Accueil » Archives pour Éric Verhaeghe

Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Bataille budgétaire aux US

AFP le 19/02/2011 à 14:20

Etats-Unis : les dépenses gouvernementales amputées de 61 milliards de dollars

La chambre des représentants américaine a voté samedi en faveur d’une réduction de 61 milliards de dollars dans les dépenses gouvernementales.

L’adoption à 235 voix contre 189 vient confirmer le défi lancé au président Barack Obama sur le budget par les républicains, majoritaires à la chambre des représentants.

« Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour tailler dans les dépenses », avait affirmé jeudi le président de la Chambre, John Boehner, au cours d’une conférence de presse alors que la chambre basse examinait pour la troisième journée consécutive le projet de loi de finance de l’Etat fédéral américain pour le reste de l’exercice budgétaire 2011 qui se termine le 30 septembre.

La loi de finance actuelle court jusqu’au 4 mars. Si aucun texte n’est adopté à cette date, les services du gouvernement fédéral pourraient cesser de fonctionner.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre prédit une nouvelle crise

Voici le lien vers l’importante contribution de la Banque d’Angleterre au sommet du G20:

http://www.bankofengland.co.uk/publications/speeches/2011/speech473.pdf

Une fois de plus, le gouverneur de la Banque Centrale d’Angleterre alerte sur les risques d’une nouvelle crise financière, chiffres à l’appui. Je ne résiste pas au plaisir de vous traduire l’introduction du texte, avec le texte original à la suite.

« En 2009, la demande dans les grandes économies mondiales s’est effondrée, en cohérence avec sa tendance antérieure à la crise, d’environ 2.500 milliards $ ou de 5% du PIB. La crise financière a effectivement touché chaque pays. Les déficits globaux ont aidé à nourrir la crise financière. Et aujourd’hui ils menacent la soutenabilité de la reprise de la demande globale. Les déficits globaux sont la conséquence du système monétaire et financier international décentralisé d’aujourd’hui. Tous les principaux acteurs mondiaux poursuivent rationnellement leur propre intérêt. Mais la crise financière a révélé que ce qui fait individuellement sens pour chaque acteur ne fait pas toujours sens dans les agrégats. Leurs décisions ont des conséquences collectives. La leçon principale de cette crise est la nécessité de trouver les meilleures modes de construction des bonnes solutions collectives.  Améliorer la régulation financière aidera à mieux contrôler les flux inhérents aux déséquilibres globaux. Mais l’économie globale restera vulnérable aux risques inhérents aux déséquilibres si ceux-ci ne sont pas traités à la source. Deux principes devraient sous-tendre l’avenir. D’abord, les discussions devraient se focaliser sur les désaccords implicites concernant le bon rythme d’ajustement au sentier effectif de dépense et donc à la réduction de ces déséquilibres. Cette discussion nous éclairerait sur la capacité des pays à suivre ce chemin de façon soutenable. Deuxièmement, de nombreux gouvernements, en plus de devoir modifier leurs taux de change, devront réduire leurs déficits. Si un accord n’est pas trouvé sur ces deux principes, au mieux il y aura une faible reprise mondiale; au pire, nous aurons semé les germes de la prochaine crise financière. »

In 2009, demand in the world’s major economies fell, relative to its pre-crisis trend, by around USD 2.5 trillion or 5 per cent of GDP. The financial crisis damaged virtually every country. Global imbalances helped to fuel the financial crisis. And today they threaten the sustainability of the recovery in global demand. Global imbalances are a reflection of today’s decentralised international monetary and financial system. All the main players around the world are rationally pursuing their own self interest. But the financial crisis has revealed that what makes sense for each player individually does not always make sense in aggregate. These actions had collective consequences. The main lesson from the crisis is the need to find better ways of ensuring the right collective outcome. Improved financial regulation will help to intermediate the flows associated with global imbalances. But the global economy will remain vulnerable to the risks associated with imbalances if they are not tackled at source. Two principles should underpin the way ahead. First, discussions should focus on the underlying disagreement about the right speed of adjustment to the real pattern of spending and hence the reduction in these imbalances. This discussion should be informed by countries’ ability to follow that path in a sustainable way. Second, many policies, in addition to changes in exchange rates, will be needed to reduce imbalances. If agreement is not reached on these two principles, at best there will be a weak world recovery; at worst, the seeds of the next financial crisis will be sown.

