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UE: Merkel fait passer le TAFTA en force, Hollande opine

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Au sommet de l’UE à Bratislava, les citoyens européens ont encore assisté à une belle pantalonnade, émaillée d’une fessée déculottée pour François Hollande, et d’une série de quiproquo qui risquent d’être lourds de sens pour l’Union.

TAFTA et la fessée déculottée de Hollande

Premier point: à Bratislava, Merkel a obtenu un maintien de la ligne européenne sur le TAFTA, malgré les annonces de Hollande sur l’arrêt des négociations. Voici ce qu’en dit le communiqué final:

lors du Conseil européen d’octobre, examiner les moyens de mettre en place une politique commerciale robuste qui tire parti de marchés ouverts tout en tenant compte des préoccupations des citoyens

Cette formule alambiquée annonce qu’en octobre, l’Union décidera officiellement de signer le TAFTA, que cela plaise ou non à la France. Il s’agit donc d’une superbe humiliation pour un Président qui annonçait, dans son discours de Wagram, qu’il ne laisserait pas la place de la France être contestée en Europe. Une fois de plus, les rodomontades parisiennes donnent lieu à un écrasement en bonne et due forme dès que les frontières sont franchies.

Mais jusqu’à quand allons-nous tolérer d’être le paillasson de la Prusse?

Les hallucinantes déclarations sur les réfugiés

La même Merkel a obtenu, du sommet de Bratislava, des mentions dont on se demande quel être humain normalement constitué a pu les écrire et les soutenir en conférence de presse. Par exemple:

Ne jamais permettre que se reproduisent les flux incontrôlés que nous avons connus l’année dernière et réduire encore le nombre de migrants en situation irrégulière

Oui, oui, c’est bien Angela Merkel qui a défendu cette déclaration en conférence de presse. Là même qui, il y a près de dix-huit mois, déclarait unilatéralement l’Allemagne prête à accueillir en 2016 un million de réfugiés. À cette pantalonnade, il faut ajouter cette impressionnante phrase d’introduction à la déclaration:

Nous devons mieux communiquer les uns avec les autres – entre États membres, avec les institutions de l’UE, mais aussi, et c’est le plus important, avec nos citoyens. Nous devrions apporter plus de clarté à nos décisions. Utiliser un langage clair et honnête. Nous concentrer sur les attentes des citoyens, en ayant réellement le courage de nous élever contre les solutions simplistes des forces politiques extrémistes ou populistes.

Peut-être que la première façon de lutter contre les « solutions simplistes » serait d’arrêter de prendre les Européens pour des simplets à qui on peut servir n’importe quelle soupe.

Aucune politique économique dans l’Union

Pour le reste, l’Allemagne a maintenu le cap d’une rigueur budgétaire mortifère pour l’Union. Alors que le pauvre Juncker, sans doute inspiré par des puissances gouvernant une autre planète, avait proposé une augmentation du Fonds d’investissement dont personne ne voit la couleur, Merkel a maintenu le lock-out complet sur le sujet:

en décembre, compte tenu de l’évaluation qui aura été faite, prendre une décision sur l’extension du Fonds européen pour les investissements stratégiques

Dans le meilleur des cas, les mesures nouvelles d’investissement interviendront en décembre. D’ici là, on continue comme avant, avec une Europe au service des grands groupes qui pratiquent l’évasion fiscale:

lors du Conseil européen du printemps 2017, faire le point sur les progrès réalisés en ce qui concerne les différentes stratégies pour le marché unique (y compris le marché unique numérique, l’union des marchés des capitaux et l’union de l’énergie)

On retrouve ici notamment le principe d’une adoption à marche forcée de la directive sur les droits d’auteur.

L’Italie quitte le bateau ivre franco-allemand

François Hollande a obtenu de s’afficher seul, lors de la conférence de presse, avec Angela Merkel (en échange d’un renoncement à toutes ses ambitions ou promesses, comme d’habitude). Matteo Renzi, l’Italien, n’a guère apprécié l’opération, d’autant qu’il repart la queue entre les pattes.

