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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Cameron l’idéologue plonge la Grande-Bretagne dans la récession

Londres abaisse ses prévisions de croissance 2011-2012

mercredi 23 mars 2011 18h50

LONDRES (Reuters) – Le Royaume-Uni a revu en baisse ses prévisions de croissance économique mercredi et prévenu que l’inflation resterait au-dessus de l’objectif cette année, dans le cadre de la présentation d’un budget ambitieux cherchant à réduire massivement le déficit.

Afin de soutenir une économie fragile, le ministre de l’Economie George Osborne a dit que l’impôt sur les sociétés serait réduit de deux points de pourcentage à partir d’avril, à 26%, contre une réduction de seulement un point prévue initialement. Cette baisse serait compensée par la hausse d’un prélèvement sur les banques.

George Osborne a réduit la prévision de croissance du Royaume-Uni à 1,7% en 2011 et à 2,5% en 2012, citant les chiffres d’un organisme indépendant de surveillance budgétaire. En novembre, ces prévisions étaient respectivement de 2,1% et de 2,6%.

La livre sterling a touché un plus bas de séance face au dollar après l’annonce de ces nouvelles prévisions.

Selon l’agence de notation Fitch, Londres risque de devoir prendre de nouvelles mesures de rigueur budgétaire si jamais la croissance était finalement plus faible que ce que prévoit le gouvernement.

Fitch juge en effet encore « relativement optimistes » les prévisions économiques de Londres à moyen terme.

« Si la reprise économique s’avère moindre que projeté, les prochains budgets pourraient nécessiter des mesures additionnelles afin de permettre au gouvernement de remplir ses objectifs ambitieux », estime David Riley, responsable des notes souveraines chez Fitch.

Le gouvernement britannique de coalition essaie de réduire massivement un déficit budgétaire représentant 10% du PIB avant les élections de 2015 tout en soutenant son économie convalescente.

Les émissions de dette souveraine devraient baisser moins fortement que prévu au cours des quatre prochaines années mais le déficit devrait tout de même être considérablement réduit d’ici 2015, a précisé le ministre.

La Banque d’Angleterre fait face à un dilemme avec, d’une part, l’inflation qui représente le double de l’objectif de 2% et, d’autre part, l’économie qui reste fragile et nécessite le maintien des taux d’intérêt au plus bas.

Le ministre de l’Economie a souligné que les prix élevés du pétrole allaient maintenir l’inflation entre 4 et 5% cette année avant de retomber à 2,5% l’an prochain.

L’économie britannique s’est brusquement contractée fin 2010 et bien qu’elle semble repartir cette année, le chemin de la reprise est jonché d’obstacles comme le manque de crédits, la fragilité financière des ménages, les prix pétroliers élevés et la perspective d’un resserrement monétaire.

Le compte rendu de la réunion de mars de la BoE montre que le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) est resté tiraillé entre partisans du statu quo et ceux d’un durcissement sans que ces derniers n’aient semblé en mesure de l’emporter de si tôt.

FESF: L’Europe recule pour ne pas sauter?

La décision de l’UE sur le FESF serait reportée à juin

mercredi 23 mars 2011 12h41

BRUXELLES (Reuters) – Les arrangements pour relever à 440 milliards d’euros la capacité effective de prêt du Fonds européen de stabilité financière seront finalisés d’ici fin juin, peut-on lire dans le projet de conclusions du sommet européen qui se tient jeudi et vendredi à Bruxelles.

Une décision sur la réforme du FESF était initialement attendue lors de ce sommet, où doit être présentée la réponse « globale » de l’UE à la crise de la dette en zone euro.

« La préparation du traité MES (Mécanisme européen de stabilité) et les amendements à l’accord sur le FESF, pour assurer la capacité effective de prêt de 440 milliards d’euros, seront finalisés pour permettre aux procédures nationales d’être achevées à temps pour la signature des deux accords en même temps, à la fin du mois de juin », est-il indiqué dans les conclusions adoptées mardi par les ambassadeurs des Vingt-Sept et dont Reuters s’est procuré une copie.

Standard and Poor’s prépare les esprits à la grande catastrophe

AFP le 23/03/2011 à 17:36

Dette : Standard and Poor’s fait planer le menace d’un « scénario du pire »

Coup d’arrêt à la croissance, chute de l’emploi et effondrement des marchés boursiers: tel est le « scénario du pire » sur lequel pourrait déboucher une aggravation de la crise de la dette secouant les pays fragiles de la zone euro, imaginé par l’agence de notation Standard & Poor’s.

