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Mois : mars 2016

Fonctionnaires: mon intervention sur Sud-Radio

Dans la foulée de l’augmentation du point d’indice dans la fonction publique, Sud-Radio m’a invité pour débattre avec un représentant de la CGT. L’émission fut l’occasion de rappeler que la dépense publique n’est pas négative en elle-même, mais qu’elle doit s’accompagner d’une logique de performance. Cette préoccupation est particulièrement importante en temps de crise.

Plus que jamais l’exigence de cohésion sociale et le souci de l’intérêt général imposent des efforts partagés.

 

La loi travail est-elle vidée de son contenu?

La nouvelle version de la loi Travail, présentée la semaine prochaine en Conseil des Ministres, a-t-elle vidé la version initiale de sa substance? Cette critique largement portée par les mouvements patronaux et la droite parlementaire mérite un examen un peu plus approfondi. Au final, en effet, l’affaiblissement du texte peut être moins marqué qu’on ne le dit…

Ce qui reste dans la loi Travail

Dans la pratique, la « réécriture » du Premier Ministre n’a pas touché le coeur de la loi: l’inversion (partielle) de la hiérarchie des normes. L’essentiel du texte est donc préservé: les entreprises pourront, lorsqu’elles disposent d’institutions représentatives du personnel, déroger à des dispositions substantielles de la loi par accord majoritaire à 50%. La condition est donc restrictive, fait la part belle aux organisations contestataires qui pourront bloquer les négociations ou monnayer chèrement leurs contreparties. Mais le texte demeure et tout n’est pas perdu.

Cette disposition profite aux seules entreprises ayant atteint la taille critique pour disposer d’IRP en ordre de marche. C’est la grande critique qu’on peut lui opposer: la loi sert les grandes entreprises, et boude son plaisir avec les petites.

Ce qui est amoindri dans la loi Travail

La « réécriture » du texte satisfera même certains employeurs, puisqu’elle « sort » le paquet Badinter des dispositions légales pour les rendre simplement indicatives. Les dizaines de principes généraux qui devaient faire leur entrée dans la loi et devenir opposables aux employeurs disparaissent donc pour devenir de simples guides à la refonte du code. Cette annonce rassurera ceux qui craignaient de devoir appliquer à l’aveugle des dispositions vagues en attendant que la jurisprudence ne fasse son oeuvre. Ce point vaut particulièrement pour le droit d’expression des convictions religieuses, qui promettait de causer un bel embrouillamini.

En revanche, les employeurs ont déjà manifesté leur mécontentement face à la « neutralisation » du barème des indemnités de licenciement dans la partie de la loi appelée « paquet Macron 2 », puisque regroupant les dispositions qui devaient figurer dans l’éphèmère loi Macron 2… Ce barème ne disparait pas à proprement parler, il devient simplement indicatif. Ce compromis de rédaction et d’application n’est peut-être pas, paradoxalement, aussi mauvais qu’on ne le pense. Encore un effort, et la loi décidera d’une « réparation poste par poste » qui pourrait se révéler plus fructueuse qu’on ne le pense.

La même remarque vaut pour la définition du licenciement économique, qui est « arrondie » mais ne disparaît pas.

Ce qui disparaît corps et âme

Des points disparaissent corps et âme et, somme toute, ils sont plutôt marginaux. C’est tout particulièrement le cas du temps de travail des apprentis, qui continuera, pour atteindre les 40 heures, à supposer une autorisation préalable de l’inspection du travail et de la médecine du travail. Le maintien de cette tracasserie apparaît là encore relativement marginal, même si Emmanuel Macron en a réclamé la suppression.

Ce qui est à surveiller

Le point majeur qui reste en débat dans la loi Travail porte sur le recours unilatéral au forfait-jour pour les cadres dans les TPE et les PME. Ce point est celui qui intéresse le plus les start-up depuis que la Cour de Cassation a annulé les dispositions de la convention collective du Syntec. Si le maintien de la décision unilatérale ne paraît pas possible (ce qui est sans surprise d’un point de vue syndical), la CFDT a proposé de l’intégrer dans un mécanisme de mandatement.

Il faudra surveiller le texte de près pour vérifier que la rédaction finale (sous réserve qu’elle ne soit pas modifiée par le Parlement) permette bien cette solution de compromis qui n’a pas que des désavantages.

Les risques qui subsistent

Deux risques majeurs pèsent encore sur le texte.

Le premier est lié à l’agitation sociale qu’il suscite. Les mouvements contestataires ne désespèrent pas d’obtenir son retrait et une « aventure » de type CPE reste possible. Les mouvements de rue qui doivent avoir lieu demain donneront un premier aperçu des risques encourus sur ce plan.