Renzi est arrivé, en effet, avec deux objectifs de guerre: une tolérance budgétaire de l’Union pour ses écarts, et un amendement l’accord avec la Turquie sur les migrants, qu’il trouve trop raide (et accessoirement défavorable à l’Italie, puisqu’il ne concerne que la Grèce).  Merkel, qui avait un temps joué Renzi contre Hollande, vient donc de perdre un allié.

De l’Europe, il ne restera donc bientôt plus que le couple croupion franco-allemand. La Grande-Bretagne s’en va, l’Italie boude, et plus personne ne croit en rien. Ou comment les bureaucraties finissent. Sur ce point, on reste confondu par la rigide cécité de l’Allemagne qui, une fois de plus, démontre son incapacité à dépasser sa vision prussienne de l’Europe.

12 commentaires

  1. Pierre dit

    Renzi a l’esprit ailleurs.. La date du référendum constitutionnel sera annoncée fin septembre…

    Et le père Renzi (visualisez Macron mixé avec Manolo Valls, avec une dose de Junker pour la rouerie)… va se prendre une belle déculotée.

    Car dans son infinie arrogance de politicien non élu (il a été nommé PM à l’issue d’un énième coup d’état institutionnel)… il a lié son sort au… référendum.

    C’est fou comme ça peut être bête, limite crétin des Alpes, un bébé politicien bruxellois qui se prend pour le maître du monde.

    -les italiens sont très, très énervés par les « migrants » (il suffit de voir la poussée des partis « populistes » aux municipales)
    -les italiens en ont marre des bruxellois arrogants
    -les italiens refusent qu’on leur casse leur art de la combinazione (Sénat et Assemblée = mêmes pouvoirs)
    -les italiens savent qu’un gouvernement qui ne peut pas « gouverner » est bien moins nocif….
    -les italiens en ont marre de Renzi les dents blanches (3ème incarnation des PM non élus, choisis par Bruxelles, après le coup d’état contre Berlusconi, après Mario Monti et Enrico Letta).

    … Et donc les italiens vont se payer sa jolie petite gueule.

    Encore un Bruxellois qui finira dans les poubelles de l’histoire (bien chargées en ce moment les poubelles).

    Et par ailleurs demain Merkel recevera une nouvelle gifle à Berlin.

    Ca ne changera pas sa démence d’un iota… mais ça nous fera plaisir.

    Bref, encore un très beau week-end.

    Et des signes supplémentaires de l’implosion -salutaire- du goulag qu’on appelle l' »UE ».

    • @Pierre Etonnant comme vous prenez, vous aussi, vos désirs pour la réalité. Le goulag qu’on appelle UE (le UERSS, c’est ça?) et comme le LRPS, très tenace.
      Je crois au contraire qu’on est en train de prendre la bonne trajectoire. Tout comme Tsipars, Renzi et plus généralement les italiens étaient sur une trajectoire « chic la généreuse allemagne va nous donner l’argent et le déficit qu’on a besoin pour qu’on puisse s’occuper des migrants , c’est notre mission, notre devoir ». Et bien non: Mémère n’aime pas entendre siffler les balles et commence à serrer les boulons, merci aux néos nazis. Les italiens vont devoir se mettre à laisser crever les envahisseurs au lieu de les sauver, c’est la vie, et tant qu’à être cruels il pourront aussi penser à mieux se gérer, si ils en ont le temps, naturellement.

      • Pierre dit

        Merkel ne serre rien du tout.

        Elle a dit et répété qu’elle continuerait sa politique démente de frontières ouvertes. Elle conchie littéralement l’AFD et les « déplorables » allemands (que vous appelez avec tant de courtoisie des « néo nazis », alors que ce sont des gens comme vous et moi).

        Je ne nie pas que les Italiens (comme les Grecs) ont été bien contents de truquer leurs chiffres (Draghi était patron… de la banque centrale italienne) et qu’ils ont bien profité de l’Euro…

        Mais la nouveauté c’est l’invasion migratoire, en tout cas son accélération (rappel : l’invasion migratoire a commencé il y a…. 30 ans).

        Le regard des Italiens a changé sur l’immigration. Et c’est pour cela que Renzi va sauter (entre autres).

        Le fait que l’appareil d’état italien, comme les autres pays européens, continue de promouvoir activement l’invasion migratoire, n’est pas un contre argument, au contraire, et ne doit surtout pas être confondu avec la masse des Italiens qui eux ont en marre : les mêmes causes produiront les mêmes effets.