Ce scénario catastrophe, présenté comme une simple « simulation » par SP’s, est fondé sur l’hypothèse d’une aggravation de la crise de la dette publique, qui secoue actuellement les économies grecque, irlandaise, portugaise et espagnole et, dans une moindre mesure, italienne.

Certes, ces craintes ne reflètent pas les « prévisions » de S&P, mais qu’adviendrait-il si cette crise de confiance s’intensifiait pour ressembler à la crise de 1929? s’interroge l’agence, dans cette étude publiée mercredi, à la veille d’un important sommet européen appelé à parachever un dispositif contre les crises de la dette.

Le scénario retenu par S&P porte sur la période 2011-2015 et se déroule en trois phases.

Un « choc » fait monter en flèche les taux d’intérêt des emprunts publics grec, portugais, irlandais et espagnol. Le Portugal se voit alors contraint d’emprunter à plus de 8% en 2012, contre un peu plus de 7% actuellement, et même à 17% en 2013.

Ce choc va ensuite assécher le système financier, rendant difficile l’accès au financement pour le secteur privé.

En conséquence, les économies européennes, plus particulièrement la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne connaissent alors une nouvelle période de récession, selon cette « simulation ».

Concrètement: la dette publique de ces pays fragiles explose, en cinq ans, leur produit intérieur brut (PIB) chute de 20%, l’emploi de 25% et les marchés boursiers s’écroulent à hauteur de 70%.

Affaire Tapie: encore une tache dans le paysage public

A l’issue des cantonales où le Front National a cartonné avec son « tous pourris! » larvé, rien ne tombe plus mal que la saisine, par la Cour des Comptes, de la Cour de Discipline Budgétaire et Financière à l’encontre de Jean-François Rocchi, président du Consortium de Réalisation, la structure de défaisance chargée de liquider les actifs pourris du Crédit Lyonnais après l’épisode Haberer.

La Cour des Comptes considère en effet que Jean-François Rocchi a multiplié les irrégularités dans la gestion de l’affaire Tapie-Crédit Lyonnais, qui a rapporté environ 280 millions € nets d’impôts à ce brave Tapie. Ce qui est reproché à Rocchi n’est pas d’avoir « perdu » son affaire face à Tapie, au détriment du contribuable, mais bien d’avoir joué en faveur de Tapie contre l’intérêt même du CDR.

Comme le révèle le Nouvel Observateur:

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110322.OBS0087/affaire-tapie-deux-hauts-fonctionnaires-renvoyes-devant-la-cour-de-discipline-budgetaire.html

et

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20110323.OBS0147/affaire-tapie-une-succession-invraisemblable-de-man-uvres.html

il semblerait que Rocchi ait personnellement oeuvré pour l’abandon des procédures menées par le Crédit Lyonnais contre Tapie devant la justice de droit commun. Il aurait obtenu de Christine Lagarde le recours à un tribunal arbitral, une cour privée donc, procédure interdite aux établissements publics comme le CDR. Rocchi est également soupçonné d’avoir plaidé en faveur d’une reconnaissance du préjudice moral, qui a valu un petit bonus de 50 millions € au malheureux Tapie. Rocchi est enfin accusé d’avoir conclu une négociation avec Tapie, alors que son conseil d’administration ne l’y avait pas autorisé (son mandat prévoyait seulement d’ouvrir la négociation).

La saisine de la CDBF est un moment douloureux pour les fonctionnaires.

Dans ce cas de figure, la question est ouverte de savoir si Rocchi va plonger seul, ou s’il va mouiller sa hiérarchie, en l’espèce Christine Lagarde. Ce serait évidemment fâcheux pour le gouvernement, à un moment où Gérard Longuet écope lui aussi d’une affaire judiciaire. La rumeur semble dire que Christine Lagarde aurait autorisé l’ensemble de l’opération alors que l’Agence des Participations de l’Etat lui recommandait de s’y opposer.

Vu les sommes en jeu, ça fait tache dans le paysage.

Nouvelle complication à Fukushima?

AFP le 23/03/2011 à 14:29

Fukushima : la présence de sel dans l’eau injectée présente des risques

La présence de sel dans l’eau injectée dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima pourrait altérer, « à très court terme », le refroidissement du combustible, s’inquiète mercredi l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

La Grèce privatise pour rembourser la dette

AFP le 23/03/2011 à 14:20

La Grèce commence à nommer des banques conseil pour les privatisations :

Le ministère des Finances grec a nommé mercredi cinq banques conseil chargées de piloter les premiers dossiers de privatisation et d’exploitation du patrimoine mobilier ou immobilier de l’Etat, censés rapporter 50 milliards d’euros à la Grèce d’ici 2015.