Le second est lié à la contestation du texte au sein même de la majorité. Même si Manuel Valls assure disposer d’une majorité pour voter le texte, les frondeurs n’ont pas dit leur dernier mot et leur porte-parole, Christian Paul, continue à demander son retrait. Rien n’exclut une mauvaise manière dans l’hémicycle, avec une guerre d’amendements qui risque d’affaiblir la portée de la loi.

Fonctionnaires: à vot’bon coeur, M. Valls!

Monsieur le Premier Ministre, vous venez d’annoncer un « geste significatif » pour la rémunération des fonctionnaires. Nous comprenons tous très bien les raisons de cette attention, mais vous ne pourrez nous empêcher d’y voir une différence de traitement qui relève d’un populisme électoraliste coupable.

Nous savons tous que vous chouchoutez les fonctionnaires parce que c’est parmi eux que se niche la plus grande partie de votre électorat. À peine arrivée au pouvoir, votre majorité s’est d’ailleurs empressée de les remercier en interrompant brutalement la réduction des effectifs entamée sous Nicolas Sarkozy. François Hollande a même annoncé, en 2012, la création de 60.000 emplois supplémentaires.

Dans un cadre budgétaire contraint par l’Europe dont vous voulez accélérer l’intégration économique, ces choix électoralistes condamnaient les fonctionnaires à subir un gel du point d’indice qui sert de base à leur rémunération. Ce gel n’est pas injuste, il est logique: la fonction publique, depuis 2012, a échappé aux gains de productivité, à l’ubérisation, à la révolution numérique, qui bouleverse le secteur privé. Elle a bénéficié d’une protection de ses emplois. La contrepartie naturelle, en ces temps de rigueur, de cette politique généreuse est simple à comprendre: la modération salariale s’impose. Et les fonctionnaires le savent: on ne peut gagner au tirage et au grattage.

Au demeurant, le gel du point ne signifie pas que les salaires des fonctionnaires n’ont pas augmenté. Conformément au statut de la fonction publique, les carrières continuent d’avancer automatiquement ou avec des promotions. Ce mécanisme garantit des progressions à tous, même quand le point est gelé. En outre, les mesures catégorielles et les astuces n’ont pas manqué pour contourner le gel officiel des salaires.

Le geste significatif que vous annoncez constitue un cadeau supplémentaire qui flatte votre électorat à l’approche d’une année critique, mais il est extrêmement choquant au regard de nos principes de cohésion sociale et d’intérêt général.

L’augmentation du nombre de fonctionnaires que votre majorité a décidée en 2012 a conduit à une augmentation considérable de la pression fiscale qui n’a pas baissé depuis. La part des dépenses publiques dans le PIB reste supérieure à 55%, un chiffre record qui se maintient malgré les mesures apparentes d’allègements de charges ou d’impôt que vous prenez. L’illusion du pacte de responsabilité n’y peut rien: le secteur privé continue à rogner ses marges et sa rémunération pour financer une fonction publique pantagruélique.

L’absence de croissance et le chômage de masse ne sont, au regard de ces chiffres, pas des surprises. Le financement des dépenses publiques obère l’activité productive du pays. Cela ne signifie pas que la dépense publique est mauvaise en elle-même. Dans le cas de la France, nous pouvons juste avoir l’honnêteté de dire tout haut ce que les Français subissent quotidiennement. Oui! les pouvoirs publics ne mesurent même pas le temps de travail effectif de leurs fonctionnaires! oui, les fonctionnaires coûtent trop cher pour le piètre service qu’ils rendent et une augmentation de leur salaire ne peut se concevoir sans un gain massif de productivité.

Si vous n’imposez pas ces gains de productivité, vous respecterez sans doute les critères d’orthodoxie imposés par Bruxelles, mais vous maintiendrez sans raison cette épuisante transfusion de richesse qui consiste à appauvrir les salariés du secteur privé pour préserver le mode de vie hors sol de nos fonctionnaires. Vous retarderez d’autant le retour de la prospérité.

Et que dire de cette stratégie en termes de cohésion sociale?

Nos éleveurs vous l’ont dit: la France, pas à pas, année après année, se paupérise. On peut, en France, et c’est une situation de plus en plus courante, travailler dur, et même très dur, sans subvenir à ses besoins. La colère qui s’exprime dans nos campagnes le dit suffisamment. Encore fait-elle abstraction de ces masses laborieuses qui vous ont tourné le dos à force de désespérer face au populisme imbécile que votre majorité utilise pour gouverner. Servir les fonctionnaires parce qu’ils votent bien et qu’ils constituent un important groupe de pression au sein du Parti Socialiste est une norme, une sorte de présupposé idéologique. En revanche, prendre en compte la misère ouvrière, y répondre, donner une réelle égalité des chances par l’école par des discours sérieux qui ne se réduisent pas à des postures doctrinales, cette politique-là de cohésion sociale, vous la laissez en friche.

Les petites gens de ce pays, au rang desquels les fonctionnaires ne figurent pas, ont pourtant besoin d’être entendus.