Le sommet du G 20 consacre le nouvel ordre chinois

Par Reuters, le 18 février 2011

par Julien Toyer

PARIS (Reuters) – La Chine a bloqué vendredi l’adoption d’un accord au G20 sur la mesure des déséquilibres économiques, une position qui complique la tâche de la France pour la première étape de sa présidence à la tête du Groupe.

Les ministres des Finances des pays du G20, qui regroupent 85% du produit intérieur but (PIB) mondial, sont censés annoncer samedi un accord sur une liste d’indicateurs permettant d’évaluer ces déséquilibres dans l’espoir d’y remédier ensuite.

Mais un haut responsable du G20 a souligné après leur dîner de vendredi soir que la Chine bloquait les négociations.

« La possibilité de parvenir à un accord (samedi) dépend complètement et seulement du mandat que le ministre chinois des Finances aura », a déclaré la source, précisant que, pour l’instant, ses instructions ne permettaient pas de compromis.

« Certains pays veulent négocier des détails du texte mais le seul pays s’opposant à tout accord pour le moment est la Chine », a ajouté ce responsable.

Les collaborateurs des ministres devaient tenter dans la nuit de vendredi à samedi de parvenir à un consensus qui sera présenté aux ministres et aux banquiers centraux.

Le ministre japonais des Finances, a voulu se montrer optimiste en estimant qu’un accord restait possible samedi.

« Il semble y avoir une volonté de conclure un accord à cette réunion », a déclaré Yoshihiko Noda.

Nicolas Sarkozy a toutefois appelé le G20 à ne pas laisser les discussions « s’enliser » sur ce dossier, appelant ministres et banquiers centraux à se concentrer sur « l’essentiel ».

Il a indiqué que la Chine avait accepté d’organiser fin mars un séminaire sur la réforme du système monétaire international dans le cadre de la présidence française.

La Chine, régulièrement accusée d’entretenir la sous-évaluation de sa monnaie pour favoriser ses exportateurs, a affirmé vendredi son opposition à la prise en compte des taux de change et des réserves de change parmi ces critères.

Son ministre des Finances, Xie Xuren, a également suggéré de remplacer le critère des comptes courants par celui de la balance commerciale, ce que les Européens refusent, parlant, comme pour les taux et les réserves de change, de « ligne rouge ».

BONNE VOLONTÉ

Premier exportateur mondial, la République populaire a ravi l’an dernier au Japon le titre de deuxième puissance économique de la planète. Si elle s’emploie à réduire son énorme excédent commercial (plus de 130 milliards d’euros en 2010), elle dispose aussi des premières réserves de change mondiales, estimées à plus de 2.000 milliards d’euros.

« Nous pensons qu’il n’est pas approprié d’utiliser les taux de change réels et les réserves » comme indicateurs des déséquilibres, a dit Xie Xuren lors d’une rencontre avec ses homologues russe, brésilien et indien. « Nous devons substituer la balance commerciale aux comptes courants », a-t-il ajouté.

Selon le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, la batterie d’indicateurs à retenir doit inclure les comptes courants, le taux de change effectif réel, les réserves de change ainsi que les dettes publique et privée.

« Les comptes courants et le taux de change effectif réel sont essentiels », a-t-il souligné devant des journalistes.

L’Allemagne, présentée régulièrement comme un autre obstacle potentiel à un accord car elle affiche elle aussi un important excédent commercial (154 milliards d’euros l’an dernier), s’est montrée plus conciliante que la Chine.

Berlin ne voit pas d’inconvénient à ce que les cinq ou six critères susceptibles d’être retenus pour mesurer les déséquilibres incluent les comptes courants, a déclaré à Reuters Insider TV son ministre délégué des Finances, Jörg Asmussen.

« LES GERMES DE LA PROCHAINE CRISE »

Pour souligner l’enjeu de la réduction des déséquilibres, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, a choisi un ton plus alarmiste lors d’une conférence en marge de la réunion.

« Les déséquilibres globaux ont aidé à alimenter la crise financière et aujourd’hui ils menacent la soutenabilité de la reprise de la croissance globale », a-t-il dit.

Si des réformes ne sont pas mises en oeuvre, « au mieux il y aura une reprise mondiale faible, au pire les germes de la prochaine crise financière seront présents », a-t-il ajouté.

Dans un rapport qui doit être présenté au G20, le Fonds monétaire international souligne les risques d’une reprise globale à deux vitesses, les pays avancés restant exposés à la menace d’un nouveau ralentissement alors que certains émergents tentent d’éviter une surchauffe.