La crise de la dette revient en Europe

AFP le 23/03/2011 à 13:11

Obligations : tension des taux portugais, record des taux en Irlande

Les taux longs des pays fragiles de la zone euro se tendaient mercredi, franchissant en Irlande un nouveau record en raison d’inquiétudes sur le financement du secteur bancaire de l’île et poursuivant leur envolée au Portugal qui s’apprête à voter contre le programme d’austérité.

Les taux irlandais à 10 ans atteignaient en fin de matinée un plus haut depuis l’entrée du pays dans la zone euro, flirtant avec les 10% en séance, en raison d’inquiétudes sur le financement du secteur bancaire de l’île. Ils s’envolaient vers 12H50 (11H50 GMT) à 9,870% contre 9,680% mardi à la clôture.

« La restructuration du secteur bancaire irlandais pourrait coûter plus cher que prévu », avertit Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis.

Ainsi les nouveaux besoins de fonds propres des banques de l’île sont évalués entre 19,5 et 24,3 milliards d’euros au vu des nouvelles pertes qu’elles pourraient essuyer, selon la maison de courtage Davy.

Prix alimentaires: ça va faire mal

AFP le 23/03/2011 à 10:46

Certains aliments de base vont augmenter de 5 à 20% en 2011 :

La hausse des prix dans la grande distribution sera « de l’ordre de 2% » en moyenne en 2011, mais pourra atteindre jsuqu’à 20% pour certains aliments comme la farine ou le café et 10% pour les pâtes, a indiqué mercredi à l’AFP le principal représentant de ce secteur.

L’augmentation globale des prix, alimentaires et non alimentaires, « sera modérée, de l’ordre de 2% », a indiqué Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD).

Mais les prix des farines devrait progresser en moyenne de 15 à 20%, celui des pâtes alimentaires de 5 à 10%, le café de 10 à 20% et le beurre de 4 à 8%, a ajouté M. Creyssel, confirmant des informations du Figaro.

Le prix de l’huile devrait augmenter de 5 à 8%, celui du fromage de 2 à 4%, le pain de 5 à 7% et les biscuits entre 3 et 10%, a précisé la FCD, qui représente l’essentiel de la grande distribution à l’exception de Leclerc et Intermarché.

A contrario, le prix de certains produits resteront stables: plats cuisinés, certaines eaux minérales, riz, glaces, a-t-il fait valoir.

« Un certain nombre de prix augmenteront un peu plus en raison de la hausse des matières premières », a expliqué M. Creyssel. « C’est le cas de la farine, des pâtes alimentaires, de l’huile et du beurre, des produits qui incorporent une part importante de matière première ».

« Les négociations ont permis de limiter la hausse des prix » et de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, a-t-il estimé.

L’estimation de hausse de 2% est une moyenne pour l’ensemble des produits, alimentaires ou non, dont les tarifs annuels ont été négociés entre les distributeurs et leurs fournisseurs pour une entrée en vigueur début mars.

La FCD dit ne pas avoir fait le calcul pour distinguer la hausse moyenne des produits alimentaires et non alimentaires. Une porte-parole a simplement concédé que l’augmentation des prix alimentaires serait « certainement un peu supérieure » à cette moyenne de 2%.

De son côté, Michel-Edouard Leclerc, patron des centres du même nom, avait annoncé début mars une hausse des prix alimentaires de 3 à 3,5% en moyenne.

Les marques de distributeurs et les produits alimentaires frais, notamment la viande et les légumes, n’étaient pas concernés par ces négociations, a souligné M. Creyssel.

La hausse des prix devrait se concrétiser « progressivement, au fur et à mesure de la mise en place dans les magasins, des politiques de chaque enseigne », a-t-il indiqué.

Les négociations commerciales, traditionnellement tendues, l’ont été particulièrement cette année sur fond de flambée des cours des matières premières alimentaires, que les fournisseurs demandaient à répercuter, tandis que les distributeurs se posaient en gardiens de l’inflation pour le consommateur.

