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Les amusants recasages des conseillers ministériels aux frais du contribuable

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Ah! les recasages! C’est devenu une tradition dans une haute fonction publique qui ne manque pas une occasion de fustiger le populisme, le complotisme et la démagogie du petit peuple: à l’issue du quinquennat, on prend ses dividendes à la bourse de la vie administrative et on se recase dans des sinécures pour échapper au changement de majorité avec le même empressement que celui du rat qui quitte le navire en flammes. Et une loi désormais ancrée dans la pratique publique veut que le recasage soit d’autant plus généreux que le mandat dont on a profité fut désastreux pour l’intérêt général.

On trouvera donc ici une nouvelle liste (partielle) des cadeaux aux cabinets ministériels.

La diplomatie française, lieu de recasage et de reclassement professionnel

Reuters a produit une liste intéressante des fromages diplomatiques attribués aux amis.

Stéphane Romatet, conseiller diplomatique de Manuel Valls puis Bernard Cazeneuve à Matignon, est attendu au Caire. (…) Le conseiller Afrique du Nord et Moyen-Orient de François Hollande, David Cvach, est annoncé à Stockholm. (…)

Le conseiller diplomatique du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, Luis Vassy, est pour sa part nommé ambassadeur à Oman, une nomination rare à 37 ans.

Quant au poste d’attaché culturel à Londres, il pourrait échoir à Claudine Ripert, conseillère en communication de François Hollande.

Félicitations à tous ces heureux bénéficiaires d’une nomination politique. Elle rappelle combien la fonction publique est attachée à l’intérêt général.

D’autres nominations en opportunité

On remerciera Acteurs publics pour l’inventaire des nominations politiques sur le sol français.

En vrac, on notera donc:

  • la nomination d’un conseiller politique d’Annick Girardin dans un poste d’inspection générale
  • la nomination d’une conseillère de Marisol Touraine dans un corps d’inspection (rappelons que le directeur de cabinet de la même ministre est passé à la Cour des Comptes)
  • la nomination d’une conseillère de Myriam El-Khomri dans le corps préfectoral
  • la nomination du directeur de cabinet de Jean-Jacques Urvoas comme directeur des affaires civiles du Sceau.

Encore ne s’agit-il là que de quelques nominations épisodiques parmi une foule d’autres recasages dont on mesure, une fois de plus, qu’ils accentuent la politisation de la haute fonction publique que le statut est supposé éviter…

5 commentaires

  1. Citoyen dit

    C’est de cette façon que la mafia se constitue …. placer les copains à tous les postes disponibles (quitte à en créer) pour que les autres n’y aient pas accès … Avec pour conséquence directe, que c’est un réservoir de gens très redevables … qui pourront servir ultérieurement.

    • Girard dit

      Stupide : la plupart de ces nominations concernent des fonctionnaires recevant de nouvelles affectations dans leurs administrations d’origines. Qu’un VASSY, après 5 ans à 18 heures par jour, soit nommé ambassadeur dans un poste modeste est raisonnable, normal et pertinent !

  2. serge dit

    Tous bords politiques confondus, c’est une constante qui suscite la plus grande désapprobation, en plus quand l’Etat est en faillite. Cela traduit malheureusement trois symptômes:
    – Professionnalisation complète du politique
    – Sédimentation complète des hauts cadres de l’Etat au travers des réseaux
    – Possibilités légales de nommer en « fait du prince » des individus des deux points précédents
    Il est donc logique que notre pays coule lorsque des personnages sont formés non à des métiers mais à des grilles d’emplois (conseiller, chargé de mission…), n’ont jamais exercé en société civile, n’ont pas d’objectifs et ne sont pas évalués par des « autorités indépendantes ». Vu que c’est quand même fortement attractif (qui n’envisagerait pas ce long fleuve tranquille?) et que les promotions se déversent chaque année, on a toutes les chances de continuer de pleurer à chaque élection, que nous avons avec une régularité de métronome. Reste le feu…

  3. Rodolphe dit

    Rien de nouveau sous le cocotier républicain… En Scandinavie ils appellent ça l art de table à la française… un héritage de la monarchie

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