Accueil » Archives pour Éric Verhaeghe

Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Pacte de responsabilité: comment on occupe le peuple

Aujourd’hui a lieu une réunion – que dis-je? un show médiatique! au ministère du Travail, sur le pacte de responsabilité, avec l’ensemble des partenaires sociaux chargés de sa mise en oeuvre. Une belle opération d’enfumage destinée à cacher la misère: le pacte coûtera cher, profitera à des secteurs économiques qui n’en ont pas besoin, et ne créera pas un seul emploi.

L’opération a commencé hier avec une réunion au MEDEF

Pour les partenaires sociaux, cette réunion devrait avoir une vertu: elle leur permettra de continuer à se tenir chaud. Certains d’entre eux ont en effet passé une partie de la journée d’hier ensemble au siège du MEDEF pour discuter de l’agenda social – entendez du menu de leurs discussions à venir. Les lecteurs de ce blog étaient depuis plusieurs jours informés des résultats à attendre de cette petite mise en scène: une négociation aura lieu sur les seuils sociaux (qui devrait aboutir en décembre sur un gel pendant 3 ans des obligations qui pèsent sur les entreprises qui passent le seuil de 50 salariés), et pour le reste, rien.

Ah! tous ces défenseurs du modèle allemand, comme ils sont à court d’idées lorsqu’il s’agit de l’appliquer au domaine social! et comme il est plus facile d’attendre que le papa Etat continue à légiférer là où on pourrait prendre des initiatives privées!

Leïla de Comarmond, récemment interdite de séjour au siège de la CGT, a assez bien détaillé hier la situation.

Le pacte de responsabilité, ce mythe moderne

Aujourd’hui, l’exercice est un peu différent: le contrôleur en chef des chômeurs François Rebsamen devrait prononcer une messe avec homélie urbi et orbi pour expliquer au bon peuple de France que le pacte de responsabilité, c’est vachement bien. D’ailleurs, 47 branches professionnelles sont en pleine négociation pour trouver des contreparties aux milliards reçus.

Ce spectacle est évidemment navrant et constitue un pas de plus fait par le gouvernement dans une logique d’affichage et dans une posture idéologique qui ne fera que dégrader la situation économique générale. Que de temps perdu, faute d’avoir aux manettes des gens qui ont déjà mis les pieds dans une entreprise autrement qu’en visite officielle…

A ce titre, je cite volontiers l’excellent communiqué de la CFDT Banque et Assurances:

La CFDT estime à 2 milliards d’euros l’impact du pacte de responsabilité sur les secteurs de la banque et de l’assurance d’ici 2020 : la CFDT demande aux dirigeants des banques et des assurances de vraies contreparties pour l’emploi.

L’allègement des cotisations patronales, ainsi que les allègements fiscaux prévus d’ici 2020 rapporteront 440 millions d’euros d’ici 2015 aux entreprises du secteur financier (60% pour les banques de l’AFB – Association française des banques – et 40% pour les sociétés d’assurances de la FFSA – Fédération française des sociétés d’assurances – et du GEMA – Groupement des mutuelles d’assurances).

Ce montant atteindra 1,3 milliard en 2019, avec la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) prévue en 2017, pour représenter plus de 2 milliards en 2020.

Le secteur des banques et des assurances est engagé dans la voie de la digitalisation et réduit ses effectifs : la CFDT entend que la profession ne profite pas de ces 2 milliards d’euros pour alimenter ce mouvement de baisse.

La CFDT demande à la profession des contreparties tangibles aux efforts consentis par les contribuables dans le cadre du pacte de responsabilité.

Pour sa part, la CGC des mêmes secteurs a indiqué:

« Ce qui a déclenché notre colère, c’est de voir que la banque figure dans la liste des branches citées par le Medef comme ayant entamé les négociations, alors que nous n’avons eu qu’un état des lieux financier et social du secteur au début de l’été », a ajouté M. Dos Santos.

Bien entendu, tout cela n’est que détail insignifiant face aux impératifs d’une communication gouvernementale réussie.

Les cadres, moutons à tondre de l’Etat providence

L’INSEE a publié ses statistiques sur les niveaux de vie. Une fois de plus, les chiffres montrent que, de 1996 à 2012, ce sont les cadres qui ont le moins amélioré leur niveau de vie, pendant que les plus riches et les plus pauvres tiraient leur épingle du jeu.

Voici d’ailleurs le graphique qui le montre:

 

Source: INSEE
Source: INSEE

 

Le graphique montre clairement que, jusqu’en 2008, les populations du premier décile (les 10% les plus pauvres) qui ont connu la plus grande amélioration de leur niveau de vie. En 2011, les principaux bénéficiaires de la « prospérité française » appartenaient aux 10% les plus riches. En 2012, ceux-ci ont connu une restriction sensible de leur niveau de vie.

Sur longue période, ceux qui ont le moins progressé appartiennent aux classes moyennes (du 3ème au 7ème déciles).

L’an prochain, il sera possible de mesurer l’effet de l’arrivée de la gauche sur les niveaux de vie.