La crise de 2008 est d’abord une crise politique

Hier, j’étais invité par la CGC à présenter mon livre devant des militants, en compagnie du brillant économiste atterré, Philippe Askenazy. Je vous donne le compte-rendu de mon intervention, en adressant par la même occasion tous mes remerciements à Bernard Van Craeynest et Carole Couvert pour leur sympathique invitation.

1. La crise de 2008 est une crise politique avant d’être une crise économique

La pensée unique entretient l’illusion que les organisations sociales sont régies par des lois naturelles indépendantes de la volonté humaine. C’est d’ailleurs le principe sous-jacent de la « main invisible » d’Adam Smith: la société fonctionne de façon spontanée et personne ne peut l’ordonner efficacement. Dans cette conception, la crise de 2008 est un phénomène naturel face auquel les citoyens sont démunis et impuissants.

En réalité, la représentation de la société comme un fait de nature est purement idéologique. Elle résulte d’un choix politique clair, celui de conformer progressivement nos organisations au modèle walrassien de concurrence pure et parfaite. Si nous n’avions pas fait ce choix dans les années 70, nous ne connaîtrions pas l’état de délabrement dans lequel nous sommes. Autrement dit, si nos politiques depuis près de 40 ans n’avaient pas consisté à subordonner les choix collectifs aux logiques économiques et financières, notre destin collectif aurait été d’une toute autre nature.

Un bon exemple de cet abandon des choix politiques au profit du pouvoir économique et financier d’une élite n’est autre que l’abrogation de la loi Glass-Steagal en 1998, aux Etats-Unis, pour permettre la création de Citygroup. Ce géant financier de la banque-assurance, né d’une décision politique, est devenu un grave boulet systémique en 2008, tel qu’il a contraint le citoyen américain à dépenser des sommes colossales pour éviter sa faillite.

Globalement, l’idéologie du marché a permis à une élite de dévoyer notre projet démocratique pour assurer la prospérité d’une infime minorité de la population.

2. La dette publique est devenue le noeud gordien de la domination aristocratique

L’origine de la dette est transparente: elle résulte des choix successifs de diminution des recettes fiscales depuis trente ans. Ces diminutions ont systématiquement profité aux bénéficiaires des revenus les plus élevés, ou aux détenteurs des patrimoines les plus importants. En d’autres termes, la doctrine de l’incitation fiscale, c’est-à-dire de l’exonération ciblée sur quelques privilégiés, a gravement endetté la collectivité.

Dans le même temps, l’emprunt d’Etat offre un placement sûr aux détenteurs de l’épargne. Une autre façon de présenter ce point consiste à dire que les épargnants ont un intérêt objectif à voir l’Etat s’endetter, puisque cet endettement leur offre des possibilités de placement à des taux garantis par les citoyens.

Une tentation est de lier le phénomène de l’endettement au phénomène de la créance. Traduction: de mauvais esprits pourraient imaginer que les cadeaux fiscaux pour les revenus les plus élevés, tous financés par la dette, s’expliquent par la nécessité d’offrir des placements sûrs à cette catégorie de population!

Pour vérifier cette théorie, il nous faudrait connaître la liste des créanciers de l’Etat. Des détenteurs de la dette. Et sur ce point, il existe un secret absolu. Cette donnée n’existe nulle part.

Dans tous les cas, la dette s’explique par des cadeaux aux plus riches. Le problème est qu’on n’en connaît pas toute l’ampleur. Cette dette, et la nécessité de la rembourser, constitue un formidable levier pour contraindre tous les choix politiques. L’injonction: il faut rembourser la dette! revient donc à subordonner par avance tous les choix politiques à une seule et même logique de transfert financier en faveur des créanciers de l’Etat.

3. Faut-il relancer la croissance?

Les pays industrialisés vivent dans l’étrange nostalgie des Trente Glorieuses, qui les conduit à s’endetter de façon extravagante pour « relancer la croissance ». Aujourd’hui, l’un des principaux leviers de l’endettement repose sur les politiques de croissance.

Tant que nous n’aurons pas dissipé le mythe de la croissance, nous ne pourrons pas opérer des choix politiques durables.

La croissance n’est rien d’autre qu’une convention comptable qui mesure le « chiffre d’affaires » de notre pays, sans se préoccuper de ses bénéfices, notamment de la prospérité générale, ni du développement humain afférent. S’endetter pour préserver son chiffre d’affaires, sans savoir si nous sommes bénéficiaires ou non de la croissance, n’a pas de sens.

Il est urgent de bâtir un projet autour du progrès de la société dans son ensemble. Il est urgent d’abandonner le fétichisme de la croissance.