La Chine a ainsi relevé une nouvelle fois vendredi le ratio de réserves imposé aux principales banques du pays, pour tenter de freiner les flux de crédit et de maîtriser l’inflation, qui a atteint 4,9% sur un an en janvier.

La réduction des déséquilibres est l’une des priorités affichées de Nicolas Sarkozy pour la présidence du G20 avec la réforme du système monétaire international, la réforme de la gouvernance des grandes institutions internationales et la lutte contre la volatilité des prix des matières premières.

Avec Toni Vorobyova, Gernot Heller, Emmanuel Jarry, Yann Le Guernigou et Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Le point sur le sommet du G 20

AFP le 18/02/2011 à 23:51

G20 : pas de consensus sur les déséquilibres mondiaux, la Chine réticente

La première réunion ministérielle du G20 sous présidence française s’est ouverte vendredi soir sans consensus sur la mesure des déséquilibres économiques mondiaux, certains pays émergents dont la Chine étant réservés sur des indicateurs emblématiques.

« Donner la priorité aux intérêts nationaux » serait « la mort du G20 », a mis en garde le président Nicolas Sarkozy en donnant, devant les ministres des Finances et banquiers centraux, le coup d’envoi de cette réunion qui s’achèvera samedi.

La France fait de ce rendez-vous la rampe de lancement de ses priorités en vue du sommet de Cannes (sud-est), début novembre: réforme du système monétaire international, lutte contre la volatilité des prix des matières premières, taxe sur les transactions financières.

Mais la difficulté à parvenir à un accord sur une liste de quatre indicateurs des performances économiques en dit long sur les obstacles qui se dressent face aux ambitions de Paris.

« Il n’y a pas de consensus, mais il y a une pression très majoritaire pour qu’on adopte le paquet global d’indicateurs », a affirmé en fin de soirée une source diplomatique du G20, évoquant, le cas échéant, un éventuel compromis visant à diluer certaines mesures dans le temps.

Quatre séries d’indicateurs sont en débat: deux pour mesurer les déséquilibres internes d’un pays (déficit et dette publique d’une part, épargne privée de l’autre) et deux pour les déséquilibres externes (solde de la balance des transactions courantes ou de la balance commerciale, et réserves de change et taux de change effectifs réels).

« La Chine est réticente » sur la balance des transactions courantes, selon la source, et sur les mesures relatives aux changes, car elle accumule d’énormes réserves et sa monnaie, le yuan, n’est pas convertible.

En revanche, cette source a assuré qu’il n’y avait pas de « front des émergents » contre les indicateurs.

Au nom des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le ministre brésilien Guido Mantega avait pourtant dit plus tôt son opposition à ce que le solde des comptes courants et les réserves de change figurent sur la liste.

La France souhaite arracher samedi un accord, pour que le forum des principaux pays riches et émergents puisse, dans la seconde moitié de l’année, faire des recommandations aux Etats qui présentent des excédents ou des déficits excessifs.

« Il nous faut un thermomètre qui fonctionne, qu’on examine les déséquilibres dans tous leurs aspects pour avoir le diagnostic le plus fécond possible », plaide un négociateur.

Ces déséquilibres sont accusés d’avoir nourri la crise mondiale, mais aussi la « guerre des monnaies » qui a fait rage à l’automne entre puissances s’accusant de manipuler leur taux de change pour maintenir leurs positions commerciales.

C’est donc un préalable à la réforme de ce que la France appelle le « non système monétaire » actuel.

La présidence française entend notamment mieux réguler les flux de capitaux par un « code de bonne conduite ». Le FMI, la Banque mondiale, mais aussi les banques centrales des Etats-Unis et du Royaume-Uni ont apporté leur soutien aux projets de Paris en la matière.

« Nous sommes opposés à ça », leur a rétorqué vendredi le ministre brésilien, dont le pays a pris des mesures unilatérales de contrôle des capitaux.

Les autres chantiers français suscitent aussi des réserves.

La régulation des prix des matières premières, au nom de la prévention de nouvelles « émeutes de la faim », est notamment rejetée par l’Argentine et le Brésil, deux puissances agricoles.