Nemmouche: des révélations qui tombent à pic

Les révélations sur Nemmouche tombent à pic: les services secrets français tiennent absolument à faire passer une loi qui leur permettra d’espionner tous les contenus numériques, y compris VOTRE boîte mail, et qui leur permettra de bloquer tous les sites gênants. Bien entendu, tout cela se fait au nom de la lutte contre les méchants terroristes. Mais, dans l’hypothèse d’un virage type Vichy 1940, ou dans l’hypothèse (plausible, compte tenu des impressionnantes performances de François Hollande) d’un grand tohu-bohu dans les rues, ces dispositifs permettront de verrouiller l’opinion publique en toute légalité.

Nemmouche: une mise en scène troublante

Il y a quand même quelque chose de troublant dans la façon dont les révélations sur Nemmouche sont orchestrées.

Tout a commencé le samedi 6 septembre par des révélations du Monde, qui dévoile que le tueur du musée juif de Bruxelles avait été geôlier des otages occidentaux en Syrie. Voici une petite phrase du quotidien qui mérite d’être méditée:

Cette information est le fruit des éléments transmis ces derniers mois par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à la section antiterroriste du parquet de Paris. Elle provient, notamment, des témoignages d’ex-otages, journalistes français, libérés le 20 avril.

Il est donc très probable que cette information soit directement issue d’une fuite organisée par les services secrets, puisque ce sont eux qui sont informés depuis des mois…

Dans l’après-midi du 6 septembre, un ex-otage se met à parler. Il s’agit de Nicolas Hénin, qui publie des confessions pour Le Point. Cela ne vous paraît pas bizarre, à vous, que, le même jour, deux organes de presse différents publient la même information confidentielle, détenue depuis des mois par les services secrets, mais sous des formes différentes – dont une confession qui n’a forcément pas été rédigée dans les dix minutes précédant sa parution?

J’ajouterai volontiers que l’opinion publique ne sait pas forcément les liens entre « les services » et la presse. Mais il est bien connu que certains organes (dont les titres évoqués plus hauts) sont souvent bien informés.

Le 7 septembre dans la soirée, c’est Libération qui s’y met:

Dépêché par l’Etat islamique en Irak et au Levant pour frapper l’Europe ou auto-investi d’une mission, Mehdi Nemmouche prévoyait «au moins un attentat en France, au cœur de Paris». C’est ce qui ressort des procès-verbaux d’auditions des plaintes contre X des quatre ex-otages français libérés le 20 avril, entendus par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) durant la garde à vue de Nemmouche, entre le 30 mai et le 2 juin, pour les quatre assassinats au Musée juif de Bruxelles.

C’est quand même étrange, toutes ces fuites simultanées qui émanent des services secrets. C’est comme s’ils avaient ouvert une data room spéciale pour les journalistes de droite comme de gauche.

Qui est Nicolas Hénin?

Au passage, aucun journaliste n’a jugé utile de faire un travail d’investigation minimale sur la personnalité de celui qui s’est mis à parler, l’ex-otage Nicolas Hénin. Pourtant, son profil pose quelques questions.

Par exemple, il s’est assez tôt passionné pour le monde arabe. Voici ce qu’en dit sa page Wikipédia:

Suivant des cours de langue arabe, il se spécialise très tôt sur le Moyen-Orient, avec un mémoire de maîtrise en Histoire des Relations Internationales sur le sujet suivant : « Les relations interarabes de l’Égypte et la paix séparée avec Israël : novembre 1977 », mémoire préparé lors d’un semestre de recherche au Caire, au CEDEJ (Centre d’études et de documentation économiques et juridiques)

Ceux qui se sont intéressés un minimum à cette question savent que pour passer six mois au Caire sur un sujet aussi sensible à la fin des années 90, il faut présenter un profil un tout petit peu particulier. Cela ne signifie bien entendu pas que Hénin est un « honorable correspondant », mais il a bien du, tôt ou tard, être en contact avec les services. Cette particularité est renforcée par son départ pour l’Irak en guerre en 2002 comme pigiste indépendant. Ce genre de démarche « en solo » est pour le moins étonnante.

On ajoutera que Nicolas Hénin a contribué au documentaire de Jean-Pierre Krief intitulé « Tonnerre roulant sur Bagdad » dont voici un extrait:

Comme par hasard, cet extrait commence par une interview du responsable choisi par la CIA pour surveiller l’Irak. Il avait de bons contacts, Nicolas Hénin…

Nemmouche, objet de toutes les angoisses sécuritaires

Grâce à cette habile campagne d’intoxication, les services secrets utilisent les angoisses des Français pour fabriquer un personnage de toutes pièces, un monstre à combattre par tous les moyens, appelé Medhi Nemmouche. C’est d’ailleurs Nicolas Hénin qui le fait passer dans le registre du symbole en le surnommant « Abou Omar le Cogneur ». Grâce à ce témoignage, Nemmouche prend tout à coup les multiples visages des peurs françaises:

« Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait », écrit-il. « Il était membre d’un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j’avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu’à la prière de l’aube. »

« On a été en contact avec Mehdi Nemmouche de juillet à décembre 2013 ». Parmi les occidentaux, « il ne m’a maltraité moi-même. Je n’ai pas connaissance d’autres otages occidentaux qu’il aurait maltraîté. », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse samedi après-midi.