Parmi eux se rangent un nombre grandissant de petits artisans, de petits patrons, de petits indépendants, qui n’ont pas, comme les fonctionnaires, la faculté de voir leur rémunération augmenter par une décision politique ou par l’allocation des recettes fiscales. Ceux-là, année après année, prennent de plein fouet la souffrance, le stress, imposés par des réglementations délirantes que votre majorité ou votre gouvernement inventent et qu’aucun d’entre eux n’a le temps de comprendre. Leur seule récompense est d’être régulièrement accusés par vos soutiens d’être des voyous, des profiteurs, des arnaqueurs, des fraudeurs, qu’il faut surveiller, taxer et contrôler. La cerise sur leur gâteau s’appelle le RSI, qui, par ses pratiques abusives, infligent mille tourments à ceux qui pourtant recrutent, ou se battent pour recruter des chômeurs.

Vous ne pourrez donc dire, Monsieur le Premier Ministre, que vous ignorez l’impact social de votre décision d’augmenter les fonctionnaires. Le pays se porterait bien, cette décision ne choquerait personne. Mais nous voyons tous avec une telle flagrance que les efforts de moins en moins supportables des uns sont allègrement absorbés par l’immobilisme des autres, avec le sentiment d’un mépris inadmissible.

Nous le mesurons lorsque, par une bizarrerie propre à ce pays en déclin, les leaders syndicaux de la fonction publique lancent des mots d’ordre de grève contre une réforme du code du travail qui ne les concernent pas. Les salariés du secteur privé qui devront poser, jeudi, un jour de congé pour garder leurs enfants parce que les écoles où vous avez créé 60.000 emplois seront en grève, s’en souviendront. Les efforts sont pour les uns, et les « gestes significatifs » pour les autres.

 

Loi Travail: partie encore plus serrée autour de la table

La loi Travail prend forme: Manuel Valls a livré ses derniers arbitrages cette après-midi. Ceux-ci ne contentent véritablement personne. Une personne serrée s’engage désormais, qui pourrait mettre le Premier Ministre en difficulté.

La loi Travail amendée

Les annonces sont encore floues, mais elles devraient se stabiliser autour de quelques principes-clés.

Sur les indemnités de licenciement, le gouvernement devrait finalement proposer un barème indicatif qui ne lierait pas le tribunal des prud’hommes. La rédaction sera à suivre de près pour comprendre quelle marge de latitude sera laissée aux juges.

Sur le forfait-jour, il serait question de permettre d’adopter ce dispositif par mandatement. Cette solution permettrait donc d’autoriser les petites entreprises à choisir cette modalité d’organisation sans décision unilatérale.

Sur la définition du licenciement économique, le gouvernement devrait tergiverser et réduire les possibilités offertes par la rédaction actuelle.

D’autres amendements seraient proposés: le referendum d’entreprise serait restreint au temps de travail, les apprentis seraient limités à 35 heures hebdomadaires, sauf autorisation de la médecine du travail et de l’inspection du travail.

Le Premier Ministre accorderait par ailleurs des contreparties accrues sur le compte d’activité, mais encore floues, de même que sur la garantie jeunes destinée aux décrocheurs.

Les contestataires veulent la mort de la loi Travail

Ces amendements n’ont pas suffi à convaincre les syndicats contestataires, qui appellent à la poursuite du mouvement. C’est notamment le cas de l’UNEF, qui a l’air de vouloir en découdre avec le gouvernement. Il est rejoint par la CGT et FO.

Ce front du refus constituera le point compliqué à gérer pour le gouvernement. Manifestement, l’opposition de ces mouvements se trouve dans une seringue. Dès jeudi, une nouvelle mobilisation étudiante devrait intervenir. De deux choses l’une: soit la piqûre est inoffensive et le terrain sera dégagé pour le gouvernement. Soit la réaction ne perd rien de son ampleur par rapport à la semaine prochaine, et le pire est à craindre pour Manuel Valls.

Les dés sont donc jetés et plus personne ne peut désormais éviter une confrontation. Bien téméraire seront ceux qui peuvent en prédire l’issue.

Les syndicats patronaux furieux

Pour le monde patronal, et singulièrement pour la CGPME, la déception est grande. C’est particulièrement le cas sur les barèmes de licenciement, retoqués de la loi Macron en leur temps par le Conseil Constitutionnel. Au fil du temps, la mesure est devenue emblématique d’une fracture entre ceux qui veulent encadrer le coût du licenciement et ceux qui veulent laisser les prud’hommes libres de juger souverainement.

La question est désormais de savoir si les amendements présentés par Manuel Valls sont les derniers, ou s’ils sont les premiers d’une longue série qui devraient intervenir au cours du débat parlementaire. Le fait que le Parti Socialiste ne se soit pas encore positionné sur le texte peut être annonciateur de très mauvaises nouvelles pour les employeurs.

