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#économie: la reprise s’éloigne…

L’INSEE publie son indice du climat des affaires. Non seulement il stagne en octobre, mais un retournement s’annonce. La reprise, c’est pour plus tard.

Voici le graphique qu’il faut retenir:

Le climat des affaires en France

En octobre, l’amélioration constatée depuis le mois de mars marque le pas. Il est même vraisemblable que l’économie française entre dans un cycle de contraction légère qui se traduira par une baisse passagère du climat des affaires.

En octobre, tous les secteurs sont moroses, sauf le bâtiment:

Le climat des affaires par secteurAvec un indicateur de retournement de 1, l’INSEE annonce clairement une mauvaise passe, qui éloigne définitivement le fantasme d’une inversion « naturelle » de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année.

Economie: les mauvais chiffres de la production industrielle en France

Eurostat a publié les chiffres de la production industrielle en Europe en août 2013. Alors que l’UE a fait +1%, la France fait +0,2%.

Pendant que Pierre Moscovici se rassure comme il peut sur « les signes de reprise », lui qui annonçait déjà en juillet que la France entrait dans l’ère de la « vraie croissance », les statistiques publiées par Eurostat sur la production industrielle en Europe conduisent à tempérer quelque peu l’optimisme officiel.

Source: Eurostat
Source: Eurostat

Ce graphique montre clairement que la zone euro retrouve à peu près sa situation de 2004 en matière de production industrielle, selon l’analyse maintenant bien connue des lecteurs de ce blog, qui montre que la crise de 2008 a fait perdre une décennie de valeur à l’économie européenne.

Dans cet ensemble, la France a des performances industrielles sous la moyenne européenne, et en voie de dégradation constante:

Le tableau suivant montre l’évolution de la production rapportée au même mois de l’année précédente:

Source Eurostat
Source Eurostat

Par rapport à août 2012, la production industrielle en France en août 2013 a perdu 3,5%, alors qu’elle a augmenté de 0,4% en Allemagne, et qu’elle a baissé de 2,1% en moyenne dans la zone euro.

Des contre-performances donc, et de taille, qui mériteraient d’être décortiquées par le menu pour être enfin comprises.

Economie: l’automne (chaud) vu par la BNP

Le service économique de la BNP a publié son analyse prospective de l’automne. Voici ce qu’il faut en retenir. 

Le document s’intitule: « L’émergence d’un doute« . Je recommande à chacun de ruminer ce titre, surtout au vu des indices boursiers à venir. Mâchonnez lentement ces mots, dont le sous-titre est:

Un été relativement calme en Europe et aux Etats-Unis…mais agité pour les économies émergentes. Un automne incertain… 

La note rappelle les grands faits de l’été: une reprise inattendue en Europe, particulièrement en Allemagne, ce qui tombe à pic pour Angela Merkel à l’approche des élections législatives, mais aussi un reflux des pays émergents, abandonnés par les capitaux américains et européens qui anticipent une reprise aux Etats-Unis.

La note de la BNP s’intéresse surtout à deux sujets: les Etats-Unis et la France.

Un automne chaud aux Etats-Unis

La BNP manifeste un véritable pessimisme vis-à-vis de l’économie américaine, qui sera, en octobre, confrontée aux réductions automatiques de dépense (qui pèsent sur la consommation). Voici ce que dit la BNP:

Source: BNP
Source: BNP

La BNP souligne que les marchés financiers anticipent à tort une remontée des taux, alors que la FED a simplement suggéré la fin du Quantitative Easing. Cette surréaction des marchés pourrait avoir des effets désagréables.

Les malentendus français

S’agissant du regain de croissance en France, on notera tout particulièrement ces propos:

Source: BNP
Source: BNP

La BNP note par ailleurs que le marché de l’emploi ne devrait être impacté qu’avec retard par ces indicateurs haussiers.

 

Economie: la France plombe la reprise européenne

L’indice Markit PMI ™ vient de sortir: la croissance repart dans l’Eurozone en juillet et en août. Sauf en France, qui subit l’inverse.

Comme chaque mois, Markit a publié son indice PMI qui estime l’état des commandes dans les économies industrialisées. L’indice d’août était attendu en France pour savoir s’il confirmait ou non la fameuse assertion présidentielle selon laquelle la reprise était en cours.

Voici ce qu’écrit Markit:

On notera avec intérêt que l’indice progresse partout en Europe pour atteindre son plus haut depuis 26 mois, sauf en France.

La France est le seul pays européen où l’activité se contracte. Comme le souligne Reuters, la France devient une exception mondiale.

Une nouvelle un peu fâcheuse à quelques jours d’une rentrée où le gouvernement devrait annoncer une mise en sursis des réformes structurelles (élections municipales obligent…) et un règlement général des problèmes par des augmentations d’impôt.

France: Moscovici invente la « croissance véritable »

Le gouvernement continue son combat pour se persuader que la reprise est là. Baisse de la consommation de 0,8% en juin.

Dans la série Coué, c’est Pierre Moscovici qui a donné de la voix hier sur RTL pour affirmer que 2013 serait une année avec une croissance positive, et 2014 « la première année de vraie croissance depuis 2007 ». L’objectif serait d’atteindre 2% de croissance en 2016.

Il serait intéressant que le Ministre de l’Economie et des Finances définisse le concept de « vraie croissance » et de « fausse croissance ». Cette innovation dans la théorie économique lui permettrait d’ajouter une page nouvelle au grand livre de l’astrologie prédictive qui semble nous gouverner depuis plusieurs années.

En matière de prédictions, Moscovici en connaît un rayon.

En 1998, lorsqu’il était ministre des affaires européennes, il avait par exemple déclaré:

 

l’euro va constituer pour l’Europe un choc fédérateur, dont le Conseil de l’euro sera la manifestation la plus visible. Le Conseil de l’euro préfigure assez largement les coopérations renforcées prévues par le Traité d’Amsterdam, et qui permettent d’avancer dans le processus d’intégration à plusieurs sans qu’un seul, deux ou trois Etats ne bloquent le processus pour des raisons liées à leur positionnement singulier sur telle ou telle politique commune. Je crois qu’on a là l’une des clés du développement futur de l’Union européenne.

Un homme aussi clairvoyant ne peut avoir définitivement tort sur l’avenir de la croissance en France.

En attendant, l’INSEE vient de produire les chiffres de la consommation en juin 2013. Ils permettent de douter de l’imminence du frémissement annoncé par notre ministre:

La consommation en France depuis 2005

Si la consommation augmente de 0,3% au second trimestre, elle baisse de 0,8% pour le seul mois de juin. Difficile donc d’inférer une quelconque reprise de quoi que ce soit à partir de ces chiffres, sachant que cette même consommation a connu des hausses trimestrielles de plus de 1 point en 2010, année qualifiée de « croissance nulle » par le même Moscovici.