Le journaliste français a également esquissé un portrait glaçant de Mehdi Nemmouche. « Il a pu nous apparaître qu’il n’était pas parti en Syrie pour se battre, mais par manque de reconnaissance »

Le registre sémantique utilisé par la presse mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête.

Le Figaro: « Nemmouche fait plus que jamais figure d’épouvantail« .

20 minutes: « Mégalomane, antisémite et violent (…) D’une cruauté extrême« .

Le Nouvel Observateur: « l’assassinat, le meurtre était pour lui quelque chose qui lui paraissait quasiment normal »

Tremblez, Français, vous êtes face à un monstre. Vous devez vous défendre…

Une préparation rêvée pour la loi anti-terroriste

Les services secrets ne pouvaient évidemment rêver une meilleure préparation pour faire adopter leur nouvelle loi anti-terroriste qu’ils ont concoctée sous le paravent insipide de Bernard Cazeneuve.

Cette loi utilise abondamment le prétexte de l’islamisme radical pour justifier des mesures d’exception qui menacent les libertés publiques de TOUS les Français. Voici d’ailleurs comment elle est présentée:

Par ailleurs, la France ne peut tolérer que sur son propre sol, on puisse diffuser en toute impunité des messages appelant au terrorisme ou le glorifiant. Ces messages participent du conditionnement idéologique et sont de nature à conduire à la commission d’actes de terrorisme. (…)

Aussi, le présent projet vise-t-il à renforcer les moyens de lutte contre la propagande terroriste, tant sur le plan de la procédure pénale qu’en matière de police administrative. Il ne s’agit pas ici de réprimer des abus de la liberté d’expression, mais de sanctionner des faits qui sont directement à l’origine des actes terroristes et qui participent d’une stratégie médiatique élaborée par des groupes criminels.

Ce préambule posé, Cazeneuve s’est heurté à de nombreux tirs de barrage de la part des forces libérales de ce pays, puisque ce projet de loi propose de mettre le Net sous surveillance constante de la police et sans aucune limite. Le Haut Conseil du Numérique s’en est inquiété en juillet (voir mon billet sur ce sujet), et depuis cette date l’opposition ne mollit pas. Elle a même justifié que le député Urvoas, président de la commission des lois à l’Assemblée Nationale, se fende d’un long billet pour soutenir le texte.

Décidément, autant de moyens tous azimuts pour faire adopter un texte, c’est vraiment bizarre.

Relance en Europe: Valls renonce à combattre

Lors de son intervention à la fête de l’Unità à Bologne, Manuel Valls a prononcé un discours où il se rallie officiellement au plan Juncker de 300 milliards d’euros de relance. Une somme prévue de longue date, que la France jugeait trop faible. Hollande avait proposé une somme de 1.300 milliards. Visiblement, le sujet n’est plus au goût du jour. Encore une promesse abandonnée…

Voici un extrait du discours de Valls à Bologne:

Débloquer l’Europe passe aussi par une relance de la demande au niveau européen. Là encore, le plan de 300 milliards d’euros d’investissements annoncés par Jean-Claude Juncker est un bon signal mais ils doivent être affectés au financement de nos priorités : des infrastructures pour la transition énergétique et le numérique ; de la recherche et de l’innovation pour faire face à la compétition mondiale ; et de la formation, notamment pour les jeunes. « Il faut aussi utiliser toutes les flexibilités prévues par les textes européens. C’est-à-dire que le rythme de réduction des déficits et de la dette doit être adapté à la situation exceptionnelle que nous connaissons.

 

CICE: l’aveu de Sapin

«Ce n’est pas comme ça que fonctionne l’économie, ce n’est pas comme ça que fonctionne une entreprise: le CICE est là pour aider les entreprises à reprendre de l’initiative», a déclaré M. Sapin en visitant le site de la société Broc Service Frais à Feyzin, près de Lyon.

«L’initiative ça peut-être un investissement, l’initiative ça peut être de sauver une entreprise», a-t-il ajouté en parcourant les chambres froides de cette plate-forme de distribution de produits frais et surgelés pour la restauration collective et gastronomique, et (pour certains produits) la grande distribution.

«Il y a des entreprises qui grâce au CICE ne vont pas créer un emploi, vont éviter d’en détruire, vous ne pouvez pas avoir un modèle unique», a-t-il souligné, ajoutant: «le CICE vient d’être versé donc on ne sait pas à quoi partout dans chaque entreprise il peut être utilisé».

(Source: AFP)

L’Allemagne veut la guerre, la France laminée

Pendant que la France vivait une implosion politique (Trierweiler, Thévenoud, etc.) qui la laisse laminée à l’intérieur comme à l’extérieur, l’Allemagne continuait sa politique étrangère qui pousse dangereusement à la guerre.

La comédie de Moscovici occupe la France

Le grotesque feuilleton de la Commission Européenne et de sa constitution a une nouvelle fois illustré la naïveté de l’équipe gouvernementale française actuelle, et sa profonde impréparation dans le traitement des dossiers internationaux.