La loi Travail abandonnée au destin

Bref, il est évident qu’un rapport de force s’engage aujourd’hui sur cette réforme et plus que jamais, il est impossible d’en savoir l’issue.

Ainsi vont les fins de règne: le hasard y pèse autant que les rapports sociaux et les mouvements collectifs.

 

Les migrants réveillent les vieux démons allemands

Comme on le savait depuis l’automne 2015, la crise des migrants en Europe n’en est qu’à ses débuts. Les résultats aux élections régionales en Allemagne hier l’ont montré: les équilibres politiques allemands sont désormais bouleversés par l’arrivée massive, sans aucune délibération démocratique, d’un million de migrants en quelques mois. La victoire de l’AFD (Alternative fur Deutschland) résonne comme la mort de l’innocence dans la politique allemande depuis 1945.

Les migrants, seuls victimes de l’AFD?

On lira avec intérêt l’article que le Frankfurter Allgemeine Zeitung consacre à la soirée de victoire organisée par l’AFD à Mayence, en Rhénanie-Palatinat. Le mot d’ordre est celui d’une « politique d’expulsion claire » des migrants « qui viennent déstabiliser l’Allemagne ». La musique de fond est empruntée aux chants nazis.

La politique d’accueil massif des migrants a produit un résultat immédiat en Allemagne: l’explosion de l’extrême droite. Dans les deux régions ouest-allemandes concernées (Bade-Wurtemberg et Rhénanie-Palatinat), l’AFD est devenue la troisième force politique. En Saxe-Anhalt (ancienne Allemagne de l’Est), l’AFD a même décroché la deuxième place, avec près de 25% des voix, derrière la CDU à 29%.

Les migrants et les apprentis sorciers

Bien entendu, la bien-pensance française devrait continuer dans ses dénis les plus manifestes. Les medias officiels continueront de nous abreuver de considérations moralisatrices expliquant que l’AFD est populiste, démagogique, et autres noms d’oiseau permettant de disqualifier les voix qui se sont exprimées. La technique est bien connue. Elle permet d’opposer un refus critique à une réalité qui s’impose en Europe mois après mois.

Il est même très probable que beaucoup en France revendique désormais un accueil de migrants pour « soulager » l’Allemagne. Ceux-là, tels des apprentis sorciers, provoqueront les mêmes effets qu’en Allemagne. Mais qu’importe! La morale avant tout, bien entendu. Et que l’arrivée massive de migrants soit le fruit d’une stratégie politique de la Turquie islamiste qui souhaite déstabiliser une Europe qui lui résiste, que cette arrivée enrichisse des mafias qui pratiquent la traite des humains, embarrasse peu.

Les migrants et la politique migratoire

On ne manquera évidemment pas de s’inquiéter en voyant les résultats de cette cécité. Les peuples européens formulent aujourd’hui une demande simple: ils veulent pouvoir débattre de la politique migratoire, comme ils devraient pouvoir débattre des politiques économiques ou environnementales. Le refus qui leur est opposé au nom d’un humanisme de circonstance, d’une lutte contre le racisme, l’islamophobie ou la xénophobie, provoque l’effet inverse. Il attise la radicalité et le rejet de l’autre.

Qui fait aujourd’hui le jeu de l’extrême droite? Les élections allemandes le montrent: la méthode la plus certaine consiste à ouvrir les frontières sans limite, et en refusant tout débat sur le bien-fondé de cette politique. Le pseudo-humanisme bêlant, allié de toutes les mafias, est le meilleur allié de l’extrême droite.

La stratégie suicidaire de Hollande

Face à ces évidences, il est très probable que François Hollande continue à forer droit, selon son habitude. Ses dogmes absolus (il faut plus d’intégration européenne, il faut suivre l’Allemagne, etc.) le conduiront inévitablement à ouvrir les frontières françaises aux migrants, alors que la montée du communautarisme et les attentats de 2015 rendent déjà la situation extrêmement tendue dans de nombreux endroits, et que le Front National est quasiment devenu la première force politique du pays.

Peut-être même, par calcul, François Hollande aura-t-il, à la manière de Mitterrand, la tentation de faire monter le Front National pour affaiblir la droite traditionnelle en favorisant une arrivée massive de migrants. Personne ne sait quelle serait l’issue d’un tel choix.

Évaluer la politique migratoire

Politiquement, la seule façon raisonnable et rationnelle de rétablir l’équilibre politique consiste à mettre un mouchoir sur l’insupportable pensée critique qui interdit certains débats. Les opinions publiques européennes ont besoin de pouvoir débattre de la politique migratoire décidée unilatéralement par Angela Merkel. Ce besoin existe autant en Allemagne que dans les autres pays. Sa stigmatisation est suicidaire.

