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« Merci Macron! », le nouveau safari movie électoral

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Emmanuel Macron s’est fendu d’un sidérant passage à Châlons-en-Champagne, la ville de Benoist Apparu. À écouter ses malheureux propos sur place, on comprend quelle image il va dévoiler de lui durant cette année électorale: celle d’un banquier parisien méprisant visitant ses pauvres et ses paysans dans une calèche de luxe!

De « Merci patron! » à « Merci Macron! »

On se souvient du film de François Ruffin, le gauchiste des beaux quartiers, ami de Frédéric Lordon et de toute la clique des âmes bienpensantes qui aiment les pauvres, « Merci patron! », qui a régalé tant de bobos dans feue la Nuit Debout. Ce film, sous couvert de dénoncer le capitalisme, s’offrait un safari chez les pauvres Ch’tis, avec le voyeurisme digne d’un directeur commercial de province qui a gagné le voyage annuel en Namibie offert au meilleur vendeur de la boîte.

Avec Emmanuel Macron, ce n’est pas un safari social qui commence, mais un safari électoral: je m’en vais voir les Français dans leurs parcs naturels pour me divertir et leur dire de bonnes paroles qui me rapporteront des voix et de la popularité.

Macron veut voir de vraies gens

Le banquier de chez Rothschild a donc décrypté pour la presse le sens de son escapade à Châlons-en-Champagne (1h30 de Paris…):

 

On n’aurait pas dit mieux: je viens voir comment les Français vivent. Il ne lui manquait que le chapeau colonial et le fusil à bouchon pour faire plus vrai que nature.

Le mépris social: un art qui se cultive

On remarquera quand même le talent avec lequel Macron parvient à camper son personnage d’aristocrate en visite sur ses terres. Car, en une phrase et une image, il parvient à composer une sorte de fragrance parfaite où se retrouvent toutes les essences du mépris social français depuis plusieurs siècles.

On écoute Macron et c’est à la fois le châtelain qui vit à Passy et se rend au castel pour les vacances, debout sur son carrosse, le haut-de-forme sur la tête, arrivant à la messe devant des paysans qui baissent la tête, mais aussi le Tartarin de Tarascon qui veut voir la mer de glace pour la raconter à ses invités de retour chez lui, c’est le président Duvalier traversant les faubourgs de Port-au-Prince dans une limousine regorgeant de billets qui s’éparpillent dans les rues, c’est Giscard jouant de l’accordéon devant un éboueur africain, c’est la bête de foire transformée en enjeu électoral, sans que l’on ne sache plus qui joue le rôle de la bête.

Tout cela en un seul homme aussi jeune, pardi… un talent n’est pas donné à tout le monde.

Macron est-il son meilleur ennemi?

La campagne électorale est décidément un exercice redoutable. Elle oblige les candidats à s’exprimer malgré eux. Elle ne se limite pas à des discours, bien au contraire. Elle donne à voir, elle dévoile l’homme (ou la femme), elle le montre plus qu’elle ne le laisse dire. Elle n’est pas affaire d’intelligence, mais de présence.

Encore une ou deux apparitions de cet acabit pour Emmanuel Macron, et il suscitera chez les Français la haine viscérale qu’ils nourrissent de façon grandissante pour l’élite incompétente qui les dirige et les a ruinés. Peut-être même Macron parviendra-t-il à en incarner le substrat.

3 commentaires

  1. aralo dit

    « Elle n’est pas affaire d’intelligence, mais de présence. »

    Je pense que vous faites fausse route, la France actuelle ne distingue ni l’intelligence, ni la présence, car la dernière ne va pas sans l’autre. La France se contente d’un d’ordre, quasi bouddhiste ou hindouiste, de fatalité karmique et stoïque au pire sens du terme schopenhauerien, au sens de soumission aux castes en remplacement de lutte des classes.

    La culture de son jardin à la française a toujours été la version de l’autisme épicurien du quant à soi. Sous forme franchouille ca produit des demi-sourds, juchés sur leurs ergots d’ésotérisme pseudo-républicain, asphyxiés par leur vacuité aresponsable. Un vaste théâtre creux de déficits où la crétinerie entraine une compétition pour produire une idiotie encore plus vaste et rémunérée par les ors de la suprême imbécilité.

  2. rodolf dit

    Les français sont bêtes mais les français ne voudront pas d une grand-mère first lady. Enfin je vois, il ressemble bien au prince Charles! Il nous manque que la reine d Angleterre…

  3. Curmudgeon dit

    « Le voyeurisme digne d’un directeur commercial de province qui a gagné le voyage annuel en Namibie offert au meilleur vendeur de la boîte. »

    Aïe ! Vu le fil directeur de l’article, le « de province » la fout mal. A Paris, les directeurs commerciaux ne sont pas voyeuristes ?

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