Officiellement, la composition de la Commission devrait être connue avant le 10 septembre, et les spéculations vont bon train sur sa composition. On se souvient que notre Moscovici national a obtenu une exfiltration d’urgence vers Bruxelles après avoir réussi l’exploit de ne tenir aucun de nos engagements communautaires en matière de finances publiques. Le guignolisme hollandais le plaçait donc en position idéale pour briguer la vice-présidence de la commission et aspirer au poste de commissaire aux affaires économiques chargé de surveiller l’application des programmes de retour à l’équilibre. Les avertissements de l’Allemagne n’ont en rien démonté l’optimisme bien connu de notre Président, qui a continué au mois d’août à proposer un homme peu crédible dans les habits qu’il lui imagine. Un effet de mimétisme sans doute.

En début de semaine, Der Spiegel a monté une belle opération en livrant un scoop:

La chancelière allemande Angela Merkel s’est résolue à la nomination de Pierre Moscovici comme commissaire européen aux Affaires économiques, mais veut le faire surveiller par le Finlandais Jyrki Katainen, révèle dans son édition de lundi l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Du coup, la presse française a relayé les messages d’une naïveté confondante émanant de l’exécutif: Moscovici sera commissaire de plein exercice chargé des affaires économiques, et ne sera surveillé par personne (une source diplomatique française l’assurait les yeux dans les yeux)..

Moscovici s’humilie publiquement devant l’Allemagne

Evidemment, il n’y a que les Français pour croire à ces rodomontades. Dès mardi, la Finlande annonçait triomphalement que son ancien Premier Ministre et actuel commissaire aux Affaires Economiques prendrait l’une des sept vice-présidences de la Commission (ce qui fait une chance de moins pour Moscovici!). Il faut dire qu’avec la désignation de la candidate belge, Marianne Thyssen, après qu’il a tapé du poing sur la table, Juncker tenait enfin sa liste, avec 9 femmes sur 27, le minimum qu’il s’était fixé. Il pouvait donc commencer à choisir les postes que chaque joueur allait tenir pendant le match, après la validation de sa liste par le Conseil.

Chacun sait que Juncker a été récupéré en pleine détresse par Angela Merkel (comme son alter ego Donald Tusk qui vient de prendre la tête du Conseil Européen), et qu’il lui doit donc tout. Mais la presse française s’évertue désormais à faire croire qu’il pourrait opérer des choix indépendants, et même des choix contraires aux ordres de maman Merkel. C’est bien mal connaître la culture germanique!

Résultat: le site Euractiv a publié une liste « volée » de la future Commission où la France ne détient aucune vice-présidence, et où Moscovici se retrouve commissaire à la concurrence, un domaine important, mais très cadré juridiquement et où les services font tout. Certes, il ne s’agit que d’une liste provisoire, mais Moscovici a flairé le danger: il s’est précipité en Allemagne, la corde au cou, pour jurer qu’il trahirait la France à tout bout de champ une fois nommé commissaire:

« Je ne serai pas un ambassadeur, ni d’un pays ni d’un parti », a assuré Pierre Moscovici, interviewé par le quotidien allemand des affaires Handelsblatt. « Je serai membre de la Commission européenne et représentant de l’intérêt européen. Cela signifie que l’on respecte les règles ensemble et que l’on s’y tient. »

On lui souhaite vraiment d’obtenir le poste de ses rêves… car cette opération signe probablement la fin de sa carrière à gauche… à moins que, comme beaucoup, il n’imagine que François Hollande partira, et que le petit monde socialiste continuera éternellement son cirque de trahisons impunies. L’avenir nous le dira.

L’Allemagne prépare la guerre en Ukraine

Pendant que Juncker occupe la galerie avec sa Commission, l’Allemagne s’occupe des vrais problèmes. Alors que le sommet européen (avec chefs d’Etat, s’il vous plaît) du 30 août n’avait pas permis de dégager une majorité favorable à de nouvelles sanctions contre la Russie (le texte final subordonnait ces sanctions à la réalisation d’un plan de paix), maman Merkel, en accord avec la Grande-Bretagne, a profité d’un COREPER (un sommet des ambassadeurs) pour reprendre les choses en main. Officiellement, la COREPER a demandé à la Commission de préparer de nouvelles sanctions, mais la liste de celles-ci a très vite circulé urbi et orbi. On annonçait même un boycott du Mondial de football en 2018… Au moins, on est prévoyant en Europe.

Sans surprise, la Commission annonçait donc de nouvelles sanctions vendredi. Cette décision laisse quand même un arrière-goût de bizarre, puisque le Conseil (l’instance « démocratique » de l’Union, où les dirigeants des Etats-membres s’expriment) avait indiqué 6 jours auparavant qu’il ne fallait pas prendre de nouvelles sanctions, sauf si la Russie entravait la réalisation du plan de paix. Et c’est précisément au moment où un cessez-le-feu venait d’être signé en Ukraine que la Commission annonce de nouvelles sanctions. Bizarre, non?

Les représentants du gouvernement ukrainien et des rebelles pro-russes ont conclu vendredi un accord de cessez-le-feu vendredi à Minsk mais la chancelière allemande Angela Merkel a souligné que la signature de l’accord n’était pas en elle-même suffisante pour arrêter les sanctions.