Le plus terrible est que les élites européennes, et notamment françaises, ont imposé une telle fureur du déni sur le sujet que, selon toute vraisemblance, la catastrophe devrait effectivement se produire: la Turquie continuera à abreuver l’Europe de ses flux de migrants, et l’Europe basculera dans le pire.

Trump: le point sur son avance

Quel est l’état exact de l’avance de Trump sur ses concurrents? La presse française n’en donne pas forcément une vision exact. Voici donc un petit tableau qui rappelle le nombre de délégués remportés depuis le début des primaires par les candidats républicains.

Source: Eric Verhaeghe
Source: Eric Verhaeghe

À ce stade, Trump a donc remporté 541 délégués contre 569 pour ses rivaux, soit près de 50% des électeurs finaux. Rappelons toutefois que le report de voix ne se fait pas systématiquement en faveur du candidat pour lequel le délégué est élu, selon que le mandat est impératif ou non.

Toujours est-il que Trump dispose aujourd’hui d’une avance de près de 200 voix sur son principal poursuivant, Ted Cruz. Contrairement aux idées reçues en France, Trump est plus modéré politiquement que son rival, adversaire de la progressivité de l’impôt et hostile à toute hausse du salaire minimum.

De son côté, Hillary Clinton a rassemblé 869 mandats de délégués, contre 528 pour Bernie Sanders.

Tous les referendum sur l’Europe que vous ne connaissez pas

Les referendum s’abattent sur l’Europe comme les sauterelles sur l’Egypte des pharaons. Il est très probable que plusieurs vous soient passés inaperçus. Il fallait donc bien réparer d’éventuels oublis…

Referendum aux Pays-Bas sur l’association avec l’Ukraine

Le 6 avril, un referendum a lieu aux Pays-Bas dans une totale indifférence des Français. Organisé à la demande d’une pétition qui a recueilli plus de 400.000 signatures en septembre 2015, il porte sur l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne.

Bien entendu, ce referendum, qui fait très peu de bruit en France, est un prétexte pour tester l’opinion hollandaise sur l’élargissement constant de l’Union Européenne. Il a une valeur purement consultative, mais son résultat devrait donner une bonne indication de l’état de l’euroscepticisme dans ce pays signataire du traité de Rome et pionnier de la supranationalité.

Ce referendum ne manque en tout cas pas d’humour. Il intervient en plein milieu de la présidence néerlandaise de l’Union. Fallait oser…

Referendum en Grande-Bretagne sur l’appartenance à l’Union

Tout le monde a entendu parler du « Brexit », la sortie possible de la Grande-Bretagne. Un referendum doit avoir lieu sur le sujet le 23 juin. Le débat a été largement couvert par les medias subventionnés. En préparation de cette consultation pour laquelle David Cameron mène une campagne favorable au « non » à la sortie, l’Union Européenne a lâché des concessions sur le traitement réservé demain à la Grande-Bretagne dans l’Union.

En particulier, le Royaume-Uni aurait la faculté de déroger aux règles choisies à Dublin en matière de droit d’asile, et aux règles d’attribution de prestations sociales aux étrangers.

Referendum en Hongrie sur les quotas de réfugiés

A une date encore inconnue, le premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé l’organisation d’un referendum sur les quotas de réfugiés en Europe. Passée relativement inaperçue, cette annonce qui date de fin février est une arme pour bloquer les projets européens, pilotés par l’Allemagne, d’installation forcée de migrants dans les pays de l’Union.

«Le gouvernement, aujourd’hui, ne fait que répondre au sentiment de la population», a déclaré Viktor Orban lors d’une conférence de presse. «Nous pensons qu’introduire des quotas d’installation de migrants sans l’aval du peuple est tout simplement un abus de pouvoir».

Bientôt un referendum en Finlande sur l’euro?

Parallèlement, c’est la Finlande qui menace d’un referendum sur l’euro, après qu’une pétition signée par plus de 50.000 personnes a imposé un débat sur le sujet au Parlement. Le Parlement finlandais est désormais libre d’organiser un referendum sur le sujet.

La démarche s’explique largement par les difficultés économiques du pays, en récession en 2014 et en stagnation en 2015. Ces circonstances interrogent sur le bien fondé d’un maintien dans la zone monétaire.

Et en France?

A cette occasion, la France elle-même pourrait ne pas échapper au débat. Selon une étude de l’université d’Edimbourg, 53% des Français souhaiteraient qu’un referendum soit organisé sur le maintien de la France dans l’Union. Cette révélation souligne bien l’écart qui s’est creusé entre la France et l’idée européenne depuis la crise de l’euro.

Certes, ce sondage est indicatif, mais il souligne bien le malaise persistant en France sur la question européenne, et spécialement sur les conséquences potentiellement néfastes de l’appartenance de la France à l’Union.