Emploi: la grande farce des 500 millions pour les chômeurs en fin de droits (chapitre II)

En annonçant jeudi dernier une dotation de 500 millions € pour les chômeurs en fin de droits, Nicolas Sarkozy nous repasse la grande farce du plan Rebond 2010. Ce qui prouve bien que la politique, c’est aussi l’art du comique de répétition. Que ce plan ne serve à rien, et soit juste un leurre pour une politique window-dressing, voilà qui est assez simple à montrer, en même temps qu’il nous administre la tragique preuve d’un désarroi total face à la montée du chômage…

1) pourquoi le plan Rebond de 2010 a-t-il échoué?

En 2010, le gouvernement, sous l’impulsion du sémillant Laurent Wauquiez, a mis 700 millions € sur la table pour aider les chômeurs en fin de droits à retrouver un boulot. Pôle Emploi s’est fendu de 750.000 courriers à destination de ce public mystérieux, avec l’objectif d’en attirer la moitié vers des dispositifs variés, dont des formations.

Patatras! le bilan de l’opération, présenté le 17 décembre 2010 au conseil d’administration de Pôle Emploi se transforme en déroute: les estimations les plus favorables laissent penser que 113.000 chômeurs seulement auraient bénéficié du plan, soit trois fois moins que prévu.

Pourquoi cet échec? Aucune étude officielle ne répond clairement à cette question. En revanche, il ressort des discussions de couloir que le plan était biaisé par les deux bouts. D’un côté, des mesures totalement décalées par rapport à l’attente des bénéficiaires: lassés de la énième formation, du énième contrat aidé, qui ne débouche sur aucun emploi stable. Mieux vaut se débrouiller par soi-même. D’un autre côté, une vraie difficulté à répertorier ceux qui sortent du système. Car Pôle Emploi est équipé pour suivre des chômeurs indemnisés, pas des chômeurs en fin de droits. Ceux-là entrent dans un vide administratif que personne n’est capable de combler vraiment.

Dans tous les cas, remettre, en 2011, sur le couvert, les plats qui n’ont pas été mangés en 2010, est un geste entre la provocation et le désespoir.

2) comment l’UNEDIC fabrique des chômeurs en fin de droits

Toute la difficulté de l’exercice chômage réside dans la référence aux chômeurs en fin de droits. Ce concept de « fin de droits » est tout sauf économique, et son usage est complètement trompeur.

Pour mémoire, l’assurance-chômage est pilotée par l’Unedic, institution totalement paritaire qui met en oeuvre les conventions d’assurance-chômage négociées au niveau interprofessionnel par les partenaires sociaux. La dernière en date, toujours en vigueur, date de la fin de 2008. Conclue pour une durée de deux ans, elle est en cours de renégociation.

A l’usage, cette convention s’est révélée être une « usine à fin de droits », par deux innovations majeures qu’elle a apportées:

– la création de la filière unique, qui a prévu une rapport arithmétique simple entre durée de cotisation et durée d’indemnisation. Auparavant, les salariés qui avaient travaillé 12 mois (le temps de 2 CDD) bénéficiaient d’une indemnisation assez longue, qui leur évitait de perdre leurs droits avant d’enchaîner sur un autre CDD. Cette mécanique protégeait la frange précaire des salariés, qui avait du mal à trouver un CDI. La convention de fin 2008 a aboli ce système en posant le principe: « la durée d’indemnisation est égale à la durée d’affiliation au régime d’assurance chômage dans la limite d’un plafond qui varie selon que les bénéficiaires ont plus ou moins 50 ans lors de l’ouverture de leurs droits ». Autrement dit: un jour cotisé, un jour indemnisé.

Ceux qui avaient enchaîné 2 CDD de six mois ont vu leur indemnisation réduite à 12 mois. Les précaires ont été singulièrement fragilisés par cette restriction dans la durée d’indemnisation qui intervenait en plein essor du chômage.

– la convention a par ailleurs ouvert un nouveau goulot d’étranglement en réduisant à 4 mois sur les 28 derniers mois la durée minimum de cotisations pour ouvrir droit à indemnisation (6 mois auparavant). Ce dispositif a massivement ouvert l’indemnisation aux étudiants qui, deux années de suite, enchaînaient les petits contrats saisonniers.

Le texte est consultable sur:

http://www.unedic.org/documents/DAJ/Juridique/AccordRAC_231208.pdf

D’un côté: plus d’indemnisés. D’un autre côté: plus de fins de droit. Mécanique implacable.