Elle a précisé lors d’une conférence de presse au sommet de l’Otan au Royaume-Uni que le respect du cessez-le-feu devait être vérifié, de même que le retrait des troupes russes ainsi que l’établissement d’une zone tampon.

Les sanctions pourront être suspendues, a-t-elle précisé, en cas de mise en oeuvre effective du cessez-le-feu.

Le Royaume-Uni est également allé dans ce sens.

On voit bien la stratégie allemande pour réussir le plus vite possible un bras-de-fer avec la Russie.

L’Allemagne a peur de l’hiver russe

L’empressement allemand à régler la question ukrainienne s’explique en grande partie par l’utilisation habile du levier du gaz par la Russie. Ce sujet, très peu évoqué par les grands médias, donne lieu à de très distrayantes considérations de la part des autorités ukrainiennes.

On n’a pas suffisamment dit aux Européens qu’une grande partie du conflit est liée à la question de la dette ukrainienne vis-à-vis de la Russie, et notamment vis-à-vis de Gazprom, le fournisseur de gaz russe à l’Ukraine. Jusqu’ici, les pays européens épaulaient l’Ukraine, mais le commissaire à l’Energie Oettinger, allemand qui devrait être reconduit sur d’autres fonctions dans la future commission, vient de faire un geste significatif sur le sujet en déclarant: « Les dettes de Naftogaz vis-à-vis de Gazprom sont incontestables ».

Voilà une petite phrase qui mérite une réflexion longue. En attendant, les Ukrainiens ont pris leurs dispositions pour réduire leur consommation de gaz:

« Un nouveau régime d’économie a été introduit pour atteindre cet objectif : une partie des chaudières a été équipée pour fonctionner au biogaz, l’eau chaude a été coupée à Kiev, la population a été invitée à protéger les habitations contre le froid »

On imagine la situation si l’on coupait l’eau chaude à Paris pour nuire à la Russie. Il est en tout cas de plus en plus urgent de régler la situation avant que l’hiver arrive. Comme le dit M. Balakirev, analyste d’UFS IC:

« En réalité, dans les conditions actuelles, c’est l’UE qui est la plus vulnérable. La Russie peut simplement attendre, car le temps est du côté de Gazprom. L’Ukraine a montré qu’elle était capable de prendre des décisions inattendues et même « suicidaires ». Dans cette situation, l’UE est prise en otage, elle est plus intéressée que quiconque par une résolution rapide du conflit », explique M.Balakirev.

On comprend mieux la position de l’Allemagne, qui tire toutes les leçons de sa débâcle à Stalingrad.

Le spectre d’une pénurie de gaz relancé…

Du coup, les opinions publiques européennes prennent peu à peu conscience d’un petit détail gênant dans la lutte que leurs gouvernements mènent contre le méchant Poutine qu’il faut punir pour son soutien à d’horribles séparatistes: on pourrait bien connaître notre premier hiver, depuis les années 40, avec trop d’énergie pour se chauffer. Les médias commencent même à relayer les scénarios mis en place pour réagir à ce petit problème. A n’en pas douter, dans le climat politique actuel, l’annonce d’une pénurie sonnerait comme un tocsin.

L’OTAN s’agite, la France s’écrase

Dans ce concert de folies dont le sens échappe complètement aux citoyens, le sommet de l’OTAN a probablement constitué l’apothéose du délire. Le sommet a notamment débouché sur la mise en place d’une force d’action rapide de 4.000 hommes capable d’intervenir en 48 heures dans n’importe quel pays de l’alliance pour contrer la menace russe. Cette force serait composée par « rotation » de différentes forces de l’Organisation. Bon, là, c’est vraiment de la gesticulation, parce qu’on ne voit pas bien ce qu’on peut faire pour contrer la menace russe, équipée d’armements puissants, avec 4.000 hommes qui n’ont même pas l’habitude de travailler ensemble. Rappelons simplement qu’il a fallu bien plus de 4.000 hommes pour mater les « rebelles » au Mali.

La veille de ce sommet où tout s’est décidé sans la France, François Hollande avait annoncé qu‘il renonçait glorieusement à fournir le premier des deux porte-hélicoptères Mistral achetés par la Russie.

Les Etats-Unis avaient une nouvelle fois dénoncé mercredi la vente par la France de navires de guerre à la Russie, au moment où les Européens s’apprêtent à renforcer leurs sanctions contre Moscou, accusée de participer directement aux combats dans l’est de l’Ukraine.

«Cette vente n’est pas la bienvenue compte tenu de ce qui se passe dans cette partie du monde», a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE, Anthony Gardner, devant le Parlement européen. Il a admis que «si cette vente était annulée, il y aurait des sanctions importantes» de la part de la Russie contre la France.

Ces derniers mois, la livraison du Mistral a été vivement critiquée par les Etats-Unis et en Europe, notamment par la Grande-Bretagne et la Lituanie. Les Baltes ont salué mercredi «la bonne décision» prise par la France de suspendre la livraison du premier navire de guerre Mistral à la Russie, un contrat vigoureusement dénoncé par l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie.

Le président américain, Barack Obama, avait regretté que Paris n’ait pas choisi de suspendre le contrat controversé. Il a visiblement été entendu.