L’agaçant fantasme de l’islamophobie française

L’islamophobie est le grand terme à la mode pour stigmatiser les discours sur la nécessaire acceptation des principes républicains par la minorité musulmane de France. Oser affirmer aujourd’hui que l’Islam en France ne peut s’émanciper des règles républicaines, laïques et démocratiques est volontiers taxé, par la « gauche (prétendument) humaniste » de réaction raciste, de mauvaise manière faite aux musulmans, et de trahison de tous nos idéaux. Mettre en garde contre les dérives sectaires, sexistes, radicales, les discours négateurs de nos traditions, propagés dans des fractions de plus en plus importantes de la communauté musulmane est encore pire: c’est forcément du racisme social qui est à l’oeuvre, de la xénophobie pure.

L’islamophobie dans le lexique de la stigmatisation

La stigmatisation est une technique d’argumentation bien connue. Au lieu d’aborder les faits et les dires, on préfère prêter à l’interlocuteur une intention négative et discréditer son propos en le plaçant sous une accusation générale qui permet de le rejeter en bloc. L’accusation d’islamophobie procède de ce réflexe, comme l’accusation du complotisme ailleurs, ou de racisme, ou de libéralisme, ou d’antisémitisme, ou d’homophobie.

Il existe, dans le débat public français, une dizaine de mots avec quelques superlatifs pour en qualifier le degré, qui permettent de faire taire les opposants.

C’est le cas du mot « libéralisme », qui pointe son nez dès que l’on sort d’une apologie bêlante de l’Etat et la fiscalité à tout crin. Il se décline en ultra-libéralisme ou néo-libéralisme selon les cas. Ces petites cases permettent de condamner sans examen rationnel.

L’islamophobie procède de la même logique. Est islamophobe celui qui pointe les défauts de l’Islam. On se souviendra par exemple de la tempête soulevée à Libération en décembre 2015 par un article considérant que le port de l’abaya par une jeune musulmane dans le métro à Paris constituait une défaite pour le féminisme. Le recours à la stigmatisation est ici inévitable: comme il est évident et rationnel que le port de l’abaya est dégradant pour la femme, seule l’insulte et l’accusation d’hérésie permettent de « traiter » le contradicteur. L’auteur de l’article fut immanquablement traité de raciste.

L’islamophobie et le deux poids deux mesures

L’exemple de l’article sur l’abaya illustre à merveille l’asymétrie de comportement, au sein de la gauche humaniste, vis-à-vis de l’oppression.

Les Français sont quotidiennement assaillis de statistiques sur la discrimination dont les femmes sont victimes en France. Le portrait en creux dessiné du Français est celui d’un horrible macho qui refuse de voir les femmes accéder au pouvoir, qui bat sa femme, la tue, l’exploite, la domine. Il ne viendrait à l’esprit de personne de considérer ce traitement médiatique stéréotypé comme l’expression d’un racisme anti-français.

Ceux qui s’avisent d’aborder le sujet à propos des sociétés musulmanes ou des pratiques musulmanes en France ne bénéficient pas de la même bienveillance. La querelle interminable à propos de Kamel Daoud l’a montré. Oser dire que le traitement de la femme dans le monde musulman n’est pas conforme au principe d’égalité appelle forcément à un procès digne de l’Inquisition.

A titre d’exemple, je lis dans la presse africaine cet article:

islamophobie

Manifestement, nos grands débats sur l’égalité homme-femme et le respect des règles républicaines en France n’ont pas atteint le continent africain.

Il faudra quand même bien qu’on nous explique un jour les raisons pour lesquelles, dans les réflexes de la gauche humaniste, les vérités en-deçà des Pyrénées sont des erreurs au-delà.

L’islamophobie et la haine de soi en Occident

Il faut évidemment une énorme dose de détestation de soi pour penser qu’affirmer nos valeurs revient à détester celle des autres.

Car que reproche-t-on au juste aux « islamophobes » en Occident? D’aimer notre héritage, de croire aux valeurs démocratiques, à la liberté, à l’égalité, à la fraternité. De vouloir préserver une culture millénaire qui a apporté progrès et lumière à l’ensemble de l’humanité.

Et que reprochent les « islamophobes » aux musulmans? de porter, par la religion, un projet politique qui entre en collision avec notre conception de la démocratie. Rappelons-le, l’Islam est entré dans l’âge des Lumières avec la conviction que la modernité passait naturellement par une subordination de la société à la religion. C’est la grande différence entre le monde arabo-musulman et le monde européen. Dans l’un, le progrès de la société est passé par une sécularisation de la société. Dans l’autre, le progrès suppose l’inverse.

Il est fascinant de voir que ce constat historique dressé par des intellectuels arabes fait l’objet d’un procès en sorcellerie en Europe. Mais peut-être n’y a-t-il plus de place pour la raison dans la gauche rationaliste. Cette dernière a cru s’émanciper de ses racines religieuses, mais son discours est tout entier dicté par une culpabilité très chrétienne de ce qu’elle est.