3) pas facile d’en sortir

Evidemment, la solution la plus simple pour limiter les fins de droits, c’est l’allongement de durée d’indemnisation. Donc l’abandon de la filière unique. Et probablement l’instauration d’un malus pour les employeurs qui recourent le pus aux CDD.

Difficile toutefois de modifier les règles du jeu en période de vache maigre. L’Unedic enregistre des déficits de plus de 10 milliards € (supérieurs à ceux du régime général des retraites) et a emprunté sur les marchés pour se financer.

Il va bien falloir que quelqu’un paie.


Politique monétaire de moins en moins accommodante en Chine

(CercleFinance.com) – La Banque Populaire de Chine a une nouvelle fois durci sa politique monétaire, dans l’espoir de juguler les tensions inflationnistes qui menacent la stabilité de ce qui est désormais la deuxième économie mondiale. Un durcissement qui est loin d’être terminé, selon les spécialistes.

La banque centrale chinoise a relevé de 50 points de base ses ratios de réserves obligatoires, les portant à 19,5% pour les principales banques et à 17,5% pour les plus petites. Comme le souligne Natixis, il s’agit de la huitième hausse de suite depuis le début du cycle de durcissement et de la seconde depuis le début de l’année.

‘Nous pensons toujours que le consensus sur un risque inflationniste est indéniable’ juge l’économiste, pour qui ‘le durcissement monétaire constituera l’essentiel du paysage économique en 2011’.

Ce nouveau relèvement intervient après la publication d’un indice des prix à la consommation en augmentation de 4,9% sur un an le mois dernier. Si les marchés tablaient sur 5,3%, Aurel-BGC pense que le niveau moins élevé qu’attendu aurait été en partie imputable aux changements de la méthode de calcul.

L’Espagne prévoit la nationalisation d’une partie de son secteur bancaire

(AFP) – Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi les détails d’un plan de renforcement des caisses d’épargne, considérées comme le maillon faible du système financier du pays, avec en particulier un relèvement dès mars des minimums de solidité financière requis.

Ce plan, très attendu par la communauté financière, vise à « renforcer de manière accentuée la solvabilité » de ces établissements, a expliqué la ministre de l’Economie Elena Salgado à l’issue du Conseil des ministres.

Le plan ouvre la voie à des nationalisations partielles et temporaires pour les caisses d’épargne qui ne pourront respecter les niveaux minimum requis de solvabilité et n’auront pu se « recapitaliser » à temps, a ajouté la ministre.

Les caisses d’épargne, des établissements le plus souvent de petite taille et non cotés en bourse, ont souffert de l’éclatement de la bulle immobilière et de la récession dans laquelle l’Espagne a plongé fin 2008.

Elles sont l’objet de craintes récurrentes de la part des investisseurs internationaux et leur santé précaire a expliqué en partie les turbulences boursières enregistrées en Espagne fin 2010, à la suite de la crise irlandaise.

Inde: croissance forte, chômage massif

AFP le 18/02/2011 à 16:23

En Inde le chômage est une bombe à retardement, selon les économistes :

Plus de 100.000 personnes à la recherche d’un emploi ont récemment afflué au salon de recrutement d’une petite ville du nord de l’Inde qui offrait moins de 500 postes. Pour les experts, le chômage est une véritable bombe à retardement dans la troisième puissance économique d’Asie.

La foule des postulants a déferlé dans la ville de Bareilly, située dans l’Etat de l’Uttar Pradesh, pour répondre aux 416 offres d’emploi visant à rejoindre les forces de police à la frontière entre l’Inde et le Tibet (ITBP).

Des postes de nettoyeurs, de barbiers ou encore de transporteurs d’eau étaient proposés pour des salaires mensuels de départ de 5.200 roupies (84 euros).

Cette exceptionnelle affluence tourna au tragique sur le chemin du retour, lorsque les dizaines de milliers de candidats s’entassèrent dans les trains pour rentrer penauds chez eux: certains passagers qui avaient trouvé refuge sur le toit des wagons périrent écrasés lorsque le train passa sous un pont.

Pour les experts, cet incident –relativement commun en Inde– dévoile surtout une autre facette de l’économie du pays, qui s’enorgueillit d’un taux de croissance annuel proche de 9%.

« Aujourd’hui, le problème du chômage n’a pas encore complètement émergé mais c’est une bombe en sommeil », considère J. Manohar Rao, professeur d’économie à l’université d’Hyderabad (sud) et auteur d’ouvrages sur le développement.