Bref, la puissance française n’est plus, et notre politique étrangère se décide désormais hors de nos frontières. Rappelons là encore que, cet été, les Allemands se sont embarrassés d’un peu moins de scrupules pour vendre l’une des filiales de leur opérateur en énergie à des gaziers russes. Mais la France n’est plus en position d’appliquer ce principe de puissance internationale: fais ce que je dis, pas ce que je fais!

La Commission sanctionne la France et favorise l’Amérique

Autre signe de la mise sous contrôle grandissante de l’Europe par un duo Allemagne-Etats-Unis: le prochain accord entre la Commission et Google. Celui-ci devrait obliger Google a minima! et légaliser des pratiques jugées très anti-concurrentielles. De même, la Commission a autorisé une nouvelle opération de concentration dans le domaine du numérique, en l’espèce le rachat de Microsystems par Oracle. Pendant ce temps, la Cour de Justice a confirmé la condamnation de la SNCM à rembourser les 200 millions reçus de l’Etat.

Décidément, le droit de la concurrence n’est pas fait pour les entreprises françaises…

 

La grogne syndicale monte doucement mais sûrement

La semaine qui vient de s’écouler a confirmé le relative incapacité des syndicats nationaux à organiser une riposte structurée aux propositions gouvernementales, mais elle confirme aussi les risques de mouvements sporadiques spontanés

La politique gouvernementale dans le viseur

L’orientation libérale du gouvernement fournit le principal motif d’une grogne attisée par les centrales « contestataires ». Le principal danger vient de FO, qui a annoncé que le 16 septembre serait une date essentielle: dans l’hypothèse où Manuel Valls engagerait la responsabilité de son gouvernement sur une ligne trop idéologique, FO rentrerait dans un processus d’opposition.

« le gouvernement est en train de jouer son va-tout libéral dans la logique dangereuse de +ça passe ou ça casse+, avec toutes les conséquences que ça peut avoir« .

L’activité de FO semble limitée et prudente à ce stade. Cette menace paraît pourtant plus sérieuse que le mouvement annoncé par la CGT pour le 16 octobre, dont le motif n’a été connu que tardivement (le projet de loi de financement de la sécurité sociale – on ne pouvait pas faire plus obscur), et n’est probablement pas de nature à soulever l’enthousiasme des foules. La CGT ne paraît toutefois pas en état de dépasser efficacement ses tensions internes, même si son secrétaire général soutient le contraire, et même si localement des annonces sont faites.

Le gouvernement peut se féliciter d’un calme syndical certain, avec un soutien de fait affiché par la CFDT. Laurent Berger s’est d’ailleurs porté au secours de Manuel Valls critiqué pour son intervention au MEDEF, et Emmanuel Macron le lui rend bien. La CFTC est allée dans le même sens.

Feu vert sur les seuils sociaux et le travail dominical

Cette sorte de boulevard ouvert devant le gouvernement se confirme sur les grands sujets sociaux du moment.

Par exemple, la question des seuils sociaux paraît déjà réglée, malgré l’opposition de la CGT. La CFDT a confirmé son intérêt pour le sujet, qui donne la quasi-certitude d’un accord à l’horizon de décembre qui devrait répondre à la commande gouvernementale.

Du côté du travail du dimanche, FO a entrouvert la porte des discussions, ce qui laisse là encore entrevoir des ouvertures pour le gouvernement. Toutefois, le travail du dimanche reste un sujet polémique au sein des forces « réformistes ». La CFTC y reste hostile pour des raisons religieuses. A la CGPME, c’est la défense du petit commerce qui rend réticent sur le repos dominical. Au sein même de FO, les réticences de la fédération du commerce en disent long sur les blocages sectoriels en la matière.

Le gouvernement devrait toutefois passer outre, avec des soutiens inattendus ou incongrus comme celui de la CGC. La CFDT a pour sa part réclamé une concertation préalable.

La bourde de Rebsamen étouffée par les syndicats

Dans cette mer d’huile, il a fallu une prompte réaction des leaders syndicaux pour juguler le bad buzz soulevé par le ministre du Travail, auteur de déclarations intempestives sur le contrôle des chômeurs. Tout le monde y a mis du sien pour éteindre l’incendie qui se répandait notamment sur Internet: des déclarations virulentes ont permis de dire tout le mal qu’il fallait penser de ses propos, en ajoutant que l’incident était clos et que l’on pouvait passer à autre chose. On notera la vidéo lugubre produite par la CGT à cette occasion: un appel au calme qui ne dit pas son nom.

Au-delà de ces mouvements de moulinet destinés à cacher le relatif accord des syndicats autour des propositions gouvernementales, rares sont ceux qui ont évoqué la réalité des contrôles, et notamment l’impact de la gestion des ressources humaines au sein de Pôle Emploi.

Les économies de gestion à la Sécu passent sans heurt majeur

Cette passivité relative se retrouve dans les organismes dont les syndicats sont gestionnaires. A la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse par exemple, les organisations syndicales ont évidemment voté contre les suppressions d’emploi, mais elles se sont bien gardées d’entamer le moindre mouvement de protestation contre ces décisions. Ce sont pourtant 4.500 suppressions d’emplois qui sont prévues sur 4 ans, avec d’importantes baisses de budget.