La solution viendra-t-elle du monde musulman?

Alors que les intellectuels européens se mettent la rate au court-bouillon pour nier des évidences connues de tous, la solution au problème du radicalisme musulman viendra peut-être du monde musulman lui-même. C’est en tout cas ce que semble dire la presse du Maghreb à propos du régime égyptien. Je recommande chaleureusement la lecture de cet article qui en dit long sur le décalage de perception entre ceux qui s’assument et ceux qui se détestent.

L’euro et sa très impressionnante marche triomphale

On s’amusera à suivre les dernières évolutions de la zone euro et de la politique monétaire qu’y mène sa banque centrale, sous la conduite de Mario Draghi. Les décisions prises jeudi à Francfort le confirment: tout va bien! et les promesses de lendemain meilleur, de prospérité continentale et d’avenir radieux se réalisent toutes les unes après les autres.

La zone euro dans une mer d’huile

Le moins que l’on puisse dire est que la zone euro est en pleine mer d’huile: plus rien ne s’y passe, ni croissance, ni inflation. L’économie du continent connaît une stagnation quasi-parfaite. C’est la Banque Centrale Européenne elle-même qui le dit:

L’institution basée à Francfort ne prévoit plus désormais qu’une inflation de 0,1% cette année, alors qu’elle tablait en décembre sur une hausse de 1,0% des prix. (…)

La révision à la baisse des prévisions de croissance est plus modeste, à 1,4% pour cette année contre 1,7% prévu en décembre. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro devrait ensuite croître de 1,7% en 2017 (1,9% prévu en décembre) et de 1,8% en 2018.

Rappelons quand même que, depuis un an, la BCE injecte chaque mois au moins 60 milliards d’euros pour « relancer » l’inflation et l’investissement. Voilà une politique qui fonctionne excellemment. Au vu de ces résultats, on comprend pourquoi François Hollande pousse pour une plus grande intégration des économies européennes: encore une intuition fulgurante qui ajoutera au marasme qu’il installe consciencieusement depuis 2012.

Il faut payer pour épargner dans la zone euro

Au vu de ces très impressionnants résultats, Mario Draghi a considéré qu’il ne fallait surtout pas changer une tactique qui gagne. Il a donc annoncé qu’il persévérait dans l’erreur et même qu’il la renforçait pour précipiter son échec total.

La BCE a abaissé, comme attendu, le taux de sa facilité de dépôt à -0,4% contre -0,3%, mais elle a aussi ramené son taux de refinancement à zéro, une première, et réduit le taux de sa facilité de prêt marginal (celui auquel les banques peuvent lui emprunter des liquidités au jour le jour) à 0,25%.

Elle a parallèlement porté de 60 à 80 milliards d’euros le montant de ses achats mensuels sur les marchés financiers, un programme qui sera en outre étendu au marché des obligations d’entreprises.

Autrement dit, tout dépôt bancaire à la BCE donnera lieu à une érosion des liquidités déposées et le crédit sera quasiment gratuit. Les banques se frottent les mains puisqu’elles peuvent récupérer gratuitement de l’argent tout chaud à la sortie de la planche à billet et le facturer à des taux importants à leurs clients.

Mario Draghi a beau faire effort pour soutenir que cette politique vise à soutenir le crédit, les financiers savent tous qu’elle sert d’abord à accompagner les banques confrontées au redoutable paquet Bâle III, qui renforce leurs normes prudentielles.

L’Italie, prochain stress test de la zone euro?

Mario Draghi l’Italien se montre évidemment attentif aux nouvelles venues… d’Italie, où les actifs bancaires pourris fleurissent comme des champignons. La Banque d’Italie les évalue désormais à plus de 200 milliards d’euros, ce qui constitue une véritable petite bombe à retardement.

En effet: dans un contexte où la reprise n’a pas lieu, où l’inflation glisse doucement vers la déflation, où un atterrissage économique brutal est en vue, les défaillances d’entreprise en Italie pourraient entraîner tout le système euro. On comprend que le gouverneur de la BCE prête une oreille toute particulière à ce sujet.

La Grèce toujours élève en danger de la zone euro

On notera en même temps que la crise des réfugiés commence à faire sentir ses effets économiques sur la situation grecque.

« La crise des réfugiés crée des problèmes significatifs pour l’économie et la croissance de la Grèce », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, à l’issue d’une rencontre à Athènes avec le Premier ministre Alexis Tsipras.

« La Grèce a besoin de recevoir un soutien substantiel pour faire face à ce nouveau défi. Aucun pays ne peut relever seul un tel défi », a-t-il poursuivi.

L’automne devrait donc être chaud, économiquement comme politiquement, en Grèce, au moment où l’Etat n’aura plus les moyens de finir l’année.