Il décrit un cocktail explosif composé d’une inflation des prix alimentaires de près de 20% qui affecte en premier lieu la population rurale, de l’arrivée sur le marché d’une main d’oeuvre jeune et du lent développement industriel qui pourrait pourtant recruter massivement.

« Les gens venus au salon du recrutement ne sont pas complètement sans instruction comme c’était le cas auparavant », souligne M. Rao auprès de l’AFP. « Ils sont à moitié instruits, ils en ressentent de la fierté et n’ont pas envie de travailler dans les champs ».

« Leurs aspirations augmentent mais le marché de l’emploi n’y répond pas ».

Les experts soulignent que l’essor économique de l’Inde provient surtout du secteur informatique et des services, des domaines d’excellence qui ont conféré du prestige au pays mais qui sont peu pourvoyeurs d’emploi.

Selon eux, l’Inde a aussi besoin de développer son secteur industriel qui pourrait recruter des millions de paysans sans emploi.

Selon les chiffres de l’agence nationale pour l’emploi, le taux de chômage pour 2009-2010 était de 9,4% dans tout le pays et de 10,1% dans les zones rurales, où vivent les deux-tiers de la population de plus d’1,2 milliard d’habitants.

« Il y a vraiment un boom économique mais c’est un boom à fort niveau capitalistique. Aucune des industries émergentes n’a un fort potentiel d’emploi », analyse Javeed Alam, président de Centre de recherche en sciences sociales.

Derek Scissors, un expert sur l’économie en Asie au sein du groupe de réflexion conservateur The Heritage Foundation, basé à Washington, le sous-emploi et le chômage sont endémiques dans les zones rurales.

Selon lui, le salon de recrutement de Bareilly souligne à quel point les moyens de communications peu coûteux (téléphonie mobile et internet) ont changé la donne: « Les gens en zone rurale ont un meilleur accès à l’information », souligne-t-il.

Mais selon Deepak Pandey, porte-parole des forces de police à la frontière indo-tibétaine, l’affluence des candidats à des postes ingrats montre surtout « la terrible situation de l’emploi dans les villages ».

« Cela me fend le coeur de voir des candidats sur-qualifiés postuler pour nettoyer des toilettes », résume-t-il.

Comment les banques résistent aux Etats souverains

AFP le 18/02/2011 à 09:19

USA : des banques étrangères trouvent une astuce pour échapper à la réforme

Des banques étrangères ont trouvé une astuce pour échapper à l’une des dispositions les plus contraignantes de la réforme américaine du secteur financier, qui les obligerait à massivement recapitaliser leurs filiales aux Etats-Unis, rapporte vendredi le Wall Street Journal.

Ces banques, parmi lesquelles la britannique Barclays, ont engagé les démarches pour changer le statut juridique de leurs activités américaines, qui sont actuellement coiffées par une holding supervisée par la Réserve fédérale.

« La manoeuvre leur permettrait d’échapper à l’une des dispositions de la loi Dodd-Frank qui les oblige à injecter des milliards de dollars d’argent frais dans le capital de ces entités », écrit le quotidien des milieux d’affaires.

Le subterfuge consiste à supprimer légalement leur entité juridique américaine et à piloter individuellement depuis le siège de la maison-mère les diverses activités américaines de la banque.

C’est la banque britannique Barclays qui a la première trouvé l’astuce. Selon le WSJ, Barclays a « secrètement » supprimé sa holding américaine, Barclays Group US, afin que celle-ci ne soit plus soumise à la réglementation édictée l’année dernière pour éviter une nouvelle crise semblable à celle de 2008.

N’étant plus une entité américaine à part entière, Barclays n’est plus tenu de remplir les exigences américaines en termes de capital. Selon la nouvelle loi, Barclays aurait dû injecter plus de 12 milliards de dollars d’argent frais dans sa filiale pour que celle-ci satisfasse au ratio de fonds propres durs (capital et bénéfices mis en réserve) qui doit dépasser 4% aux Etats-Unis.

« Plusieurs autres banques étrangères envisagent de lui emboîter le pas », ajoute le quotidien financier, citant des sources proches du dossier.

Les Etats-Unis ont adopté en juillet une vaste réforme financière baptisée Dodd-Frank, du nom des deux parlementaires l’ayant portée.

Les banques se sont fortement opposées à ces nouvelles dispositions qui pénalisent leur rentabilité.