        • Ce que vous dites est contraire aux faits: il y a bien un virage en cours, et le sommet le montre.
          Les déclarations ne sont rien, il y a les réalités et les politiques menées.
          Les allemand aussi en ont marre : les résultats de Berlin viennent de tomber et la CDU est en perdition. Vous pensez que Merkel ne va pas en tenir compte ? Car la droite allemand est en train de décider son éviction…
          Pareil pour Renzi, mais pour lui vous avez raison c’est peut être trop tard.

  2. Je ne comprends pas pourquoi vous dites ça. Siegmar Gabriel avait acté l’échec du TAFTA fin Aout. Si accord il y aura ce sera celui avec le Canada, le CETA, et ce n’est pas parce qu’Attac est contre aussi que c’est la même chose.
    Au sujet des migrants, Renzi fait la tronche parce qu’il ne réalise toujours pas que les quotas sont finis et que s’il ne se met pas énergiquement à noyer les chits africains qu’il invite en Europe comme il semble le croire encore (…) et bien ce sera pour sa gueule. Car il se met en place, avec l’épée de l’extrême droite allemande dans les reins, quelque chose qui va s’appeler le NOWAY ou plus familièrement le QUILSCREVENT.

    Deux sujets d’inquiétude avant mai prochain : la France garde mal sa frontière avec l’italie et il y des migrants qui viennent d’Allemagne il parait. Par les ardennes.

  3. Citoyen dit

    Pour « Les hallucinantes déclarations sur les réfugiés », c’est probablement que la mémère Merkel a été initiée, par le baudet de Tulle, à fumer de la moquette de Solférino …. Les résultat sont saisissants ….
    Quant au baudet, à défaut d’avoir appris à caresser le cul des vaches … C’est lui qui (avec délectation) se prend des fessés !
    Faut croire qu’il aime ça …
    « De l’Europe, il ne restera donc bientôt plus que le couple croupion franco-allemand »… il serait croquignolet, qu’un à un, les pays qui en ont plus que marre de cette UE, rejoignent la Grande-Bretagne, pour commencer à former l’UE2 ! … En remplacement de l’autre qui se meurt.