2016 devrait être une grande année pour l’Europe!

Loi Travail: Valls et la France des 20%

La discussion sur la loi Travail avance, et l’idée pointe désormais de taxer les CDD pour rassembler une majorité de gauche sur le texte. C’est une terrible et calamiteuse fatalité: la réforme du pays est désormais prisonnière d’une gauche qui ne représente pas plus de 20% des Français. Du haut de ce remarquable score, elle prend les 4/5 du pays en otage.

La loi Travail et le fétichisme de la taxe

L’évolution du débat sur le pré-projet de loi est à la fois prévisible et décevante. La loi Travail avait une ambition: faciliter les embauches dans les entreprises en donnant de la flexibilité au contrat de travail. On peut en penser beaucoup de mal. Il n’en reste pas moins que c’était une loi qui pariait sur l’envie des employeurs de prendre des risques en recrutant, dans un pays où le chômage de masse est devenu un mal endémique.

L’idée suscite des blocages et des rejets. Et comme toujours dans notre pays, le blocage idéologique soulève immédiatement un réflexe: faisons une taxe, et le problème sera réglé! Tel est le destin des pays où la gauche est l’héritière du protestantisme. Au lieu de résoudre ses conflits par de saines perversions, comme le monde catholique pouvait le faire, nos néo-calvinistes ont un tic, celui de lever un nouvel impôt pour faire la synthèse des positions antagonistes.

Et voici comment une loi qui devait encourager les employeurs à recruter devient une loi punitive qui augmente les charges salariales des entreprises. Heureusement que François Hollande avait annoncé un moratoire sur les impôts et les charges!

La loi Travail victime de la gauche 20%

Cette extraordinaire transformation dans l’état d’esprit (qui nous rassure: pour une fois, l’entrepreneur n’aurait pas été considéré par les pouvoirs publics comme un gangster à surveiller) gouvernemental a une explication simple. Les mouvements étudiants sont dans la rue, la CFDT menace de les rejoindre, et le PS ne se sent pas de voter la loi en l’état. Tous ces braves gens ont fait alliance pour empêcher le vote d’une loi scélérate qui laisserait croire que le chômage naît d’un excès de protection accordé aux salariés. Alors que non! le chômage persistant en France, c’est forcément la faute des employeurs!

Or, que représentent aujourd’hui les forces qui combattent la loi?

Prenons le seul exemple du PS: la majorité parlementaire, rappelons-le, réduite au seul groupe socialiste, a recueilli au premier tour des législatives de 2012 pas moins de 9,4 millions de voix sur un corps électoral de 43 millions. On dépasse donc à peine les 20% de l’opinion prise dans son ensemble. Fort de cette représentativité, le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale impose sa loi au pays, faite de postures coupées des réalités, de mépris pour tous ceux dont la tête dépasse et qui ne se satisfont pas de vivre de minima sociaux ou de rémunérations de la fonction publique.

La loi Travail et l’UNEF

On dira pire encore de l’UNEF dont la représentativité est totalement inconnue, non mesurable, et totalement discutable. Rappelons qu’aux élections étudiantes, la participation moyenne est inférieure à 10% et que l’UNEF n’y détient pas la majorité absolue. Elle est notamment talonnée par la FAGE qui fait partie des « réformistes ».

L’idée selon laquelle une manifestation de l’UNEF suffit à amender fondamentalement la loi est donc absurde et totalement contraire à la démocratie. L’UNEF se fait entendre, mais pas dans les urnes, et céder à ses manoeuvres d’intimidation revient tout simplement à donner le pouvoir à une minorité qui n’obéit qu’à elle-même, sans aucun mandat populaire.

Si l’on ajoute les liens malsains que l’UNEF entretient avec la gauche de la gauche, on voit que le syndicat étudiant est au mieux une arme de poing détenu par une minorité qui en tire des profits personnels. Ceci n’a rien à voir avec le mouvement social, soyons clairs.

La loi Travail et la CFDT

Enfin, Manuel Valls est logiquement entré dans un huis clos avec la CFDT qui laisse songeur. La confédération « réformiste » ne représente elle-même pas plus de 20% des salariés du privé. C’est pourtant elle qui fait la décision aujourd’hui, et impose des mesures qui sont systématiquement favorables aux grandes entreprises qui la financent, mais défavorables aux PME et TPE qui lui ferment ses portes.

On le regrettera amèrement! La CFDT a du bon lorsqu’elle tempère la folie des syndicats contestataires financés par le service public. En revanche, le pouvoir qu’elle détient aujourd’hui au nom d’une pseudo-démocratie sociale condamne le Mittelstand français, dont la croissance a tant besoin, à être systématiquement disqualifié au bénéfice de la noblesse d’Etat qui colonise les ex-entreprises publiques.

Bref, un régime qui donne une majorité artificielle à des forces aussi peu représentatives mérite de disparaître.