A l’occasion du même conseil d’administration de la CNAV, les syndicats ont aussi pu s’exprimer en toute passivité sur le retard que prendra inéluctablement la revalorisation des petites retraites promise pour le 1er octobre par Marisol Touraine. Encore une promesse non tenue, qui n’inspire que des commentaires, et surtout pas d’action.

Le risque d’un mouvement local spontané

La passivité des organisations nationales n’est pas forcément bon signe: elle donne une place à l’expression de colères spontanées, parfois encadrées par les structures locales des syndicats.

Ainsi, au sein du groupe Mobilier Européen, la section CFDT annonce une grande mobilisation contre le plan de sauvegarde de l’emploi. A Alençon, la CGT est parvenue à réunir 400 manifestants devant le Palais de Justice où comparaissait une syndicaliste accusée d’avoir insulté la femme d’un patron. Une grande partie du combat syndical cherche d’ailleurs aujourd’hui à sécuriser juridiquement les fonctions de délégué. A Salon-de-Provence, ce sont des syndicalistes de FO et de la CGT qui ont bloqué la prison pour protester contre la multiplication des agressions.

Chez Total, la CGT a lancé une alerte sur la sauvegarde de l’emploi.

« C’est un savoir faire industriel, le raffinage à la Mède remonte en 1935, mais aussi une question d’indépendance énergétique. Si on ne raffine plus notre propre carburant, nous serons totalement dépendants, comme c’est déjà le cas pour le bitume de travaux publics que l’on achète en Allemagne ou en Italie, reprend Julien Granato, secrétaire de la CGT du site. C’est une logique d’intérêtgénéral contre une logique financière. La rentabilité du groupe était de 4% en 2012, nous en sommes à 6% aujourd’hui et l’objectif est 14 % en 2020. De Margerie dit que le raffinage en France perd 500 millions, mais le bénéfice est de 9 milliards. On a tout fait pour transformer le raffinage en centre de coût. Nous portons, nous, l’idée d’une industrie propre et adaptée au service des Français. »

Dans le domaine de l’imprimerie, les inquiétudes sont tout aussi grandes.

Les cadres dans le mouvement social?

Dans ce grand écart entre le soutien que les confédérations apportent aux ors de la République et l’agacement local, c’est peut-être la CGT qui a trouvé la clé d’ouverture d’un possible mouvement social. La campagne lancée par le syndicat des cadres, l’UGICT-CGT, sur le droit à la déconnexion, a rencontré un véritable écho. Sa mise en scène médiatique est d’ailleurs habile, avec des expressions qui font mouche comme le « travail au noir des cadres« . Le succès de cette campagne pose question. Est-on sûr que le mouvement social ne viendra pas par un ras-le-bol des cadres qui, tôt ou tard, diront « non » à une organisation du travail de plus en plus productrice de mal-être, et de moins en moins productrice de salaires?

Tensions patronales sur fond de pacte de responsabilité

Les mouvements patronaux continuent pendant ce temps leurs guerres intestines. Cette fois, c’est l’UPA qui lancé une charge contre le gouvernement, accusé de privilégier le MEDEF. Lors de la mise en place de l’obscur COPANEF (eh oui, ça existe même si ça ne sert à rien! c’est ça la simplification), l’UPA a hurlé de voir que le gouvernement ne lui avait réservé qu’un siège, contre six au MEDEF.

La décision du Gouvernement d’accorder une majorité de sièges au Medef montre que l’exécutif a une vision totalement archaïque de l’économie, selon laquelle l’avenir du pays dépendrait uniquement du sort de quelques grosses entreprises.

Le président de l’UPA Jean-­Pierre Crouzet a ajouté : « cette affaire du COPANEF illustre la fâcheuse tendance du gouvernement à prendre des décisions partiales favorables au Medef. C’est inacceptable. L’UPA veillera à ce que les entreprises petites et moyennes ne soient pas laissées pour compte.»

Ces petits avantages accordés au MEDEF s’expliquent en partie par le bourbier du pacte de responsabilité, usine à gaz qui repose sur une cascade d’accords de branche. Le gouvernement a bien besoin du MEDEF pour donner l’illusion qu’il n’a pas donné un chèque en blanc aux patrons. Du coup, le MEDEF occupe la galerie en laissant croire que les branches se mobilisent. Les promesses n’engagent bien entendu que ceux qui les entendent.

La CGPME sur le déclin

La polarisation patronale entre le MEDEF et l’UPA constitue peut-être la nouvelle alternative à la tension traditionnelle entre le MEDEF et la CGPME. Celle-ci paraît marquée par une forme de déclin, qui s’explique en partie par la fatigue de son président Jean-François Roubaud. Du coup, la ligne confédérale paraît complexe à suivre, peu entendue, et certaines fédérations n’hésitent pas à prendre des positions relativement hostiles au libéralisme affiché du gouvernement, notamment sur le travail du dimanche.