  4. simple citoyen dit

    C’était prévisible.
    Nous ne sommes pas en présence de chefs d’états, mais de factotums dont la feuille de route est claire.
    D’ailleurs, plutôt que de commenter avec un apparent effarement l’entêtement de nos dirigeants (comme dans les décisions des banques centrales, ou celles concernant les politiques migratoires, ou la signature de traités plus incompatibles les uns que les autres avec la volonté ou le bien être des peuples concernés pour ne prendre que quelques exemples) il conviendrait de s’éloigner de l’idée de pouvoirs incompétents pour se rapprocher de celle de pouvoirs sous influence.
    Merkel fut choisie il y a longtemps, probablement pour sa capacité à paraître crédiblement autre qu’elle n’est réellement. Sa feuille de route aujourd’hui est de s’appuyer sur la culpabilité du peuple allemand pour lui imposer un renoncement total à son identité, tout en imposant la domination sans partage de l’Allemagne sur le reste de l’Europe, détruisant au passage ses concurrents par la monnaie, les désarmant au nom des vestiges du noyau fondateur de l’UE, et maintenant par l’explosion des coûts imposés par leurs modèles sociaux respectifs grâce à sa politique migratoire brutale et unilatérale.
    Mais ce n’est pas une première. Elle fit de même pour la « révolution énergétique » qu’elle imposa de fait, comme pour la politique de défense dont elle ignora superbement le coût chez ses partenaires, comme pour l’extension sans limite à l’Est de l’UE ou les accords avec la Turquie qui au final ne bénéficient qu’au glacis allemand. Elle refusa évidemment toute politique de transferts, pendant nécessaire à toute fédéralisation de fait de l’UE par ailleurs soumise à l’Euro et la politique de la BCE.
    Elle se moque parfaitement de l’implosion de l’UE, car le mal est fait. Ses concurrents ne se relèveront pas de sitôt, et ils sont néanmoins prisonniers d’un ensemble de traités et de conventions dont ils ne peuvent sortir. Et restent toujours les armes de la guerre économique, financière ou juridique. Ou celles plus feutrées du soft power et de ses relais médiatiques et non gouvernementaux. Ou encore celles du renversement de pouvoir légitime que l’on aide un peu.
    Elle n’oeuvre cependant pas pour l’Allemagne en tant que telle, mais pour une vision de ce que l’UE élargie doit devenir au sein d’un monde régionalisé, dont une des composantes est le territoire transatlantique élargi. Et où les états-nations auront cessé d’exister.
    On remarquera que ne sont jamais évoquées les raisons crédibles de certaines décisions. On évoque toujours l’incompétence et l’impréparation. C’est difficilement crédible. Ce d’autant, que lorsque des « erreurs » significatives sont commises, elles le sont toujours dans la même direction.
    Comment peut-on se contenter par exemple au sujet de la vague migratoire actuelle en Europe, de l’explication selon laquelle Merkel a pris unilatéralement une décision d’une telle ampleur par générosité envers ceux qui étaient à nos portes? C’est l’absolu contraire d’une décision de chef d’état. C’est surtout le contraire de ce qui a fait la réputation de Merkel. Puis on nous a parlé de la démographie, des retraites et du PIB… dont tout le monde sait bien que cela n’a aucun sens économique. Personne n’a parlé de redistribution forcée, ou de transferts, ou de destruction (créative?) organisée. Mais dans une économie de flux et de rentes de connivence, qui sont les bénéficiaires de ces décisions?
    Les commentateurs s’émerveillent devant tant d’obstination à poursuivre des politiques qui a priori ont révélé leurs limites ou leurs travers. Pourtant elles sont toujours maintenues et accrues. Sont alors louées les qualités de persévérance, d’engagement personnel et autres fadaises, de celles et ceux les poursuivant.
    Malheureusement, la réalité est bien autre: c’est simplement que se déroule inexorablement l’agenda qu’ils ont pour mission de dérouler avec le minimum de remous imprévisibles, entendez par là de prises de conscience des peuples concernés. Mais même ce vernis se craquelle, laissant de plus en plus fréquemment apercevoir la véritable nature de ceux qui nous dirigent et de comment ils nous perçoivent.
    Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant quand on comprend que ces mandataires nous trompent éhontément depuis si longtemps sans pourtant être inquiétés. Ils en ont majoritairement acquis une conscience de classe dissociée de nos contingences mesquines et vaines et un mépris pour notre cécité et nos conditions.
    Ils nous méprisent pour nos convictions désuètes autant qu’ils s’estiment pour s’en être séparés afin d’accéder à la liberté suprême du pouvoir sans contrepartie, hormis ce léger détail de signature du pacte de trahison. Mais est-ce bien une trahison puisqu’il s’agit du bien?
    Quant à TAFTA qui est à l’honneur ici, ce sera s’il est mis en oeuvre (ce que je crois) la clef de voute du nouvel ordre économique de la zone transatlantique concernée, et la fin de l’entrepreneuriat tel que nos société l’ont connu. Ce sera de fait la fin de notre liberté économique, et peut-être la fin de la parenthèse historique exceptionnelle que nos pays ont offert au monde.
    Il est sidérant de penser que tant de forces se joignent pour limiter et contraindre les libertés, que tant d’adeptes du contrôle ne se soucient tant des autres que pour s’assurer qu’ils ne dévient pas de leur vision du monde. Que tout cela s’accompagne d’un tel assaut des fondements mêmes de notre civilisation et du bon sens le plus élémentaire sans rencontrer de contradicteurs autres que les hommes-liges de la politique de circonstance (et des futurs reniements) et les colonnes des blogs indépendants?

  5. Pizza dit

    D’apres le canard, hollande déclaration des 2013 « il faut signer le plus vite possible » (ca c’etait avant que les « journaux » en donnent quelques bribes et ne « s’indignent » que les citoyens ne puissent en consulter ne feut-ce que qu’un extrait).
    Moi je crois que toute cette pantalonnade est déja largement actée en coulisses avec un Hollande aux fraises entierement maitrisé par merkel + probablement d’autres facteurs que l’on ne nous annonce pas …
    J’ai même plus d’indignation, j’ai du dégout.

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