’être taxés de racistes. En témoigne spectaculairement l’affaire Deborsu. En avril 2012, Frédéric Deborsu, journaliste à la RTBF, réalise pour « Questions à la Une », un reportage inédit – jusque-là, la RTBF n’a jamais vraiment abordé ces sujets dans un long reportage – dans lequel il montre les dérives communautaristes dans des communes bruxelloises dont Molenbeek et le double discours de certains élus d’origine étrangère pris en flagrant délit de mensonges. Philippe Moureaux compare alors les méthodes du journaliste à celles de… Goebbels, le chef de la propagande d’Hitler ! Depuis, la RTBF n’a plus abordé ces questions en profondeur, pas plus que la plupart des autres médias belges.

Zones de non droit

Lors du tournage, le journaliste et moi-même nous pûmes constater que la loi sur l’interdiction de la burqa n’était pas respectée sur le marché local, en présence de la police. Des quartiers de Molenbeek sont ainsi devenus progressivement des zones de non-droit où la police ne va plus qu’en force, où les agents des services de l’eau ou de l’électricité doivent se faire accompagner par la police pour couper les compteurs, où presque tous les restaurants sont fermés lors du Ramadan, où « sale juif » est devenu une insulte courante, où les écoles sont désertées lors de la fête de l’Aïd qui n’est pourtant pas un jour de congé légal, et où les blondes et celles qui oseraient porter des jupes trop courtes se font régulièrement traiter de putes ou de salopes. C’est dans ce climat que des organisations radicales comme le Centre islamique belge et d’autres ont pu prospérer toute liberté, sans que la police locale s’en mêle.

La responsabilité de cette situation n’incombe évidemment pas qu’à Philippe Moureaux. La presse et le monde politique (tous partis confondus, même si certains sont plus responsables que d’autres) ont longtemps préféré se voiler la face.

Clientélisme …

Moureaux n’est plus dans le jeu politique. Inutile de lui tirer dessus. Le mal est fait. Le problème est que les racines mentales du système Moureaux sont toujours bien présentes parmi nombre d’élus du PS, qui ont aussi pu émerger grâce au copinage et au clientélisme (sans parler des liens familiaux) qui constituent son second pilier, à côté du communautarisme. Et pour cause, puisque ce système est désormais la clé des victoires électorales du parti à Bruxelles. Philippe Moreaux a réussi à transformer en profondeur une région historiquement libérale, celle du temps pas si lointain où Hervé Hasquin, qui en fut ministre-président, claironnait que le MR, désormais dans l’opposition, était « incontournable ».

Aujourd’hui, la marmite explose. Comme le dit la bourgmestre Françoise Schepmans, on a longtemps vécu dans le déni. Le déni nous explose aujourd’hui à la figure et nous avons la gueule de bois.