Bruits de bottes à la CGT

La CGPME n’est pas la seule organisation qui traverse une mauvaise passe. La CGT continue à ponctuer l’actualité de quelques faits croustillants. Ainsi, lors de sa conférence de presse du 5 septembre, Thierry Le Paon avait fait interdire, sans prévenir son service de presse, l’entrée des locaux à Leïla de Comarmond, journaliste des Echos qui a commis un livre l’an dernier sur la CGT. Cette opération qui en dit long sur la nostalgie de l’ère soviétique à la CGT n’est pas passé inaperçue. Elle ne devrait pas contribuer à renforcer l’image d’un secrétaire général jugé très médiocre.

 

Quand, à Paris, la police protège les racailles

Encore un incident qui illustre parfaitement le naufrage de la police à Paris face à la délinquance. Mais à quoi servent nos impôts?

Ce matin, j’entendais sur France Inter, un reportage sur le plus grand supermarché de la drogue en France, situé à Saint-Ouen. L’expression est évidemment imagée: à Saint-Ouen on peut facilement acheter la drogue, dans une relative indifférence de la police qui explique qu’il faut des années pour obtenir des résultats sur ces sujets (on entendait la commissaire s’exprimer). Pendant ce temps, les habitants des immeubles où se vend la drogue doivent coexister avec les trafiquants, dans la crainte et le tremblement.

Cet après-midi, je remontais la rue de Belleville à Paris, à côté de laquelle j’habite. J’entends un fracas: une voiture vient d’en emboutir une autre. Je regarde, et je m’aperçois que deux jeunes encapuchonnés sortent du café d’en-face et interpellent le responsable de l’accident en prononçant son prénom. C’est un jeune du quartier. « Tu es assuré? » Les deux jeunes s’approchent de la voiture de la victime, font mine de l’aider à se garer, et en fait couvrent la fuite de l’auteur des faits. La conductrice victime en reste estomaquée.

Comme un autre témoin, je relève la plaque d’immatriculation et je me porte au secours de la victime. J’appelle la police pour constater le délit de fuite. Précisons que les faits sont arrivés à 250 mètres environ de l’antenne de police de la place des Fêtes. Quinze minutes après les faits, la police n’est toujours pas passée…. Comme j’ai du boulot, je laisse mes coordonnées à la victime et je vais travailler.

Quinze minutes plus tard, la police m’appelle et me demande si je suis la victime de l’accident. J’indique juste que je suis le témoin et que j’ai aidé la victime lors du choc (brutal) de l’accident, qu’en revanche, je ne suis plus sur les lieux. J’indique toutefois à mon interlocutrice que j’ai relevé la plaque de l’auteur des faits et que je connais son adresse probable. De façon hallucinante, la policière me répond: « Nous n’interviendrons pas, mais vous allez retourner auprès de la victime pour lui dire ceci… »

On rêve.

Et pendant ce temps, la racaille du quartier court toujours, en toute impunité. Jusqu’au jour où la situation sera totalement devenue incontrôlable.

Europe: un discret effondrement économique

Les annonces de la BCE hier, notamment l’abaissement historique des taux d’intérêt, sont un signal de désarroi envoyé aux acteurs économiques. Alors que le conflit avec l’Ukraine menace l’Europe d’une crise énergétique, la situation du continent ressemble de plus en plus à un gouffre…

La BCE tente un sauvetage d’urgence

La BCE a baissé ses prévisions de croissance et a décidé de prendre des mesures immédiates pour éviter l’effondrement du continent. Personne ne s’y attendait, et en soi cette surprise est un mauvais signal pour le continent tout entier: les médecins ont diagnostiqué un mal qui exige un remède de cheval immédiat. La BCE a donc baissé ses taux directeurs comme jamais, avec un taux de 0,05%, qui succède à une nouvelle baisse à 0,15% en juin.

La BCE a par ailleurs annoncé qu’elle allait racheter des dettes privées pour soutenir le marché. Cette mesure en apparence technique ajoute à la perception du désarroi de la BCE. Le marché du crédit est malade et plus personne n’ose prendre des risques. Le financement de l’économie est nécrosé. Tout cela commence à sentir très mauvais.

Dernière étape avant le respirateur artificiel

Toutes ces mesures risquent de ne pas suffire pour sortir l’Europe de la déflation et pour relancer le moteur de la production. La rumeur court, confirmée par la BCE, d’une prochaine mise en route du respirateur artificiel: le rachat de titres souverains par la BCE. Cette expression pudique veut tout simplement dire que beaucoup s’attendent à une reprise de la crise des dettes publiques en Europe.

Dans cette hypothèse, la BCE adopterait donc un scénario de « continentalisation » des dettes des Etats-membres. Cette solution permettrait de contaminer l’ensemble du continent avec la maladie de quelques-uns de ses membres. Histoire d’être bien sûr que personne ne s’en relèvera.

Les analystes commencent déjà à décortiquer les probabilités de voir ce scénario se réaliser. Beaucoup parlent d’un « scénario à la japonaise« .

La France première victime collatérale?

La question est évidemment dans tous les esprits: la France sera-t-elle la première à tomber dans cette nouvelle épidémie de choléra? Elle en présente beaucoup de signes avant-coureurs! Avec une crise politique sans précédent, une incapacité manifeste à se réformer, et une administration qui n’est plus sous contrôle. Tout cela laisse à penser que dès le mois d’octobre, la dégradation de la note devrait frapper durement.